Chapitre 2 :
Tôt le lendemain matin, Cornélius entra dans le bureau de Caspian pour y mettre de l'ordre avant le début de la journée du Roi. Il s'arrêta car Caspian était endormi dans le fauteuil devant la fenêtre. Des cartes du ciel étaient étalées sur le bureau. Cornélius n'avait pas le choix, il devait le réveiller.
- Votre majesté ? Caspian !
- Hum ! Caspian se redressa, encore à moitié endormi.
- Vous auriez dû aller vous coucher, voyons.
- J'aurais dû, oui. Il y a quelque chose de bizarre dans le ciel.
- Je vous écoute.
- Une étoile a disparu.
- Ah oui ? Laquelle ?
- Tu sais laquelle, Cornélius.
- Bien sûr, c'est celle qui est née en même temps que vous. Nous regarderons tout ça mais aujourd'hui est un grand jour.
- Vous trouvez ?
- Votre anniversaire est évidement un grand jour, votre majesté.
- Vous savez que je n'ai jamais aimé cette date. Y aura-t-il quelqu'un pour penser à elle aujourd'hui ?
- Caspian, personne n'a oublié votre Mère. Cornélius voulut continuer à réconforter Caspian mais ce dernier le coupa.
- Je sais ce que vous allez dire : je pense encore à ce que j'ai perdu … Le peuple a organisé une fête, je leur en suis reconnaissant.
- Je ne voulais pas dire cela.
Le jeune roi regarda par les fenêtres : le temps était superbe, les festivités seraient une bonne chose pour le peuple, une occasion de s'amuser.
- Ce n'est rien. Je vais me reprendre, ne vous inquiétez pas. Je suis allé déposer des fleurs sur sa tombe cette nuit. J'étais sûr de ne croiser personne. Un bouquet pour elle et une fleur de ce bouquet pour mon père…
Que pouvait ajouter Cornélius. Il sentait la tristesse de Caspian d'avoir dû s'adresser à nouveau à des pierres froides plutôt qu'à des sourires sincères.
- Vous auriez dû me demander, je serai venu avec vous.
- Je sais… J'avais des choses à leur dire… Vous comprenez ?
Cornélius voulut sortit Caspian des souvenirs de sa promenades nocturnes alors il hocha la tête et changea de sujet :
- On reparlera de l'étoile ce soir, Caspian le remercia d'un regard pour la compréhension de Cornélius et aussi pour avoir changé de sujet.
- Crois-tu que l'étoile se soit éteinte ? Ajouta tout de même le jeune roi.
- Une étoile ne disparait pas comme ça. Nous comprendrons pourquoi.
- Elle était seule… peut être trop, dit Caspian, en se parlant à lui-même.
Caspian se leva et vacilla légèrement.
- Vous êtes épuisé. Venez-vous coucher, intervint Cornélius.
- Je n'ai pas besoin de dormir. Ça ira très bien.
- Vous êtes le roi mais je suis encore votre professeur.
Caspian accepta et Cornélius l'accompagna jusqu'au lit d'appoint dans la pièce adjacente. Le temps que Cornélius ferme les tentures, Caspian était presque endormi.
- Deux heures… pas plus. Cornélius ?
- A vos ordres, votre … Caspian ouvrit les yeux et regarda Cornélius.
- Tu es le dernier.
- Le dernier quoi ?
- Qui m'ait connu avant d'être roi. Avant même d'être Prince. Plus de mère, plus de père, Ripitchip est là-bas, lui aussi. Ni de Susan … Ils ne reviendront, n'est-ce pas ?
- Vous oubliez qu'Aslan a dit qu'Eustache reviendrait, dit Cornélius.
- J'ai l'impression que je ne les reverrais plus de mon vivant.
- Ne dites pas ça.
- Ce n'est rien, Cornélius, répondit Caspian, en ayant un sourire triste sur le visage.
- Reposez-vous. Je suis là…
- Toujours ?
- Toujours, Caspian.
Et Caspian s'endormit.
