Chapitre 30


Le moteur éteint, Alex retira les clefs du neiman avant de sortir du véhicule. Comme s'il avait besoin d'air, Bobby avait à peine attendu qu'elle termine de se garer pour ouvrir la portière et descendre de la voiture. Il l'attendait en piétinant d'impatience. Il avait eu l'air un peu plus apaisé en quittant l'enceinte, après avoir passé deux heures à taper minutieusement son compte-rendu durant lesquelles il n'avait pas décroché un mot. Elle l'avait observé en levant les yeux au ciel plus d'une fois car il avait deux mains droite lorsqu'il s'agissait de taper sur un clavier. Elle l'avait laissé relire seulement deux fois son rapport. Elle connaissait ses mauvaises habitudes de supprimer ou de modifier des passages entiers, tout simplement parce que sa syntaxe ne lui plaisait guère. Les rapports de Bobby pouvaient être de vrais romans fleuves. Deakins s'en était souvent plaint, ce qui avait dû inciter un peu plus son partenaire à continuer. Même s'il n'était pas entièrement satisfait de son rapport, Eames l'avait forcé à l'imprimer puis à le signer avant d'aller elle-même déposer les exemplaires dans la corbeille de leur commandant, pour se sauver au plus vite de leurs bureaux.

Le fait qu'on leur retire l'enquête après avoir travaillé si dur laissait en Eames un goût très âcre de défaite. Elle aurait aimé comme Bobby aller jusqu'au bout, ne pas simplement couper la mauvaise herbe mais arracher la racine du mal. Toutefois, elle reconnaissait qu'ils avaient été aussi loin qu'ils le pouvaient dans cette affaire. Ross les avait bien soutenus, contre toutes attentes depuis le début, et les avait laissé travailler comme ils l'entendaient. Pourtant, cela lui était douloureux de s'avouer que même en faisant partie de l'élite de la police new-yorkaise, ils n'étaient pas assez parés pour toutes les ramifications que l'affaire de Aliénor pouvaient engendrer. Ce n'était pas parce qu'ils avaient réussi à arrêter plusieurs juges qu'ils étaient capable d'enquêter sur un réseau de pédo-criminalité qui semblait prendre racine dans leur ville et s'étendre sur plusieurs états.

Eames suivait son partenaire silencieux de quelques pas en arrière lors de leur traversée de l'hôpital pour rejoindre le service de pédiatrie. Elle nota qu'il semblait enfin se relâcher, perdant cette attitude empesée qui le rendait encore plus massif. Elle commençait à se faire à l'idée que Bobby se soit lié à Aliénor d'une manière qu'elle ne comprendrait sans doute jamais. Un peu comme s'il y avait eu un coup de foudre entre ces deux êtres. Le monde intérieur de Bobby était infini alors que dans la vie réelle, il semblait se rétrécir à sa mère et à son travail, selon ce qu'elle avait pu observer et ses connaissances sur l'homme. Quelque part, elle en était stupéfaite qu'il ait englobé aussi vite dans son monde la fillette, qu'il lui ait offert un morceau de son cœur sans penser aux conséquences, à l'après de cette affaire. Aliénor semblait repousser toutes les horreurs de la vie de son partenaire. Il se transformait radicalement en une espèce de teddy bear géant dès qu'il était en sa présence.

Perdues dans ses pensées, Eames ne comprit pas tout de suite ce qui se passait. Bobby était à peine entré dans la chambre de la fillette qu'il en était immédiatement ressorti. Il irradiait de colère. Saisie par un mauvais pressentiment, elle se figea. La journée n'allait pas se terminer comme elle l'avait espéré. Elle entendit une infirmière héler son partenaire.

- Détective Goren !

- Où est Aliénor ? Lui demanda-t-il sans préambule d'un ton sombre.

L'infirmière détourna le regard, embarrassée. Son impression était donc la bonne malheureusement, pensa alors Eames. La fillette avait disparu.

- L'assistante sociale l'a fait sortir en fin de matinée.

- Pourquoi ne m'a-t-on pas prévenu ?

Alex grimaça. Elle n'aimerait en aucun cas être à la place de l'infirmière. Elle connaissait la dureté et l'intransigeance que Goren pouvait revêtir. Vis-à-vis de lui, il y avait certaines choses avec lesquelles il ne fallait absolument pas jouer. Certains s'y étaient cassés les dents. Il y avait sa mère et aujourd'hui se rajoutait à sa courte liste Aliénor.

- Madame Blum nous a ordonné de ne pas le faire en nous menaçant de poursuite. Elle a ajouté que vous étiez en dehors de votre rôle. Que ce n'était pas à vous de vous occuper de Aliénor.

Eames observa attentivement son partenaire, se préparant déjà à réagir à la moindre de ses réactions. Elle se doutait que le seul fait de prendre du temps pour la petite fille lui avait permis de se soustraire à la colère et à la frustration de l'interrogatoire non fructueux et rude de Peck. Bobby serra les poings se contenant visiblement pour ne pas laisser éclater sa fureur. La pauvre infirmière n'y était pour rien de toutes manières. Elle n'était qu'une simple messagère. La seule à blâmer était l'assistante sociale.

- Nous ne savons pas où elle a pu l'amener, continua-t-elle. Elle n'a rien voulu nous dire. Mais la pauvre petite était bouleversée au moment de partir. Madame Blum ne lui a même pas laissé prendre ce morceau de soie qu'elle traîne partout avec elle.

L'infirmière fouilla dans la poche de sa blouse pour en retirer la cravate bleue que Bobby avait offerte à Aliénor. Celle-ci était devenue inséparable de ce bout de tissu, indispensable comme un doudou. L'infirmière remit l'objet entre les mains de Bobby en lui offrant un sourire désolée avant de prendre la fuite. Bobby eut un regard absent un instant, puis la tristesse arriva pour être chassée rapidement par la colère qui couvait en lui. Avec délicatesse, comme si c'était l'objet le plus précieux au monde, il plia la cravate et la rangea soigneusement dans la poche intérieure de sa veste. Puis il sortit son téléphone avec un calme qui effrayait sa partenaire. Généralement, il faisait éclater sa colère avant de la transformer. L'interlocuteur qu'il souhaitait joindre ne semblait pas répondre car il essaya plusieurs fois sans succès. Eames se rapprocha tout doucement de lui puis toucha son bras pour attirer son attention.

- Bobby ? L'appela Eames d'un murmure. Parle-moi.

Goren se tourna vers elle. Celle-ci déglutit. Elle n'avait pas peur de lui. Elle savait qu'il ne lui ferait aucun mal. Cependant, elle se rendait-compte qu'elle n'avait aperçu que le bon côté de Bobby lorsqu'il était avec Aliénor. Un homme doux, bienveillant, qui la couvait d'une tendresse et d'une affection sans commune mesure. L'homme qu'elle avait désormais en face d'elle était sombre, menaçant et intimidant.

- Elle ne répond pas, dit-il les dents serrées.

- Qui ça ?

- Madame Blum, l'assistante sociale.

Eames comprit alors qu'il le vivait comme une trahison. Pour Aliénor et lui. La fillette n'avait pas eu la meilleure expérience au monde avec la protection de l'enfance. Placée dans un foyer, elle avait été perdue pour être vendue à un réseau de pédocriminalité. Alex reconnaissait l'injustice de la situation. Comment Aliénor pouvait se retrouver de nouveau dans le système qui avait été d'une incompétence crasse vis-à-vis d'elle ? Bobby aurait pu accepter la situation si, et seulement si, l'assistante sociale avait collaboré avec lui en toute transparence et honnêteté.

Brusquement, Goren commença à avancer par de grandes foulées vers la sortie du service de pédiatrie. Eames dut lui courir après. Elle le dépassa pour lui barrer le chemin, puis l'arrêta d'une main posée sur son torse.

- Non, lui dit-elle fermement. Tu ne peux pas faire cela.

- Eames... Gronda-t-il.

- Je te connais Bobby. Provoquer un esclandre aux services sociaux ne te rendra pas service. Si tu veux revoir Aliénor, tu vas devoir faire les choses à leur manière. Laisse-moi appeler et voir ce que je peux faire pour toi, d'accord ?

Goren soupira au bout d'une longue minute d'affrontement de regards, reconnaissant sa défaite. Eames était toujours la voix de la raison. La sienne particulièrement. S'il y avait bien une seule personne au monde qu'il devait écouter les yeux fermés, c'était elle.

- D'accord, fit-il en lui tendant son téléphone.

Eames prit le numéro et s'éloigna de son coéquipier en lui tournant le dos. La voix rêche d'une femme lui répondit au bout de trois tonalités.

- Blum.

- Bonjour, je suis la détective Eames et partenaire de l'inspecteur Goren. Nous travaillons ensemble sur l'affaire d'Aliénor.

La femme exprima son agacement par un grognement maussade.

- Et je suppose que si vous m'appelez c'est qu'il vient d'apprendre que j'ai fait sortir Aliénor, n'est-ce pas ?

- Oui, vous auriez dû nous informer...

- Écoutez détective Eames, la coupa Blum d'un ton condescendant. Que cela plaise ou non à l'inspecteur Goren, je suis en charge d'Aliénor. Elle est sous ma responsabilité. Pas la sienne. Il s'est lié à elle en créant chez elle un fort attachement envers lui. Je devais mettre un terme à cette dépendance affective avant qu'il ne soit trop tard.

Eames se sentit piquée au vif par le commentaire de l'assistance sociale. Qu'est-ce qu'elle en savait ? Ce n'était pas elle qui avait retrouvé la fillette apeurée, transie de froid, marquée par des coups sur tout son petit corps de bébé. Ce n'était pas avec elle que Aliénor avait établi le premier vrai lien de confiance après toutes les horreurs vécues. Ce n'était pas elle qui s'était occupée de la réchauffer, de la nourrir et l'avait consolé de ses cauchemars remplis de monstres réels. Ce n'était pas elle non plus, qui lui avait donné de l'affection et de la tendresse tout en lui consacrant du temps, malgré l'enquête qu'il devait mener, pour s'en occuper. Alex trouvait que la situation était injuste pour son partenaire et Aliénor.

- Laissez-leur se revoir une dernière fois au moins Madame Blum, lui demanda Eames d'une voix douce pour tenter de l'amadouer, pour qu'ils puissent se dire au revoir. Ils en ont besoin tous les deux pour tourner la page. Une des infirmières nous a raconté que Aliénor était complètement bouleversée lorsque vous l'avez amenée avec vous.

- A qui la faute ? Balança Blum avec dédain. Votre partenaire n'a été qu'un égoïste !

- S'il vous plaît...

Alex ferma les yeux. Elle détestait supplier mais elle le faisait pour son partenaire. Elle savait que c'était important pour lui.

- Non ! Trancha l'assistance sociale. Pas question ! Dites à votre coéquipier d'oublier Aliénor ! Et qu'il cesse de m'harceler au téléphone ! Sinon, j'en fait part à vos supérieurs, c'est bien compris ?

Alex n'eut pas le temps de répliquer que Blum avait déjà raccroché. Elle soupira en éloignant le téléphone de son oreille. Comment allait-elle le dire à son partenaire ? Elle ne voulait pas le blesser davantage qu'il ne l'était actuellement.

- Elle ne veut rien entendre, s'exprima Goren derrière elle.

Elle sursauta et tourna la tête vers le visage de son partenaire. Il se tenait derrière elle, légèrement penchée au-dessus de son épaule droite.

- Tu as tout entendu, je suppose.

Eames voulut le sermonner d'avoir écouté la conversation sans son autorisation mais elle y renonça devant la profonde peine qu'il exprimait, la colère s'étant éteinte pour le moment.

- Je suis désolée, Bobby. Je sais...

- Tu penses comme elle, Eames ? Lui demanda-t-il. Qu'elle a raison ? Que c'est de ma faute ? Que je n'aurais pas dû consacrer autant de temps à Ally ? Que je n'aurais pas dû m'en occuper ?

- Non, lui répondit Alex en secouant la tête. Tu as fait ce qu'il fallait pour elle. Rien n'est de ta faute.

- Comment peut-on faire cela à Aliénor, Eames ? S'indigna Goren en se redressant. Elle vient tout juste de s'être sauvée d'une maison des horreurs et on l'oblige à retourner dans un endroit où son cauchemar a commencé. Ally doit être complètement terrifiée et se sentir abandonnée.

Eames sentait la tristesse de son partenaire. Celui-ci ne se tenait plus droit mais légèrement voûté comme si le monde pesait ses épaules.

- Je vais appeler Olivia, proposa-t-elle. Peut-être qu'elle pourra arranger les choses. Elle connaît beaucoup de monde dans les services sociaux.

- Si tu veux, lui répondit-il soudainement épuisé.

Et sans un autre mot, il la contourna et prit la direction de la sortie, courbé, replié sur lui-même.

- Bobby ? L'interpella sa partenaire. Tu m'as promis plusieurs verres pour la fin de cette affaire...

Il s'immobilisa. Elle ne put voir l'expression de son visage car il ne se retourna pas.

- Une autre fois, Eames, promis. Je ne suis pas d'une agréable compagnie actuellement.

- Je te ramène chez toi ?

- Je vais marcher. On se voit demain au bureau.

Eames, les bras ballants, ne put que regarder son partenaire s'éloigner, ne sachant que faire pour l'alléger de sa peine et soigner cette blessure béante. Il devait encaisser pour le moment. Toutefois elle le connaissait trop pour savoir qu'il ne resterait pas sans rien faire. Elle espérait alors qu'il ne prendrait pas de risques inconsidérés. Sauf que Bobby était bien trop obstiné pour abandonner Aliénor.


En lançant l'impression du dernier rapport qu'elle venait de relire et devait rendre, Eames poussa un soupir de soulagement. Sans attendre, elle se dirigea vers l'imprimante et se permit un rapide coup d'œil vers son partenaire. En arrivant ce matin à la brigade, elle avait trouvé un café chaud et une viennoiserie sur son bureau. Goren lui présentait ses excuses pour son comportement de la veille et ses remerciements par la même occasion. Même s'ils avaient peu échangé durant la mâtinée, Alex se sentait rassuré par ce petit geste de sa part. Bobby avait bien retrouvé tous ses esprits.

- Eames ? L'appela un de ses collèges. J'ai quelqu'un pour toi sur la ligne 6.

- Prends-le message, lui répondit-elle agacée malgré elle.

Depuis la conférence de presse de la veille, leur affaire était devenue une vraie tempête médiatique. Les téléphones de la brigade n'arrêtaient pas de sonner. Alex avait perdu toute patience lorsqu'un énième journaliste avait essayé d'obtenir d'elle quelques commentaires. Son téléphone était dorénavant décroché pour ne plus l'entendre sonner et elle avait dû mettre son portable en mode avion pour ne pas le sentir vibrer à tout bout de champ sur son bureau.

L'uniforme sans aucun faux plis et la casquette bien vissée, le chef de la police avait loué le travail exemplaire et la coopération entre les différents services, ainsi que le dévouement sans failles des détectives qui avaient démantelé un réseau de pédocriminalité, permettant de sauver quarante-sept enfants du marché de l'exploitation sexuelle. Puis il s'était effacé pour laisser les capitaines Cragen et Ross répondre aux questions des journalistes. Goren et elle, ce matin, avait même eu l'honneur de voir le chef des détectives descendre de sa tour pour venir les féliciter avec la promesse d'une citation. C'était toujours agréable de recevoir des félicitations, encore plus de la part des hauts gradés, mais cela n'effaçait pas les horreurs vécues et les troubles que cela engendrait. C'est pourquoi Eames s'était rendue chez sa sœur après que Bobby l'ait laissé à l'hôpital. Elle avait eu besoin de se retrouver dans un environnement familier et chaleureux pour chasser un temps les émois de cette enquête. Elle voulait se rappeler que la vie pouvait être belle et pleine d'amour. Liz lui avait ouvert la porte en arborant une étrange expression mélangeant la fierté et la tristesse. Comme des millions de personnes, elle avait vu les images de la conférence de presse et avait fait rapidement le lien avec son déplacement dans le Delaware et la petite fille que Bobby et elle avaient retrouvée quelques jours plus tôt. Avant de la faire rentrer, Liz les mains sur les hanches lui avait reproché silencieusement d'avoir gardé le silence sur les événements des derniers jours tandis que son neveu se précipitait dans ses bras en poussant un cri de joie de la voir. Alex l'avait serré contre elle, puisant en lui le réconfort dont elle avait besoin.

Même si l'affaire était officiellement aux mains des fédéraux, Eames continuait d'être informée par le biais de Benson. Avec Huang, celle-ci continuait son travail d'identification des enfants retrouvés. Certains commençaient à parler et racontaient la même histoire que celle de Aliénor. Ils avaient tous été sans exception volés aux services sociaux. Le Delaware n'était plus le seul état impliqué. Désormais se rajoutait à la liste le Connecticut, la Pennsylvanie, le Maryland et le Vermont. Un seul corps avait été retrouvé recouvert de chaux, enterré à l'arrière de l'entrepôt. S'ils se fiaient à la numérotation des cages, il y avait au moins trois enfants qui ne seraient probablement jamais retrouvés et dont l'identité demeurerait un mystère.

Ramassant sa liasse de feuilles, Eames retourna à son bureau. Goren était au téléphone. Il avait été silencieux toute la matinée et d'un inaccoutumé comportement placide. Il l'avait à peiné écouté lorsqu'elle lui avait fait part de sa conversation avec Olivia concernant Madame Blum. Avec résignation, elle se disait que cela allait être compliqué de le faire remonter à la surface. Il semblait être encore plus sombre qu'au début de cette affaire. Elle sépara les exemplaires de son rapport, les data et les signa avant de les mettre dans des pochettes séparées. Puis elle les ajouta à la pile toute droite qu'elle avait peu à peu édifiée depuis ce matin. Elle leva les yeux vers son partenaire lorsqu'il raccrocha en remerciant son interlocuteur.

- Perry ? Répéta-t-elle curieuse. Perry Mitchell, ton ami avocat ?

- Oui, lui répondit-il.

Alex n'eut pas besoin de lui demander de plus amples détails. Elle comprenait ce qu'il était en train de faire. S'il ne pouvait pas protéger Aliénor par lui-même, il le faisait d'une manière détournée. Mitchell était un avocat spécialisé dans le droit de la famille.

- C'est une bonne chose, lui dit-elle en ramassant la pile de dossiers qu'elle devait aller déposer dans le bureau de Ross.

- Il va s'assurer qu'Ally reçoit les traitements appropriés, fit-il pour se justifier, et qu'elle soit placée dans une bonne famille d'accueil, capable de lui apporter ce dont elle a besoin pour se reconstruire.

Alex ne put s'empêcher d'être rassurée de constater que son partenaire luttait avec son intelligence plutôt qu'avec ses émotions impétueuses.

- Elle mérite d'avoir une belle vie, crut-il bon de rajouter.

Sa coéquipière ne lui répondit pas, commençant à se diriger vers le bureau de leur capitaine.

- Eames ? L'interpella-t-il.

Elle se tourna vers lui, légèrement surprise.

- Il me semble que je t'ai promis plusieurs verres. Tu penses que c'est possible pour ce soir ?

Eames aperçut une lueur d'inquiétude dans son regard. Elle lui offrit un doux sourire pour le rassurer.

- Très certainement, Goren.

Le visage de son coéquipier s'éclaira. Et à-nouveau, elle fut troublée par la réaction qu'elle avait provoqué en lui. Leur étrange routine pouvait reprendre. Ainsi que cette danse mystérieuse qu'ils menaient ensemble depuis quelque temps.


Je reprend le rythme de publication d'un chapitre tous les dimanche.