Christian Slater, l'acteur de Gilles, mérite toujours qu'on lui souhaite son anniversaire même si, par total manque de temps, j'ai écrit la première chose qui m'est venue à l'esprit.
Nanthana14 aussi a écrit quelque chose pour l'occasion, allez donc le lire.
C'est terrible, j'ai l'impression que c'était hier que je mettais en ligne mon premier texte conçu pour cet anniversaire.
Robin se percha sur le rebord du chariot et sourit aux jeunes duchesses qui se trouvaient installées sur les banquettes aux coussins de soie.
« Ce sont des gâteaux à la crème, aux fraises et à la cannelle ? demanda-t-il de sa voix la plus enjôleuse en désignant les pâtisseries qu'elles grignotaient.
-Oui, en effet, s'amusa l'une d'elles. En voulez-vous ?
-Volontiers ! Pas pour moi, mais pour mon petit frère, répondit le hors-la-loi en prenant les gâteaux qu'elles lui enveloppèrent dans un linge. Merci !
-Oh, c'est trop mignon ! gloussèrent les deux duchesses pendant qu'il bondissait du chariot et s'éloignait.
-Pour ton petit frère, hein ? s'amusa Petit Jean, son bâton à la main, tandis que les autres voleurs s'emparaient des bijoux des maris de ces belles demoiselles. Est-ce que c'est une nouvelle stratégie pour convaincre les jouvencelles de te céder leurs biens ?
-Pas du tout. J'avais vraiment envie de rapporter ça à Gilles. »
Un peu plus tard, à l'occasion du passage d'un second convoi, Robin inspecta minutieusement les armes qui se trouvaient entassées parmi la marchandise. Il repéra rapidement plusieurs poignards dans le lot, dont un demeurait assez simple tout en étant particulièrement gracieux et élégant. La garde repoussée d'argent était incrustée de petites pierreries bleues tout à fait magnifiques.
« Je prends ça, décréta le hors-la-loi alors que ses hommes s'apprêtaient à laisser repartir le marchand. En guise de paiement et avec mes remerciements. »
Le négociant le foudroya du regard et s'en fut sans demander son reste. Retranché dans un coin, Azeem regarda faire son ami et sourit. Depuis qu'il avait appris que Gilles était son frère et qu'ils avaient retrouvé un cours de vie normal, c'est-à-dire vivre dans les bois et détrousser les riches voyageurs, Robin ne manquait jamais une occasion de lui rapporter des choses. Oh, c'était souvent des menus objets, des lacets pour ses bottes, des boutons de rechange, de la nourriture aussi et parfois des jouets. Ou des cadeaux plus gros, comme ce beau poignard.
Azeem savait que le jour saint de toutes les personnes qui s'appelaient Gilles était passé depuis deux mois et que le jeune homme était né au printemps et pas en hiver. Robin n'attendait aucune raison particulière de faire des cadeaux à son frère. Il en avait envie, c'était tout.
Quand ils rentrèrent au camp, ils trouvèrent le jeune homme étendu sous un arbre, à moitié appuyé contre le tronc rêche, prenant du repos comme le Maure le lui avait demandé pour guérir ses affreuses blessures. Robin sourit, abandonna les hommes qui déchargeaient le chariot de leur butin et planta même Azeem pour se diriger vers son frère. Le Maure sourit une nouvelle fois et rejoignit le convoi pour aider Petit Jean et frère Tuck à descendre les bijoux et la nourriture. Son ami était tellement heureux depuis qu'il avait un frère, il virevoltait presque pour aller le retrouver.
« Salut, sourit Robin en s'accroupissant à côté du blessé.
-Salut, répondit Gilles en levant les yeux du carnet sur lequel il était en train de noter des choses, l'un des objets les plus précieux que son frère lui avait ramenés. Tu sais qu'on s'est déjà vus ce matin ?
-Je sais, mais j'adore venir à la rencontre de son frère, expliqua l'archer en se rengorgeant fièrement.
-C'est vrai que tu faisais ça moins souvent quand tu ne le savais pas, le taquina Gilles en lui faisant une petite trace sur le nez avec le morceau de charbon qu'il utilisait pour écrire. Tu m'as encore rapporté des cadeaux ?
-Oui ! Regarde ces appétissants gâteaux. Crème, fraises et une touche de cannelle. Ma nounou m'en faisait tout le temps quand j'étais enfant. Tu m'en diras des nouvelles.
-Des fraises en cette saison ? Elles doivent venir de loin. »
Gilles sourit et prit les pâtisseries. Ça ne faisait que trois semaines et demi qu'il avait confessé leur lien de parenté à Robin et, pour une fois, il consentait à se laisser gâter. Normalement, cette avalanche de cadeaux aurait dû l'embarrasser, voire le mettre en colère; il était fier, fort et indépendant et il n'avait besoin de personne pour assurer sa subsistance !
Mais l'attention de Robin était touchante. Il était juste tendre et gentil et il prenait son rôle de grand frère très à cœur. Gilles aimait ça. Il avait toujours rêvé de pouvoir se faire dorloter par son frère aîné, au moins un peu, alors maintenant qu'ils étaient vraiment frères et que « Locksley » était encore plus doux et attentionné qu'il le croyait huit mois auparavant, il n'avait plus qu'à se laisser aller !
« Tu en veux ? demanda-t-il en tendant un gâteau à son frère, lequel profita de son bras tendu pour l'attraper et le tirer afin qu'il puisse s'assoir droit.
-C'est pour mon petit frère, rétorqua Robin avec son sourire le plus innocent.
-Et je crois avoir compris que mon grand frère aimait bien manger, répondit Gilles en poussant la gourmandise vers lui. Allez, prends-le ! Je pourrais me passer de toutes ces choses que tu me ramènes, tu sais… Même si elles rendent mon quotidien meilleur et que je te suis vraiment reconnaissant de faire tout ça pour moi !
-Je sais que tu n'en as pas expressément besoin, avoua l'archer avec un vague geste de la main. Mais ça me fait plaisir de te ramener des cadeaux. J'ai dix-huit jours de la Saint-Gilles et autant de printemps à rattraper ! »
Le sourire du jeune voleur s'élargit et il laissa Robin s'appuyer contre le même arbre que lui, épaule contre épaule. Il posa même sa tête contre la sienne pendant une seconde avant de mordre dans le même élan que lui dans le petit gâteau. Ce moment-là, eux deux avachis sous un arbre à manger des pâtisseries en regardant la vie du campement, il en avait eu tellement besoin sans s'en apercevoir pendant toutes ces années.
Quand Robin, se rappelant du couteau qu'il avait rapporté aussi, le sortit de sa poche et le fit glisser vers lui sur les feuilles mortes, Gilles passa son bras sous le sien et l'attira plus près pour l'embrasser sur la joue.
