Hello !
Un ptit reset d'un passé tendu, quoi de mieux pour entamer une nouvelle relation ?
La suite d'Une histoire de Noël, c'est maintenant !
Bonne lecture :)
Drago tenait toujours la main de Granger dans la sienne lorsqu'elle répliqua en riant :
– Alors ça, ça ne va pas être possible, Malefoy ! Tu n'as absolument pas une tête à t'appeler Luc !
– Tu es donc prête à trahir ma couverture ? s'offusqua-t-il faussement. C'est sous ce nom là qu'on me connait, dans le coin.
– Peut-être, mais je n'utiliserai pas le prénom de ton père – ni son diminutif, d'ailleurs – pour parler de toi.
– Compréhensible. Comment comptes-tu m'appeler, alors ?
Drago se sentait tellement heureux et soulagé qu'il en aurait esquissé un pas de danse. Il ignorait pourquoi Granger était revenue sur sa décision, mais l'idée de pouvoir être enfin totalement lui-même avec quelqu'un le remplissait de joie.
– Drago, probablement, répondit-elle en haussant les épaules, libérant sa main par la même occasion. On n'aura qu'à dire que c'est un surnom qui remonte à l'époque où nous étions à l'internat ensemble ; ça ne ressemble même pas à un vrai prénom, de toute façon !
À ces mots, Drago ne put s'empêcher d'éclater de rire.
– Donc tu me proposes de repartir à zéro, mais tu m'insultes dans la minute qui suit, c'est bien ça ?
– Il faut croire que certaines choses ne changeront jamais entre nous, répliqua Granger, un petit sourire au coin des lèvres.
Une fois de plus, Drago ne put contenir son hilarité. Qui aurait cru que les remarques acerbes de cette fille finiraient par l'amuser au lieu de l'irriter ?
– Désolée si je t'ai blessé, s'excusa-t-elle ensuite, c'est juste que t'appeler Luc me ferait trop bizarre…
– Pas de souci, Granger, je comprends.
– Hermione, le corrigea-t-elle. Tu as déjà utilisé mon prénom, donc ne fais pas de chichis.
– Ce sera donc Hermione, confirma-t-il avec un hochement de tête.
La situation lui semblait assez surréaliste, mais Drago ne s'était pas senti aussi bien depuis très longtemps. Que ce bonheur provienne d'Hermione Granger rendait le tout encore plus absurde, mais il n'allait certainement pas s'en plaindre.
Roger était la personne la plus fabuleuse qu'il ait jamais eu la chance de rencontrer. Cet homme l'avait accueilli alors qu'il était plus bas que terre, survivant plus que vivant. Il ne le connaissait pas, ignorait tout de son histoire, mais il l'avait traité avec bienveillance et respect.
Roger ne s'était pas montré indiscret pour autant, il s'était juste occupé de lui comme s'il avait été un membre de sa famille. Il avait appris, depuis, qu'il avait eu un fils qui aurait à peu près son âge aujourd'hui, s'il n'avait pas été fauché par un chauffard plusieurs années avant qu'il ne le recueille. Cela expliquait probablement son attitude à son égard – en partie, du moins –, mais Drago ne lui en était pas moins reconnaissant pour autant. Bien au contraire.
Sans lui, il ignorait ce qu'il serait devenu, ainsi livré à lui-même, mais sans doute rien de bon. Sa mère avait, bien évidemment, essayé de l'aider en lui laissant son alliance et sa bague de fiançailles – seuls biens de valeur à être restés en sa possession suite aux procès - , mais Drago n'avait jamais pu se résoudre à les vendre.
Cependant, aussi amical, soutenant et généreux que Roger pouvait être, il y avait toujours cette barrière entre eux, Drago ne pouvant pas totalement s'ouvrir à lui.
Roger le comprenait et n'avait jamais essayé de lui soutirer son histoire, mais cela ne faisait qu'accentuer la solitude dont souffrait Drago.
Être toujours sur ses gardes pour ne pas trahir le Secret magique – ni passer pour un fou – se révélait être assez épuisant.
Le retour de Granger dans sa vie lui offrait l'opportunité de renouer avec cette partie de lui-même et il avait tout simplement l'impression de se sentir à nouveau entier.
– Bon, et si on parlait lecture ? reprit Drago. Quel genre de livre cherches-tu ?
– Quelque chose de léger, répondit-elle sans hésiter. Je suis plongée dans des textes de loi toute l'année, j'ai besoin de m'évader.
– Aventure ? Science-fiction ? Fantasy ?
– Pas fantasy, non, précisa Granger. Les histoires de magie, c'est pas vraiment mon truc…
Drago ne put s'empêcher de rire, une fois de plus. Granger avait-elle toujours eu autant d'humour ?
– Honnêtement, reprit-elle les joues légèrement rouges, j'ai une petite faiblesse pour les romances…
– Comme les histoires nunuches et prévisibles qu'on peut voir l'après-midi à la télé ? s'étonna-t-il.
– Ça me permet vraiment de me déconnecter…
– Donc le genre d'histoire où la fille débarque dans son village natal après des années d'absence pour renouer avec sa famille, mais finit par se rapprocher d'un gars qui l'insupporte ?
Hermione le dévisagea en silence, un sourcil rehaussé par scepticisme, et Drago prit conscience de ce qu'il venait de dire.
– Toute ressemblance avec une situation réelle étant, bien évidemment, fortuite.
– Évidemment, pouffa-t-elle. Nous ne sommes pas dans une histoire de Noël ! Mais effectivement, j'aime bien lire ce genre de roman. Vas-y, moque toi !
– Si je critiquais les choix de mes clients, j'aurais fermé depuis bien longtemps, se défendit-il. Du moins, pas ouvertement !
Granger rit à sa remarque et Drago lui sourit en retour. Cette complicité naissante entre eux était à la fois réconfortante et déroutante.
– Tu ressembles tellement à ta mère, commenta-t-il. Comment n'ai-je pas fait le lien plus tôt ?
– Probablement parce qu'elle a gardé son nom de jeune fille. Tu es loin d'être bête, si elle s'était présentée à toi sous le nom de Granger, tu te serais forcément posé des questions.
– C'est vrai que je n'ai aperçu ton père que quelques fois… C'est toujours ta mère qui vient.
– Mon père n'aime pas trop lire, en effet, mis à part quelques biographies sportives de temps en temps.
– Ce qui explique la dernière commande de ta mère… Bon, sinon je devrais avoir quelques titres à te proposer.
Drago fit le tour de son comptoir et accompagna Granger en rayon pour proposer plusieurs livres susceptibles de l'intéresser. Elle fut moins clichée que prévu, puisqu'elle opta pour une histoire abordant l'amour naissant entre un homme à tout faire et une archéologue en Mongolie et une fiction traitant du rapprochement de deux anciens ennemis détruits par une guerre les ayant opposés.
Ils retournèrent ensuite vers le comptoir, mais le visage d'Hermione devint blême au moment de payer.
– Merde, jura-t-elle. Je suis partie si rapidement de chez mes parents que j'ai oublié de prendre mon portefeuille…
Drago fut tenté de se moquer, mais apprendre qu'elle s'était précipitée hors de chez elle pour venir le voir le remplissait bien trop de joie pour prendre le risque de tout gâcher.
– Ne t'inquiète pas, ta mère doit passer lundi pour récupérer le reste de sa commande, tu pourras payer à ce moment-là.
– Sûr ? Je ne voudrais pas que tu penses que j'essaie de resquiller…
– Avec des livres ? Vraiment ?
– On est nuls au jeu du "faisons semblant de ne pas nous connaître", non ?
Une fois de plus, Drago ricana à sa remarque.
– En réalité, non, la corrigea-t-il. On pense se connaître, nuance. Déjà à l'époque, nous ignorions qui l'autre était réellement, mais maintenant… Je ne suis même pas sûr que mes propres parents me reconnaîtraient.
– C'est vrai que nous ne nous serions jamais parlé ainsi…
– Être privé de baguette vous change un homme, que veux-tu !
– Tu… tu m'en parlerais ? l'interrogea Hermione, les joues à nouveau rouges. Pardon, c'est super personnel, je n'aurais pas dû demander.
– Je ne sais pas, avoua Drago. Ce n'est pas que je ne veux pas, c'est juste que je n'ai jamais eu l'occasion de le faire…
– Je suis désolée…
– C'est à moi de l'être, Hermione. Si toute cette situation m'a appris une chose, c'est bien à quel point j'étais à côté de la plaque durant mon adolescence. Au final, les Mold…
La sonnette de la porte retentit lorsqu'un client pénétra dans la librairie, le coupant dans son élan.
– Bonjour, Luc.
– Bonjour, Monsieur Smith, le salua-t-il en retour. Je termine avec Madame et je suis à vous, d'accord ?
– Faites donc, répondit-il en s'éloignant pour flâner dans les rayons.
– Désolé, s'excusa Drago en reportant son attention sur Hermione.
– Pas de souci, je suis celle qui t'embête sur ton lieu de travail.
– La librairie est fermée, demain, si tu veux qu'on… Laisse tomber.
Qu'elle soit revenue lui parler était déjà inespéré, il ne devait peut-être pas tenter le diable ainsi… Surtout que son incursion dans sa vie ressemblait plus à une intervention divine !
– Ma mère a des dizaines de romans chez elle, Drago, répondit Granger. Je… Je n'avais pas vraiment besoin de venir acheter ceux-ci.
– Oh… commenta-t-il, confus. Ça veut dire que… ?
– Je veux bien qu'on se voit demain, oui. Après tout, tu m'as demandé de te laisser l'opportunité de me prouver que tu avais changé…
– C'est vrai, mais… J'ai juste perdu l'habitude, je crois.
– Je sais, c'est bien pourquoi je suis là. Demain, quatorze heures devant ta librairie ?
– D'accord, accepta-t-il sans la moindre hésitation.
– À demain alors, conclut-elle en souriant avant de quitter sa boutique.
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22 décembre 2002
Drago trépignait devant sa librairie en se demandant si Granger n'avait pas changé d'avis. Il était déjà quatorze heures dix et elle ne l'avait toujours pas rejoint, ce qui ne lui ressemblait pas. Du moins, s'il se basait sur ce qu'il savait d'elle. Peut-être était-elle devenue moins ponctuelle avec le temps ?
Dire qu'il avait rendez-vous avec Hermione Granger… Enfin, ce n'était pas un rendez-vous à proprement parler, même s'ils avaient tous deux convenu d'un moment et d'un lieu précis pour se retrouver. Ce qui était la définition-même du rendez-vous, non ?
Dans tous les cas, il ne tenait plus en place, impatient de la revoir.
Ce qui était absolument ridicule, quand il prenait le temps d'y penser. Ces dernières années l'avaient-elles changé à ce point ? En tout cas, Roger avait dû percevoir quelque chose de différent dans son attitude, puisqu'il ne s'était pas gêné pour faire plein de sous-entendus lorsqu'ils avaient déjeuné ensemble ce midi.
Ce repas dominical était une tradition entre eux depuis que Drago avait quitté sa maison pour emménager dans l'appartement situé au-dessus de la librairie. Cela leur permettait de se voir régulièrement, même quand le temps venait à leur manquer. Il fallait dire aussi qu'avec la gestion du bar, Roger avait peu de temps libre à lui accorder. Fait que Drago comprenait parfaitement, surtout depuis qu'il devait s'occuper de son propre commerce.
Cette fois encore, il devait tout à la bienveillance de Roger. Il était celui qui avait racheté le bâtiment, à peu près au moment où Drago était entré dans sa vie. Il lui avait confié qu'il ne savait pas trop pour quelle raison il l'avait fait, probablement pour éviter que la propriétaire initiale ne revende les lieux à une énième société bancaire. Celles-ci pullulaient dans la région depuis quelques années, comme si les habitants du coin avaient des milliers de livres à investir… Roger avait donc acquis les lieux sans trop savoir qu'en faire, jusqu'à ce qu'une conversation avec Drago lui donne l'idée d'y installer une librairie.
Par conséquent, ils avaient rénové les locaux – en faisant appel à des professionnels, bien évidemment – et une fois ceux-ci prêts, Drago y avait emménagé. Roger ne lui demandait aucun loyer, il devait juste faire vivre le nouveau commerce à sa place.
Cela avait été relativement angoissant, puisque Drago n'avait aucune formation du genre. Il aimait les livres, mais c'était loin d'être suffisant pour développer un commerce !
Une fois encore, c'était Roger qui lui avait tout appris. D'après lui, qu'on vende des livres ou des pintes de bières, la démarche était la même : il fallait être à l'écoute du client, tout simplement. Pour le reste, le professionnel qui s'occupait de comptabilité du bar avait simplement ajouté celle de la librairie à ses fonctions. Pour l'instant, celle-ci ne rapportait pas encore beaucoup d'argent, mais elle était auto-suffisante, ce qui était déjà une belle réussite.
La neige se remit à tomber et Drago s'apprêtait à rentrer chez lui, résigné, lorsqu'Hermione apparut enfin au coin de la rue.
– Désolée ! s'écria-t-elle en manquant de glisser. On a eu un problème de four, le repas a pris du retard.
– Pas de problème, l'excusa Drago, soulagé de constater qu'elle ne lui avait pas fait faux bond.
– Je déteste être en retard, ajouta-t-elle une fois à sa hauteur, lui donnant inconsciemment raison, mais mon père a refusé que je parte sans manger. J'ai vingt-trois ans et il contrôle encore mon alimentation !
– Je ne peux pas lui en vouloir, répondit Drago, ça aurait été dommage de venir le ventre vide.
Un léger silence s'installa ensuite et Drago se demanda comment le rompre. S'ils avaient convenu d'un lieu et d'une heure de rendez-vous, ils n'avaient absolument pas parlé de l'activité qui les occuperait. Et un dimanche dans un village tel que celui-ci, elles étaient assez limitées.
– Alors, tu veux faire quoi ? l'interrogea Hermione, faisant écho à ses pensées.
– En fait, je n'y ai pas pensé… avoua-t-il, légèrement gêné.
– Oh… Hum voyons voir, réfléchit-elle à voix haute. À part chez Roger, tout est fermé le dimanche après-midi, non ?
– En effet, confirma-t-il.
– Je sais ! s'exclama-t-elle en frappant ses mains gantées l'une contre l'autre. C'est le temps idéal pour aller à la Bergerie !
– La bergerie ? répéta Drago, confus.
– Mais oui ! La Bergerie ! insista Granger. Tu vis ici depuis plus de trois ans et tu ne connais pas la Bergerie ?
– Euh… Non…
– Raison de plus pour y aller, alors ! Mais si c'est ta première fois, il va nous falloir des sacs poubelle.
– Pourquoi faire ? demanda-t-il, de plus en plus perdu.
– De la luge, bien sûr !
– Avec des sacs poubelle ?
– C'est un rituel de passage, dans le coin, et avec toute la neige qui est tombée, tu n'y échapperas pas.
– Très bien, céda Drago, amusé. De toute façon je n'ai rien de mieux à te proposer, donc va pour les sacs poubelle. Je dois en avoir des grands chez moi, j'habite juste au-dessus de la librairie.
– Super, je t'attends ici, répondit-elle avant qu'il n'ait l'occasion de lui proposer de l'accompagner.
Il ouvrit donc rapidement une porte située à droite de la boutique et emprunta l'escalier menant à son appartement. Une fois sur place, il se rendit dans sa cuisine pour prendre les fameux sacs et rejoignit Granger dans la rue aussi rapidement que possible.
Lorsqu'il eut refermé derrière lui, elle ouvrit la marche vers la sortie du village. Ils marchèrent tout d'abord en silence, la neige fraîche crissant sous leurs pas, jusqu'à ce que Drago se décide à briser le silence.
– Alors, si ton service ne peut pas lever les amendes de Roger, lequel as-tu rejoint ?
– Je te laisse deviner, répondit-elle en souriant.
– Hum… Puisque tu as éludé sa question et vu ta fixette pour les elfes, je dirais le Service de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques ?
– Suis-je donc si prévisible ? s'enquit-elle.
– Non, mais j'avoue que j'aurais été déçu si tu avais opté pour une autre carrière.
– Déçu ? releva-t-elle en se tournant légèrement pour le regarder.
– J'essaie de m'ancrer à ce que je sais du monde magique… Ton implication auprès des créatures magiques a toujours été une des choses à laquelle me rattacher.
– Tu as pensé à moi depuis tout ce temps ?! s'étonna-t-elle.
– À toi, à Potter, à Weasley et à beaucoup de monde, oui. D'ailleurs, dans mes invariables, tu es mariée ou fiancée avec lui… Il ne t'a pas accompagnée ?
– Qui ? Ron ?
– Ne me dis pas que tu sors avec Potter !
– Par Merlin, non ! s'esclaffa-t-elle. Harry est comme un frère pour moi. Ceci dit, je ne sors pas avec Ron non plus…
– Bizarre, vu la façon dont vous baviez l'un devant l'autre, j'étais persuadé du contraire.
– On est sorti ensemble, avoua-t-elle en grimaçant légèrement. Mais c'est terminé.
– Que s'est-il… Pardon, ça ne me regarde pas.
– Non, ne t'inquiète pas, le rassura Hermione. Tu m'as confié des trucs super personnels, je peux bien répondre à cette question. Il trouvait que je travaillais trop et m'a lancé un ultimatum : lui ou mon boulot…
– Quel con ! s'exclama Drago en se retenant de rire. Il te connait donc si mal ?
– Il faut croire, répondit-elle avec un petit sourire.
– Ton choix était pourtant évident. Au moins, je peux toujours me rattacher à sa crétinerie, c'est rassurant.
– Le fait que je sois une accro au travail est donc si évident ? l'interrogea-t-elle d'une voix faible.
Drago s'arrêta quelques instants pour la regarder et put lire dans ses yeux à quel point sa réponse pourrait faire basculer leur amitié naissante.
– Pas dans le mauvais sens du terme, Hermione. Tu as toujours été une bosseuse – à ma plus grande frustration, d'ailleurs ! Tu t'investis dans les choses qui te tiennent à cœur, et la protection des créatures magiques en a toujours fait partie. On s'est assez foutu de ton association avec les autres Serpentard pour que je m'en souvienne…
– Charmant, le coupa-t-elle.
Mais le petit rictus qui étirait ses lèvres lui indiqua qu'elle était plus amusée qu'autre chose.
– Prétendre le contraire aurait été hypocrite de ma part. Mais pour en revenir à Weasley, il me semble évident que tu choisirais ton boulot. Pas parce que c'est plus important pour toi que tes proches, mais parce que mettre quelqu'un au pied du mur comme il semble l'avoir fait n'est jamais une solution. Si ton rythme de travail l'emmerdait, il aurait dû t'en parler, c'est tout.
Drago vit Hermione inspirer profondément, comme si elle refoulait un poids imaginaire, puis lui sourire avec plus de chaleur que précédemment.
– Merci. Tu es la première personne à prendre mon choix de cette façon…
– Potter a pris le parti de son pote, je suppose ?
– Pas directement, mais il ne me comprend pas non plus…
– Tant pis pour lui, ça lui passera. C'est encore loin, ton écurie, sinon ? demanda-t-il pour changer de sujet.
– Bergerie ! le corrigea-t-elle en riant. Et on est presque arrivés, ne t'en fais pas.
Ils avancèrent encore quelques mètres dans un silence serein et, une fois sur place, Drago comprit pourquoi Hermione avait affirmé que le temps était idéal pour venir ici. Une sorte de cuvette au fond de laquelle se trouvait une bâtisse en pierres – probablement la fameuse bergerie – s'étalait sous ses yeux. Il ignorait quel était le dénivelé de cette pente, mais celle-ci semblait idéale pour faire de la luge. D'ailleurs, plusieurs enfants étaient en train de s'amuser à dévaler cette descente à toute vitesse à plusieurs mètres d'eux.
– On va vraiment faire ça ? s'enquit Drago, soudainement nerveux.
– Tu joues au Quidditch, Malefoy, c'est pas un peu de neige qui va te faire peur !
– Rien à voir ! se défendit-il. Mon balai était pourvu d'un sort d'amortissage et les profs étaient là pour veiller à notre sécurité. Qu'est-ce qui m'empêchera de foncer dans le bâtiment juste en bas ? T'as vu la vitesse à laquelle ces gosses vont ? ajouta-t-il en montrant les enfants d'un geste ample de la main.
– Très bien, Monsieur le Froussard, on va descendre ensemble, si ça peut te rassurer.
– Ce n'est pas parce que je n'ai pas l'inconscience des Gryffondor que je suis froussard, Granger, marmonna-t-il, légèrement anxieux malgré tout.
Hermione lui prit les sacs poubelle des mains en riant et en déplia un avant de le déposer sur le sol. Elle s'y installa rapidement et l'invita à la rejoindre.
– Rituel de passage, le défia-t-elle. Tu ne pourras pas te revendiquer du coin tant que tu n'auras pas descendu la Bergerie à la moldue !
– Très bien, céda-t-il en s'installant derrière elle, ses jambes de part et d'autre de son corps.
– Lève les pieds à mon signal, ordonna-t-elle en ricanant. Prêt ? Un, deux… On y va !
Drago obéit au moment-même où Hermione donnait l'impulsion nécessaire à les faire descendre le long de la pente. Ils prirent rapidement de la vitesse, entraînés par leur poids. Le sac servait juste à les faire glisser, les protégeant nullement de la neige. Ils allaient finir trempés, mais Drago n'en avait absolument rien à faire.
Le vent dans ses cheveux le grisait comme il ne l'avait pas été depuis très longtemps. Les bras noués autour de la taille d'Hermione, il se laissait simplement porter par le moment présent.
Au bout d'un moment qui lui parût bien trop court, sa partenaire de glisse les fit basculer sur le côté, ce qui mit fin à leur course avant qu'ils ne soient trop proches de la bergerie. Ils roulèrent tous deux dans la neige et Hermione se retrouva allongée sur lui, riant aux éclats.
Drago réalisa alors à quel point cette fille – cette femme – qu'il avait toujours dénigrée était belle. Ses yeux brillaient avec chaleur, le rouge de ses joues illuminait son visage et ses lèvres…
Hermione se mit à rire en se dégageant de son étreinte.
– Si nous étions dans une de ces histoires de Noël, tout ça aurait fini par un baiser ! commenta-t-elle, toujours hilare.
– Ah ah, en effet, approuva Drago en se relevant à son tour.
Mais lorsqu'il épousseta la neige qui le maculait, il réalisa qu'être cliché ne l'aurait pas vraiment dérangé…
Et voilà pour aujourd'hui !
Oui, j'ai fait faire de la luge en sac poubelle à Drago Malefoy. Oui, je m'amuse à glisser des clichés de Noël dans tout ça.
Et pour qui s'était demandé pourquoi Drago n'avait pas fait le lien avec le nom de sa cliente, c'est juste parce que Jean a gardé son nom de jeune fille (plus facile au cabinet de distinguer les deux dentistes ;) ).
A lundi pour la suite, j'ai super hâte de lire ce que vous pensez de l'évolution de cette histoire !
