Chapitre 56


En insérant la clef dans la serrure, Bobby eut un mouvement d'arrêt. Il haussa les sourcils, dérouté. Du bruit provenait de son appartement. Plus particulièrement de la musique. Le groupe Abba semblait y faire en ce moment même un concert. Curieux de ce qu'il se passait, Bobby se hâta d'entrer. Il déposa sa valise avant de se déchausser rapidement tout en retirant son manteau. Puis il se dirigea d'un pas pressé vers le salon. Ce qu'il y découvrit l'émerveilla. Aliénor et Alex dansaient au milieu de la pièce en rythme. Sa partenaire fit tourner la fillette sur elle-même, une main en l'air. Leurs rires joyeux mis du baume au cœur de Bobby, le rendant un peu moins coupable d'avoir été absent toute la semaine. En effet, il avait passé la semaine entière à Quantico pour participer à une série de séminaires animés par les profilers du FBI.

Après avoir passé les trois dernières années à déposer des dossiers de candidature auprès de sa hiérarchie -chacun refusé-, Ross lui avait finalement donné son accord pour qu'il participe à l'une des sessions organisées cette année. Toutefois Bobby avait beaucoup hésité à s'y rendre en considération de sa situation personnelle. Il s'était demandé si la séparation avec sa fille ne serait pas trop longue pour chacun d'eux et pesé les risques d'un trop grand bouleversement pour elle. Alex avait écouté patiemment ses interrogations avant de lui décréter d'aller à cette convention. Selon elle, la fin du monde n'arriverait pas, comme il semblait le croire, en lui laissant s'occuper seule de la fillette, certifiant qu'elles sauraient très bien se débrouiller toutes les deux sans lui.

Bobby avait alors validé sa participation, sans avoir cette soif intellectuelle habituelle qui lui tenaillait les tripes. Le départ avait été difficile, déjà retardé par un long câlin avec Aliénor. Celle-ci avait rudement éprouvé sa résistance de ne pas céder face à son regard émeraude scintillant de larmes.

Même si la séparation avec son enfant était douloureuse, Bobby admettait que Alex avait raison sur celle-ci. Elle ne pouvait être que bénéfique pour le développement de la fillette. La vie n'était qu'une longue succession de séparations. Après tout, à un degré moindre, il laissait bien Aliénor chaque matin de la semaine à l'école. Elle devait pouvoir grandir en réussissant peu à peu à s'éloigner de lui afin de se construire comme un être à part entière, autonome et distinct de lui. C'était une partie de son boulot en tant que parent. Néanmoins, il avait tenu à maintenir un lien pour combler un peu son absence. Il avait appelé chaque soir pour lire au moins un chapitre de l'histoire en cours avant d'échanger avec Alex sur leur journée.

En rentrant si tard, Bobby s'était convaincu que sa fille serait déjà endormie endormie et qu'il manquerait encore leur précieux rituel du soir. Pourtant, il se sentait bêtement heureux d'avoir eu tort. Le fait d'attendre son retour, même à une heure tardive, avait été l'occasion de faire la fête. Ignorant toujours sa présence, Alex et Aliénor continuaient de s'amuser joyeusement en dansant et en chantant à tue-tête. Bobby se permit un soupir d'aise. Depuis quelque temps, tout se passait à merveille. Aliénor avait pleinement accepté la nouvelle place d'Alex dans leur vie. Il avait eu peur d'une compétition entre elles, surtout de la part de sa fille, pour attirer son attention, mais il n'en avait rien été. Alex savait s'effacer pour lui laisser ses moments avec sa fille, et il en faisait tout autant pour elle. Ainsi tout se passait étrangement bien dans sa vie. Même si cela faisait plusieurs mois que sa fille et lui cohabitait avec Alex, cette dernière avait pris définitivement ses aises. Elle avait pris d'assaut ses placards et disséminé des affaires à elle un peu partout dans l'appartement. En quelque mois, celui-ci s'était radicalement transformé. En un âtre de solitude, il s'était transformé à la fois en un refuge et un foyer vivant et chaleureux où les rires avaient chassé le pesant silence.

Aliénor poussa un petit cri de surprise lorsqu'elle se rendit-compte enfin de la présence de son père. Celui-ci avait préféré s'abstenir d'intervenir, juste pour continuer à observer ce si merveilleux moment que sa compagne et sa fille vivaient entre elles. Avec un sourire jusqu'aux oreilles, la petite fille accourut vers lui. Elle bondit pour s'accrocher à sa taille et encercler ses jambes des siennes. Bobby rit et l'attrapa aussitôt avant qu'elle glisse pour la hisser dans ses bras. Était-il possible de grandir aussi vite de quelques centimètres et de prendre quelques kilos -très loin d'être superflus- en quelques jours ? Elle se frotta la joue contre la sienne avant qu'il puisse l'embrasser sur le front. Puis il la serra contre lui afin de leur faire oublier cette séparation. L'étincelle de vie et l'odeur de son enfant le réconforta. L'amour et la tendresse qu'il éprouvait envers Aliénor le surprenait toujours. C'était des émotions dont l'existence, avant son arrivée, avait été l'une des choses les plus abstraites pour lui. Il avait crû à tort de n'être pas capable de les éprouver, voire d'être carrément inapte à les refléter. Pourtant c'était une évidence, un instinct contre lequel il était impossible de lutter. Lorsqu'il avait croisé ce regard vert, la toute première fois, sa vie avait été bouleversée. Pas un seul jour depuis passait sans que Aliénor accapare ses pensées, et lui faisait réaliser la chance d'être devenu son père. Elle lui offrait cet amour insoupçonnable qui lui donnait une force incroyable tout en y ajoutant de la profondeur à sa vie. Leur lien était indéfectible.

C'est pourquoi passer ces quelques jours loin de sa fille avait été un vrai déchirement pour Bobby. Ce petit être lui avait tant manqué. Il avait eu la sensation de gâcher son temps loin d'elle. Cela lui avait été pénible de partir même s'il savait qu'il ne laissait pas Aliénor à une parfaite inconnue. Il n'aimait tout simplement pas laisser sa fille car il avait le sentiment de lui retirer son attention, alors qu'il ne lui en accordait pas assez selon lui. Parfois il se trouvait trop préoccupé par le travail, les tâches ménagères, sa mère et la façon dont il allait finir ses fins de mois, désormais qu'ils étaient deux à vivre dessus pour être entièrement avec elle.

En relevant la tête, Bobby croisa le regard pétillant de sa partenaire. Elle venait de baisser le son de la chaîne stéréo et se tenait à côté, les deux mains fourrées dans les poches arrières de son jeans. En gardant Aliénor contre lui, il avança vers sa partenaire. Il se libéra un bras pour le passer autour de ses hanches afin de l'attirer à lui avant de l'entraîner pour une danse. Abba avait laissé le devant de la scène à une chanson plus douce et plus intimiste. Alex se serra contre lui et Aliénor. Bobby posa sa joue sur les cheveux blonds de sa compagne tandis qu'elle se laissait guider. L'écho des paroles en lui le poussa à resserrer son étreinte autour des deux personnes qu'il tenait contre son cœur. "Tender is the touch, of someone that you love too much". Ils se balançaient doucement au rythme de leurs pas tout en berçant la fillette. "The demons go away, Lord I need to find someone who can heal my mind". Ils dansèrent, perdus dans leur propre monde, face à leurs sentiments, ivres de cette lenteur aphrodisiaque, tandis que le chanteur répondait au chœur par un "Love's the greatest thing". Alors que les dernières notes de la mélodie s'étaient envolées depuis quelques secondes, Bobby consentit à s'écarter un peu de sa compagne.

- Je m'occupe de Cookie, chuchota-t-il en lui déposant un baiser sur la joue, puis ce sera à votre tour Sergent.

Alex sourit en passant ses doigts dans les cheveux bruns de Aliénor. Celle-ci avait les bras solidement enroulés autour du cou de son père. Elle n'était pas prête à le lâcher de sitôt.


Bobby retrouva sa partenaire sur le canapé avec l'un de ses nombres manuels pour réviser l'examen de sergent. Mais elle semblait avoir plus suivi et écouté ses retrouvailles avec sa fille car le livre était abandonné sur le sol. Il s'effondra sur le canapé, épuisé de sa semaine.

- Tu lui as manqué, déclara doucement Alex. Elle voulait te faire la surprise d'être réveillée pour ton retour.

Il n'était parvenu à endormir Aliénor qu'après qu'elle lui ait montré tout ce qu'elle avait fait à l'école, qu'il lui ait raconté dans une version très édulcorée toute sa semaine loin d'elle, avant de pouvoir lui lire quelques chapitres du livre entamé. Et encore après tout cela, elle ne dormait toujours pas. Il avait alors chanté une berceuse pour l'apaiser et la réconforter de toutes ses inquiétudes. Ce qui avait autant marché pour elle que pour lui. Plongé dans un demi-sommeil, il avait dû puiser en lui toute l'énergie disponible pour ne pas succomber aux bras de Morphée et s'extirper de la chambre de Aliénor. Bobby tendit une main vers sa compagne qui s'en saisit aussitôt. Elle se laissa attirer à lui en s'asseyant sur ses genoux. Il la serra contre lui, pressant ce corps chaud contre le sien. Cela lui avait fait étrange de dormir à-nouveau seul. Il s'était rapidement habitué à partager un lit avec cette présence féminine.

- Cela a été avec Cookie ? S'inquiéta-t-il une nouvelle fois. Elle n'a pas été trop difficile ?

- Bobby, ça s'est bien passé, fit Alex avec patience pour le rassurer une énième fois depuis le début de la semaine. Elle a été adorable, et on s'est bien amusées toutes les deux. De plus, je pense que si j'arrive à te gérer, je suis parfaitement capable de le faire avec ta mini-toi.

Il se pencha vers sa partenaire afin de nicher le visage dans son cou et respirer l'odeur de sa peau à laquelle se mélangeait celle de son parfum.

- Je suis si difficile que ça ? Demanda-t-il d'une voix basse comme s'il avait peur de la réponse.

Face à cette question, Alex soupira. Elle ne connaissait que trop bien les angoisses de son compagnon. Elle mènerait chaque combat, chaque lutte, qu'ils lui étaient nécessaire pour les apaiser jusqu'à les faire disparaître.

- Tu n'es pas difficile, ni compliqué. Il suffit juste de te comprendre.

Elle le sentit se détendre contre elle. Il s'autorisa à passer les doigts dans les cheveux blonds avant d'entortiller une mèche autour de l'un de ses doigts.

- Lorsque Deakins nous a associés, murmura-t-il. Je pensais que tu ne resterais pas. Comme les autres.

- Il y avait des paris sur le temps que je tiendrais. Les plus pessimistes estimaient mon temps à seulement une semaine. Les plus optimistes visaient le mois.

Bobby prit une profonde respiration comme s'il puisait en lui le courage de poursuivre le sujet.

- Certains ont dû être déçus de ne pas te voir détaler. Pourquoi es-tu restée ?

De sa main, Alex caressa la nuque de son compagnon, gratta son cuir chevelu avec les ongles, voulant adoucir ses pensées sur leur piteux début de partenariat.

- Par esprit de contradiction ou de compétition, je suppose. Je voulais leur faire ravaler leur sourire hypocrite. Prouver que j'étais la plus forte.

- Pourtant, tu as écrit cette lettre...

Alex sentit une certaine fêlure dans la voix de Bobby à la mention de cet épisode. L'histoire de cette lettre n'avait jamais été véritablement résolue entre eux. Il était sans doute temps, s'ils voulaient vraiment avancer tous les deux, de s'expliquer et de mettre cet événement derrière eux.

- Oui, lâcha-t-elle après un long moment de silence. Parce que ça faisait quasiment cinq mois que l'on faisait équipe et que je te semblais toujours indifférente. Tu me donnais plus l'impression d'être quelque chose que tu trimballais contre ton gré.

- Pardon, s'excusa Bobby comme un enfant en enserrant la taille de sa compagne de ses deux bras pour la serrer contre lui.

Eames sentit la vulnérabilité de son compagnon, lui démontrant ainsi que les murs entre eux étaient bel et bien détruits. Ils en avaient fait du chemin pour en arriver là. Cela avait été long et difficile, parsemé d'embûches pour avoir le cœur de cet homme entre les mains. Cela l'effrayait parfois d'être l'unique personne à posséder ce pouvoir sur lui. Avoir la confiance aveugle de Bobby était l'une des plus belles choses de sa vie, mais aussi sa plus grande responsabilité. Elle pouvait tout autant le détruire que le rendre heureux.

- Non, c'est bon Bobby. C'est du passé. J'ai compris pourquoi tu agissais comme cela grâce à Deakins.

- Deakins ? Répéta-t-il, surpris de la mention de leur ancien capitaine.

- Quand je lui ai apporté ma demande, il a tenu à ce que je m'explique et surtout à ce que je l'écoute.

- Que t'a-t-il dit ?

- Il m'a demandé de tenir un peu plus de temps. Selon lui, tu n'avais pas joué de chance avec tes précédents coéquipiers. Que certains n'étaient pas à ta hauteur, d'autres que c'était des mauvais choix de sa part. Il était réellement persuadé que les choses changeraient entre nous. Mais qu'il fallait que je sois encore patiente avec toi. Que j'étais ta dernière chance aussi...

Bobby attrapa sa partenaire par les épaules et la repoussa doucement pour croiser son regard.

- Comment ça, ma dernière chance ?

- Le chef des détectives mettait la pression sur Deakins, expliqua-t-elle. Si tu demeurais être incapable de travailler avec un partenaire, tu n'aurais pas pas pu maintenir plus longtemps ta place à la Major Case...

Alex vit un éclair de douleur briller dans les yeux de son compagnon. Elle se détestait de lui avouer la vérité. De lui apprendre qu'il avait été, malgré l'excellent boulot qu'il soumettait aux supérieurs, à un pas d'une mutation forcée. Un déshonneur pour un policier et une réputation qui collait aux basques de n'être désiré nul part. Elle se haïssait de lui dire que si Deakins n'avait pas insisté pour qu'elle reste associée, elle aurait fui comme tous les autres.

- Tu es restée par pitié, alors ? L'interrogea-t-il, tremblant.

Alex lui saisit la tête entre ses deux mains, avant d'appuyer son front contre le sien.

- Non, Bobby, c'est mal me connaître. Je suis restée car Deakins était persuadé que nous aurions le déclic nécessaire tôt au tard pour faire fonctionner notre partenariat. Pour lui, si j'avais tenu plus longtemps que tous les autres, c'était qu'il y avait déjà quelque chose entre nous. C'était vrai. J'étais, et je le suis toujours, fascinée par ta connaissance de la nature humaine. Même si j'étais en quelque sorte ta dernière chance et que tu continuais à me porter cette indifférence, je n'aurais eu aucune compassion ou d'indulgence envers toi. Alors je nous ai laissé une opportunité d'aller plus loin. Si rien ne changeait au bout d'un mois, Deakins m'avait promis qu'il tiendrait alors compte de ma demande.

Les émotions à vif, Bobby hocha simplement de la tête. Il comprenait. Connaissant sa partenaire, elle n'aurait eu effectivement aucune miséricorde envers lui. Un partenariat évoluait avec la confiance qu'on portait à son coéquipier. Si elle n'existait pas, leur collaboration était vouée à l'échec.

- Et puis est arrivée cette fameuse tasse de Père Noël, sourit Alex pour alléger le ton de la conversation.

La barbe du soir de Bobby lui piquait les doigts, les joues, le menton et les lèvres.

- Cela faisait deux semaines, expliqua-t-il en bougonnant, que tu ne cessais de réclamer un "putain" de pot à crayons.

- Pourquoi Bobby ? Qu'est-ce qui t'a...

Alex s'interrompit lorsqu'il posa la main sur sa joue et commença à la caresser de son pouce.

- Je me suis rendu-compte, dit-il en laissant ses doigts glisser sur la courbe de la mâchoire de sa partenaire, l'émotion faisant vaciller sa voix, que cela allait faire six mois que tu étais là. Que tu étais toujours là. C'est à ce moment que j'ai su que je pouvais trouver en toi une partenaire. Alors j'ai voulu par ce geste te montrer que je te voyais, que je t'écoutais et que j'étais enfin prêt à aller vers toi.

- Et ça a marché. C'est ce qui m'a fait définitivement rester. C'est ce qui m'a lié à toi.

Alex s'inclina vers son partenaire en passant ses deux bras autour de son cou et se laissa aller contre lui, posant la joue sur son torse, près de son cœur.

- Tu te souviens, le lendemain, nous avions eu cette affaire de triple homicide lors de ce vol de bijouterie.

- Notre première vraie enquête, tout compte fait, chuchota Bobby, un brin nostalgique.

Ses mains descendirent au niveau des hanches de sa compagne en glissant le long de son dos par une caresse voluptueuse. Puis ses doigts réussirent à se faufiler sous les diverses couches de vêtements pour commencer à dessiner des arabesques. Il voulait sentir le grain de sa peau et sa chaleur sous la pulpe de ses doigts. Puis il enfouit son visage dans les cheveux blonds, dans leur odeur enivrante.

- Cela va me manquer, fit soudainement Bobby d'une voix triste.

- A moi aussi. Mais tu sais autant que moi que nous ne pouvons pas continuer ainsi.

Il soupira.

- Penses-tu qu'on fait le bon choix ?

- On avance, Bobby. On évolue. Nous le savions lorsque nous avions entamé cette relation que tout changerait. Un mal pour un bien.

- C'est vrai, concéda-t-il tandis qu'elle déposait un baiser à l'intérieur de son cou puis sur son menton.

- On le fait pour Ally et nous, fit-elle en continuant de lui embrasser chaque partie de son visage. Et puis si ton nouveau boulot ne te convient pas, tu feras autre chose, c'est tout. Quoi qu'il se passe, je serai toujours là pour te soutenir. Ta Cookie en fera tout autant.

Même si Bobby se plaisait dans la situation actuelle, Alex et lui savaient qu'elle ne pourrait pas durer indéfiniment. Un problème de taille se poserait tôt au tard. Leur vie privée évoluait, ils devaient en faire de même pour leur vie professionnelle. Et ce même s'ils tenaient à rester discrets, et à séparer clairement ces deux côtés de leur vie pour rester efficaces dans leur boulot de flics. Après des soirées et des nuits à échanger sur ce qui serait le mieux pour eux, à tergiverser, à tenter de résister à ce changement, ils avaient pris la décision commune de cesser leur partenariat. Cela avait été difficile mais nécessaire afin d'anticiper les problèmes que leur relation intime pourrait créer si jamais elle venait à être découverte par leur hiérarchie. En prenant cette décision lourde de conséquence, ils avaient conclu que leur temps à la Major Case était terminé. S'ils ne pouvaient plus travailler ensemble en tant que partenaire, chacun préférait passer à autre chose afin de ne pas se voir imposer un nouveau coéquipier. C'est ainsi que Bobby avait décidé de saisir l'opportunité de ce poste d'instructeur à l'académie de police, qui lui permettrait aussi de consacrer plus de temps à sa fille en ayant des horaires un peu plus fixes. Tandis qu'Alex, de son côté, passerait son examen de sergent puis comme elle l'avait décidé celui de capitaine dans la foulée. Lorsqu'ils avaient été annoncer à Ross leur volonté de quitter son unité, ce dernier semblait avoir eu de forts soupçons sur le fondement de leur décision, mais n'avait pas cherché -à leur soulagement- à leur soutirer leur véritable motivation.

A vrai dire, même après ces décisions importantes, Bobby commençait tout juste à assimiler qu'Alex n'était tout simplement pas de passage dans sa vie. Qu'elle avait bel et bien l'intention de rester avec Aliénor et lui. Contre vents et marées. Leur relation n'allait pas imploser au vol comme il avait pu se l'imaginer. Celle-ci continuait de se construire. Grâce à ses fondations solides, elle résisterait à toutes les turbulences qu'elle pourrait rencontrer. Et puis, à vrai dire, il n'était pas assez fou pour tenir tête à une Eames qui se tenait debout à ses côtés depuis plus de sept ans et qui avait décidé de la place qu'elle occuperait dans sa vie.

- Nous avons encore quelques mois devant nous à la Major Case, reprit Alex en faisant glisser ses lèvres du front de son amant jusqu'au coin de ses lèvres à la recherche de sa bouche pour un baiser. Faisons-en sorte que cela soit explosif...

Et Alex embrassa Bobby afin de poursuivre leur tête-à-tête d'une manière un peu plus intime.


Note : Les paroles sont tirées de la chanson "Tender" de Blur.