Bonsoir !
Oui, il est tard, mais nous sommes encore mardi, ah ah. Je viens de rentrer de chez ma cousine, le temps de ranger les sacs, de répondre aux reviews et me voilà.
Ceci dit, je vous avais laissé-es sur une bonne note, donc je ne culpabilise pas. J'espère que vous avez passé un bon Noël et que vous avez reçu de beaux cadeaux pour les personnes qui le souhaitent. Pour les autres, bah j'espère que vous avez passé de bonnes journées ^^
Sur ce, bonne lecture !
Drago était assis sur son canapé, regardant la télévision sans vraiment la voir.
Hermione venait de partir pour rentrer chez ses parents et il réalisait difficilement qu'ils venaient de passer ces dernières heures à s'embrasser.
Tendrement.
Fougueusement.
Inlassablement.
Hermione Granger et lui, Drago Malefoy.
Et bordel, ce qu'il avait aimé ça !
Il avait hésité à la remercier d'avoir agi comme elle l'avait fait, conscient qu'elle s'était abstenue parce qu'il n'était pas dans son état normal, mais Drago savait également qu'elle l'aurait envoyé promener s'il avait osé le faire.
Hermione ne faisait rien qui soit contraire à ses valeurs et c'était l'une des choses qu'il aimait le plus chez elle.
Avec le fait de l'embrasser, depuis peu.
Et même s'il ne lui en avait pas parlé, Drago était reconnaissant qu'elle ne lui ait pas rendu ce premier baiser, sachant pertinemment qu'il n'en aurait pas pleinement profité si elle l'avait fait. Ce qui aurait été franchement dommage, vu les trois dernières heures qu'ils venaient de passer.
Hermione, blottie dans ses bras, gémissant sous ses lèvres.
Y avait-il quelque chose de mieux dans la vie pour rendre un homme heureux ? Pas dans la sienne, en tout cas.
Drago n'avait pas la moindre idée d'où tout ceci allait les mener, mais il savait qu'il n'aurait pas changé une seule seconde de ces derniers jours passés en sa compagnie pour autant.
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26 décembre 2002
Drago rangeait les rayons de sa librairie pour la troisième fois de la journée, bien qu'ils n'en aient nullement besoin. Un seul client était passé aujourd'hui – Monsieur Smith, pour changer le cadeau qu'il avait commandé pour sa femme – et le temps semblait avoir ralenti sa course.
Et pas de la bonne façon.
Surtout que Drago savait qu'il ne verrait pas Hermione ce jeudi, puisqu'elle avait déjà quelque chose de prévu avec ses parents.
Bien évidemment, il ne pouvait – et ne voulait – pas le lui reprocher, mais il s'ennuyait d'elle malgré tout.
Comment cette femme avait-elle pu prendre autant d'importance dans sa vie en si peu de temps ?
C'était un mystère qu'il n'avait pas du tout envie d'élucider.
Lorsque finalement son horloge afficha dix-sept heures, il décida de fermer, conscient qu'il n'aurait pas davantage de clients en ce lendemain de Noël.
La neige s'était à nouveau mise à tomber et Drago comprenait parfaitement que les gens n'aient pas envie de sortir de chez eux.
Une fois la porte verrouillée, il enfila son manteau et affronta le froid pour aller saluer Roger. Arrivé dans le bar, il constata que son ami n'avait pas beaucoup plus de chance que lui niveau clientèle et s'installa au comptoir.
– Je te sers quoi, Gamin ? demanda Roger de son ton bourru habituel.
– Un truc qui réchauffe, s'il te plaît.
Roger lui offrit un verre de whisky en ricanant et Drago lui renvoya un rictus complice.
– Tu n'es pas avec ta chérie ? s'enquit-il ensuite.
– Hermione n'est pas ma chérie, précisa Drago avec un grand sourire.
– C'est ça, et tu affiches un air de benêt parce que tu trouves que ça te va bien, peut-être ?
– Je n'affiche pas un air de… commença-t-il avant de se reprendre. Oui, bon, OK. Peut-être qu'on s'est embrassés. Mais ça n'en fait pas ma chérie pour autant !
– Ça dépend du type de baiser, ça ! Le petit bisou en passant ou du genre à faire rougir ma grand-mère ?
– Euh… bredouilla Drago en sentant ses joues se teinter de rouge.
– Donc la petite Granger est bien ta chérie, conclut Roger, implacable.
– Appelle-la comme tu veux, ça ne changera rien au fait qu'elle rentre chez elle la semaine prochaine.
– Et alors ?
– Elle n'était pas venue voir ses parents depuis des mois, Roger, comme si elle allait faire le déplacement pour moi.
– Vous avez pas de tapis volants, ou de trucs comme ça ?
– Des balais, précisa Drago, le commerce des tapis est interdit en Grande-Bretagne. Mais ça ne changera rien, elle a toujours détesté voler. Puis elle m'a dit qu'elle n'utilisait jamais la magie lorsqu'elle rendait visite à ses parents.
– Bah, éluda Roger d'un geste de la main, vous trouverez bien une solution !
Drago préféra boire une gorgée de whisky en guise de réponse.
– Pourquoi le commerce des tapis volants est interdit chez nous ? demanda ensuite Roger, visiblement curieux.
– Aucune idée, faudrait demander au directeur du Département de la coopération internationale, ou à celui de Service des transports magiques.
– Et tu dis que vous utilisez des balais ?
– Principalement, oui. On peut aussi se déplacer entre cheminées ou transplaner. Se téléporter, si tu préfères, précisa-t-il face à son air interdit.
– Pff, souffla Roger face à lui. Je te crois, hein, mais j'ai quand même du mal à me dire que tout ça existe, juste à côté, sans qu'on ne voit rien…
– Si je le pouvais, je te ferais une démonstration, mais…
– T'en fais pas pour ça, Luc, le coupa-t-il, – ou plutôt Drago –, tu vas quand même pas risquer la prison pour un vieux machin comme moi !
Une fois de plus, Drago préféra porter son verre à ses lèvres plutôt que de répondre.
– Tu sais que je t'aurais cru, si tu m'en avais parlé avant ?
Drago leva les yeux de son verre pour les plonger dans ceux, bleus, de son vis-à-vis.
– Bon p'tet pas dans les premiers temps, avoua Roger, mais à la fin, c'est sûr. Ça explique bien des choses sur toi…
– Même si j'avais été certain de ne pas enfreindre la loi, je ne sais pas si je l'aurais fait, admit-il en détournant le regard.
– À cause de la position de ta famille pendant cette guerre ?
– Pas seulement ma famille. J'ai également très mal agi, tu sais. Hermione ne t'a pas tout raconté, mais j'ai failli tuer plusieurs personnes…
Roger le dévisagea en silence un long moment et Drago eut l'impression que son sang gelait dans ses veines. Malgré sa crainte d'être rejeté, il ne voulait plus rien lui cacher.
– Tu veux m'en dire plus ?
– Le mage noir, celui dont Hermione a parlé, il vivait chez moi… Mon père et ma tante faisaient partie de ses plus fervents partisans. Surtout ma tante, en réalité. Mon père a merdé lors d'une de ses missions, il a été arrêté, donc Vol… Voldemort a commencé à me confier des missions à sa place. Pour le punir. Dont celle de tuer notre ancien directeur d'école. Il a failli y avoir des dommages collatéraux.
À présent, Drago était persuadé que son cœur allait s'échapper de sa poitrine, tant il battait frénétiquement. Il concentra ses pensées sur Hermione, et sur la façon dont elle avait réussi à l'apaiser, et réussit tant bien que mal à garder son calme.
– Quel âge avais-tu ? demanda Roger.
– Seize ans.
– Mais tu étais un bébé ! s'exclama-t-il. Comment veux-tu être responsable de quoi que ce soit à cet âge ? Avec ta pilosité, je parie que tu ne te rasais même pas !
Drago lui sourit, soulagé qu'il prenne les choses de cette façon
– C'est à cause de mon âge que j'ai évité la prison, oui.
– Tu aurais dû ne rien avoir du tout, trancha Roger. Votre justice est encore plus naze que la nôtre.
Cette fois, un éclat de rire échappa à Drago juste avant qu'il ne plaque sa main sur sa bouche, choqué.
Comment pouvait-il rire d'une telle chose ? Sa situation n'avait rien d'amusant !
Et pourtant, il n'avait jamais parlé aussi facilement de toute cette période.
– Merci de ne pas me rejeter pour mes actes passés, déclara Drago, la voix légèrement enrouée.
– Ne sois pas ridicule, Gamin, grommela Roger. T'es comme mon fils et rien ne changera ça !
Drago détourna la tête pour essuyer discrètement une larme qui perlait au coin de ses yeux, mais à la main amicale que cet homme qu'il estimait tant déposa sur son bras, il sut que son émotion n'était pas passée inaperçue.
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27 décembre 2002
Une fois encore, Drago avait l'impression d'errer dans sa boutique comme un détraqueur à la recherche d'une proie à embrasser.
C'était la deuxième fois qu'il affrontait cette période de l'année depuis l'ouverture de la librairie et il commençait à se demander s'il ne serait pas plus pertinent de fermer entre les fêtes l'an prochain.
Passer huit heures sans voir passer un seul client – ou presque – était loin d'être productif et encore moins lucratif.
Il se saisit finalement d'une bande dessinée et s'installa derrière son comptoir pour la lire. Les critiques étaient assez mitigées et il voulait en vérifier le contenu afin de savoir s'il pourrait la conseiller à ce jeune client qui reviendrait probablement le voir à la rentrée.
La clochette de la porte retentit alors et Drago retint difficilement un grand sourire d'étirer ses lèvres lorsqu'il constata qu'Hermione venait d'entrer dans son magasin.
– Bonjour, la salua-t-il avec chaleur
– Salut ! répondit-elle en tapant ses bottes sur le tapis de l'entrée pour en chasser la neige. Tu sais que ça tombe encore ? Je n'arrive pas à me souvenir de la dernière fois où on a eu autant de neige ici !
– Et après, ça va nous parler de réchauffement climatique, lâcha-t-il, comme il avait entendu de nombreux clients le faire.
– Le fait qu'il neige en hiver n'invalide absolument pas les études sur le sujet, Drago ! D'ailleurs, tu savais que…
– T'emballe pas, Granger, la coupa-t-il, prudent. Je n'ai pas les connaissances nécessaires pour entrer dans un tel débat avec toi, donc pars du principe que je te crois. À part ça, comment vas-tu ? Tu as passé une bonne journée avec tes parents, hier ?
– Très bien et… Très bien, oui ! Et toi ?
– Mis à part que Roger me harcèle de questions sur la magie, maintenant, tout va très bien aussi. Je… euh… Je peux faire quelque chose pour toi ?
Drago ignorait si elle était juste passée pour lui acheter quelque chose ou si elle comptait rester plus longtemps en sa compagnie.
Ce qui, bien évidemment, était son option préférée.
– Eh bien… C'est-à-dire que… bredouilla-t-elle les joues d'un rouge soutenu, j'avais juste envie de te voir.
À ces mots, Drago contourna son comptoir pour s'approcher d'elle, prit son visage en coupe entre ses deux mains et déposa ses lèvres sur les siennes.
Hermione lui rendit aussitôt son baiser et ils restèrent ainsi enlacés plusieurs minutes avant de se séparer.
– Ça aussi, ça m'avait manqué, pouffa-t-elle.
– Aussi ? releva Drago. Dois-je en conclure que je t'ai manqué, Granger ?
– Quelle partie de "j'avais envie de te voir" n'as-tu pas comprise, Malefoy ?
Amusé, il se contenta de l'embrasser une nouvelle fois.
C'était étonnant comme cela lui semblait naturel, limite évident.
Il frissonna légèrement lorsqu'Hermione glissa ses mains froides sous son pull, dans le bas de son dos, mais ne s'éloigna pas pour autant.
Bien au contraire.
Il enfouit ses doigts dans ses boucles brunes et intensifia leur baiser.
Avoir ses lèvres tout contre les siennes était une vraie bouffée d'oxygène. Avoir cette femme dans ses bras lui donnait tout simplement l'impression d'être entier. Avoir la chance de vivre cette complicité était inespéré mais également salvateur.
– Tu fermes dans longtemps ? s'enquit-elle ensuite, le souffle rendu court par leur récent échange.
– J'hésitais à le faire juste avant que tu n'arrives. Je n'ai eu personne, aujourd'hui.
– Oh, ok… Je ne voudrais pas te forcer la main ! Avec tout ce qu'il y a ici, je peux tout à fait m'installer dans un coin en attendant que tu termines.
– Ne t'en fais pas, ce ne sera pas la première fois que je ferme plus tôt.
Drago retourna vers son comptoir pour prendre ses clés et éteindre les lumières. Il plaça le panneau sur la porte annonçant que la librairie n'était plus ouverte et la verrouilla.
– Tu n'as pas de manteau ? s'enquit Hermione, la tête enfoncée dans le col du sien.
– J'habite juste au-dessus, je ne compte pas m'éterniser dehors.
Il s'empara ensuite de sa main puis se dirigea vers la porte de son appartement. Hermione le suivit en silence, mais Drago ne put s'empêcher de sourire lorsqu'il sentit qu'elle resserrait ses doigts autour des siens.
Une fois à l'abri, Hermione retira sa veste et Drago proposa d'aller leur préparer du thé.
La savoir dans son appartement le rendait tout simplement heureux, raison pour laquelle il se mit à siffloter en attendant que l'eau se mette à bouillir.
Il disposa ensuite deux tasses sur un plateau, accompagnées de différents sachets de thé, d'un peu de sucre et de lait – ignorant quelles étaient ses préférences en la matière – puis la rejoignit lorsque l'eau eut atteint la bonne température.
Sans surprise, il retrouva Hermione assise sur son canapé, un livre entre les mains.
– Qu'est-ce que t'as trouvé de beau ? s'enquit-il en déposant le plateau sur sa table basse avant de s'asseoir à ses côtés.
– Figure-toi que tu possèdes le roman que j'étais en train de lire avant de venir te rejoindre… Je n'ai donc pas pu résister à la tentation de découvrir la suite.
– C'est étonnant, la taquina-t-il.
– Es-tu en train de me reprocher d'avoir mis l'intrigue de ce très bon roman de côté pour venir te voir ? demanda-t-elle, un sourcil relevé.
– Absolument pas, je suis heureux que tu sois venue. J'ai pris plusieurs sachets de thé, je ne sais pas lequel tu préfères, même si tu as bu du Earl Grey chez Roger.
– C'est gentil, le remercia-t-elle en s'emparant d'un au jasmin pour l'immerger dans l'eau chaude avant d'y ajouter un peu de sucre.
– Et donc… Euh… reprit Drago, ne sachant pas trop comment aborder le sujet, Ne va pas croire que ça me déplaît – loin de là – mais toi et moi… On fait quoi ?
Hermione déposa sa petite cuillère sur le plateau et le regarda en silence, faisant augmenter la fréquence de son rythme cardiaque.
– Je l'ignore totalement, avoua-t-elle. De base, je suis juste venue voir mes parents pour les vacances, tu sais ? Je n'aurais jamais pensé que celles-ci prendraient une telle tournure.
– Je me doute, oui…
– Ce n'est pas pour autant que je regrette ce qu'il se passe entre nous, hein, ajouta-t-elle en nouant ses doigts aux siens. Je ne comprends pas comment nous en sommes arrivés là, j'ignore où nous allons, mais… mais j'aime ce que nous vivons.
Touché par son aveu, Drago porta sa main libre à son visage pour déplacer une de ses boucles brunes et la glisser derrière son oreille.
– Ne pourrions-nous pas, tout simplement, profiter de ces moments sans nous soucier du reste ? s'enquit-elle en déposant sa joue au creux de la main qui se trouvait toujours près de son visage.
Drago ne savait pas s'il en serait capable.
Cela faisait un moment que l'incertitude n'avait plus de place dans sa vie. Il avait besoin de structure pour éviter de sombrer et ce flou risquait de réveiller ses crises de panique, mais il savait également qu'il ne trouverait pas les mots pour lui faire part de son trouble.
– Parle-moi… reprit-elle, faisant écho à ses pensées. Je vois dans ton regard que quelque chose te tracasse.
Décidément, cette femme était bien trop perspicace pour lui.
– Comme tu as pu le constater, j'ai parfois du mal à… à gérer certaines choses.
– De quoi as-tu peur, Drago ? insista Hermione. Je ne te jugerai pas, tu sais ?
– De ne pas savoir, avoua-t-il. Je comprends parfaitement que tu ne puisses rien me promettre, cela ne fait même pas une semaine que nous avons repris contact, mais j'ai besoin de savoir. Si nous devons juste profiter de ces moments en attendant que tu repartes, très bien, mais dis-le moi s'il te plait. J'ai simplement besoin de pouvoir me situer au milieu de tout cela.
Hermione garda le silence un moment, analysant probablement la portée de sa confidence. C'était étrange de se montrer si ouvertement honnête, mais Drago savait qu'il n'avait pas vraiment le choix s'il voulait se préserver un minimum. Il lui avait fallu bien trop de temps pour se reconstruire pour qu'il risque de tout foutre en l'air.
– Tu as raison, déclara-t-elle finalement. Je ne peux rien te promettre de plus que ces quelques jours et je m'en voudrais si ce que nous partageons ces derniers temps chamboulait ton équilibre. Et si nous vivions simplement de notre histoire de Noël ? Toi et moi, jusqu'à ce que je doive retourner à Londres ?
– Alors je profiterai de chaque seconde passée en ta compagnie, conclut Drago, juste avant d'attirer son visage au sien pour prendre possession de ses lèvres.
Une fois de plus, Hermione réagit immédiatement à son contact, venant caresser sa langue de la sienne. Son souffle sentait les fleurs du thé qu'elle avait bu et Drago sut qu'il ne pourrait plus jamais la dissocier de ce parfum.
Peu lui importait que ce bonheur soit limité dans le temps, il comptait bien en savourer chaque nuance.
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Et voilà pour aujourd'hui !
On se retrouve jeudi avant une nouvelle petite pause de quelques jours :)
J'espère que cette histoire vous plait toujours autant.
