TW : Mort d'un personnage secondaire important.
Chapitre trois : Si Dieu existait...
– Je ne crois pas en ces foutaises. La religion n'est qu'un prétexte qui sert à justifier des guerres. Enfin... Ne me comprenez pas de travers. Je ne crois pas en Dieu. Pas au sens auquel vous pensez. Je sais qu'il existe. Mais je ne crois pas en lui. Autant qu'il ne croit pas en nous. Ne vous méprenez pas non plus là-dessus. Je ne suis pas un pessimiste qui jette toute la faute sur le Mec d'En-Haut pour tous les meurtres, massacres et guerres. L'homme se démerde pour les provoquer, alors il doit se démerder pour y mettre fin sans attendre une intervention divine. Bref, Il ne nous a pas abandonnés. Puisqu'il n'a jamais été de notre côté. Il n'y a rien à abandonner dans ce cas, ou bien... ? Je ne le considère pas comme un père absent qui a laissé son enfant à l'orphelinat. C'est plus... comment dire ? Le directeur de l'orphelinat, qui ne fait pas plus d'effort que ça. Il abrite l'enfant, le strict minimum, et ne s'implique pas.
Son interlocuteur le dévisagea, imperturbable, pendant quelques secondes de contemplation pensive. Tout à coup, sa plume griffonna quelques lignes sur son morceau de parchemin. Il hocha la tête, invitant son cadet à reprendre son discours.
– Vous me demandez ce que je pense des miracles divins et des prophètes, voilà ma réponse. Je suis rationnel. Ces choses n'existent que dans l'esprit du commun des mortels, ceux qui ont besoin d'espoir. Je comprends ce besoin. Si mon enfance avait été différente, je me serais peut-être tourné vers la religion. Je croirais à tous ces non-sens, je prierai en pensant que quelqu'un écoute et en ait quelque chose à faire, je pourrais même croire que Dieu puisse nous venir en aide. Mais la vérité, c'est que la vie se résume à un cycle perpétuel. Ces miracles dont vous m'avez parlé... Ça n'existe pas. Une fois mort, on le reste. Même chez les sorciers.
Le poids de la Pierre de Résurrection autour de son cou pesa ironiquement contre sa peau.
– Donc non, je ne crois pas que quiconque, même un « messager de Dieu » puisse faire revenir qui que ce soit à la vie. Ce sont juste des légendes à dormir debout pour rassurer ceux qui ont peur de la mort... Tant mieux pour eux. Les délires spirituels ne sont pas vraiment mon truc. Je préfère rester terre à terre. Les preuves sont là : rien ne fait revenir les morts à la vie. C'est contre nature. La science cherche à résoudre cette énigme depuis des lustres sans avancer d'une noise. Les sorciers ne sont pas plus avancés.
Cette fois, Keith McKollughan posa sa plume pour une courte pause. Il coupa son monologue pour poser la question qui lui brûlait les lèvres :
– Et les alchimistes ?
Les doigts d'Edward se crispèrent sur les accoudoirs. Ayant en tête l'image lointaine du corps brisé de l'inconnu revenu d'entre les morts à la place de sa mère, l'odeur métallique du sang et des organes à l'air libre, le son de la respiration rauque et des suppliques.
– Les alchimistes de tout temps se sont particulièrement intéressés à ce sujet, bien qu'il soit le tabou suprême. Beaucoup ont essayé. Peu ont survécu assez longtemps pour raconter leur expérience. L'alchimie attire les hommes voulant se prendre pour Dieu. Mais personne ne le peut. Peu importe si vous pensez que la pierre philosophale est capable d'un tel exploit, elle ne l'est pas. Car c'est là où vous vouliez en venir, n'est-ce pas ?
Démasqué, McKollughan se contenta d'un regard intense avant de raturer une ligne sur un parchemin au-dessus d'un épais dossier devant lui. Il nota deux mots dans la marge et posa sa plume.
– Notre accord spécifiait que j'avais droit de vous questionner sur les sujets utiles à mon étude. J'en fais usage ici et maintenant. Si cela ne vous convient pas, je peux toujours faire en sorte que le Bureau des Aurors récupère l'enquête et fasse ressurgir des secrets que vous préféreriez enterrer.
– Vos menaces n'ont pas le moindre poids, nous savons tous deux que vous ne les mettrez à exécution sous aucun prétexte. Alors, n'en parlons plus. Vous voulez que je vous révèle les secrets de la Pierre ? Voici le seul qui devrait vous intéresser et je vous le donne en tant qu'ami : ce sont les travaux du Diable. Vous qui êtes porté sur la théologie, ça devrait vous parler. Avons-nous assez parlé du sujet ? … Bien. Vous avez d'autres questions ?
– Ce sera tout pour aujourd'hui, conclut McKollughan. J'ai déjà trop abusé de votre temps et Mr Alighieri risque de s'impatienter.
Ils se levèrent chacun de leur côté du bureau, se serrèrent la main et se séparèrent.
Édition spéciale 5 décembre 1995 : Sorcier du soir
« Attaque de Détraqueur à Pré-au-lard ! par Betty Braithwaithe.
Ce samedi, aux alentours de midi, sept Détraqueurs ont submergé le village sorcier de Pré-au-lard et ont semé la panique parmi les gérants du commerce local. Deux blessés légers sont à déplorer. Le compte aurait pu être lourd, et grâce aux mesures de sécurité prises par Mr Pius Thickness, le pire a pu être évité. En effet, depuis la précédente attaque du même genre, les élèves de Poudlard sont interdits de sortie le week-end, même sous la supervision des Aurors chargés de la protection de l'école.
Lucius Malefoy, délégué du Conseil d'Administration de Poudlard, félicite l'intervention réussie du ministre de la Magie dans les affaires de l'école. Selon lui : "Si la sécurité de nos enfants était laissée au ministère de la Magie à la place du directeur actuel, une victoire comme aujourd'hui pourrait avoir lieu à nouveau [...] Notre inquiétude ne fait que croître à chaque attaque ayant lieu entre les murs censés être inatteignables de Poudlard. Plusieurs élèves ont frôlé la mort depuis la rentrée et la gravité des incidents ne cesse d'escalader [...] Un changement de direction semble de mise."
Mr Albus Dumbledore n'a pas répondu aux attaques personnelles de Mr Malefoy à l'encontre de sa manière de diriger Poudlard. Le Conseil d'Administration n'est pas le seul à se soucier des malheurs s'abattant sur l'école. Des rumeurs sur l'état de santé de Mr Dumbledore lui sont parvenues et une mise à l'épreuve pourrait débuter dès ce soir... »
L'article s'accompagnait de la photographie des Aurors ayant repoussé l'attaque. Depuis le début de l'état d'alerte, les lieux sorciers les plus fréquentés de Grande-Bretagne étaient constamment sous surveillance, ce qui expliquait la réaction rapide et efficace des autorités comparée à leur absence lors des massacres moldus.
Edward ne lut pas la suite de l'article détaillant le déroulement précis des faits. Il avait retenu le plus important et le sujet de la réunion avec Dumbledore à laquelle Envy et lui participeraient après le dîner. Pour l'instant, cette édition « spéciale » (qui paraissait pratiquement chaque soir cette année) retenait l'attention de toutes les maisons, et ceux qui ne possédaient pas la Gazette du Sorcier lisaient par-dessus les épaules de leurs camarades. À d'autres tables, comme celle des Poufsouffles et des Gryffondors, certains lisaient à voix haute les dernières nouvelles.
Dumbledore n'était pas présent dans la Grande Salle. Sa chaise vide n'étonnait plus, cela arrivant très souvent depuis trois semaines. Depuis la perte de sa magie. L'étau se resserrait autour de son secret, et il ne risquait pas que sa carrière s'il était révélé au grand jour. Dumbledore impuissant, c'était tous les espoirs du monde sorcier qui s'écroulaient. C'était le signal de départ pour que les Mangemorts prennent pleinement le contrôle du ministère. C'était la fin de la légende du fort-Poudlard. Plus personne ne serait en sécurité nulle part. Harry Potter serait le premier personnage public à mourir après Dumbledore.
Edward ne le permettrait pour rien au monde.
Le dîner toucha à sa fin. Edward salua Luna, retrouva Envy et Gladpy dans le hall et prit avec eux le chemin du bureau du directeur. Le temps de la confrontation était venu. Trop lentement à leur goût, ils atteignirent la gargouille donnant sur les escaliers en colimaçon. Gladpy donna le mot de passe et la gargouille les laissa passer. Après avoir cogné contre la porte, le silence tomba sur le trio. Aucun signe de vie de l'autre côté. Edward frappa à nouveau.
La porte s'entrouvrit sur la silhouette courbée de Dumbledore. Ses yeux avaient perdu leur dernière étincelle et ses rides se creusaient si profondément dans son visage qu'il en était méconnaissable. Même sa barbe et ses longs cheveux avaient perdu de leur bel éclat blanc pour finir gris et ternes, assombrissant son expression déjà funeste. On comprenait mieux pour quelle raison il évitait les apparitions publiques.
Soumis aux trois paires d'yeux perçants, Dumbledore parut rapetisser et il s'effaça pour leur permettre d'entrer. Gladpy resta dehors, n'étant pas autorisée à assister à la réunion. D'un pas chancelant et incertain, Dumbledore partit se rasseoir dans son fauteuil, le souffle court. Même en colère contre lui, Edward ne put s'empêcher de ressentir de la peine pour le vieil homme qu'il avait considéré comme un ami. S'il pouvait faire autrement que de frapper un homme à terre, il le ferait. Mais trop de vies dépendaient du résultat de cette confrontation.
– N'y allons pas par quatre chemins. Nous savons tous les trois que mon agression est de votre fait. Je vous demande donc une dernière fois la vérité à propos de ce que vous avez voulu me cacher en m'effaçant la mémoire.
Dumbledore leva ses yeux humides pour affronter le regard flamboyant de détermination d'Edward.
– Cela m'est impossible. La vie d'un homme en dépend.
– Oui, la mienne ! répliqua Envy.
– Pas uniquement. Je ne peux pas risquer de compromettre cette personne. Elle est vitale à l'Ordre.
– Parce qu'Envy ne l'est pas ? S'il est capturé ou tué, le contrôle du monde sera entre les mains de Lucius Malefoy ! Ce n'est pas une question vitale selon vos critères ? Votre sens des priorités est aberrant. Même en admettant que vous ayez raison en privilégiant la vie de cette personne contre celle d'Envy, je ne comprends pas comment vous avez pu détourner votre contrat magique pendant des mois et n'en avoir des retombées que maintenant. Je me demande combien de fois vous avez envisagé de nous sacrifier.
– Jamais, par Merlin, je le jure sur ma —
– Votre magie ? le railla Envy. Votre vie ? Désolé de vous le dire comme ça, mais vous avez la tronche d'un type qui a un pied dans la tombe. Votre utilité se résume à répondre de vos actes. Autrement, vous êtes fini.
Une lueur de peur brilla dans l'œil bleu de Dumbledore.
– Ce n'est pas une menace, précisa Edward, froid. Vous êtes hors course depuis que vous avez perdu votre magie. À cause de ça, l'Ordre est désorganisé, les attaques pleuvent sans riposte et la menace de mettre Ombrage comme directrice de Poudlard augmente chaque heure. Chaque heure, Albus. Il faut revoir votre stratégie, prendre les rênes et nommer vous-même McGonagall comme nouvelle directrice. Ce n'est plus une question de semaines comme vous l'aviez prévu. À tout instant, le Conseil d'administration peut signer votre mise à pied et nommer d'office Ombrage comme remplaçante. Après tout ce que vous avez fait pour protéger les élèves, vous ne pouvez pas baisser les bras et laisser Voldemort gagner.
– Je n'ai pas abandonné, souffla Dumbledore, les mains tremblantes. Si c'était le cas, je ne serais déjà plus de ce monde. Pensez-vous réellement que je m'accroche à mon poste par arrogance ou honte ? Bien sûr que j'ai honte de ce que mes actions ont engendré, bien sûr que j'ai été arrogant de croire tout contrôler. Mais que pensez-vous qu'il arrivera si j'abdique de mon plein gré ? La rumeur de ma faiblesse se répandra et l'espoir mourra avec moi.
– Vous n'êtes pas le seul à lutter contre Voldemort ! s'impatienta Edward. Évidemment vous représentez son adversaire le plus redoutable, mais vous n'êtes pas seul. Envy prendra la relève en montrant ce dont il est capable. Quel mal y aurait-il à abdiquer en sachant ce qui vous attend si vous attendez l'enquête du Conseil d'Administration ? Ils vont tout découvrir à propos de votre magie. Alors que si vous les devancez et quittez votre poste, l'espoir ne mourra pas. Pas complètement. Personne ne saura que vous n'êtes plus de taille contre Voldemort. N'est-ce pas préférable ?
– Comment l'expliquerai-je à Minerva ?
– Vous lui direz la vérité, ainsi qu'à l'Ordre du Phénix. Votre entêtement à ne pas le leur avouer nous a fait perdre le peu de terrain que nous avions gagné en trouvant les Horcruxes.
– Laissez la relève à un autre membre de l'Ordre, ajouta Envy. Les gens en ont besoin. Ils auraient pu sauver ces moldus des Détraqueurs. Pas tous, mais au moins réduire les dégâts. Il faut qu'ils sachent pour se réorganiser. On ne peut pas lutter si la résistance se désagrège. Même en étant Serviteur, je ne peux pas porter tout le poids seul.
– Pensez aux conséquences... Si vous attendez qu'Ombrage prenne le pouvoir, qui sera sa première cible selon vous ? Voldemort n'aura aucun mal à tuer Harry. Je sais que ce que vous pensez, reprit bien vite Edward. Peut-être que ça détruira le Horcruxe en lui, peut-être que ça ne fera que tuer Harry. Peut-être les deux. On ne sait pas. On ne veut pas savoir. Il faut le protéger. Si vous refusez d'admettre la vérité devant l'Ordre et de passer votre tour, on n'aura pas d'autre choix que de le mettre en sûreté nous-mêmes.
– Vous suggérez un enlèvement d'enfant.
– Vous suggérez un meurtre d'enfant, rétorqua Edward. Je suggère un enfant en vie. Et même en oubliant le fait qu'il soit notre ami, Harry représente le deuxième plus grand espoir de la communauté après vous. Si vous mourez ensemble, je ne suis même pas sûr que les membres de l'Ordre aient le courage de continuer à combattre.
– Si on s'y prend tout de suite, je pourrais peut-être obtenir la garde de Harry légalement, intervint Envy. Il aurait droit à une sécurité maximale et je pourrais le cacher chez moi, loin d'ici. Cette opportunité ne durera pas éternellement. Qui sait quand les Mangemorts auront le contrôle total du ministère et pourront se mettre en travers de mon chemin publiquement ? J'ai encore assez d'influence pour obtenir toutes les faveurs que je demande.
– Vous êtes bien trop jeune pour avoir la garde de Harry, répondit Dumbledore. Ils ne vous laisseront jamais le faire disparaître dans la nature.
– Ça ne m'arrêtera pas. Si je dois perdre mon statut de Serviteur, tant pis. Je prendrai Harry avec moi. Que vous le vouliez ou non, nous partirons tous les trois, Harry, Edward et moi. Vous avez brisé notre accord et votre contrat. Nous n'avons plus rien à faire ici. La recherche des Horcruxes ira plus vite si nous sommes en mesure de bouger à notre guise. Avec vous dans nos pattes, on ne fait que ralentir la chute de Voldemort.
Ni Edward ni Envy n'ajoutèrent rien de plus. Ils avaient exposé les différents scénarios et il était temps que Dumbledore choisisse une option. S'il ne le faisait pas, ils le feraient pour lui. Lui laisser le choix était leur dernier geste de bonne volonté et un dernier espoir de minimiser les dégâts dans l'unité des résistants. S'ils pouvaient continuer à faire partie de l'Ordre du Phénix, ça ne pourrait qu'aider.
Exténué, Dumbledore réfléchit longtemps avant de céder. Afin d'être en mesure de donner des réponses précises et définitives aux membres de l'Ordre, Edward obligea Dumbledore à faire un check-up complet. Les résultats fournis par Madame Pomfresh mirent fin aux doutes du sorcier. Son temps lui était compté, il fallait qu'il passe la main pour réduire l'impact que son départ aurait. Il convoqua les professeurs McGonagall et Rogue pour leur donner ce qui serait sûrement ses dernières instructions.
Pendant ce temps, Edward et Envy en profitèrent pour convaincre Gladpy de lâcher son protégé pour la nuit. Elle resta ferme sur sa position.
– C'est un ordre, claqua Envy en montrant une autorité qu'ils ne lui avaient jamais vue. Vous avez souvent dépassé les limites, aujourd'hui ça suffit. Que ça vous plaise ou non, je vais me passer de vos services pour cette nuit. Retournez à vos appartements.
Gladpy eut l'air d'avoir avalé une bouse de dragon. Envy tourna les talons sans attendre et entra dans l'infirmerie. Resté en arrière, Edward dévisagea l'Auror à la recherche d'un risque qu'elle les suive contre leur gré.
– Je vous le confie.
Edward écarquilla les yeux.
– Vous le protégerez de votre vie, je n'en doute pas un seul instant.
– Vous n'allez pas le retenir ?
– Comment le pourrais-je ? Son vœu de Serviteur a pris le dessus, et rien ni personne ne pourra le dévier de sa voie. Vous êtes l'unique personne au monde à qui je confierais sa sécurité en toute confiance.
Puis elle s'éclipsa comme convenu. Troublé, Edward rejoignit le rassemblement dans la chambre privée où Dumbledore, Rogue, McGonagall et Envy étaient en pleine conversation. Dumbledore pria la directrice adjointe de prévenir l'Ordre du Phénix au complet d'une réunion extraordinaire. Elle partit s'atteler à sa tâche depuis le bureau de Pomfresh. Profitant de son absence, Dumbledore expliqua la situation globale à Rogue ainsi que le besoin de trouver un remplaçant pour ses comptes-rendus sur l'activité Mangemort.
La nouvelle fut loin d'enchanter l'espion. Il n'était pas exactement très apprécié. À peine accepté. Avoir un nouveau contact pour rapporter les plans du Seigneur des Ténèbres ne le séduisait de loin pas. Surtout pas avec les secrets qu'il gardait. Toutefois, la situation ne lui permettrait pas d'y échapper.
La cuisine du manoir des Blacks se remplit en moins d'une heure. Assis en bout de table, Envy et Edward encadraient Dumbledore à la place du leader. Sirius et Remus furent les premiers arrivés et lancèrent des regards interrogateurs aux deux garçons. Elphias Doge, Dedalus Diggle, Hestia Jones, Rufus Scrimgeour suivirent rapidement, ensuite vinrent les Weasley — Molly, Charlie et Bill (Arthur étant en ronde au Département des Mystères) —, suivis de Xenophilius Lovegood, Arabella Figg, Hagrid et Mondingus Fletcher. Alastor Maugrey, Tonks et Kingsley Shacklebolt furent les derniers arrivés.
Cette réunion imprévue avait mis tous les membres sur les nerfs, aucun n'en connaissant le motif, mais tous s'en doutant dès le premier coup d'œil en direction de Dumbledore. Sa mine s'aggravait à mesure que l'épuisement le touchait plus profondément chaque minute à lutter pour rester assis. Lorsqu'il fut temps de débuter, sa voix lui fit défaut. Edward vint à son aide et se leva pour prendre la parole à sa place :
– Vous êtes présents ce soir, car la situation est grave et exige des mesures immédiates. Albus Dumbledore a perdu sa capacité à diriger Poudlard ainsi qu'à diriger les activités de l'Ordre du Phénix. Pour contrecarrer les plans de l'ennemi, la stratégie consiste à les devancer avant que le Conseil d'Administration puisse mener une enquête sur ses capacités mentales et physiques, qui révélerait la perte définitive de sa magie aussi bien que son infirmité.
Des exclamations incrédules s'échangèrent dans les rangs serrés.
– Étant directrice adjointe et membre de l'Ordre, poursuivit Edward en désignant sa professeur de métamorphose. Le rôle incombera au professeur McGonagall. Si elle accepte cette charge.
La sorcière hocha péniblement la tête, apparemment en proie à une vive douleur.
– Dolores Ombrage a été confirmée comme étant une alliée des Mangemorts. Elle a gagné du pouvoir et de l'influence sur l'école. Nous ne pouvons permettre à l'Ordre Noir d'infiltrer Poudlard davantage. Le départ de Dumbledore se passera sans heurt, et le secret sur la perte de sa magie devra être complet. L'ennemi a déjà eu vent de cette faille et il ne doit en aucun cas la confirmer.
– Qu'est-il arrivé ? le coupa Scrimgeour, mécontent de n'entendre qu'Edward et non leur leader.
– La raison importe peu, répondit Edward.
– Je crois au contraire qu'elle nous concerne, jeune homme, rétorqua Elphias Doge, méfiant. Le plus grand mage de tous les temps et seul espoir contre Vous-Savez-Qui est dans l'incapacité d'assurer son rôle...
– Et il ne peut que s'en prendre à lui-même ! répliqua Envy en se levant, les dents découvertes en direction de Doge.
– Envy ! le rabroua Edward.
Mais son ami refusa d'obéir à l'ordre implicite. Il continua à fusiller sauvagement Doge des yeux jusqu'à ce que l'homme paraisse franchement effrayé. Entre temps, Dumbledore avait repris des forces et il brisa le malaise en s'adressant à l'assemblée pour la première fois. Sa voix fut si faible que même dans le plus complet des silences, certains eurent du mal à l'entendre.
– Mr Alighieri a raison quant à ma responsabilité dans ce malheureux revers de médaille. Si vous me permettez de m'épargner l'humiliation de vous faire le récit de cette affaire, je vous en serais reconnaissant... La faute que j'ai commise nous a tous mis en danger. L'heure est de passer la main.
Sa voix mourut dans un pli soucieux aux coins de sa bouche. Edward se rassit, Envy l'imita raidement.
– Qui pourrait décemment vous remplacer, Albus ? s'exclama Jones. Vous avez fondé cette organisation, vous êtes le plus puissant d'entre nous, vous avez le poids politique et social nécessaire à un tel rôle. Personne ici ne peut vous remplacer.
– Pourtant il le faut, répondit Maugrey sombrement. Un leader moyen est toujours mieux qu'un leader charismatique mourant.
– Nous avons déjà essuyé trop d'échecs à cause de ce manque d'un coordinateur fonctionnel, renchérit Diggle. Sans vous manquer de respect, professeur Dumbledore.
Dumbledore n'en prit pas offense. Il avait conscience de son état plus que jamais. Le bilan de santé proposé par Pomfresh était assez clair.
Les débats se firent virulents. Deux camps s'opposaient : celui des fidèles, avec une confiance aveugle en la capacité de Dumbledore à revenir dans son ancienne gloire, contre celui des rationnels, qui désiraient avant tout des résultats. Les Weasley, Jones, Figg, Hagrid, Remus et Sirius et se retrouvaient dans le premier, défendant bec et ongles la place du directeur. Ceux qui se trouvaient le plus souvent sur le terrain penchèrent pour la seconde catégorie, soit les Aurors et ex-Aurors, Maugrey, Scrimgeour, Tonks et Shacklebolt, McGonagall, plus Mondingus, Diggle, Edward et Envy. Enfin y avait-il les sans-avis, soit Rogue et Lovegood.
Une seconde intervention de Dumbledore les mit tous d'accord. Il utilisa les précautions prises par Edward et leur présenta le bilan de Pomfresh. On ne pouvait pas changer les faits. Il mourait. Il fallait réagir et décider d'un nouveau leader. Des discussions suivirent en faisant un tour de table des prétendants au titre. Au moment des votes, les favoris furent Scrimgeour, Shacklebolt et McGonagall. Le choix final tomba sur l'ancien chef du Bureau des Aurors. Il avait l'âme d'un leader et possédait une mobilité avantageuse due à son chômage forcé.
Sa première décision fut d'organiser une rencontre en tête à tête avec Dumbledore pour recevoir toutes les informations les plus délicates avant de décider ce qu'il pouvait partager avec ses camarades. Rogue les accompagna afin de discuter de son cas.
– La session est terminée, annonça Scrimgeour en aidant Dumbledore à marcher jusqu'à la sortie. Les prochaines instructions vous seront transmises par les voies habituelles.
Les chaises causèrent un grand vacarme alors que chacun se levait avec soulagement après deux heures de tension accablante. Debouts dans un coin adossés contre le plan de travail, Envy et Edward attendirent en arrière que la pièce se vide.
– Ça s'est bien passé, commenta Envy en cognant amicalement son épaule contre celle d'Edward.
– La première étape était la plus facile. Demain, Dumbledore va devoir officiellement démissionner. Après ça il va falloir faire face à la presse et aux parents d'élèves. Beaucoup vont quitter Poudlard. Mais au moins, ceux qui resteront seront en sécurité.
– Eh, vous deux ! vint la voix de Mondingus. Scrimgeour vous demande de rester. Il veut vous causer tout à l'heure.
Ils acquiescèrent avant de se désintéresser du sorcier arnaqueur.
– Envy, Edward ! s'exclama la voix chaleureuse de Molly en venant à leur rencontre. Quelle joie de vous revoir ! Même si les conditions ne sont pas les meilleures...
Elle les étreignit en même temps avant de laisser la place à Sirius qui les salua tout aussi joyeusement, bien qu'il paraisse épuisé si on se fiait à ses cernes immenses. Ils demandèrent quelques détails sur le déroulement des évènements et comment ils s'étaient retrouvés là ce soir. Le duo répondit évasivement avant de changer le sujet pour plutôt prendre des nouvelles des membres sur le terrain. Ils apprirent que Sirius et Remus surveillaient les Mangemorts de près avec leur équipe. Molly s'occupait de la logistique en majorité.
– Ed… Je ne sais pas si tu as été mis au courant, mais je pense que tu devrais l'être, dit soudain Sirius avec beaucoup de sérieux en le fixant droit dans les yeux. Il y a deux semaines, Tu-Sais-Qui a remis un prix sur ta tête. Il paraît qu'il est furieux contre toi.
– Ah... J'aurais dû m'y attendre, répondit sereinement Edward en se grattant pensivement le front. Ombrage a dû lui dire que j'avais essayé de les rouler dans la farine. Ne t'en fais pas pour moi. Je gère.
– Tu en avais l'air tout à l'heure en tout cas. Bien sûr les rumeurs... Je n'avais pas la moindre idée que tu étais autant impliqué dans les affaires de l'Ordre.
Molly émit un son désapprobateur, mais ne fit aucune remarque. Ils discutèrent pendant trois quarts d'heure avant que Molly doive rentrer chez elle attendre le retour d'Arthur quand Shacklebolt prendrait la relève au Département des Mystères. Remus et Sirius patientèrent un peu plus longtemps, néanmoins le temps les rattrapa et ils s'excusèrent. Ils avaient une longue journée devant eux et toute heure de sommeil était bonne à prendre.
Désœuvrés, les deux garçons débattirent sur la prochaine étape les concernant directement : rassurer la population avec une conférence de presse. Le départ d'Albus Dumbledore provoquerait des remous et de la peur, le Serviteur se devait d'affirmer son soutien dans la guerre contre l'Ordre Noir. Ils travaillèrent donc sur un brouillon pour un discours adéquat à lâcher en même temps que la démission de Dumbledore.
– McGonnagall a quitté Poudlard, murmura Ron, les yeux écarquillés par la panique.
Il baissa le regard vers son meilleur ami couvert de sueur et au visage hanté.
– C'est trop tard.
Si Dieu existait... tel qu'il était dépeint dans les livres sacrés, tel que Keith McKollughan semblait l'imaginer, une tragédie telle que celle ayant eu lieu pendant la nuit n'aurait jamais eu sa place sur terre. De tous les évènements dramatiques pouvant arriver le lendemain matin de cette réunion de l'Ordre, Edward aurait tout imaginé, tout attendu.
Sauf l'arrivée en trombe du professeur McGonagall dans la Grande Salle.
Sauf le départ de tous les Weasley sans exception.
Sauf la crise de panique de Harry peu de temps après.
Sauf l'annonce de la mort de l'un des leurs.
Arthur Weasley assassiné.
Harry Potter avait assisté à cette mort atroce en rêve pendant leur absence. Personne n'avait été présent pour prendre le relais et sauver la vie du père de famille. Madame Pomfresh n'avait pu que donner une potion de Sommeil sans rêves au garçon avant de le laisser à lui-même. Si seulement McGonagall était rentrée plus vite à Poudlard et qu'elle avait eu vent de l'incident... Elle, elle aurait cru Harry. Elle aurait prévenu les bonnes personnes pour trouver Arthur au Département des Mystères. Il serait en ce moment même à l'hôpital Ste Mangouste et pourrait passer Noël avec sa famille.
Ses enfants auraient encore un père.
Harry n'aurait pu se sentir plus coupable. Non seulement avait-il assisté à sa mort, mais il en avait été le meurtrier par le biais de Nagini. Il avait tué Arthur Weasley de ses mains. Le père de son meilleur ami.
Il fallut tout le dimanche pour le persuader qu'il n'était coupable de rien. Hermione, Envy et Edward usèrent de tous leurs meilleurs sentiments pour le réconforter, tout en se réconfortant eux-mêmes pour la perte de l'homme. Ils le connaissaient tous et l'appréciaient — qui pouvait ne pas l'apprécier ? —, ce qui rendait cette disparition tellement plus douloureuse.
Le soir venu, le professeur McGonagall les convoqua dans son bureau pour leur annoncer le départ en vacances anticipé des Weasley. Harry raconta en détail son rêve à Dumbledore, McGonagall et Scrimgeour. Puis McGonagall raccompagna Harry chez les Gryffondors. On décida de lui faire commencer des leçons d'Occlumancie avec Rogue dès le début des vacances pour couper ce lien involontaire avec l'esprit de Voldemort.
En tant que nouveau leader de l'Ordre du Phénix, Scrimgeour avait été mis au courant pour les Horcruxes, pour la quête que menaient Albus et Edward depuis des mois. Il décida de ne pas prévenir le reste de l'Ordre. Il comprenait que le plus grand secret était de mise, même si la participation des deux membres les plus jeunes ne lui plaisait pas forcément, surtout au vu de l'importance de la mission.
– Des cours d'Occlumancie, donnés par Rogue ? répéta Edward, peu convaincu. Je n'ai rien contre lui, il est un bon espion, il lui arrive d'être un bon professeur, mais donner des cours particuliers d'Occlumancie à Harry Potter, réellement ? Après le fiasco que ça a été avec Envy ? Rogue déteste autant Harry qu'Envy !
– Il ne le déteste pas, corrigea Dumbledore, assis dans son fauteuil pour ce qui était sûrement la dernière fois. De plus, il est le meilleur occlumens que nous ayons. Le seul, en vérité. Je ne peux plus donner de leçons à Harry.
– Vous-Savez-Qui a dû se rendre compte de la connexion, intervint Scrimgeour. Et il l'utilisera. L'Ordre peut être menacé si Vous-Savez-Qui est capable d'atteindre les pensées de Potter. Ma décision est prise. Dès son arrivée au QG de l'Ordre, il prendra toutes les leçons nécessaires sous la supervision du professeur Rogue. Vous-Savez-Qui n'aura pas l'occasion de le contrôler. Tout comme le ministère n'aura pas la possibilité de prendre Poudlard grâce au départ d'Albus demain matin.
– Le ministère a déjà pris racine à Poudlard, rétorqua Envy, les bras croisés, dans un coin. Ombrage est toujours là. Les Aurors aussi. Pour le crapaud, on sait qu'elle est une Mangemort et qu'elle peut rapporter des indices sur l'état de santé de Dumbledore, et pour les Aurors, on n'est sûr de rien. Gurdjieff peut très bien avoir changé de camp.
– Il y a aussi Malefoy et Goyle, renchérit Edward. Ils n'ont plus bougé depuis que le couloir du septième étage a été bloqué, mais avec la perte de votre magie, le mur est tombé. Ils vont recommencer.
– Ils n'ont pas réellement montré la motivation à mener leur mission à terme, répondit Dumbledore.
– S'ils avaient refusé un ordre direct de Voldemort, ils seraient déjà morts tous les deux, rétorqua Envy.
– Ils doivent avoir peur depuis que Gladpy les a dénoncés au Bureau des Aurors, continua Edward. Mais si le Bureau est maintenant sous contrôle Mangemort et que Malefoy et Goyle ont été prévenus, ils vont sûrement recommencer. Vous savez s'ils restent à Poudlard pour les vacances ?
– Non, ils ne restent pas, soupira Dumbledore en ôtant ses lunettes pour essuyer ses yeux humides de fatigue.
– On pourra en profiter pour découvrir ce qu'ils voulaient faire et les empêcher de pouvoir continuer, dit Envy.
– Quelqu'un d'autre s'en chargera, refusa Scrimgeour. Vous deux continuerez la recherche des Horcruxes. Je veux des résultats avant la nouvelle année.
– On n'est pas vos chiens !
– Vous êtes des éléments clés menant la chute de l'ennemi et vous êtes des membres de l'Ordre du Phénix qui est désormais sous mes ordres, leur rappela l'ex-chef du Bureau. Votre accord de participation contenait une close spéciale vous donnant des droits différents, et je ne le permettrai pas plus longtemps. Nous sommes tous égaux dans ce combat et vous n'aurez pas de traitement de faveur. Depuis que vous avez fait vœu de vérité et de protection, vous appartenez à l'Ordre corps et âme, Alighieri. Vous ne pourrez pas quitter l'Ordre à moins de perdre votre magie tout comme Albus l'a fait.
Douche froide. Il marquait un point. Leur moyen de pression s'envolait et avec lui leur liberté. Edward pouvait toujours partir, mais pas Envy, car à moins de découvrir une stratégie meilleure que celle de la chasse aux Horcruxes ici à Poudlard, Envy ne pourrait pas la quitter sans risque. Ce n'était pas ce à quoi ils se seraient attendus. Même leur plan de secours de fuite avec Harry pour le protéger ne fonctionnerait pas, puisque la vie de Harry ne pesait que peu de poids dans cette guerre par rapport aux Horcruxes.
Ils étaient coincés là, malgré la menace inconnue pesant sur Envy à cause de Dumbledore. À l'avenir, ils allaient devoir redoubler de vigilance. Peut-être même mettre Gladpy au courant pour qu'elle garde les yeux encore plus ouverts qu'elle les avait déjà.
Trois jours plus tard, l'enterrement d'Arthur Weasley eut lieu dans l'intimité de la famille et des amis les plus proches. Ce fut la première fois qu'ils virent Ron depuis son départ en trombe le dimanche. Les frères et sœurs en deuil tenaient le coup plus ou moins bien. Molly se montrait courageuse et elle fit part de sa détermination décuplée de vaincre l'Ordre Noir dans un discours chargé de fierté pour son mari disparu dans sa mission. La cérémonie dura toute la matinée dans les murmures et les pleurs.
L'après-midi venue, Envy, Gladpy, Edward, Harry et Hermione furent raccompagnés à Poudlard pour le reste de la dernière semaine de cours avant les vacances. Les deux meilleurs amis de Ron avaient initialement été invités à passer Noël chez les Weasley au Terrier, mais étant donné les circonstances, la famille préféra se retrouver dans l'intimité pour faire leur deuil et organiser leur nouvelle dynamique familiale. Sans le chef de famille pour pourvoir à leurs besoins, la situation était critique.
Sirius invita Harry à fêter Noël avec lui à Square Grimmaurd et le garçon accepta. Il avait besoin lui aussi de se retrouver en famille pour trouver le réconfort dont il avait tellement besoin. De plus, il serait en bien meilleure sécurité là-bas qu'à Poudlard, qui devait s'habituer à sa nouvelle direction en la personne de Minerva McGonagall. L'adaptation n'était pas aussi simple que ce que l'on pouvait croire. Le Conseil d'Administration avait fait des dizaines de vérifications de toutes sortes — physiques, mentales, CV... — jusqu'à accepter sa prise de fonction.
La presse en avait fait choux gras. Les questions sur le départ précipité de Dumbledore pleuvaient, et les journalistes n'avaient interrogé McGonagall que sur ce sujet pendant l'interview qu'elle dû donner à sa prise de poste. Grâce au Chicaneur, l'Ordre avait pu faire face à la panique du sorcier moyen grâce à la désinformation, en publiant des articles sur la lutte que Dumbledore voulait mener plus activement contre l'Ordre Noir. Heureusement, l'opinion publique sur le grand mage restait la fidélité et la confiance ainsi que l'admiration. Personne n'allait jusqu'à penser qu'il puisse être impuissant. Alors penser qu'il puisse être mourant... Inconcevable.
Dans cette agitation, les vacances firent leur apparition au grand soulagement des habitants de Poudlard. L'équipe d'Aurors diminua avec le départ de tous les élèves, et même les professeurs quittèrent le navire. Lors du premier week-end de vacances, Envy, Edward, Gladpy, McGonagall, Trelawney, Hagrid et trois Aurors furent les seuls habitants restants.
Dumbledore habitait chez Sirius depuis sa démission. Pomfresh l'avait suivi pour s'occuper de sa santé et chercher un moyen de lui permettre de survivre plus longtemps et moins douloureusement. Rogue, quant à lui, était également hébergé par un Sirius réticent, puisqu'il devait donner des leçons intensives d'Occlumancie. On ne pouvait pas envier les vacances de Harry.
