Bonjour !

C'est parti pour un nouveau chapitre, je vous en souhaite une bonne lecture et vous dis à dimanche pour la suite.


28 décembre 2002

Hermione était allongée dans son lit, les yeux grand ouverts, occupée à fixer une tache sur son plafond.

Depuis quand s'y trouvait-elle ? Était-ce lié à un jeu d'ombres quelconque ou bien symptomatique d'autre chose ? Peut-être y avait-il une infiltration au niveau du toit…

Ou peut-être Hermione devait-elle concentrer ses pensées sur le sujet qui l'inquiétait réellement, au lieu de se chercher des excuses bidons pour l'esquiver.

Qu'était-elle donc en train de faire avec Drago Malefoy ?!

Non pas que l'embrasser soit désagréable – loin de là – mais où tout cela allait-il les mener ?

Il habitait à quelques centaines de kilomètres de chez elle, privé de magie, avec une vie bien rangée. Elle travaillait pour le Ministère qui l'avait condamné, ses amis le détestaient viscéralement et elle ne disposait que de peu de temps libre.

Leur relation semblait vouée à l'échec, raison pour laquelle Hermione leur avait imposé une date d'expiration, mais si elle se montrait totalement honnête envers elle-même, elle n'avait pas la moindre envie d'y mettre un terme.

Les choses s'annonçaient difficiles, elle le savait, mais elle savait aussi que ça pourrait valoir le coup d'essayer de les surmonter. Sauf que Drago lui avait fait part de ses besoins et Hermione ne pouvait pas les ignorer. Il lui fallait un cadre qu'elle ne pouvait pas lui garantir sur la durée, ce qui expliquait qu'elle ait finalement préféré limiter leur rapprochement à ces vacances de Noël.

Peut-être auraient-ils pu aller plus loin. Peut-être aurait-elle réussi à convaincre ses amis qu'il avait changé. Peut-être auraient-ils réussi à gérer la distance en attendant qu'il puisse de nouveau faire usage de sa magie.

Mais Drago n'avait pas besoin de peut-être, il lui fallait des certitudes.

Il avait admirablement réussi à remonter la pente et Hermione ne voulait pas risquer de réduire ses efforts à néant par simple caprice.

Il méritait mieux que cela.

Lasse, elle poussa un profond soupir avant de s'extirper de son lit, puisqu'elle ne parvenait pas à se rendormir.

Lorsqu'elle pénétra dans la cuisine pour se préparer une tisane, Hermione vit sur l'horloge du four qu'il n'était pas encore six heures. Elle resserra sa robe de chambre autour de son corps et se hissa sur l'un des tabourets lorsque sa boisson fut prête. Elle en touilla distraitement le contenu avec une petite cuillère, histoire de bien mélanger le sucre qu'elle y avait ajouté, toujours aussi confuse.

– Tu es tombée de ton lit ? l'interrogea la voix douce de sa mère.

– Salut, Maman, répondit Hermione en souriant faiblement. Déjà levée ?

– C'est à toi que je pose cette question, mon lapin. Tu ne t'es pas réveillée avant dix heures, depuis que tu es là.

– C'est ce qui est inhabituel, se défendit Hermione, et non pas le fait que je sois debout avant six heures.

– Et si tu me parlais de ce qui te tracasse, au lieu d'essayer de noyer le poisson ?

Jean se dirigea ensuite vers la bouilloire afin d'en vérifier le contenu, puis versa de l'eau dans une tasse avant de venir s'asseoir à côté d'elle.

– Drago et moi nous sommes, comme qui dirait, rapprochés, avoua Hermione en fermant les yeux, se doutant fortement de la future réaction de sa mère.

– Je le savais ! s'exclama celle-ci, donnant involontairement raison à sa fille. Je t'ai tout de suite dit que vous vous entendriez très bien !

– C'est vrai, admit Hermione, et c'est ce qui rend les choses si compliquées.

– Je ne vois pas pourquoi !

– Maman, tu sais très bien qu'une fois de retour à Londres, je vais me replonger dans Tu-Sais-Quoi, je ne vais pas me lancer dans une relation à distance…

– Et pourquoi pas ? la coupa sa mère. Si vous vous entendez si bien, ça peut valoir le coup !

– Cela ne fait même pas une semaine que nous avons repris contact, Maman. À peine deux jours qu'il y a un rapprochement physique… Tu as vu tout comme moi à quel point Drago est fragile, je ne peux pas l'entraîner là-dedans alors qu'il est encore en train de se reconstruire.

– Excuse-moi ma chérie mais ça, ce n'est pas à toi d'en décider ! Drago est peut-être fragile, mais il est surtout adulte et parfaitement apte à faire ses propres choix.

– Il m'a demandé des garanties, Maman, et je ne peux pas lui en fournir. Pas après mon départ, du moins…

– Je comprends, répondit-elle. Après, il reste encore une semaine avant que tu ne repartes, va savoir comment les choses auront évolué d'ici là !

– La magie de Noël a ses limites, Maman. Je sais que tu es une grande romantique, mais…

– Mais tu as toujours été plus pragmatique, termina sa mère à sa place. Au final, je suis sûre que tu prendras la meilleure décision, mon lapin. Évite de trop te prendre la tête avec tout ça, tu risquerais de gâcher le peu de temps que vous avez potentiellement à passer ensemble.

Hermione se contenta de boire une gorgée de sa tisane en réponse, consciente que sa mère avait totalement raison.

.

Blottie dans le fauteuil de son père devant la cheminée, Hermione essayait de se concentrer sur le roman qu'elle était en train de lire. Elle mourait d'envie d'aller voir Drago, mais elle la réfrénait malgré tout. Il travaillait, elle ne pouvait pas aller le déranger sans arrêt.

Puis elle pensa aux muffins qu'elle avait préparés avec son père dans la matinée et songea que ça lui ferait probablement plaisir d'en manger quelques uns pour sa collation.

Elle se dirigea donc vers la cuisine afin d'en mettre plusieurs dans une boîte en plastique puis se prépara à sortir.

– Eh bien, heureusement que tu es en vacances pour profiter de nous, la taquina son père au moment-même où elle ouvrait la porte.

– Henri ! intervint sa mère. Laisse-la donc tranquille, pour une fois qu'elle profite un peu.

– Ouais bah n'oubliez pas de sortir couverts !

– PAPA ! s'écria-t-elle, blasée, avant de refermer la porte derrière elle.

Son père pouvait se montrer fatigant, par moment…

Quelques flacons tombèrent devant son nez et Hermione rabattit sa capuche sur sa tête pour s'en protéger. Il neigeotait plus qu'autre chose, mais elle se demandait malgré tout quand tout ceci allait s'arrêter. À ce rythme, elle ne pourrait jamais reprendre le volant pour rentrer chez elle la semaine prochaine !

Elle suivit ensuite le chemin menant à librairie tout en tentant de calmer son allure. Il ne faudrait pas que son impatience la fasse glisser sur une plaque de verglas dissimulée par la neige fraîche !

Si ses amis la voyaient se précipiter ainsi pour rejoindre Drago Malefoy, ils la penseraient sous Imperium, c'était une évidence.

Malgré tout, Hermione ne parvint pas vraiment à modérer son enthousiasme et poussa la porte avec un peu trop d'énergie lorsqu'elle arriva à destination.

Drago leva les yeux vers elle, clairement surpris de la voir débarquer ainsi, puis un léger sourire étira ses lèvres, ce qui fit un peu trop battre son cœur.

– Salut, souffla-t-elle, les joues rougies aussi bien par le froid que par l'émotion.

– Salut, répéta-t-il en refermant la bande dessinée qui se trouvait devant lui. Déjà en manque de… lecture ?

– Je… Euh… J'ai fait des muffins, répondit-elle en montrant le sac qu'elle tenait dans sa main. J'ai pensé que ça te ferait plaisir.

Le sourire qu'il arborait s'élargit et le rythme cardiaque d'Hermione accéléra encore.

– Une petite douceur pour Noël, la taquina-t-il.

– Oh moque-toi, va ! Je peux repartir avec, si ça ne te fait pas plaisir !

– Ça m'avait manqué, tiens, commenta Drago.

– Quoi donc ? releva Hermione, en faisant glisser l'anse de son sac sur son bras afin de défaire son écharpe.

– Que tu m'engueules, bien sûr ! répliqua-t-il en se penchant par-dessus le comptoir pour déposer brièvement ses lèvres sur les siennes.

– Et c'est comme ça que tu me remercies ? fit-elle mine de bouder.

Drago attrapa les pans de son écharpe et l'attira à lui afin de l'embrasser dignement.

La position était peut-être inconfortable, mais Hermione n'y accordait aucune importance. Après tout, si elle avait affronté le froid pour venir le voir, c'était également pour ce genre de chose.

– Mieux, très chère ? s'enquit Drago une fois leur baiser terminé.

– Pas mal, répondit-elle avec un sourire en coin.

Il leva alors les yeux vers l'horloge murale avant de répliquer :

– Laisse-moi fermer et tu verras ce que tu pourras faire de ton pas mal…

Hermione rit à cette remarque quelque peu arrogante, heureuse malgré elle de retrouver une partie de celui qu'elle avait toujours connu.

Bien évidemment, l'adolescent que Drago avait été ne lui manquait pas, mais elle ne pouvait qu'admettre qu'elle aimait lorsqu'il se montrait sûr de lui. Sa vulnérabilité l'avait touchée, mais la force dont il pouvait faire preuve la séduisait tout autant.

– Tu es sûr ? demanda-t-elle malgré tout. Tu as déjà fermé plus tôt hier, je ne voudrais pas entraver tes affaires…

– Cela fait quatre heures que j'ai reçu la visite de mon dernier client, Hermione, je ne manquerai à personne. Honnêtement, je pense que l'an prochain, je fermerai simplement entre Noël et Nouvel an. Ça m'évitera de jouer au botruc pour rien. Sans parler du fait que je me défile jamais face à un défi lancé.

– OK ! approuva-t-elle en riant légèrement. Fais donc ce que tu as à faire.

Comme la veille, Drago éteignit les lumières avant de verrouiller la porte et la précéda jusqu'à son appartement, sa main dans la sienne. Une fois chez lui, Hermione déposa les muffins sur sa table basse avant d'ôter son manteau. Lorsqu'elle fut plus à l'aise, Drago l'attira à lui pour l'embrasser avec fougue.

Leurs langues se trouvèrent presque aussitôt et commencèrent leur danse lascive. Elle se hissa sur la pointe des pieds afin d'intensifier leur étreinte et Drago resserra sa prise sur sa taille avant de la mener maladroitement jusqu'à son canapé, sur lequel il s'assit, quittant à peine les lèvres de sa partenaire.

Hermione s'installa ensuite à califourchon sur lui, avide de le sentir tout contre elle.

Elle ne comprenait pas comment il parvenait à lui faire perdre ses moyens si facilement et, pour une fois, elle refusait d'essayer de le comprendre.

Elle se sentait bien entre ses bras, vivante, et c'était tout ce qui lui importait.

Enivrée par leur étreinte, Hermione glissa ses mains sous le pull de Drago pour caresser sa peau, mais se raidit lorsqu'il eut un léger mouvement de recul.

– Pardon, s'excusa-t-elle aussitôt, craignant de l'avoir brusqué.

– De ? l'interrogea-t-il, en ancrant son regard acier dans le sien.

– De me montrer si entreprenante, avoua-t-elle en rougissant. Je me suis laissée emporter par notre baiser…

– Dois-je en déduire que c'était plus que "pas mal", cette fois ? la taquina-t-il.

– Tu participes, il me semble, non ?

Elle poussa sur ses jambes pour tenter de se relever mais Drago l'immobilisa, les mains fermement arrimées à sa taille.

– Où crois-tu aller comme ça ? Nous n'avons pas fini ce que nous étions en train de faire.

– Je… J'ai cru que tu ne voulais pas, quand j'ai… mes mains…

– Tu as les mains gelées, Hermione, le contact m'a surpris, c'est tout.

– Rien d'autre ?

À ces mots, Drago glissa ses propres mains sous son pull et Hermione rougit en sentant ses doigts caresser sa peau. Une vague de chaleur se propagea dans tout son corps avant de se concentrer dans son entrejambe, lui coupant brièvement le souffle.

Si ce simple toucher la mettait dans un tel état, qu'est-ce que ce serait s'ils allaient plus loin ?!

– Respire, Granger, lui murmura-t-il au creux de l'oreille, la ramenant au présent.

Hermione expira un peu trop bruyamment, ce qui accentua son sentiment de honte. Elle se pencha donc vers lui pour l'embrasser à nouveau, histoire d'essayer de reprendre un peu contenance.

Drago lui rendit directement son baiser en faisant passer ses mains dans son dos, toujours sous son pull, la faisant frissonner de plaisir.

– J'aime te sentir réagir à mon contact…

– Et j'aime que ton contact me fasse réagir, répondit-elle.

– Je… J'ai un truc à t'avouer, déclara-t-il ensuite, fuyant son regard.

Toujours assise sur lui, Hermione prit son visage entre ses mains pour le forcer à lui faire face.

– Tu peux tout me dire, Drago, tu le sais ?

– Je sais, oui, mais ça ne rend pas les choses plus faciles pour autant.

– Attends, je vais m'asseoir à côté…

– Non ! protesta-t-il en la maintenant tout contre lui.

Il enfouit ensuite son visage dans son cou et resta silencieux un long moment. Hermione ne savait pas quoi faire pour l'aider à se confier, ne voulant pas le brusquer. Elle patienta donc, respirant l'odeur de ses cheveux, jusqu'à ce qu'il soit prêt à lui parler.

– Si… Si tu veux qu'on aille plus loin, toi et moi, je voudrais que tu saches que… que je n'ai jamais… jamais…

– Tu veux dire que ce serait la première fois ? l'interrogea-t-elle, tandis qu'il maintenait son visage caché.

Elle le sentit opiner contre sa peau et tira doucement sur ses cheveux pour l'obliger à la regarder.

– Il n'y a aucune honte à cela, Drago… Tu sais, je ne l'ai fait qu'avec Ron, pour ma part, je suis loin d'être une experte.

– Je crois que je ne m'en remettrais pas s'il était meilleur amant que moi, grimaça-t-il, la faisant rire.

– Aucun risque, commenta-t-elle avant de plaquer une main sur sa bouche.

Ron la tuerait s'il apprenait qu'elle avait lâché une telle information à Malefoy !

– Comment ça ? releva-t-il, clairement curieux.

– Oh non, non, non, je ne peux pas, tenta-t-elle de se défiler.

– Non toi-même ! s'exclama-t-il. Tu es sortie avec Weasley pendant des années, comment est-ce que je pourrais… hum… rivaliser ?

– Merlin, il ne me parlera plus jamais, s'il apprend que je te l'ai dit…

– Je ne compte pas lui envoyer un hibou pour le prévenir, tu sais ? Avoue !

Face à son regard pénétrant, Hermione sut qu'elle serait incapable de tenir sa langue.

– Ron n'a jamais su… Comment dire… Réfréner son enthousiasme ?

– Tu veux dire qu'il est précoce ?

Ne parvenant pas à le confirmer avec des mots, Hermione se contenta de hocher la tête.

– Ça veut dire que tu n'as jamais pris ton pied avec lui ?

– Si, bien sûr que si, y a d'autres moyens de prendre du plaisir, tu sais ? Mais nous n'avons jamais réussi à… à nous synchroniser.

– Pendant tout ce temps ?

– Il a fini par consulter, par prendre des potions censées l'aider, mais… mais jamais, non.

– Merde alors ! jura Malefoy. Pourquoi est-ce que ça ne m'étonne pas ?

– Drago ! protesta-t-elle en riant à moitié.

– Désolé, c'est pas cool, mais quand même !

– Tu te moques, mais si ça se trouve, tu ne seras pas mieux que lui ! répliqua-t-elle juste avant de culpabiliser d'avoir osé lui lancer une telle horreur.

Hermione avait tellement l'habitude de se montrer loyale envers ses amis contre lui que ces mots lui avaient échappé avant même qu'elle n'ait l'idée de les retenir.

– Je ne crois pas, non, se défendit Drago avec un rictus victorieux.

Elle le dévisagea, surprise de ne sentir aucune trace d'amertume dans sa voix.

– Je ne saurai peut-être pas te faire jouir, Hermione, précisa-t-il, mais j'ai une maîtrise totale de mon pénis. La preuve, je bande comme un poney depuis que tu es assise sur moi et il n'y a eu aucun… débordement.

Le visage d'Hermione prit aussitôt une teinte rouge vif, d'autant plus qu'il fit quelques mouvements de bassin pour accentuer ses propos.

– Tu es incroyable ! s'offusqua-t-elle, plus amusée qu'autre chose.

– Je compte tout faire pour que tu me le dises le moment venu, en tout cas, conclut-il avant de l'embrasser à nouveau.

Hermione se laissa aussitôt embarquer dans cette nouvelle étreinte, les sens en ébullition.

Cet homme était définitivement plein de surprises.

Comment pouvait-il se montrer à la fois aussi vulnérable et sûr de lui ?

Cette dualité la fascinait.

Hermione n'avait qu'une seule envie : renforcer leur lien afin qu'il se révèle totalement à ses yeux. Malheureusement, leur relation avait une date limite et elle ignorait si elle aurait le temps de le découvrir avant de l'avoir atteinte.

Mais ces pensées quittèrent rapidement son esprit lorsque, toujours maintenue contre lui, elle sentit qu'il ne manquait effectivement ni d'ardeur, ni de vigueur.

Hermione eut alors la certitude qu'ils coucheraient ensemble avant la fin de son séjour, non seulement parce qu'elle en mourait d'envie, mais surtout parce que cette envie s'était muée en besoin.


.


La température commence à monter, que voulez-vous ?

Désolée pour Ron, c'était trop tentant, mdr

A dimanche pour la suite !