Nom du shérif : Stanislas
Nom de l'aveugle : Théodore
(Le lendemain matin)
À l'étage où se situait le zoo, Marguerite était à l'intérieur d'une serre. C'était un coin magnifique, baigné par les rayons, où la jeune reine avait rapidement appris à décompresser et à méditer sur sa nouvelle condition parmi les pots de plantes, les vases de fleurs et les chants d'oiseaux. Marguerite traversa la serre en retenant les bas de sa robe, cherchant parmi les verdures, un chemin pour mieux se promener.
L'ambiance dans le parc animalier, était splendide. La chaleur et le doux parfum des fleurs faisaient oublier tout ce qu'elle vivait. Devant la petite reine, il y avait des centaines de papillons multicolores, encore plus magnifique que ceux qu'elle avait vu au magasin, qui virevoltaient au cœur d'une nature luxuriante. Leur vol fascinait la légèreté et l'invita à la détente. Tout au long de son parcours, elle observa attentivement la beauté et la délicatesse des fleurs qui l'accueillaient.
Et, lorsqu'il y avait une bestiole qui s'approchait d'elle, c'était comme un contact avec la nature. Durant ce temps, tandis que les dames de compagnies et l'intendante royal furent assis sur un banc, en train de converser, le roi Charles, lui, surveillait sa femme. Puis, celui-ci pencha son regard sur Mme, Blondine qui entra soudainement dans la serre pour rejoindre la reine Marguerite. Alors qu'elle était toujours en train d'enthousiasmer la magnifique faune, l'ancienne bergère s'arrêta dès l'arrivée de son intendante royale.
- Je ne comprendrais jamais les raisons que vous apprécierez tant les p'tites bestioles, remarqua la dame. Ça grimpe partout sur vous et après, vous criez au meurtre.
- Ils paraissent peut-être monstrueux pour vous. Mais pour moi, ce sont mes amies, raconta la jeune femme, en se faisant interrompe par un « Pff » de la part de Mme Blondine. Soudain, Marguerite jeta son regard vers le roi Charles qui se retrouvait à l'extérieur du dôme, en train de discuter avec le shérif Stanislas qu'elle reconnue tout de suite. Puis, celle-ci se tourna vers son interlocutrice et ajouta :
- Alors, c'est quoi que j'aie à l'horaire ?
- Vous allez avoir une audience, répondit l'administratrice. La cour sera inondée de villageois qui vous demanderons des requêtes. D'autres, comme des marchands, vont vous offrir des cadeaux en échange de quelques pièces d'or. Il y eut un moment de tranquillité.
- Je ne vais pas être à la hauteur, répondit Marguerite d'une voix fragile, tout en prenant place sur un banc. Et si je raterais tout ? Toujours sur ses gardes, puisqu'elle savait que le roi Charles était sur les lieux, la petite reine évita de verser des larmes.
- Si vous êtes capables de converser avec des bestioles et des animaux, alors pourquoi que ça ne pourrait pas être pareil avec la cour ? Faites semblant qu'ils sont des bêtes ! N'empêche, Il est certain que ça vous aidera d'être avec des humains, puisque vous n'allez pas être entourer par l'odeur du fumier, ria Mme Blondine. Les bonnes odeurs, aident toujours !
- Si vous le dites de cette façon, répondit Marguerite en ayant une expression convaincue qui se lisait sur son visage.
En cette après-midi, Marguerite se trouva dans une salle du trône vraiment incroyable ! Il y avait des villageois, des troubadours, des aristocrates et pleins d'autres invitées. De chaque cotées de la salle, il y avait une longue table de banquets, remplies de gourmandises, dont plusieurs personnes dégustaient. Bientôt, plusieurs trompettes se mirent à résonner dans l'audience, et les grandes portes de la salle s'ouvrirent et des dizaines d'acrobates entrèrent en grande nombres, accompagnées d'une fanfare qui jouait de ses instruments de musique. Sachant que cette occasion avait lieu, la jeune reine était pour l'heure vêtue d'une robe de velours bleu océanique qui se mariait parfaitement et comme toujours par la couleur de ses yeux. Son habit avait des fines broderies de fils d'or et de feuilles d'argent.
Elle portait également au front, un diadème en argent. Au même instant des célébrations dans la salle, celle-ci tourna discrètement son regard vers le shérif du roi. Celui-ci se tenait debout de toute sa hauteur, derrière le siège du souverain pour assurer sa protection à tout moment, d'un air solennel.
Malgré son inconfort face à son retour, la reine continua d'observer la gigantesque fanfare qui avait terminé sa performance, où un tonnerre d'ovations emplissaient la salle d'audience. Puis, le roi Charles se leva de son siège et le silence prit place sur les lieux.
- Cela était plus ou moins merveilleux, répondit le dirigeant en mettant ses mains derrière son dos. Ça exige encore de la pratique pour que vous m'épater. À présent, veuillez partir des lieux, avant que je me décide de vous envoyer au cachot. Prestement, les artistes prirent leurs jambes à leurs coups et s'échappèrent, comme si la mort fut à leurs trousses, ce qui semblait être presque le cas.
« Ce n'était pas nécessaire de dire ça », se dit Marguerite, confuse. « Ils ont sûrement remué ciel et terre pour nous présenter ce numéro, espèce de capricieux ! »
- Faites entrés les marchands et les villageois, ordonna le dictateur qui alla aussitôt s'asseoir dans son trône. Alors que les gardes effectuèrent les commandements du roi, Charles ajouta à la reine :
- Pensez-vous d'être à la hauteur pour écouter vos sujets ? Sur ce, Marguerite acquiesça d'un hochement de tête, très sure d'elle-même.
- Je suppose que oui, se réjouis le roi Charles, en tapotant onctueusement la main de sa reine. Finalement, vous commencez à apprendre vite, ma belle. Aussitôt, un crieur public résonna :
- Que la cour commence ! Dans une posture vigoureuse, c'est ainsi qu'un sourire se dessina aux lèvres de Charles, lorsque les portes de la salle s'ouvrirent à nouveau.
Durant plus d'une heure, une affluence effervescente de classes différentes, faisaient la file pour rencontrer les héritiers du trône. Ils étaient surtout là, pour lier connaissance avec la reine Marguerite. À sa grande surprise, la petite reine eut le droit à plusieurs présents qui se mélangeaient à diverses cultures ; à des bijoux hauts de gammes qui provenaient surtout du Moyen-Orient et de d'autres pays. Bien qu'elle reçoive des goinfreries, il y avait toujours plusieurs goûteurs qui se chargeait de tester les mets, afin de découvrir s'il y avait du poison.
La jeune reine cueilli la joie de ses nobles sujets et notamment de celui du roi Charles. Même si elle le détestait, elle appréciait de le voir avec une expression magnanime. Puis, alors que l'audience tira presque à sa fin, c'est alors qu'une cinquantaine de paysans, qui semblaient vivres dans des situations misérables, firent leurs apparitions. Marguerite croisa le regard d'une pauvre fillette qui avait le visage sale et les cheveux démêler.
- Longue vie au grand roi Charles, récita calmement l'un des villageois qui avait l'aspect d'un chef de village.
- Bien, débuta le roi Charles qui croisa ses jambes. Alors, dites-moi, quel est votre requête ?
- Pour tout vous dires, votre honneur. Nous sommes ici, car nos terres sont en proie de l'érosion des sols et à la désertification. Cela est aussi à cause de la déforestation.
- Nous dans la vallée, ajouta un autre paysan, on a plus d'eau. Maintenant, il faut qu'on marche tout une journée pour aller à une autre source. Et puis, une autre journée encore pour revenir. Notre village était prospère. On avait de l'argent ; on n'avait aucun mal à réunir nos impôts pour vous. Tout ce que nous voulons, c'est que vous soyez clément et que vous puissiez nous aider à investir pour sauver nos récoltes, mon bon seigneur.
- Pitié, ô roi, convia une pauvre fillette. Je voudrais que mon village soit comme avant et que les gens retrouvent leur sourire. Soudain, un long silence prit place et Marguerite, qui avait observé la malheureuse enfant, se tourna vers le roi qui s'avérait à n'exprimer aucune émotion de compassion sur son visage. Ses doigts de sa main gauche, pianota irrespectueusement son trône, tandis qu'il caressait sa barbichette de son autre main, réfléchissant à la décision qu'il devait prendre. Mais, observant plus son expression faciale, Marguerite devinait rapidement que le dictateur faisait par exprès. D'ailleurs, il se montrait arrogant. Avant que la souveraine puisse interagir, c'est alors que le dirigeant du village ajouta :
- Votre majesté ? Je vous en prie, mon...
- Oui, oui, j'ai compris vos plaintes ! s'écria rudement le roi Charles. Toutefois, vous pouvez faire autant pitié que vous le voulez, et me montrer le lourd fardeau que vous subissez, mais dites-vous que vous n'êtes pas les seules à souffrir. De tout façon, continua Charles en croissant les bras. Takicardie a toujours été la proie aux sécheresses. Surtout, si vous habitez dans le sud du pays, railla-t-il, comme pour se moquer de l'infortune des villageois.
- C'est tout ce que vous pouvez nous dire ?! Lança l'autre homme qui osa faire un pas de plus, tandis que deux soldats lui bloquèrent le chemin avec leurs lances.
- Nous avons marché durant 2 jours pour implorer votre aide. Rendu ici, vous n'arrivez même pas à trouver une solution raisonnable !
- Comment as-tu l'audace de parler à ton roi de cette sorte ! Intervenu le shérif Stanislas qui se dressa devant lui. Sais-tu quels sont les châtiments qu'on réserve aux misérables comme toi ?
- Ahem ! Fit brusquement le souverain qui observât le commissaire en levant un sourcil. Remarquant qu'il avait rendu furieux son roi, Stanislas s'inclina face à lui, tout en retournant honteusement derrière le trône du roi. Aussitôt, le dirigeant de Takicardie reprit parole :
- Veuillez pardonnez mon shérif, chers villageois. Il a tendance à souvent se mal conduire dans des situations pareilles. Pour être sincère, j'aimerais bien vous être utile. Malheureusement, je ne connais aucun miracle pour que vous puissiez renchérir vos terres. Il y a la pluie, mais encore là, dit-il en grimaçant. Il faudrait presque que vous fassiez une stupide danse pour que le beau temps revienne, ricana fortement Charles.
- Je vois, fit le chef, mécontent. Puis, celui observait la reine Marguerite et ajouta :
- Et vous, ô ma reine ? Vous pourriez surement nous êtes utile ? Écarquillant les yeux, c'est alors que le roi Charles fixa son épouse. Sa poitrine se souleva et se rabaissa, à force de respirer par saccade, puisque tous les regards se dressèrent sur elle.
- Eh bien, chère souveraine ? Interpella le roi Charles. Avez-vous une suggestion à leur proposer ? Depuis tout jeune, Marguerite avait toujours eu horreur de se retrouver devant un grand public, surtout si elle était parmi des étrangers, comme ce l'était présentement. Notamment, son mutisme sélectif lui avait empêché durant des années à donner son opinion et à se défendre au bon moment. Avec ce trouble anxieux, cela lui avait faite perdre la chance de réaliser ses plus grands rêves. Le plus difficile, fut sa voix. Elle bégayait souvent, ce qui attirait les moqueries des autres.
Revenant sur le moment présent, elle pouvait écouter les murmures qui provenaient de tous les sujets, augmentant plus la chance qu'elle ait une crise de panique.
- Eh bien finalement, souffla le roi Charles qui s'adressa aux visiteurs. Je ne crois pas que ce seras aujourd'hui que vous connaîtrez la décision. Vous voyez bien ce que vous demandez à la reine, est impossible. « C'est ce que vous croyez, misérable roi, » se ragea furieusement Marguerite, avant de se calmer. « À présent, sois forte, Marguerite. »
Puis lentement, celle-ci se leva de son trône. Elle fit un signe de la main, afin que les autres se taisent. La reine dit :
- J'ai... j'ai une solution pour vous aider. Pour...pour que vous puissiez reconquérir vos territoires. Nous pourrions vous fournir des bombes de graines pour lutter contre la déforestation. Ce sont des bombes végétales qui peuvent renforcer les champs.
- À partir d'un dirigeable, enchaîna Marguerite. On pourrait les lancer au sol et reboiser le paysage d'un millier de graines par minutes. On raconte que sa retient l'humidité en attendant la saison des pluies. Cette technique a été utilisée dans l'Égypte ancienne, finit-elle par expliquer. Un autre silence prenait place, auquel Marguerite retourna à son trône. Sa main se posa sur son cœur qui tambourinait dans sa poitrine. Durant ce temps, le roi Charles qui fut étonné, se mit à réfléchir longuement. (Eh bien, il ne faisait aucun effort)
- Ce n'est pas bête comme idée, s'exclama un des sujets du roi. Je pense que notre souveraine à trouver la parfaite solution qui régleront leurs soucis. Qu'est-ce que vous en pensez, mon roi ?
- J'en dis que, commença ainsi le roi Charles. Que ma dulcinée à de très bonne idée. Toutefois, il sera compliqué de fabriquer autant de produits. Nous allons devoir les tester, pour connaître leurs efficacités. Une fois préparé, qui sera prêt à voyager plusieurs kilomètres pour déposer ses graines sous terres ?
- Vos hommes chauves-souris pourraient se déplacer avec des dirigeables, suggérait une autre personne. De plus, vous pourriez demandez aux habitants de la ville basse, d'être en charge de mettre en œuvre ses bombes végétales. Ça leur donnerait de quoi se remplir les poches.
- Je vois, je vois, souffla le souverain qui semblait prendre tout son temps pour réfléchir. Mais se Marguerite pouvait détecter qu'une fois de plus, le roi se fichait complètement des villageois. Quelques minutes après, Charles prit la parole :
- Ma décision est enfin prise, déclarait-il en tapant des mains. La proposition que votre reine vous as faites part, seras... ex...exaucer ! Qu'on fasse passer le message dans tout le pays ! Soudain, Marguerite laissa sortir un gros soupir de soulagement.
Aussi, elle pouvait ressentir que l'atmosphère avait changé, en devenant plus apaisant. Les villageois qui s'étaient présenté sur les lieux, s'exclamèrent dans la joie et le bonheur, en se regroupant pour se donner des câlins. Face à cet émerveillement, Marguerite sourit et regarda l'intendante royal qui lui montra des yeux qui s'illuminaient divinement par de la fierté.
Au coucher du soleil, Marguerite, Mme, Blondine et ainsi les dames de compagnies, se retrouvèrent au musée.
- Je suis si ravie que le roi est accepté de choisir ma proposition, mentionna la petite reine à son intendante royale. Je croyais qu'il allait refuser.
- Ça me surprend énormément, fit la grande dame. Habituellement, toutes requêtes qui concerne de revaloriser les villages les plus démunies, ne l'intéresse point. Il faut croire que vous l'avez bien raisonné. Aussi, regarder les autres sujets qui ont pris de votre exemple pour persuader le roi d'accomplir cette tâche.
- Ça n'a pas été facile, si vous voulez mon avis, bredouilla Marguerite en baissant le regard. Au moins, j'ai fait de mon possible et c'est ça qui compte ! Néanmoins, je remarque que j'ai encore du chemin à parcourir, car je sais que les jours précédentes ne seront pas si reposants. Il y a tant d'épreuves que j'ai traversé.
- Dites-vous, ma reine, que chaque individu sur cette Terre, à sa propre épreuve à franchir, lui révéla son intendante royale. Si nous n'avions aucuns défis à prendre part, personnes ne survivrais aussi longtemps pour le raconter aux autres, pas vrai ?
- Vrai, admettait Marguerite avec un petit sourire. Que deviendrais-je sans vous ? Dites-le-moi ?
- Vous seriez probablement rendu à vous comporter de la même sorte que vos dames de compagnies, déclara sur un ton déplaisant l'intendante royal qui posa son regard sur les courtisanes qui couraient partout dans une salle, remplis de vases.
- En tout cas, débuta Mme, Blondine à la jeune souveraine. Elles n'apprendront jamais si personne n'est là pour les discipliner. Soudain, l'intendante royal déposât ses lèvres sur le sifflet qui se mit à huer fortement. Alertée par le son, les dames de compagnies se turent, tout en venant rejoindre l'intendante royal et leur reine.
- Mesdemoiselles, commença sévèrement la dame en cognant fortement le bout de sa canne à pommeau au sol. Auriez-vous l'extrême amabilité de bien vouloir conduire la cavité buccale qui vous sert essentiellement de bouche, autrement dit dans le langage courant : vos gueules ! Tout comme le roi Charles, Mme Blondine utilisa son roseau pour animer le sol sous les pieds des suivantes qui se dissipèrent dans le vide. Marguerite observa affolement la vieille dame, bouche-bée.
- Soyez rassurez, elles vont être envoyées dans une autre maison de correction, sécurisa l'intendante royale. Je suis persuadé que si elles auraient de quoi d'intelligent à dire, vous seriez plus disposée à parler, contrairement à certaines de ses dames de la cour à la recherche de commérages. Mais bon, nous ne pouvons guère les juger, elles n'ont aucune expérience !
Au moment de sa promenade, Marguerite faisait bonne figure face aux regards haineux de certaines, jalouses de sa beauté. Malgré les murmures douteux, la petite avança au côté de l'intendante royale.
La jeune femme tomba sur des regards très divers et expressifs ; moqueur face a son silence, dédaigneux face à son manque de professionnalisme en tant que nouvelle souveraine, désapprobateur de la part des consignes de Mme, Blondine.
Où et quand ce moment s'arrêtera ?
