Un peu plus tard dans la journée, Marguerite se retrouva seule dans un autre jardin. La cour devant elle, était un grand terrain gazonné, entourée d'un grand mur de béton de tous les côtés de droites. Sur le côté gauche, se trouvait un labyrinthe décoratif de haies, à sa droite se trouvait une petite nacelle et autour de la cour, il y avait différentes statues de haies du roi Charles.

Dégoûtée par les représentations du dictateur, c'est alors que la reine reprit ensuite son exploration en direction d'un étang et s'arrêta sur un pont. L'eau était tranquille et silencieuse. Des petits groupes de nénuphars étaient dispersées aux quatre coins.

Marguerite admira quelques minutes leurs fleurs, dont certains s'ouvraient timidement et d'autres bourgeonnaient. Il y avait un arbre gris, immense et aux imposantes racines qui surplombait une petite rivière, donnant à l'endroit un aspect, presque surnaturel. Elle fut obnubilée par cette vue qui lui rappela un rêve lointain.

Comme hypnotiser par toute cette splendeur, la souveraine se promena durant très longtemps, tout en fredonnant une chanson pour se donner du soutien de la faune.

Cela durant quelques temps, avant que celle-ci apercevoir quelque chose qui venu l'intriguer. Au loin, il y avait un bâtiment à l'architecture antique chinois, où il y avait des peintures et des modèles qui décoraient classiquement la boutique dans un style antique orientale.

À l'intérieur du magasin, il y avait des lampes en formes de dragons de la Chine, des meubles, des objets décoratifs, des vases cloisonnées, des vases de porcelaine, des bouddhas, des objets de bien-être et de Feng shui, des coffrets à bijoux, des objets en laque. Tout ça à la gloire de la Chine. Tout à coup, Marguerite pencha son regard vers deux grands et majestueux papillons blancs de soie qui se retrouvaient dans une énorme cage, sur le comptoir. Juste à côté, il y avait une balance qui servait à peser le poids entre l'argent et les articles du magasin.

En se trouvant en face des deux espèces merveilleuses, la jeune reine avait la curieuse impression qu'elle était déjà venue auparavant dans ce commerce, il y a très, très longtemps. Peut-être dans un rêve ?

Marguerite avança donc sa main vers la cage, où soudainement, les deux insectes vinrent par se déposer sur elle. Leur toucher était très agréable et, chatouillait la main de la petite reine qui échappa un rire cristallin, surtout lorsque celle-ci approcha son visage. Puis, quelques instants après, une voix se dressa :

- Les papillons vous aiment bien, on dirait. Se redressant, Marguerite remarqua la présence d'un individu aux traits asiatiques, situé en arrière du comptoir. Il était vêtu par des beaux habits qui correspondaient parfaitement avec les origines de son pays.

- Ils sont à vous, ces papillons ? Demanda adorablement Marguerite.

- On peut dire ça, oui, expliquait le marchand. Ça fait depuis longtemps qu'ils m'appartiennent. Toutefois, ces créatures peuvent partir à leur quête n'importe quand. Ce sont de fascinantes créatures, libre de choisir.

- Si seulement j'aurais cette chance, soupira Marguerite. Dites, vous n'auriez pas une potion magique qui me permettrait d'être un papillon ou un oiseau pour que je m'envole ? Relâchant un petit rire enjoué, le commerçant ajouta :

- Je suis désolé, ma reine. Je ne dispose d'aucun de ses potions.

Aussitôt, l'ambiance paisible des lieux disparut, lorsque Marguerite et le boutiquier entendirent plusieurs voix qui sonnèrent presque tout comme des mouettes. Tout le boucan venait de l'extérieur du magasin et se rapprochèrent de plus en plus près, où que la petite reine eut une petite idée de qui il s'agissait.

« Oh non, pas elles, » gronda Marguerite en croissant les bras et qui observait ses dames de compagnies et ainsi l'intendante royale, rentrées tapageusement dans la boutique. Soudain, ils se turent lorsqu'elles virent leur reine devant :

- Reine Marguerite, résonna Mme Blondine. Mais que diable faites-vous ici ? Tout le monde vous cherche ! Aussitôt, l'ancienne bergère observait avec mécontentement ses dames de compagnies. Mme Blondine ajouta dès lors :

- Pardonnez-moi, votre altesse. Mais, il est très difficile de discipliner de telles éminentes femmes de joies, répondit l'intendante royale en fixant les suiveuses. Oh, et que dire de votre roi qui est inquiet à votre sujet.

- Je voulais juste être seul pour un moment, expliqua Marguerite.

- Mais quelle effronterie ! S'exclama l'intendante royale. Si c'est à mon fouet que vous voulez goutez, eh bien dites-le moi, votre altesse. ! Il y a trop de danger qui peuvent vous arriver si nous vous laissons à votre porter.

- Cela est complètement ridicule, répliqua Marguerite.

- Eh bien, on se permet une remarque ! Ajouta Mme, Blondine en serrant son fouet. Sachez qu'il est important pour une reine de bien écouter les ordres qu'on lui donne. C'est pour votre protection ! Détournant son regard sur la fonctionnaire, la petite reine observait ses dames de compagnies qui semaient un peu le désordre dans le magasin. Elles étaient racistes, ingrates et furent dégoutés par les papillons de soies du marchand qui demeura très calme face à ses femmes, où celui-ci leur répondit :

- Ce sont des paillons de soie, répondit sereinement le commerçant, malgré les insultes des gueuses. Suite au commentaires déplacés de ses suivantes, Marguerite se tourna vers son intendante royale qui avait la même réaction que sa reine.

- À la naissance, ces dames avaient un cerveau. Il a ensuite fondu pour amplifier la taille de leur poitrine, railla la bureaucrate qui faisait rire l'ancienne bergère, qui porta attention vers ses dames de compagnie qui quittèrent de manière tonitruante la boutique.

Quelque instant après, Marguerite replongea son regard sur les papillons de soie qui semblaient si émerveillés par sa présence, revivifiant son moral. Inopportunément, son moment de détente ne dura pas aussi longtemps que prévue, puisque le roi Charles avait fait son entrée sur les lieux.

Même présent, la reine continua à fixer les deux merveilleuses créatures, sans porter attention au souverain qui était rendu au comptoir.

- Que désirez-vous, mon seigneur ? Demanda le détaillant.

- Combien pour ses papillons ? Questionna le souverain, tandis que Marguerite eut une curieuse impression lorsqu'elle scruta son mari.

- Hélas, votre majesté, débuta sagement le marchand. Ses pures merveilles ne sont pas à vendre. Ils n'ont d'ailleurs pas de prix.

- Décevant à entendre, déplorait Charles. Moi, qui voulais les acheter pour pardonner à ma chère épouse d'avoir quitté les lieux, sans me prévenir.

- Bien que vous vouliez rendre heureuse votre douce moitié, enchaîna le marchand, je ne peux hélas vous donner les papillons de soies, puisque cela ne servirait à rien. Ils ont beaux à vous appartenir ; ses espèces finiront toujours par revenir ici.

- Eh bien, tant pis, fit le roi. De tout façon, je ne vois pas l'intérêt d'avoir des papillons dans une chambre ? Ma chère épouse peut très bien s'en passer, puisqu'il y a d'autres occupations plus importantes.

En observant la petite reine qui eut un teint maussade, le marchand se reprit cérémonieusement et afficha :

- Je comprends la situation, mon seigneur. Si vous voulez mon avis, il serait injuste qu'une seule richesse demeure enfermé a jamais avec vous... sans vous offenser.

- Je suis entièrement d'accord, répondit le roi en sortant quelques pièces de monnaie qu'il jeta sur le comptoir. Tenez, un peu d'encouragement pour votre entreprise. Bonne journée ! Alors que l'ancienne bergère s'apprêtait à quitter le commerce avec le roi, elle fut arrêtée par la voix du bouquetier :

- Oh, un instant, ma reine. Pour souligner votre visite à vous et à votre mari, veuillez accepter ses biscuits chinois, afin de compléter cette journée. Qui sait, peut-être que le message à l'intérieur, tentera de retrouver votre sourire.


(Dans la soirée)

Désormais, les souverains se retrouvèrent à bord d'une gondole qui fila splendidement sur l'eau, où de beaux poissons nagèrent. Le gondolier qui conduisait le bateau, chantait de sa plus belle et forte voix sous les étoiles qui recouvrait le ciel.

- Ô charmante petite reine, débuta poétiquement le roi Charles a genou auprès d'elle. Votre voix est comme une bouffée d'air pure...

- ... Ah mon amour, toujours, toujours !

- ... Votre peau est plus blanche que du lait sûr. Votre sourire, transforme mes jambes en guenilles. Bientôt, je vais marcher avec des béquilles, récitait d'un ton charismatique l'homme en inclinant sa tête. Alors, qu'en pensez-vous ?

- Amour, amour ! Toujours, toujoooooours ! S'égosilla le nautonier. Malheureusement, son chant s'arrêta dès que le roi Charles activa un ressort en dessous du chanteur qui fut éjecter en dehors de la gondole. Après un moment de silence, un autre gondolier embarqua sur le bateau et s'assura de poursuivre la traversée... en silence.

- Pardonnez-moi cet inconfort, ma douce. J'ai toujours eu horreur des chanteurs qui ont une grosse voix ! Meilleur chance la prochaine fois, chanta l'empereur en vacillant la tête. À présent, retournez-vous, car j'ai une surprise pour vous. Tout de suite, Marguerite fermait les paupières ; elle sentit la présence de l'homme derrière elle, or quelque chose de glacé glisser sur son coup. Madame, appela le roi. Immédiatement, la petite reine ouvra les paupières et remarqua qu'il y avait un collier, avec une perle rare qui couvrait son coup. La pierre précieuse reflétait de mille éclats dans son regard.

- Vous êtes d'une beauté sans pareille, murmura avec flatterie le roi Charles. Bien-sûr, Marguerite dut s'abstenir pour ne pas se montrer désenchantée, envers cet amour que le roi lui montrait. Puis, l'homme tourna alors son attention sur le biscuit chinois qu'il prit, en le brisant pour déchiffrer le message à l'intérieur :

{L'homme devrait mettre autant d'ardeur à simplifier

Sa vie, qu'il en met à la compliquer}

- Mais oui, mais oui, fit ennuyeusement le souverain. Et puis quoi après ? Peu importe, j'ai mieux à faire que de penser aux écrits de cette citation, déclarait l'homme qui ordonna au gondolier de s'arrêter sur le quai. Hélas encore, je dois vous quitter pour m'occuper d'un cas important. Veuillez demeurer dans ce bateau, puisqu'il vous conduira jusqu'à l'ascenseur. A tantôt !

Après le départ du dictateur, Marguerite saisit à son tour son biscuit chinois et le cassa, avec l'objectif de lire elle aussi le message. Elle lut :

{C'est sur soi-même qu'il faut œuvrer ; c'est

en soi-même qu'il faut chercher}

En terminant de prononcer ainsi, Rookie qui s'était réveillé durant la courte navigation, se réveilla prêter compagnie à sa maîtresse.

- Mon beau Rookie, commença amicalement la reine qui flatta son animal de compagnie. Tu sais que tu es le plus adorable des chiens ? Avec ce proverbe que j'ai lu, je crois que ça va pouvoir m'aider, qu'en dis-tu ?

Rookie émit un jappement adoucissant, tout en sortant sa langue. La reine ria :

- Tu le pense aussi ! Pour être sincère. Je crois que tu me seras très utile pour traverser des épreuves, puisque tu es si important à mes yeux.