Bonjour !

Comment allez-vous ? Petite annonce que je répéterai plus bas, mais pour info : le prochain chapitre ne sera publié que mardi 27 décembre (je pars en famille quelques jours, donc voilà). Je souhaite un très bon réveillon/Noël à qui le fête et de bons jours de repos pour les autres !

Le chapitre précédent vous a bien fait réagir ! J'espère que celui-ci vous plaira tout autant.

Bonne lecture :)


Les lèvres de Drago sur les siennes, Hermione ne savait pas comment réagir.

La soirée avait pris une tournure totalement inattendue et ce baiser ne faisait qu'accentuer le côté surréaliste de l'ensemble.

Oui, ils s'étaient beaucoup rapprochés en quelques jours et oui, elle s'était demandé ce qu'elle ressentirait s'ils s'embrassaient, mais de là à passer réellement à l'acte, il y avait un monde !

Un monde qui les avait toujours opposés, par ailleurs.

Et même si, en vérité, elle n'aurait pas été contre l'idée de lui rendre ce baiser, Hermione resta plantée dans la buanderie, les bras le long du corps et les yeux grand ouverts.

Drago dut percevoir son manque de réaction puisqu'il s'éloigna d'elle en rougissant.

– Désolé, bredouilla-t-il, je ne sais pas ce qu'il m'a pris…

– Ce n'est rien, répondit-elle pour tenter de minimiser la gêne ressentie. Ce début de soirée a été riche en émotions, je comprends.

– Ce qui ne justifie pas que je t'embrasse sans ton consentement. Je suis une catastrophe ambulante… Rien de bon n'arrive à mes côtés, je suis affligeant !

– Non, non, Drago ! le contredit-elle en fronçant les sourcils. Ne dis pas n'importe quoi, voyons !

Hermione le vit s'accroupir, la tête entre les mains, marmonnant des choses incompréhensibles.

– Drago, l'interpella-t-elle en se mettant à sa hauteur. Drago, regarde-moi.

Elle prit doucement ses mains entre les siennes pour dégager son visage et ancrer ses yeux dans les siens.

Ses pupilles étaient légèrement dilatées et sa respiration de plus en plus erratique. Il risquait une nouvelle crise de panique si elle n'intervenait pas rapidement.

– Drago, calme-toi. Tout va bien, je t'assure.

– Non, je gâche toujours tout, souffla-t-il, non sans difficulté.

– C'est faux, Drago, c'est ce trop plein d'émotions qui parle à ta place. Tout va très bien, je t'assure. Roger a parfaitement accepté la situation, mon père saura se tenir à partir de maintenant, et je ne compte pas te tourner le dos non plus. Pas à celui que tu es devenu.

– Je t'ai embrassée… Je n'aurais jamais dû faire ça, je suis désolé.

– Honnêtement, déclara-t-elle en rosissant, cette pensée m'a déjà traversé l'esprit. Je… J'aurais tout à fait pu…

– Vraiment ? demanda-t-il en se laissant retomber sur le sol, les yeux levés vers elle. Quand ?

– Après notre séance de luge, bien sûr ! admit-elle en riant légèrement.

Hermione s'assit à son tour et grimaça en sentant le carrelage froid sur ses cuisses nues, mais n'y accorda pas d'importance. Elle déposa ensuite une main sur son genou dans un geste apaisant, désireuse de maintenir le contact.

– Je ne sais pas si ce serait une bonne idée, reprit-elle en baissant légèrement la voix. Pas à cause de toi, mais de la situation. Je ne suis là que pour les vacances et… Bref, tout ça pour dire que tu n'as pas à t'en vouloir. J'y ai pensé également.

– Je n'ai donc pas tout foutu en l'air ? s'enquit Drago en prenant sa main entre les siennes pour jouer avec la bague qui ornait son index.

– Absolument pas. Promis.

Hermione vit ensuite le soulagement détendre les traits de son visage et elle lui sourit en retour.

Si la soirée n'avait pas été si étrange, lui aurait-elle rendu son baiser ? Probablement.

Leur conversation lui avait définitivement fait comprendre que le désir était bel et bien présent.

Mais Drago n'était pas dans son état normal, il était bouleversé par les récents événements et elle s'en serait voulu de l'avoir embrassé dans de telles conditions. Il allait certainement regretter son geste, une fois la pression retombée, et Hermione savait qu'elle n'aurait pas respecté son consentement si elle lui avait rendu son baiser en l'état actuel des choses.

Drago porta ensuite sa main à ses lèvres pour en embrasser la paume, faisant louper un battement à son cœur, puis se releva.

– Une fois de plus, merci, déclara-t-il en l'aidant à se redresser à son tour. Je ne mérite vraiment pas de t'avoir dans ma vie…

– On a déjà parlé de ça, le réprimanda Hermione en ajustant sa robe. Tu ne me dois absolument rien, Drago.

– On ferait mieux d'y retourner, répliqua-t-il, sinon Roger va s'imaginer bien plus qu'un baiser raté…

– Oh, il ne serait pas le seul, ajouta-t-elle en riant.

Leurs doigts toujours enlacés, Hermione précéda Drago jusqu'au salon dans lequel ses parents essayaient visiblement de répondre aux questions de Roger.

– Je m'y suis intéressé par la force des choses, expliquait son père, mais de base, c'était surtout le seul moyen qu'elle avait pour nous contacter.

– Vous parlez de quoi ? s'enquit-elle poliment en s'asseyant dans le canapé, suivie de près par Drago.

Elle croisa le regard de sa mère, qui affichait un sourire rayonnant, et se retint de lui tirer la langue en réponse.

– Des hiboux, expliqua Roger. Je comprends mieux pourquoi il y en avait toujours autant près de chez vous ! Et donc, tu fais quoi dans la vie, en réalité ?

– Je travaille bien au Ministère, répondit Hermione, mais celui de la magie.

– Ah il me semblait bien t'avoir entendue parler de ça ! Et vous avez une reine sorcière ?

– Non, rit-elle. Elisabeth est la seule et unique reine du Royaume-Uni, mais nous avons un ministre.

– J'espère qu'il est plus compétent que le nôtre, commenta Roger.

– Kingsley Shacklebolt est très bien, confirma Hermione, mais je ne peux pas forcément en dire de même pour les autres dirigeants du Ministère. Malheureusement, notre ministre n'est pas totalement libre d'appliquer la politique qu'il aimerait mettre en place.

– C'est partout pareil, quoi. Et qu'est-ce que tu y fais, dans ce Ministère ?

– Je travaille au Service de Contrôle et de Régulation des Créatures Magiques, précisa Hermione en portant son verre de vin à ses lèvres pour en boire une gorgée.

Elle grimaça légèrement en constatant qu'il était tiède et sa mère lui proposa de lui en servir un autre.

– Les créatures magiques ? releva Roger. Comme les licornes et les dragons ?

– Parmi d'autres, oui, confirma-t-elle en pouffant devant son air ahuri. Mais je me spécialise dans la protection des êtres… doués de parole, dirons-nous, comme les elfes de maison et les loups-garous.

– Des loups-garous ? En Angleterre ? On se croirait dans Le Loup-garou de Londres !

– Ce film-là aussi, tu me l'as montré, non ? intervint Drago.

– Bien sûr, c'est un classique ! Oh mais j'y pense ! s'exclama ensuite Roger en se tournant vers les parents d'Hermione. Votre disparition, il y a quelques années, c'était lié à toute cette histoire de magie ?

– À la guerre, oui, confirma Henri. À l'époque, Hermione était recherchée et Jean et moi avons été isolés pour notre propre sécurité…

– Et pour celle du village, ajouta Drago. Je… Je connaissais les personnes chargées de vous retrouver et… Et il n'y aurait probablement pas eu de…

– Tout va bien, lui chuchota Hermione en serrant doucement ses doigts, qu'elle tenait toujours entre les siens.

Il lui renvoya un faible sourire avant d'attraper son verre en tremblant légèrement.

Hermione remarqua que son père fixait la main de Drago, les lèvres pincées, et se demanda ce qu'il pouvait bien avoir à l'esprit.

Sa mère eut alors l'idée pertinente de les inviter à passer à table, estimant que l'apéritif avait assez duré.

Ils passèrent une bonne partie de la soirée à répondre aux questions de Roger, mais la période Voldemort fut tacitement évitée. Hermione et ses parents n'échangèrent pas non plus leurs cadeaux, ne souhaitant pas mettre leurs invités mal à l'aise, puisque l'invitation s'était faite à la dernière minute.

Drago resta proche d'elle durant tout le repas, reprenant régulièrement possession de sa main sans qu'elle ne ressente l'envie de s'en détacher. Cette nouvelle proximité lui semblait étonnamment naturelle, comme s'ils avaient toujours agi ainsi l'un envers l'autre. La symbolique derrière ce geste l'effrayait un peu, mais Hermione ne ressentait pas la moindre envie de le repousser pour autant.

Elle aurait été incapable de l'expliquer à qui que ce soit, mais ce contact semblait combler un besoin en elle dont elle ignorait l'existence jusqu'alors.

Hermione comprenait pourquoi Drago semblait avoir tant besoin d'elle, mais elle était loin d'être isolée comme il pouvait l'être.

Alors pourquoi se sentait-elle si différente chaque fois qu'elle parlait de la guerre avec lui ?

Harry, Ron et elle avaient vécu les mêmes choses, cohabitaient avec les mêmes traumatismes et Hermione savait que personne ne la comprendrait jamais aussi pleinement qu'eux.

Malgré tout, ce qu'elle ressentait auprès de Drago depuis quelques jours était incomparable. Inexplicable.

Inéluctable.

La séparation fut assez timide, maladroite.

Hermione et ses parents raccompagnèrent Drago et Roger à la porte en leur conseillant de faire attention au sol glissant, puis rentrèrent pour finir de ranger.

Fatiguée, Jean monta rapidement se coucher, laissant Hermione seule avec son père.

– Il a vécu quoi, ce garçon, au juste ? s'enquit Henri en s'installant à ses côtés sur l'un des tabourets du comptoir de la cuisine.

– Je ne sais pas trop, admit Hermione en soupirant, mais Voldemort a vécu chez lui pendant plus d'un an, il a fait de sa maison le quartier général des Mangemorts. Il a donc dû assister à de drôles de scènes…

– Comme celle où cette saloperie de bonne femme s'en est pris à toi ?

– Il était là, oui. C'est lui qui a menti aux Mangemorts présents en prétendant ne pas nous reconnaître. Il nous a offert un sursis précieux.

– Quand il l'a recueilli, j'ai demandé à Roger s'il n'avait pas peur de faire entrer un étranger chez lui… Il m'a répondu que j'aurais agi exactement de la même façon si c'était moi qui l'avais trouvé à moitié mort de faim, allongé dans un caniveau. Il ne s'est pas attardé sur la question et je n'ai pas voulu me montrer indiscret, mais… J'ai vu sa réaction, tout à l'heure, quand il a sous-entendu que le village aurait pu être décimé. Je m'en veux d'avoir été injuste envers lui.

– Je sais, Papa, répondit Hermione en tentant de contrôler le frisson qui avait remonté son échine lorsqu'il avait abordé l'état dans lequel Drago avait été retrouvé. Je comprends également ta réaction, mais…

– Mais il ne méritait pas que je le traite ainsi.

– Au moins, Roger est au courant, maintenant. Ça le soulage d'un énorme poids, tu sais ?

– Je ne peux même pas imaginer à quel point cet enfant a dû se sentir abandonné… Tu as dit que son père était en prison ?

– Vous nous écoutiez ?

– Oui… avoua-t-il. Ta mère m'a forcé à rester tranquille après m'avoir engueulé proprement !

Hermione pouffa, visualisant parfaitement la scène, puis répondit :

– D'après Drago, son père a pris cinquante ans à Azkaban, notre prison. Mais connaissant les conditions de détention, je doute sincèrement qu'il y survive…

– Et sa mère l'a laissé seul ?

– Elle n'aurait pas pu se servir de sa magie à côté de lui. La Trace qui m'empêchait de me servir de ma baguette pendant les vacances scolaires a été apposée sur lui, sauf que celle-ci n'est pas précise. Le Ministère capte l'usage de la magie, mais pas qui en est à l'origine. La faille qui protège les enfants de parents sorciers en temps normal ne fonctionne pas dans ce contexte, puisqu'il est adulte et soumis à une décision de justice. Narcissa Malefoy est une Sang-Pur, Papa, elle ne connait que ça. Et on leur a tout pris… Drago ne voulait pas s'inquiéter pour elle, c'est lui qui l'a poussée à partir.

– Et il n'aurait pas pu la suivre ? Pas besoin de magie pour aller en France !

– Non, sa peine l'oblige à rester sur le territoire britannique.

– Je vois… Et il se passe quoi, au juste, entre vous deux ?

– Je l'ignore… reconnut Hermione en soupirant.

– Tu l'aimes bien, non ?

– Je… Je crois, mais c'est compliqué.

– À cause de la distance ?

– Entre autres. Notre histoire est… compliquée. Je ne crois pas que qui que ce soit comprendrait.

– On s'en fiche, de ça, Hermione, du moment que vous êtes bien ensemble.

– C'est pas toi qui râles chaque fois que Maman fait une allusion à ma vie sentimentale ?

– Je ne souhaite que ton bonheur, ma chérie, et quand je vois comment ce jeune homme te regarde… Enfin, tu fais comme tu veux, bien sûr, je disais juste ça comme ça.

Son père se leva ensuite pour l'embrasser sur le front puis la laissa seule avec ses pensées.

.

25 décembre 2002

Lorsqu'elle se réveilla le lendemain, aux alentours de onze heures, les derniers mots prononcés par son père tournaient encore dans l'esprit d'Hermione.

Drago l'avait embrassée et elle savait qu'elle était attirée par lui. Quelque chose serait-il possible entre eux ?

Si Ron n'avait pas supporté de la voir si peu à cause de son travail alors qu'ils vivaient dans la même ville, comment réagirait Drago alors qu'il se trouverait à plusieurs heures de route ?

Et pourquoi se posait-elle déjà ce genre de question ?

Absolument rien n'était établi entre eux. Oui, il y avait eu un rapprochement physique la veille, mais Drago n'était absolument pas dans son état normal. Rien ne lui garantissait qu'il aurait à nouveau envie de l'embrasser maintenant que la tension du moment était retombée.

De plus, embrasser quelqu'un n'était pas forcément synonyme de relation…

Pourquoi se projetait-elle autant alors qu'il ne s'était rien passé entre eux ?

Du moins, pas vraiment.

Cela ne faisait que cinq jours qu'ils s'étaient retrouvés. Des années de mépris mutuel pouvaient-elles s'oublier si facilement ?

Certes, le jeune homme qu'il était aujourd'hui n'avait plus rien à voir avec l'adolescent qu'il avait été, mais cela suffisait-il à justifier leur rapprochement pour autant ?

Lasse de ne trouver aucune réponse aux questions qui la harcelaient, Hermione s'extirpa de son lit pour aller se doucher.

Une fois prête, elle descendit rejoindre ses parents et sourit en constatant qu'ils l'attendaient pour l'échange de cadeaux.

– On t'a connue moins patiente, la taquina sa mère, un paquet soigneusement emballé entre les mains.

– Désolée, s'excusa-t-elle, c'est juste que… Rien, désolée.

– Tu en as trop dit, mon lapin ! insista Jean.

– Je pensais à Drago, c'est tout, avoua-t-elle en rougissant. Les choses ont évolué tellement rapidement, ces derniers jours, que j'en ai le tournis.

– Il y a des choses qui ne se contrôlent pas, ma chérie, intervint Henri. Ta mère et moi étions fiancés au bout d'un mois, tu sais…

– Parce que Maman était enceinte ! rit Hermione.

– Même sans ça, j'ai directement su que je finirais ma vie auprès de cette femme, rétorqua son père tandis que sa mère l'embrassait tendrement sur l'épaule. Tu souhaites aller lui parler ?

– Ouvrons nos cadeaux, d'abord, je verrai ensuite.

Une fois livres, écharpe, collier et coussin massant déballés, Hermione les laissa pour aller trouver celui qui l'obnubilait un peu trop. Avec un peu de chance, lui parler lui permettrait d'y voir un peu plus clair.

Arrivée devant la librairie, Hermione se dirigea vers la porte située sur le côté, par laquelle Drago avait disparu lorsqu'il était allé leur chercher des sacs poubelle. Nerveuse, elle sonna et attendit patiemment qu'il vienne lui ouvrir, en espérant qu'il était bien chez lui et non chez Roger.

Heureusement, elle entendit quelqu'un déverrouiller la serrure peu de temps après et contint un soupir de soulagement en voyant Drago apparaître devant elle.

– Hermione ? s'étonna-t-il, un torchon entre les mains.

– Salut… répondit-elle en rosissant. J'espère que je ne te dérange pas.

– Pas du tout, j'étais en train de faire ma vaisselle. Entre.

Il la précéda le long d'un escalier escarpé menant à l'étage. Après avoir passé une entrée dépourvue de décoration, Hermione pénétra dans un salon tout aussi sobre. Un canapé en tissu était posé contre l'un des murs, sous une fenêtre donnant dans la rue, face auquel se trouvait une télévision dernier cri. Une table basse trônait entre les deux et une autre, plus grande, se trouvait sur sa gauche – probablement pour les repas. Seule une bibliothèque bien remplie ornait l'un des coins de la pièce et Hermione se promit d'aller en observer le contenu dès qu'elle en aurait l'occasion.

Occasion qui ne tarda pas à venir, puisque Drago s'excusa pour aller terminer sa vaisselle, lui promettant qu'il n'en aurait pas pour longtemps.

Après avoir ôté son manteau et l'avoir déposé sur une chaise, Hermione s'approcha du meuble qui avait attiré son attention et parcourut le dos des livres des yeux. Elle connaissait la plupart des titres et fut surprise, pour certains, de les retrouver ici.

Autant en emporte le vent.

Ainsi, Drago aimait aussi les romances ! Lui qui l'avait taquinée à ce sujet cachait bien son jeu.

– J'étais sûr de te retrouver ici, déclara-t-il en revenant dans la pièce, la faisant légèrement sursauter.

– Désolée, s'excusa-t-elle.

– Dans quel monde Hermione Granger ne se serait-elle pas tournée vers mes livres? commenta-t-il, amusé. Tu aimes ce que tu vois?

– J'avoue être agréablement surprise, oui. Je ne m'attendais pas à une sélection aussi éclectique.

– Je suis libraire, Hermione…

– Je sais, oui, mais… Peu importe.

– Et tu es venue pour espionner ma bibliothèque privée ou je peux faire autre chose pour toi ? s'enquit-il en s'approchant d'elle.

– Je… Je voulais juste voir comment tu allais. La soirée d'hier a été assez mouvementée…

Drago lui prit la main et la guida vers son canapé pour qu'ils s'y installent.

– J'irais probablement très mal si tu n'avais pas été là, avoua-t-il. En général, mes crises de panique me submergent sans que je puisse y faire quoi que ce soit…

– Cela fait longtemps que tu en as ?

– Depuis notre sixième année à Poudlard. Elles se font plus rares dernièrement, ceci dit. Je pensais en être débarrassé.

– Désolée pour mon père, tout ceci aurait pu être évité…

– Ne t'excuses pas pour ça ! Au final, je ne retiens que du positif de cette soirée. Roger sait.

– C'est vrai… Je suis heureuse que tu aies quelqu'un avec qui tu peux être toi-même.

– En plus de toi, précisa-t-il.

– En plus de moi, oui…

Un léger silence s'installa entre eux, pendant lequel Hermione mordilla les petites peaux sèches de ses lèvres, cherchant comment relancer la conversation.

– À propos d'hier soir, reprit Drago, remédiant au problème à sa place. Tu… Tu pensais ce que tu m'as dit ?

– À quel sujet ?

– Ah parce qu'il y a un moment où tu ne t'es pas montrée honnête ? demanda-t-il, son sourcil réhaussé trahissant son amusement.

– Non, bien sûr que non, je pensais tout ce que je t'ai dit hier soir ! se défendit Hermione.

– Très bien. Donc tu ne verras pas d'inconvénient à ce que je t'embrasse aujourd'hui ?

– Je… Euh… bredouilla-t-elle, totalement prise de court.

– Je pense savoir pourquoi tu ne m'as pas rendu mon baiser hier soir – et je t'en remercie, d'ailleurs – mais pour ma part, l'envie est touj…

Hermione l'empêcha de terminer sa phrase en déposant ses lèvres tout contre les siennes. Drago glissa aussitôt l'une de ses mains dans ses boucles brunes, comme s'il avait peur qu'elle ne se dérobe.

Lorsqu'il vint demander l'accès à sa bouche de la pointe de sa langue, Hermione le lui accorda en gémissant légèrement, chamboulée par tout ce que ce simple baiser lui faisait ressentir.

Drago se montrait tendre, mais avide à la fois, comme s'il rechargeait ses propres batteries à son contact, mais Hermione n'était pas en reste. Ce baiser n'était plus seulement une envie, il était devenu un besoin.

Le besoin de le sentir proche, comme s'il venait compléter un vide dont elle ignorait l'existence.

Ce baiser lui semblait si naturel qu'Hermione aurait pu jurer que ce n'était pas leur premier.

Son cœur battait à vive allure, son sang pulsait dans ses veines, et le souffle venait à lui manquer, mais elle n'aurait rompu cet échange pour rien au monde.

Comment avait-elle pu se passer de ces sensations pendant autant de temps ?

Malheureusement, Drago s'écarta légèrement d'elle, mais déposa aussitôt son front contre le sien, respirant avec difficulté.

– Pfiou… lâcha Hermione, les faisant rire tous les deux.

– Je me disais exactement la même chose, commenta-t-il.

– Je… commença-t-elle.

Mais les lèvres de Drago reprenant possession des siennes lui firent totalement oublier ce qu'elle s'apprêtait à lui dire.


.


Excusez-moi mais LÀ, ça se termine par un baiser, non mais !

Je suppose qu'avec une telle fin de chapitre, vous ne m'en voudrez pas trop de vous faire attendre jusqu'à mardi pour la suite ?

J'espère que ce petit chapitre vous a plu et à très bientôt pour la suite de leurs aventures :)