Les difficultés de santé s'enchainent compliquant tout mais voilà un petit bout de la suite.
Désolée d'avance pour la double frustration: la partie est courte à l'instar des autres et je n'explicite pas la relation Sam/Jack ( qui sont ici adolescents mineurs)
Merci à toutes et tous pour vos commentaire et de continuer à lire cette histoire malgré le rythme de publication catastrophique. Je pense à vous. Sitôt écrite sitôt postée pour éviter de vous faire attendre davantage.
Toutes les erreurs sont les miennes et Stargate, son univers et ses personnages ne m'appartiennent évidemment pas.
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Parte 12:
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Teal'c ouvrit un œil, puis l'autre. Son sang battait douloureusement sous son crâne et son estomac se tordait traitreusement sur lui-même. Il fit jouer ses muscles douloureux. Le sommeil humain ankylosait ce qui ne faisait qu'amplifier les courbatures induites par la fièvre. Le lit à côté du sien était vide. De l'autre côté du mur il entendait vaguement les voix d' O'Neill et de Samantha Carter. La porte qui reliait les deux chambres était fermée. Étonnamment les cloisons de cet hôtel miteux s'avéraient suffisamment épaisses pour filtrer correctement les bruits des conversations. Il n'aurait pas su dire de quoi ils étaient en train de parler, leur voix ne lui parvenaient que comme un murmure lointain.
Il balaya la pièce du regard, le jour perçait à peine derrière les rideaux. Il était encore tôt. Sans doute trop pour se lever. Teal'c ne savait pas vraiment. Le sommeil à la manière des Tau'ri restait encore un élément nouveau pour lui. Il ne parvenait pas encore à assimiler tout à fait cette nouvelle donnée et ses conséquences. Il n'aimait pas vraiment cela d'ailleurs. Huit heures de sommeil, voire plus, représentait une perte de temps significative, mais si c'était là le prix à payer pour être débarrassé d'une larve goa'uld alors il était prêt à faire avec. Son regard se posa sur la bouteille d'antibiotique, aux trois quarts vides : si tant est qu'il puisse survive évidemment.
Enfin il repéra Daniel Jackson. L'enfant, recroquevillé dans le coin cuisine semblait s'acharner sur quelque chose. Teal'c se leva, ou plutôt tenta de le faire, rapidement rattrapé par un vertige. Il serra les dents et, prenant appui sur la table de nuit, parvint à se mettre sur ses pieds. Traverser la pièce lui demanda plus d'effort qu'il ne l'avait prévu mais Daniel, concentré sur son paquet de céréales, ne l'entendit pas arriver pour autant.
— Un problème Daniel Jackson ?
L'enfant leva vers lui un visage mouillé de larmes :
— J'ai faim. Je n'arrive pas à l'ouvrir.
Teal'c tira une chaise pour s'assoir et tendit la main en direction de la boite.
— Encore un cauchemar ? demanda-t-il en ouvrant le sachet.
L'enfant renifla et secoua la tête.
— Maitre Bra'tac dit que la peur qui habite ton esprit ne doit pas influencer ta vie.
— Mes parents sont morts Teal'c.
— Les miens aussi.
Daniel suspendit son geste et le fixa intensément, la bouche pleine.
— Je chuis décholé, lâcha-t-il finalement.
Teal'c inclina légèrement la tête :
— Perdre ses parents est dans l'ordre des choses Daniel.
— Pas comme ça ! répliqua violement l'enfant. J'aurais dû les sauver !
Teal'c fronça les sourcils :
— Samantha Carter a dit que tu avais tout essayé pour empêcher cela dans la boucle du maître du jeu. Cela a toujours échoué.
— Ce n'était pas la réalité, il y avait forcément quelque chose à faire !
— Tu avais huit ans.
— Ce n'est pas une excuse.
Teal'c attrapa la boite de céréale et la plaça en haut de l'armoire.
— Hé ! Pourquoi est-ce que tu fais ça ? protesta l'enfant la voix étranglée.
— Tu n'as pas réussi à ouvrir le paquet tout à l'heure.
— Et alors ? couina l'enfant.
— Et tu n'arrives pas à attraper la boite.
— Non mais tu n'as pas le droit de…
Teal'c le stoppa d'un regard :
— Quel est l'âge as-tu maintenant Daniel Jackson ?
— 7 ou 8 ans, grommela Daniel.
— Le même âge qu'à la mort de tes parents. Comment aurais-tu pu les sauver avec un corps et un esprit d'enfant ?
Le regard de Daniel s'éteignit et Teal'c craignit d'avoir été trop loin. Parler avec les Tau'ri de choses personnelles était toujours déroutant. On ne savait jamais jusqu'où il était possible d'aller en matière de franchise. Ils semblaient toujours enclins à redécouvrir des vérités fondamentales sur eux-mêmes et sur le monde, traitant régulièrement le dénis en ami fidèle. Cela avait toujours le don de perturber Teal'c et participait, selon lui, à complexifier de façon dommageable les relations entre les êtres humains en général et de la Terre en particulier.
Finalement le jour se fit à nouveau dans les yeux de Daniel et Teal'c y trouva un éclat qu'il n'avait pas vu depuis longtemps. Pas vu depuis leur désastreuse aventure avec la machine en tout cas.
— Je crois que je sais.
Comme il ne voyait pas du tout où Daniel voulait en venir, Teal'c se contenta d'hausser un sourcil.
— Le texte, sur la machine, les mots que je ne comprenais pas. Je sais ce que ça veut dire ! s'enflamma l'enfant. Vous ne comprenez pas ce que ça veut dire Teal'c ? Je sais comment inverser tout ça ! Il faut que je parle à Sam !
Un mauvais pressentiment alourdit l'âme de Teal'c. Il tendit le bras machinalement pour intercepter l'enfant mais le manqua. Il n'était de toute façon plus tout à fait certain d'avoir encore affaire à un enfant de sept ans.
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Vala se laissa tomber dans le confortable fauteuil, étira ses bras au-dessus de sa tête puis croisa ses pieds sur le tableau de bord. Après des heures derrière le volant sur ces petites routes en lacets, elle était bien contente de ne pas avoir à conduire pour le reste du trajet. Elle capta le regard en coin de Grace.
— Quoi ?
A la manière de Teal'c, la petite fille leva un sourcil tout en fixant ses chaussures.
— Bon d'accord, bien, bien ! soupira Vala en ramenant ses jambes sous elle. Quoi que tu en dises tu ressembles à ta mère.
Grace plissa le nez.
— Et à ton oncle Daniel aussi !
Cette fois elle lui tira la langue.
Vala rit doucement en fermant les yeux. L'épuisement s'abattait sur elle comme une pluie d'hiver : fine mais implacable, la glaçant jusqu'à l'os. Mais contrairement à d'habitude le bruit des moteurs ne s'enclencha pas pour la bercer. Elle entrouvrit un œil :
— Tu ne décolles pas ?
— Non.
Vala soupira, cette gamine savait toujours ce qu'elle voulait mais il fallait toujours lui tirer les vers du nez pour le savoir :
— Mais encore ?
Grace se pencha en avant, tira une grosse boite noire dessous son siège et appuya sur un bouton… rien. En grommelant, elle commença à la bidouiller.
— Qu'est-ce que c'est ? demanda Vala, cette fois les deux yeux bien ouverts.
— Un amplificateur de signal couplé à une balise personnelle asgarde modifiée par McKay, et moi.
— McKay ?
— Il m'en devait une, c'est moi qui ai trouvé le cadeau d'anniversaire de mariage de Jennifer.
Vala se redressa sur son siège :
— La copie du jouet de son enfance introuvable, c'était toi ? Comment tu as fait ?
— J'ai été l'acheter à l'époque de son enfance, c'était simple, répondit la petite toujours sans la regarder, un fils en travers de la bouche.
— Quoi ? Sans moi ? Tu as fait un voyage temporel sans moi ? Grace !
Cette dernière recracha le fil qui retomba sur ses genoux :
— Tata ! J'ai juste été acheté un jouet dans un magasin ! J'en ai eu pour cinq minutes, c'est bon !
Vala inspira comme Daniel lui avait appris à le faire, pour essayer de ne pas s'énerver :
— On était d'accord Grace ! Tu ne sais jamais ce qui peut arriver. Imagine que le jumper ait eu une panne ?
— Mais ça n'a pas été le cas, parce que ce n'est pas McKay qui a conçu les jumpers, heureusement, pas comme cette fichue boite à la noix !
Elle secoua l'engin et tapa dessus.
— Grace, je suis sérieuse.
La petite fille lâcha son ouvrage des yeux et croisa son regard :
— D'accord. Je suis désolée. La prochaine fois, même pour les courses, tu viens avec moi.
— Merci.
Après un énième coup la machine clignota enfin en vert.
— Ah ben quand même ! s'exclama la gamine satisfaite.
— Et à quoi ça sert ?
Grace se tassa dans son siège le sourire aux lèvres :
— A prévenir les Asgards qu'on est là et à ce qu'ils téléportent bien le jumper en même temps que nous.
— Les Asgards ? grimaça Vala.
— Ouai. On va faire du stop !
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Les voyages dans le temps et plus particulièrement les interférences dans les lignes temporelles de vos parents présentent toujours des risques et leur lots d'inconvénients. L'un des plus importants, selon Grace du moins, était de savoir où vous en étiez avec les gens que vous rencontriez. La question se posait régulièrement, en particulier avec Thor. Grace avait beau tenir un registre de rapports de missions à usage personnel conséquent, précis et foisonnant de détails, elle n'était jamais parfaitement sûre de son coup.
Normalement, le Thor qu'elle s'apprêtait à voir, l'avait déjà rencontrée, une fois, l'année dernière dans son référentiel, il y a trois mois dans le référentiel de Grace. Mais elle ne pouvait être sûre qu'une version future d'elle-même n'avait pas visité l'alien depuis. Ou pire, qu'elle se soit un peu emmêlée les pinceau et que ce Thor ne l'ait pas encore rencontrée, ce qui présenterait une perte de temps considérable vu qu'il faudrait lui réexpliquer toute l'histoire. Mais cela paraissait improbable.
Théoriquement donc, Thor la connaitrait vaguement, d'une visite en tout cas. Théoriquement… parfois il y avait un faussé entre la théorie et la pratique…
Le flash les déposa devant le commandant suprême de la flotte asgarde avant qu'elle n'ait eu le temps de finir sa phrase. Vala regardait autour d'elle, visiblement tout aussi perdue qu'elle. Elles se trouvaient dans la salle de contrôle :
— Où est le jumper ?
Thor inclina très doucement la tête :
— Bonjour à vous aussi, jeune Grace O'Neill.
L'embarra lui colora les joues :
— Je suis désolée, bonjour Thor, excusez-moi, mais nous avions un jumper, enfin un vaiss…
— Un vaisseau ancien, la coupa Thor. Nous le savons. Votre balise a fonctionné correctement malgré vos options de camouflage. J'ai pris la liberté d'ordonner qu'on le matérialise en soute, il n'y a pas la place ici.
Grace se força à sourire : Thor, comme tous les Asgards, était un être terrible littéral.
— Merci Thor.
— C'est un plaisir, Grace O'Neill.
Elle s'inclina légèrement, selon les usages. Thor avança d'un pas :
— Comment puis-je vous aider ?
Il y avait une sorte de familiarité dans sa voix et son regard qui fit dire à Grace que ce Thor-ci avait dû la rencontrer plus d'une fois finalement.
— Cette fois, je crois que c'est moi qui peux vous aider. Je sais que vous cherchez papa et maman. Je sais où ils sont. J'ai aussi quelque chose dont ils vont avoir besoin. Vous permettez que vous montre ?
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Au cœur du silence nocturne, Sam avait eu peur que le jour chasse la nuit et avec elle ce qui c'était déroulé dans ce lit. Ce qui avait été dit, ce qui avait fait, ce qui avait enfin été ressenti au grand jour, comme un joli rêve impossible. Comme les fois précédentes, où, au fond, elle pouvait bien se l'avouer maintenant, cela l'avait en quelque sorte rassurée.
Mais à présent que le soleil inondait la chambre et qu'elle s'éveillait là, calme et paisible dans l'odeur et la chaleur de Jack O'Neill, elle se rendait compte que l'impossible ne l'était peut-être finalement pas tant que ça. Pour la première fois l'angoisse de franchir ce pas, la peur de ne pas être à la hauteur, de décevoir Jack était partie. Envolées les appréhensions à l'idée de construire quelque chose avec le seul homme dont elle voulait véritablement dans sa vie.
Elle n'avait plus peur. Plus maintenant, et elle se sentait plus légère que jamais. Elle pouvait y arriver. Elle avait le droit d'être heureuse, le droit d'aimer et d'être aimée et tout n'allait pas s'arrêter demain. Elle n'allait pas tout gâcher. Ils pourraient construire une famille. Avoir des enfants et elle y arriverait. Malgré la peur d'échouer et d'un jour les laisser contre sa volonté.
Elle avait eu la meilleure des mères alors sans doute qu'elle ne serait pas aussi bonne qu'elle, mais elle serait une mère suffisante, une mère capable et elle ferait son maximum pour être là le plus longtemps possible. Avec leur père. Avec Jack. Elle ne s'était pas sentie aussi sereine depuis longtemps, aussi elle-même...
— A quoi tu penses ?
Jack la regardait en souriant et elle pouvait voir son cœur jusque dans ses yeux. Elle se lova un peu plus contre lui et il resserra son étreinte. Pour la première fois elle n'hésita pas :
— A la petite fille.
Jack se tendit un peu et fronça les sourcils :
— Celle de la voiture ?
Elle hocha la tête :
— Elle te ressemble.
Jack éclata de rire :
— Tu rigoles ? Elle est ton portrait craché !
Sam laissa s'égarer un baiser sur la peau de Jack :
— Elle avait tes yeux.
— Mais elle avait ton regard, contra-t-il.
— Et ton menton, compléta Sam doucement.
Jack lui caressa les cheveux et ajusta une mèche derrière son oreille :
— Tu crois qu'elle…
Il ne termina pas sa phrase manifestement saisit par l'émotion. Sam termina pour lui, maintenant elle n'avait plus peur :
— Je crois que c'est notre fille Jack.
Il frémit sous ses doigts.
— Sam…
— Chut, elle l'embrassa doucement. C'est ce que je veux Jack. Je veux qu'elle soit notre fille. Je veux avoir un enfant. Avec toi. Quoi qu'il puisse se passer ensuite, promets-moi qu'elle naitra.
Le cœur de Jack s'accéléra sous sa joue, il ouvrit la bouche mais la porte en fit autant :
— Sam !
— Daniel ! s'écria Jack en se redressant comme un pantin à ressort pour s'assoir.
— Hé ! s'exclama vainement Sam qui n'eut que le temps de rattraper le drap pour se couvrir.
Daniel fut saisi dans son élan. Immobile, sur un pied, le bras encore en l'air, la bouche ouverte, les yeux avec. Finalement il vira pivoine et se retourna brutalement une main sur les yeux.
— Je n'ai rien vu ! hurla-t-il.
— Daniel… bafouilla Jack.
Daniel tendit une main dans leur direction sans se retourner :
— Non, Jack, tout va bien, je t'assure, je n'ai rien vu, je ne sais rien, je ne dirais rien ! Je m'en vais ! Tiens d'ailleurs je ne suis même jamais rentré dans cette chambre !
Il avança vers la porte et ajouta :
— Par contre, j'ai compris comment fonctionne la machine !
— Attends qu'est-ce que tu as dit ? s'étrangla Jack.
Le plan que Sam avait dessiné sur le mur de la base lui revint en mémoire faisant apparaitre une erreur évidente. L'angoisse remonta comme une boule amère dans sa gorge et elle attrapa la main de Jack par réflexe. Elle ouvrit la bouche mais un flash lumineux les aveugla.
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(à suivre)
