(Retour en arrière)

À son corps défendant, Charles pouvait malgré tout apercevoir à travers de ses paupières, une forme qui errait autour de lui. Quelques instants après, se joignait les fantastiques rayons du soleil qui embellissaient le visage du prince, toujours aussi faible. C'est alors que le jeune homme discerna les clochettes d'un troupeau de moutons carillonner au loin, où que celui-ci tenta de chanceler son regard sur la mystérieuse personne a ses coté.

Charles ouvra ainsi les paupières et fut surpris. Devant lui, ce trouvait une jeune fille qui disposa de magnifique yeux couleurs bleus, pareil au ciel. Elle avait un beau visage et un air sympathique ; ses cheveux étaient châtains et long. Sans aucun doute, c'était la petite bergère. Celle que Charles avait vu, lors des manifestations aux intentions belliqueuses.

- C'est vous, bredouilla le prince en levant insensiblement sa tête de l'oreiller, lorsque que la petite bergère lui jeta un regard anormal. Les lèvres du jeune homme s'étirèrent en un large sourire charmeur qui aurait fait chavirer le cœur de n'importe quelle fille, sauf pour la bergère qui semblait trop occupé pour lui offrir une tasse de thé.

Un agréable parfum de cannelle et de cardamome mêlé à l'écrêté du thé noir vint titiller le nez du jeune homme. Aussitôt, Charles porta la tasse a ses lèvres et huma le breuvage puis, ne sentant rien d'anormal, il en prit une gorgé. Le thé était juste à la bonne température, ni trop chaud ni trop tiède et le gout était très agréable et revigorant.

Bien qu'ils soient tous deux timides, le prince et la bergère échangèrent un sourire ruisselant durant quelques temps, puis la gardeuse de moutons accouru jusqu'à une armoire pour prendre le Petit Clown qu'elle donna au prince. Sur ce, elle partit de la chambre où un calme vif et apaisant s'accommoda.

- Psst, fit muettement le prince au clown. C'est bon, personne n'est en vue. Le pantin cligna des yeux trois fois, en vue de reprendre vie.

- Incroyable, lança le pantin, ébahi. Vous vous trouvez désormais dans la chambre de la petite bergère !

- Je n'aurais jamais imaginé de la revoir à nouveau. Moi, qui la croyait morte après les bombardements qui ont eu lieu à Takicardie, expliquait le prince déchu. Je ne sais combien d'années se sont défilés depuis.

Soudain, trois coups se firent entendre à la porte et, quelques seconds instants après, une femme à la posture corpulente entra dans la chambre.

- Bien le bonjour, cher monsieur ! S'exclama d'une voix forte la femme, les yeux qui pétillaient de gaieté. Alors, c'est la grande forme ?

Le jeune homme hocha la tête, tout en observant son interlocutrice avec des yeux énormes. À ses côtés, le Petit Clown persista figer pour éviter d'effrayer la femme.

- Eh bah, tant mieux pour vous, répondit d'une joie contagieuse la femme. Celle-ci tira sur les rideaux en grand et le soleil couvrit plus la chambre, déversant sa clarté émouvante sur les meubles cirés et la table du petit déjeuner sur le cabaret qui fleura bon le bacon et la miche toute juste sortie du fournil.

Venant s'assoir sur le lit, la femme déposa délicatement sa main sur le front du prince, lorsque celui-ci recula par ce geste qu'il estima nuisible.

Vu que Charles n'avait jamais connu des moments de tendresse, celui-ci s'était exclusivement habitué qu'à recevoir les maltraitances psychologiques du roi. Constatant son attitude, la maitresse de maison s'immobilisa, avant d'ajouter.

- N'ayez pas peur, voyons. Je veux juste votre bien, après votre malheureuse chute dans ce foutu piège. Oh, si je trouve l'auteur de cette invention malfaisante, croyez-moi qu'il aura à faire à moi ! A propos, reprit affectueusement la femme, je me nomme Pitchounette. Et vous, vous vous appelez comment ?

« Misère, » ce maudit le jeune homme. « Je ne peux pas dire mon nom et d'où je viens, sinon, il pourrait y avoir des espions de mon père dissimuler partout. Il faut que je sois prudent or, que je me trouve une nouvelle identité. Avec mon cache-œil, je pourrais faire semblant que je suis un marin. Oh non, trop compliqué ! »

- Je...je m'appelle Hendrik, énonça à mi-voix Charles.

- Eh bien Hendrik, je te souhaite le bienvenu dans ce village. Si tu as besoins quoique ce soit, n'hésites pas à nous le demander, répondit Pitchounette, enivrante. Ici, mon mari Ti-gris et moi, adorons prendre grands soins de nos invités, peu importe si ce sont des humains ou des animaux sauvages. Lorsque tu te sentiras prêt, tu descendras le rencontrer, finit-elle par dire avant de quitter les lieux.

Après avoir pris son déjeuner, Charles et le clown arrivèrent finalement à l'étage du bas. Naturellement, Pitchounette l'accueillait avec un sourire infantilisant, constamment plaqué sur le visage.

- Ah, mon cher garçon, lança Pitchounette qui entrelaça fraternellement Hendrik/Charles dans ses bras. Je vois que tu as apporté ton pantin avec toi. Surtout, n'ait pas honte de te promener avec, puisqu'il doit être symbolique à tes yeux.

Subitement, le prince déchu découvrit sous lui, un castor qui transportait justement son baluchon dans sa gueule qu'il déposa sur la montagne d'objets.

- Et oui, soupira la maitresse de maison. On accueille même les castors chez nous ! Celui-ci est le plus jeune et le plus confus, mais il a l'esprit.

Sur ces mots, Pitchounette escorta le jeune homme et son clown devant un atelier qui piqua leur attention. La manufacture présentait des étagères, organisées de manière a laissé de la place au client, et une sorte de comptoir, mais derrière se trouvait ce qu'Hendrik/Charles nommait un "chaos ordonné." Des centaines de petites d'inventions à moitié finies s'empilaient sur les rayonnages où s'entassaient à même le sol, et des feuilles gribouillis de notes, tapissaient l'ensemble a la manière d'une couverture.

De l'autre côté de l'entrée, se trouvait un espace légèrement dégagé, avec une petite cuisine, une table et un lit. Les imposantes étagères entre le magasin et le lieu de vie, offrait une intimité suffisante – et une protection, puisque si un intru traversait le magasin, il était bien susceptible de marcher sur un engin explosif.

- Mon mari n'est pas bordélique, mais simplement créatif, éclaircit Pitchounette en étirant un sourire de ses lèvres. Lors de notre première rencontre, il travaillait déjà sur ses inventions qui n'ont jamais été rentable. Quoi qu'il en soit, il n'a jamais cessé de se baisser les bras pour se valoriser ou émouvoir le monde autour de lui. D'ailleurs, l'une de ses créations les plus burlesques, sont ces grille-pains qui se mettent en furie, révéla-t-elle, en appuyant sur le levier d'un grille-pain, dont une voix rageuse sonna :

« EH VOUS ! GRILLEZ-MOI UN PAIN, AVANT QUE JE ME RÉVOLTE ! AARRGH ! »

Hendrik/Charles et Pitchounette rirent de bon cœur, a donc qu'un pain à l'intérieur de la machine fut projecteur comme un shuriken jusqu'au plafond.

- V'là le résultat que ça donne, ajouta la femme entre ses rires. Selon moi, ce grille-pain mériterait des vacances !


Le village où s'interceptait Hendrik/Charles, était remplis d'animations. Ça bourdonnait d'une vie simple, avec ses joies et ses peines, dans un village en paix. Sur le balcon, le prince distingua un boulanger sortir de son échoppe des galettes de miel et des gingembres aux alléchantes croûtes épaisses. Plus loin, une femme coiffée d'un turban orangé, installait des fromages sur des claies de bois. Sa voisine déployait de riches étoffes aux teintes vives, hélant le chaland d'une voix forte et joyeuse.

Le tenancier de l'auberge au loin, goûta la cidre frais et doré que lui versait un tonnelier, dont le rire froufroutait dans ses épaisses moustaches grises. Deux paysannes se disputaient au-dessus de leurs paniers de laitues. Un vieux dodelina sur le dos d'un âne placide tiré par la bride qui mâchouillait un épi de blé.

Et puis, il y avait la petite bergère. Toujours si folâtre, celle-ci mena son troupeau de moutons partout dans le village, en chantonnant.

- Ce n'est pas une petite bergère comme les autres, s'éleva incessamment la voix de quelqu'un derrière le déclassé. En se retournant, celui-ci découvrit un homme qui semblait avoir le même âge que Pitchounette et qui était accoutré par une chemise bavaroise à carreaux rouge. Bien qu'il portât une prodigieuse moustache à l'Anglaise, Hendrik/Charles remarqua que l'homme avait une balafre de quinze centimètres sur le visage. Le prince tenta de paraitre subtil face à cette cicatrice, mais il fut trop froissé.

- C'est bien normal que tu me dévisage de cette façon, mon jeune garçon, apaisa l'individu qui se leva de son banc pour rejoindre le jeune homme. Cette blessure date d'une guerre lointaine que je tente d'oublier, mais bon. Je me présente, je m'appelle Ti-gris. Si j'en croit mon flaire infaillible, tu dois être Hendrik ? S'enquit l'inventeur en serrant la main du jeune homme.

Celui-ci avait une voix douce et grave d'un homme capable d'un grand courage et d'une grande bonté, ce qui captivait le prince déchu. Pour l'instant, Hendrik/Charles observa de nouveau la petite bergère au loin, où son troupeau de moutons tournèrent bigrement autour de celle-ci.

- On la surnomme Petite Fleure, déclara le créateur au jeune homme. C'est elle qui t'a sauvé et ramené ici, alors que tu étais blessé. Malgré son silence, elle est une bergère très enthousiaste et juvénile, à la naïveté rafraichissante. Nous ne savons pas d'où elle vient, mais ma femme et moi l'avons adopté, expliqua l'inventeur. Pour être sincère, tu devrais aller la remercier en personne. Qui sait, peut-être qu'elle parviendra à te dire quelque chose ?

Encaissant une tape d'encouragement dans son dos, Hendrik/Charles se ressaisit pour se mettre en route.

Le damné, marchait avec les épaules un peu voutées d'un jeune homme qui héritait à montrer sa véritable force de caractère, et cela lui donnait un air de complicité. Mais, cet instant ne dura pas longtemps, puisque le jeune homme sentit son cœur battre à la chamade. Les animations autour de lui, l'empêchait de penser aux paroles qu'il allait dire à la gardeuse de moutons, maintenant rendue dans une écurie à cause de son troupeau.

« Un peu de courage, » s'encouragea Hendrik/Charles, tandis que le Petit Clown sur son épaule le réconfortait. « Après tout, je dois tout simplement la remercier ! »

Dans l'écurie, il y avait divers animaux qui reposaient dans le bâtiment, des bêtes assez belles malgré tout. Il y avait surtout des petits poneys de la région, au corps assez robuste, a l'encolure large, aux naseaux forts, mais quelques animaux de race plus couteuse se tenaient dans le box. Avec tout ce remue-ménage, Petite Fleure avait toujours eut la réputation d'être la risée des autres, à cause de sa différence. Pour le moment, ses moutons lui donnaient du fil à retordre en meuglant tapageusement dans le bâtiment, où les cris des autres bêtes s'augmentèrent. Puis, celle-ci jeta une ultime œillade sur le prince-déchu qui se retrouvait désormais à ses côtés.

« Je dois rester naturel, » se répéta-il, pendant qu'une poule se déposa sur sa tête. Avalant sa salive, c'est alors que le prince ajouta :

- Mer..mercidem'avoirsauvélavie ! Hum ! Merci... de m'avoir sauvé la vie, Petite Fleure. C'est très gentil, concorda -t-il alors que la poule sur sa tête, avait pondu un œuf. Oh ! J'ai un œuf qui vient de pousser. Un petit rire cristallin s'échappait de la petite bergère, quoique le chaos dans l'écurie persistait.

Puisque Petite Fleure ne parlait beaucoup, elle avait un mini tableau noir en bois accroché à son cou qu'elle utilisa pour parler a Henrik/Charles.

Aimerais-tu aller te balader avec moi ? Que Petite Fleure avait écrit dans son tableau noir.


Dans la lumière particulière qu'offrait les arbres de la forêt, Hendrik/Charles trouva la petite bergère encore plus belle. Elle dégageait une pureté éclatante qui irradiait tout autour d'elle. Il ne peut s'empêcher de la détailler, encore une fois. Ses cheveux d'une couleur châtaine, brillait au soleil, et ses yeux se teintaient d'un peu plus de chaleur à chaque minute qui passait. Mais ce qui le fascinait plus, était le côté étrange et farfelu de la gardeuse de moutons. Elle se promenait de différentes façons sur le sentier et parfois, elle marchait à reculons, de côté avec le sourire qui irradiait sur son visage rêveur. Dans son village, elle était considérée comme "le Fou du Village" à cause de ses bêtises et de son imagination, permettant à Henrik/Charles de se sentir plus à l'aise avec sa nouvelle amie. L'odeur enivrante de l'herbe fraichement coupée, emplissait les narines de Petite Fleure. Ses cheveux éparpillés sur le sol, la jeune fille s'était allongée par terre. En ouvrant ses grands yeux sur le ciel bleu, tacheté de petits nuages blancs, elle sentit les rayons du soleil lui lécher agréablement la peau.

Dans sa robe verte de paysanne, la bergère avait l'impression de se camoufler dans l'herbe, de ne faire plus qu'un avec la nature. Mêlant sa respiration au bruit du vent et aux craquements de brindilles de pins environnants, elle avait une grande conscience du grouillement des fourmis près de ses oreilles, des chants d'oiseaux dans leurs nids. Pendant ce temps, Hendrik/Charles se sentait bien, merveilleusement bien et il détecta la vie autour de lui, l'attirant pour le pousser à le suivre, même si les quelques moutons qui suivaient Petite Fleure tentèrent de manger sa cape. Au loin, un renard jappa dans la forêt. Un autre lui répondit, avant que deux oiseaux traversent l'immensité claire en gazouillant joyeusement. Tout était parfait ! Mais alors que tout cela était une apparence tranquille, Hendrik/Charles et le Petit Clown ne pouvaient pas secouer le sentiment que quelque chose allait arriver. L'ancien prince était au courant qu'il y avait habituellement quelque chose qui se cachait derrière les arbres, ou dans l'air. Hendrik/Charles avalait rapidement sa salive, à chaque fois qu'il entendait une brindille claquante ou un animal se précipiter entre les branches, tandis que Petite Fleure se retrouva (autre synonyme) percher sur une branche d'arbre. Reprenant son tableau noir, la petite bergère avait écrit :

Viens me rejoindre. La vue est magnifique d'ici.

D'ici là, rien ne semblait trop difficile pour le prince-déchu qui s'était souvent pratiquer à monter dans les arbres, à l'intérieur de ses tableaux magiques. Mais cette fois-ci, c'était le monde réel et l'ancien prince n'était pas prêt à se blesser une seconde fois, dans le but d'impressionner la petite bergère. Mais, avec les compliments du Petit Clown à ses côtés qui se faisait poursuivre par les moutons, celui-ci réussit malgré tout à rejoindre la petite bergère sur la branche d'arbre. Tous les bruits autour se turent dès cet instant, laissant place à un calme attrayant entre le prince et la petite bergère.

- C'est divin, répondit calmement Hendrik/Charles a la jeune fille qui levait le regard vers le ciel. Tu viens souvent ici ?

Oui, que Petite Fleure avait écrit dans son tableau noir. Ça me permet de me détendre et de rester loin de tout le monde. Beaucoup se moquent de moi. Il y eut une pause, avant que la petite bergère ajoute :

Néanmoins, cela ne m'empêche pas d'être heureuse. Lorsque Petite Fleure termina d'écrire, celle-ci esquiva un rire communicatif qui emmena le jeune homme à rigoler timidement à son tour, avant que la branche sous eux se brisent. Heureusement, les moutons les rattrapèrent en se collant tous ensemble pour former comme un gros coussin qui amortirent leurs chutes. Aussitôt, Henrik/Charles et Petite Fleure éclatèrent de rire, alors que le troupeau les échappèrent au sol, intensifiant leurs fous rires. Ces heures de plaisirs durèrent longtemps.

Le soleil se couchait. Ses derniers rayons, tout en étant éteints, révélaient des millions de braises dans le ciel, réchauffant le cœur des deux amis dans cette nuit tranquille. De retour à la chaumière, Ti-gris et Pitchounette avaient préparés le repas autour d'une table immense où plusieurs animaux, comme des marmottes et des porcelets étaient maladroitement assis sur les chaises.

- Hé, dis donc, ma couille, et un pied dans le cul ça te plairait ?! S'exclama sarcastiquement Pitchounette a son mari qui lui avait pincer l'une de ses fesses. Un peu de savoir vivre pour Hendrik et Petite Fleure ! L'ancien prince rougissait sans arrêt en écoutant les histoires et les blagues échangés autour de la table par les hôtes de cette demeure. La famille avait une attitude assez ouverte sur n'importe quels sujets, où il n'y avait pas de censure du tout. Ti-gris se tenait sur la table en dansant énergiquement. Alors qu'il faisait un geste sauvage pour illustrer son récit, celui-ci faillit perdre pied et tomba de la table, mais fut sauvé par Pitchounette, qui l'attrapa autour de la taille et tira en arrière, le faisant tourner en rond. La cabane dégageait une atmosphère émouvante pour Hendrik/Charles. Le jeune homme s'y sentait chez lui, à l'abri et il sentait le regard bienveillant de la petite bergère posée sur lui, même si elle prétendait de manger son repas. Après le diner, Ti-Gris et Pitchounette conduisirent Hendrik/Charles jusqu'à sa nouvelle chambre qui se trouvait en face de la petite bergère, où celle-ci observait curieusement la scène. Le Petit Clown qui se retrouva sur une étagère, dut s'abstenir de ne pas rire face au prince-déchu, se faisant border au lit comme un enfant par les hôtes de cette demeure.

- À présent, mon cher Hendrik, ajouta aimablement Pitchounette qui s'assit auprès du jeune homme, recouverts de plusieurs draps. Il est temps de compter les p'tits moutons et de fermer lentement les paupières.

- C'est bon, Chouchoune, je crois qu'il sait quoi faire, lui prévenu drôlement Ti-Gris. Il ne faudrait pas non plus que tu lui lises des contes pour enfants, surtout que c'est toi qui risques te t'endormir.

- Tu peux bien parler, mon mari. Toi, qui as failli mourir en apprenant à respirer durant que tu roupillais, répliqua Pitchounette en croissant les bras. Et tes ronflements, on en parle ? Peu de temps après, le couple se mirent à rigoler un bon moment, tandis que Hendrik/Charles les observaient avec bonne humeur. Voilà une des raisons principales que plusieurs personnages et d'animaux voulaient y vivres, puisque la chaumière représentait un conte de fée.

De retour au moment présent, Pitchounette déposa un baiser sur le front du jeune homme, avant de prononcer :

- Fais de beaux rêves, mon petit Arnaud. Euh... Hendrik ! S'était reprit la femme en se levant d'un bon, avec un regard qui exprimait son regret d'avoir prononcé ce nom. Peu de temps après, celle-ci quitta prestement la chambre, laissant le jeune homme confus, a lequel que Ti-gris venu auprès de lui.

- Bon allez. Ne fais pas attention à elle, lui conseilla l'inventeur. Sur ceci, mon garçon, bonne nuit.

- Merci, répondit à voix basse Hendrik/Charles en se mettant sous la couette, tandis que Ti-gris tapa dans ses mains pour éteindre la lampe à côté de son lit. Une fois qu'il y eut un silence, mais presque dut aux ronflements des quelques animaux dans la chambre, le Petit Clown ajouta:

- Eh bien, ça sera notre première nuit chez des étrangers. Je me demande comment vont les autres aux châteaux ? Vous pensez qu'ils s'ennuient de nous ?

- Je n'en sais rien, soupira Hendrik/Charles en observant le plafond. Pour l'instant, je préfère de ne plus penser à ma vie d'avant. Tu sais qu'il n'y aura plus de retour en arrière.

- Hélas, balbutia le pantin. Si seulement il y aurait un moyen.

- Il ne faut pas perdre espoir. Je sais que c'est difficile, mais on va s'en sortir... toi et moi. Nous sommes chez des gens bien, après tout, déclarait l'ancien prince en remuant les sourcils. De plus, il y a cette bergère qui me fait sentir plus vivant que jamais et...qui n'arrête pas de me faire rougir à chaque fois que je suis en sa présence, révéla-t-il timidement en cachant son visage sous les draps, sous les rires du pantin qui gênait l'ancien prince.

La nuit s'annonçait calme, malgré les nombreux ronflements qui se faisaient entendre dans la douce chaumière. Mais pour le jeune homme, son sommeil était rude et mouvementé dut à ces cauchemars qu'il faisait. Il se retrouvait dans son lit, trempé de sueur et face à ses peurs, où le jeune homme voyait l'armée de son père envahir le village. Malgré ses heures désastreuses, l'ancien prince pensa fortement à sa nouvelle vie de maintenant et aux personnes qui l'entouraient. Et quel village magnifique ! Les gens sont sympas, accueillants. Il y a toujours quelque chose à faire et le village est toujours festive ; on n'est jamais seul, toujours quelqu'un pour bavarder ou pour réaliser ensemble des projets.

Depuis un certain temps, Petite Fleure n'arrivait plus à détacher son regard de l'ancien prince. A chaque fois qu'ils se retrouvèrent ensemble, son cœur battait à la chamade, à tout rompre et elle rougissait, comme si le jeune homme avait un effet spécial sur elle. Elle ne comprenait pas ce brusque changement en elle, mais la bergère ne voulait pas en parler à ses parentes adoptives, par peur de se faire ridiculiser. Henrik/Charles, lui était dans le même état que Petite Fleure. À cause qu'il était timide, celui-ci était tout le temps gêné rien qu'en se rappelant dont la gardeuse de moutons l'observait. Hendrik/Charles n'arrivait à retrouver son courage, il ne comprenait pas comment sa bravoure fonctionnait.

Le pauvre prince était désespéré. Ce qui était sûr, c'est qu'il ne se confiera jamais à Ti-gris et Pitchounette, même s'il les appréciait. Toutefois, le jeune homme en avait parler à quelques personnes du village, en particulier à un certain Ricoeur, un cinéaste qui réalisait des films en noir et blanc à la manière de Charlie Chaplin. Mais, ses conseils ne portaient jamais fruits, puisque le jeune homme le trouvait un peu pervers et ridicule pour lui remonter le moral.


(Quelques semaines plus tard)

Ce que Hendrik/Charles avait remarqué ces temps-ci, était les populeux affluence festive dans les auberges. Les gens à la fête dansaient diversement. Leur mode de vie l'était aussi... expressivement. Somptueux. Les yeux de l'ancien prince dévisagèrent chaque personne présente et à quel point elles étaient toutes vivantes. Ces gens vivaient vraiment chaque jour comme si c'était leur dernier, tout comme Pitchounette lui avait dit.

Elle avait eu raison depuis le début. L'ancien prince avait été ensorcelé par les mouvements, l'atmosphère et la pure électricité qui pulsait dans l'air. C'était quelque chose qu'il n'avait jamais vécu. Contempler Petite Fleure danser avec Ti-gris, était l'une des choses les plus douces dont on puisse être témoins.

Ricoeur acheta au prince-déchu un verre de je-ne-sais-trop-quoi qui le prit sans nier En vidant le verre d'un trait, Hendrik/Charles sentit sa langue être en feu. Il se mit à tousser pendant plusieurs minutes. Lorsque le jeune homme reprit son souffle, il vit tous les visages autour de lui sourire. Un coup d'œil vers le barman lui apprit que s'il était resté maitre de lui jusqu'au bout, les gouttelettes de sueurs qui dégoulinaient sur ses tempes, attestaient de son état.

Contre cette angoisse, Hendrik/Charles ne pouvait éviter de rire, vraiment. Soudain, le jeune homme fut poussé malhabilement dans les bras de Petite Fleure qui s'apprêtait à quitter la piste de danse pour aller s'assoir. Irréprochablement, elle n'avait jamais été aussi proche du jeune homme auparavant. C'était... c'était angoissant ! La bergère, était gênée lorsque leurs regards se croissaient. Avant qu'elle ne puisse y réfléchir un autre instant, sa main était dans la sienne et ils balayaient le sol

- Je ne connais pas les étapes. Alors, je vais juste improviser notre danse, prévenu l'ancien prince. Hendrik/Charles essaya de se souvenir de la dernière fois où il s'était amusé autant. Le jeune homme sembla sentir le plaisir de la petite bergère et, avec un sourire narquois, il lui fit un petit tourbillon. Petite Fleure bougeait avec lui, puis sauta et la liberté qu'elle ressentait la droguait. Une fois de plus, des gouttes de sueurs amorcèrent à tapisser le front du jeune homme, tandis que sa peau devint collante, car la proximité de Hendrik/Charles les avais maintenant tous les deux réchauffés. Petite Fleure voyait tout au ralentit ; les gens autour d'elle passèrent à l'arrière-plan et la belle gigue irlandaise sembla la faire concentrer sur le jeune homme. Celui-ci riait, heureux, vivant. Elle le ressentait aussi. Il la conduisit sur le sol et elle hurla de n'avoir jamais dansé de cette façon ci-devant. Elle se sentait si sauvage et libre, et sa prise sur Hendrik/Charles se resserra alors qu'il la faisait virevolter. Il entraina Petite Fleure à travers la foule des danseurs sur la scène, elle le suivit, mais jeta un coup d'œil vers la foule, les remarquant tous maintenant.

En éloignant ses cheveux de son visage, Hendrik/Charles commença à obstruer quelque pas, quelque chose qu'il avait appris dans un livre. Petite Fleure souleva sa robe pour révéler ses pieds de bas et continua de dansoter avec l'ancien prince en se marrant avec lui. Les villageois qui regardaient, étaient oubliés et la seule chose dont Petite Fleure était consciente, fut la présence de Hendrik/Charles.

Pendant ce temps, l'ambiance était particulièrement joyeuse et explosive de l'autre côté de la salle avec Pitchounette. Les fêtards riaient et discutaient avec bonne humeur et excitation, certains allant de tables en tables, s'interpellant d'un bout à l'autre de la salle, buvant, mangeant. L'alcool coulait à flot, le serveur avait offert procurer à tous une tournée de sa fameuse bière aux caramels et de nombreuses chopes généreusement remplies encore de bière, faisant des allés et retours entre le bar et les différentes tables. La nourriture qui se trouvaient sur les tables, étaient excellents jusqu'au dernier, chargé de plats lourds. Cette soirée prenait fin avec Pitchounette qui dansait excessivement avec Hendrik/Charles et Petite Fleure en tournant en rond avec eux.

À la fin de la soirée, Hendrik/Charles déchiffra au-dessus de lui, un ciel bleu profond saturé d'étoiles flamboyantes avec une pleine lune doré. Ce tel spectacle le comblait éperdument. Ses yeux brillés, il resta sans voix et ne bougeait plus, même en présence de Petite Fleure. Alors qu'ils étaient près de la chaumière, il y eut une pluie d'étoiles filantes qui étincela dans le ciel a lequel la petite bergère fermât les yeux pour faire un vœu pendant quelques minutes. Puis, celle-ci se tourna vers le jeune homme en écrivant sur son tableau noir :

Tu sais quel est mon souhait ? C'est de pouvoir attraper les étoiles filantes pour te les donner. Tu es un bon ami et je t'aime beaucoup.

Aussitôt, la petite bergère offrit un gros câlin a Henrik/Charles, ce qui le sidéra. Tout au fond de ses yeux ambrés, il la vit comme qu'elle était depuis le début. Une lueur que celui-ci avait craint de perdre un jour. Afin de se montrer reconnaissant, Hendrik/Charles attrapa la main de la petite bergère et y déposa un baiser galant. Lui clignant un œil enjoué, il s'éloigna à reculons pour observer sa réaction et, celle-ci rougit, complexé, avant de se rendre dans la demeure avec le jeune homme.

Une fois à l'intérieur, les deux amies découvrirent que tous les inventions de Ti-gris étaient tous activés et voyageaient d'une pièce à l'autre. Alors qu'ils s'observèrent confusément, Petite Fleure et Hendrik/Charles entendirent soudainement une affectueuse berceuse provenir justement de l'atelier.

C'était Ti-gris qui était en train de jouer admirablement bien de son violon. L'ancien prince et la jeune fille étaient certaines qu'il était capable d'interpréter les concertos les plus complexes à l'instar des plus grands maitres. Mais, ce moment de délassement s'arrêta sur-le-champ, lorsque le créateur décida d'y mettre un terme. Celui-ci avait l'impression qu'une tornade ravageait tout autour de lui, et que bientôt, il s'y serait prise à son tour et qu'il ne pourrait alors plus rien contrôler dans sa vie.

- Hé oh, Mr. Ti-gris, ça va ? Demanda Hendrik/Charles. L'homme cligna des paupières et se tourna vers le jeune homme et la bergère qui avaient l'air inquiets. Ti-gris hocha la tête et s'efforça de plaquer un sourire sur ses lèvres. Il était incroyablement épuisé, et il avait l'impression que son cerveau était fait de compote. L'homme se força néanmoins de reporter tout son attention sur sa table de travail incohérent, où reposait un cadre avec l'image de quelqu'un.

- Ne vous en faites pas avec moi, les enfants. Tout va aller bien, rassura Ti-gris. Durant que vous étiez à la fête, je n'ai pas cessé de travailler sur l'une de mes nouvelles inventions que j'ai fabriquer en l'hommage de quelqu'un. Il y eut un silence pesant, puis l'inventeur prit sur lui le cadre pour le présenter aux deux amies.

Dans l'image, il y avait le portrait de celui d'un jeune homme d'à peu près le même âge que Henrik/Charles, vêtu par un uniforme de la deuxième guerre mondial. La ressemblance avec le prince-déchu était hallucinant, et celui-ci jurait de voir son frère-jumeau. Bon, pour les yeux c'était une autre histoire, puisque l'homme dans la photo n'était pas atteint de strabisme tout comme l'exilé.

- C'est qui ? S'enquit Henrik/Charles. Lâchant un soupir d'affliction, c'est alors que l'inventeur prit parole :

- C'était Arnaud, notre fils. Ça fait depuis longtemps qu'il nous a quitté et que depuis, je ne cesse de me culpabiliser, indiqua tristement l'homme. Le malheur de la guerre fait toujours sourire et danser les petits diables. La paix est peut-être revenue, mais c'est devenu la désolation de la destruction, les blessures du cœur et la même arrogance des profiteurs. L'injustice de ce monde, sera toujours en plein santé pour établir son règne qui continuera à nous peser. Voilà comment tout cela a anéanti notre fils.

- Je... je suis désolé pour votre perte, déclara avec sympathie Hendrik/Charles en baissant le regard, tout comme la petite bergère.

- Si seulement j'aurais été plus à son écoute, récapitula Ti-gris. Avant qu'il ne parte au front, nous étions tellement heureux tous les 3. Ça me manquera nos délires, nos disputes, nos rigolades, notre complicité et, chaque jour, je reste fort depuis qu'il est parti. Je ne cesse de vivre et de crée !

Essuyant invariablement ses larmes, c'est alors que Ti-gris anima la télécommande dans ses mains, où un bruit fracassant se fit entendre dans l'autre pièce. Soudain, des bruits métalliques martelèrent le sol de bois qui paraissant solide pour soutenir quelque chose de lourd.

- Petite Fleure et Hendrik, je vous présente ma création, augura théâtralement Ti-gris.

Devant eux, vint par apparaitre un géant robot qui mesurait 2,72 mètres, avec des yeux qui éclairaient son passage, s'arrêtant à quelques pas de l'ancien prince et la bergère. Puis, une voix robotique surgit de l'automate :

Enchanté de vous rencontrer, chères amies. Je suis un robot et je suis à votre humble disposition.

Un «ooo» s'échappa de Petite Fleure et d'Henrik/Charles, tandis que Ti-gris appuie sur un autre bouton de sa commande. Tout à coup, la poitrine du robot s'ouvrit, et un orchestre automatique enfûta des œuvres de Beethoven.

- Impressionnant, n'est-ce-pas ? S'exclama fièrement Ti-gris. Je l'ai fabriqué en l'hommage d'Arnaud. Voilà ton cadeau, mon fils.

Face à ce fabuleux spectacle, Henrik/Charles eut les yeux qui resplendissait de mille éclats, pendant que la petite bergère lui tenait la main. Une chaleur sereine le parcouru le long de son corps, ce qui enchanta l'atmosphère dans la chaumière.

Mais le soir venu, tout changea. Une fois de plus, l'effroyable image de son père hantait ses rêves, s'ensuivit par le bruit tonitruant des éclairs. Mais, c'était loin d'être le bruit infernal des déchainements de la nature.

- Charles, Charles, réveillez-vous ! S'écria convulsivement le Petit Clown en secouant l'exilé dans son lit qui se réveilla.

- C'est horrible, je le vois partout, balbutia Hendrik/Charles. Jamais je n'aurais la paix ! Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai le sentiment que l'armée de mon père débarquera dans ce village. Pas de temps à perdre, il faut que j'alertes les autres.

Tout à coup, un cri étouffé le fit sursauter. Alors que l'ancien prince se penchait pour observer d'où cela pouvait bien provenir, un violent coup sur la tête le fit écrouler comme une poupée de chiffon... puis plus rien.


Écrire ses deux chapitres où Charles rencontre pour la première la petite bergère, a été un véritable défi. D'ailleurs, c'était l'un des passages les plus complexes que tous les autres, puisque j'ignorais comment introduire la Marguerite d'avant. Au début, je voulais la décrire comme une sorte de Mary Sue qui est cent pour cent parfaite, qui sait se battre contre les voyous, parce que dans la première version, il y aurait eu des bandits et vice versa.

Mais j'ai abandonné ce projet, car je voulais que tout soit paisible pour Charles et le Petit Clown et, qu'il n'ait pas d'embrouilles lorsqu'ils habitent le village. Honnêtement, je trouve que j'aurais pu faire mieux que ça, mais ça été difficile pour moi durant ces derniers mois, vu que j'ai vécu un deuil difficile... Sur ce, j'espère que vous allez au moins aimées.