(Moment présent)
Les gouttes ruisselaient le long des vitraux, comme si les doux nuages pleuraient des larmes de chagrin, décorant l'immensité céleste par leur couleur véritable, le long du sinistre reflet du roi Charles. Dans sa solitude, il regardait les aiguilles, il les regardait courir, il les regardait danser.
Puis, le vent commençait à se lever, les feuilles vertes, de grands platanes valsaient dans tous les sens, et les nuages blancs commençaient à couvrir le beau ciel gris. Ils cachaient sournoisement le soleil, partants tout comme le vent. Le roi de Takicardie regardait dehors et il pleuvait toujours, et il observait dedans, sa Marguerite n'était plus là depuis très longtemps. Les jours se ressemblaient ! Comme qu'il la manquait.
- Pourquoi est-elle invisible pour mes yeux, alors que mon cœur la voit partout, souffla le roi Charles en s'observant dans le miroir. J'aurais du réalisé a quel point j'étais égoïste, a quel point que je la voulais près de moi, la garder rien qu'a moi. Maintenant, je vais pouvoir mourir, ça sera un bon départ ; j'ai compris que j'avais été trop gourmand, que j'en demandais trop. Ce désir ardent ancré en moi, ses sensations, mon amour, tout ça reste en moi. Je n'en demande pas plus, même pas que ce soit réciproque.
Il fallait qu'elle parte, afin qu'elle respire de nouveau et qu'elle se sente vivante. Désormais que Marguerite est libre, j'espère qu'elle est heureuse. En tout cas, je lui souhaite, car elle a su enchanter ma vie. Elle n'était pas obligée et pourtant, elle l'a accomplie. Juste elle seule, arrivait à me faire lever les matins, à combattre pour être ce que je voulais devenir. Je la remercie pour tout ! Pourtant, j'aurais voulu juste un dernier câlin. Pour toujours la sentir avec moi, dans mon cœur. Peu de temps, une voix riche et profonde résonna dans la chambre :
- Désolé de vous décevoir, mais vous ne l'aimiez pas. En se virant de l'autre côté, le roi Charles aperçu le vieux cavalier qui avança jusqu'à lui avec son destrier. Ou peut-être qu'elle était juste bien pour votre égo. Ou peut-être qu'elle vous faisait sentir mieux dans votre misérable vie. Mais, vous ne l'aimiez pas. Car, on ne détruit pas les gens qu'on aime. Lorsque vous blessez une personne, qui plus est, a plusieurs reprises, alors vous pouvez être certain qu'elle ne vous aimera plus jamais de la même façon, voire ne plus vous aimez. Il y eut un lourd silence, avant que le roi Charles soupire :
- Maudit que je sois. Cette nuit où Marguerite fut enlevée, j'avais terriblement peur de ce qu'il pourrait lui arriver ; de ce que j'entendais à son sujet. A mon retour à Takicardie, ce soir, la nuit oppressante s'estompa, laissant place au nuit ténébreuse de mon père, le Roi. Je ne me sentais pas présent. Je n'étais qu'un témoin de cette saugrenue, qu'une personne devant la caméra, sans intervenir. Je n'étais qu'une forme spectrale, pas comme un fantôme, mais plutôt comme une âme en peine, cherchant un lieu pour m'échapper de cette réalité. Si je devais un jour faire un choix entre respirer et l'aimer, je voudrais sans hésiter lui donner mon dernier souffle pour lui dire : je l'aime pour être avec elle dans la nuit.
- Malheureusement, cela n'arrivera guère, justifia l'ancien cavalier. Tandis que vous rêvasser toujours, la petite bergère avance et elle est plus vaillante que jadis. Elle pensait que vous étiez la personne la plus incroyable. Et si elle pouvait avoir n'importe qui dans ce monde, elle l'aurait quand même choisi. Mais maintenant, vous n'êtes qu'une partie du passé. Et un jour, elle rencontrera l'homme de ses rêves. Et il va la traiter, comme si elle était la fille la plus merveilleuse du monde. Alors, je suis désolé pour vous, parce que vous êtes celui qui a tout raté. Pas elle ! Sentant un frisson lui parcourir le corps, le roi Charles ajouta :
- Aimer quelqu'un qui ne vous aimes pas en retour, c'est comme serrer un cactus dans ses bras. Plus vous tenez fort, plus que ça va faire mal. C'est difficile d'imaginer quelqu'un d'être amoureux de moi. Personne ne voit mon chagrin, mes yeux gaufrés, par la tristesse, ma souffrance, mais tout le monde, voit mes erreurs. C'est tellement plus facile et injuste.
- Dans ce cas-ci, pourquoi ne voudriez-vous pas corrigez vos erreurs pour que ça soit plus juste ? S'enquit le vieux cavalier en déposant sa main sur l'épaule du roi, dont ce dernier baissa le regard.
- Tout ce que je voulais, c'est sauver le monde. Mais, le monde n'a jamais voulu me sauver. Personne ne l'a remarqué jusqu'à ce que la tristesse se transforme en colère et maintenant, tout le monde me considère comme un monstre.
- Alors, il est temps que ça change. Vous ne pouvez pas toujours vous plaindre sur votre sort, évoqua sur un ton faible l'antiquité en se distançant du roi Charles. Suivez votre cœur et accomplissez votre destin, mon roi.
- Et si je ne réussis pas ? Demanda le roi Charles qui se vira vers le vieux cavalier. Celui-ci s'aperçu que son ancien ami en pierre, tout comme le reste des œuvres d'arts dans la chambre, avait perdu sa magie pour combler l'univers des vivants. Seul et désormais livré a lui-même, le roi Charles se dirigea jusqu'au vitraux, de manière qu'il puisse observer son propre royaume. Il était temps.
Cela faisait longtemps que la ville de Takicardie c'était bercé dans ce silence oppressant depuis les événements survenus il y a plusieurs mois, où que plusieurs takicardiens songèrent à détrôner le roi. C'est ainsi qu'à cette dure période, que le haut-parleur tintinnabula dans toute la ville :
- Allô ! Allô ! Peuple de Takicardie, le roi Charles V et Trois font Huit font Seize ordonne l'arrêt de tous les travaux, s'ensuivit par la libération des esclaves de la ville basse. Afin de les gratifier pour leurs services, chaque travailleur seront récompensés par des sacs remplis d'or qu'ils recevront à la sortie. Cela va de même pour tous les animaux qui retrouveront leurs libertés dans la nature. Que les ordres du roi soient exécutés !
Évidement, cette nouvelle n'enchantait guère à aucun des nobles qui contestèrent l'ordonnance du roi Charles, dont ce dernier n'y prêtait aucune attention. Tout ce qui comptait pour l'homme, c'est ce moment présent d'effectuer les promesses qu'il n'avait autrefois pas tenu en faisant planter lui-même des graines de tous les arbres possibles, a lequel qu'il ne perdit pas espoir. Il savait au plus profond de son âme qu'il faisait de son mieux. Et c'était suffisant.
- Je vois que vous faites une grande différence ? Soudain, une ombre immense et étrange avait caché le soleil dardant durant quelques minutes, où dès que le souverain pencha plus le regard, il vit apparaitre Mr, Merveilleux et ses petits perchés sur une branche d'arbre. Avant que l'homme puisse prendre la parole, celui-ci remarqua la présence des fauves qu'il l'encerclait.
- Ne vous en faites pas, ils ont déjà manger, rassura doucement le perroquet.
- L'Oiseau, que faites-vous là ? Vous êtes supposé d'être déjà parti loin de ce royaume, répondit le roi Charles. À moins que vous vouliez me narguer pour une dernière fois, avant votre départ.
- J'admets que ça serait tentant ! Mais, j'ai décidé de me tenir tranquille pour vous annoncer que moi et quelques-uns de mes amies, ont décidé de rester dans la ville basse.
- Quoi ! Mais pourquoi ? S'enquit le roi Charles. L'Oiseau demeura un moment silencieux, puis ajouta par la suite :
- Parfois, lorsqu'un oiseau a été mis en cage pendant un certain temps, vous ouvrez la porte et, il ne s'envole pas toute de suite. Il préfère la sécurité de la cage.
- Je comprends, fit le roi Charles en hochant brièvement la tête. Co...comment va le ramoneur ?
- Le ramoneur-de- "rien-du tout" dont vous avez prit plaisir d'humilier ? Lui aussi a décidé de suivre mes rangs, puisqu'il en avait MARRE de vivre parmi ce peuple si... corrompu. Tout ce que le ramoneur voulait, c'est de protéger cette petite bergère sans défense que vous avez violement arraché de son troupeau, expliqua le perroquet, tandis que les bêtes sauvages grognèrent autour du roi.
- Ne pouvez-vous pas comprendre que tout ceci est du passé ?! J'ai beaucoup changé, l'Oiseau ! Signala éperdument l'empereur. Si j'avais une machine à voyager dans le temps, croyez-moi que je changerais mon passé. Je suis désolé pour tout ! Pourquoi est-ce si difficile pour vous de me pardonner ?
- Vous savez ; Le pardon est une chose très difficile a certains moments, débuta l'Oiseau. Mais, pour vivre une vie heureuse, il faut être capable de compassions, de compréhensions des raisons pour lesquels certaines personnes agissent comme ils le font. Le cœur, peut-être voit des choses très capricieux au meilleur des moments qui peuvent être la vie. Bien que vous m'ayez blessé et déçu à plusieurs reprises, il y a une dernière chose dont j'aimerais vous montrer. Sur ce, le roi haussa un seul sourcil.
(Plusieurs instant plus tard)
Guidant vigilamment le roi Charles a travers la ville de Takicardie, c'est ainsi que Mr, Merveilleux le conduisit jusqu'à l'intérieur du magasin de Mr, Durant, où l'endroit fut à nouveau vandalisé.
- Mon... mon magasin, souffla à mi-voix le roi Charles en vacillant des jambes. J'ai mis tout ma passion dans ces travaux pour qu'elle retrouve sa lumière. Pourquoi cherche-t-on a détruire tout ce que j'aime ? La magie m'a quitté !
Soudain, le roi Charles cacha son visage, en proie de désespoir et tenta de calmer sa douleur. Mais hélas, sa peine le submergea si immensément, que ces yeux s'inondèrent de larmes intense et indéfinissable qu'il ne put contrôler.
Durant ce temps, le lustre de cristal qui trônait au plafond, réverbérait la lumière du soleil de fin de journée en provoquant l'apparition de miroitement multicolores dans toute la pièce. Peu de temps après, le chandelier oscilla mirifiquement et laissa dévoiler les fresques ornant les murs de la boutique. Tant de beauté en ces peintures qui avaient été épargnés, malgré les pleurs du roi Charles.
Le lustre grinça un peu... Et ces paysages, magnifiquement détaillés, peinte avec passion, semblaient renaitre à petit pas. Le lustre gémit de plus belle tout en tremblant, tandis que les pendentifs de cristal s'illuminaient et réfléchissaient des rayons partout. L'intensité devint rapidement si forte, que les cristaux du chandelier explosèrent en morceaux, où le roi Charles perdit connaissance.
À son réveil, deux papillons de soies planèrent soigneusement par-dessus lui, en lui chatouillant le visage pour qu'il se relève debout. Puis, un chien sauta dans ses bras pour l'accueillir en lui léchant drôlement le visage, où le roi Charles reprit la vision.
- ROOKIE ! L'animal bondit au sol et retourna auprès de la personne qui se retrouva à l'entrée de la boutique. Ce n'était pas possible, mais si. Mais, il y avait bel et bien Marguerite en chair et en os vêtu par ses habits de paysannes, où de puissants battements rythmaient le cœur du roi Charles qui se pinça à plusieurs reprises. Non, tout ceci était vrai !
- Marguerite, c'est vous ? Ça luit fit un choc. Oh Marguerite, je n'aurais jamais dû me conduire comme ça avec vous. J'ai été égoïste et lâche. Je... je suis désolé. Je comprends que vous me fassiez plus confiance et que vous ne voulez pas de moi. Mais une question, pourquoi êtes-vous revenus ? Voyant qu'elle ne lui répondait pas, Marguerite débuta :
- Je vous pardonne pour tout. Non, elle ne pouvait pas lui pardonner, pas après tout ce qu'il avait fait. Elle devait se sauver ! Il recula. Charles ne voulait pas faire ça, mais il le devait.
- Marguerite, vous ne me méritez pas. Pourquoi moi ?
Quel imbécile il avait été. Il avait caché tant de chose à Marguerite. Son dégout pour lui-même le remplit immédiatement. Encore une fois, le roi Charles avait été égocentrique et lâche. Sa monstruosité lui avait couté son véritable amour. Car, il en était persuadé maintenant : Marguerite méritait mieux que lui. C'était mieux. Forcément, elle serait mieux sans ce tyran dans sa vie. Cependant, sa présence marqua le début d'un grand espoir et il était prêt pour sa nouvelle aventure.
- À travers les ténèbres qui hantent votre esprit, je vois cette lumière en vous, révéla solennellement Marguerite qui se dirigea lentement jusqu'à l'homme. Je sais qu'elle se sera de retour. Lorsque Marguerite toucha l'épaule du roi, celui-ci tressaillit de crainte. Pourtant, elle lui caressa doucement la joue.
- Pour ce royaume, nous allons nous battre ensemble pour traverser les moments difficiles, afin de pouvoir profiter des bons moments. Soudain, Marguerite s'avança plus près du roi pour lui offrir un câlin réconfortant, où ce dernier s'effondra dans ses bras en sanglotant de façon incontrôlable. Quelques minutes passèrent, puis il murmura :
- Merci encore. Je ne connais pas beaucoup de monde qui serait capable de faire ce geste.
- Je suis au courant que vous avez faites des choses horribles, mais vous êtes loin d'être un monstre. Parce que vous avez des remords, justifia Marguerite.
Une chaleur torride envahit le corps du roi Charles, semblable à une vague de canicule qui ravagea tout sur son passage et qui le fit sentir humide et frissonnant. C'est alors que le câlin prit fin, pendant qu'un sourire splendide se dessina sur les lèvres du souverain. Avant même qu'ils puissent échanger un baiser, plusieurs trompes de guerre résonnèrent à tut tête dans toute la cité.
Peu de temps après, Mr, Merveilleux arriva sur lieux, avec une inquiétude qui se lisait dans son regard terrorisé.- Mon roi, je crains d'être le pourvoyeur d'une sombre nouvelle, mais nous sommes en guerre !
Fin (partie 1)
Messages :
J'ai commencé cette histoire en 2018 et voila que 4 ans plus tard, je la termine avec plusieurs émotions à la fois. Au début, je ne croyais pas que ça irait jusqu'à plaire plusieurs lecteurs qui sont fan du Roi et de L'Oiseau, même a l'époque d'aujourd'hui ! Honnêtement, j'ai toujours plus apprécié les animations de l'anciens temps qui offrent un message encore plus puissant.
De 2018 à 2023, j'ai vécu plusieurs événements heureuses et malheureuses qui ont failli me détruire. Toutefois, au-delà des moments où j'allais perdre espoir à tout jamais, je me suis à tout instants relevés pour poursuivre mes écritures. Il y a eu des jours où j'ai tout voulu abandonner, voire même jusqu'à supprimer mon histoire en raison de mon manque de confiance. Écrire, ce n'est pas évident ! Néanmoins, j'ai appris à ne pas abandonner. Rappelez-vous de ceci : il n'y a pas de limite pour nourrir votre imagination.
Vous avez été formidable à me suivre et merci pour vos commentaires. De retour pour la partie 2.
Maintenant, j'aurais besoin de votre aide ! Je suis à la recherche de dessinateur/trice qui voudrait se porter volontaire pour dessiner les personnages de mon livre.
Ce n'est pas obligatoire que ça soit un dessin, mais ça peut être aussi un montage à partir des images du film de Paul Grimault et des autres œuvres qu'il a réalisé. Le tout, pour promouvoir mon récit.
