Bonjour,

Et bonne Saint-Nicolas ! (c'est un truc de Belges, cherchez pas)

Devinez qui n'a aucune volonté ? Qui voulait écrire un OS surprise de Noël et se retrouve avec une histoire qui fait déjà 5 chapitres ? Qui voulait attendre le 20 pour commencer à publier et s'est finalement dit qu'aujourd'hui, ce serait cool aussi ?

BREF ! On ne me changera pas, hein ! Et donc : surpriiiiise !

Me revoilà bien avec une petite Dramione totalement imprévue, dont les proportions m'échappent totalement ^^

Je vais donc rester prudente et publier une fois par semaine pour l'instant (du moins, tant que j'ai pas fini de l'écrire).

Je vous préviens, cette histoire est totalement fleuffette (il risque d'y avoir un peu de hum hum, ne nous leurrons pas) et s'inspire des téléfilms de Nowel (c'est de saison). J'essaie de rendre le tout cohérent, mais personne n'est à l'abri d'un dérapage, donc désolée par avance si certaines choses vous semblent un peu trop "hors canon".

Sinon, je vous souhaite bonne lecture de ce premier chapitre et à tout bientôt pour la suite !


Le monde magique et les personnages l'habitant appartiennent à J.K. Rowling


Fanart de Upthehill, mise en page de moi (merci Canva)


Merci à Damelith, Mery-Alice Gilbert, Nova Frogster et Akhmaleon pour leurs relectures


20 décembre 2002

Hermione roulait lentement le long de la rue principale du village où vivaient ses parents, les yeux légèrement plissés pour tenter de percer l'épais voile neigeux qui lui brouillait la vue. Si elle avait su que le temps se dégraderait autant, elle aurait peut-être transplané au lieu de prendre le volant. Elle adorait conduire en temps normal, surtout sur les routes de la campagne de son enfance, mais ce manque de visibilité l'angoissait quelque peu.

Heureusement, seul un dernier virage la séparait de la maison de ses parents et Hermione se gara dans leur allée en soupirant d'aise. La vue de ces murs, entre lesquels elle avait grandi, lui faisait toujours un bien fou. Elle aimait sa vie londonienne, entourée de ses amis et de ses collègues, mais elle ne se sentait entière qu'auprès de sa famille.

Chaque jour, Hermione prenait le temps de se rappeler à quel point elle avait de la chance d'avoir encore ses parents dans sa vie. Il s'en était fallu de peu pour qu'elle les perde à jamais et elle n'en avait même pas eu conscience. Le sort qu'elle leur avait lancé pour tenter de les protéger, avant de partir en quête des Horcruxes avec Harry et Ron, n'avait pas aussi bien fonctionné qu'elle l'avait escompté. Si leurs souvenirs avaient effectivement été modifiés dans un premier temps, la réalité avait rapidement repris ses droits. Ils s'étaient alors retrouvés désemparés, ignorant pourquoi leur fille n'était plus à leurs côtés quand bien même la rentrée n'avait pas encore eu lieu. Par chance, l'Ordre avait placé sa famille sous surveillance et avait pu intervenir pour les protéger avant qu'il ne soit trop tard.

Lorsqu'Hermione avait pris connaissance de son échec, quelques heures à peine après que Harry ait vaincu Voldemort, elle avait tellement craqué que seuls ses parents – qu'Hestia Jones était allée chercher – avaient pu l'apaiser. Depuis, elle s'était fait la promesse de ne plus passer une seule journée sans leur parler, raison pour laquelle elle avait emménagé dans un appartement moldu une fois ses A.S.P.I.C. obtenus.

Communiquer avec ses parents par hibou était aussi bien contraignant que chronophage et l'acquisition d'un téléphone avait grandement amélioré son quotidien, sans parler du leur, puisqu'ils ne devaient plus prétendre être passionnés de fauconnerie pour justifier la présence de ces oiseaux dans leur maison.

Une fois le moteur coupé, Hermione ajusta la capuche de son manteau sur sa tête puis sortit de son véhicule. Elle affronta les bourrasques et la neige le temps de récupérer sa valise dans le coffre puis sourit en constatant que sa mère avait déjà ouvert la porte d'entrée pour l'accueillir. Elle s'y réfugia aussi rapidement que le sol glissant le lui permit, puis enlaça sa mère à peine le seuil franchi, laissant sa valise retomber lourdement sur le sol.

– Bonsoir maman, la salua-t-elle, après l'avoir tendrement embrassée sur la joue.

– Bonsoir mon petit lapin, répondit Jean Granger en l'aidant à retirer sa veste. Tu as fait bonne route ?

Hermione tiqua légèrement à l'entente de ce surnom qu'elle n'avait jamais trop aimé, tant cet animal avait été utilisé pour se moquer d'elle avant qu'elle ne laisse Madame Pomfresh rectifier la longueur de ses dents. Néanmoins, elle savait que sa mère n'avait aucune mauvaise intention en l'appelant ainsi et décida tout simplement d'ignorer le petit pincement qu'elle ressentit au creux de son estomac.

– Je suis contente d'être arrivée, je ne voyais vraiment pas grand-chose avec toute cette neige.

– Tu restes bien toute la semaine, hein ?

– Un peu plus de deux semaines, précisa Hermione en souriant face à l'air ravi qui gagna les traits de sa mère. Je ne repars que le cinq janvier.

– Mais c'est merveilleux ! Ton père sera fou de joie de l'apprendre.

– D'apprendre quoi ? intervint Henri Granger, les cheveux encore humides de la douche qu'il venait visiblement de prendre.

– Hermione sera avec nous pour Noël et le Nouvel an, lui expliqua son épouse.

– Tu ne pouvais pas nous faire de plus beau cadeau ! s'enthousiasma son père en la serrant contre son cœur.

Même si elle leur téléphonait toujours les jours, Hermione n'arrivait pas à libérer suffisamment de temps pour les voir plus d'un weekend tous les deux-trois mois, à son plus grand regret. Depuis l'obtention de ses A.S.P.I.C., elle avait rejoint le Département de Contrôle et de Régulation des créatures magiques, comme elle en avait toujours rêvé, et était ensevelie sous le travail. Il y avait tellement de choses à faire pour améliorer le traitement de tous ces êtres qu'elle avait parfois l'impression de ne pas avancer, mais elle ne s'en plaignait pas pour autant. Elle savait que ce qu'elle faisait était important et elle ne changerait de métier pour rien au monde. Néanmoins, elle avait accumulé un nombre assez conséquent d'heures supplémentaires, ce qui avait poussé sa supérieure à lui imposer ces deux semaines de vacances. Ce dont, objectivement, elle avait grand besoin.

Hermione laissa ensuite ses parents pour monter sa valise dans sa chambre et s'arrêta quelques instants devant le tableau en liège qui surplombait son bureau. Dessus, plusieurs photos étaient accrochées, notamment avec Harry, Ron ou Ginny, et un sourire nostalgique étira ses lèvres lorsqu'elle remarqua à quel point ils avaient changé. Sa première lettre pour Poudlard, apportée par la professeure McGonagall, et celle qui l'avait nommée préfète y étaient également punaisées.

Elle retourna ensuite vers son lit, sur lequel elle avait déposé sa valise, puis en sortit ses affaires afin qu'elles ne soient pas trop froissées. Un simple sort pourrait remédier à ce désagrément, mais Hermione évitait toujours de se servir de sa baguette lorsqu'elle était chez ses parents. Depuis la fin de la guerre, elle faisait tout pour recouvrer sa vie d'avant lorsqu'elle était en leur compagnie. Elle ne regrettait pas une seule seconde d'avoir lutté contre l'oppression, mais elle était également consciente que ses choix avaient failli la priver des personnes qu'elle aimait le plus au monde. Ce qui expliquait, par ailleurs, qu'elle préférait toujours se rendre chez eux en voiture, même si cela lui prenait bien plus de temps qu'en transplanant et ce, indépendamment des caprices de la météo.

Une fois ses affaires rangées, Hermione quitta sa chambre pour rejoindre ses parents dans la cuisine. Après tout, si elle était ici, c'était bien pour passer du temps en leur compagnie !

– Qu'est-ce que tu prépares de bon ? s'enquit-elle en s'approchant de son père pour épier par-dessus son épaule.

– Une tourte aux légumes, répondit-il en lui donnant un petit coup de hanche pour qu'elle se décale.

Hermione recula en souriant, ravie de constater qu'il préparait son plat préféré, puis se hissa sur l'un des tabourets qui entouraient l'îlot central. Sa mère, debout à ses côtés, était en train de préparer une vinaigrette pour la salade qui accompagnerait le plat.

– Je peux vous aider ? proposa la jeune femme.

– Hors de question ! refusa son père. Tu es en vacances et pour une fois que nous t'avons rien que pour nous, nous comptons bien te dorloter.

– Ça ne me dérange pas… insista-t-elle.

Hermione détestait avoir l'impression d'être oisive. Elle avait des journées tellement chargées à son boulot que même une fois rentrée chez elle, il fallait qu'elle se maintienne occupée, sans quoi elle avait tout simplement le sentiment de perdre son temps. Par conséquent, ses nuits étaient relativement courtes, mais elle avait appris à faire avec le manque de sommeil.

Sa mère lui proposa ensuite un verre de vin en guise d'apéritif et Hermione hésita quelques secondes avant d'accepter. Bien qu'elle soit majeure depuis trois ans à présent, elle était toujours un peu réticente à l'idée de boire de l'alcool en compagnie de ses parents.

– Comment se passe ton boulot ? l'interrogea son père. Toujours aussi heureuse d'y travailler ?

– Oh oui ! répondit Hermione avec enthousiasme. Actuellement, on essaie de faire modifier une loi discriminante envers les loups-garous, c'est vraim…

– Les loups-garous ? la coupa sa mère. Comme ton ancien professeur ?

– Tout à fait. Une potion a été inventée pour les aider à contrôler leurs instincts, les soirs de pleine lune. Ils peuvent vivre comme n'importe qui, ils sont juste encore fortement stigmatisés à cause des croyances populaires, justement. C'est exactement ce qui est arrivé à Remus Lupin…

– Le fameux enseignant décédé lors de votre guerre, c'est ça ? insista sa mère.

Celle-ci essayait toujours de se montrer concernée par son autre monde, comme ils qualifiaient celui de la magie, mais Hermione savait qu'elle se sentait souvent dépassée.

– Lui-même, oui, confirma-t-elle. Sa façon de donner cours était vraiment fabuleuse, mais il a quand même dû démissionner lorsque les gens ont su ce qu'il était. C'était d'une injustice !

Sa mère lui serra tendrement la main et lui sourit avec chaleur, l'apaisant en quelques secondes.

– Comme quoi, sorciers ou pas, les humains sont tous les mêmes, commenta son père en refermant la porte du four dans lequel il venait de placer sa tourte. On passe dans le salon le temps que ça cuise ? Ce sera plus confortable !

Hermione accepta sans hésiter et les précéda dans la pièce pour s'installer dans le fauteuil de son père.

– Hé ! protesta-t-il, faussement fâché.

– Désolée, papa, s'excusa Hermione avec un regard qui avait toujours su le faire fondre. C'est celui qui est le plus proche de la cheminée et je n'ai pas très chaud…

Sa mère se leva aussitôt du canapé pour déposer une main sur son front.

– Tu as pris froid, mon lapin ?

– Non, je pense que c'est la fatigue… J'ai des journées assez longues et des nuits d'autant plus courtes, avoua-t-elle en baissant la voix.

– Hermione ! la réprimanda doucement son père. Nous savons que tu aimes ton travail, mais il faut ménager ta santé !

– Je sais, acquiesça-t-elle avant de boire une gorgée de vin, mais c'est plus facile à dire qu'à faire.

– Et nous qui te parlons encore de ton travail… soupira sa mère. À partir de maintenant, nouvelle règle dans cette maison : interdiction de parler boulot jusqu'à ton départ !

– Et ça vaut pour nous aussi, appuya son père, puisque nous n'ouvrirons pas le cabinet avant le six janvier. Déconnexion totale pour les Granger !

– C'est d'accord ! promit Hermione en riant légèrement.

Elle était malgré tout consciente que cet arrangement ne l'empêcherait probablement pas d'y penser.

– Que comptes-tu faire pendant ton séjour, alors, mon poussin ? s'enquit son père.

– Eh bien… Probablement tenter de faire diminuer ma pile-à-lire, répondit Hermione. Je lis beaucoup de chose pour… Vous-Savez-Quoi, mais j'avoue que cela fait une éternité que je ne me suis pas plongée dans un bon roman.

– Oh mais c'est parfait, ça ! s'exclama sa mère. Tu vas enfin pouvoir rencontrer Luc !

– Luc ?

– Mais oui, Luc ! Tu sais, le charmant libraire dont je t'ai déjà parlé. Je pense qu'il a à peu près ton âge. Il est tout à fait charmant et vous avez tellement de choses en commun…

– Si ce jeune homme avait quelques années de plus, je pense que je m'inquièterais pour mon mariage, plaisanta son père.

– Au choix, je préfèrerais avoir quelques années de moins, rit sa mère. Plus sérieusement, je suis sûre que vous vous entendrez très bien.

– Maman, je t'ai déjà dit que c'était délicat pour moi de fréquenter un Moldu… la tempéra Hermione. Il y a trop de choses que je devrais lui cacher, ce ne serait pas sain.

Sans parler du fait qu'elle n'avait absolument pas l'envie, ni le temps, de se remettre en couple, mais la jeune femme connaissait suffisamment bien sa mère pour savoir que ce ne serait pas des arguments recevables à ses yeux.

– Je n'ai jamais dit que tu devais le fréquenter sur du long terme, ma chérie, précisa sa mère avec un sourire en coin. Tu es là pour décompresser, non ?

– Maman ! s'esclaffa Hermione, surprise de la voir faire un tel sous-entendu.

– Tu es jeune, tu as le droit de profiter de la vie…

– Et moi, j'aimerais autant qu'on ne fasse pas allusion à la vie sexuelle de ma fille devant moi, bougonna son père, les faisant rire toutes les deux.

– Hermione a fréquenté Ronald plus de trois ans, Henri, je doute qu'ils soient restés…

– LA LA LA LA LA, commença-t-il à chantonner, ses mains plaquées sur ses oreilles, les faisant rire de plus belle.

– Bref, conclut Jean. Je t'accompagnerai à la librairie demain, je dois de toute façon y récupérer une commande.

– Très bien, céda Hermione, sachant qu'il serait vain de discuter avec sa mère.

D'autant plus qu'elle était bien déterminée à profiter de ces deux semaines de vacances pour lire le plus de romans possible. Elle détestait peut-être ne rien faire, mais elle avait également besoin de repos et la lecture serait une occupation parfaite pour cela.

.

Lorsqu'elle se réveilla le lendemain matin, Hermione eut tout d'abord une bouffée de panique en se demandant pourquoi son réveil n'avait pas retenti. Puis elle se souvint qu'elle était en vacances et que ce genre de choses était proscrit jusqu'à nouvel ordre.

Elle avait passé une soirée délicieuse en compagnie de ses parents et cela lui avait fait énormément de bien. Discuter et rire avec eux de vive voix différait totalement de leurs conversations téléphoniques. Ils n'avaient rien abordé de très sérieux, mais ces échanges lui avaient permis de renouer avec une partie d'elle-même qu'elle avait mise entre parenthèses.

Hermione ignorait à quelle heure ils avaient finalement rejoint leurs chambres respectives, elle savait juste qu'elle n'avait pas eu un sommeil aussi réparateur depuis très longtemps. Les bruits de la maison, l'odeur de ses draps et les rayons de la lune filtrant à travers ses volets mal fermés lui avaient donné l'impression d'être dans un cocon de bien-être.

Néanmoins, la lune avait laissé sa place au soleil et Hermione attrapa sa montre, déposée sur sa table de nuit, afin d'en vérifier l'heure. Elle se redressa immédiatement en constatant qu'il était plus de midi, choquée. Elle n'avait pas seulement bien dormi, elle avait surtout dormi très longtemps !

Elle quitta son lit aussitôt et descendit au rez-de-chaussée à la recherche de ses parents, qu'elle trouva confortablement installés dans le salon, devant le journal télévisé.

– Bonjour, mon poussin, l'accueillit son père. Bien dormi ?

– Très bien, oui, confirma Hermione quelque peu perplexe. Pourquoi ne m'avez-vous pas réveillée ?

– Pourquoi l'aurions-nous fait ? l'interrogea sa mère. Tu n'avais rien prévu ce matin, non ?

– Non, bien sûr que non, mais quand même ! Vous avez vu l'heure ?

– C'est que tu en avais besoin, ma chérie, la rassura sa mère. Il n'y a aucun mal à faire la grasse matinée de temps en temps.

Hermione ne répondit rien, confuse. Elle ne faisait jamais la grasse matinée. Elle avait toujours quelque chose à faire. Un dossier à vérifier, un texte à relire, un rendez-vous auquel se rendre, une affaire à plaider auprès du Magenmagot… Perdre ainsi une matinée à dormir lui semblait tout simplement inconcevable.

– Tu veux manger quelque chose, poussin ? s'enquit ensuite son père. Je peux te préparer le petit-déjeuner que tu aimes tant…

Hermione fut tentée de refuser, ne souhaitant pas le déranger outre mesure, mais son ventre se mit à gargouiller, trahissant sa faim. Son père se leva alors de son fauteuil en riant et se dirigea vers la cuisine.

– Tu devrais avoir le temps de te doucher pendant que je te prépare tout ça, lança-t-il depuis l'autre pièce.

Hermione baissa les yeux sur sa tenue et constata qu'effectivement, elle portait encore son pyjama à carreaux. Elle embrassa alors sa mère sur la joue et se précipita à l'étage pour se préparer.

Lorsqu'elle redescendit, quelques instants plus tard, une bonne odeur d'œufs brouillés vint chatouiller ses narines. Une fois dans la cuisine, elle constata que son père avait également fait griller quelques tranches de pain et qu'un pot de marmelade à l'orange se trouvait déjà sur la table. Elle s'y installa, impatiente de dévorer ce petit-déjeuner qui faisait remonter tant de souvenirs de son enfance, heureuse d'avoir pris la décision de passer l'entièreté de ses vacances en compagnie de ses parents.

Hermione adorait ses amis, elle considérait même Harry comme son frère, mais cette prise de recul lui faisait beaucoup de bien. Bien que sa rupture avec Ron remonte à plusieurs mois, à présent, la dynamique de leur groupe n'avait pas encore trouvé son nouvel équilibre et cette situation lui pesait bien plus qu'elle ne voulait l'admettre. Ici, elle était loin de tous ces soucis et pouvait enfin prendre du temps pour elle, tout simplement.

– On part chercher ma commande après manger ? demanda sa mère en s'installant à ses côtés.

Hermione retint un soupir, consciente qu'elle allait probablement lui reparler de ce fameux libraire. Elle se demandait quel genre de personne avait bien pu vouloir s'isoler dans un village tel que celui-ci. La plupart des jeunes de son âge, qu'elle avait côtoyés enfant avant d'intégrer Poudlard, étaient partis à leur tour pour mener leurs propres projets. La population du village était par conséquent assez vieillissante, ce qui inquiétait parfois ses parents. Elle savait malgré tout que certaines de ses connaissances étaient restées sur place, attachées à leurs racines, mais elle ne comprenait pas comment quelqu'un pouvait volontairement venir s'installer dans un endroit aussi morne. Si elle aimait rendre visite à ses parents, elle savait également qu'elle serait incapable de revenir vivre ici.

Le fait que sa mère tienne absolument à lui présenter ce type ne l'emballait pas spécialement, mais Hermione savait également qu'elle serait incapable de résister à la tentation de découvrir une nouvelle librairie.

Raison pour laquelle elle accepta, sans trop de réticences, d'accompagner sa mère un peu plus tard.

Après avoir enfilé manteaux, bonnets, écharpes et bottes bien chaudes, Jean et Hermione sortirent affronter le climat hivernal. La neige était tombée toute la nuit, laissant un épais tapis cotonneux sur le sol. Celle-ci n'étant pas encore devenue cette espèce de boue maronnasse et glissante, elles purent profiter pleinement de leur balade sans risquer de tomber. Hermione aimait tellement le crissement de la neige fraiche sous ses pas qu'elle n'hésitait pas à s'éloigner de temps en temps pour marcher dans des zones encore vierges du passage humain.

Si elle n'avait pas grandi dans ces rues, Hermione aurait été incapable de s'y repérer tant la neige recouvrait tout : les murs, les arbres, les bancs, les boites aux lettres, les enseignes des quelques boutiques implantées le long de la rue principale. Le tout ressemblait à un décor de carte postale et la jeune femme réalisa pour la première fois que les lieux avait un air de ressemblance avec Pré-au-Lard. Ce n'était donc pas si étonnant qu'elle ait tant aimé se promener dans le village sorcier lorsqu'elle était élève à Poudlard !

Sa mère la mena ensuite vers la fameuse librairie, qui se trouvait légèrement à l'écart, là où se tenait auparavant un magasin de vêtements de deuxième main. Celui-ci avait fermé il y a bien longtemps et les lieux étaient restés inoccupés pendant des années. Hermione savait que certains enfants de son âge allaient autrefois jouer dans le bâtiment délaissé, mais elle avait toujours préféré se tenir éloignée de ce genre de bêtises.

La façade, bien qu'en partie couverte de neige, lui plut immédiatement. La vitrine était sobrement éclairée, mais le jeu des lumières mettait en valeur les livres qui s'y trouvaient. Quelques figurines de rennes étaient disposées entre ceux-ci, rappelant à la clientèle que Noël approchait. Sans attendre, Jean poussa la porte et une petite clochette retentit pour signaler leur présence.

Hermione remarqua aussitôt l'homme qui se tenait, de dos, derrière le comptoir en acajou. Sans pouvoir se l'expliquer, elle sentit son ventre se contracter à cette vue, soudainement nerveuse.

– Ah, Luc ! s'exclama sa mère d'une voix un peu trop aigüe. Je suis tellement contente de vous voir !

Son interlocuteur se tourna à ces mots et le sourire qu'il affichait se fana aussitôt lorsque son regard se posa sur elle. Hermione, de son côté, eut l'impression de recevoir un stupéfix en plein cœur.

Ces cheveux blonds faussement décoiffés, ce corps élancé vêtu de noir et ces yeux gris perçants, elle ne les connaissait que trop bien.

Et la personne à qui ils appartenaient ne s'appelait absolument pas Luc.


.


Et voilà pour cette mise en bouche !

Comment vouliez-vous que je sois succinte avec une idée pareille ? mdr

Qui est Luc, à votre avis ? Le suspense est insoutenable, n'est-ce pas ? Comment allez vous tenir une semaine pour découvrir son identité... Ah la la, quel sadisme (mdr).

En vrai, j'espère que ça vous a plu. Je suis super contente de vous retrouver, en tout cas "coeur coeur toussa"