Partie 1 : Enquêtes au Royaume-Uni
Chapitre 1 : La vie à la Wammy's House
Je me réveillais en sursaut trempée de la tête aux pieds dans le noir.
-Ca y est ? Tu as finis de hurler ? T'es pas croyable ma pauvre vieille. Tu vas vraiment me faire chier jusqu'au bout !
Queen. Elle porte très bien son nom. Elle est la reine de la Wammy's House depuis toujours. Depuis même avant mon arrivée il y a neuf ans. Elle était parfaite en tout. Parfaite physiquement pour ses dix-sept ans. Parfaite pour la musique. Parfaite pour les cours. Toujours parfaite en tout. Tous les orphelins étaient amis avec elle. Tous sauf moi.
En fait je n'avais pas d'amis. Il faut dire que je passai le plus clair de mon temps perchée dans un arbre à dessiner ou au collège. Quoique je venais de finir le collège et m'apprêtait dans quelques jours à entrer au lycée.
Ne pouvant plus dormir dans des draps gelés, je me levais et ignorais Queen. Je pris mon carnet de dessins que j'avais eu à Noël dernier et ma vieille trousse en forme d'ours en peluche que m'avait offert l'idole de notre orphelinat quand j'avais fait ma seule et unique crise de larmes.
Je sortis en catimini de l'orphelinat et me dirigea vers le vieux chêne qui était au milieu du parc. Une fois grimpée très haut dans l'arbre je me calai contre le tronc. Armée d'un crayon de papier et d'une feuille je m'évadais dans un monde féerique où la violence n'avait pas lieu d'être. Où toutes les créatures étaient traitées de la même manière. Un monde féerique qui se situerait dans la forêt de Dean. Roger, le directeur de l'orphelinat, nous y avait emmené il y a quelques années en récompense des résultats plus que satisfaisant des enfants.
J'avais pris cette sortie comme une récompense également pour moi. Une récompense pour avoir intégrée une école publique et montré mes capacités intellectuelles. Seulement ce n'était pas le cas. Parce que à six ans j'avais fais une crise pour aller à l'école comme tous les enfants normaux, j'avais été mise de côté par les autres orphelins de génies et par les responsables de la Wammy's House. Amanda,, notre intendante, avait bataillé dur pour que je n'intègre pas et que je sois sévèrement punie. Roger neutre, avait alors contacté le fondateur de l'orphelinat qui était parti parcourir le monde avec l'idole de l'établissement pour résoudre des enquêtes.
Au plus grand étonnement de tous, Le fondateur Watari et son protégé répondant au surnom de L, consentirent à mon inscription. Je savais que ceux qui intégraient l'orphelinat devaient se montrer très discret et éviter de se faire remarquer par leur prouesses intellectuelles. De plus étant une élite, on ne devait pas se mêler aux autres plus ordinaires. Cette façon de penser inculquée par Amanda et les autres élèves plus âgés que moi me dégoûtait. J'avais donc été mise de côté et accusée d'être la chouchoute de L.
Ce qui était assez ironique c'était que je ne pouvais pas être la chouchoute d'une idole que je n'avais jamais voulu rencontrée ni même suivie ses conférences via un genre de Skype hyper protégé. Ouais, vous l'aurez compris mes points faibles sont la technologie, faire confiance à autrui et être quasiment muette. Aussi de se cacher et d'adopter un comportement de je m'en foutisme devant mes responsables légaux.
Tous mes défauts m'avaient valu de nettoyer un nombre incalculables de fois tous les sanitaires du manoir immense avec une simple brosse à dent depuis mes six ans. En fait depuis que j'ai fais ma crise. Avant je faisais tout pour passer inaperçu. Cependant je ne me souvenais pas exactement de mon entrée à l'orphelinat. Je me souvenais juste que mes parents avaient été sauvagement assassiné par Rapunfield, un meurtrier qui fut tuer il y a quelques années par un autre tueur en masse, et que j'avais fuis la police. Je ne me souvenais pas comment j'ai été amené à l'orphelinat. Généralement c'était Watari, qui trouvait de pauvres enfants aux qualités impressionnantes. Ils les faisaient entrée soit à la Wammy's House soit dans un autre orphelinat plus ordinaire mais qui avait toute sa confiance.
Être concentrée sur mon monde imaginaire empêchait mon corps d'avoir froid. En tout cas empêchait mon cerveau de ressentir le froid. Il n'était pas loin de trois heures du matin et seule le clair de lune m'éclairait. Je n'avais pas pris la peine de mettre des vêtements secs. J'étais en pyjama et pieds nus. Après tout on était en été. Certes j'attrapais très souvent des rhumes mais je ne voulais pas avoir à faire plus longtemps à Queen que j'avais réveillé à cause de mes terreurs nocturnes.
Voilà depuis quelques semaines que je rêvais ce qui était arrivé à mes parents. Je n'y avais jamais vraiment songé par le passé. En fait je savais vaguement comment ils étaient morts mais je ne pensais pas que mon cerveau avait enfouis le fait que j'avais assisté à leur meurtre.
Pas de mauvaises pensées.
Ce lutin aux grands yeux lumineux devrait tenir une lanterne montrant le chemin vers la cascade menant au palais des fées. La lune n'était pas assez resplendissante. Elle devrait se refléter d'avantage sur la rivière. Ces arbres n'émettaient pas suffisamment d'aura mystique. Un visage devrait être gravé sur le tronc.
Au fur et à mesure que mon monde prenait vie sous mon crayon, les premiers rayons du soleil firent leurs apparitions chassant les mauvaises pensées par leur clarté réconfortante. J'avais encore une heure de tranquillité avant qu'Amanda vienne m'arracher de mon arbre par la peau du cou. C'était ce qu'il se passait systématiquement.
Mais pas ce jour-là.
Les heures passèrent et il fut pas loin de neuf heures quand je vis les orphelins s'activer inhabituellement dans le manoir. Un petit groupe de garçons de neuf-dix ans avaient échappé visiblement aux corvées et s'amusaient à essayer de mettre un but à Tom. Tom. Le meilleur gardien de but. À son arrivée il y a trois ans, tout le monde à essayer de marquer avec tout et n'importe quoi contre Tom. Mais rien y faire. Ce gamin était un génie du foot. C'était d'ailleurs de là que venait son alias Tom. En référence à Thomas le gardien de but dans le dessin-animé Olive et Tom.
Les jérémiades d'Amanda résonnèrent à mes oreilles. Je compris qu'elle me cherchait ainsi que les quatre garçons qui s'obstinaient à vouloir mettre un but à Tom à quelques mètres du chêne. Je me replongeais dans mon dessin à qui il manquait un phœnix.
-ALIX ! TU ES ENCORE DANS L'ARBRE, N'EST-CE PAS ?!
Alix était mon alias. En fait tout le monde m'appelait Alex puis comme c'était trop évident que mon prénom était Alexandra, Roger me donna le pseudonyme d'Alix. Mouais je ne sais pas non plus ce qui change vraiment.
-Qu'est-ce que tu fais encore en pyjama ?! Tu ne sais pas qu'aujourd'hui est un jour important ?! L est sur le point d'arriver et doit te voir !
Franchement non et je m'en foutais pas mal de l'anniversaire de qui on allait fêter. Dessiner des nuages se mélangeant en harmonie avec les étoiles étaient bien plus passionnant.
-Un jour je ferais braiment abattre cet arbre avec toi dedans ou non !
En fait un jour quand j'avais sept ans elle avait vraiment faillit le faire. L'idole de l'orphelinat, L le plus grand détective du monde, revenait pour un court séjour à la Wammy's House. Je ne voulais pas quitter le chêne et en plus je l'ignorais royalement. Le fil de la patience d'Amanda avait cédé. Elle s'était absentée quelques instants le temps d'aller dans la réserve d'outils de jardinage et de bricolage de Roger et en extraire une tronçonneuse.
Son objectif ? Bah abattre l'arbre avec moi dedans. Amanda voulait me foutre la peur de ma vie. Mais rien ne me perturbait à l'époque. Je n'avais pas encore les souvenirs de la mort de mes parents qui remontaient à la surface et je restais enfermée dans mon monde. Je pense qu'à la base Amanda ne voulait pas vraiment couper le chêne avec une petite fille de sept ans perchée dessus. Ce fut le stress de la journée et son exaspération qui eut raison de sa raison.
Amanda avait commencé à mettre en route la tronçonneuse et à la lever haut dans en l'air. Moi en haut je me contentais de dessiner une caricature d'une Amanda complètement folle avec un chêne qui la narguait. Le dessin était aujourd'hui encore encadré dans le bureau de Roger à côté d'un diplôme récompensant la première intervention de L dans une enquête. Autant dire que ça ne fait très sérieux à chaque fois que j'y étais convoqué pour mon comportement « inapproprié ». Je passe plus de temps à regarder mon dessin en imaginant de nouvelle manière pour l'améliorer.
Pour terminer cette anecdote, Amanda n'abattit jamais le chêne. En fait Watari et L étaient arrivé une heure plutôt. Alors que L était aux emprises des gamins complètement dingue de lui, Watari était allé faire un tour sur le domaine afin de me chercher. Il n'eut pas longtemps à chercher. Un enfant avait déboulé en disant que Alix, c'est-à-dire moi, avait réussi l'exploit de rendre définitivement folle Amanda.
Watari était arrivé comme une fleur à côté d'une Amanda tenant toujours en l'air la tronçonneuse.
-Amanda, avait dit le vieil homme, est-ce que vous compter abattre un chêne bicentenaire pour faire descendre la protégée de L par hasard ?
Le fait d'être la « protégée » de L me conférait une sorte d'immunité dans l'orphelinat. J'étais ainsi encore plus détestée de par mon comportement irrespectueux envers L que je n'avais jamais rencontré et du fait que L m'avait pris sous son aile sans que je connaisse véritablement la raison.
Ainsi aujourd'hui L était revenu et comme à chaque qu'il était là je ne bougerais de mon arbre seulement pour me rendre à la bibliothèque au centre de Londres. Quoique c'était légèrement compromis de se rendre à la bibliothèque. J'étais toujours en pyjama et groggy. En plus je n'avais pas ma carte de transport avec moi.
-Cette tarée d'Alix est encore en haut ?
L'horrible voix de Queen me parvint jusqu'aux oreilles. Me jeter de l'eau glacée à la figure ne lui a pas suffit. Il faut qu'elle vienne m'emmerder dans mon havre de paix.
En repensant à l'eau glacée de cette nuit, je me rendis compte que je n'arrêtais pas de grelotter. J'avais la chair de poule et mes extrémités étaient gelés. En plus mon estomac manifesta son mécontentement de ne pas avoir reçu de nourriture depuis hier midi. Mes cauchemars à répétition me coupaient l'appétit de plus en plus et je sautais très régulièrement les repas. Cependant grimper aux arbres et supporter Queen et Amanda demandaient bien plus d'énergie que je ne l'aurai cru.
-Cette satanée fille, rouspéta Amanda. Je me demande bien pourquoi L s'est entichée de cette fillette depuis qu'il l'a ramené ici.
Ah oui. Toujours la même rengaine. Apparemment L m'aurait trouvé errante et couverte de sang et m'aurait ramener ici. En fait c'était la vrai raison pour laquelle je refusais de le voir. Je le détestais pour m'avoir emmené dans le pire endroit de Grande Bretagne. J'avais quand même du mal à croire que le célèbre L ait trouvé une pauvre gamine. Il était bien plus que probable que c'était Watari qui l'avait fait.
-D'ailleurs Queen, dit Amanda en se détournant de mon cas désespéré.
-Oui ?
-Pourquoi es tu ici ?
J'avais vraiment trop froid. Je commençais à descendre. Avec un peu de chance ma couette avait séchée depuis cette nuit. Calant mon bloc grâce à l'élastique de mon pantalon de pyjama contre moi et la trousse dans la bouche j'entrepris de descendre agilement du vieux chêne.
-C'est juste pour dire que L et Watari viennent d'arriver, dit Queen en haussant les épaules.
Puis tout se passa très vite. Amanda exprima la surprise suivit tout de suite après du cri d'horreur qui fut rejoint par Queen. Il y eut un horrible craquement au niveau de mon crâne, de mon bras et de mon abdomen. La seule chose dont je me souvienne avant de sombrer dans le noir fût des silhouettes ressemblant étrangement à celles de mes cauchemars courir vers moi.
