Bonjour et Bonne année à toutes et à tous.

Tout d'abord merci d'être encore là et désolée que ce soit si long.

Cette histoire est écrite dans ma tête depuis longtemps, le plan est fixé mais les parties sont courtes et lentes effectivement. Elle était initialement pensée pour être publiée à un rythme beaucoup plus rapide, ce qui l'aurait sans doute rendue plus digeste et intéressante mais les circonstances compliquent de beaucoup son écriture et sa publication en temps et en heure. Je vous présente mes plus sincères excuses pour cela.

Merci encore pour vos commentaires et votre présence.

Références aux épisodes:

4x03: Expérimentation hasardeuse/ Upgrades

4x04: Destins croisés / Crossroads

4x05: Diviser pour conquérir / Divide and Conquer

4x06 : L'histoire sans fin ( Window of Opportunity)

4x07 : Eaux Troubles / Watergate

4x08: Primitifs / The First Ones

4x09 : Terre Brulée / Scorched Earth

4x10: Sous la glace / Beneath the Surface

TW: relations sexuelles suggérée !

Il n'y a rien de vraiment graphique mais des rapprochements sont suggérés à partir du milieu de la partie. Vous pouvez passer cette partie si vous le souhaitez, je la résumerais en début de partie 12.


Partie 11

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Jack avait de plus en plus de mal à détacher ses yeux de ceux de Sam. A mesure qu'ils avançaient dans leurs souvenirs il avait fini par espérer que le sommeil l'emporterait avant qu'ils n'atteignent certaines choses… Mais à présent ils y étaient et elle avait l'air plus réveillée que jamais.

Reparler d'Anise, de ses maudits bracelets et surtout du bouclier n'avait pas été une mince à faire. Il se souvenait de tout. Beaucoup trop bien, assez pour revivre chaque seconde de cette foutue éternité où il avait fixé ses yeux, la voyant déjà promise à une mort certaine, persuadé en son fort intérieur que d'une seconde à l'autre elle allait être abattue d'un tir de lance, et s'écrouler là, devant lui et son impuissance. Il laissa Sam parler, le plus possible, mais se força à répondre à ses questions, même en sachant qu'elle connaissait sans doute les réponses.

Parler de Teal'c et de Shan'auc malgré le souvenir désagréable, s'avéra cependant une distraction bienvenue pour faire retomber la pression. Pas suffisant toute fois pour que le cœur de Jack reprenne un rythme normal. Même lorsque Sam enchaina sur un certain nombre de missions d'explorations sans incidents, donc sans intérêt et dont Jack n'avait plus aucun souvenir, la faute à l'ennui et pas à la machine, il ne parvenait pas à se détacher complètement de la peur qu'il avait ressentit ce jour-là, derrière le bouclier.

Sam enchaina avec « l'incident Zatark » et son angoisse fit un double salto, heurtant son estomac, il essaya de passer outre, en vain.

A l'époque déjà, ce sentiment l'avait habité longtemps, l'engluant comme une boue tenace, il avait eu les plus grandes peines du monde à s'en débarrasser. Pour être honnête il ne s'en était jamais vraiment débarrassé. Ce jour-là, il avait cessé de regarder ailleurs, cesser de se mentir, cesser de se chercher à convaincre que Sam n'était qu'un élément de son équipe. Il avait admis qu'il l'aimait, d'abord à lui-même dans le vaisseau d'Apophis, puis aux autres contraint par cette machine de malheur. Il avait surtout compris à quel point l'idée même de perdre Carter pouvait l'anéantir. Il avait réalisé que Carter serait désormais sa vie, d'une façon ou d'une autre. Et que sa mort signifierait la sienne, d'une façon ou d'une autre.

— C'est là que je t'ai dit que rien ne devait sortir de cette pièce.

La voix de Sam se brisa un peu et Jack eut l'impression, presque physique, de retomber sur terre.

Après le bouclier il s'était surpris à envisager de tenter quelque chose. Il avait même envisagé la retraite… Mais elle avait prononcé cette phrase, alors il y avait renoncé, un temps, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent piéger sous la glace et qu'ils…

— Tu ne dis rien ?

Sa voix lui parut rauque quand il répondit :

— Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?

— Ce que tu as dit ensuite.

— Nous sommes bien d'accord.

Il avait tenté de le dire d'un ton neutre, pas paniqué comme ce jour-là où il avait répondu sans réfléchir et regretté dans l'instant mais dans les faits sa voix sonna un regret. Elle insista malgré tout :

— Tu étais d'accord avec ça ?

— Tu sais bien que non.

— Mais tu n'as rien dit, souffla-t-elle.

— Non. Parce que tu venais de perdre Martouf, ce n'était pas vraiment le moment d'aborder cela. Et puis tu risquais plus que moi.

Elle détourna les yeux et Jack ressentit presque une brulure à être ainsi privé de son regard :

— Tu avais décidé que ça devait rester enfermé, c'était ton choix Sam, je te respecte, je devais respecter ton choix.

Elle souffla, fort, il ne sut pas dire si c'était de la colère ou autre chose.

— Sam…

— Tu aurais dû me le dire, à ce moment-là, ce soir-là, quand tu es venu, avec Daniel… Pourquoi es-tu venu avec Daniel ?

Elle pleurait, doucement, cela n'affectait pas sa respiration, mais elle pleurait. Jack tendit la main et essuya sa joue :

— Je voulais être sûr que tu allais bien.

— Je n'allais pas bien.

— Je sais, pardon, je…

Il hésita :

— Je voulais être certain que cela irait malgré tout, pour toi sans Martouf, et aussi pour l'équipe, pour nous deux. Et tu sais très bien pourquoi j'ai amené Daniel.

— Pour les ragots, soupira-t-elle.

— Déjà, oui, ensuite parce que lui aussi était inquiet et que à moins de l'assommer et de l'attacher dans un coin il serait forcément venu te voir, et aussi …

— Pour ne pas risquer de dire quoi que soit ? compléta-t-elle vu qu'il laissait sa phrase en suspens.

— Carter…

C'était injuste, elle n'avait pas à lui en vouloir pour cela. Il avait agit comme il le fallait et celui lui avait crevé le cœur mais il avait toujours fait passer Carter, sa volonté et sa carrière avant tout le reste, surtout avant lui et ses sentiments. Et c'était normal et la bonne chose à faire mais savoir qu'elle pouvait encore lui en vouloir, même après tout ce temps, même après ce qui s'était passé ensuite… Il essaya de ne pas laisser sa colère et sa déception percer dans son ton :

— Je croyais qu'on avait réglé ça…

Elle baissa les yeux :

— Je le croyais aussi… je suis désolée, je sais que tu as fait ce qu'il fallait. Je … je crois juste que j'aurais aimé que tu tentes quelque chose, que tu ne me laisses pas nier cette chose entre nous…comme tu l'as fait, la deuxième fois.

Le cœur de Jack accéléra brutalement sous l'afflux de souvenirs, il inspira et roula sur le dos. La deuxième fois… après Jonah et Terra…quand ils avaient à nouveau décidé de tout enterrer… quand il avait échoué à le faire. Jack n'avait jamais été si près de la retraite que ce jour-là, ils n'avaient jamais été aussi proche d'être quelque chose de plus que le colonel et son second qu'à ce moment-là. Ils avaient même tout planifié… La main de Sam glissa sur le drap et attrapa la sienne :

— Je me dis que si tu avais insisté ce soir-là, comme tu l'as fait après P3R-118…

Elle ne lui fit pas l'affront de préciser de quelle planète elle parlait, il le savait très bien et elle savait qu'il savait. Jack n'oublierait jamais ce code, pas après ce qu'ils avaient fait là-bas.

— … on aurait pu commencer quelque chose à ce moment-là et… peut-être que ça aurait tout changé.

Elle sembla hésiter et puis finalement lâcha la bombe :

— Peut-être que tu n'aurais pas changé d'avis comme tu l'as fait.

Jack accusa le coup. Son cœur s'ouvrit en une plaie béante. Alors c'est ça qu'elle pensait… qu'il avait abandonné ! Changé d'avis ! Le jour où il avait renoncé à donner sa démission, renoncé à ce qu'ils avaient planifié tous les deux, renoncer à elle surtout, restait l'un des jours plus douloureux de sa vie. Le matin il était arrivé avec sa lettre, bien au chaud dans sa poche, la bouche en cœur et le sourire aux lèvres et puis il y avait eu l'entité et il avait tué Carter ! Parce que l'entité avait choisi Sam, parce que l'entité avait vu qu'il l'aimait. Il avait mis Sam en danger. Il avait fait la seule chose possible alors : remettre de la distance, rester pour la protéger, déposer ce rêve d'avenir commun dans une boite et le laisser là, même si ça faisait mal. Elle lui en avait voulu, il le savait, il avait même craint, un temps, qu'elle parte finalement enseigner à l'académie comme elle avait envisagé de le faire avant qu'ils ne privilégient tous le deux l'option « mise en retraite », mais il pensait qu'elle avait compris.

Elle lâcha sa main et s'éloigna un peu :

— Bien… mission suivante donc…

Son ton était sec, presque sarcastique :

— La boucle, sur ce coup-là, je vous laisse la parole colonel.

Colonel… Jack passa outre et commença à décrire la mission de manière factuelle, du moins jusqu'à la remarque de Daniel et leurs premières pitreries. Dieu soit loué, Sam finit par se détendre et il obtint même un éclat de rire à la mention du vélo dans les couloirs. Sa main fine retrouva le chemin de la sienne et il accepta de rouler de nouveau sur le côté pour lui faire face.

— Du golf ? gloussa-t-elle, une fois qu'il eut finit son histoire. Vraiment ?

— Evidemment ! Bon George ne l'a pas très bien pris je ne te le cache pas.

Elle rigola à nouveau puis son visage se figea soudains très sérieux.

— Quoi ? demanda Jack parcouru par un pressentiment étrange.

— Pourquoi est-ce que tu m'as regardée comme ça ?

Et voilà, on y était. Jack avait espéré s'en tirer. Cela faisait longtemps maintenant qu'il gardait cela pour lui, il n'avait pas tellement envie d'en parler à Carter, et encore moins à Sam, surtout après ce qui venait de se passer avant.

— Tu n'as jamais voulu me le dire, insista-t-elle, mais je sais qu'il s'est passé quelque chose. Je veux que tu me le dises maintenant.

— Sam…

— Tu préfères l'oublier ?

Jack secoua la tête machinalement :

— Aucune chance que j'oublie.

Elle bondit sur le lit comme un pantin à ressors :

— Ah je savais bien qu'il y avait eu quelque chose ! Jack O'Neill vous devez me le dire !

Il s'assit à son tour en soupirant. Il s'était fait avoir comme un bleu.

— Sam… répéta-t-il dans une dernière tentative d'esquive désespérée.

— Alors toi et moi on a… elle fit un geste de la main entre eux deux et grimaça, partagée entre la colère et l'effroi : Tu as profité de la boucle pour… Jack !

L'idée qu'elle puisse envisager ça le glaça jusqu'à l'os :

— Non ! Sam ! Non ! Jamais ! Je n'aurais pas fait ça ! Pas comme ça ! Non !

— Quoi alors ?

— Je t'ai embrassée.

Sam resta interdite un instant, la bouche légèrement entrouverte :

— Tu m'as…

— J'ai donné ma démission à Hammond, et je t'ai embrassée. Et tu étais d'accord ! s'empressa-t-il d'ajouter. Je suis désolé.

— Où ?

La question plongea Jack dans la perplexité :

— Sur la bouche…

Elle éclata de rire :

— Non, où est-ce que tu m'as embrassée ? Au SGC ?

— Ah ! Oui, dans la salle de contrôle…

Les yeux de Sam s'agrandirent comme des soucoupes :

— La salle de contrôle ? Devant tout le monde ?

Jack baissa les yeux et se passa une main sur la nuque :

— Oui… et devant George aussi…

— Quoi ?

Elle pouffa de rire, tellement fort qu'elle s'en plia en deux :

— J'aurais aimé voir sa tête !

— Je t'avoue que je ne saurais pas te dire, ce n'est pas vraiment lui que je regardais…

Sam se figea, elle déglutit bruyamment. Ses yeux trouvèrent les siens et ils devinrent si clairs que Jack eut l'impression de se noyer dans un lagon, comme hypnotisé.

— Montre-moi.

Le cœur de Jack rata un battement et il oublia de respirer :

— Quoi ?

En réalité c'est plus un gargouillis qui sortit de sa bouche.

— Tu ne veux pas oublier ça, tenta-t-elle.

La voix de Jack n'était plus qu'un souffle :

— Je te l'ai déjà dit, aucune chance que j'oublie ça…

Elle se rapprocha de lui jusqu'à ce que leurs genoux se touchent, elle posa ses mains sur épaules. Les entrailles de Jack s'enflammèrent et un froid glacial dévala son dos.

— Je veux m'en souvenir aussi, murmura-t-elle presque sur ses lèvres.

Il avança son visage, la main droite de Carter glissa de son épaule à sa joue. Il tremblait. Il essayait de ne pas le faire, mais il le faisait quand même. Le souffle chaud de Sam courut sur ses lèvres et ce qu'il lui restait de doutes explosa comme une bulle. Il s'arrêta malgré tout à quelques millimètres de sa bouche. Il voulait être sûr, certain qu'elle avait pesé le pour et le contre, qu'elle savait ce qu'elle faisait, ce qu'elle voulait et…

Il oublia la fin de sa phrase à l'instant où la peau de Sam entra en contact avec la sienne. Le gout des lèvres de Sam se superposa au souvenir qu'il en avait gardé et tout l'amour qu'il ressentait pour elle se déversa dans ses veines comme des vannes qu'on ouvre enfin. Leur langue se trouvèrent et le corps de Sam se colla au sien. Il l'embrassa comme ce jour là et plus encore. Il laissa courir ses doigts sur les reliefs de son visage puis se perdre dans ses cheveux. La main gauche de Sam glissa dans son dos, le plaquant un peu plus contre elle. Il reprit difficilement son souffle alors que la bouche de Sam recherchait déjà la sienne. Il s'abandonna à son baiser. Il avait longtemps chérit le baiser de la boucle temporel, désormais il faisait pâle figure, celui-ci surpassait tout le reste. Il avait l'impression d'embrasser quelqu'un pour la première fois, comme à quinze ans…il attrapa la main la main de Sam qui se glissait entre eux et s'éloigna un peu.

— Jack ? haleta Sam en plaquant son front contre le sien.

Il eut toutes les peines du monde à organiser suffisamment ses pensées pour former un propos cohérent :

— C'est bien plus que ce qu'on a fait dans la salle de contrôle tu sais…

Elle gloussa doucement :

— Et c'est un problème ?

— Sam, je ne sais pas si… je crois qu'on devrait arrêter tant que c'est possible.

Jack s'y connaissait en défis impossibles mais il savait qu'éviter d'aller plus loin surpasserait tout le reste s'ils ne remettaient pas rapidement de la distance entre eux. Sam fronça les sourcils et retroussa le nez :

— Très bien, alors la porte a refusé de fonctionner et on a découvert que les Russes avaient récupérés la deuxième porte…

Jack, déstabilisé, perdit le fil :

— Hein ? Qu'est-ce que tu fais ?

Elle l'embrassa une fraction de seconde et reprit :

— Nous sommes allé en Russie, Teal'c et Daniel ont fait leur premier saut en parachute, tu t'es retrouvé dans une chambre froide avec Meybourne et moi dans un sous-marin avec Daniel et Markov. Finalement on a découvert que l'eau était vivante, procéder à un échange d'otages et tout est bien qui finit bien.

— Oui… hésita Jack. Où est-ce que tu veux en venir ?

Il essaya de s'éloigner un peu mais elle raffermit sa main dans son dos et se replaqua contre lui. Il ne chercha pas à lutter, il ne pouvait pas et de toute façon il n'en avait pas vraiment envie.

— Ensuite Daniel s'est fait enlever et a fait ami-ami avec un Unas.

— Choca !

— Chaka, corrigea-t-elle. Tu t'es inquiété, moi aussi, mais il s'est très bien débrouillé et on l'a récupéré.

— C'est très résumé, nota Jack.

— Pas grave.

La curiosité de Jack commençait à l'emporter sur le reste :

— A quoi tu joues Sam ?

— Je ne joue pas, j'accélère. Tu te souviens des Enkarans ?

— Oui.

— Et des Gadmeers ? Et de Lotan ?

— Comment l'oublier ? grogna Jack.

Sam l'embrassa encore, si doucement et légèrement qu'il sentit à peine son baiser, cela confinait au supplice :

— Parfait, ça suffira, glissa-t-elle contre ses lèvres.

— Je me souviens aussi de l'entêtement de Daniel. Et de ce que je t'ai obligé à faire.

Les épaules de Sam s'affaissèrent un peu :

— C'est oublié.

Jack secoua la tête :

— Non. Je t'ai donné un ordre t tu l'as suivie parce que je ne t'ai pas laissé le choix cette fois. Je n'aurais jamais dû faire ça.

Elle caressa son visage :

— Daniel n'a rien eu, et tout le monde a survécu. Ça fait partie du job.

— Pas entre nous et tu le sais. Pour ce que ça vaut : je suis désolé.

Elle secoua la tête, légèrement, le sourire aux lèvres :

— C'est la première fois que j'entends Jack O'Neill présenter autant d'excuses, parler tout court d'ailleurs, j'aurais dû t'enregistrer pour preuve.

Il résista – mal et pas longtemps- à l'idée de la chatouiller pour se venger de sa remarque mesquine. Elle gloussa et le poussa pour l'allonger sur le lit. Elle l'enjamba et assise sur lui, plongea son regard dans le sien. Jack se figea, glacé, à la fois terrifié et noyé sous les hormones :

— Sam, articula-t-il péniblement horrifié par la traitrise de son corps.

Elle leva un sourcil :

— Vu comme je suis placée, je crois que je sais, gloussa-t-elle.

Elle jouait avec le feu, volontairement. Il se sentit rougir des pieds à la pointe des oreilles. Déjà dans son corps « normal » la situation aurait été compliquée à gérer, mais dans celui d'un adolescent de quinze ans… Il inspira et ferma les yeux. Il posa ses mains sur la taille de Sam, espérant, à regret malgré tout, arriver à la convaincre de se rallonger sagement à côté de lui :

— S'il te plait, l'implora-t-il.

Il la sentit se pencher en avant et quand ses lèvres douces s'écrasèrent sur les siennes il ouvrit les yeux, plongeant dans les siens.

— La mission suivante est P3R-118, déclara-t-elle contre sa bouche.

Brutalement Jack comprit où elle voulait en venir.

— Ce qu'on a fait là-bas, tous les deux, dans la partie désaffectée du complexe…

Il hocha la tête, il se souvenait, il se souvenait très bien, même s'il avait prétendu avoir tout oublié de cette période dans son rapport, même s'il avait essayé de toute ses forces d'oublier, surtout après avoir pris la décision de renoncer à Carter.

— Je veux m'en souvenir, continua-t-elle. Je veux que tu t'en souviennes.

Jack trembla :

— Je ne peux pas oublier… j'ai essayé.

Elle se redressa légèrement, collant involontairement un peu plus son bassin contre le sien, une ride soucieuse barrait son front.

— Tu aurais vraiment voulu pouvoir oublier ?

— Non, concéda-t-il. Jamais.

Un sourire étira ses lèvres et elle l'embrassa encore :

— Alors je ne veux prendre aucun risque…

Sa lague glissa entre ses lèvres et trouva celle de Jack qui gémit. Il échappa une seconde à son étreinte :

— C'est vraiment ce que tu veux ?

Elle acquiesça et demanda :

— Et toi ?

Cette fois c'est lui captura ses lèvres.

Les souvenirs de P3R-118 explosèrent dans leurs esprits mais désormais ils n'étaient plus Terra et Jonah. Jack essaya de ne pas trop penser au fait qu'ils avaient, de loin, dépassé le stade de l'évocation de souvenirs pour s'en créer de nouveaux et à quel point cela pouvait enfreindre tout un tas de règles de l'armée et de l'état … mais rapidement il ne fut plus en état de penser du tout.