Chapitre vingt-cinq : Le syndrome du survivant


Après de nombreuses et lourdes défaites, la chance tourna deux jours après la création de l'Équipe.

Le jour de la Saint-Valentin, le groupuscule de résistance contre la tyrannie Mangemort était sur le point de remporter l'une des plus importantes batailles de la Seconde Guerre Sorcière en reprenant le contrôle de l'école de sorcellerie Poudlard. En effet, la veille de l'attaque, leur espion amateur, Neville Londubat, leur fournit une information cruciale, dévoilant le plan dont Drago Malefoy et Gregory Goyle avaient gardé le secret depuis la rentrée.

Grâce à ce renseignement, Maugrey concocta un plan d'attaque incluant l'Armoire à Disparaître de chez Barjow et Beurk, sœur d'une seconde dissimulée dans la Salle sur Demande à l'intérieur de l'école. Suite à la mort largement médiatisée d'Albus Dumbledore, la reprise de Poudlard des mains de l'ennemi représenterait le symbole dont la résistance avait le plus besoin pour redonner espoir à la population.

C'est ainsi que le matin du quatorze février, un groupe composé des ceux ayant participé à la Bataille du Département des mystères, accompagnés de Bill et Charlie Weasley, partirent à la conquête de Poudlard, laissant derrière eux trois jeunes gens désœuvrés au quartier général.

Suite à sa grave blessure causée au ministère, Ron avait été forcé à rester derrière pour poursuivre sa convalescence. Dudley Dursley, inutile en combat et de toute manière exclu de l'Équipe, resta rue Goldrop également. Évidemment, la décision finale de Maugrey concernant la liberté de mouvement d'Envy n'avait pas changé en deux jours et l'Homonculus avait été forcé à rester cloîtré. Autant dire qu'il le vivait plutôt mal.

– Envy ? Je peux... m'approcher ?

– Je mords pas.

– Va dire ça à McKollughan, marmonna Ron en s'accoudant sur le rebord de la fenêtre où Envy s'était allongé. Fred et George ont réussi à lui faire montrer sa cicatrice. C'était vraiment moche. Mais brillant !

Comme souvent lorsque son ami ouvrait la bouche, Envy finit par sourire malgré sa morosité. S'il y avait bien une personne qui parvenait encore à provoquer ce genre de réaction, c'était bien Ron. Excepté Edward, le rouquin était le seul être humain dont le regard n'avait pas changé avec l'apparence de l'Homonculus. Il continuait à le regarder comme s'il était resté le même Envy qu'il avait toujours connu. En sa présence, Envy ne se sentait pas l'animal de compagnie qu'il avait l'impression d'être aux yeux des autres. C'était un répit dont il avait profondément besoin. Surtout depuis sa « mise à l'arrêt ».

– Tu n'es pas censé surveiller l'autre lourdaud ?

Ron grimaça.

– Il est... occupé. De toute manière, la porte d'entrée est enchantée. Il ne sortira pas. Pourquoi est-ce que je devrais le surveiller ?

– Pour qu'il ne dévore pas nos réserves de nourriture jusqu'à la dernière miette.

– J'ai placé un maléfice sur les placards, répondit Ron en haussant les épaules.

Ils observèrent le paysage forestier en silence tandis que le jour se levait, illuminant les sacs de couchage multicolores qui se superposaient sur le sol du grenier. La vie à Goldrop avait bien changé et si Edward n'était pas porté disparu, Envy aurait apprécié ce quotidien avec ses amis. Mais Edward n'était pas là. Et Envy était prisonnier. Rien n'allait.

– Tu penses qu'ils sont déjà arrivés à Poudlard ? murmura Ron, le menton posé sur ses poings serrés.

– Sûrement.

– J'aimerais être avec eux...

– Ils sont largement suffisants pour reprendre le contrôle sur les Carrow et les quelques élèves apprentis Mangemorts. En plus, j'ai entendu que Rogue va leur faciliter la tâche avec quelque chose en rapport avec les Carrow. J'ai pas écouté plus.

Ron poussa un soupir à fendre l'âme.

– Ça peut quand même mal tourner. Quelqu'un pourrait être capturé ou blessé... ou tué.

Le ton du rouquin se chargea d'une émotion qu'Envy eut du mal à identifier. Il dévisagea le géant à ses côtés et remarqua ses yeux humides et rougis. Depuis le premier enlèvement par Voldemort, c'était commun occurrence de croiser des regards endeuillés, mais à part Ron, personne n'avait si mauvaise mine. Préoccupés par d'autres affaires, les habitants de Goldrop avaient mis son comportement sur le compte de sa convalescence qui ne se déroulait pas aussi bien qu'elle aurait pu, surtout en raison du manque d'espace pour se reposer convenablement.

Mais Envy se dit tout à coup qu'il devait s'agir d'autre chose.

– Dis-moi quel est ton problème.

Ron émit un reniflement moqueur.

– Vraiment ? À part ma famille qui se réduit de plus en plus, mes amis qui disparaissent et cette fichue guerre qui fait tellement de victimes ? Je me demande vraiment quel est mon problème !

D'un revers de manche, il essuya quelques larmes qui s'étaient échappées contre son gré.

– À l'heure qu'il est, ma famille est là dehors à combattre des Mangemorts. Et moi je suis là, impuissant !

– Tu veux te battre.

– No — Oui ! Je ne veux pas laisser mes amis partir sans moi. Mais je... Je ne veux pas me battre. J'ai trop... Je... Depuis cette nuit au ministère, je n'arrête pas de penser à... À cette salle. À ce qu'il s'est passé. Je fais des cauchemars toutes les nuits. Dès que je ferme les yeux, je pense à...

Ron s'agrippa les cheveux à pleines mains et se tut dans une grimace tordue. Cette fois, il ne tenta même pas de sécher ses larmes qui coulèrent librement. Une série de hoquets le prit à la gorge et il enfouit son visage rouge entre ses bras croisés. Il pleura longtemps et fort et Envy ne sut quoi faire pour le réconforter. Alors il se lova contre la main de Ron et attendit que son chagrin s'estompe.

– Je l'ai tué ! sanglota Ron d'une voix étouffée. J'ai tué un homme !

Envy cligna plusieurs fois des paupières.

– De qui tu parles ?

– Je ne sais même pas, pleura Ron. Je n'ose pas...

Son discours ne fit plus grand sens après ça. Envy ne comprenait pas de quoi parlait Ron, mais il avait l'air d'en souffrir énormément. Visiblement, il avait gardé toute cette douleur au fond de lui sans en parler à personne pendant tout ce temps. Comment avaient-ils pu passer à côté d'un si grand malaise ? Étaient-ils tous si aveuglés par leur propre chagrin qu'ils ne pouvaient plus voir que l'un des leurs cachait des émotions pareilles ?

– Ron, parle-moi. Dis-moi de quoi tu parles. S'il te plaît.

Le visage humide de Ron sortit de ses bras un instant pour dévisager Envy avant de disparaître à nouveau.

– Tout le monde s'en fiche. Ils se disent que c'est seulement un Mangemort de moins. Je ne sais même pas son nom, cracha Ron. J'imagine que McKollughan a récupéré son corps, qu'il a été rendu à sa famille, s'il en avait. Mais personne n'a rien dit. J'ai écouté pendant toutes les réunions. Personne n'a rien dit. Tout le monde s'en fiche complètement. Personne ne m'a même demandé comment je le vivais. Est-ce que tous mes amis pensent que je suis un monstre ? Ça ne leur fait rien de savoir que j'ai tué quelqu'un ?

Tout à coup, Envy se souvint d'un détail qu'il avait entendu quand on lui avait raconté le déroulement de la Bataille. Un Mangemort avait été retrouvé noyé dans une « salle aux cerveaux ». Avant, il ne s'y était même pas intéressé, la disparition d'Edward ayant pris le dessus sur toute autre information. Maintenant, il n'arrivait même pas à se sentir coupable. Ce Mangemort avait décidé de s'engager auprès de Voldemort et il en avait payé le prix. Ron n'avait pas l'air de vouloir entendre ça.

– Jugson.

Ron releva la tête et fixa Envy sans comprendre.

– Tu parles bien du Mangemort qui a été tué par des cerveaux ? Eh bien son nom, c'était Jugson.

– C'est moi qui l'ai tué, pas les cerveaux, rétorqua Ron.

– Qu'est-ce qu'il s'est passé exactement ?

– On... Hm... On a perdu Luna avant d'être attrapés par les Mangemorts, et quand on les a semés, on a dû partir à sa recherche. On voulait retourner sur nos pas et... Mais les Mangemorts nous ont rattrapés. Dumbledore les a ralentis dans la Salle des douze portes et on en a profité pour fuir... On est arrivés dans la Salle des cerveaux... Même si Dumbledore était incroyable... Surtout en sachant qu'il n'avait plus sa magie... Des Mangemorts nous ont suivis... Et... Il y avait des flashs, des maléfices, des cris... Sirius est apparu. Et d'autres membres de l'Ordre. Certains ont fui dans la Salle de la Mort. Moi, j'étais derrière avec Hermione. Jugson l'a blessée et j'ai... perdu la tête. J'ai cru qu'elle... Et après j'ai... j'ai bondi, je crois. On est tombé dans le réservoir. Il y avait ces... ces tentacules. C'était... affreux. Ils nous ont attrapés tous les deux... J'ai vu des choses... C'était... Je n'arrive pas à oublier ses yeux. Je l'ai tenu... Je l'ai tenu sous la surface.

Voilà qui était... malheureux. Envy n'avait pas la moindre idée de comment répondre à une telle histoire. Quelques mois plus tôt, Gladpy et lui avaient tenu une conversation semblable et pourtant complètement différente. Si seulement Edward était là. Lui trouverait les mots justes.

– Tu ne devrais pas te sentir coupable.

Le visage de Ron s'assombrit.

– Tu crois que je ne sais pas ça ? C'était un Mangemort, sûrement un meurtrier et il faisait même peut-être partie de ceux qui ont capturé ma mère et mon frère ! Je ne veux pas me sentir coupable pour la mort d'un type pareil, mais je ne peux pas m'en empêcher. C'est pas aussi simple que ça ! Je... Je pensais comme ça avant. Je pensais que les Mangemorts méritaient tous de mourir ou de finir à Azkaban avec des Détraqueurs pour seule compagnie pour le restant de leurs jours. Mais quand j'ai vu cet homme mourir... Je me suis dit que c'était mal.

– C'était nécessaire.

– C'est exactement ce qu'ils ont dit quand ils voulaient tuer Ed. C'est mal, mais nécessaire. Ça n'excuse rien.

– C'était de la légitime-défense ! C'était toi ou lui. Si tu ne l'avais pas mis hors d'état de nuire, il vous aurait tué, Hermione et toi. Ensuite il aurait peut-être tué quelqu'un d'autre. Harry, tes frères, Ginny. Il aurait pu tuer n'importe qui. Tu as sauvé des vies.

– J'ai pris une vie.

– Tu as sauvé des vies innocentes.

– Ça ne change rien au fait que j'ai tué un autre être humain ! Tu ne comprends pas ! Personne ne comprend ! Tout le monde s'en fiche, mais c'est pas mon cas !

– Je suis désolé, Ron. Je ne suis vraiment pas bon pour ce genre de choses. Mais je te comprends. Je sais ce que ça fait, de prendre une vie.

Ron le fixait intensément désormais. Il avait depuis longtemps arrêté de pleurer pour laisser place à la colère.

– Quoi ? Toi aussi, tu...

– On vous l'a dit, qu'Ed et moi on vient d'un pays qui était en guerre. Ce que tu vis maintenant, on l'a déjà vécu. J'ai tué des gens. Des gens innocents. C'est pour ça que j'ai du mal à comprendre ta culpabilité quand toi, tu as sauvé des vies en nous débarrassant de ce Mangemort.

– Qu'est-ce que tu veux dire, quand tu dis « des gens innocents », chuchota Ron, qui avait l'air malade tout à coup.

– Je vous l'avais déjà dit. Je n'étais pas dans le bon camp. J'étais un monstre, Ron. J'étais comme ceux qui ont tué ton père, et qui font du mal à ta mère et ton frère. J'étais comme ceux qui torturent Ed.

– Mais... Tu as dit que tu n'avais pas le choix... Et ta famille... C'est différent. Tu n'avais pas le choix. Et depuis... Tu... tu as sauvé tellement de monde ! Tu es un héros, même si la Gazette pense autrement, ils ont tort !

– Je n'ai pas toujours été comme ça. Ed m'a changé. Avant, je ne ressentais rien après avoir tué. Il m'a fallu des années avant d'en arriver où tu en es aujourd'hui. Et ce que tu ressens, à cause de ce que tu as fait, tu ne dois pas le voir comme une faiblesse.

– Mais c'en est une ! Je suis paralysé. J'ai peur de me battre. Je ne veux pas devenir comme Dumbledore ou Scrimgeour.

– Tu ne deviendras pas comme eux. Cette culpabilité qui t'effraie tellement, c'est la preuve que tu es quelqu'un de bien. Ça prouve que malgré toutes les horribles choses qui te sont tombées dessus, tu as gardé ton humanité. Et ça, c'est une force.

– Ce n'est pas avec mon « humanité » qu'on va gagner la guerre. Même si je refuse de devenir comme les Mangemorts, je ne peux pas non plus rester comme je suis si je veux aider. Je ne peux pas risquer de rester figé alors qu'un ami est sur le point de se faire tuer.

– Alors, entraîne-toi. Jusqu'à ce que tu sois assez fort pour ne pas avoir besoin de tuer pour sauver tes amis.

– Je ne suis pas assez doué...

– C'est à ça que sert l'entraînement ! Apprends à contrôler ta magie, apprends des sortilèges, apprends à réagir en cas de crise. Tu es un brillant stratège. Tout le monde le sait. Utilise ce talent pour éviter les morts, que ce soit dans un camp comme dans l'autre.

– Mais c'est impossible de survivre à une guerre comme ça...

– Ed l'a fait. Ed a décidé que toutes les vies avaient la même valeur. Bien sûr, éviter de tuer l'a mis dans le pétrin plus d'une fois, et il a dû faire des sacrifices, mais il a tenu bon. Et il a survécu. Il a gagné. Peu importe ce que l'on pensait de lui et qu'on voit ça comme une faiblesse. Au final, c'est lui qui a remporté la victoire.

– Je ne suis pas aussi fort que lui, ni aussi courageux, marmonna Ron avec honte. Je ne veux pas que l'on pense que je suis faible.

– Oublie ce que les autres pensent. Le plus important, c'est que tu ne gardes aucun regret. Si tu commences à imiter les autres et faire des choses contre ta nature, tu devras vivre avec ce poids tout le reste de ta vie. Tu te souviens du discours de Dumbledore au banquet à la fin de l'année dernière ? Tu as toujours le choix. Soit le Bien, soit la facilité. Tu vois ce que ça signifie que ces deux mots soient opposés ? Le Bien n'est pas facile à atteindre. C'est pour ça que certains veulent que l'on exécute Ed. Parce que c'est facile. Tu n'es pas obligé de suivre leur exemple. Tu peux choisir ta propre ligne de conduite, peu importe ce que ton entourage veut de toi.

– Qu'est-ce que ça change, à la fin ? Que j'ai des regrets ou pas, qu'on gagne en tuant ou pas ? Explique-moi, demanda Ron avec un regard implorant. J'ai besoin de savoir. Est-ce que ça en vaut l'effort ? Tu as dit qu'Ed a dû faire des sacrifices... Est-ce que le prix en valait le coup ? Qu'est-ce qu'il a gagné en échange des vies qu'il a épargné ?

– Il n'a rien gagné. Et c'est là toute la beauté du truc.

– Je ne comprends pas.

– Il n'attendait rien en retour. Il l'a fait parce que c'était juste. Et ça, crois-moi, ça fait la différence sur-le-champ de bataille. Bien sûr, certains ont profité de la « faiblesse » d'Ed pour le poignarder dans le dos, des fois littéralement. Mais ça, c'est ce que certains qui ne comprenaient pas ont choisi de voir. Parce que tous les autres, ils ont changé après leur rencontre avec Ed. Certains n'attendaient qu'une main tendue et la preuve qu'il restait des choses bonnes pour lesquelles se battre. Ils ont repris espoir, ils ont vu leurs erreurs.

– Tu veux dire qu'en épargnant des ennemis, Ed a réussi à leur faire changer de camp ? Vraiment ?

– J'en suis la preuve. Tu n'as pas eu l'air de me croire tout à l'heure, mais j'étais vraiment une très mauvaise personne. Les amis d'Ed voulaient me tuer pour mes crimes, et même moi j'aurais été d'accord pour dire que c'était la meilleure chose à faire dans leur situation. Pourtant, il a suffi d'un unique geste de bonté pour que ma vie change du tout au tout. Et ça, ce qu'il a fait ce jour-là en épargnant ma vie, c'était la plus grande preuve de courage que quiconque ait pu montrer.

Ron laissa passer un silence contemplatif avant de se mettre à marmonner.

– Ça a presque l'air facile quand tu en parles.

– Contrairement à ce qu'on peut penser, Ed n'est pas né avec un guide de la Bonté imprimé dans le crâne. Il a traversé des épreuves, comme toi, et au lieu de se prostrer comme un animal blessé dans un coin, il a pris les rênes de sa vie et a décidé que sa conscience lui importait le plus.

– Et toi ?

– J'apprends encore.

– Tu penses sincèrement que je suis capable de devenir comme ça ?

– Oui. Si des gens arrivent à me voir comme une bonne personne aujourd'hui, alors je suis persuadé que tu peux devenir un vrai héros comme Ed.

– Ou comme toi.

Envy écarquilla les yeux.

– Quoi ? Je ne suis pas un héros ! Je suis à peine une personne décente !

– Tu ne te donnes pas assez de crédit, commenta Ron avec un air chaleureux. Tout le monde sait que tu mets Ed sur un piédestal et sûrement pour de bonnes raisons, mais l'inverse est vrai aussi.

– N'importe quoi.

– Je pense que tu ne te rends pas compte, mais d'après ce que tu me dis, tu as beaucoup changé. Ed en tout cas le sait. Même moi je vois la différence entre la personne que tu étais quand tu es arrivé et celui que tu es maintenant ! Tu n'as rien à envier à Ed.

– Tu exagères un peu. On a tous quelque chose à envier à Ed.

Ron renifla.

– Pas tort. N'empêche que ça ne change rien au Patronus d'Ed.

– Hein ?

Un sourire malicieux étira la bouche de Ron et ses yeux se mirent à pétiller. La vision faisait plaisir à voir après des jours à se morfondre. Cependant, ça ne faisait qu'amplifier l'incompréhension d'Envy.

– C'est toi, idiot.

– M — Oh. Ça m'revient. C'est quoi le rapport ?

– Tu as l'air de penser qu'Ed est Monsieur-Parfait et il se trouve que le Patronus de Monsieur-Parfait prend ton visage. Ça doit bien dire qu'il te considère comme plus qu'« à peine décent ». Si quelqu'un de bien comme lui t'apprécie autant, c'est que tu en vaux la peine, tu ne penses pas ?

– Comment notre conversation a fait pour en arriver là ? grommela Envy en s'éloignant pour s'asseoir contre la fenêtre.

– On parlait de nos gros problèmes de confiance en soi.

Envy plissa les yeux.

– T'as retrouvé de ton insolence, on dirait.

– Tu as cette tendance sur les honnêtes gens.

Ils partagèrent un sourire complice. Il y eut un cri étouffé quelque part dans la maison.

– Merci, Envy.

– Y a pas de quoi... Tu devrais peut-être aller voir ce que l'autre fabrique en bas à couiner.

– Mes placards piégés ont fait leurs preuves, se réjouit Ron en se levant avec plus d'énergie qu'à son arrivée. Et il n'y a pas de raison que je subisse la compagnie de Dudley tout seul. Tu viens avec moi. Hum ?

Il tendit la main sur le rebord, invitant Envy à monter sans pour autant l'y forcer comme tout le monde se le croyait permis. Il y avait donc bien une raison pour qu'il soit son préféré, pensa Envy avant de grimper le long du bras du rouquin et de se percher sur son épaule. Quand Ron atteignit le salon, Dudley était prostré sur le canapé où il suçait ses doigts gonflés pour atténuer les effets du sortilège cuisant.

Dès qu'il les vit, le moldu quitta la pièce en vitesse pour se réfugier dans la cuisine. Ron ricana avant de brusquement s'arrêter. Il scruta la porte où Dudley avait disparu avec une expression pensive et se mit à mâchonner sa lèvre inférieure avant de bomber le torse et d'entrer dans la cuisine. Dudley contourna à la hâte la table pour s'éloigner de l'entrée. Son air méfiant s'intensifia lorsque Ron resta immobile sans parler pendant un long moment. Alors qu'Envy comptait lui demander ce qu'il fabriquait, Ron prit la parole :

– Ça te dit, une partie de cartes ?

– Tu ne m'auras pas avec tes tours ! Je connais vos cartes bizarres qui explosent.

– On a des cartes mol — normale aussi, proposa Ron, de plus en plus tendu. Je me disais seulement que... On a commencé du mauvais pied. On a vraiment été durs avec toi et j'aimerais me racheter.

Lorsque Ron sortit sa baguette, Dudley se colla dans le coin opposé de la pièce, comme s'il essayait de se fondre dans le mur. Même quand Ron rangea sa baguette après avoir ôté les pièges des placards, le moldu demeura crispé, attendant l'attaque. Pour ne pas l'effrayer davantage, le sorcier prit un sachet de friandises sur une étagère et le posa sur la table qui les séparait.

– Mon offre reste ouverte... Si tu veux nous rejoindre, on sera dans le salon.

Dudley resta parfaitement immobile et ne répondit pas, mais Ron ne s'en offusqua pas et opéra un repli stratégique dans le salon où il s'affala dans le canapé, faisant fuir Greta qui se cachait dessous. Envy sauta de son épaule pour se coucher sur l'accoudoir et son chat le rejoignit bientôt, s'enroulant autour de lui avant de lui faire sa toilette à coups de langue vigoureux. L'Homonculus maugréa pour la forme. En vérité, le comportement affectueux de son animal de compagnie lui faisait chaud au cœur.

– Donc, Dudley hein...

– Oh, tais-toi, marmonna Ron en rougissant. C'est facile de le laisser se débrouiller tout seul alors qu'il a besoin d'aide. Tu ne crois pas ? Je veux dire... On l'a bien vu avec Harry. Il a vu des choses horribles et aucun adulte n'a pensé à l'aider. Même nous, Hermione et moi, on n'y a pas pensé, parce que si les adultes disent que tout va bien, alors ça doit être vrai ? Il a fallu qu'Ed intervienne, comme d'habitude, pour réparer les erreurs des autres. Et là, c'est la même chose pour Dudley. Les adultes ne s'occupent pas de ce genre de problèmes. À part Lupin, qui fait des efforts des fois... Donc je me dis...

– Que si personne n'intervient, tu devrais le faire.

– C'est ce qu'Ed ferait.

– Ouais. C'est ce qu'il ferait.

– Tu penses que j'ai tort ?

– Je pense qu'il mérite au moins ça. Avec un coup de pouce, il pourrait même s'améliorer, qui sait.

Ron hocha la tête distraitement tout en suivant Pattenrond des yeux jusqu'à ce que le chat se love contre Greta et Envy. Les deux félins se mirent à ronronner de toutes leurs forces, faisant grincer Envy des dents alors que ses tympans se faisaient maltraiter. Ron se moqua de lui gentiment jusqu'à qu'Envy se mette à se débattre mollement pour échapper aux chats trop collants.

Surpris par le silence soudain de son ami, Envy cessa de remuer et lui lança un regard interrogateur. Ron détourna la tête en soupirant et ses épaules s'affaissèrent.

– Tu étais sérieux quand tu as dit que tu voulais te livrer à Tu-Sais-Qui ?

– Pourquoi ? Tu veux m'aider ? s'emballa Envy en sentant l'espoir poindre.

– Non ! Non, répéta Ron plus doucement après le mouvement de recul de l'Homonculus. Non, je ne ferai jamais ça.

Déçu, Envy lui tourna le dos. Pendant une seconde, il avait cru à sa chance.

– Envy... S'il te plaît, ne m'en veux pas. J'ai déjà perdu tellement de personnes à qui je tiens. Je ne veux pas que toi aussi tu t'ajoutes à la liste.

– Je ne vais pas mourir. Pas avec mon plan.

Ron déglutit bruyamment.

– Depuis avant-hier, je n'arrête pas de penser à ce que tu as dit, et je ne peux pas m'empêcher de me poser la question... Est-ce que tu as vraiment un plan ? Est-ce que tu ne fais pas ça seulement pour retrouver Ed ? Ne t'énerve pas, se défendit Ron en voyant l'expression d'Envy. Mais avec les autres, on se pose sérieusement la question. On en a discuté hier soir et... Tu dois regarder ça de notre point de vue... Sirius et toi, vous aviez l'air... tellement... bizarres tout à coup.

– Je sais.

– Donc tu comprends qu'on hésite à te croire ?

– Oui. Mais ça ne change rien au fait qu'étant mes amis, vous êtes censés me faire confiance malgré tout. En plus, c'est pas comme si j'étais seul dans cette affaire. Sirius me croit, parce qu'il sait de quoi je parle. Même si j'avais perdu les pédales du jour au lendemain, que quelqu'un d'autre me soutienne devrait vous convaincre que je n'invente pas ce que je raconte.

– Sirius a l'air vraiment bizarre depuis le ministère, rétorqua Ron. J'ai entendu Remus en parler avec Tonks et Maugrey l'autre jour, avant la réunion. Il a changé.

– Vous avez tous changé après cette nuit-là. Certains plus que d'autres. Tu es bien placé pour le savoir.

– C'est différent pour Sirius !

– En quoi ?

– Euh... Il... Je sais pas, admit finalement Ron. Tu as raison... On s'inquiète beaucoup, ces derniers temps. Surtout à propos de toi, si tu veux tout savoir.

– Pourquoi moi en particulier ?

– On voit bien que l'absence d'Ed te touche énormément. Et connaissant votre relation... on a de quoi être inquiets quand tu annonces une mission suicide du jour au lendemain. Comme par hasard juste après que quelqu'un ait envisagé de le tuer. On y a beaucoup réfléchi et on a peur que ce soit un acte désespéré...

– Je ne suis pas désespéré. Plus maintenant en tout cas. J'ai vraiment un plan et je suis sûr qu'il fonctionnera ! Vous croyez quoi ? Je ne suis pas comme Dumbledore. Je ne vais pas me lancer dans un dernier acte de martyr inutile et mourir pour les beaux yeux du nabot !

– Ça ressemble étrangement à ça, à nos yeux ! Tu ne te rends pas compte que la dernière fois qu'on a vu Ed avant le ministère, c'était quelques heures avant son suicide ? Oui, il était simulé. Mais je t'assure que la réaction d'Ed quand il a appris ta mort était tout sauf simulée, elle !

Envy blêmit soudainement. Edward ne lui avait jamais parlé de ça.

– Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

Les mots peinèrent à franchir les lèvres serrées de Ron.

– Le matin après ton... arrestation, la Gazette a annoncé que tu avais subi le Baiser du Détraqueur et Ed... Il a débarqué dans la Grande Salle pendant le petit-déjeuner. Il avait l'air complètement... Il... Hermione l'a décrit comme « dévasté » et je crois bien que c'est le mot. Il hurlait. Il a juré de te venger et il a menacé Ombrage et Gladpy de mort. Quand les professeurs ont essayé de le ramener à l'infirmerie, il s'est mis à les frapper. Il a fallu que Hagrid intervienne pour le traîner dehors.

Définitivement personne ne lui avait raconté cette version des faits. Envy s'imagina la scène pendant un instant avant de se sentir nauséeux.

– Je ne savais pas...

– Tu devais bien te douter qu'il réagirait mal, fit remarquer Ron tristement. Ed a tendance à réagir de façon hystérique quand ça te concerne. Comme au bal de Noël, ou à ton retour de la troisième tâche. On a peur que tu suives la même voie que lui, maintenant que c'est lui qui est en danger.

– Je ne suis pas aussi émotif que lui.

– Vraiment.

– Oui, vraiment.

– Pourtant je me rappelle d'une fois où tu as fouillé tout le château de fond en comble pendant des heures avant de faire une crise de panique parce qu'Ed avait disparu.

Envy émit un grognement d'avertissement. Il n'aimait pas la tournure que prenait leur conversation.

– J'ai paniqué. Une fois ! C'est rien comparé aux réactions excessives du nabot. Je sais penser avec ma tête en situation de crise et contrairement à lui, je n'ai pas une once de courage Gryffondor en moi. Seulement le sang froid des Serpentards.

– Hum hum.

– Tss. Lâche l'affaire. Si tu refuses de me croire quand je dis que j'ai un plan, alors tant pis pour toi. Je trouverai bien un moyen pour m'échapper d'ici.

Ron refusa de répondre à la provocation et ils passèrent la prochaine heure en silence. Au bout d'un certain temps, Dudley finit par trouver son courage et les rejoignit. Ron et lui jouèrent plusieurs parties de cartes comme promis, mais ils ne débordaient pas d'enthousiasme. Pour cette raison, quand le Miroir de Xenophilius se mit à scintiller, Ron y fut en un bond.

– « Poudlard est sauvée ! » s'exclama la voix surexcitée d'Hermione. « Tout le monde va bien, aucun membre de l'Équipe n'est blessé. Remus va venir vous chercher. Il sera au QG dans peu de temps. Est-ce que tu peux demander à Envy que ses follets remballent toutes nos affaires ? On va pouvoir retourner vivre dans la tour Gryffondor, tu te rends compte ? »

La sorcière prit à peine le temps de respirer pendant sa tirade et son visage rayonnait. Son excitation les contagia aussitôt et Envy commanda immédiatement à ses follets de ranger leurs malles et de les miniaturiser pour le trajet. Dudley observa leur effervescence de loin d'un air incertain avant d'oser s'approcher pour écouter le récit frénétique d'Hermione. Pendant tout le temps qu'il fallut à Remus pour les rejoindre, la sorcière fut inarrêtable et son débit de parole aurait pu les faire pâlir s'ils n'étaient pas aussi agités qu'elle.

Remus apparut bientôt dans le salon et récupéra les malles rétrécies dans un sac tandis qu'il fouillait dans un tas de parchemins laissés pendant la réunion de la veille.

– Scrimgeour va remplacer Rogue à la direction de Poudlard, annonça-t-il quand Ron l'assomma de questions. Sa première décision a été d'exiger la vérification de tous les habitants du château pour la Marque des Ténèbres.

– Est-ce que vous allez leur proposer de changer de camp ? demanda Ron.

Remus eut l'air légèrement étonné puis sourit doucement.

– Oui, nous prévoyons de proposer de l'aide aux élèves qui ont été contraints à rejoindre les Mangemorts. Poudlard va redevenir un endroit sûr pour se réfugier loin de la guerre, comme elle l'a été pendant la Première Guerre. Toi aussi, Dudley, tu y es le bienvenu. Tu seras logé à Poudlard jusqu'à la fin de la guerre. Si tu le désires, bien sûr.

L'imposant garçon eut l'air soulagé et nerveux à la fois avant de hocher la tête avec détermination.

– Je veux y aller.

– Allons-y, dans ce cas. Les autres ont prévu de fêter cette victoire ce soir.

Sur ce, ils quittèrent Goldrop et transplanèrent devant les grilles de Poudlard. Pendant le trajet qu'il passa dans la poche frontale de Ron, Envy admira le paysage en ressentant une puissante nostalgie à laquelle il ne s'était pas attendu. Il n'avait quitté cet endroit que pour un mois et pourtant il avait l'impression tenace qu'une éternité avait passée depuis cette fameuse nuit de son arrestation.

Ce sentiment se dissipa quand il vit la lisière encore calcinée de la forêt interdite. Les dégâts du combat semblaient encore tellement récents ! Des traces noires marquaient les emplacements où les sorts des Aurors avaient ricoché lorsqu'ils avaient attaqué l'Homonculus. Des empreintes de griffes géantes parsemaient le sol givré et Envy reconnut en un clin d'œil l'endroit où il était tombé en poussière, car une silhouette fantomatique grisâtre collait à l'herbe desséchée.

– Impressionnant, commenta Ron, mal à l'aise. Personne n'a pensé à nettoyer ça ?

– Ils avaient de nombreuses préoccupations bien plus urgentes, répondit Remus.

Leur ancien professeur les accompagna jusqu'à la salle commune de Gryffondor où Harry, Hermione et Ginny étaient portés en triomphe. La situation avait dû être beaucoup plus catastrophique qu'ils le pensaient. De nombreux élèves portaient des marques fraîches de coups ou des coupures profondes dans le dos de la main. Pourtant, pas un seul visage n'aurait pu donner l'impression que les adolescents présents étaient tout sauf indéniablement heureux. Quelqu'un avait entendu leur appel et les avait libérés de l'oppresseur.

Quand il vit que la Bièraubeurre coulait à flots et que certaines jeunes filles papillonnaient des yeux dans sa direction, Remus jugea qu'il était temps de rejoindre l'Équipe pour continuer à chercher d'éventuels porteurs de la Marque des Ténèbres. Au passage, il récupéra Envy qu'il glissa dans sa poche malgré ses vociférations. Malheureusement pour lui, Maugrey avait interdit qu'il soit laissé sans surveillance, au cas où l'idée lui viendrait de leur fausser compagnie.

– Un toast pour Neville Londubat, notre héros ! s'exclama Ginny.

Avant que la porte de la salle commune se ferme, Envy eut à peine le temps d'apercevoir le visage rougissant et euphorique de Neville avant d'être porté en triomphe à son tour. Ensuite, il n'entendit plus que la clameur lointaine des festivités tandis que Remus prenait la direction des cachots.

– Vous ne vérifiez que les Serpentards ? reprocha Envy en scrutant le menton de Remus — seule partie qu'il voyait de la poche.

– Sirius, Harry, Hermione, Ginny et moi avons vérifié les Gryffondors avant que je vienne vous chercher. Shacklebolt, Xenophilius, Luna, Bill et le professeur Flitwick s'occupaient des Serdaigles la dernière fois que j'ai demandé. Tonks, Charlie, Fred, George et le professeur Chourave se sont proposés pour inspecter les Poufsouffles et nous rejoignons Scrimgeour, Maugrey et Sirius chez les Serpentards. Tu n'as donc pas à t'inquiéter que nous discriminions ta Maison, Envy. Nous savons mieux que personne que la Maison auquel on appartient ne définit pas qui nous sommes.

Envy avait complètement oublié Peter Pettigrow. Le ton aigre de Remus prouvait que lui n'avait pas oublié le moins du monde la trahison de son ancien ami. Envy se sentit un peu coupable d'avoir jugé la situation si hâtivement, mais il ne s'excusa pas. Après tout, il était toujours en colère contre le traitement qu'il subissait actuellement.

Dès qu'il reconnut le couloir menant à la salle commune des Serpentards, Envy se cacha au fond de la poche.

– Ah, Remus, tu as raté tout l'amuse —

– Sirius ! Que s'est-il passé ?

Remus avait l'air inquiet. Envy se retint de jeter un œil.

– On a eu un petit problème avec Goyle Jr. Il n'était pas vraiment intéressé par notre offre. On a dû l'isoler en attendant de savoir quoi faire de lui. C'est déjà le troisième qui adhère au modèle Mangemort et qui n'en démord pas. Les deux autres sont des septièmes années de Serdaigle. Flitwick les a isolés dans une salle du sixième étage. Le groupe qui est avec les Poufsouffles n'a trouvé aucun suspect pour le moment. Croisons les doigts pour que ça continue.

Après ça, les deux Maraudeurs rentrèrent dans la salle commune. Des conversations à voix basse parvinrent jusqu'à Envy, qui même en tendant l'oreille n'en comprit pas un traître mot. Ensuite, Remus reprit ses entretiens qu'Envy n'écouta qu'à moitié. Très vite, il commença à somnoler, bercé par les vibrations de la voix grave de son porteur.

Dans cet état, il mit un certain temps à réaliser le changement d'atmosphère et le silence pesant qui s'était abattu sur la salle. Mais quand il se rendit compte que quelque chose se passait, il ne put résister à se hisser pour jeter un bref coup d'œil au monde extérieur. Il reconnut aussitôt le visage pointu et les cheveux blond platine de Drago Malefoy.

– Tu peux répéter ça, Malefoy, lâcha Maugrey avec un mélange de suspicion et d'amusement.

– J'ai dit : je demande votre protection, déclara Drago d'une voix traînante. À moins que votre beau discours ne fût que ça... Il se trouve que j'ai pris la Marque sous la contrainte et je sollicite votre protection pour espérer survivre à la guerre. Si vous souhaitez la preuve de ma bonne foi, je peux vous dire comment l'existence de l'Armoire à disparaître est venue à Londubat.

– Tu prétends que tu as sciemment transmis cette information à l'ennemi ?

– Je ne prétends rien. Je vous le dis. Comment étais-je censé entrer en contact avec vous autrement ? Il fallait attirer votre attention et trouver un moyen de communiquer avec vous sans me faire prendre. Cela nécessitait... de la subtilité.

– Ça ressemble à un piège, commenta Maugrey.

– Vous avez le contrôle total de Poudlard, qu'est-ce qu'il vous faut de plus pour me croire ? Faites-moi boire du Veritaserum si vous le désirez. Je n'ai rien à vous cacher. J'admets avoir commis une erreur en suivant les traces de mon père, mais je compte me racheter. Je vous fournirai toutes les informations dont j'ai connaissance.

– Je sens que ça ne sera pas gratuit.

– Mon père ne peut plus être sauvé, mais ma mère le peut, affirma Drago. Si vous m'aidez à l'emmener ici, en sécurité, je vous offrirai ce que vous désirez le plus.

– Ce qui est... ?

– Edward Elric. Et vos autres complices. Je sais où ils sont enfermés. Je connais les plans de la propriété, les protections mises en place et le nombre de personnes qui s'y trouvent actuellement.

Drago marqua une pause dramatique.

– Marché conclu ?