Bonjour !
On est déjà à la moitié, dites donc, ça va vite (ou ptet pas tant que ça, puisque de base ça devait être un OS mdr). Les choses avancent bien entre nos deux chouchoux en tout cas !
Bonne lecture :)
23 décembre 2002
Drago était occupé à rêvasser, appuyé sur le comptoir de sa librairie. Plusieurs clients étaient passés dans la matinée, il avait mis de l'ordre dans ses rayons, actualisé le fichier reprenant sa future commande et attendait à présent que quelqu'un d'autre arrive pour égayer un peu son après-midi.
Il chassa tant bien que mal la petite voix lui chuchotant qu'il attendait juste l'arrivée d'une personne précise et arrangea les marques-pages qui trainaient non loin de lui pour s'occuper l'esprit.
Déjà seize heures… Peut-être l'avait-elle oublié ?
Non, elle lui avait dit qu'elle viendrait, donc elle le ferait forcément…
Il devait se concentrer sur son travail. Le fait de ne pas avoir de clients ne le dispensait pas d'effectuer ses autres tâches. Si la commande de Jean était finalement arrivée – accompagnerait-elle sa fille ? Et si Hermione demandait à sa mère de payer ses achats pour elle ? - , il lui en manquait toujours une. Monsieur Smith comptait offrir un livre à sa femme pour Noël et Drago souhaitait qu'il l'ait à temps, même s'il était venu le lui demander à la dernière minute.
La librairie ne survivait que grâce à ses clients fidèles et s'il commençait à leur faire faux-bond, ils se tourneraient vers d'autres fournisseurs.
Roger lui avait appris qu'une grosse société dont il avait oublié le nom venait d'ouvrir non loin et d'après leur comptable, cela risquait de leur porter préjudice.
La clochette située près de la porte d'entrée retentit et Drago retint difficilement un sourire lorsqu'il constata qu'Hermione venait d'arriver.
– Salut, l'accueillit-il en tentant de masquer son enthousiasme.
– Bonjour, répondit-elle avec chaleur. Comment vas-tu ? Tu n'as pas pris froid après notre sortie d'hier ?
– Non, pas du tout, j'ai pris une douche bien chaude en rentrant chez moi et j'ai fini dans le canapé, sous une couverture, à regarder la télé.
– Je ne sais pas si je m'habituerai un jour à t'entendre dire ce genre de choses… commenta-t-elle en s'approchant du comptoir.
– Si je te dis que Roger m'a offert une console de jeux pour mon anniversaire, tu vas faire un malaise ? la taquina-t-il.
– Sérieusement ?
– Bien sûr, ce truc est génial ! Franchement, si j'avais les compétences techniques pour le faire, je chercherais un moyen d'implémenter tout ça dans le monde sorcier. Il y a moyen de se faire une vraie fortune !
– Ce serait très très compliqué, répondit Hermione. J'en avais discuté avec la professeure Burbage lorsque je suivais les cours d'étude des Moldus. Les composants électroniques ne fonctionnent pas près des ondes magiques et personne n'a encore trouvé comment remédier à cela.
– Tu as suivi le cours d'étude des Moldus ? releva-t-il en refoulant tant bien que mal la nausée qui l'avait gagné à la mention du nom de leur ancienne enseignante.
Ce nom était empreint de trop mauvais souvenirs.
– En troisième année, oui…
– Mais… Tu es née-Moldue ! la coupa-t-il.
– Je trouvais intéressant de voir comment c'était enseigné, mais là n'est pas la question de toute façon. Je disais juste ça pour souligner le fait qu'importer les arts audio-visuels dans le monde sorcier est actuellement impossible.
Drago dodelina de la tête, dépité, et soupira avant de reprendre :
– Toi et ta soif de savoir…
– On ne me changera pas, répliqua-t-elle en haussant les épaules.
– Tu es parfaite telle que tu es, ajouta-t-il avant de rougir en prenant conscience de ce qu'il venait d'affirmer.
Teinte qui gagna également les joues de la jeune femme lui faisant face.
– Je… Euh… Merci… bafouilla-t-elle dans un raclement de gorge. Bon… Euh… Combien je te dois, sinon ? Ma mère m'a également demandé de prendre sa commande, si elle est arrivée, et de payer l'ensemble…
– Tout est là, oui, confirma-t-il, content qu'elle ne relève pas sa remarque précédente. Entre tes achats et les siens, ça fera soixante-deux livres quarante.
Hermione sortit son portefeuille pour sortir sa carte bancaire et Drago eut soudainement envie qu'elle s'en aille. L'ambiance était devenue si pesante depuis son stupide compliment sorti de nulle part qu'il en avait du mal à respirer.
Hermione s'empara du sac en papier contenant les derniers livres attendus par sa mère et se dirigea vers la sortie. Elle s'arrêta au moment de déposer sa main sur la poignée de la porte puis pivota pour lui faire face.
– Hum… Tu fais quoi demain soir, pour le Réveillon ?
– Euh, je dîne avec Roger, répondit-il, pris de court. Pourquoi ?
– Vous pourriez venir chez mes parents, ce serait plus sympa…
– Je… Euh… Vraiment ?
– Oui, nous ne serons que tous les trois, mais je connais mon père, il va encore préparer trop de choses.
– Je peux en parler à Roger, mais tu es sûre que ça ne dérangera pas ?
– Je ne pense pas, mon père et lui sont très bons amis et mes parents l'ont déjà invité par le passé pour ne pas qu'il reste seul.
– OK, je pense que tu peux compter sur nous, alors, s'avança Drago.
Si Roger devait se montrer réticent, il saurait comment le convaincre de s'y rendre.
– Super, répondit-elle en souriant. Vers dix-neuf heures trente ? Roger connaît notre adresse.
– C'est noté. À demain, alors
– À demain, Drago.
Hermione quitta ensuite la librairie, le laissant seul avec ses pensées.
Venait-elle réellement de l'inviter à passer Noël avec ses parents et elle ?
Et lui, venait-il vraiment d'accepter ?
Décidément, sa vie avait pris une tournure franchement bizarre depuis qu'Hermione Granger l'avait intégrée à nouveau, mais honnêtement, ce n'était pas pour lui déplaire.
Drago ne s'était pas senti aussi vivant depuis des années.
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24 décembre 2002
Roger et Drago se trouvaient sur le seuil d'une petite maison en briques de deux étages, devant laquelle se trouvait une voiture de ville.
Drago savait que Jean conduisait un véhicule différent, pour l'avoir vue se garer devant sa boutique à plusieurs reprises, et en déduisit qu'il s'agissait de celle d'Hermione. L'imaginer au volant d'un tel engin était assez déroutant pour lui qui l'avait principalement vue évoluer au sein des couloirs de Poudlard, mais il se fit la réflexion qu'il ne serait pas contre l'idée d'aller faire un tour avec elle.
– Arrête de penser à ta chérie, le taquina Roger, tu vas la voir d'ici quelques secondes.
– Ce n'est pas ma… commença-t-il, interrompu par l'ouverture de la porte métallique qui leur faisait face. Salut !
– Bonsoir, les salua Hermione en souriant. Entrez, il fait froid !
La neige s'était remise à tomber mais Drago n'y accordait pas la moindre importance.
Hermione avait relevé ses boucles en un chignon lâche, dégageant ainsi sa nuque. Elle portait une petite robe noire assez sobre, mais qui mettait parfaitement ses courbes en valeur. Drago ne l'avait vue qu'avec d'épais vêtements d'hiver, ces derniers jours, et cette vision réveilla le désir qu'il avait ressenti lorsqu'ils étaient tous deux tombés dans la neige.
Désir qui fut ravivé lorsqu'elle se retourna pour les inviter à la suivre, révélant ainsi son dos nu.
– Ferme la bouche, Gamin, chuchota Roger en ricanant, tu baves.
Drago lui lança un regard dédaigneux en réponse, faute de trouver une réplique adéquate pour lui faire ravaler son sous-entendu.
Hermione était superbe et il n'y avait rien de plus à en dire.
Ils arrivèrent rapidement dans un salon assez spacieux, au sein duquel brûlait un feu de cheminée, et Hermione prit leurs manteaux pour aller les suspendre dans un placard.
Une fois de plus, Drago ne put détacher les yeux de cette parcelle de peau que sa robe dévoilait, ce qui lui valut un coup de coude de Roger.
– Moi je dis que ce n'est qu'une question de temps, déclara-t-il.
– Pour quoi ? s'enquit Drago, perplexe.
– Pour qu'elle devienne ta chérie, bien sûr !
– Ne sois pas idiot. C'était compliqué entre nous à l'internat, qu'elle accepte de m'adresser la parole est déjà un miracle.
– Désolée, s'excusa Hermione en les rejoignant. J'ai eu un souci de cintre, mais tout est rentré dans l'ordre. Mes parents vont nous rejoindre dans une minute, vous voulez boire quoi ?
– Whisky pour Roger, répondit le père d'Hermione en entrant dans le salon. Tu es Drago, c'est ça ?
Hermione donna aussitôt un coup de coude à son père, mais Drago vit Roger froncer les sourcils malgré tout.
– Luc, en fait, le corrigea-t-il en lui tendant une main pour le saluer. Mais je pense que votre fille a dû vous parler de moi en m'appelant Drago, en effet…
– Elle l'a fait, oui, confirma-t-il en serrant plus fort ses doigts entre les siens pour lui faire passer un message :
Il savait qui il avait été et il comptait se montrer moins compréhensif que sa fille.
Ou que sa femme, si Draco interprétait correctement la chaleur avec laquelle Jean l'accueillit en les rejoignant. Elle enlaça brièvement Roger, toujours debout à ses côtés, et alla servir l'apéritif pendant que Henri les invitait à s'asseoir.
À son plus grand soulagement, Hermione s'installa à côté de lui sur le canapé de cuir noir et se pencha vers son oreille pour lui chuchoter quelques mots :
– Désolée pour mon père, il s'est toujours montré assez protecteur envers moi et euh… Je ne leur ai rien caché de ce que j'ai vécu à l'école, donc…
– Ne t'inquiète pas pour moi, la rassura Drago, troublé par son souffle sur son cou. J'ai vécu avec Tu-Sais-Qui, ce n'est pas ton père qui va m'intimider…
Jean les invita ensuite à trinquer, mettant fin à leurs messes basses.
– Et donc, déclara Henri en ancrant ses yeux sombres dans ceux de Drago. Ça fait quoi de vivre sans magie ?
– Non mais tu le fais exprès ou quoi ?! explosa Hermione à ses côtés, tandis qu'il sentait son sang se glacer dans ses veines.
– Bah quoi ? répondit son père en levant les mains dans un geste qui se voulait innocent. J'essaie de faire connaissance avec le gamin qui a harcelé ma fille, c'est tout…
– Maman ! s'exclama-t-elle, cette fois, puisque Henri semblait s'entêter.
– Désolée, s'excusa Jean en attrapant son mari par le bras pour le traîner hors de la pièce. Je vais arranger ça, promis !
– Bordel c'est pas vrai, l'entendit-il ensuite jurer à ses côtés. Je lui ai pourtant demandé de ne pas faire de vagues, je lui ai rappelé l'existence de Secret magique !
Drago ne l'écoutait plus. Il avait l'impression que sa tête était plongée dans un seau d'eau glacée, le moindre son semblait étouffé par un voile et sa vue se brouillait peu à peu.
Tout ceci était une immense farce. Hermione avait-elle fait semblant de se montrer sympathique envers lui pour mieux le piéger ?
Aborder ces sujets en présence d'un Moldu allait l'envoyer à Azkaban, c'était obligé.
– Quelqu'un m'explique ce qui est en train de se passer ? demanda la voix bourrue de Roger, accentuant son malaise.
– Laisse-moi lui éviter une crise de panique et je t'explique tout, promis, répondit celle de Granger.
Il la vit ensuite s'agenouiller face à lui et prendre son visage entre ses mains pour capter son regard.
– Drago ? Drago, tu m'entends ? Écoute-moi, Drago, tout va bien, je te le promets. Respire calmement, tu ne risques rien, je t'assure.
– Le… Le Secret, parvint-il à bredouiller.
– Je sais et je te jure que tout va bien. Je ne laisserai personne te faire du mal, tu comprends ?
Drago inspira profondément pour tenter de se calmer, ne sachant pas s'il pouvait réellement lui faire confiance.
– Arthur travaille au service de Détournement de l'artisanat moldu, Drago, et il m'a raconté plein d'histoires. Je te promets que tout va bien se passer.
– Arthur ? répéta-t-il, confus.
– Weasley, le père de Ron. Il intervient régulièrement auprès de Moldus. Tant qu'on ne fait pas de magie en leur présence, il n'y a pas de problèmes.
Le ton apaisant utilisé par Hermione le rassurait, de même que les tendres caresses qu'elle effectuait sur ses joues à l'aide de ses pouces, si bien que Drago finit par recouvrer une certaine forme de sérénité.
– Tu me promets que je ne vais pas finir à Azkaban ? demanda-t-il après avoir inspiré profondément à plusieurs reprises.
– Pas pour ça, du moins, plaisanta-t-elle, ce qui lui fit lever les yeux au ciel.
– Très drôle, Granger…
– Hum, hum, toussota Roger à leur côté. Maintenant que Luc semble aller mieux, qui m'explique ?
Hermione pivota pour lui faire face et Drago la vit grimacer légèrement, ce qui raviva quelque peu son sentiment d'angoisse. Elle finit par s'installer à nouveau à côté de lui et lui prit la main en signe de soutien.
– Prêt ? s'enquit-elle.
– Je… Ne m'en veux pas si je te laisse faire… se défila Drago.
– Ne t'inquiète pas. Je te l'ai dit, j'assure tes arrières pour le coup. Après tout, c'est mon père qui a merdé…
Drago hocha simplement la tête en silence, tout en essayant de contrôler les battements frénétiques de son cœur. Il avait frôlé la crise de panique et ne voulait prendre aucun risque.
– Alors… commença Hermione en s'humidifiant les lèvres. Tu dois comprendre, Roger, que ce que je vais te révéler est hautement confidentiel. Je sais que ça sonne dramatique, formulé comme ça, mais Luc risque la prison si ça vient à s'ébruiter…
– Mais… s'exclama Drago, avant qu'Hermione ne le calme d'une douce pression de ses doigts entremêlés aux siens.
– Luc… Mais toi pas ?
– La situation de Luc est plus délicate que la mienne…
– OK, vous pouvez me faire confiance. De toute façon, en tant que barman, j'ai l'habitude de garder des secrets. Un vrai cureton !
– Saches que tu ne vas probablement pas me croire, Roger, mais je vais essayer d'être la plus claire possible. Malheureusement, je ne pourrai pas prouver ce que je vais t'expliquer, il faudra que tu me croies sur parole.
– Ok… Tu commences à me faire peur, Petite, grommela Roger, assis sur son fauteuil.
– Tant mieux, commenta Hermione. Plus tu prendras cette histoire au sérieux, mieux ce sera. Je ne sais pas ce que tu as entendu de notre conversation, mais il existe un monde parallèle à celui dans lequel nous vivons. Un monde que seule une poignée de personnes connait. Un monde magique.
– Magique ? releva-t-il, clairement sceptique.
– Magique, oui, confirma-t-elle. Lorsque j'ai eu onze ans, une femme, Minerva McGonagall, est venue à la maison pour tout nous expliquer, à mes parents et à moi. Tu sais que j'ai toujours été un peu bizarre, ce n'est un secret pour personne au sein de ce village.
– Tu étais juste une originale…
– Bien plus que tu ne le penses. Mes parents ont dit à tout le monde que j'étais partie dans un internat, reprit-elle, ce qui est totalement vrai, mais cette école a une particularité… Elle forme des sorciers.
Drago dévisageait Roger, surveillant ses réactions, et sans surprise, celui-ci afficha une moue sceptique.
– Je sais que ça semble fou, mais c'est la réalité. Des sorciers vivent à travers le monde, dans des endroits que les Moldus, les personnes dépourvues de pouvoirs magiques, ne peuvent pas voir. C'est une société complète qui évolue en parallèle du monde que tu connais.
– Tu essaies donc de me dire que Luc et toi êtes sorciers, c'est ça ? l'interrogea-t-il.
– En effet. Je sais que ça semble fou… Je pourrais te le prouver, ma baguette…
– Ta baguette ? la coupa-t-il.
– Oui, on utilise une baguette magique, comme dans les histoires, et la mienne est dans ma chambre. Sauf que le Ministère sait quand un sort est lancé en présence de personnes telles que toi. Si je te faisais une démonstration, la brigade magique débarquerait sur le champ et vu le passé de Drago, il serait probablement embarqué aussi sec.
– Son passé ? releva Roger, les sourcils froncés.
Drago ignorait s'il commençait réellement à croire à ce qu'Hermione lui racontait ou s'il faisait semblant par politesse.
Elle le regarda, attendant visiblement son accord avant de poursuivre, et il le lui donna d'un signe de tête.
– Une guerre a divisé le monde sorcier il y a quelques années. Voldemort, une sorte d'Adolf Hitler sorcier, a pris le contrôle du Ministère et a tenté d'asservir les gens comme moi, ceux qui sont nés de parents moldus. Drago, enfin Luc, je veux dire, est l'héritier d'une dynastie sorcière, si on peut dire. Il est ce que nous appelons un Sang-Pur et… euh… Sa famille était du côté de ce sorcier…
Le regard de Roger se posa immédiatement sur lui et Drago se sentit rougir jusqu'à la racine de ses cheveux, honteux. Il respectait tellement cet homme qu'il ne supporterait pas de perdre son estime.
– Des combats ont fait rage, il y a eu des morts, ça n'a pas été une période facile, mais nous avons fini par vaincre ce mage noir. Des procès ont suivi et la famille de Drago a été jugée. Lui a été privé de sa baguette, son père est emprisonné pour les cinquante prochaines années et sa mère est partie vivre en France. Tous leurs biens ont été confisqués.
Drago était au bord des larmes. Ou avait envie de vomir, il ne savait pas exactement, mais il ne s'était pas senti aussi mal depuis très longtemps. Entendre son histoire à travers les mots d'Hermione le bouleversait.
– Raison pour laquelle il risque gros si je fais de la magie en ta présence, ajouta-t-elle. Il est encore en… en conditionnelle, tu comprends, alors que moi…
– Tu es la meilleure amie de celui qui a vaincu Vol… Voldemort, termina Drago pour elle.
Malgré toutes ces années, il avait encore du mal à prononcer ce nom maudit.
– C'est dingue, tout ça, marmonna Roger en se frottant la barbe.
– Je comprends que tu nous penses fous, approuva Drago en soupirant.
Il était sur le point de tout perdre une nouvelle fois et il ignorait comment il allait s'en remettre.
– Fous ? répéta Roger. Non, pas du tout. Aussi incroyable que ça puisse paraître, je vous crois.
– Vraiment ?! s'étonna Drago.
– Ça explique pas mal de choses, en fait… Les mots bizarres que tu sors quand tu penses que je ne t'entends pas – comme Moldu –, ta méconnaissance totale du monde, ton manque de culture, de références… En vérité, je me demandais si tu ne venais pas d'une autre planète.
À ces mots, Drago ne put s'empêcher de rire, amusé, mais surtout soulagé de ne pas perdre l'amitié de celui qui lui avait sauvé la vie.
– Et donc, Drago n'est pas un surnom, n'est-ce pas ?
– Non, c'est mon vrai prénom. Luc est le diminutif de Lucius, mon deuxième prénom.
– Drago, Lucius… Vous n'avez que des prénoms bizarres comme ça, dans votre monde ?
– Non ! protesta Drago.
– Oui ! s'exclama Hermione au même moment.
– Pardon ? releva-t-il en se tournant vers elle.
– Minerva, Albus, Severus, Filius, Rufus, Andromeda, Nymphadora… Tu veux que je continue ?
– C'est sûr qu'Hermione est un prénom ultra commun, se moqua-t-il.
– Toujours plus que Drago, espèce de serpent !
– Vous êtes sûrs que vous n'étiez pas amis, tous les deux ? intervint Roger en riant. Parce que vous êtes sacrément complices…
– J'ai fait beaucoup d'erreurs par le passé, admit Drago, reprenant son sérieux. J'ai… J'ai été un vrai salaud envers Hermione… Et envers ses amis aussi, d'ailleurs. Je ne comprends pas comment elle a pu me pardonner…
– Parce qu'elle tient de sa mère, intervint Henri en pénétrant dans la pièce, suivi de près par son épouse.
Drago se leva aussitôt, gêné, la main d'Hermione toujours dans la sienne.
– Reste assis, mon garçon, reprit Henri. Je viens de me faire proprement remonter les bretelles par l'adorable – mais non moins redoutable – femme qui est là et je tiens à te présenter mes excuses. Je me suis toujours fié au jugement de ma fille et cette fois n'aurait pas dû faire exception. Si Hermione estime que tu es digne de confiance, alors moi aussi. Je suis désolé de t'avoir mis ainsi dans une situation aussi inconfortable, je n'ai pas pensé aux conséquences et… Bref, acceptes-tu de repartir à zéro ?
– Bien sûr, accepta Drago en s'emparant de la main qu'il lui tendait, sans pour autant lâcher celle d'Hermione.
Il était totalement chamboulé par ce qu'il venait de vivre et cette présence l'empêchait de s'effondrer.
– Comment tu prends tout ça, Roger ? s'enquit ensuite Henri en se tournant vers son ami.
– Il va me falloir un moment pour digérer toutes ces informations, mais je suis flatté que vous m'ayez fait confiance, répondit-il. Par contre, je dois avoir un million de questions !
– Et nous avons toute la soirée pour y répondre, déclara Jean en se réinstallant auprès d'eux.
– On revient dans cinq minutes, annonça Hermione en se levant tout en l'incitant à la suivre. J'aimerais parler à Drago avant d'initier Roger au monde magique.
– Bien sûr, ma chérie, l'encouragea-t-elle. Prenez tout votre temps, la dinde est encore en train de cuire.
– Ne l'oublie pas comme l'an passé, répliqua sa fille en riant. Ce n'est pas parce que je n'en mange pas que tu dois la gaspiller !
Drago la suivit ensuite en silence, perdu. Son regard se posait sur son environnement à mesure qu'ils cheminaient à travers la maison, mais son esprit ne parvenait pas à enregistrer la moindre information.
– Tout va bien ? s'enquit finalement Hermione, lorsqu'ils se retrouvèrent dans ce que Drago identifia comme étant une buanderie.
– Je… Je ne sais pas, avoua-t-il. Tu es sûre qu'on ne risque rien pour avoir tout raconté à Roger ?
– Il n'y a pas de Tabou autour du Secret magique, Drago, donc à moins qu'il attire l'attention du Ministère en allant le crier sur tous les toits, nous sommes à l'abri de toute sanction. Et au pire, j'en assumerai l'entière responsabilité. Il suffira de donner mes souvenirs de la soirée au Magenmagot pour qu'il comprenne que tu n'as rien fait de mal.
– Roger ne dira rien…
– Je ne pense pas non plus, confirma-t-elle en souriant.
Drago sentit un poids quitter ses épaules et put enfin respirer librement.
Roger savait.
Roger savait, le croyait et l'acceptait.
Il allait enfin pouvoir lui raconter son histoire, s'ouvrir totalement à celui qui avait pris tant d'importance dans sa vie.
Il avait du mal à l'assimiler, tant cette idée lui semblait encore impossible peu de temps auparavant.
Il n'était plus seul.
Même lorsque Hermione rentrerait chez elle, il aurait quelqu'un avec qui rester lui-même.
Sans artifice.
Sans mensonge.
Cette femme était un don du ciel.
– Ça va aller ? s'enquit-elle une fois de plus, tout en caressant tendrement sa joue afin de capter son attention.
Incapable de répondre avec des mots, Drago se contenta de franchir l'espace qui les séparait pour déposer ses lèvres sur les siennes.
.
Eh bien, voilà un chapitre assez riche, non ?
Qu'en avez-vous pensé ?
Roger est dans la confidence, ça va tout changer pour notre Dragounet !
Et vous risquez de m'engueuler encore pour cette fin, mais que voulez-vous, on me changera pas ! (Notez que j'ai hésité à couper sur la bombe lâchée par Henri, mais le chapitre aurait été trop court).
A vendredi pour la suite et plein de bisous !
