Chapitre 3 : Horrible journée
Je suis restée deux semaines à l'hôpital. La première semaine j'étais restée dans les vapes, complètement délirante. La fièvre combinée à ma commotion cérébrale me faisaient revivre mes pires cauchemars. La deuxième semaine j'étais complètement exténuée avec un mal de tête constant, sans pouvoir bouger à cause de ma côte cassée très douloureuse. Mon bras gauche était aussi dans un sale état et emplâtré. Une chose est sûre c'était que je n'étais pas prête de grimper à nouveau dans le chêne avant plusieurs mois.
À mon retour à l'orphelinat j'ai du rester encore une semaine en repos complet dans le noir de la chambre que je partageais avec Queen. Cette dernière fanfaronnait dans la chambre en me promettant que L allait s'occuper de mon cas. Elle affirmait qu'elle avait entendu que L allait me supprimer mes privilèges. Franchement je n'avais pas compris de quel privilège elle parlait. On passait le temps à me faire récurer les toilettes à la brosse à dent.
-Tu n'as pas l'air de comprendre. Tu sais ton délire de fréquenter les écoles normaux sans aucune raison valable... et bien tu peux toujours courir pour aller au lycée. De plus tu as ratée la rentrée et en plus tu as été désinscrite.
La nouvelle résonnait à mes oreilles tel un écho. Comment ça j'ai été désinscrite du lycée ? Ce n'était pas possible. Sans tenir compte des ordres du docteur concernant le repos complet, je me redressai immédiatement. La tête me tournait mais moins qu'il y a quelques jours.
On ne pouvait pas m'enlever le droit d'aller au lycée public juste parce que je me suis pris un ballon à la tête et que j'avais lâché l'arbre sous le choc de l'impact !
Je me levai et me précipitait en chancelant jusqu'au bureau de Roger qui était à l'étage du dessous. Bon d'accord je ne pouvais pas vraiment me dépêcher vu que je me tenais courbée à cause de ma côte et de ma tête qui me tournait légèrement. Ce qui ne m'empêchait de donner un coup de pied suffisamment violent pour ouvrir la porte.
Roger se tenait à son bureau avec Watari. Apparemment L était en train de donner un cours au plus jeunes d'entre nous.
-Est-ce vrai ?! Fis-je d'une voix cassée et suppliante.
Si le fait d'entendre ma voix les surpris aucun des deux ne le montra.
-Oh Alix, dit Roger. Tu ne devrai pas te lever avant demain. Tu es encore très pâle.
-Est-ce vrai ? Répétai-je sans tenir compte de ce que disait Roger.
-De quoi veux-tu parler ?
Dans ses yeux je vis que c'était vrai. On m'avait vraiment enlevé du lycée. Alors que je quittai le bureau sans accorder plus d'attention aux personnes présentes, mon col fut attrapé par Amanda dont je n'avais pas remarqué la présence.
-Où comptes-tu aller te cacher encore ? Puisque tu sembles aller à peu près bien, on doit te donner ta sanction.
Pour la première fois depuis neuf ans j'accordais un regard à Amanda. Je la foudroyais du regard. Je ne pris pas la peine de me dégager de son emprise.
-Vous compter me punir pour avoir reçu un ballon et pour être descendu comme vous le vouliez ? Vous m'avez demandé de descendre. Vous ne m'avez jamais dit comment. Je suis descendue vous devriez être satisfaite.
Je reçu une claque monumentale.
-Amanda, voyons, dit Watari. C'est dangereux elle n'est pas encore remise.
-C'est ce qu'elle essai de vous faire croire. Watari j'ai vu cette enfant grandir jour après jour et je peux vous assurer que tout ce que peux faire L ne la changera pas. Cette gamine est insupportable.
-Dans ce cas pourquoi ne pas me jeter dehors ? Je la défiai. C'est vrai si je partais, vous seriez débarrassé de moi et comme ça je pourrai faire ce qui me chante.
-Ma pauvre fille, dit Amanda, fréquenter ton monde t'as vraiment retourné le cerveau. Tu crois que si nous le pouvions nous ne l'aurions pas fait avant ? Tu crois que si tu avais encore de la famille L se serait donner la peine de te ramener ici ? Tu n'es rien. Tu n'es qu'un parasite qui profite de la gentillesse des autres.
-Ca m'étonnerai. Je vous déteste. Vous. Roger. Watari. Ce connard de L et tous les autres. J'aurai préféré mourir avec mes parents !
Je reçu une nouvelle claque. Cette fois ce fut la claque de trop. Je sentis un liquide chaud s'échapper de mon nez et l'odeur métallique du sang que je détestais tant se répandait. Je me retrouvai immédiatement projetée neuf ans en arrière.
J'étais à nouveau dans le monte-charge regardant, par la fente que j'avais fait, le massacre de mes parents. La tête de ma mère me fixait d'une expression vide et dont le visage était couvert de sang. Je ne me rappelais pas des traits de ma mère. Non. Je ne voyais pas les traits de ma mère. Je voyais seulement le sang et le regard dénué de toute expression.
Il devait être vingt heures passées quand je repris mes esprits. J'étais à nouveau dans ma chambre allongée dans le noir, ma couette remontée jusqu'au menton. Ma tête me faisait très mal et mon cou passant ma main libre dessus je sentis une cicatrice. Amanda avait dû vraiment serrer très fort mon col pour me laisser une marque. À moins que ça ne soit celle laissé par la hache de Rapunfield.
Découragée et abattue je poussai un profond soupir et fixai le plafond plongé dans le noir. Queen n'était pas là. Il n'y avait pas le son de sa respiration qui résonnait au milieu de notre chambre désordonnée. Majoritairement il y avait les instruments et les partitions de musique de Queen qui étaient éparpillée partout sans oublié tous ses vêtements et autre bibelots. Depuis qu'elle avait intégré le Conservatoire de Londres, l'argent de poche de Queen passait principalement dans ses tenues. Personnellement je n'avais pas le droit à d'argent de poche vu le nom d'infraction que je commettais. En fait je crois que je n'ai dû jamais mettre les pieds dans une boutique vu que je n'avais pas d'argent.
L'orphelinat me fournissait mes fournitures scolaires, carte de transport et carte de bibliothèque et ça s'arrêtait là. Ça craignait vraiment qu'à quatorze ans je n'ai jamais pu acheter quelque chose avec une simple pièce. Mais bon l'argent n'avait pas vraiment de valeur pour moi. On le voyait parfaitement bien en regardant mon côté de la chambre. Il y avait un amoncellement de dessins sur le sol et sur le bureau sans oublié le très peu de linge plié que je possédais qui était visible dans mon armoire. A part trois pull, cinq tee-shirt, deux jeans dont un troué, deux pantacourts décoloré et les uniformes que j'avais porté à l'école primaire, au collège et celui que j'aurai du mettre au lycée, je n'avais pas grand chose.
En fait je possédais seulement ça, mes affaires scolaires et mes dessins. Je n'avais pas de livres. Je me contentais d'aller à la bibliothèque pour m'évader dans d'autres mondes et ainsi inspirer mon imagination à l'élaboration de nouveaux mondes parfaits. On ne pouvais pas compter sur la bibliothèque de la Wammy's House pour trouver des livres traitant de contes ou de monde fantasy ou de sciences fictions. Bien sûr je pourrai aller le soir rejoindre les autres orphelins pour regarder le film de divertissement ou me battre avec d'autres pour déterminer quelle chaîne mettre mais je savais que jamais je n'aurai le droit de regarder ce qui m'intéressait le plus.
Je soupirai d'avantage. Franchement rester les yeux fixer sur un plafond désespérément vide de tout sens artistique me donnait envie de me suicider. Je ne pouvais probablement pas sortir de ma chambre sans ressentir le moindre vertige et encore moins sortir de la chambre. À coup sûre je finirais enchaînée à mon lit. Déjà que rien en pensant à la sanction qui m'attendait pour avoir défier Amanda et insulter tout le monde... j'étais sûre qu'on allait me sucrer ma carte de transport et de bibliothèque.
J'entendis soudain quelqu'un toquer à la porte. Ne voulant pas parler de sitôt je refermais les yeux immédiatement et fis semblant de dormir.
-Je suis navrée L, dit la voix d'Amanda en chuchotant à peine. Alix dort encore. À mon avis on ne la reverra pas avant demain matin.
-Amanda, fit une voix de jeune homme que je ne connaissais pas. Je vous prierai de ne pas accabler d'avantage Alix et de veiller mieux sur elle. C'est à cause de ce manque d'attention qu'on est passé à côté de son traumatisme crânien plus important que prévu.
-Je maintiens néanmoins que vous devriez plutôt suivre Queen plutôt qu'Alix.
-Queen a beaucoup de capacités mais n'a pas besoin de quelqu'un pour arriver à ses fins. Elle s'en sortira parfaitement seule. Alix n'est pas pareil. Elle doit apprendre à faire confiance.
Je ne compris pas immédiatement ce que L voulait dire. Je le compris la semaine suivante quand je pus me lever. Avec un bras dans le plâtre j'étais en train de récurer les toilettes sales des garçons avec une brosse à dent. Amanda arriva derrière moi.
-Alix, Queen, Bane et Al vont au cinéma. Tu les accompagnes. Tout de suite.
Amanda ne se donnait même plus la peine de me parler normalement. Elle me donnait des ordres dès qu'elle me trouvait. Lorsque je suis cachée sous mon lit ou derrière un meuble, Amanda finissait toujours par me trouver et à me tirer de ma cachette par le col. La cicatrice que j'ai dans le cou avait la fâcheuse habitude d'être toujours en feu.
Passer l'après-midi avec Queen et ses garde-du-corps n'était pas très enviable. Nettoyer les toilettes étaient plus tentant. Seulement j'étais punie pour au moins jusqu'à mes dix-huit ans. J'avais même dû aller à un cours donner par un professeur d'université d'Oxford. Je n'ai rien écouté ce qu'il disait et j'ai dessiner dans mon cahier. J'ai du aller dans le bureau de Roger. Le directeur affirmait que j'étais très intelligente et que le cours bien que passionnant ne m'intéressait pas plus. L'universitaire n'y croyait pas. Il m'a posé pleins de questions affreusement faciles mais je n'ai répondu à aucune. Je n'avais plus envie de parler. Et quoique je fasse je finirai avec la pelouse à tondre avec une paire de ciseaux.
-Allez dépêche toi Alix ! Me pressa Queen alors que je mettais mes vieilles baskets.
Je les suivis en traînant les pieds jusque dans le métro puis dans le centre-ville de Londres. Les rues du centre-ville était bondées. J'avais du mal à me frayer un chemin alors que j'étais du gabarit d'un fil de fer. Je reçu même un coup de coude en plein estomac. Les larmes m'étaient monté au nez. Ma côte me faisait toujours un peu mal.
Regarder un film de super-héros dont la dixième suite ne m'a pas le moins du monde passionnée. Dommage que dans une salle de cinéma, la lumière était éteinte. Sinon j'aurai pu dessiner ou au moins observer le genre de personnes qui allaient voir ces films. Je piquai du nez quand Queen me secoua comme un prunier.
Après le film Queen et ses deux grade-du-corps voulaient aller boire une bière dans un pub. Seulement mon visage faisant très juvénile, le barman nous a éjecté de son établissement. Personnellement ça ne m'intéressait pas plus que ça. Queen, Bane et Al m'en voulurent et on rentra à l'orphelinat. Il était temps. Je me sentais un peu étourdie et fiévreuse. Je ne devais pas m'être totalement remise de ma grippe. Mon système immunitaire était pas mal affaiblit.
Sur le pas de la porte Amanda nous attendait. Elle m'adressa un sourire forcé. J'étais quasiment sûre que Roger lui avait dit de mieux se comporter à mon égard.
-Alors Alix, le film était bien ?
Ça voix minaudant faussement me fit grincer des dents. Je lui passais devant et rejoignit la chambre. Je suis sûre que le dessous de mon lit m'offrirait un endroit idéal et confortable pour me perdre dans mes pensées. De plus je me sentais vraiment nauséeuse. J'avais besoin de calme.
