Chapitre 9 : La Rentrée
Aujourd'hui était un jour très différent de ceux que j'avais déjà vécu auparavant. Déjà, j'avais très bien dormi. Je n'avais pas fait de cauchemars, ce qui était une première depuis plusieurs années. Bien que mon cerveau se sentait un peu engourdit et que je savais que le thé de Watari n'y était pas totalement étranger.
Ensuite, mystérieusement mon ventre avait manifesté contre son manque de réapprovisionnement, chose qu'il ne faisait presque jamais. J'eus droit aussi à un vrai petit-déjeuner. Attention rien à voir avec les paquets de sucreries dont se gavait à longueur de journée le détective. Un Breakfast typiquement anglais. Ce qui raviva mes papilles. Des souvenirs lointains de matinée passé avec mes parents refit surface.
Enfin la grosse nouveauté était les vêtements. Je portais l'uniforme de l'université d'Oxford acheté la veille. Attention, j'avais déjà porté des uniformes neufs et tout mais ce qui était bizarre c'était que j'étais assise en tailleur au milieu d'un cercle de vêtements neufs pour la vie de tous les jours et qui étaient acheté spécialement pour moi.
-Alix, tu as besoin d'ai... Grands dieux mais c'est quoi ce chantier ?! S'exclama Watari en entrant dans ma chambre.
Je levai vers lui des yeux surpris. Je ne m'attendais pas à ce qu'il débarque ici. Soudainement en voyant cet homme toujours élégant malgré son âge avancé et avec cette attitude qui reflétait son côté dandy de sa jeunesse, je pris conscience de mon comportement. Honteuse qu'il découvre ma façon de traiter ce qu'il m'avait acheté la veille, je m'inclinai en signe d'excuse et commençai à rassembler les vêtements. Mais voilà, je n'avais jamais été une pro du rangement. J'entendis un soupir venant de Watari. Puis des grandes mains se posèrent sur ma main non plâtrée.
-Ne t'inquiète pas, je suis venue t'aider à emballer tes affaires. Mais avant met toi debout.
Tout en gardant ma main entre les siennes, il me releva et me regarda de la tête au pieds. Un doux sourire apparut sur son visage.
-Cet uniforme te convient parfaitement. Tu es très chic. Une parfaite étudiante de Oxford. Mais...
Il lâcha ma main, pour tenir une mèches de mes cheveux entre ses doigts.
-Il faudrait peut être fait quelque chose avec tes cheveux. Que dirais-tu de les couper un peu ?
Je ne savais pas quoi dire. Mes cheveux étaient longs mais généralement c'était Amanda qui décidait quand les couper. Ça arrivait quand elle estimait qu'ils étaient devenus incoiffables. Bizarrement les séances de coiffure coïncidaient avec l'apparition de L à l'orphelinat.
Devant mon silence permanent et ma réflexion, Watari se fit une fausse idée de mes pensées.
-On n'est pas obligé de les couper si tu ne veux pas. Si tu le permets, je vais juste et les arranger un peu. Il serait dommage que l'arrivée de la fille unique de Gwendoline et de Thomas Lockwood soit considéré comme une enfant négligée.
Après une bonne demie heure de brossage intensif de chevelure, j'arborai une longue tresse en épis qui retombait dans mon dos. Les petites mèches rebelles sur mon front et à mes oreilles furent en parties domptées à coups de barrettes. Je me regardais dans le miroir. Je n'étais pas tellement différente de mon allure de quand j'allais à l'école et au collège. Pourtant quelque chose n'était pas pareil. Était-ce parce que pour la première fois on me coiffait réellement sans me tirer les cheveux ? Était-ce parce que c'était une tresse et non une queue de cheval ? Était-ce parce l'insigne d'Oxford brillait sur ma poitrine ?
-Bien, tu es parfaite. Tiens mais...
Watari attrapa ma main valide et l'examina.
-Tu ne portes pas la chevalière. L t'a pourtant bien dit de la porter.
Je ne dis rien. Je sais que c'était bizarre mais dans les écoles que j'ai fréquenté ce n'était pas une bonne chose de montrer des bijoux. Un jour, une fille avait présenté une gourmette en argent avec son nom écrit dessus. Avant midi, la fille avait été ostracisée et la gourmette avait fini en pièces détachées. Le port de bijoux qui avait l'air même de loin précieux faisait de nous des petits snobinards. Mon but étant de ne pas me faire remarquer et également n'ayant aucun bijoux, je m'étais toujours tenue à l'écart.
Watari trouva la bague que j'avais laissé sur un tas de feuilles. Il la prit et la remit à mon doigt.
-Ne la quitte pas, sinon L sera inquiet. C'est très important.
Je ne demandai pas pourquoi. Après tout ce n'était pas vraiment difficile à deviner. Je me contentais d'un vague hochement de tête avant de me détourner de Watari et de commencer à rassembler mes affaires.
Assez vite, Watari prit la relève voyant mon incapacité à plier ne serait-ce qu'un tee-shirt. En moins d'une heure, il ne restait plus que mes dessins laissés sur le bureau. Ce qui faisait un sacré tas de feuilles. Ma valise était pleine et mon sac de cours sur le point de céder sous le poids des livres universitaires.
-Je vais aller cherche un carton pour mettre tes dessins...
-Pas la peine, le coupai-je d'une voix faible mais déterminée.
Watari me regarda avec des gros yeux. Ça faisait toujours cet effet quand j'ouvrais la bouche depuis quelques années.
-Tu... tu ne veux pas les emmener ?
Je confirmais d'un mouvement de tête.
-Que... tu sais qu'il n'y aura personne ici après la rentrée. Tes dessins vont rester ici.
-Brûlez-les.
La surprise grandit sur le visage de Watari.
-Les brûlez ? Mais tu as vraiment l'air d'y tenir. Tu peux les prendre avec toi.
Je tournais ouvertement le dos au bureau. Je mis mon sac à dos sur la valise et tirait le tout hors de la chambre avec ma main valide. Je ne pouvais pas prendre avec moi mes dessins. Il était évident que je mettais les pieds dans un monde dangereux où laisser ne serait-ce qu'un indice sur mon plat favori pouvait m'être fatal.
-Je vois que tu es prête à partir A. fit L debout dans le couloir.
Je ne lui accordais pas un regard me contentant de marcher droit vers la sortie. Il saisit la poignée de ma valise avec une vivacité sur-humaine par rapport à ce que suggérait son physique.
-Avant de partir, A, je dois te mettre en garde. Je te conseille de ne pas trop te faire remarquer mais suffisamment pour intégrer la Empire Society. Joue avec ton nom mais évite d'attirer la jalousie. Sois vigilante et méfiante mais accorde ta confiance. Ouvre les yeux sur tout mais attention à ce que tu vas découvrir.
Ce qu'il racontait n'avait aucun sens. Je tentais de partir, mais L tenait fermement la valise.
-Prend ça.
Il sortit de son dos un téléphone portable qu'il tenait à deux doigts. C'était comme si le téléphone était la chose la plus immonde sur lequel il a posé les mains dessus.
Si l'envie m'en aurait pris vraiment je l'aurais récupéré, mais elle n'était pas là. Mon envie était juste de vouloir mettre autant de distance possible entre lui et moi. De plus avec ma main sur ma valise et l'autre en écharpe, il était impossible pour moi d'attraper ce qu'il me tendait. L le vit aussi et le fourra dans la poche de mon blazer.
-Ton téléphone et ton ordinateur sont relié à un réseau très secret en lien directement avec Near et moi. Nous te contacterons par ce biais et tu communiqueras tes découvertes également par ce biais. Essaie de donner ton numéro à un minimum de personne. Ton numéro est la solution à l'énigme que Watari a écrit dans ton agenda. Et une dernière chose, reste en vie.
Il lâcha la valise au même moment où Watari arrivait.
-Alexandra, j'espère que tu ne comptais par partir toute seule à l'Université, fit-il joyeux. Je vais t'emmener. L tout est bon ?
-C'est bon Watari. A est prête pour sa mission. Elle est parfaitement briefée.
Je ne dis rien. Je n'étais pas vraiment sûre de ce que je devais faire. Tout ce que je savais était que L soupçonnait que l'Empire Society serait mêlé à une histoire de trafique d'organes à l'échelle mondiale.
Watari conduisit une voiture très chic qui aurait été moquée si j'étais arrivée avec au collège. J'hésitais, depuis ma banquette arrière, à demander à ce que Watari me dépose juste là. Je pouvais très bien aller au Nuffield College seule. Je connaissais le chemin. Mes parents m'y avaient emmené assez souvent pour que même dix ans après je retrouve la route les yeux fermés. Pourtant je me doutais que Watari ne me laissera pas faire. Je m'enfonçais donc dans la banquette arrière plutôt confortable et regardait le paysage défilé. Je me demande si les carrosse peuvent être aussi confortables que cette voiture.
-Nous sommes arrivés, annonça Watari en descendant de la voiture.
Je fis de même redoutant le regard des autres.
Mais rien.
Rien ne se passa.
Je regardais autour de moi et je compris. Nuffield College faisant partit de l'Université d'Oxford était une Université d'Élites. Ce qui voulait dire que sans un certain patrimoine ou un excellent niveau permettant de décrocher une bourse, il était quasiment impossible d'entrer.
Le parking de Nuffield College regorgeait de voitures riches et de limousines. Je n'y connaissais pas grand chose en voiture mais je savais que celles garées valaient une petite fortune.
Des centaines d'élèves en blazer bleue marine, avec des pantalons gris foncé ou bleus et des jupes aux motifs écossais, vadrouillaient dans la cours du Nuffield College. La pelouse de la cours était parfaitement entretenue et superbement coupée. Ce qui lui donnait un air artificiel qui n'avait rien à voir avec celle de la Wammy's House, qui était principalement entretenue par les résidents fauteurs de troubles.
Le soleil était très haut dans le ciel et la température était idéale. Les étudiants étaient rassemblés à des stands installés dans la cours pour récupérer leurs plannings, les clés de leurs chambres et pour remplir autres formalités, comme les inscriptions dans les clubs et compagnie. Je redoutais d'être la seule accompagnée mais très vite je me suis rendu compte que beaucoup d'élèves avaient leurs parents à leurs côtés pour les aider à porter leurs affaires et les guider à travers le campus.
Une pression sur mon épaule me réveilla.
-Tout va bien Alexandra ? Tu es prête ?
Je ne fis aucun mouvement. Soudain j'imaginais mes parents franchir eux même le portail et pénétrer dans cette grande institution de style gothique. Les imaginer suivre les cours dans ce monde rempli de savoir et d'opportunités, me donnait envie de les voir. Mes parents me manquaient et je voulais aller les voir ici face à moi avec leurs visages souriants et bienveillants. Malheureusement ce n'était qu'une chimère.
-Allons-y, dit Watari qui commença à marcher à travers la cours vers le stand d'accueil.
-Bonjour, fit une étudiante qui faisait parti du conseil. Puis-je vous aider ?
Watari me regarda et voyant que je ne comptais pas ouvrir la bouche, engagea la conversation.
-Bonjour. Ma pupille entre en première année dans les Sciences Sociales. Pourriez-vous nous indiquer où se diriger ?
-Bien sûr, nous sommes là pour ça ! Dit avec enthousiaste l'étudiante.
Elle attrapa un tas de prospectus qu'elle tendit à Watari pensant que je n'allais visiblement rien faire. Je remarquai que l'étudiante portait un brassard orange qui jurait horriblement avec le blazer. Ça devait être un signe montrant les étudiants du Conseil.
-Merci, jeune fille.
-Vous avez là toute la documentation nécessaire pour bien vivre à Oxford, tel une carte de la ville, un mémo sur les numéros utiles, des coupons de réductions dans différentes librairies, restaurants et autres. Je vous donne aussi une carte de Nuffield College et de l'ensemble de l'Université d'Oxford. Pour récupérer votre planning vous devez vous diriger vers le stand correspondant à la filière choisi. Alors les Sciences Sociales se trouve à quatre stands d'ici en partant de la gauche. Avez-vous choisi de prendre une chambre au dortoir ?
-Tout à fait. Voyez-vous ma pupille est encore un peu jeune pour avoir son propre appartement.
-C'est tout a fait compréhensible. Après la vie au dortoir est une formidable expérience. Généralement les pensionnaires sont plus susceptibles de former des liens forts avec les étudiants en restant ensemble.
-Je comprend, approuva bienveillant Watari.
-Alors pour récupérer les clés, vous devez vous rendre au stand tout au fond. Là où la file est la plus grande. Je vous conseille d'y aller maintenant avant que tout le monde n'arrive. Croyez-en mon expérience. Il n'y a encore pas grand monde.
-Bien. Dans ce cas, nous allons vous écouter, jeune fille. Merci pour tout. Tu viens Alexandra.
Je commençais à suivre Watari.
-Nous allons récupérer déjà tes clés, dit-il. Après nous irons voir pour ton planning puis je t'aiderais à monter ta valise. Et ne conteste pas. Avec ton bras il est impossible que tu t'en sortes seule. Ici il n'y a pas d'ascenseur.
Je gardais le silence.
La queue du stand de récupération des clés était déjà pas mal longue mais il ne fut pas longtemps avant que beaucoup de gens ne se placent derrière nous. L'étudiante avait raison. Nous étions arrivés au bon moment.
Watari socialisait avec les parents autour de nous alors que je me contentais de garder le silence, mon bras valide recouvrant mon autre bras et regardant la structure impressionnante de l'édifice qu'était Nuffiel College.
-Sans vous vexer vous votre petite-fille ne vous ressemble pas du tout.
-Ce qui est normal. Elle est ma pupille.
-Oh je vois. Pauvre chérie. Mais qu'est-il arrivé à son bras ?
-Juste un petit accident. Elle aime un peu trop grimper aux arbres. Elle est tombée alors que des camarades à elle jouaient au foot.
Je ne pouvais m'empêcher de tourner la tête vers Watari. Était-il obligé de révéler la vérité aux premiers inconnus qu'il voyait ?
-Elle me semble bien jeune. Voyez-vous mon cher fils est entré à l'Université à dix-sept ans et il en est à sa troisième année.
-Votre fils semble en effet très précoce.
-Il est deuxième de sa promotion. Les chercheurs de têtes le sollicitent régulièrement. Quand est-il de votre adorable jeune pupille ?
-Alexandra n'a que quinze ans.
-Quinze ans ? C'est si jeune !
-Oui, c'est la réflexion que je me faisais, mais on m'a garantie que le cadre de vie ici est adapté et qu'elle sera en parfaite sécurité.
-En tant que mère de prodige, je peux vous assurer que la sécurité et l'encadrement sont bien présent. Votre petite Alexandra est entre de parfaites mains.
Alors que la parade des paons quand à savoir qui à la progéniture au plus gros cerveau, je laissais mon esprit vagabonder à nouveau mais cette fois dans les œuvres de la littérature que j'avais dévoré à la bibliothèque.
Mon voyage interne s'arrêta quand j'arrivais à la frontière entre le style gothique de Lovecraft et le côté futuriste de Wells.
-Puis-je avoir votre nom,s'il vous plaît ? Fit une autre étudiante qui portait le brassard orange.
-Lockwood, annonça Watari de sa voix clair. Alexandra Lockewood.
Je me demandais vaguement s'il n'avait pas fait exprès d'élever la voix
L'étudiante chercha dans sa base de données.
-Lockwood, murmura-t-elle. Lockwood. Pourquoi ça me dit quelque chose... ah ! Voilà je t'ait trouvé ! Tu commences tout juste ta première année. Ah oui ça y est ! Je me souviens pourquoi je connais ton nom. Tu es la plus jeune élève de ta promotion à nous rejoindre cette année. Voyons... je vois que tout a déjà été réglé et que tout est rn norme. Parfait. J'aprécie beaucoup les dossiers parfaits.
-Je peux le comprendre, ajouta amusé Watari.
-Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de personne qui viennent ici sans même apporter les documents qui étaient manquant. Sous prétexte qu'ils sont des prodiges dans leur famille ou que leur portefeuille est bien garnis. Surtout que c'est plutôt papa et maman qui ont les poches remplis. Après je ne sais pas si vous êtes d'accord avec moi ou non, mais je ne pense pas qu'avoir un sois-disant statue social vous autorise à piétiner les procédures.
Il était évident que cette étudiante était une militante pour x causes et qu'elle n'aimait pas la mentalité qui régnait au sein de l'Université.
-Malheureusement, c'est la réalité, alla dans son sens Watari. C'est pourquoi il est important que de jeunes personnes comme vous en prennent conscience et essaie de faire bouger les choses.
-Ne vous inquiétez pas M'sieur Lockwood, je me suis engagée dans cette voie !
-J'en suis ravi. Mais je n'aimerai pas paraître discourtois mais ma petite protégée commence à fatiguée...
-Oh mais bien sûr ! Où avais-je la tête ? Excusez-moi. C'est juste quand je commence à m'emballer je ne m'arrête plus. Alors la chambre de Alexandra Lockwood est la 413.
Elle nous tendit la clé, ainsi qu'un petit sac en papier contenant des brochures et un petit paquet de bonbons, et même un tee-shirt de bienvenue.
-Vous trouverez dedans le règlement au grand complet et si jamais le numéro du Conseil des Etudiants, ainsi que le mail et tout ce qu'il faut savoir. Bonne installation.
Nous laissâmes l'étudiante militante au profit du stand des Sciences Sociales. Il était compliqué de se déplacer. La foule était très importante et dense. Watari avait posé une main sur mon épaule pour être sûr que je ne disparaissais pas de sa vue.
Comme prédit par la première étudiante qui nous a accueillit tout à l'heure, il n'y avait presque personne au stand. Très vite vint notre tour. Un jeune homme blond nous observa puis un large sourire s'étala sur son visage. Ses dents étaient si éblouissantes, que je du presque plisser les yeux pour ne pas être aveugler.
-Ne dites rien ! S'exclama-t-il en se levant de sa chaise. Alexandra Lockwood ! C'est bien ça ?
-Pfff, Tony, ça fait la quatrième fois que tu fais le coup, dit un garçon roux à ses côtés, visiblement lassé par le comportement de son ami.
-Non mais cette fois aucune chance qu'il se trompe, fit une jeune femme à la chevelure auburn de l'autre côté de ce Tony. Il a sa carte sous le nez.
-Bonjour, dit Watari.
Je ne comptais pas l'ouvrir tant que ça ne serait pas nécessaire. Watari était un parfait porte-parole qui savait sublimement interagir avec autrui. Ce qui était une aubaine.
-Bonjour monsieur Lockwood Vous devez être le grand-père d'Alexandra ! S'exclama le blondinet.
Watari eut un petit rire gêné.
-Si seulement. Malheureusement je ne suis que son tuteur, James O'Connor.
-Oh bien sûr, semblait comprendre l'étrange étudiant. Je suis Anthony Thomson, le président du Conseil des Étudiants. Je suis aussi en troisième année dans les Sciences Sociales.
Ainsi il était le chef de toute cette troupe plus qu'étrange étalée un pe partout dans la cours.
-J'ai été chargé par le corps professoral de prendre soin d'Alexandra en souvenir de ses parents. Le doyen aimerait présenter ses plus profonds respects pour Alexandra.
Le regard bleu océan de Thomson me couvait du regard. Je n'aimais pas ce regard. Je n'aimais pas qu'on prenne cette attitude condescendante envers moi juste parce que j'étais orpheline.
-Pourquoi ne le fait-il pas lui-même ? Demandai-je froidement.
Les trois étudiants me fixèrent étonné de mon comportement. Watari, ou plutôt James O'Connor, se précipita d'effacer mes propos d'un geste de la main.
-Voyons Alexandra, un peu de politesse. Le doyen est quelqu'un de très occupé. Pardonnez-la. Alexandra a parfois le verbe un peu dur.
Thomson reprit contenance et souriait à nouveau.
-Ce n'est pas grave. Il est toujours dur de quitter la structure familiale pour entrer dans la vie active surtout à un si jeune âge.
Je lâchai un petit rire sarcastiquement. Quelle structure familiale ?
-Euh.. un problème ?
Watari qui avait toujours une main sur mon épaule, la resserra. Je compris le message. Je fis juste un sourire. Forcé, certes. Mais c'était un sourire.
-Elle est un peu fatiguée. Le voyage depuis Londres fut un peu trop matinale.
-Bien sûr. Une heure quarante de voiture est une épreuve aussi tôt le matin.
Je voulais partir. Je n'en pouvais plus de rester planter là en train de les écouter s'envoyer des politesses. J'avais déclaré que Watari était un parfait porte-parole, mais moi je n'avais aucune patience à rester écouter des choses inintéressantes.
-Et le doyen est toujours Martyn Percy ?
-Monsieur O'Connor, je pense que vous vous trompez. Martyn Percy est le doyen actuel de Christ Church. Celui de Nuffield College est An...
-Andrew Rowland, bien sûr ! Le coupa Watari.
-Oh vous le connaissez ?
-Pas aussi bien que je le voudrais. C'était un ami au lycée. On s'est perdu de vu quelques années.
-Je peux comprendre que vous ayez eu du mal à vous souvenir du nom d'un vieil ami. Moi même j'ai du mal à me rappeler ceux de mes camarades quand j'étais au lycée.
La conversation n'en finissait plus. J'étais tenté de prendre la poudre d'escampette, et je l'aurai très certainement fait si Watari ne tenait pas si fermement mon épaule.
Finalement le moment de salut arriva. Ce qui n'était pas trop tôt.
-En tout cas, Monsieur O'Connor se fut un plaisir de vous avoir rencontrer. Vous pouvez rester rassurer concernant votre jeune Lockwood. Elle est entre de bonnes mains.
Thomson attrapa un sac et une petite carte qu'il me tendit.
-Tu trouveras dedans la robe académique à porter lors de la visite d'invité prestigieux, lors des examens et lors des dîners le soir. Généralement je précise que si la robe est trop petite de revenir dans nos locaux pour l'échanger mais en voyant ton gabarit je ne pense pas que ça sera un gros problème pour toi Lockwood. Tu trouveras dans le sac aussi, une invitation pour la soirée de bienvenue qui se tiendra demain soir qui se tiendra dans la chapelle. Alors j'ai remarqué que ta spécialité était la sociologie. Tout comme moi. Je me ferais un plaisir de te faire visiter Nuffield College. Je te souhaite une bonne installation.
Je pris le sac prête à enfin partir, mais Watari n'allait pas tout de suite me lâcher dans la nature. Nous retournions à la mini limousine récupérer ma valise et mon sac. Watari les porta refusant que je force sur mon « pauvre petit bras fragile » et avec la carte, nous nous orientons vers la porte ouest où se trouvait le dortoir.
Il y a une chose que je retiendrai de cette journée. La sublime Tower College recouverte de cuivre qui domine Nuffield College à quarante-neuf mètre de hauteur. Un magnifique travail d'art et d'architecture reflétant l'imagination et la créativité de son créateur.
