Dans ses appartements, le roi Charles remonta son gramophone, où la vieille chanson démarra. Le souverain récita :

L'âne, le roi, et moi, nous serons morts demain...

(Surtout moi)

L'âne de faim, le roi d'ennui, et-moi d'amour, au mois de mai

(Et pour toujours)

Le roi Charles baissa désespérément le regard, en se sentant coupable de ce qu'il avait fait. Toutefois, il poursuivit :

La vie est une cerise, la... ma mort sera un noyau

L'amour est un cerisier

- Ce l'était, mais plus maintenant, révéla une voix douce et féminine qui exprimait tant de souffrance dans son ton. En se virant par en arrière, le souverain vit Marguerite et Rookie devant lui qui l'observait se relever du sol.

- Marguerite, souffla le roi Charles qui s'approcha. Le message... ce n'était pas...

- Je ne peux plus vivre comme cela. Les yeux du roi Charles se tournèrent vers la reine, essayant de comprendre le sens de sa phrase.

- Quoi ? Une boule s'était formée dans sa gorge pendant que Marguerite répétait sa phrase.

- Je ne comprends pas... Pourquoi ? Pourquoi m'avez-vous faites vivres toutes ces choses qu'on appelle l'amour, l'affection, ou même le bonheur si c'est seulement pour me poignarder dans le dos ? Les larmes coulaient sur les joues de la bergère. Pourtant, elle les retenait. Elle devait être forte. Vous êtes mon plus grand regret.

- Ne... ne dites pas ça, Marguerite... Ses yeux étaient humides de larmes ! De la colère ? De la honte ? De la tristesse ? Cela n'avait pas d'importance. Le voir ainsi, lui brisait le cœur, mais elle n'avait pas le choix.

- Je vous aimes, plus que tout au monde, plus que la meilleure nourriture sur cette terre, plus que toutes les belles femmes de cette planète, plus que ma propre vie ! Vous ne pouvez pas partir, même si on vous hait. Je peux tout arranger ! Une larme coula sur la joue de Marguerite. Son cœur se serrait. Pourquoi pleurait-elle, alors qu'elle mettait un terme à cette folie ? Pourquoi, lorsqu'elle lui brisa le cœur, ressentit-il ce besoin vital de la prendre dans ses bras pour la réconforter ? Quel sort lui avait-il jeté, après tous ces moments d'enfer

- Je n'ai pas le choix, roi Charles. L'homme s'approchait d'elle doucement, comme un animal blessé qu'il ne faut pas effrayer. Ses mains reposaient doucement sur celles de Marguerite, et elle sentait son cœur brisé.

- Je... On n'est pas du même monde... Il rit. À quoi jouait-il ? Essayait-il de la faire regretter de partir en la réchauffant le cœur avec son rire nerveux ? Marguerite mettait sa main sur la joue de l'homme et son rire s'arrêta. Il prolongea le contact avec sa main. Les larmes recommencèrent à couler sur ses joues.

- Ne partez pas, s'il vous plait. Je vous en supplie. Je vous donnerai la lune, le soleil, les étoiles pour que vous restiez à mes côtés. Je ne peux pas vivre sans vous. Le roi Charles sanglota, tandis que l'odeur de la bergère s'empara de son cœur, et que le destin le brisa complètement. Il resserra sa prise sur son dos.

La reine Marguerite le dévisageait d'un air affligé. Devant elle, elle ne voyait plus qu'un homme dévasté et non le monstre qu'elle avait méprisé. D'une voix rauque et peu audible, le roi Charles rompit le silence :

- Pitié, faites-moi confiance.

- Ma confiance en le monde est tellement détruite que même si vous me donnez la preuve ultime de votre amour envers moi, vous n'aurez pas ma confiance, révéla tristement Marguerite.

- Je me fiche du nombre de personnes il y a dans ce monde, car moi, c'est vous que je veux, ajouta le roi Charles qui resserra sa prise sur son dos.

La serrant dans ses bras, l'homme lui caressa ses longs cheveux blonds avec douceur, cherchant à la réconforter, comme s'il avait appuyé le mauvais bouton, les larmes de la bergère se mirent instantanément à affluer de ses yeux. Elle pleura encore. Celle-ci se demandait quand s'arrêterait que ce flot liquide. Quand cette épine plantée dans son cœur se ferait emporter par le fleuve de ses yeux.

Un silence régnait dans la chambre. Tous les tableaux qui avaient prirent vie, où leurs couleurs étaient devenues resplendissant, observaient le roi et la petite reine. Les œuvres magiques semblaient dépités par la tristesse de la reine, mais aussi de leur roi. Ce fut au tour du vieux guerrier d'être submergé par l'émotion. Détournant les yeux, il cacha ses larmes silencieusement en compagnie du Petit Clown qui lui offrait un mouchoir.

Marguerite releva la tête. Charles essayait de lui sourire tendrement. Il sentait sa tristesse derrière son sourire radieux, mais elle si éblouissante, qu'il ne la voyait plus.

- Adieu, roi Charles, souffla la bergère qui recula de l'homme. Ça faisait tellement mal, mais elle n'avait plus guère le choix que de partir et, d'emmener Rookie avec elle.

- Rookie, balbutia entre ses pleurs le souverain. Ne me laisse pas seul, mon ami.

Les sanglots redoublèrent d'intensité. Le roi Charles baissa le regard et enfoui son visage dans ses mains.

- Je vais pleurer votre absence. Mais, ma plus grande souffrance sera quand je me rendrais compte que plus jamais vous reviendrez, confia le roi Charles en ouvrant les paupières pour se rendre compte que Marguerite et son compagnon, s'étaient éclipsés des appartements. Oh, Petite Fleure.

D'un dernier regard, Marguerite observait l'architecture qui auréolait la ville de Takicardie, où elle aperçut le roi Charles positionné sur l'une des tours.

- Votre carrosse est prête, petite bergère, annonça le cocher dans son siège.

Caressant Rookie de tout son amour, Marguerite embarqua dans le carrosse et se rendossa au fauteuil dur du carrosse.

Marguerite et Rookie, observèrent en silence comment le château diminuait a vue d'œil au fur et à mesure qu'ils s'en éloignaient. Puis, ce fut au tour du château et du capital de disparaitre derrière les troncs d'arbres de la forêt dans laquelle ils avançaient, en oubliant leurs aventures dans cette ville dictatoriale.

Et, avec un dernier soupir, les derniers souvenirs de la petite bergère s'évaporèrent comme un brouillard.


Désolé si c'est court, mais je ne voulais pas n'en ajouter plus pour que ça sonne répétitifs . Question : avez-vous déjà vécu une rupture ? Si oui, racontez-moi comment ça s'est passé.