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/ … Chapitre deux … /

"Searching for the space monkey" - Chinese Man


« Titan »

Je reste dubitative au mot de l'homme devant moi.

- Nous sommes les deux mages bleus et nous vous souhaitons la bienvenue.

Je suis muette, complètement muette. Je regarde encore autour de moi cherchant un quelconque repère, mais n'en vois aucun.

- Où suis-je ? Dis-je finalement en fronçant les sourcils.

- Vous êtes sur Arda madame.

- Arda…

J'inspire profondément et douloureusement, l'air est vraiment lourd.

- Écoutez, je n'ai pas de temps à vous consacrer, j'ai un avion à prendre.

Ces mots sortent de ma bouche comme s'il pouvait faire quoi que ce soit, mais je vois bien autour de moi que je suis bien loin de l'aéroport, que je ne suis plus chez moi. L'air est différent, mon propre poids à changé, je sens au fond de moi une peur grandir, elle est saisissante.

- Vous n'avez plus de… De cette chose à prendre désormais. Me dit-il simplement avec des yeux malicieux.

- Quoi ? Où sommes-nous bon sang ?

- Sur Arda Madame en terre du Milieu exactement.

- Terre du Milieu… Mais c'est quoi ce délire ?

Je suffoque, l'air est de plus en plus lourd, comme s'il ne passait plus dans mes poumons. Comme s'il était chargé d'autre chose que de l'oxygène...

- Vous vous habituerez vite à votre nouvel environnement, vous avez ma parole.

- Votre parole…

J'en ai rien à faire de sa parole ! Je suis où non de dieu ! C'est quoi tout ça ? J'ai tellement mal à la poitrine ! Je respire plus vite, de plus en plus vite mais la douleur est de plus en plus grande. Je sens la panique me gagner de minute en minute. Le mage s'approche encore et pose une main sur mon épaule. S'ensuit une émotion réconfortante qui me gagne, ma respiration se calme, Dieu seul sait comment… Il me fait signe de respirer calmement encore avec son autre main et je cale ma respiration sur le mouvement de sa main.

- Vous allez vous habituer à l'air, restez calme cela passera tout seul. Quel est votre nom madame ? Il demande.

J'avale difficilement ma salive avant de répondre.

- Lucy, je m'appelle Lucy Delbert. S'il vous plaît dites- moi où se trouve Paris?

- Il n'y a aucun endroit qui se nomme Paris ici, nous sommes sur Arda…

Il retire sa main et le réconfort me quitte instantanément, ma main se serre sur la poignée de ma valise, de peur surtout, elle craque mais je la serre encore pour surmonter le sentiment qui m'envahit, dans un craquement plus puissant, elle s'émiette dans ma main. Je regarde le spectacle avec horreur. Mes poumons me font de plus en plus mal, mon souffle siffle, mes yeux sur les morceaux ne peuvent s'en détacher.

- Nous allons tout vous expliquer, je vous le promets. Essayez juste de vous calmer et de respirer calmement comme tout à l'heure madame.

Je lâche finalement les morceaux qui viennent tomber à mes pieds et tourne les yeux dans ceux gris du vieil homme. Il me regarde sans aucune mauvaise intention, il à l'air plein de sagesse et calme, j'essaie alors de suivre ses conseils et respirer plus calmement, du mieux que je peux dans cette situation complétement folle. Je ferme les yeux et fini par m'apaiser légèrement. Je ne peux rien faire d'autre de toute façon.

Ils n'ont pas l'air bien méchant et tu n'as pas le choix. Tu ne sais pas où tu es, ce qui s'est passé tout à l'heure tu ne peux pas l'expliquer… Alors pourquoi te battre ?

- Quels sont vos noms ? Je demande.

Ne me demandez pas pourquoi cette question est sortie, peut-être pour m'indiquer qu'inconsciemment j'ai capitulé… ?

- Je me nomme Alatar et l'autre magicien derrière moi c'est Pallando

- Magicien…

Je vais faire comme si je n'avais rien entendu... Mais cette révélation me fait froid dans le dos en vérité, ils ne sont peut-être pas si sages que ça… Ils sont peut-être fous oui.

- Nous vous expliquerons, ne vous attardez pas là-dessus.

- Pourquoi suis-je ici ?

- Nous vous parlerons de tout cela une fois que vous serez installée. Vous voulez bien me suivre ?

Pourquoi j'ai le choix peut-être ?

J'ai toujours eu le sang chaud, et s'il y a une chose qui me fait sortir de mes gonds c'est de ne rien maîtriser. La base de mon métier est la maîtrise, ne pas maîtriser parfaitement chaque chose est une faiblesse pour moi. Là, en cet instant, je ne maitrise rien, rien du tout ; d'abord je bous, pour me ressaisir après je panique en voyant que je suis juste impuissante. Ne rien maîtriser est ma pire peur…

- Ok.

Je prends ma valise par la poignée fixe, vu que l'autre est en miette (elle est si légère bon dieu, j'ai rien mis ou quoi ? Mes affaires ne sont plus dedans ?) et le suis sans rien dire. Nous descendons un petit chemin, pratique en talons… Je reste silencieuse à contempler l'environnement qui est si… naturel, rien ne montre une quelconque civilisation ici… Je m'attarde à regarder au loin, il n'y a que des arbres à perte de vue et cette vision me noue le ventre… Ils me regardent surpris quand je me tourne vers eux, savent-ils qu'à ce moment précis je me sens plus perdue que jamais, car je n'ai jamais vu de forêt aussi grande que celle-ci ? Que cette simple vue me prouve presque la pensée qui s'insinue dans mon esprit ? Je ne sais pas mais celui qui se nomme Pallando me tend la main avec un visage rempli de douceur...


Je les ai suivis jusqu'à arriver dans une cour surplombée de grands bâtiments. L'architecture est gothique je dirais à première vue, taillée directement dans la roche de la falaise, c'est vraiment magnifique. Je les suis dans le grand bâtiment sans dire un mot, je n'ai pas la force de poser plus de questions pour l'instant, m'efforcer de respirer calmement est ma plus grande priorité. On monte plusieurs escaliers et on passe dans un couloir. Alatar s'arrête devant une porte.

- Voici vos quartiers, nous vous attendrons en bas sur votre droite dans la grande salle à manger. Prenez le temps que vous voulez.

- Ok.

J'entre, il referme la porte derrière moi doucement. Je soupire, regardant autour de moi. Deux grandes fenêtres, un bureau, un lit simple, un large tapis. Plus loin, une autre pièce, je m'avance et découvre une salle de bain avec une baignoire. Je pose mes affaires et m'assois sur le lit prenant ma tête dans mes mains.

Mais c'est quoi encore cette histoire? Rien de cela ne peut être vrai. Et pourtant… J'ai vu le paysage changer sous mes pieds, j'ai vu le temps s'arrêter, la poussière bleue danser autour de moi. Je suis ce genre de personnes, qui ne croit pas tant qu'il ne voit pas.

J'ai tout vu, nous sommes bien d'accord ? Alors qu'as-tu à dire de plus?

Je me dirige vers la salle de bain et plonge mes mains dans une bassine remplie d'eau. M'asperge le visage et soupire. Ok. Essayons de comprendre alors, pourquoi je suis ici.

J'ouvre ma valise et récupère des baskets, ouvre la porte et la referme, mais la poignée me reste dans les mains. Je regarde la porte béate, elle s'est littéralement arrachée, je n'ai pourtant pas forcé.

Je garde la poignée dans ma main et descends les escaliers. En bas à droite il m'a dit. Je tourne à droite et atterrie dans une grande salle, le plafond est assez haut et de longues tentures sont pendues aux murs, elles représentent des hommes en armure dans une scène de guerre je suppose, il y a des écritures sur le contour mais je ne connais pas la langue employée. Les deux mages sont assis autour d'une grande table ronde et attendent que j'en fasse sans doute de même.

- Prenez place je vous en prie. Me dit Alatar.

Je m'exécute en silence. Pallando se lève et marche vers une pièce au fond.

- Bon commençons.

Il se tourne vers son acolyte qui revient les bras chargés de livres et une assiette de « cookies » ?! Il prend le livre et l'ouvre vivement en ajustant ses lunettes.

- Prenez un gâteau si vous avez faim. Me dit Pallando. Ils sont là pour ça et ça risque d'être long.

- Merci. Dis-je

- Pour commencer je parlerai de la raison pour laquelle vous êtes ici. Puis d'Arda, votre nouvelle terre et ensuite de votre contrat.

- Contrat ?

- Vous comprendrez par la suite. Comme je l'ai indiqué à votre arrivée, nous parlerons ici de vous en tant que « titan », je vais donc d'abord vous expliquer ce terme.

- Très bien… Je murmure.

- Depuis la nuit des temps, les Titans sont invoqués pour nous aider à lutter contre le mal. Cette invocation est utilisée quand il nous est impossible d'éradiquer le mal par nous-mêmes sans une aide extérieure. Je parle ici, d'un cas extrême bien entendu.

- Pardon ? Je le coupe.

Je suis mortifiée, tout simplement mortifiée, c'est quoi cette histoire à dormir debout sérieux ?

- Oui, je me doute que c'est dur à entendre pour vous mais tout ceci est la pure vérité.

J'arque un sourcil sans rien ajouter de plus.

- Nos ancêtres ont ouvert un passage entre nos deux mondes, c'est nous les mages bleus qui en sommes les gardiens et qui décidons si l'heure est grave au point de vous priver de votre vie de l'autre côté… Cela vous avez dû le constater non ?

Je soupire, en effet je ne peux pas nier ça… Mais quand même...

- Oui.

- Mais en échange de cet arrangement, vous serez profondément changée et non en mal. Le coupe l'autre alors qu'il allait reprendre.

- Merci Pallando, vous avez sans doute remarqué des changements ?

Je pose alors la poignée de ma porte sur la table sans rien dire.

- Oui… Les caractéristiques de votre monde font de vous, dans le nôtre, une sorte de « surhomme », votre force est, à la base, bien plus élevée que la nôtre, d'où le terme de « Titan ». C'est un décalage entre nos deux mondes, purement scientifique.

- Mais ce n'est pas tout, votre capacité à vous régénérer est infiniment plus rapide, et bien d'autres choses du genre. Rajoute Pallando.

Je l'observe sur la réserve. Comment veulent-ils que je crois à tout leur baratin… ?

- Vous êtes notre sauveur, nous vous demandons pardon de vous avoir arraché à votre terre, mais nous implorons votre aide.

Je n'ai rien dit dans un premier temps, réfléchissant à ces paroles. Ok, il est temps de faire le bilan dans ma tête.

En premier lieu, ils disent de la merde, ce qui est selon ma culture personnel fort probable.

Deuxième idée, ils disent la vérité, dans ce cas je suis dans la merde.

Selon les preuves qui m'entourent, d'accord il s'est passé des choses bizarres devant l'aéroport, cause ? Aucune idée ou la leur, c'était un passage.

J'ai littéralement mis en miette la poignée de ma valise, cause ? Aucune idée ou la leur, le fameux décalage, idem pour la poignée.

Très bien, selon la première loi de Murphy, « toujours envisager que la pire des choses est celle qui va se passer », conclusion, je suis en effet sur une autre…. Planète ? Époque ? Grand dieu ces mots me font tourner la tête…

- Que voulez-vous dire par un « décalage » ?

- Votre monde est plus rude que le nôtre. Donc vos capacités physiques ici sont plus grandes. C'est une question d'échelle.

Logique pour le coup, si on prend en compte la gravité. Il marque un point le vieux.

- Je vois. Et cette histoire de « sauveur » est le but de ma « présence » ici. Je ne comprends pas bien le « comment », mais déjà en fonction de ce que vous avez dit, « pourquoi » ?

- C'est la partie que j'allais aborder justement. Au temps ancien deux entités mirent au monde nos deux mondes. Illùvatar, créateur d'Arda, notre terre et sa sœur Illuviné, créatrice de la vôtre.

- Arda a été façonnée à l'image d'Illùvatar et de ces enfants les Valars, les nombreuses créatures qui vivent ici en témoignent.

- Un monde magique où règne la spiritualité et le mystère. Ajoute Pallando en prenant un cookie.

- Illuviné, ne croit qu'en la science, le progrès, elle a de grandes ambitions et façonna votre espèce à cette image, une seule grande espèce d'ailleurs. Plus tard, un des fils d'Illùvatar, Melkor devint le mal ultime, répandant la mort sur le monde créé par ses frères et sœurs. Affligé, Illuvatar, voyant ses enfants impuissants face à la haine de leur frère, décida d'intervenir en demandant de l'aide à sa sœur. Le monde de celle-ci était beaucoup plus stable et les hommes sur sa terre étaient plus forts, plus robustes, mais leur vie était beaucoup plus rude et leur cœur vide, toujours en quête du progrès, de richesse, d'avidité, de pouvoir et essayant de trouver leur origine dans se monde. Illuviné restant en retrait à leur évolution, les poussant à évoluer seuls sans repère, sans guide pour les durcir encore et encore.

- Face à la tristesse de son frère, Illuviné accepta d'offrir son aide. « Je t'offre la vie d'un de mes hommes vaillants et forts, en échange je souhaite que cet homme soit heureux jusqu'à la fin de temps sur tes terres et que son cœur et son esprit possède la clairvoyance de tes enfants ». Lance Pallando faisant de grands gestes.

Je prends un cookie pour essayer d'avaler les bobards. Alatar regarde son voisin exaspéré et reprend.

- Un contrat fut donc passé entre nos deux mondes. Depuis, à chaque manifestation maléfique, un Titan d'Illuviné est envoyé pour participer au sauvetage d'Arda et de ses peuples libres. Voici donc votre contrat, je vais prendre le temps de vous le décrire et vous pourrez le relire par la suite.

Je prends le long contrat, le regarde rapidement, une ligne m'interpelle.

- Nouveau nom ?

- Oui, sachez que pour vous c'est comme une deuxième naissance, si vous acceptez, vous perdrez votre nom d'origine et nous vous en donnerons un.

- Ok.

De mieux en mieux.

- Avez-vous d'autres questions.

- Que se passe-t-il si je refuse ? Je pose le contrat.

- Nous en choisirons un autre pour vous remplacer. Bien que cela nous coûte énormément d'énergie. Vous avez été choisi par Illuviné et Illuvatar eux-mêmes. Mais si vous refusez, nous vous renverrons. Vous ne vous souviendrez pas de votre venue ici et continuerez votre vie.

- Beaucoup ont refusé ?

- A vrai dire oui. Je dois l'avouer. Votre race n'est, pardonnez moi, pas très empathique.

- Je vois tout à fait. Dis-je. Quand dois-je donner ma réponse ?

- Avant cela, je dois vous décrire les termes de votre contrat.

- J'écoute, allez-y.

- En échange de votre venue, de votre sacrifice, comme je l'ai dit plus haut, deux cadeaux vous ont été offerts. La clairvoyance, vous allez ressentir un changement dans votre façon de percevoir les émotions, vous allez remarquer qu'elles seront beaucoup plus présentes. Illuvatar vous offre ce cadeau pour vous permettre de découvrir le véritable bonheur, celui de ressentir et de faire corps avec votre environnement. La deuxième, c'est la durée de votre vie. Illùvatar vous fait don d'une vie éternelle.

- Une vie éternelle ?

- Oui sur notre terre les elfes sont dotés de la vie éternelle. C'est donc assez courant.

- Les elfes ?

Il me regarde froncer les sourcils.

- Ça suffit… Comment voulez-vous que je gobe ça ? Sérieusement ? On peut être lucide deux secondes ! Ok, je ne peux pas expliquer ce qu'il sait passer tout à l'heure, comment vous avez fait pour changer mon environnement, je vous l'accorde je ne l'explique pas. Ensuite, ok, je veux bien vous croire quand vous dites que je suis plus forte qu'avant, j'ai littéralement broyé la poignée de ma valise et arraché cette poignée de la porte. Mais la vie éternelle ? Des elfes ? Vous allez beaucoup trop loin pour moi.

Alors là c'est beaucoup trop, je ne peux pas encaisser ça ! C'est impossible ! Je me lève de ma chaise en l'envoyant en travers de la pièce, sans leur laisser le temps de répondre. Il me faut de l'air, de l'air s'il vous plaît et surtout une dose de nicotine… Je sors en trombe du bâtiment et reste plantée au milieu de la place en prenant une cigarette que j'allume en quatrième vitesse. Mes poumons me font encore mal, mais je me suis visiblement un peu habitué…

Comment veulent-ils que je les crois ? C'est impossible, des elfes et quoi encore ?! Oh ! On est où là ? Je sens mon esprit sombrer dans la panique, je ne sais pas où je suis, je ne reconnais rien autour de moi, quand je lève les yeux je ne vois pas les rayures caractéristique des traînées d'avion dans la ciel, le soleil est plus haut et peut-être même légèrement plus petit. La lune, car oui il y en a une est plus grosse et sa couleur plus foncée que celle que je connais…

Toutes ces preuves autour de moi devraient me convaincre que tout est bien réel, mais je n'y arrive pas. C'est trop loin de ma logique terre à terre, trop fantasque, trop incertain… Je suis complètement paumée, je l'avoue je suis paumée…

Je lâche la dernière bouffée et me résigne à rentrer de nouveau à l'intérieur… Ils me regardent sans rien dire, comme s'ils comprenaient ma détresse…

Je ne sais pas à quoi ressemble votre monde Lucy… Mais je sais qu'il est très différent du nôtre. Je sais que chaque personne qui est venue à nous à eu du mal à concevoir ce qui est pour nous le quotidien. Mais nous sommes là pour vous apprendre à accepter et à embrasser ce nouveau destin qui vous est offert. Vous, êtes de la Terre, vous êtes des êtres lucides et pragmatiques, il est alors d'autant plus compliqué pour vous d'accepter ce qu'Arda a à vous offrir, nous comprenons et nous serons là pour vous aider.

Je détourne les yeux pour les perdre sur les tentures aux scènes majestueuses. Titan hein…

- Continuez, pardonnez-moi…

- Bien, Pallando vous expliquera les différentes races qu'il y a ici.

Parce qu'il n'y a pas que les elfes alors…

- Comme je le disais, en échange de ces cadeaux, vous devez protéger les peuples libres des forces du mal. Voici votre mission, il me tend le livre et me montre des illustrations. Jadis, des anneaux furent forgés (l'image montrait des anneaux accompagnés de leur porteurs) trois pour les grands Elfes, six aux Nains et neuf aux hommes, dans le but d'écraser notre principal ennemi Sauron.

- Maître des ténèbres, fils du Valar Melkor, Ajoute Pallando.

- Mais celui-ci, créa en secret un maître anneau permettant de gouverner tous les autres, les rois des hommes se trouvèrent vite appelés par cet anneau maléfique, et tombèrent dans les ténèbres aux côtés de Sauron. Une grande guerre éclata alors entre les peuples libres et celui des ténèbres. Il tomba des mains d'un homme, Isildur roi de la grande cité des hommes qui le conserva. Votre prédécesseur à participé à cette guerre d'ailleurs. Isildur garda l'anneau, action entraînant sa mort et celui-ci fut perdu. Votre prédécesseur est parti aux terres immortelles pour vivre en paix après la guerre de l'anneau, car la paix s'est installée. Mais les jours sombres sont revenus, les Nains se sont grandement affaiblis, par leur propre cupidité de l'or, leur grande cité Erebor, jadis la plus grande des Nains est tombée face au dragon Smaug. Les elfes faiblissent également, s'enfermant dans leur royaume, les forêts se meurent, ils partent tous vers les terres immortelles et comptent laisser la terre du milieu entre les mains des hommes dans un futur proche.

- C'est là que nous avons décidé de vous invoquer. Nous prévoyons une nouvelle guerre, le mal grandit, nous le sentons. Tant que l'anneau est, Sauron sera. Tant que l'anneau ne sera pas détruit, le mal persistera… Termine Pallando.

- Beaucoup de personnes ne croient pas en notre théorie, et ils restent aveugle face à la noirceur qui grandit jour après jour. Des rumeurs circulent, depuis un âge nous n'avions pas entendu de telles rumeurs, et comme on dit… Reprend l'autre.

- Il n'y a pas de fumée sans feu, c'est ça ? Je le coupe en croisant les bras.

- Exactement… Répondit Pallando.

Je les regarde tour à tour. Ça fait beaucoup d'informations en très peu de temps. Mais j'ai compris les grandes lignes, enfin s'il y a bien quelque chose à comprendre...

- Ok, j'ai juste une question, vous en êtes où niveau technologie ? Je veux dire, si j'en suis à vous aider, par quel moyen dois-je le faire ?

- Et bien, le dernier Titan invoqué avait une civilisation relativement proche de la nôtre. Nous ne connaissons pas l'évolution du monde d'Illuviné plus que ça.

- Ça ne répond pas à ma question.

- J'avoue être perdu par votre question. Pouvez-vous préciser ?

Je soupire, fouille dans ma poche et sors mon compagnon que je pose sur la table. Les deux mages se penchent sur la fine plaque de verre transparente affichant l'heure et la date faiblement.

- J'en comprends que vous n'avez jamais vu cela ?

- Exact.

Je reprends l'objet.

- Quel type d'arme utilisez-vous ?

- Le plus souvent l'épée ou l'arc.

- Vous rigolez ?

- Non madame. Disent-ils ensemble.

Nom de dieu…

- Donc nous sommes au moyen âge ici… Dans ma civilisation ça fait très longtemps que nous avons abandonné ce genre de chose. Comment voulez-vous que je vous aide, je ne sais pas me battre et encore moins avec une épée ? Je suis ingénieur pas soldat.

- Si vous acceptez les termes du contrat, nous vous formerons ici dans un premier temps à l'histoire D'Arda et à l'ensemble des connaissances qu'il vous faudra pour comprendre où vous êtes, ainsi que les différentes langues utilisées. Ensuite quelqu'un viendra vous chercher pour vous former au combat, apprendre à utiliser et contrôler votre force.

- Ok, alors si tout est aussi simple que quelques phrases... Dis-je ironiquement.

On est en plein délire ma parole ! Je leur tourne le dos et commence à faire les cents pas à travers la pièce le visage entre les mains. Plus je les entends entrer dans les détails et moins j'y crois…

- Vous vous adapterez, j'en suis convaincu, notre monde à beaucoup de choses à vous offrir et à vous apprendre. Je ne veux pas plaider en notre faveur, le choix vous appartient, c'est votre vie. Mais nous vous offrons une chance unique de modifier votre destinée humaine sur Terre. Ça n'a pas de prix.

Ok, tu marque un point, mais…

- Si, celui de quitter ma famille, mes amis, et tout ce qui faisait de moi ce que je suis. Vous me demandez de quitter ma vie pour la remplacer par une autre, de tout recommencer à zéro, d'abandonner la vie que j'ai mis si longtemps à construire. Encore si cela est bien réel…

- Nous savons cela. Ici une vie éternelle vous attend, une vie différente certes, mais une vie magique, baignée dans le fantastique, bien loin de votre civilisation.

- Je dois réfléchir. Je ne sais plus quoi penser là…

- Oui, nous vous laissons le temps qu'il vous faudra, c'est normal.

- Si cela ne vous dérange pas, j'aimerai en savoir plus sur… Sur Arda, c'est ça ? Avant de prendre ma décision, mon dieu ces mots me semblent irréels en les prononçant…. Il faut que je compare, ce que je gagne par rapport à ce que je perds. Et aussi que j'accepte que c'est la réalité…

- Entendu, la bibliothèque est à votre disposition et Pallando se fera une joie de vous apprendre tout ce qu'i savoir.

Je prends encore un cookie et soupire. Les deux mages rangent les livres, j'en conclu que la conversation est terminée. Je me lève et regagne ma chambre en silence. C'est une histoire de fou, je voudrais bien croire que c'est un canular, mais je n'ai rien pour expliquer ma phase d'arrivée, rien de scientifiquement possible pour expliquer tout ça.


Je prends mon compagnon et regarde l'écran s'allumer, pas de réseau, logique, j'ouvre mon application de GPS, aucune donnée ne lui parvient, aucune carte, ça encore c'est logique. Il est juste coincé sur l'aéroport que j'ai quitté. « Signal perdu » il affiche, « voulez-vous scanner votre environnement pour créer une carte en local ? » bonne idée, on peut toujours essayer. Comme ça on verra bien s'ils disent ou non la vérité.

« Oui », il charge et affiche « vous pouvez vous balader, j'enregistrerai vos déplacements », « Puis-je utiliser la caméra vidéo pour imager l'environnement ? », « oui ». Un petit drone miniature se matérialise en utilisant la matière même du compagnon. La nanotechnologie fait partie intégrante de nos appareils aujourd'hui, chaque chose peut en créer une autre, un véritable progrès… Il est tout de même interdit de créer certaines choses bien évidement, on ne peut pas créer une arme à partir d'un simple compagnon… Une fois terminé, il vole au-dessus de moi sans bruit.

Et si on allait marcher un peu. Je descends l'escalier et commence à sortir dans la cour. Je vois un petit sentier descendre le long de la falaise et le descendre tranquillement. Pour l'instant rien de particulier, la flore est la même que chez nous, à peu de chose près, ou du moins ce que j'en connais...

Après une heure de marche, j'arrive au bord de la falaise, derrière moi il y a les montagnes, immenses, et devant moi s'étend une forêt à perte de vue. Je n'ai jamais vu une forêt aussi grande. Une mer de verdure, même en plein vol je n'ai jamais vu de forêt aussi grande…

C'est sublime, là ou normalement devrait se dresser des champs cultivables chez moi, se dressait la nature imposante et reine. Mon cœur se serre, je ne sais pas trop pourquoi, mais la culpabilité me fend le cœur, après tout, nous avons détruit la plupart de nos forêts primaires, si ce n'est pas pour dire toutes en fait…

Qu'avons-nous laissé aux prochaines générations ? Un désert immense et stérile. Si j'accepte le contrat, j'abandonne la Terre à son sort, celle qui m'a élevé et nourri tout au long de ma vie. Pourquoi devrais-je avoir la chance de pouvoir vivre ici et pas les autres ? En même temps, toutes les générations ont eu le pouvoir de changer les choses, mais n'ont rien fait, j'en ai aussi payé le prix.

Suis-je prête à entamer une nouvelle vie ? A tout abandonner ? A croire que tout cela est vrai ?

Je tends le bras pour faire signe au drone d'aller explorer la forêt. Je sors de l'écran et regarde les images qu'il enregistre. Il plonge entre les feuilles, le sol est recouvert de mousses moelleuses et vertes, les arbres sont vieux et robustes. Il arrive dans une clairière, un ruisseau y passe, mes yeux s'écarquillent, de l'eau ? De l'eau au naturel ? Impossible. Je me retourne et constate que les sommets des montagnes sont blancs, recouverts de neige ? Je n'ai jamais vu la neige, pas en vrai… Sur le net, des images des décennies précédentes…

Je lève les yeux au ciel, il est d'un bleu profond et clair, le vent balaye mon visage et je respire, aucune odeur, aucun bruit, il n'y a rien dans le ciel, aucun avion, aucun drone, juste les oiseaux. Les nuages avance doucement immaculé de blanc et cotonneux. Je voudrais juste rester pour savourer toute cette nature.

Je rappel le drone, perdu dans mes pensées, perdu dans mes choix.

- Comment trouvez-vous Arda madame ?

Je me retourne vivement et vois Pallando approcher.

- C'est ce que devait être la Terre il y a des centaines d'années. Avant l'ère industrielle, avant que l'homme ne détruise tout. Dis-je avec peine.

- Vous savez, votre immortalité, si vous restez, vous permettrait d'aider les hommes d'ici à ne pas faire les mêmes erreurs que vous.

Je me retourne vers lui avec de grands yeux remplis de surprise. Je n'avais pas pensé à ça…

- Vos possibilités sont infinies.

- Je... Dis-je faiblement.

- Quand nous disons que vous êtes ici pour nous sauver du mal, nous parlons aussi de la nature, Sauron éliminera toute chose, faune et flore, laissant derrière lui une terre de cendre. Mettant en esclavage les peuples qu'il n'aura pas décimés. C'est le mal, le mal absolu. Nous perdrons tout, tout de cette nature et de cette diversité.

Je reste sans rien dire en le regardant juste s'éloigner en silence.


J'ai passé le reste de la journée à réfléchir devant la grande forêt, laissant le drone transcrire le paysage en carte. Après plusieurs heures, des centaines d'hectares sont déjà tracés, cette forêt est vraiment immense, elle s'étend sur des kilomètres et des kilomètres, du jamais vu…

- Compagnon ?

- "Oui Lucy, je t'écoute ?"

- Connais-tu cette forêt d'après la carte enregistrée ?

- "Il n'y a aucune forêt semblable dans mes données Lucy."

Je souris une seconde avant de me retourner.

Je rentre tranquillement vers la cité laissant mes chaussures dans mes mains, mes pieds rentrent dans l'herbe fraîche, mon cœur est bizarrement apaisé ici, c'est tellement calme et reposant, loin de mon emploi du temps, loin du bruit, loin des obligations, loin de la pollution, loin de l'argent, loin des cons aussi certainement...

Je rentre dans mes quartiers et défais ma valise par habitude, je m'arrête en observant les gestes incrédules. Pourquoi je défais ma valise au juste ? Ai-je fait le choix de rester ? Je m'assoie prenant ma tête dans mes mains et réfléchis.

On frappe à ma porte doucement, mais celle-ci s'ouvre toute seule, faute de poignée.

- Je réparerai cela, ne vous en faites pas. Je vous apporte votre repas.

Pallando, rentre et pose un plateau sur le bureau.

- Je vous remercie, c'est très gentil.

- Avec grand plaisir Madame.

Il ressort tout aussi calmement et je commence à manger tranquillement, les aliments ont un goût extraordinaire, les légumes et la viande sont sublimes. Je finis en silence et descends ramener le plateau. Pallando est assis à la grande table et lit tranquillement. Je pose mon plateau doucement dans la cuisine et m'assoie en face de lui, il baisse ses lunettes et me regarde.

- Alors ? Dis-je. Racontez-moi un peu l'histoire d'Arda. Enfin sauf si vous voulez faire ça demain ? Je ne veux pas m'imposer.

- Non, non pas du tout, je vais tout vous dire. Pour commencer Arda…

Il me parla des heures durant, toute la soirée et le début de la nuit. Il m'apprit, les différentes régions d'Arda en me montrant des cartes, les différents peuples, les hommes, les elfes, les nains, les magiciens, les Hobbits, et les créatures des ténèbres. Ça me paraissait tellement irréel, c'est une histoire magnifique, mais une histoire pour enfants… Il continua, m'expliquant les pratiques, les fêtes, les coutumes et plein d'autres choses. Je me suis laissée entraîner, laissant le vieil homme me plonger dans l'histoire de cette « Arda », tout était tellement beau que j'avais envie d'y croire… Je voyais l'amour de cette terre dans chacun de ses mots et à travers ses yeux.

- Je pense avoir terminé. Dit-il finalement

- Et bien, ça fait beaucoup de choses à retenir.

- Prenez le temps pour remettre en place vos idées Lucy. La nuit porte conseil.

Je remonte dans ma chambre, l'esprit plein de légendes et de contes. D'un monde tellement loin du mien, dois-je vraiment le croire ? Je dois me concentrer, peser le pour et le contre, essayer d'y croire réellement et de ne pas prendre ça à la légère.

Me battre, une vie éternelle, la libération du cœur, dans un monde superbe et pur ; contre la perte, de ma vie, de ma famille, de mon métier, de mes projets, de ma terre. Ma terre qui se meurt, mon métier, qui tue. Une deuxième chance ne serait peut-être pas une si mauvaise chose. Je pourrais faire quelque chose d'utile pour une fois. J'aurai un but, sortirai enfin du bocal sans fin de mon monde. Une raison de vivre...


Le lendemain ma décision était prise, je descends les escaliers et entre dans la grande salle, les deux mages sont encore assis à feuilleter des livres. Ils ne s'arrêtent donc jamais ces deux-là ?

Je m'assois à la table et les regarde tour à tour.

La simple phrase que je vais prononcer me fait peur, car ça veut aussi dire que j'y crois à leur histoire…

- J'accepte. Dis-je.


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Merci à Caro pour ses correction ^^

Merci, merci!

La bise