Bonjour !

C'est parti pour le chapitre 5. Merci de prendre le temps de me laisser un ti mot quand vous me lisez, même si les chapitres sont super rapprochés, ça me fait très plaisir !

Je suis contente que vous aimiez les trucs un peu clichés autant que moi. J'espère que cette suite vous plaira !

Bonne lecture !


Hermione débarrassa son manteau de la neige qui le recouvrait et ramassa le sac à moitié déchiré traînant à leurs pieds.

– Ça aide à bien glisser, mais j'avoue que l'usage en est assez limité, commenta-t-elle en grimaçant légèrement.

– Heureusement que j'en ai pris plusieurs, alors, répliqua Drago, visiblement fier de lui.

– Oh ! Aurais-tu envie de recommencer ?

– On n'a pas fait tout ce chemin pour une seule glissade, si ?

Hermione ne put s'empêcher de sourire, heureuse de constater qu'il semblait bien s'amuser.

Dire qu'elle venait de faire de la luge… sur un sac poubelle… en compagnie de Drago Malefoy… dans le village où elle avait grandi…

Cette scène paraissait digne d'une prédiction de Trelawney !

Mais, malgré le côté surréaliste de tout ceci, Hermione ne se sentait pas du tout mal à l'aise. Le jeune homme avec qui elle passait un si agréable moment n'avait rien à voir avec celui qu'elle avait fréquenté à Poudlard. Physiquement, il était toujours tel qu'elle l'avait connu – avec quelques années de plus –, mais mentalement, elle découvrait une personne totalement différente.

En même temps, comme Drago le lui avait fait remarquer, ils n'avaient jamais cherché à se connaître avant aujourd'hui. Il avait toujours été très entouré, donc sa compagnie devait être plutôt agréable – pour qui n'était pas né-Moldu, du moins. Hermione n'arrivait pas à savoir quelle partie de son caractère actuel était liée à sa privation de baguette, mais elle ne parvenait pas à y accorder de l'importance pour autant.

Elle aurait dû, pourtant.

Drago Malefoy avait tenté de faire de sa scolarité un enfer. Il l'avait insultée, avait essayé de la faire renvoyer et n'avait pas hésité à lui compliquer la vie chaque fois qu'il en avait eu l'occasion. Mais tout ceci lui semblait terriblement dérisoire, à présent.

Hermione avait parfois l'impression que cette époque appartenait à une autre vie. À une autre elle.

Tellement de choses avaient changé, après la Bataille de Poudlard, qu'elle-même avait conscience de ne plus être la même personne.

Si cette guerre lui avait bien appris quelque chose, c'était que la vie était bien trop courte pour alimenter les rancœurs du passé, même s'il n'était pas toujours évident de s'en défaire.

– Malefoy appelle Granger ! l'entendit-elle l'apostropher, tout en agitant une main gantée devant ses yeux.

– Pardon, s'excusa-t-elle, j'étais perdue dans mes pensées.

– J'ai vu ça… Je commençais à croire que tu t'étais cogné la tête à l'atterrissage.

– Non, non, j'essayais juste de comprendre pourquoi toi et moi, ici à faire de la luge, ne me semblait pas aussi étrange que ça le devrait.

– Tout m'a tellement semblé bizarre quand je me suis retrouvé sans baguette du jour au lendemain que plus rien ne m'étonne depuis, répliqua-t-il dans un haussement d'épaules.

– Comment as-tu fait avant de rencontrer Roger ? rebondit Hermione.

– J'ai regretté de ne pas avoir suivi le cours d'étude des Moldus ! répondit-il en ricanant. Le plus frustrant, c'est que je n'avais personne à qui poser des questions ni avec qui partager mes découvertes. Tellement de choses étaient à la fois familières et différentes. Les Moldus ont aussi des journaux, mais les photos ne bougent pas. Ils utilisent aussi du feu pour cuisiner, mais sur une gazinière. Ils reçoivent aussi leur courrier sous enveloppe, mais il est livré par des gens à des heures relativement précises. Les mondes magique et moldu sont assez semblables, au final, tout en étant assez opposés. Ça a également dû te paraître étrange de découvrir tout ça…

– Sans déconner, commenta Hermione, sans parvenir à retenir son sarcasme.

– Oh ça va ! Je sais que ça semble stupide comme remarque, mais j'ai été élevé dans une vision totalement tronquée de cette réalité. Je n'avais aucune raison de remettre en question ce que mes parents m'avaient inculqué.

– Désolée, s'excusa Hermione, consciente qu'il avait raison. C'est juste que je n'aurais jamais cru entendre ces mots sortir de ta bouche…

– Compréhensible, répliqua-t-il. Et tu sais quels mots je n'aurais jamais pensé prononcer ?

– Dis-moi ?

– Prépare nous des sacs poubelle, je veux voir qui arrivera le premier en bas de cette cuvette !

Hermione éclata de rire et tendit une main pour prendre les sacs qu'il avait rangés dans la poche de sa veste. Elle en déplia deux et lui en donna un, tandis qu'ils remontaient la pente pour pouvoir mieux la redescendre.

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– Et trois - zéro ! s'exclama Drago lorsqu'Hermione l'eut rejoint près de la bergerie, son sac à la main.

– Tu es plus lourd que moi, c'est normal que tu glisses plus rapidement ! protesta-t-elle.

– Regardez qui est mauvaise perdante, la provoqua-t-il en riant. J'ai toujours été sportif, c'est tout !

– C'est de la luge sur sac poubelle, Drago, c'est loin d'être un sport, riposta-t-elle.

– Certes, mais je t'ai quand même battue trois fois !

Hermione se contenta de lever les yeux au ciel, amusée malgré elle par sa réaction. Qui aurait cru que Malefoy serait si heureux de dévaler une pente enneigée, le cul posé sur un sac poubelle ? Certainement pas elle, mais elle ne pouvait qu'être touchée par ce bonheur simple qu'il affichait.

– Tu veux tenter une dernière fois pour sauver ton honneur ? demanda-t-il.

– Honnêtement, je commence à avoir froid…

– Oh, ok ! Tu veux aller boire un thé ou quelque chose chez Roger ?

– Pourquoi pas ! accepta Hermione sans hésiter.

Elle passait un très bon moment en sa compagnie et n'avait pas spécialement envie de rentrer chez ses parents pour l'instant.

Ils rassemblèrent leurs sacs déchirés en un tas informe, déterminés à le jeter dans la première poubelle qu'ils rencontreraient, et remontèrent la pente en soufflant pour retourner au village.

Drago s'extasia sur ses différentes descentes durant tout le trajet – occultant visiblement le fait qu'il n'avait pas osé se lancer seul la première fois – et Hermione l'écoutait en souriant. Son quotidien devait être bien morose pour que cette sortie l'enthousiasme autant. Elle trouvait ça un peu triste, quelque part, mais ça ne faisait que lui confirmer qu'elle avait eu raison de le laisser lui prouver qu'il n'était plus l'adolescent qu'elle avait connu.

Une fois devant le bar, Hermione ouvrit la porte, puisque Drago avait toujours les mains prises par les restes de leurs sacs.

– Salut les jeunes ! les accueillit Roger. Vous avez l'air frigorifiés.

– On a été faire des glissades, expliqua le jeune homme en lui tendant les vestiges de leurs luges improvisées pour qu'il les jette.

– Je n'arrive pas à croire que tu n'avais jamais emmené Drago à la Bergerie, déclara Hermione en retirant ses gants et son écharpe.

– Drago ? releva Roger, visiblement perdu.

– Moi, précisa le concerné en se montrant du doigt. Un surnom qui date de l'internat…

– À cause de Rocky IV, ajouta Hermione. Tu sais, Ivan Drago, le Russe…

– Oh mais oui ! C'est vrai qu'il lui ressemble ! Enfin, physiquement du moins. Contrairement à l'autre Ruskov, Luc est un gentil garçon. Tu sais que ce petit n'avait jamais vu de film ?

– Oui, nous n'avions pas la télévision dans cet internat et on savait qu'il n'en avait pas chez lui, répondit Hermione. Je me demande s'il a jamais compris pourquoi on l'appelait comme ça…

Hermione ignorait d'où lui venait l'inspiration pour étayer son mensonge, mais elle avait toujours su mentir sous pression.

– Oh, Roger a remédié à ça, intervint Drago. Rocky, Star Wars, Indiana Jones… Il a eu droit à la totale.

– Tu aurais vu sa tête quand il a vu qu'Harrisson Ford jouait Han Solo et Indie, pouffa Roger. J'ai dû lui expliquer que c'étaient des acteurs et tout. Franchement, les communautés comme celle dans laquelle il a grandi devraient être illégales, c'est pas humain de se couper du vrai monde comme ça !

– Hum, toussota Drago, il est juste là, hein…

– Pardon, Gamin, mais tu sais que je pense pas à mal, c'est juste que…

– Ne t'inquiète pas, le rassura-t-il au plus grand soulagement d'Hermione, qui s'en serait voulu d'être source de tension entre eux. Je sais qu'en plus de ressembler au Père Noël, tu es tout aussi adorable que lui.

– Ah ne recommence pas ! le menaça Roger en riant.

– Sinon, tu peux nous servir la même chose qu'hier, histoire qu'on se réchauffe un peu ? À moins que tu souhaites boire autre chose, ajouta Drago en se tournant vers Hermione.

– C'est gentil, mais un thé fera parfaitement l'affaire, approuva-t-elle

Ils se dirigèrent ensuite vers la même table que la veille et ôtèrent leurs vestes mouillées avant de s'y installer. Roger leur apporta leurs boissons quelques instants plus tard et Hermione y apposa aussitôt ses mains en soupirant de bien-être.

– Jolie impro… commenta Drago, une fois qu'ils furent à l'abri des oreilles indiscrètes.

– J'ai toujours su mentir sous pression, avoua-t-elle en rosissant.

– Je me souviens, oui…

À ces mots, Hermione déposa machinalement la main sur le poignet qui portait encore les traces de sa torture et Drago approcha une des siennes avant de suspendre son geste, mal à l'aise.

– J'aurais dû faire quelque chose ce jour-là…

– Tu as menti pour nous.

– Ce n'était pas suffisant. Ma tante ne m'aurait jamais fait de mal, j'aurais dû m'interposer.

– Ça n'aurait rien changé, Drago. Et j'ai toujours été consciente des risques que je prenais. C'est inutile de t'en vouloir, ce n'est pas toi qui m'as fait ceci.

– Peut-être, mais si…

– Avec des si, on mettrait un éruptif dans une valise, le coupa Hermione. Le passé appartient au passé. C'est pour cela que nous sommes là, non ?

– C'est vrai, admit Drago en souriant tristement. Mais cela n'empêche pas les regrets.

– Ce sont eux qui nous empêchent de reproduire les mêmes erreurs, justement. Il faut apprendre à en tirer des leçons, c'est tout.

– Ah ça, je les ai apprises, crois-moi ! pouffa-t-il. J'aurais préféré une approche un peu moins radicale, d'ailleurs.

– Quand la récupères-tu ?

– En juin, répondit Drago, comprenant qu'elle faisait allusion à sa baguette. Mais honnêtement, je ne sais pas ce que je vais en faire.

– Comment ça ? Tu ne comptes pas retourner dans le monde sorcier ?

– Celui qui m'a rejeté et laissé seul, totalement livré à moi-même ? Je n'en sais rien… Je sais juste que j'ai commencé à me construire une nouvelle vie, ici. Des gens comptent sur moi.

– Je comprends… commenta Hermione, bien plus bouleversée par son aveu qu'elle ne l'aurait admis.

Réaliser que Malefoy était tellement brisé qu'il était prêt à se priver volontairement de magie lui serrait le cœur. Le Magenmagot avait vraiment fait de la merde avec des cas comme le sien !

– Sois pas triste, Granger, déclara-t-il à voix basse en percevant son trouble. Je ne suis pas malheureux.

– Mais es-tu heureux ?

– Aujourd'hui, oui, répondit-il en souriant sincèrement.

Ils burent ensuite leurs boissons en silence, chacun perdu dans ses pensées.

Ces vacances chez ses parents avaient vraiment pris une tournure inattendue. Tomber sur Drago Malefoy dans ce village perdu du Wiltshire était, déjà, la dernière chose à laquelle Hermione se serait attendue, mais qu'en plus ils soient en train de nouer une certaine forme d'amitié… Qui aurait pu anticiper cela ?

Mis à part sa mère, bien sûr, mais celle-ci ignorait la réelle identité de Luc lorsqu'elle avait tenté de la pousser vers lui.

Néanmoins, si Hermione avait parfaitement conscience de l'étrangeté de toute cette situation, elle ne ressentait pas de malaise pour autant. Oui, elle était d'abord restée sur la défensive lorsqu'elle l'avait vu pour la première fois, mais elle comprenait à présent qu'elle avait surtout été surprise.

– Au fait, déclara Drago, mettant fin à ses réflexions. Pourquoi n'as-tu pas utilisé ta baguette ?

– Quand ?

– N'importe quand… pour métamorphoser ces sacs en vraies luges, par exemple.

– Je n'utilise jamais ma magie lorsque je rends visite à mes parents, répondit Hermione. C'est un retour aux sources, tu comprends ? De plus, lancer un sort près de toi aurait pu te causer des ennuis, non ?

– Comment ça ? releva-t-il, une lueur malicieuse dans le regard.

– Tu es à nouveau soumis à la Trace, non ? Le Magenmagot pourrait croire que tu es responsable, puisqu'ils n'ont jamais été fichus d'identifier les lanceurs de sorts.

– C'est vrai, confirma Drago, je ne me suis d'ailleurs jamais privé d'utiliser ma baguette durant les vacances scolaires, mais je n'étais pas sûr que tu en avais conscience. Je n'aurais jamais dû douter de tes connaissances. Tu es notre Miss Je-Sais-Tout, au final.

– J'ai toujours détesté ce surnom, commenta-t-elle en croisant les bras devant sa poitrine.

– Pardon, s'excusa-t-il aussitôt. Je ne voulais pas me montrer insultant, je voulais juste dire que tu avais toujours été une vraie encyclopédie sur paaa… Je m'enfonce, là, non ?

– Un peu, approuva-t-elle en riant légèrement. Mais j'accepte tes excuses maladroites.

– Tu veux boire encore un thé ? Ou peut-être autre chose ? demanda-t-il ensuite.

Hermione regarda machinalement sa montre avant de répondre puis s'exclama :

– Merde alors ! Il est déjà plus de dix-huit heures, je n'ai absolument pas vu le temps passer !

– Tu as un couvre-feu ? la taquina Drago.

– Non, mais mes parents ont tendance à dîner de bonne heure. Je vais devoir rentrer.

– Pas de souci. Merci, Hermione.

– De ? l'interrogea-t-elle en fronçant les sourcils.

– De m'accorder une seconde chance.

– Il va falloir arrêter avec ça, Drago. Je ne fais pas ça pour avoir ta reconnaissance.

– OK, merci de m'avoir fait découvrir la luge en sac poubelle, alors !

– Mais de rien, répondit-elle en riant. On se voit demain ! ajouta-t-elle en enfilant son manteau.

– Demain ?

– Eh bien oui, je dois toujours te payer mes livres, non ? Bonne soirée, Luc.

Hermione se dirigea ensuite vers le comptoir pour payer leurs consommations, Drago l'ayant invitée la veille, mais Roger refusa son argent.

– Pas besoin, ma petite, déclina-t-il. Tu lui rends le sourire et ça, ça vaut tout l'argent du monde.

Une fois dehors, Hermione ne put s'empêcher de sourire durant le trajet qui la séparait de la maison de ses parents. Elle avait accepté de revoir Drago par curiosité et pour faire plaisir à sa mère, mais elle avait réellement passé un bon moment en sa compagnie. Elle avait même limite hâte de le revoir pour apprendre à encore mieux le connaître.

L'adolescent arrogant et méprisant de sa scolarité était loin, à présent. Drago était devenu un jeune homme agréable, plein d'humour et pragmatique.

Sa réticence à utiliser sa magie dans le futur l'interpellait malgré tout, même si elle le comprenait. Le Ministère leur avait vanté un monde plus juste, à la chute de Voldemort, mais force était de constater que c'était loin d'être le cas. Hermione en avait conscience, vu les difficultés qu'elle rencontrait dans son travail pour faire reconnaître les droits des créatures magiques, mais elle n'y était pas habituée pour autant.

Que Drago soit privé de baguette en raison de ses actes durant le conflit qui les avait opposés était une chose, mais qu'il ne soit pas accompagné durant cette épreuve était inexcusable.

Hermione ignorait toujours ce qu'il avait vécu avant que Roger ne le recueille, mais son silence ne présageait rien de bon. Sans argent, sans repères, sans ressources, il avait dû vivre un enfer. Ses actes étaient incontestablement répréhensibles – il avait quand même failli tuer Ron et Katie, en plus d'avoir rendu Poudlard accessible à une dizaine de Mangemorts –, il ne méritait pas pour autant d'être ainsi abandonné. La force de caractère dont il avait témoigné pour se relever après ces épreuves et pour se reconstruire imposait le respect.

Oui, Hermione respectait l'homme que Drago était devenu, chose qu'elle n'aurait jamais crue possible, mais qui lui semblait aujourd'hui évidente.

Lorsqu'elle rentra chez ses parents, Hermione ne put s'empêcher de sourire en les retrouvant tendrement enlacés dans la cuisine, en train de danser sur une musique audible par eux seuls. Elle les observa discrètement depuis le pas de la porte, un sourire aux lèvres.

Elle enviait leur amour et le lien indéfectible qui les unissait. Jean et Henri étaient tout l'un pour l'autre et elle espérait rencontrer quelqu'un avec qui elle pourrait vivre la même chose.

Hermione avait pensé pendant un moment qu'il s'agirait de Ron, mais elle s'était visiblement fourvoyée. Que Drago ait directement compris que c'était l'ultimatum plus que le fait d'alléger ses heures de travail qui lui avait posé problème l'avait beaucoup surprise. Tous ses proches la pensaient carriériste et cela l'affectait bien plus qu'elle ne le disait. Oui, elle aimait son travail, mais elle n'en ferait jamais sa priorité. Ses amis, sa famille, sa relation avec Ron – du moins à l'époque – étaient bien plus importants à ses yeux. Néanmoins, elle refusait de se soumettre au caprice de qui que ce soit. Ron et elle se connaissaient depuis plus de dix ans, ils étaient amis avant d'être amants, il aurait dû lui parler du mal-être qu'il ressentait à la voir bosser autant au lieu de lui imposer ce choix – qui n'en était pas vraiment un.

Elle savait qu'il avait été choqué qu'elle choisisse de rompre. Elle savait qu'il s'était posé en victime de son ambition. Elle savait qu'il n'avait pas hésité à se morfondre auprès de tous ceux qui s'étaient montrés disposés à l'écouter.

Hermione était la méchante, celle qui avait préféré son travail à sa vie privée.

Mais à ses yeux, si Ron l'aimait réellement, il ne l'aurait jamais mise dans une situation si délicate. Ils auraient dû en parler et chercher une solution à deux.

Et ça, seul Drago l'avait compris.

Ses parents l'auraient sans doute fait également, mais Hermione avait préféré éviter d'aborder le détail de leur rupture avec eux. Ils aimaient beaucoup Ron et elle ne voulait pas que cela change.

– Oh, mais tu es rentrée ! s'exclama soudainement Jean. Tu as passé une bonne journée ?

– Meilleure que ce que j'aurais cru, admit-elle en souriant. Et vous ?

– Nous n'avons rien fait du tout ! pouffa son père, ce qui lui valut une tape sur le bras de la part de son épouse.

– Papa ! s'écria Hermione en comprenant le sous-entendu.

– Bah quoi ? Tu crois que tu as été faite comment ?

– C'est le genre d'image mentale que je refuse d'avoir ! s'offusqua-t-elle.

– Ah la pudeur de la jeunesse, se moqua-t-il.

– En parlant de pudeur, tu veux que je te parle de mon rendez-vous ? se défendit-elle.

– Pourquoi ? intervint sa mère. Il s'est passé quelque chose avec Luc ?

– Euh… Non… bredouilla Hermione, prise de court.

– Dommage, déclara-t-elle en soupirant, c'est vraiment un gentil garçon. Et pour ne rien gâcher, il est très beau !

À ces mots, Hermione se revit couchée sur lui dans la neige, ses yeux plongés dans son regard gris, et se sentit rougir lorsqu'elle réalisa que sa mère n'avait pas vraiment tort.

– Je… Hum… Je vais aller prendre une douche pour me réchauffer, éluda-t-elle.

– Vaux mieux, oui, l'encouragea son père. Il y a certaines images mentales que je refuse d'avoir, moi aussi !

Hermione les quitta en levant les yeux au ciel, mais à mesure qu'elle montait les escaliers pour rejoindre sa chambre, une question s'imposa à son esprit :

Si elle avait voulu l'embrasser, lorsqu'ils étaient allongés dans la neige, l'aurait-il repoussée ?


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Et voilà pour aujourd'hui !

Qu'avez-vous pensé de ce chapitre ? J'aime bien leur discussion chez Roger, ils commencent à se faire confiance, non ?

Enfin voilà, la suite sera pour mercredi !

Des bisous