Shizuru Fujino avait 28 ans.

Et Natsuki ne connaissait finalement que peu de choses de son être cher d'il y a 10 ans.

Shizuru n'était pas une japonaise pure souche, ce qui n'avait rien d'inattendu compte tenu de son apparence, de la couleur naturel de ses cheveux ou de ses yeux, ou encore des traits de son visage. Elle aimait le thé, les kimono et les traditions, elle était follement intelligente et populaire. Elle paraissait incapable d'être repoussée par l'agressivité et l'indifférence de Natsuki, elle aimait la taquiner, elle savait tromper son monde. Elle souriait tout le temps, ou presque, sans qu'elle ne le pense réellement. Elle avait été une Hime elle-aussi.

Et elle avait quitté Natsuki sans un mot en partant à l'Université.

Ah, elle aimait les femmes. Ou elle l'avait au moins aimé, elle: Natsuki Kuga.

Peut être n'avait-ce été qu'une passade pour tout ce que Natsuki en savait.

Mais finalement à part cette dernière information, elle n'avait pas l'impression qu'elle connaissait vraiment Shizuru plus que le commun des mortels.

.


Shizuru Fujino avait 28 ans.

Et selon l'opinion populaire, elle serait la fille d'une vieille et importante famille traditionnelle ou d'un homme riche. Sa manière de parler ou de se tenir, sa connaissance des traditions, son intelligence -entendez par là, ses excellents résultats scolaires- ou sa capacité à savoir négocier et discuter dès le lycée avec des investisseurs, était le signe d'une évidente éducation issue d'une famille puissante.

En parlant de ce dernier point, ça aurait dû être une indication flagrante que leur Académie avait un problème. Qui, dans son bon sens, aurait laissé une étudiante parler avec des investisseurs potentiels sans supervision. La présenter pour montrer comment l'Académie pouvait former leur élève était une chose, mais la laisser seul face à des hommes qu'elle devait convaincre de financer l'école en était une autre!

Donc oui, Shizuru avait eu le loisir d'entendre toutes les folles rumeurs qui courraient à son sujet.

Ils avaient tous tort.

Elle pourrait même dire qu'ils auraient tous été déçus de découvrir sa situation familiale ou sociale.

Shizuru était d'une famille de la classe moyenne. Il y avait même des fins de mois difficiles. La seule originalité était son métissage, son père étant d'origine anglaise.

En réalité, ses parents étaient fleuristes. Ils possédaient leur propre boutique à Kyoto -au moins, ses camarades avaient su placer l'origine de son accent.

Elle avait deux frères de 7 et 5 ans ses aînés qui ne cessaient de dire qu'elle était une petite sœur pot de colle. Aucun d'eux n'avait été particulièrement intéressé par les fleurs qu'ils trouvaient trop girly et ses parents avaient fondé beaucoup d'espoir sur elle pour les aider et reprendre leur commerce.

C'était sans compter que Shizuru avait eu la meilleure des excuses pour ne pas prendre leur suite. A la stupeur et à l'effroi de ses parents, Shizuru était allergique aux fleurs.

Pas de toutes les fleurs évidemment, mais une bonne partie entraînait rapidement des problèmes respiratoires et cutanés si elle en restait proche trop longtemps.

Les premiers symptômes n'étaient apparus qu'aux alentours de ses 9 ans, et à cette époque, elle s'était sentie plutôt triste de devoir se tenir loin de la boutique et mit à l'écart dans l'appartement qu'ils habitaient juste au-dessus. Ils n'étaient en effet pas inhabituels que le surplus de fleurs ou plantes d'intérieurs puissent finir dans leur salon.

Isolée dans sa chambre, elle n'avait pas trouvé ça juste et cela embêtait bien ses parents.

Heureusement -pas avec le recul évidemment- ils avaient reçu la proposition de bourse complète à Gakuen Fuuka pour leur fille et la solution avait été toute trouvée.

Shizuru avait donc pris son "indépendance" dès ses 10 ans, arrivant en cours d'année à l'académie réputée et se faisant aussitôt remarquer pour cela.

Elle s'était bien intégrée, difficile de dire le contraire quand, année après année, elle avait gagné en popularité.

Elle avait apprécié leur attention de prime abord. Avec des parents qui avaient été plus qu'heureux de l'abandonner là pour conserver leurs fleurs, son amour-propre en avait pris un coup et cette admiration de ses camarades avait réparé les dégâts.

C'est à l'entrée au lycée, avec l'arrivée de nouvelles têtes qui avaient passé le concours d'entrée de Fuuka, que ça avait commencé à devenir insupportable.

Elle n'avait pas compris pourquoi… elle n'était pas une idole d'un groupe quelconque, ou une actrice de drama, pourquoi diable s'étaient-ils tous attachés à elle?

Le pire était que ses propres camarades de classe avaient le même comportement que tous les autres: ils exprimaient un genre d'admiration distancié comme si elle n'était pas vraiment réelle, pas une véritable personne avec laquelle ils pouvaient parler ou échanger des idées.

Et quand elle ne les regardait pas, une partie -les plus obsessionnels d'entre eux- était effrayant : cherchant la moindre info à son sujet, la prenant en photo ou la suivant quelques mètres derrière elle.

Un fichu fan-club avait été créé et était même devenu un club officiel de l'école sous l'égide de Tomoe Marguerite. Le nom même continuait de susciter un frisson d'effroi. La fille avait été obsédée et elle avait rallié un groupe autour d'elle pour partager et la vénérer ou quelque chose du même goût. Le père de Tomoe avait offert la rénovation de toute une aile de l'Académie quelques années plus tôt, autant dire que les professeurs n'avaient pas fait grand cas de la création d'un club de paparazzi -titre officiel du club dont le seul sujet avait été Shizuru. C'est un métier, monsieur! avait même défendu Tomoe avant d'énoncer à quel point son père aurait été agacé de leur refus.

Bref, flippant.

Au lycée, donc, Shizuru n'avait mis que quelques semaines à connaître tous les passages, raccourcis ou détours de l'Académie qui pouvait lui permettre d'éviter les membres de ce groupe. Et allergie ou non, les jardins remplis de fleurs étaient une bien meilleure solution que de faire face à ses stalkers. Peut être même que les yeux et la peau rouges de sa réaction allergiques les repousserait.

A la place, elle avait rencontré Natsuki.

Et Natsuki l'avait fasciné.

En premier lieu, parce que Natsuki se fichait d'elle, semblait même ignorer qui elle était. En tout cas, elle n'était pas intéressée à traîner avec elle. Dans son livre, ça faisait d'elle une des personnes les plus sensées de cette Académie, alors forcément elle avait voulu devenir son amie.

Elle aurait été incapable de dire quand son désir d'amitié s'était mué en sentiment.

Elle comprenait peut-être un peu mieux la fascination qu'on pouvait avoir pour quelqu'un.

Natsuki n'était pas non plus une star quelconque, mais à ses yeux, elle était parfaite.

Bon… peut-être pas parfaite, à la différence de ses camarades, elle avait appris à la connaître. Elle avait mauvais caractère, ne faisait confiance à personne, se montrait abrupte, désintéressée et parfois même blessante dans leur discussion, elle ne connaissait pas le terme "ponctualité" et se fichait de sa scolarité.

Mais, derrière tout cela, tout cet extérieur forgé par de mauvaises expériences, elle était une personne merveilleuse.

Il était dommage que personne ne le voit, mais Natsuki qui aimait sa tranquillité devait plutôt en être heureuse finalement. Les quelques personnes qui appréciaient son apparence n'allaient jamais beaucoup plus loin que ça.

Sauf Takeda… mais bien, Takeda n'avait a priori pas d'instinct de survie.

.

Ce n'était pas grave que Natsuki ignore ses sentiments. C'était même mieux ainsi.

Shizuru ne s'était vraiment jamais penché sur sa sexualité, trop rebutée par le comportement obsessionnel de ses camarades qui l'admiraient et pouvaient la désirer sans la connaître.

Donc, ça avait été une surprise de découvrir qu'elle aimait les femmes. Ou Natsuki, du moins. Natsuki qui se fichait bien d'apprendre à la connaître et qui ne venait la voir que pour récupérer des informations de l'intranet. Un signe clair que son intérêt ne lui était pas rendu…

Elle préférait garder le peu qu'elle avait de Natsuki. Les petites conversations qu'elles partageaient notamment -ce qui étaient déjà bien plus que ce qu'elle offrait aux autres.

Et à 18 ans, malgré ses précautions, Natsuki lui avait cependant brisé le cœur en la rejetant.

Sur le fond, Shizuru aurait fait pareil. Son comportement au Carnaval avait été… dérangeant, obsédé et meurtrier.

Natsuki ne méritait pas de se sentir responsable de ses actions ou de ses sentiments.

Ce n'était pas non plus facile de lui faire face en sachant que Natsuki savait, pire qu'elle se tendait au moindre contact, comme terrifié que… que quoi? Que Shizuru profite d'elle comme Yukino et Haruka avaient osé l'affirmer? Les deux jeunes femmes avaient interprété les choses de la pire façon.

Alors ça avait été plus simple de faire ce qui s'avérait nécessaire et que Natsuki semblait incapable d'admettre: couper les ponts et leur laisser l'occasion de se reconstruire sans l'ombre du Carnaval et de leurs actions.

.

Comparativement au lycée, l'université avait donc été d'un ennui mortel.

Beaucoup plus calme côté fan aussi. Elle avait son lot d'admirateurs -quelque chose qu'elle ne comprenait pas bien semblait vraiment attirer les gens à elle… son accent peut être? Son humour? Probablement plus son apparence en réalité, car elle n'était pas stupide: que ce soit elle ou ses frères, leur métissage avait résulté en une somme des meilleurs traits physiques de leurs parents. Ca aurait été mensonger de dire qu'elle ne se rendait pas compte de son physique attrayant, elle avait des yeux et un miroir.

Elle voulait bien accorder qu'elle était jolie, mais pas au point de susciter tant d'intérêt, n'est-ce pas?

.

On pourrait aussi penser que Shizuru Fujino savait parfaitement ce qu'elle désirait faire et avait patiemment et parfaitement réfléchi à son parcours.

Ça aurait été tout aussi faux.

Sa première année d'université avait été aussi générale que possible pour lui laisser une année supplémentaire pour réfléchir à quoi faire sans se fermer de porte.

Elle avait simplement pris le cours qui l'intéressait le plus -choisir par rapport aux notes n'aurait été d'aucune aide.

Elle s'était dirigée vers la littérature et elle avait laissé les choses se faire d'elles même.

Les occasions n'avaient pas manqué. Stage, premier job, promotion ; elle avait simplement pris ce qu'on lui proposait et ça lui avait plu.

Elle avait été même douée dans son travail.

Elle adorait être éditrice, d'être la première à lire les textes et pouvoir en discuter avec l'auteur, proposer des modifications ou des changements pour améliorer les choses, faire en sorte que ça marche. Découvrir un auteur et le faire découvrir à d'autres!

Shizuru adorait ça. Elle n'était pas particulièrement compliquée : récit fantastique, SF, thriller ou romance, tant que c'était de la fiction.

Elle ne voyait pas trop d'intérêt dans un roman érotique car, blague ou non à ce sujet, insinuation ou non, elle n'avait pas éprouvé d'affection ou de désir particulier pour qui que ce soit -exception faite de Natsuki- et elle n'avait certainement pas compris l'intérêt de faire quoique ce soit en absence de sentiments.

.

Viola, l'exploratrice japonaise, était une série relativement populaire d'une maison d'édition concurrente. Elle la connaissait de nom, parce que -duh, c'était son métier- mais elle n'avait pas eu l'occasion d'y jeter un œil. Elle lisait déjà suffisamment de choses dans le cadre de son travail.

C'était une collègue -Yuna- qui lui avait dit de le lire, parce que, selon elle, l'héroïne lui ressemblait énormément.

Commencé en présentant Viola comme une métis japonaise/européenne (pas de définition exacte de ses origines) rendait le titre plutôt mensonger de son avis. On excluait une partie entière de ses origines, mais autrement, Shizuru comprenait ce que signifiait sa collègue.

Elle avait ri sur certaines mimiques qui lui ressemblaient, certaines tournures de phrases aussi.

"Tu as vu? C'est une expression de Kyoto, non? avait pointé Yuna. L'auteur n'a jamais clairement dit d'où elle était issue, mais on peut supposer que c'est de Kyoto."

Alors oui, Viola l'exploratrice lui ressemblait.

Des coïncidences qui n'en étaient peut être pas, à présent qu'elle découvrait que Kruger était le nom de plumes de Natsuki Kuga.

.


Le restaurant choisi était discret mais agréable, occupé pour la plupart de plantes vertes et de boiseries qui donnaient un aspect chaleureux à l' endroit.

Shizuru avait rapidement invité Natsuki à s'asseoir avant de s'en aller commander leurs boissons au comptoir, après lui avoir demandé ce qu' elle désirait. Elle revint rapidement : un café et un thé en main, accompagnée de pâtisseries: un ensemble de diverses douceurs.

Cela mit l'eau à la bouche de Natsuki, lui rappelant qu'elle n' avait pas mangé ce matin-là. Le café était bon, excellent même et le croissant l'accompagnait à merveille. Elle mit un moment à remarquer que Shizuru l' observait, tranquillement.

Natsuki déglutit difficilement, soudainement intimidée de devoir lui faire face dans un contexte autre que professionnel. Enfin… Le rendez-vous était professionnel mais le cadre lui donnait une toute autre atmosphère.

"Que deviens-tu? s'entendit dire Natsuki."

Le sourire de Shizuru s' étira.

"Comme tu le vois, je suis devenue éditrice. Et tu es devenue auteure. À succès."

-Ma question était stupide, se rabroua-t-elle.

-Non, non, la corrigea Shizuru, je joue simplement avec toi. J' ai fait des études de lettres et, une chose en amenant une autre, j' en suis là. Toujours célibataire.

-Je n'ai pas besoin de savoir ça.

-Vraiment ? Après ta remarque de toute à l' heure, je te reconfirme simplement les choses."

Shizuru sembla patauger quelques instants sur ce qu' elle pouvait ajouter ou demander à son tour.

"Je ne me souviens pas que tu aimais écrire, choisit finalement de dire Shizuru avec diplomatie.

-Oh, pas au lycée, indiqua Natsuki. Beaucoup trop de… enfin, je n'aurai même pas songé à aimer ça à l'époque. On peut se surprendre.

-En effet. Écrire te réussit.

-Tu as lu mes livres ? balbutia Natsuki.

-Au vu de mon travail, heureusement oui."

Son sourire se tordit pour devenir moqueur.

"J'ai d'ailleurs quelques questions à ce sujet."

Natsuki se tendit aussitôt.

"Te serais-tu inspirée de moi pour le personnage de Viola ?

-Non! mentit Natsuki, rouge et gênée. Pourquoi penserais-tu ça?

-Voyons voir… Son métissage?"

Shizuru leva un doigt pour marquer son premier point.

"Beaucoup de gens sont métis, se défendit Natsuki.

-Pas tant que ça au Japon, en réalité. Je crois avoir lu des statistiques à ce sujet récemment..

-Passons, l'interrompit-elle. C'est tout?"

Shizuru redressa un second doigt.

"Le fait qu'elle a probablement vécu longtemps à Kyoto.

-Je n'ai jamais écris ça! s'en défendit Natsuki.

-C'est vrai mais plusieurs de ses expressions sont purement issues de cette région.

-Ce sont des hypothèses!"

Shizuru haussa les épaules et présenta deux à quatre doigts.

"Son humour? Son apparence?

-Et son intelligence? ajouta Natsuki avec ironie. Viola est une Mary Sue, aux yeux du héros, même ses défauts deviennent des qualités. Je vois que tu es restée très humble si tu te vois en elle.

-Je sais simplement reconnaître ma valeur, répliqua Shizuru sans paraître gênée le moins du monde. Mais effectivement, ne nous attardons pas sur ce sujet. Il est peu probable que ton personnage soit inspiré de moi. Je ne l'aurais d'ailleurs jamais pensé si Yuna…"

Elle s'interrompit et secoua la tête, une expression paisible adoucissant ses traits.

Qui était Yuna? s'interrogea Natsuki sans oser énoncer sa question à haute voix.

"OK, venons-en au point principal et certainement le plus intéressant, reprit Shizuru comme si de rien n'était. Tu écris un sacré nombre de scènes coquines, Natsuki! Je ne me serais jamais attendue à ça de toi !

-Oh Kami-sama, rougit cette dernière mortifiée. Ce n'est pas ce tu crois!

-Tu sais ce que je crois? s'amusa Shizuru.

-Tu me vois comme une sorte de dépravé!

-J'ai lu bien plus graveleux que ce que tu écris, la rassura Shizuru. Et puis, ça n'a rien de dépravé. C'est un acte naturel que deux personnes qui s'aiment se retrouvent intimes"

Shizuru fronça le nez en réfléchissant à ses propres mots.

"Je suis probablement un peu trop fleur bleue quand je m'exprime ainsi. Les gens ont des relations sexuelles même sans amour. Cependant, je me rappelle ta timidité ou ce même genre de rougeur à la simple évocation ou insinuation sur le sexe et...

-Stop! s'écria Natsuki une main tendue devant Shizuru."

Elle était au-delà de la gêne habituelle que Shizuru avait toujours su suscité chez elle.

"Laisses-tu quelqu'un d'autres écrire ces scènes? Une de tes fans découvertes sur fanfiction ou AO3 peut-être?

-Certainement pas! C'était un compromis avec Kazuki pour le renouvellement de mon contrat."

La remarque parut surprendre Shizuru.

"Comment ça? Les scènes de sexe n'apportent rien à l' histoire…

-Oui, exactement! Si ça ne tenait qu'à moi, il n'y aurait rien eu de ce genre!

-Mais Natsuki...ça ne tient qu'à toi. Tu es l'auteure, lui rappela gentiment Shizuru."

Sa nouvelle éditrice paraissait vraiment perdue, comme s'il était évident que Natsuki était la seule décisionnaire de son texte. Natsuki soupira en se frottant l'arrière de la tête.

"Soi-disant que c'est cela qui fait vendre, se justifia-t-elle. La maison d'édition n'aurait autrement pas vu l'intérêt de renouveler mon contrat.

-J'ai eu l'occasion de voir les chiffres de vente, dont les bénéfices, de tes deux premiers tomes. Tu sais, les tomes qui n'exploraient pas l' intimité physique de façon aussi détaillée. Ils ont très bien marché. Sous-entendre leur intimité était amplement suffisant."

Shizuru secoua la tête, a priori désolée par les demandes de son prédécesseur.

"Les hommes… il ne faut pas se demander pourquoi Kazuki a été remercié.

-Remercié? Tu veux dire viré? Je croyais qu'il changeait simplement de service.

-Et d'entreprise oui. Il a beaucoup trop sexualisé les œuvres dont il avait la charge. Mais peu importe, ce n'est plus lui qui s'occupe de ce que tu fais. Alors écris comme tu l'entends, en ne prenant en compte aucune des précédentes contraintes qu'il a pu te donner. Garde toutefois à l'esprit que c'est un cinquième tome et qu'il faudra rester cohérent avec les précédents.

-Oh bien, soupira-t-elle de soulagement. Tant mieux.

-Je reste toutefois toujours surprise de ce que tu as écrit, sourit Shizuru. Je ne m'imaginais pas qu'il y avait une petite perverse qui se cachait derrière ces rougissements.

-On m'y a obligé! se justifia-t-elle à nouveau. Et tu as dit que c'était un acte naturel!

-Oui bien sûr, mais tu as ajouté beaucoup de détails. Tu es toujours amie avec Tokiha-san? Que pense-t-elle de ce que tu écris? s'intrigua Shizuru, a priori convaincue qu'il y avait là de quoi s'amuser.

-Elle ne le sait pas! Alors chut! C'est tout l'intérêt d'un nom de plume!"

Un sourire de Cheshire ourla les lèvres de Shizuru.

"C'est donc notre sale petit secret?"

Alors bien sûr, Natsuki se demanda comment elle en était venue à manquer une telle femme.