Chapitre 41


En ouvrant la porte de son appartement, Goren se mit automatiquement à sourire. Il avait laissé sa paperasse en souffrance afin de rentrer beaucoup plus tôt que d'habitude. Il souhaitait consacrer sa soirée entièrement à Aliénor, sans qu'elle soit parasitée par la liste des choses à faire ou les préoccupations de l'enquête en cours. Dans l'entrée, Bobby retira avec empressement ses chaussures et y abandonna son conférencier avant d'avancer vers le salon. Mais quelque chose n'allait pas. Sa petite tornade brune ne jaillissait pas avec sa joie et son sourire pour l'accueillir en emprisonnant ses jambes. Bien au contraire, il la retrouva assise à la table à jouer aux dominos avec Rose sans grande conviction.

- Hey !

La nounou plaça un domino à la suite des autres.

- Bonsoir Monsieur Goren.

Aliénor leva lentement la tête vers Bobby. Elle se mit à le regarder attentivement. A son teint crayeux, celui-ci s'alarma. Était-elle malade ? Si c'était le cas, est-ce que sa pédiatre accepterait de la voir ce soir ? Ou devrait-il l'amener directement aux urgences de l'hôpital le plus proche ? Tandis qu'il se rapprochait, les grands yeux verts de Aliénor se remplissaient de larmes. Elle se laissa glisser de sa chaise et s'enfuit dans sa chambre. Bobby ne comprit pas sa réaction. Inquiet, il se tourna vers Rose pour chercher une explication.

- Aliénor est comme ça depuis que je l'ai récupérée à l'école. J'ai bien essayé de savoir ce qui la bouleverse mais elle n'a rien voulu me dire.

Un mélange de honte, de tristesse et de colère submergea Bobby. Il aurait dû le savoir, le comprendre plus tôt. Il défaillait dans sa mission de la protéger.

- Madame Eames n'est pas rentrée avec vous, ce soir ?

La boule d'angoisse qui s'était formée à l'intérieur de son estomac lui pesait. Qu'est-ce qui pouvait autant affecter Aliénor pour ne pas qu'elle vienne à lui ?

- Merci Rose. Vous pouvez y aller.

- Vous êtes sûr ? Je peux rester et...

- C'est très gentil à vous, la coupa-t-il doucement en retirant sa veste. Je vous ferais part dans la soirée, si Aliénor va mieux.

Légèrement dépitée, la jeune femme acquiesça en rangeant rapidement les dominos dans leur boîte, puis ramassa ses affaires. En laçant ses baskets dans l'entrée, elle souhaita une bonne soirée à Bobby avant de refermer la porte derrière elle. Rembruni, Goren retira sa cravate et déboutonna le bouton de son col en allant enclencher les verrous de sa porte.

Coincée entre l'armoire et le mur, Aliénor s'était recroquevillée dans le coin. Elle avait le visage enfoui dans la soie bleue de la cravate. Bobby n'aimait pas la voir ainsi. Cela lui rappelait les douloureux souvenirs de sa découverte dans le sacristi et de leurs retrouvailles au foyer.

- Ally...

Bobby s'agenouilla face à la petite fille, se sentant bien impuissant de la voir souffrir.

- Qu'est-ce qui se passe ? Demanda-t-il avec douceur.

La fillette leva les yeux vers lui. Ils étaient remplis de grosses larmes. Elle secoua la tête négativement, faisant ruisseler les perles sur ses joues.

- Tu peux tout me dire, tu sais...

Cette fois-ci, Aliénor pressa son visage contre ses cuisses pour couper toute communication avec lui.

- Explique-moi Cookie, continua-t-il désemparé, j'aimerais t'aider...

Bobby voulait lui faire comprendre qu'elle ne devait pas avoir peur de lui, qu'elle pouvait lui exprimer ses problèmes et de tout ce qu'il lui tenait à cœur.

- Est-ce que tu préfères en parler avec Alex de ce qui te bouleverse ?

Sa partenaire passait de plus en plus de temps avec eux. A vrai dire, ils cohabitaient à trois depuis quelques semaines. Bobby s'habituait à ce que la présence d'Alex hante l'appartement et à cette nouvelle routine qui en découlait. Dorénavant elle donnait le bain à Aliénor pendant qu'il s'occupait de préparer leur dîner. Ces vingt minutes dans la soirée, autrefois réservées à lui, était devenu leur moment de complicité à toutes les deux. Quelque chose s'était passé entre sa partenaire et la fillette durant ce jour où il avait été malade. Un événement qui avait permis à Aliénor de sortir de sa réserve envers Alex et de combler la distance qu'elle imposait entre elles. De par ce rapprochement, Bobby pensait que peut-être pour Aliénor se confier à Alex serait plus facile. Sa coéquipière passait la soirée avec son neveu Ethan mais Goren savait qu'elle traversait New-York à n'importe quelle heure pour Aliénor et lui, s'ils avaient besoin d'elle.

Cependant Aliénor resta impassible à la suggestion. Bobby se demanda ce qui pouvait la ravager à ce point-là. Ce matin, en la déposant à l'école, tout allait bien. Depuis son gros coup de fatigue, il faisait un peu plus attention à lui en s'astreignant à un quota d'heures de sommeil ou de repos chaque nuit. Alex y veillait férocement. Elle surveillait le moindre signe en lui d'épuisement, partant à la chasse de la moindre cerne et du moindre bâillement. Il ne voulait pas être non plus une source d'anxiété pour Aliénor à négliger sa santé. Alex avait raison sur tous les points. La fillette comptait sur lui à chaque instant. Il n'avait pas le droit de l'abandonner, de lui laisser penser ou même croire que sa vie pouvait s'écrouler et virer au cauchemar, comme lorsque ses parents ont péri dans cet accident de voiture. Il devait changer pour elle parce qu'il était hors de question qu'il brise les serments qu'il s'était fait.

Bobby se mit alors à faire la chose pour laquelle il était doué. Il se mit à réfléchir. Il ne pouvait pas laisser Aliénor ainsi. Il devait comprendre ce qui se passait pour l'aider. Entre ce matin et ce soir, il n'y avait qu'une possibilité.

- Il s'est passé quelque chose à l'école, Cookie ?

La fillette finit par renifler et lever la tête. Elle se mordilla les lèvres, tout en fuyant le regard de Bobby. Ce dernier ne dit rien et la laissa faire. Il ne voulait pas la presser. Il attendrait patiemment même s'il commençait à imaginer le pire. Après quelques minutes d'hésitation, la fillette se leva sous le regard inquiet et curieux de son père d'accueil. Il ne chercha pas à la retenir. Il n'allait pas la forcer à lui dire ce qui n'allait pas. Il préférait lui laisser de l'espace et du temps de tranquillité, tout en lui montrant qu'il était disponible pour elle au moment même où elle en aurait besoin.

Cependant, Aliénor ne quitta pas sa chambre. Elle s'arrêta devant son bureau, attrapa son sac d'école bien rangé sur le dossier de la chaise et l'ouvrit. De l'intérieur, elle y extirpa son carnet de liaison et le tendit à Bobby. Ce petit livret permettait aux parents et aux professeurs de se laisser des messages et de faire passer des informations sur la vie de l'école. Alors que Bobby le feuilletait pour trouver le dernier message, Aliénor resta debout à ses côtés à l'observer craintivement. Il trouva finalement un mot de sa professeur, daté d'aujourd'hui, demandant aux parents de fournir quelques fournitures afin que les enfants confectionnent des cadeaux pour les fêtes des pères et des mères. Bobby posa le livret sur le sol, le cœur lourd.

- Viens Cookie.

Bobby passa une main derrière le dos de la fillette pour l'inciter à venir se réfugier contre lui. Elle ne lui résista pas. Elle se laissa engloutir par ses deux bras avant d'enfouir la tête contre sa poitrine. Ses épaules se mirent à trembler, puis des sanglots de plus en plus déchirants secouèrent tout son petit corps. Bobby se mit à lui caresser les cheveux, laissant le torrent de chagrin gronder.

- Je suis désolé, Cookie...

Son désespoir bouleversait Bobby. Celui-ci se réprimanda pour n'avoir pas anticipé une telle chose, de lui causer cette souffrance inutile. Il comprenait son désarroi et sa douleur. On venait de lui rappeler brutalement qu'elle n'avait plus ses parents. Qu'elle n'était pas une enfant comme les autres. Qu'il n'était pas son père.

- J'irai discuter avec ta professeur demain matin. Tu pourras fabriquer tes cadeaux pour les offrir aux personnes de ton choix, d'accord ?

Bobby serra tendrement la fillette contre lui, posant la joue contre ses cheveux. Les pleurs commençaient à diminuer. Ce qu'il avait proposé n'était qu'une seule solution provisoire. Il y aurait très certainement bien d'autres difficultés liées au fait qu'elle soit une orpheline, qu'elle ressente cette douleur terrible de savoir que les personnes que l'on a aimé étaient parties pour toujours, qu'on ne les reverrait plus jamais. Cela ferait bientôt un an que ses parents avaient disparu dans un accident tragique. Bobby ne savait pas réellement si quelqu'un avait pris le temps d'expliquer correctement à Aliénor sa situation lors de son placement au foyer de Saint Thomas. Elle y était restée si peu de temps qu'elle n'avait pas dû pouvoir faire son deuil convenablement. Lui-même n'avait pas spécialement brillé en se taisant sur ces faits.

- Sais-tu pourquoi tu es avec moi et pas avec ton papa et ta maman ?

Bobby n'était pas vraiment sûr que c'était le bon moment d'évoquer ses parents devant elle après la réaction qu'elle venait d'avoir. Dans les ouvrages, on conseillait d'attendre que l'enfant pose des questions. Cependant il avait avec lui une petite fille qui n'avait pas manifesté le quelconque désir de s'exprimer avec des mots. Avec regret, il s'apercevait qu'il ne connaissait même pas le timbre de sa voix. Il lui était parfois difficile de savoir ce qu'elle ressentait ou ce qu'elle pensait. Elle intériorisait énormément. Il comprenait quelque part. Ils se ressemblaient énormément sur ce point-là. Toutefois, il savait que se construire une armure pour survivre ne suffisait pas pour rendre une vie acceptable et nourrir des relations avec ses semblables.

Aliénor s'extirpa de ses bras en reniflant. Il sortit le mouchoir en tissu qu'il avait toujours en poche pour essuyer les larmes et la moucher. Son regard était lointain comme si elle s'était perdue dans un quelconque souvenir ou pensée. Que ressentait-elle ? Quelles étaient les pensées ou les souvenirs qui lui traversaient l'esprit en ce moment même ? Elle eut un profond soupir qui fit soulever ses petites épaules. Elle leva un doigt timide vers le plafond.

- Tes parents sont montés au ciel ? Interpréta Bobby.

La fillette hocha de la tête. Bobby hésita sur ses prochains mots. Il voulait être certain qu'elle avait bien compris ce qu'impliquait la disparition de ses parents.

- Cookie, je sais que c'est difficile, dit-il le plus doucement possible en prenant l'une de ses petites mains dans la sienne. Mais tu le sais que ta maman et ton papa ne reviendront jamais ? Ils sont partis pour toujours.

Un petit sanglot s'échappa de sa bouche alors qu'elle acquiesçait.

- Mon papa aussi est au ciel, se confia alors Bobby dans un souffle.

Cette soudaine confidence attirèrent l'attention de la fillette. Elle releva la tête vers lui, surprise et triste à la fois. Bobby sentit sa gorge se serrer. Malgré leur histoire, les trahisons, la difficulté de leur relation, la rancœur contre cet homme qui avait fait tant de mal à sa mère, ce père qui lui avait donné son nom lui manquait.

- Il me manque. Tes parents te manquent ?

Nouveau hochement de tête.

- Suis-moi Cookie, je vais te montrer quelque chose dans ma chambre.

Bobby se redressa, s'agita puis avec appréhension traversa le couloir. Il s'accroupit à côté de son lit pour en tirer une caisse du dessous. Il l'ouvrit sous le regard troublé de la fillette. Il y a des semaines, Bobby avait contacté le shérif de Blue Cove pour qu'il le mette en relation avec des proches des parents de Aliénor afin de leur demander si certains avaient gardé quelques-unes de leurs affaires personnelles. Il avait ainsi pu récupérer quelque chose d'inestimable pour la fillette. Une des amies de Eléanor Davies, qui s'était notamment occupée de vider la maison, avait conservé les photographies et les albums à l'attention de Aliénor. Bobby avait voulu anticiper les questions que la fillette se poserait un jour ou l'autre sur ses origines. Il voulait être capable de lui répondre, de lui montrer l'amour de ses parents envers elle. Aliénor ne devait pas se sentir abandonnée ou coupable de leur mort.

- Approche-toi, Cookie, l'incita-t-il avec un mouvement de la main à le rejoindre.

Elle était restée sur le seuil, curieuse et à la fois incertaine. Il attrapa le cadre posé sur l'accumulation d'objets et le tendit à Aliénor. Celle-ci hésita les yeux grands ouverts et apeurés. Il l'encouragea d'un sourire à prendre l'objet des mains. D'un geste lent et peu assuré, elle s'en saisit. Ses cheveux masquaient son visage penché vers l'avant. C'était une photo d'elle accompagnée de ses parents. Une belle photo de famille que l'on prenait lors ou pour un événement en particulier. Très certainement la dernière prise avant le tragique accident. Aliénor était dans les bras de sa mère tenue fièrement par son père par la taille. Leurs sourires étaient éblouissants. La fillette avait hérité des grands yeux verts pétillants de malice de son père et de sa mère, son nez retroussé et de ses cheveux épais et noirs. Lorsque Bobby avait reçu le colis, il avait passé une bonne partie de la soirée puis de la nuit à feuilleter les albums confectionnés avec soin pour découvrir, ému, les cinq premières années de la vie de Aliénor. Sa toute première photo en tant que nouveau-né dans les bras de sa mère, rayonnante mais fatiguée. Une photo de son père donnant le biberon à Aliénor, ce beau bébé potelé. Puis Aliénor passant de la position couchée à celle assise, avant qu'elle se mette à ramper puis à marcher, courir et jouer. Elle riait, souriait ou boudait à l'objectif. Chaque image dévoilait à Bobby son évolution de bébé à une petite fille. Une fillette heureuse et aimée. Il avait trouvé cela magnifique de voir grandir Aliénor avec ces instants immortels capturés par ses parents et tout aussi cruel car ces derniers n'étaient plus là pour la voir évoluer en une jeune fille qui deviendrait une incroyable jeune femme en gagnant l'âge adulte.

- Elle est très jolie cette photo, Cookie.

Aliénor hocha imperceptiblement de la tête.

- Voudrais-tu la garder avec toi ?

Son visage restait toujours dissimulé par ses cheveux. Bobby voulut les écarter mais préféra respecter son besoin d'espace.

- Je sais que ça pourra te rendre triste parfois, que cela te fera mal, mais tu as le droit de continuer d'aimer tes parents et de penser à eux. Même s'ils sont morts, ils restent présents par les souvenirs comme cette photo. Je pense que tu seras contente de l'avoir près de toi.

Bobby s'arrêta de parler, attendit en vain une quelconque réaction de la petite fille durant quelques secondes. Il tendit la main.

- Tu n'es pas obligée de la garder. Je peux te la redonner plus tard, si tu préfères. Quand tu me la demanderas ?

Bobby craignait d'être allé trop vite et de ne pas avoir bien fait. Peut-être était-ce même de trop pour Aliénor ? Toutefois, celle-ci s'anima enfin. Elle ramena le cadre près d'elle, signifiant ainsi qu'elle voulait le garder. Elle secoua la tête avant de saisir la main que Bobby lui tendait et lui tira le bras. Ce dernier se redressa et se laissa emporter. Aliénor l'emmena dans le salon puis lui désigna à l'aide d'un doigt un cadre sur le bout de mur que sa partenaire avait décidé de s'octroyer pour afficher les photos qu'elle prenait lors de leurs sorties. L'image qu'elle pointait les représentait tous les deux lors de leur dernière sortie au zoo. Aliénor s'appuyait sur lui alors qu'il était assis sur ses talons, tout en écoutant avec un air émerveillé ce qu'il pouvait bien lui raconter sur les loups qu'ils observaient. Sans lui poser de question pour comprendre son attitude, il le décrocha pour le lui donner. Aussitôt elle prit la direction de sa chambre avec les deux cadres serrés dans ses bras. Il la suivit, curieux de ce qu'elle allait en faire. Elle finit par les déposer avec soin l'un à côté de l'autre sur son bureau de manière à ce qu'elle puisse les voir de son lit. Soudainement intimidée par ce qu'elle venait de faire, sa bouche essaya de se tordre en un sourire à l'attention de Bobby. Celui-ci s'accroupit puis lui rendit son sourire pour la rassurer.

- C'est parfait, Cookie.

Bobby tendit la main vers la fillette. Celle-ci ferma juste les yeux quand il posa la paume sur sa joue. Il était touché par son geste. Mettre une photo d'eux juste à côté de celle de ses parents, à égalité, signifiait tant pour lui. Elle avait toujours un tas de petits gestes tel que celui-ci envers lui. Cela lui chavirait le cœur à chaque fois.

- Quand tu voudras me parler ou me poser des question sur tes parents, tu me le diras ? Même si cela doit te rendre triste ou même en colère ?

Aliénor resta sans bouger pendant un moment pour réfléchir, le nez retroussé comme toujours, puis hocha de la tête d'un mouvement bref et décidé.

- Tu as le droit de pleurer, ajouta Bobby.

Être témoin d'une crise de larmes était pénible. Mais si cela permettait à Aliénor de soulager les torrents de chagrin qui devaient encore gronder en elle et de permettre à ses émotions de jaillir, il la supporterait. Même si cela le rendrait malade de la voir souffrir, il ne voulait pas qu'elle devienne une enfant remplie de colère et d'amertume comme il avait pu l'être. Il lui caressa la joue.

- Est-ce que tu aimerais que je te montre quelques photos de ma famille ? Lança-t-il pour alléger un peu la conversation. Tu sais, j'ai été aussi petit que toi à ton âge avant de grandir d'un coup !

Face à sa confidence, Aliénor écarquilla des yeux de stupeur, ce qui le fit rire. Peut-être qu'il devait s'ouvrir à elle de cette manière pour qu'elle le fasse à son tour ? Qu'il lui parle aussi de sa propre famille. De ses parents et de son frère. Il pouvait ainsi lui montrer que tous les souvenirs n'avaient pas vocation à être triste et source de chagrin. Il en avait de magnifiques malgré tout. Et puis il avait promis à sa mère de lui présenter Aliénor bientôt. La fillette serait probablement moins effrayée par elle s'il la lui faisait découvrir par des photos tout en parlant d'elle. Il n'avait jamais réellement partagé avec quiconque son enfance et son adolescence empreints de drames. Peut-être qu'avec Aliénor, il parviendrait alors à trouver un peu de paix avec sa propre histoire.