Bonjour !
Eh oui, déjà ! Mais que voulez-vous, j'ai quasiment terminé l'écriture de cette histoire et je ne peux décemment pas étaler "une histoire de Noël" sur trois mois... Le rythme va donc drastiquement s'accélérer, puisque je vais publier un chapitre tous les deux jours (ou presque) jusque début janvier. Vous voilà prévenu-es!
J'espère que la suite de cette histoire vous plaira.
Bonne lecture !
Hermione observait Malefoy en silence, définitivement perturbée par l'évolution de sa journée. Rien ne l'avait préparée au moment qu'ils venaient de vivre et elle se sentait tout simplement démunie.
Qu'attendait-il d'elle exactement ?
Hermione ne voyait pas ce qu'elle pourrait lui apporter. Ils n'étaient pas amis. Il avait essayé de faire de sa vie un enfer pendant plusieurs années et sans la présence de Ron et Harry à ses côtés, il y serait probablement parvenu.
Elle avait même été torturée sous ses yeux sans qu'il n'esquisse le moindre geste. Bien sûr, Hermione avait conscience qu'il n'aurait pas pu changer grand-chose à sa situation, qu'il avait même probablement essayé de les aider en prétendant ne pas les reconnaître lorsque les Rafleurs les avaient amenés dans son Manoir, mais cela ne changeait rien à la réalité.
Malefoy et elle n'étaient pas proches et elle ne voyait pas pourquoi elle accepterait de le revoir.
– Je pense que ton silence parle pour toi, commenta-t-il au bout d'un moment en souriant tristement.
– Je… Désolée, Malefoy, mais tu t'attendais à quoi ?
– À rien, ne t'en fais pas. Cela fait un moment que je ne m'attends plus à rien.
Le cœur d'Hermione se serra légèrement à ces mots, mais elle chassa bien vite cette sensation. Oui, l'histoire de Malefoy était triste et oui, elle était navrée pour lui, mais elle était juste revenue pour profiter un peu de ses parents, rien de plus.
– Bon… Je pense qu'il est temps pour moi de retourner à la librairie, déclara Malefoy en déposant ses mains sur la table pour se redresser. Merci encore de m'avoir accordé un peu de ton temps.
Hermione fut tentée de le retenir mais se ravisa à la dernière seconde pour le regarder enfiler sa veste tout en se dirigeant vers la sortie. Il s'arrêta devant le comptoir en chemin, probablement pour payer leurs consommations, mais Roger fit un signe de la main qui manifestait clairement son refus. Puis Malefoy quitta le bar, la laissant seule.
Hermione inspira profondément, chamboulée par toute cette entrevue, puis rassembla ses affaires avant de partir à son tour.
Une fois à l'extérieur, elle ajusta son écharpe autour de son cou afin de se protéger du froid, mais décida de se promener un peu avant de rentrer chez ses parents. L'air frais l'aiderait à remettre ses idées en place avant d'affronter l'interrogatoire que lui réservait probablement sa mère.
La vie était parfois étrange et pleine de surprises.
Même si elle ne rendait pas visite à ses parents aussi souvent qu'elle aurait aimé, Hermione était venue les voir à plusieurs reprises au cours de ces dernières années et elle n'avait pas croisé Malefoy une seule fois. Pourtant, d'après ses dires, il vivait dans le village depuis plus de trois ans. C'était étrange, d'ailleurs, de se dire que les fameuses ruines auxquelles il avait fait allusion étaient en réalité cet horrible manoir où elle avait vécu l'un des pires moments de sa vie.
Tellement proche et en même temps, tellement inaccessible.
Hermione se demanda vaguement ce que le Ministère en avait fait et se promit de se renseigner dès son retour à Londres. Harry suivait ces histoires de très près, il devait sans doute être au courant. Il faudrait aussi qu'elle lui demande s'il savait que Malefoy vivait dans le même village que ses parents, même si elle doutait que ce soit le cas. Nul doute que Harry lui en aurait parlé s'il l'avait su.
Ce manque de rigueur dans le suivi des peines était vraiment consternant, mais Hermione savait également qui était chargé de les appliquer et cela ne l'étonnait pas outre mesure. Tout comme son fils, Trevor McLaggen ne brillait pas par la vivacité de son esprit… Heureusement, le Département de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques ne dépendait pas de son autorité ! Elle aurait probablement démissionné si tel avait été le cas. Néanmoins, le service pour lequel Hermione travaillait était régulièrement amené à collaborer avec celui de la Justice Magique et les occasions de constater son manque de rigueur avaient été, malheureusement, nombreuses.
Et Malefoy, comme tant d'autres, en avait fait les frais.
Être ainsi privé de baguette ne justifiait en rien l'abandon total dont il avait été victime. Comment un sorcier tel que lui, habitué à être servi par des elfes, à dépendre totalement de la magie, avait-il bien pu survivre sans le moindre accompagnement ?
Certes, Roger avait visiblement fini par le prendre sous son aile, mais comment s'était-il débrouillé avant ça ?
Hermione chassa cette pensée de son esprit, consciente de sa dangerosité. Ce type de curiosité risquait de la pousser à le revoir, ce qu'elle ne pouvait pas se permettre.
Elle n'était pas ici pour s'intéresser à une nouvelle injustice, ni pour prendre la défense de qui que ce soit. Elle était là pour décompresser et profiter de sa famille.
Rien de plus.
Sentant l'humidité commencer à s'infiltrer à travers le cuir végétal de ses bottes, Hermione décida de rentrer pour se mettre au chaud.
Une fois à la maison, le silence lui indiqua que ses parents s'étaient absentés. Elle trouva un post-it sur le frigo lui signifiant qu'ils s'étaient rendus dans la ferme voisine afin d'effectuer quelques achats.
Hermione sourit à la nouvelle, comprenant qu'ils allaient probablement rapporter de nouveaux œufs frais et d'autres légumes de saison. Il n'y avait que chez ses parents qu'elle mangeait des œufs, seul endroit où elle avait la certitude que les poules les fournissant étaient bien traitées.
Si on lui demandait depuis quand elle était devenue végétarienne, Hermione aurait été incapable de répondre. Elle savait juste qu'elle avait diminué peu à peu sa consommation de viande jusqu'à s'en passer totalement. Ce n'était pas un acte militant de sa part, c'était juste une évolution naturelle de son alimentation. Même si, évidemment, le bien-être animal était une cause à laquelle elle adhérait pleinement.
Puisqu'elle se trouvait dans la cuisine, Hermione mit de l'eau à bouillir afin de se préparer une tasse de thé. Celui que proposait Roger n'était pas mauvais, mais elle préférait le mélange au jasmin que sa mère dénichait elle ne savait où.
Lorsque la bouilloire se mit à siffler, Hermione entendit la porte d'entrée s'ouvrir et des pas se rapprocher d'elle. Sans surprise, ses parents la rejoignirent, un panier en osier rempli entre les mains, et la jeune femme se leva pour les délester de ce poids.
– Le gaz, mon lapin ! l'avertit sa mère avant de l'éteindre pour elle.
– Oups ! s'excusa Hermione. La mienne est électrique et automatique…
– J'ai déjà dit à ta mère que son obsession pour sa vieille bouilloire finirait par provoquer un incendie, intervint son père.
– Aucun risque si vous pensez à éteindre le feu, se défendit-elle. L'eau est meilleure ainsi, je n'y peux rien !
Hermione ne put s'empêcher de rire face à ce faux argument. Rire qui mourut sur ses lèvres lorsque sa mère lui lança un regard lui signifiant qu'elles allaient devoir parler.
– Henri-chéri ? l'interpella Jean tandis qu'il rangeait les œufs dans une corbeille métallique disposée sur le comptoir central.
– Hum, hum ?
– Est-ce que tu pourrais aller, euh.. vérifier ma lampe de chevet ? Je crois qu'il y a un faux contact…
– Très subtil, Maman, se moqua Hermione face à l'air totalement perdu qu'affichait son père. Le jour où tu verras Papa avec un tournevis dans les mains, fais-moi signe.
– Si vous voulez être seules, je vais plutôt aller regarder la télé, ce sera moins dangereux, plaisanta son père.
– Au fait, intervint Hermione au moment où il quittait la pièce. Roger te salue.
– Ah bon ? Tu es allée au bar ?
– Henriiii, insista sa mère, indubitablement impatiente.
– Ça va, j'ai compris, je ne vous dérangerai pas plus longtemps. Mais il faudra m'expliquer, hein !
– Ce sont des histoires de garçon, Henri.
– Ok, alors je me passerai des explications. À plus tard !
Cette fois, il quitta définitivement la cuisine et Hermione resta seule avec sa mère. Elle leur servit un peu de thé puis elles s'installèrent toutes deux sur les hauts tabourets qui entouraient l'îlot central.
– J'espère que tu ne m'en veux pas d'avoir chassé ton père, commença Jean, mais j'ai eu le temps de repenser à ce nom… Drago… Et si ma mémoire est bonne, j'ai pensé qu'il valait mieux que j'en sache plus avant de lui faire savoir que ce jeune homme vivait dans le coin.
– Tu as bien fait, confirma Hermione.
Son père avait tendance à se montrer un peu trop protecteur lorsqu'il s'agissait de ses fréquentations et si sa mère n'hésitait jamais à le remettre à sa place, elle comprenait aisément qu'elle souhaite y voir plus clair avant de se confronter à son mari.
– Et donc, reprit sa mère, Luc n'est pas vraiment Luc ?
– Je suppose que si, c'est le diminutif de son deuxième prénom, mais je le connais sous le nom de Drago Malefoy, en effet.
– C'est donc bien le gamin qui vous menait la vie dure, à tes amis et toi ?
– Il l'a été, oui… Mais je ne suis pas sûre qu'il soit toujours la même personne.
– Comment ça ? l'interrogea sa mère.
– Il m'a un peu raconté son histoire quand tu es partie…
– Chez Roger, c'est ça ?
– Tout à fait, oui. Je sais qu'il s'est très mal conduit par le passé et qu'il a fait beaucoup d'erreurs, mais ce qu'il a vécu ces dernières années, c'est… C'est injuste, Maman.
– Que s'est-il passé ? l'encouragea-t-elle avant de siroter une gorgée de thé.
– Il a été abandonné par tout le monde, en fait. Je vous ai dit que les Mangemorts ont été jugés, après la guerre. Drago a été privé de magie et tous les biens de sa famille ont été saisis.
– Ses parents sont où ?
– Sa mère est partie vivre en France, ne supportant pas le déshonneur et la pauvreté, et son père est en prison.
– Et elle l'a laissé tout seul ?! s'offusqua Jean.
– Je n'ai pas tous les détails, mais il a apparemment insisté pour qu'elle s'en aille. Lui, par contre, est obligé de rester en Grande-Bretagne à cause de sa peine.
– Pauvre petit… soupira sa mère, faisant hausser un sourcil à Hermione. Lorsque Roger nous l'a présenté, il nous a confié que ses parents étaient des sortes d'Amish. Ça aurait dû m'interpeller, nous n'avons pas ce genre de communauté, ici, nous ne sommes pas aux États-Unis !
Hermione pouffa, amusée que ce soit la seule chose que sa mère ait retenue à son sujet.
– Ceci dit, reprit Jean, le fait qu'il soit comme toi explique bien des choses, et ce que tu me dis sur ce qu'il a vécu ces dernières années ne m'étonne pas vraiment. J'ai toujours senti une certaine fragilité chez lui, raison pour laquelle j'étais persuadée que vous vous entendriez bien.
– Ce qui n'est absolument pas le cas, au final, la contra Hermione. Il n'y a personne sur cette terre dont je sois moins proche que cet homme.
– Même pas la nouvelle copine de Ronald ?
– Maman ! s'offusqua-t-elle.
– Eh bien quoi ? Je t'aide juste à remettre les choses en perspective…
– Je ne sais même pas s'il fréquente quelqu'un et si c'était le cas, je n'aurais rien contre cette personne. Ron reste mon ami, je souhaite qu'il soit heureux.
– Et moi, c'est ton bonheur que je souhaite. Comptes-tu le revoir ?
– Qui ? Ron ?
– Mais non ! Luc – ou Drago, peu importe son nom.
– Tu souhaites que je sympathise avec mon ancien harceleur ?
– Présenté comme ça, bien sûr que non, la contra sa mère. Mais tu me l'as dit toi-même : tu n'es pas sûre qu'il soit encore cette personne.
– Et je devrais prendre le risque qu'il me blesse à nouveau pour m'en assurer ?
– Je ne pense pas qu'il le fera, mon lapin. Ce jeune homme m'a l'air très seul…
– Et ce n'est pas mon rôle de le sortir de la solitude.
– Non, c'est vrai, mais je te connais par cœur, ma chérie. Tu es incapable de rester insensible face à la détresse de quelqu'un.
– Peut-être… soupira Hermione, mais avec lui, je ne sais pas.
– Je comprends, mais ce jeune homme, je le côtoie depuis un moment, maintenant. Il s'est toujours montré extrêmement poli, serviable, aimable… Il ne voit clairement plus les personnes telles que moi comme il a pu le faire par le passé. Les gens peuvent changer, Hermione, mais pour cela, il faut que certaines personnes acceptent de leur tendre la main.
– Je… Je vais y réfléchir, céda Hermione en remuant distraitement son thé de la pointe de sa cuillère.
– Je sais, conclut sa mère avant de se lever.
Elle vint ensuite déposer un tendre baiser sur sa joue puis quitta la cuisine, la laissant seule.
Hermione était encore plus confuse qu'avant de parler avec sa mère. Si elle avait escompté qu'elle tenterait de la dissuader de se rapprocher de celui qui lui avait mené la vie dure, elle s'était lourdement trompée. Ceci dit, la position de sa mère n'était pas vraiment surprenante, celle-ci l'ayant toujours encouragée à faire preuve de pardon et de clémence.
Son père lui disait toujours qu'elle tenait son empathie et son hypersensibilité de sa mère, ce qui était probablement vrai.
Hermione savait que si Henri avait assisté à leur conversation, l'issue en aurait probablement été différente. Son père n'était pas spécialement rancunier, mais il était malgré tout moins enclin que Jean à faire preuve d'indulgence.
Néanmoins, Hermione savait que sa mère avait raison. Malefoy s'était ouvert à elle en se montrant particulièrement vulnérable, et elle ne se sentirait pas en accord avec sa nature profonde si elle restait indifférente à sa détresse.
Son regard se posa sur l'horloge du four et Hermione décida d'agir avant qu'il ne soit trop tard… ou de changer d'avis !
Elle se précipita donc vers l'entrée pour enfiler ses bottes et son manteau, cria à ses parents qu'elle ne s'absenterait pas longtemps, et sortit à nouveau dans la neige.
Neige qui s'était remise à tomber, par ailleurs.
Hermione resserra sa capuche autour de sa tête, ayant oublié son bonnet et son écharpe, et hâta le pas jusqu'à la librairie, dont elle poussa la porte sans avoir la moindre idée de ce qu'elle allait bien pouvoir dire.
– Bonjour… commença Malefoy, sa phrase mourant sur ses lèvres à mesure qu'il la reconnaissait.
– Bonjour, répondit-elle en tapant ses bottes sur le sol pour en dégager la poudreuse qui s'y était accumulé.
– Je… Qu'est-ce que je peux faire pour toi ?
– Bonjour, répéta-t-elle, les joues légèrement rouges. Je suis en vacances chez mes parents et je recherche un bon roman pour passer le temps. Auriez-vous quelque chose à me conseiller ?
– Euh… Bien sûr, mais… bredouilla Malefoy, perdu.
– Désolée, reprit-elle, peu convaincue par la pertinence de son idée, je suis d'une impolitesse ! Ma mère, Jean, est l'une de vos clientes. Je m'appelle Hermione Granger, ajouta-t-elle en tendant une main par-dessus le comptoir.
Malefoy la dévisagea un instant, les sourcils froncés d'incompréhension, puis un sourire amusé étira ses lèvres lorsqu'il comprit où elle voulait en venir.
– Luc, répondit-il en serrant doucement sa main dans la sienne. Enchanté.
.
Et voilà pour aujourd'hui !
Hermione ne pouvait clairement pas rester insensible à sa détresse, même s'il me semblait évident qu'elle n'allait pas accepter de le revoir directement.
J'espère que ce chapitre vous a plu et je vous dis à samedi pour la suite !
