Bonjour !
Et un tout grand merci pour vos réactions au chapitre précédent. Sans plus tarder, je vous partage la suite de cette petite histoire.
1er janvier 2003
Hermione sourit en sentant Drago resserrer son étreinte autour de sa taille, alors qu'elle essayait de sortir discrètement de son lit.
– Tu vas où ? grommela-t-il d'une voix alourdie de sommeil.
– Pipi, avoua-t-elle à voix basse.
– Tu reviens vite ?
– Promis.
Elle enfila rapidement le t-shirt de Drago qui trainait sur le sol et trotta jusqu'aux toilettes afin de se soulager. Elle lava ensuite ses mains, rinça sa bouche pour tenter d'en chasser son haleine matinale, et retourna vers la chambre aussi vite qu'elle en était partie.
À son retour, Drago ouvrit sa couette pour l'inviter à le rejoindre et Hermione se blottit aussitôt contre son corps chaud.
Il déposa ensuite ses lèvres contre sa nuque, la faisant frissonner d'un désir qui avait pourtant été assouvi à plusieurs reprises tout au long de la nuit.
– Bien dormi ? s'enquit-il à voix basse, son souffle chatouillant la base de sa chevelure.
– Trop peu, pouffa-t-elle en réponse, mais je ne m'en plains pas !
Compte tenu du nombre d'orgasmes qui avait ponctué ces dernières heures, il aurait été plus que malvenu de sa part de lui reprocher son manque de sommeil.
Drago n'était pas seulement un amant endurant, il était également vigoureux, passionné et particulièrement imaginatif. Lorsqu'elle fermait les yeux, Hermione pouvait encore sentir sa langue entre ses cuisses, la faisant crier comme jamais elle n'aurait pensé le faire.
Heureusement que Drago n'avait pas de voisins, elle aurait été incapable de leur faire face sans rougir.
Le sentant durcir contre ses fesses, Hermione se retourna pour lui faire face et il s'empara aussitôt de ses lèvres.
– À ce rythme, commenta-t-elle, je vais devoir retourner à la pharmacie avant de partir.
– C'est donc là que ça s'achète, bon à savoir.
Leurs bouches se rejoignirent dans un nouveau baiser fiévreux et Hermione se laissa tout simplement emporter par l'enthousiasme de son partenaire.
Une heure et deux nouveaux orgasmes plus tard – dont un obtenu seulement à l'aide de ses doigts – Hermione se dirigea vers la cuisine de Drago, à nouveau vêtue de son seul t-shirt. Elle mit de l'eau à bouillir pour se préparer un thé, son entrejambe encore humide de leurs récents ébats.
Si elle avait pris du plaisir en couchant avec Ron par le passé, jamais il n'avait atteint celui qui l'avait dévastée tout au long de ces dernières heures. La différence d'endurance n'était pas la seule en cause, puisque Drago avait réussi à la faire jouir de plusieurs façons très différentes. Il la connaissait si bien et avait si rapidement appris à connaître son corps que c'en était déroutant.
Ce qui ne faisait qu'accentuer le malaise qui prenait peu à peu possession de son être.
Hermione savait qu'elle pourrait très facilement tomber amoureuse de cet homme et elle devait faire preuve de vigilance si elle ne voulait pas finir avec le cœur en miettes.
Elle inspira profondément pour tenter de refouler la boule d'angoisse qui remontait lentement le long de sa gorge, en vain.
Plus que trois jours.
Dans trois jours, elle allait devoir reprendre sa voiture pour rentrer chez elle.
Dans trois jours, elle retournerait à sa vie londonienne et à son rythme effréné.
Dans trois jours, elle laisserait derrière elle cette relation qui la comblait tant.
Si seulement ils avaient eu plus de temps…
Mais Drago avait besoin d'une structure qu'elle ne pouvait pas lui garantir et il serait égoïste de sa part de placer son bonheur avant le sien.
Hermione sentit ensuite des bras l'enlacer par derrière et son sentiment d'anxiété s'intensifia. Elle inspira profondément pour tenter de se donner du courage et se retourna en souriant à celui qui faisait un peu trop battre son cœur.
– Tu penses que tu pourrais revenir chez moi, après que nous ayons souhaité la bonne année à tes parents et à Roger ?
– Je ne sais pas, répondit-elle, plus perdue que jamais.
Elle en mourait d'envie, bien sûr, mais elle doutait de la pertinence de cette idée.
Elle allait bientôt partir, pourquoi continuer à prétendre que leur relation était destinée à durer ?
– Il ne nous reste que quelques jours, plaida Drago, remuant involontairement le couteau dans la plaie.
– Justement…
– Comment ça ? releva-t-il, les sourcils froncés d'incompréhension.
– Je ne sais plus si toi et moi, Drago, c'est vraiment une bonne idée, admit-elle en détournant le regard.
– Tu te fous de moi, là ?
– Non, mais soyons sérieux deux minutes, veux-tu ? Qu'on se sépare maintenant ou dans trois jours, ça change quoi ?
– À toi de me le dire ! C'est toi qui as fixé une date de péremption à notre histoire !
– Tu veux rire ou quoi ?! s'offusqua-t-elle. Tu es celui qui as réclamé des garanties !
– Oui, mais je n'ai pas demandé pour autant à ce que tu me jettes comme une merde quand tu en aurais marre de moi !
– Ce n'est absolument pas ce que je fais, se défendit-elle. Au contraire, je fais tout pour que tu ne souffres pas de la situation.
– Tu le fais exprès, ou quoi ? Je suis dingue de toi, Hermione, n'importe qui peut s'en rendre compte !
À ces mots, son cœur eut un loupé, mais elle décida de ne pas se laisser influencer. Leurs sentiments ne changeaient rien au contexte, ils ne faisaient que complexifier les choses.
– Tu es la seule qui désire mettre un terme à ce que nous vivons, poursuivit-il. Ne rejette pas la faute sur moi simplement parce que tu as peur de ce que tu ressens.
– Je ne peux quand même pas t'apporter ce dont tu as besoin, reprit-elle, déterminée. Tu mérites d'être avec une personne qui fera de toi une priorité.
– Je refuse de devenir la priorité de qui que ce soit, Hermione, je veux juste être la mienne ! Je suis le seul responsable de mes besoins. Je suis le mieux placé pour savoir ce dont j'ai envie et actuellement, je veux juste que tu sois présente dans ma vie. Dis-moi qu'on se reverra lors de ta prochaine visite dans trois mois et qu'on se téléphonera entre temps, je ferai avec. Que je souhaite avoir des certitudes ne veut pas dire qu'il me faille une présence constante !
– Tu ne t'es pas dit que ce n'était peut-être pas suffisant pour moi ? répondit-elle en souriant tristement. Tu n'es pas le seul à avoir des besoins, Drago…
Un silence pesant s'installa entre eux et Hermione regretta de ne pas s'être rhabillée avant de sortir de sa chambre.
Ainsi vêtue, elle se sentait particulièrement vulnérable, d'autant plus que Drago ne la quittait pas de son regard acier, comme s'il cherchait à sonder son âme. Elle voulait se ruer dans ses bras, se ressourcer à son contact, mais elle savait aussi qu'elle devait se montrer forte.
Drago méritait bien mieux à ses côtés qu'une personne qui préférait s'investir dans sa carrière que dans une relation.
Hermione n'avait peut-être pas aimé que Ron lui pose un ultimatum, mais le résultat était le même. Elle aurait pu mettre sa fierté de côté pour tenter de réparer leur relation, mais non, elle avait préféré y mettre un terme. Pourquoi les choses seraient-elles différentes, cette fois ?
– Il semblerait que nous soyons effectivement dans une impasse, conclut Drago, d'un ton qu'elle n'avait pas entendu depuis des années.
Hermione vit son visage se fermer totalement lorsqu'il prononça ces mots et sentit son cœur se briser par la même occasion.
Elle n'avait absolument pas prévu que les choses se termineraient ainsi entre eux. Elle s'était imaginé une séparation en douceur, comme dans ces histoires de Noël qu'elle aimait tant, mais au final, il n'aurait pas pu en être autrement.
Les choses avaient toujours été intenses entre eux. Il n'y avait pas de demi-mesure possible, il était donc logique qu'ils passent de tout à rien.
Ne souhaitant pas se montrer faible face à lui, Hermione ravala ses larmes et quitta la cuisine pour aller se rhabiller. Elle sortit ensuite de son appartement sans qu'un seul autre mot ne soit prononcé, consciente qu'elle risquait de craquer s'il lui demandait de leur accorder une chance.
Une fois dehors, elle constata qu'il s'était mis à pleuvoir, ce qui allait sans doute accélérer la fonte de toute la neige qui s'était accumulée ces derniers jours. Elle ne rabattit pas sa capuche sur sa tête pour autant, espérant que cette pluie chasserait également le froid qui enserrait son cœur.
Lorsqu'elle arriva devant la maison de ses parents, Hermione inspira profondément pour reprendre contenance avant d'y pénétrer, mais au regard que lui lança sa mère, elle sut qu'elle avait compris que son histoire avec Drago était à présent terminée.
Heureusement, elle n'aborda pas le sujet, se contentant de lui souhaiter une excellente année.
Hermione enlaça ses parents, probablement un peu plus longuement qu'elle le faisait d'habitude, puis alla se réfugier dans sa chambre, où elle laissa enfin ses larmes couler.
.
3 janvier 2003
– Hermione, mon lapin, tu es sûre que tu ne veux pas attendre encore un peu avant de repartir ? Les routes ne sont pas encore totalement dégagées…
– Je suis désolée, Maman, je sais que je vous avais dit que je resterais jusqu'à dimanche, mais c'est plus simple comme ça. Je pourrai défaire mes valises tranquillement avant de reprendre le travail en rentrant aujourd'hui.
Sa mère la dévisagea en silence, les lèvres pincées, et Hermione sut qu'elle n'était pas dupe une seule seconde. La raison de son départ précipité était, bien évidemment, liée à un libraire qui avait pris un peu trop d'importance dans sa vie, mais il était hors de question qu'elle l'admette à voix haute.
Dire qu'elle ne l'avait pas revu depuis leur dispute deux jours plus tôt… Drago lui manquait affreusement, mais il fallait qu'elle reste forte.
– Tu pourrais au moins essayer d'aller lui parler… commença sa mère.
– Pourquoi faire, Maman ? On avait de toute façon décidé que ça n'irait pas plus loin que ces vacances de Noël.
– Ne me prends pas pour une andouille, Hermione, ça fait deux jours que tu te caches dans ta chambre pour pleurer. Tu crois qu'on n'a rien remarqué ?
– Laisse-la tranquille, ma chérie, déclara son père en pénétrant dans le salon. Cette histoire ne nous regarde pas.
Jean soupira, clairement agacée par l'intervention de son mari, mais n'insista pas pour autant. Hermione se blottit dans les bras de son père lorsqu'il s'approcha d'elle, soulagée d'être ainsi soutenue.
Elle savait que sa mère ne voulait que son bien, mais sa tendance à s'immiscer dans sa vie privée ne l'aidait en rien.
Oui, elle était très attachée à Drago et oui, elle aurait voulu que les choses se terminent différemment entre eux, mais la vie n'était pas toujours une histoire de Noël et elle devait faire avec.
– Je vais chercher ma valise, déclara-t-elle ensuite. J'aimerais éviter de rouler quand il fait noir.
Une fois dans sa chambre, Hermione s'assit sur son lit et inspira profondément à plusieurs reprises tout en expirant lentement pour essayer de rester maîtresse de ses émotions.
Elle mourait d'envie d'aller voir Drago, mais il fallait qu'elle se retienne. La situation était toujours la même. Il avait raison, ils étaient dans une impasse et s'entêter ne ferait que les faire souffrir davantage. Une légère peine de cœur aujourd'hui était préférable à une plus importante d'ici quelques semaines.
Du moins, c'était ce dont elle essayait de se convaincre.
Déterminée, Hermione saisit la poignée de sa valise et descendit dans l'entrée pour enfiler son manteau et son écharpe.
Ses parents l'accompagnèrent jusqu'à sa voiture et elle mit le moteur en route pour faire dégivrer le pare-brise le temps de leur dire au revoir.
– Tu nous téléphones en arrivant, hein, déclara sa mère avant de l'enlacer tendrement.
– Promis.
– Fais attention, certaines routes sont encore glissantes, ajouta son père, la prenant à son tour dans ses bras.
– Promis.
– Ne te surmène pas trop, reprit sa mère. Je sais que tu adores ton boulot, mais il n'y a pas que ça dans la vie…
– Promis.
– Et ne saute pas de repas ! enchaîna son père. Je sais que tu as tendance à oublier de manger, ma puce, mais c'est important.
– Promis.
Chaque fois qu'elle repartait chez elle, Hermione avait droit aux mêmes recommandations. C'était devenu une sorte de rituel involontaire, entre eux.
Lorsque sa valise fut rangée dans le coffre, elle enlaça une dernière fois ses parents et rejoignit sa place de conductrice.
La dernière fois qu'elle avait eu le cœur aussi lourd en partant d'ici, c'était quand elle pensait avoir effacé la mémoire de ses parents. Il fallait qu'elle se ressaisisse, la situation actuelle n'avait rien d'aussi dramatique !
Elle leur fit un dernier signe de la main puis passa la première pour démarrer.
Juste avant de piler net, puisque Drago sembla sortir de nulle part pour plaquer ses deux mains sur le capot.
Le cœur d'Hermione se mit à battre à toute allure, aussi bien sous le coup de la peur que de la surprise.
À peu de choses près, elle aurait pu l'écraser !
Ils se dévisagèrent un moment à travers le pare-brise, puis Hermione se décida à sortir de sa voiture pour lui faire face.
– Qu'est-ce que tu fais là ? lui demanda-t-elle, la voix tremblante.
– Je ne pouvais pas te laisser partir comme ça, répondit-il, le souffle court.
Avait-il couru pour arriver à temps ? Elle en avait l'impression… Mais comment avait-il su qu'elle était sur le point de partir ? Elle surprit un échange de regards entre Drago et sa mère et eut la réponse à sa question.
– On mérite une meilleure fin, Hermione, ajouta-t-il en réduisant la distance qui les séparait.
– Mais la situation est toujours la même… bafouilla-t-elle, ignorant quoi répondre d'autre.
Pourquoi refusait-il de voir qu'elle agissait ainsi pour le protéger ?
– Bien sûr que non, idiote ! protesta Drago. Je suis tombé amoureux de toi et ça change tout. Je récupère ma magie dans six mois, Hermione, laisse-nous une chance.
– Je.. Je suis désolée, répondit-elle avant de remonter dans sa voiture.
Drago n'étant plus sur son chemin, elle avança doucement pour partir, le cœur au bord des lèvres.
Puis son regard se posa sur son rétroviseur, dans lequel elle le vit qui la regardait partir, ses parents à ses côtés. Son père avait une main sur son épaule et tentait visiblement de le réconforter, tandis que sa mère fixait sa voiture, les bras croisés sur sa poitrine.
Cet homme venait de lui ouvrir son cœur et elle fuyait comme si sa déclaration l'avait laissée totalement indifférente ? C'était totalement absurde !
Leur relation était peut-être récente, mais leurs sentiments n'en étaient pas moins réels. Pourquoi s'entêtait-elle ainsi ? Drago avait totalement raison, elle était celle qui leur refusait ce bonheur.
Et s'il était prêt à mettre ses peurs de côté pour eux, elle ne pouvait décemment pas lui tourner le dos.
Alors Hermione arrêta sa voiture, en descendit – laissant sa portière ouverte – et courut vers lui pour se jeter dans ses bras. Ils se regardèrent dans les yeux un bref instant, juste avant qu'elle ne se hisse sur la pointe des pieds pour l'embrasser, indifférente au cri de joie que poussa sa mère non loin d'eux.
Drago lui rendit immédiatement son baiser en la serrant plus fort contre lui, comme s'il craignait qu'elle change d'avis.
Elle ignorait comment ils allaient s'en sortir, mais elle savait qu'elle aurait regretté toute sa vie de ne pas avoir tenté le coup.
Oui, les choses risquaient d'être compliquées dans un premier temps, mais ce qu'il lui faisait ressentir méritait qu'elle se batte pour le garder.
Et là, ainsi blottie contre son cœur, ses lèvres tout contre les siennes, elle eut la certitude qu'ils avaient pris la bonne décision.
– Putain, Hermione, jura-t-il en s'écartant pour reprendre son souffle. Ne me fais plus jamais une peur pareille !
– Désolée, dit-elle aussitôt, ponctuant ses excuses d'un nouveau baiser. Je m'en fous si ça fait cliché, mais je suis également amoureuse de toi, Drago. Comment ? Pourquoi ? Je n'en ai aucune idée, mais les faits sont là, je t'aime !
– Je sais, répondit-il. Pourquoi crois-tu que je me suis jeté sous ta voiture ?
Hermione pouffa à cette remarque avant de l'embrasser une fois de plus.
Elle sentit alors un flocon tomber sur sa joue et ne put s'empêcher de sourire en constant qu'il s'était remis à neiger.
Quitte à être cliché, autant l'être jusqu'au bout, pensa-t-elle, amusée.
– Tu es prêt à tenter le coup ? lui demanda-t-elle, fébrile.
– Toi et moi, Hermione, ça n'a jamais été et ne sera jamais qu'une histoire de Noël.
Fin
?
Et voilà pour le dernier chapitre de cette petite histoire !
Et oui, c'est déjà fini, mais rappelez-vous que ça devait être un OS.
Alors oui, cette fin est ultra-clichée (la neige qui se remet à tomber était demandé par Damelith, ceci dit), mais ça a toujours été le but de cette histoire ^^
Figurez-vous que j'ai écrit un épilogue, bien évidemment. Sauf que je ne le publierai pas...
Damelith et Nova ont eu le temps de le relire, mais elles m'ont dit qu'il était frustrant et que la suite de leur histoire méritait mieux...
J'ai donc commencé à écrire "L'Histoire d'une vie", qui sera la suite de cette petite fleufette de Noël. Je n'ai que 2 chapitres pour l'instant, donc faudra attendre un peu pour la publication, mais nous n'en avons pas fini avec ce Drago et cette Hermione.
J'espère que la nouvelle vous fait plaisir (je l'avais déjà annoncé en story sur insta, ceci dit, mdr).
Bref, je vous fais tout plein de bisous et vous dis à très vite pour de nouvelles aventures !
