Les couloirs semblaient bien ternes sous les lumières dorées des chandelles et des discussions dans les tableaux vivants que le roi Charles et Rookie avaient croisés pendant leurs trajets vers une autre salle. Pourtant, le château semblait baigner dans une atmosphère plus magique encore que lorsqu'ils étaient arrivés. Le roi Charles ferma les yeux pendant quelques instants pour profiter de la sensation que la magie créait sur sa peau. Un doux frisson le parcourait, alors qu'il entendait le vent siffler dans les couloirs vides du château. Finalement, il rouvrit les yeux en soupirant avec son petit ami poilu.
Face au miroir, le roi Charles contemplait son reflet, pendant qu'il plaça convenablement sa couronne sur sa tête. Pendant ce temps, on entendait dans l'un des tableaux magiques, une musique joyeuse et le roi et son chien tournoyait au milieu du couloir, dansant joyeusement. Le roi Charles riait de cœur et applaudit à un rythme pour encourager Rookie de poursuivre sa danse.
Le ciel était à présent dégagé au-dessus de Takicardie. Les nuages avaient fondu sous les assauts de la tempête, où les cieux, lavés de toute grisaille, laissaient présager une nuit claire et étoilée. Des grillons chantaient leurs symphonies. Tout semblait si parfait, lorsque...
AHHHHHH ! Des voix, des cris de rage déchirèrent le calme apparent du château. Dans ce qui semblait être la salle de bal, plusieurs nobles de la cour chassaient un animal ; un écureuil qui les catapultait avec des noix de Grenoble. C'était justement Bob l'écureuil qui mobilisa toute ses forces en sautant sur ses ravisseurs, où que ses petites dents aiguisées se refermaient sur le nez de l'un des nobles. Ce dernier recula précipitamment, affolé par la douleur et fonça droit dans les autres. La panique s'empara du groupe, et toute tentative se retrouva définitivement anéantie.
Ensuite, l'écureuil se précipita jusqu'au roi Charles pour retrouver refuge dans ses bras, avant que les nobles ne l'éliminent.
- Que diantre ! C'est notre roi ! S'exclama avec étonnement le baron de Dure-Cœur, en s'immobilisant avec les autres. Désormais, la salle était silencieuse, tous les regards tournés vers le roi Charles.
- Euh, euh ! En voilà une surprise, mon seigneur, lança d'un ton impétueux le comte. Ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance de vous croiser dans les couloirs, surtout ces temps-ci où l'on se fait constamment agressé par cette... répugnante vermine. C'est humiliant !
- Oui-da ! Il faut que ce cirque cesse, ajouta subitement la voix agaçante d'une femme, faisant sursauter le roi.
- Ah, une sorcière ! Ah non, c'est juste votre femme, déclara sarcastiquement le roi Charles en riant avec Rookie et Bob l'écureuil. Eh bah, je vois que vous vous êtes encore tartiner la face, selon vos connaissances en maquillage. Ça vous va a... ravie, ma chère.
Au moment où le roi Charles allait tourner les talons pour s'en aller, une minuscule furie se précipita sur le comte de Dure-Cœur.
- Vous nous quitter déjà ? Le roi Charles étouffait d'un rire.
- Hm ! Sûrement pour retourner dans cette boutique, répondit sèchement la comtesse. Parlons-en !
- Sauf sous votre respect, majesté, débuta le comte avec un calme apparent. Il y a bien mieux à faire que des corvées à cet endroit, que cette reine de malheur à décider de reconstruire pour vous faire la leçon.
- Et alors ? Vous serez que le magasin est splendide, lança gaiement le roi. D'ailleurs, JE suis le roi et j'ai amplement le DROIT de travailler si je le désire.
- Vous êtes peut-être le roi, mais n'oubliez pas que cette petite bergère, est désormais une reine. Tout le monde sait qu'une reine fait plus qu'un mouvement, ajouta sérieusement le comte. Si j'étais vous, je m'assurerais de la tenir en laisse comme un chien. Soudain, des rires malsaines fusèrent de partout, tandis que le roi Charles et ses deux compagnons poilus les regardaient avec dégout. Peu de temps après, le comte de Dure-Cœur enchaina :
- Tout le monde sait que même les plus douces des femmes, est capable de faire fléchir les hommes lorsqu'elles ont quelque chose en tête. On m'a toujours dit qu'elles étaient des armes dangereuses dans ce royaume. Honnêtement, nous avons à faire à une soi-disant reine a l'esprit vif et intuitif qui se cache derrière un joli visage.
- Ah! Il me semble que vous avez toujours été intimidés par des femmes puissantes, ayant de grandes idées incroyables, répondit le roi Charles en lui faisant un clin d'œil. Seriez-vous effrayé par la reine Marguerite ?
- QUE NENNI ! Riposta précipitamment le comte de Dure-Cœur. C'est plutôt vous qui êtes effrayer par elle, en raison de ce qu'elle peut accomplir dans votre dos. Non mais, regarder ce que cette prétendante reine s'est permit de faire pendant que vous étiez en train de souffrir à l'hôpital.
- Ça ne vous gênes pas de voir la conduite du shérif Stanislas ? S'enquit la comtesse de Dure-Cœur, affichant un air dégouté. Pas si longtemps, nous avions le droit a un homme fort, à la puissante carrure qui se faisait respecter par tous le monde grâce a son caractère. A présent, c'est du ridiculissime par-dessus ridiculissime que nous réserves ce shérif qui nous empoissonnes les narines avec son parfum aphrodisiaque.
- Eh bien, ça change de l'odeur que dégage certains hôtes dans cette pièce, railla le roi Charles, tandis que les autres grognaient dans la salle. Ne me dites pas que vous allez encore blâmer la reine Marguerite pour ses changements formidables et équilibrés ? Si c'est ça, je vous invite à salir vos plus grands défunts !
S'en était trop pour le roi Charles. Marguerite était parfaite pour lui, et lui ne le serait jamais pour elle. Il n'avait pas besoin de temps pour le comprendre, cela faisait longtemps qu'il le savait. Toutefois, il devait la protéger coûte que coûte, contre tous ses mauvaises langues.
- Écoutez la vérité, ô mon roi, débuta un autre noble de la cour. Vous ne pourrez jamais être un bon parti pour cette... gardeuse de moutons, malgré vos efforts que vous lui fournissez. Vous pouvez lui donner de l'affection, discuter avec elle, lui accorder du temps et la faire rire. Mais il y a quelque chose que vous ne serez jamais capable de faire : gagné son cœur. J'ose imaginer si elle sera capable de vous faire un héritier.
- Plutôt, elle lui ferait un héritier avec un lourd handicap et qui serait mort, dès la naissance, lança impitoyablement la comtesse de Dure-Cœur. C'est vrai, quoi ? Comment elle peut nous éblouir, si elle n'a aucun atout politique et ni même de sang royal !
Alors que tout le monde dans la salle se moquaient vilainement de la petite reine, ils se firent attaquer a nouveau par Bob l'écureuil qui utilisa sa mécanique de combats pour se débarrasser de ces malotrus (autre synonyme).
- Bon sang de bonsoir ! S'exclama affolement le comte de Dure-Cœur qui prit la poudre d'escampette avec les autres, tout en recevant les nombreux projectiles de Bob l'écureuil. Vous avez peut-être gagné la partie, mais la prochaine fois, on vous aura et votre petite bergère aussi !
A présent seul, le roi Charles se tourna sur Rookie qui inclina tristement sa tête sur le côté. Le cœur de l'homme se serra en comprenant qu'on voulait faire du mal à Marguerite, seulement pour détruire les bienfaits qu'elle avait imposer dans le royaume de Takicardie. Qu'ils essaient seulement de la toucher, ils auraient une grosse surprise, et si jamais la cour parvenait à lui faire du mal, ils découvriraient le poids de la vengeance du roi Charles.
(Le lendemain)
Une foule immense se massait face à la devanture bigarrée de la boutique de Mr, Durant, où un dirigeable transportait une bannière avec l'inscription « Venez voir les œuvres du roi Charles et de sa formidable équipe. » dans les airs.
Le shérif Stanislas, situé derrière le comptoir, se frottait les mains en regardant les aiguilles de la grande horloge du magasin se rapprocher doucement de l'heure fatidique. Cependant son stress l'obligea à remettre quelques flasques en place ou modifier les panneaux de couleur pour les rendre plus attractives.
- Arrêtez, vous allez finir par faire tomber quelque chose, lui prévenu le roi Charles. Une main nerveuse monta jusqu'à des cheveux parfaitement coiffés.
- Bon, je vais aller vérifier nos stocks ! Vous, occupez-vous d'ouvrir le magasin a l'heure.
Le roi Charles ne put s'empêcher de soupirer.
- Je n'arrive pas à croire que c'est à présent vous qui me donnez des ordres. Toute de même, vous aviez promis que vous le feriez avec moi.
- Houlà ! S'exclama le shérif Stanislas en attrapant son ventre. Après avoir tester les nombreux beignets... Je pense qu'il y a des circonstances atténuantes qui me permettent de ne pas respecter ma parole pour cette fois. Vous êtes au courant que je suis devenu un pro de la baigneritté ?
- Sincèrement, je ne sais pas quoi dire. À part que vous êtes un goinfre...
- Ohé ! Pas de gros mots, intervenu le shérif Stanislas. Sur ces mots pleins de sagesse, je vais disparaitre dans la réserve. Ciao !
Et il sortit sans plus de cérémonie, la porte se refermant sans un bruit.
- Quel tête de gnome, grommela le roi Charles.
- Je vous entends, vous savez ? Cria le shérif depuis sa retraite.
- Menteur
Le roi Charles roula ses yeux vers le haut, tout en contemplant la boutique à présent prêt pour accueillir les clients. Chers collègues, nous pouvons commencer !
Revenant a l'instant présent, le roi Charles jeta un coup d'œil vers l'horloge.
Plus que 3, 2, 1...
La porte du magasin s'ouvrit en grand, libérant le passage à une foule d'enfants d'excités et bien-sûr des nobles à la curiosité malsaines.
- Approchez, approchez ! N'hésitez pas à regarder, tester nos glaces, nos fioles et tous les produits... Avec l'accord de vos parents pour les mineurs, bien-sûr, s'empressa d'ajouter un vendeur envoyant l'éclat meurtrier dans le regard d'une femme qui tenait fermement la main de son enfant excité.
Le roi Charles profita du temps que prenaient chaque visiteur à s'extasier devant les produits pour scanner la foule et saluer brièvement une famille de nobles. Même le comte et la comtesse de Dure-Cœur, qui avait osé l'attaquer hier soir, ainsi que d'autres de leurs complices, étaient venus visiter les lieux. Sûrement pour détruire l'ambiance de la boutique !
- Voyez-vous ça, un roi qui veux rendre service à son peuple, narguait vicieusement la comtesse de Dure-Cœur. Quoiqu'on se l'avoue, vous avez l'art pour attirer le public avec vos paroles plus ou moins raffinés.
- Dites, vous n'avez pas mieux à faire ? Je ne sais pas moi, aller donc vous étouffez avec votre maquillage manqué, répliqua sèchement le roi Charles en croissant les bras.
- Voulez-vous que j'écrase votre crane avec un cornet d'amoOOOOur ! Intervenu soudainement le shérif Stanislas, en s'interposant entre le souverain et ses ravisseurs. Justement, je vends des glaces en l'honneur de ma fierté dont je suis tant fière, où leurs saveurs pourraient vous retirer le manche a balai coincé dans votre bas du corps, répliqua le shérif Stanislas en secouant agressivement sa cuillère de crème glacé.
- Toujours aussi serviable, ce cher Stanislas, déclara sarcastiquement le roi Charles. Une chance que notre reine ne soit pas là, sinon vous auriez eu de sérieux ennuis.
- Toujours aussi indispensable, cette chère Marguerite, répliqua sèchement la Dame de Dure-Cœur. Moi, qui aurait cru qu'elle serait présente pour souligner votre incroyable travail. Décidément, le comte et la comtesse de Dure-Cœur quittèrent les lieux en s'esclaffant comme a leurs mauvaises habitudes, laissant le roi Charles dans la furie.
- À prendre note : creuser une tombe pour ces gueuse, maugréa le roi Charles qui le nota violement dans son calpin, où une sensation étrange et malsaine lui envahit les yeux. Hélas, son strabisme était de retour et cela empirait la situation auquel qu'il était confronté.
Ces vieilles habitudes avaient recommencé, où son ancienne vie et ses routines tyrannique lui manquaient quelques fois. Chaque jour, il y songeait avec détermination, ainsi que l'envie qu'on le respect encore plus.
" Non ! " Lançait-il a lui-même." J'ai fait une promesse et je tiens à la tenir. "
- Hé-ho, votre majesté ! Intervint le shérif Stanislas qui se retrouvait prit dans une échelle, luttant pour qu'aucune étagère ne lui tombe dessus comme des dominos. De l'aide me serait bien utile, vous ne pensez pas ?!
- J'arrive, j'arrive. Malgré sa vision troublante et son humeur, le souverain se précipita au pied du shérif Stanislas pour lui filer un coup de main.
Mais entrainé par son élan, le roi Charles ne voyait pas devant lui et ne put éviter de faire tomber l'échelle. Un peintre de l'autre côté, finissait de peindre une dernière touche a grands coups de peinture, cette fois-ci rouge. L'échelle oscilla, désarçonnant le shérif Stanislas et le peintre qui s'agrippèrent en compagnie des autres au rideau... qui heurta de nouveau l'échelle... d'où tomba le pot de peinture rouge... qui se déversa sur une cliente.
Le pire ce qui arriva avec elle, c'est lorsque la cliente glissa jusqu'au étagères de livres, heurta le premier, puis la catastrophe fit sa manœuvre. Les meubles commencèrent à s'écrouler comme des dominos, sans s'arrêter et jusqu'à temps que le tous dernier tombe en déboulant les escaliers.
Dans la bibliothèque, il y eut un silence total, mais avant que quelqu'un prenne parole, Stanislas et les autres qui retenaient le rideau, lâchèrent prise et s'effondra sous leurs poids. Le roi Charles se leva debout, très honteux de ce qu'il lui arriva, il s'observait en constatant qu'il était couvert de peinture, mais aussi du fait d'entendre tous les clients se moqué de son accident. Pour l'ancien tyran, ce fut la goutte qui faisait déborder le vase. De plus, les images choquantes de son passé, où qu'il se voyait être la risée de toute la cour lui, revint à l'esprit... mais encore plus choquant et subliminal. Son visage vira au rouge et ses traits magnanimes, changèrent pour empirer son apparence bientôt vengeresse. Tous les bienfaits qu'il avait faits jusqu'à présent, se turent à tout jamais.
(Plus tard)
Jamais que Marguerite ne s'attendait à ce tel cauchemar. Pourtant la journée avait commencé merveilleusement bien pour la reine. À présent, tout était rendu cauchemardesque ! La fenêtre avant de la boutique avait été totalement cassés et des éclats de verres étaient visibles sur le sol, dans tous les recoins.
La porte était grande ouverte sur le trottoir et Marguerite pouvait voir que quelques étagères avaient été renversés sur le côté. Les fenêtres avaient non seulement été cassés, mais plusieurs rayons avaient été renversés, comme les étagères de livres. Ses précieux livres étaient éparpillés sur le sol et la plupart étaient déchirés, en se mélangeant avec les débris de verres. Marguerite se pencha pour ramasser la rose sur le sol, tandis que son regard se pencha sur les illustrations aux murs qui furent à présents déchirés violement du mur.
Soudain, la petite cloche au-dessus de la porte retentit, annonçant plusieurs invités où Rookie se mit à grogner.
- Eh bien ! Quel incroyable décor que ce roi Charles vous a réservée, déclara sournoisement la comtesse de Dure-Cœur qui était accompagné par son mari et plusieurs nobles. C'est drôle, mais j'approuve ce décor plus que tout au monde, pas vous ? Ses acolytes approuvèrent en sirotant un ver de champagne que le comte de Dure-Cœur avait ouvert.
Depuis le début, Marguerite avait tout supporté. Les brimades, les humiliations, les injures et plusieurs d'autres atrocités, même si elle avait gagné sa confiance. Mais elle n'en pouvait plus. Elle en avait assez ! Marguerite avait tout accepté en silence, avec le sourire, dans l'espoir de voir le bien triompher ! Que sa gentillesse serait récompensée ! Ne disait-on pas que les cœurs généreux, sincèrement généreux, voyaient leurs peines soulagées par des bienfaits supérieurs aux murs éprouvés ?
Alors où, les gens ayant un bon cœur étaient condamnés à verser plus de larmes !
- Vous n'êtes rien d'autres qu'une petite bergère, ajouta la comtesse de Dure-Cœur. Les joues de Marguerite étaient rouges de rage, ses yeux brillaient d'une férocité qu'elle n'avait jamais vu en elle. Sincèrement, tout le monde se demande pourquoi que vous restez, enchaina la gueuse. Pourquoi tenez-vous tant à changer le cœur du roi Charles ?
- Tout vos actions ne servent à rien, très chère, raconta hautainement le comte de Dure-Cœur. La preuve, ça n'a que seulement empirer votre statue et vos expectations envers le roi Charles qui est à présent de retour sous son vrai jour.
À la même instant, Stanislas et d'autres employer du magasin, parvinrent à sortir de l'uns des placards où qu'ils furent tous ligotés par des guirlandes de Noël.
- Fuyez, fuyez le royaume de Takicardie, ma reine ! S'écria désespérément le shérif qui se débattait, sous les nombreuses moqueries des nobles de la cour.
- Calmez-vous, Stanislas, rassura tendrement la reine Marguerite qui accouru jusqu'au malheureux groupe pour les aider. Il y a peut-être un espoir pour que le roi Charles retrouve la raison.
Soudain, les haut-parleurs diffusèrent bientôt un message de l'extérieur. L'annonceur dit :
« Allô ! Allô ! Sa majesté de Takicardie exige l'ouverture de tous les pièges du royaume, afin de punir les traitres. A présent, interdiction de tous interdiction de tous forme d'activités qui ont été offerts par la reine déchue Marguerite, désormais considéré comme l'ennemie du peuple. Que justice s'occupe de cette traitresse !
Aussitôt que le message fut diffusé, les sirènes démarrèrent et Marguerite comprit qu'elle devait fuir la vie qu'elle avait menée et les quelques amitiés qu'elle s'était liée. Mais ce qui sera difficile, sera de faire ses adieux.
