Chapitre 2 : L'Apprentie perdue, la fille coupable et le lapin aquatique
Perdue.
Voilà ce que j'étais actuellement.
Paumée dans les studios. Chérubin Narcaciel se moquait tellement de moi que je m'étais détournée de lui vingt secondes, le temps d'intérioriser toute ma colère contre lui. C'était tout ce qui lui avait fallu pour disparaître et me livrer à moi même. Que faire j'étais seule à quatre heures seize du matin en train de déambuler au milieu de décors de la Chine Ancienne.
J'ai faim.
Je soupirai profondément. Je ne savais pas où allé ni qui chercher.
Alors que je me retrouvais proche d'un bassin artificiel avec des lotus flottant dessus, je perçu des petits reniflements. Mon estomac sur les talons mit de côté, je me dirigeais vers la source de ces bruits. Un étrange sensation de déjà-vu me prit. C'est comme si j'avais déjà vécu une situation semblable. Trop bizarre. Je m'attends presque à être dans une montagne, la nuit en pleine hiver.
Une fille de pas plus de huit ans se tenait recroquevillée dans un coin en larmes. Je m'approchais doucement d'elle.
-Hey, lui dis-je sans la brusquer. Tout va bien ?
Elle hocha la tête sans me regarder. Je m'assise par terre à côté d'elle.
-Oh je vois. Alors ici, il est tout à fait normal d'abandonner ses enfants dans la forêt, de se moquer de sa nièce et d'en profiter pour la semer et de pleurer quand tout va bien. Décidément c'est un endroit avec de drôles de coutumes.
J'entendis un petit rire.
-Ah oui, j'ai oublié, se moquer d'une pauvre âme innocente est aussi monnaie courante.
La petite fille leva les yeux vers moi. Elle était très mignonne, on dirait une petite poupée en porcelaine avec son teint laiteux, ses grands yeux noirs et les deux couettes qui encadraient son visage.
-Tu es marrante, toi. Me dit-elle d'une voix fluette.
-C'est pas voulu, reconnu-je. Dis-moi que fais-tu toute seule ici à cette heure-ci ?
Le sourire de l'enfant s'estompa.
-J'ai été méchante.
-Vraiment ? Qu'as-tu fait ?
La petite fille soupira profondément.
-Je suis venue avec mon papa car je voulais donné un cadeau à Zhan Ge de la part de ma meilleure amie. Sauf que j'ai fais tomber le cadeau dans le bassin car je voulais voir si c'était des vraie lotus. Mon papa m'a dit que ce n'était pas grave et qu'il enverrait quelqu'un le récupérer. SAUF QUE NON ! C'est moi qui devait en prendre soin et je l'ai fait tomber. J'ai dit à papa que je devais le reprendre moi même sinon ma meilleure amie n'allait pas être contente. Il a dit que les petites filles ne barbotaient dans des eaux sales. J'ai répondu que de toute façon il ne connaissait rien sur l'amitié et qu'il était le pire papa de l'Univers et je me suis cachée.
Je souris tendrement à son histoire. Les enfants étaient rarement des véritables grands méchants destinée à ruiner l'humanité. Du moins ils ne le sont pas encore à cet âge là. Les enfants qui naissent démons sont pour la plupart exorcisé par l'Ange Asmodei.
D'après la légende, les pire êtres à venir au monde qui précipitera ce monde dans l'apocalypse ne vivent pas longtemps. En fait dès le berceau l'Ange Asmodei arrive et élimine le mal par la racine. Ainsi des bébés meurt sans raison apparente. Les humains appellent ça le Syndrôme de la Mort Subite du Nourrisson. L'enfant est en fait exorcisé mais la procédure n'étant pas adapté à un nouveau né, la Faucheuse ne tarde généralement pas à récupérer l'âme brisée de l'enfant. De mon point de vu un bébé est innocent tant qu'il n'a pas agit. Pourquoi punir quelqu'un qui n'a encore rien fait ? Il y a cependant des bébés qui incarnent le mal absolue sont laissés vivant afin de rétablir un certain équilibre dans l'Univers. C'est juste horrible cette façon de décidé qui meurt et qui survit. Heureusement ce n'est qu'une légende qui n'a jamais été prouvé.
-Depuis combien de temps tu te caches ? Lui demandai-je. Ton papa doit s'inquiété. Et si on allait le retrouver ?
La petite fille secoua farouchement la tête de gauche à droite.
-Non. Je suis trop méchante. Il va me gronder, après il va dire ce que j'ai fait à ma meilleure amie et elle va aussi me détester. Zhan Ge va aussi voir que je suis méchante et croire que je suis jalouse.
L'imagination des enfants est vraiment surprenante. Je retint un rire.
-Dis-moi je suis en train de voir que tu n'es trempée. Tu n'a pas été récupérer le cadeau de ta meilleure amie ?
-Non. Si je suis mouillée papa va se mettre encore plus en colère contre moi.
Je comprends. Elle veut récupérer le cadeau pour ne pas décevoir son amie mais elle ne veut pas décevoir son père en allant dans le bassin. Quel dilemme. Décevoir son père ou son amie. J'avoue que je suis incapable de dire quel est le bon choix alors que je suis Apprentie ! Je réfléchis quelques instants en tapotant ma joue.
-Que dis-tu de ça, dis-je après avoir pesé le pour et le contre, je récupère le cadeau qui est tombé, comme ça ton papa ne te grondera pas d'être trempée et ton amie ne t'en voudra pas !
-Mais le cadeau sera pourri ! Il est dans l'eau depuis au moins dix minutes !
Dix minutes ? Cela ne faisait que dix minutes qu'elle était toute seule ? Son papa ne devait pas être loin alors.
-C'est quoi le cadeau de Zhan Ge ? Lui demandai-je.
-Une peluche de lapin.
-C'est une peluche ? Alors ne t'inquiète pas ! Je vais la récupérer et la sécher ensuite tu pourras la donner à ton Zhan Ge. Quand dis-tu ?
Un sourire radieux éclaira la bouille adorable de l'enfant. Elle se leva et me tira par la manche.
-Viens Jie ! C'est par là qu'il est tombé !
Elle me tira jusqu'à un ponton en bois.
-C'est là que je l'ai fait tomber !
Je m'accroupie et me penchai au dessus de l'eau. Oui je le voyais. Un paquet cadeau rouge roulé en boule reposait dans l'eau claire.
-Tu va pouvoir le récupérer ? Me demanda l'enfant.
Je lui souris.
-Aucun problème petite humaine ! Euh... je veux dire petite fille !
-Jia.
-Hm, pardon ? Demandai-je alors que j'enlevai mes baskets montantes et mes chaussettes.
-Cheng Jia, répéta l'enfant. C'est comme ça que je m'appelle pas petite fille !
-Oh désolée Cheng Jia ! Je ferais attention la prochaine fois !
Je remontais mon pantacourt jusqu'au dessus des genoux. Je descendis ensuite prudemment dans le bassin. Heureusement il n'était pas très profond car je ne savais pas si j'étais capable de nager. L'eau m'arriva jusqu'à la taille me disant que ça ne servait à rien de retrousser mon bas. Je n'en tins pas rigueur. Ce qui comptait présentement était d'aider une petite fille.
-Gentille Jie, tu vois la peluche ?
-Oui je la vois, rassurai-je Cheng Jia.
-Qu'est-ce que tu fais ?
J'étais en train d'enlever ma chemise. Elle n'était pas spécialement précieuse mais je n'avais pas envie qu'elle soit mouiller. Comme je n'ai pas de veste, elle me réchauffera quand je récupérerais le cadeau.
-Tiens-moi ma chemise mais ne la fait pas tomber dans l'eau s'il te plaît.
-Oui Jie.
Heureusement que mon tee-shirt n'était pas celui que je portais lors de mon arrivée au Royaume Céleste. Il était rose avec Peppa Pig dessus. Pendant plusieurs jours on m'avait appelé Peppa Pig à cause de ce truc. Je m'étais jurée de ne plus porté de tee-shirt avec des dessins dessus.
Je pris ma respiration et me pencha. L'eau m'immergea totalement. Je tendis le bras et attrapai le paquet.
-OUAIS ! s'écria Cheng Jia heureuse alors que je levais haut le cadeau en l'air.
-Hé le Rebut je peux savoir ce que tu fous ?
-A-Jia ! Fais attention à ne pas tomber dans l'eau !
Nous nous tournions toutes les deux vers les deux voix. La petite Cheng Jia accroupie sur le ponton et moi trempée de la tête au pied, de l'eau jusqu'au bassin avec le bras en l'air. Chérubin Narcaciel se tenait sur le rivage en croisant les bras passablement blasé. À ses côtés se tenait un homme d'une quarantaine d'années dont le visage me rapellait fortement celui de Cheng Jia.
-Alors comme ça tu es la nouvelle assistante en maquillage, dit le réalisateur Cheng Wai Man une fois que j'étais sortie de l'eau.
-Apparemment, dis-je en baissant la tête.
-Oui, elle l'est, affirma avec beaucoup d'aplomb Chrubin Narcaciel. Elle a besoin d'un recadrage. D'ailleurs j'allais l'emmener voir Yangyang.
-D'accord. En tout cas merci petite Yoyo d'avoir aidé ma fille.
-Gentille Jie a sauvé le cadeau de Zhan Ge ! S'exclama l'enfant.
Je lui fis mon sourire le plus radieux, la peluche toujours entre mes mains.
-Mais, dit la petite d'un air triste. Il est foutu.
-Ne t'inquiète pas, lui dis-je en lui ébouriffant les cheveux avec ma main trempée. Je vais te la sécher et refaire le cadeau. Ton Zhan Ge sera pleinement satisfait !
-Chouette ! Gentille Jie est la meilleure !
Alors qu'elle allait sauter dans mes bras, je me fis attraper par le col et ramener en arrière loin de cette adorable petite poupée.
-Chouette, dit la voix basé de Chérubin Narcaciel. Ta gentille Jie s'en occupe. En attendant elle est attendu dans les loges.
-Gentille Jie ! Cria dramatiquement la petite fille en tendant les bras vers moi.
-Ne t'inquiète pas ! Lui dis-je tout aussi dramatiquement. Le destin nous réunira de nouveau jeune Cheng Jia !
-Je ne t'oublierai jamais Gentille Jie !
-Moi non plus petite Cheng Jia !
-C'est pas un peu fini cette scène larmoyante, râla Chérubin Narcaciel alors que le rire de Cheng Wai Man résonna jusqu'à nos oreilles.
Je ne dis rien. J'aimais bien cette petite. Elle était amusante. Je vais devoir trouver un moyen de sécher la peluche. Je suppose qu'il doir y avoir un sèche cheveux dans les loges. Je retirai l'emballage fichu tout en suivant mon tuteur. La peluche était très adorable. Le lapin n'était pas très grand mais tout en boule ce qui lui conférait un certain charme. Mn cœur fondit en voyant ses yeux tout rond. Son pelage devait être très doux quand il est sec.
-Yangyang ! S'écria Chérubin Narcaciel avec sa voix de séducteur.
-Yoyo Ge ! Oh c'est ta nièce ? Qu'elle est adorable. Oh mais tu es trempée ! Attend, viens par là on va te passer des vêtements. Quelqu'un a t-il des vêtements de rechange pour petite Yoyo ?
Cinq minutes plus tard j'avais les vêtements les plus grands que je n'avais jamais porté... du moins je l'espérais. Personne n'ayant d'habits de secours, je m'étais retrouvée avec un costume d'un des acteurs principaux vu que les autres étaient rangés et qu'il n'y avait pas figurant aujourd'hui. J'étais gênée de porter cette chemise blanche couverte de symbole rouge et de ce pantalon noué à l'aide d'un ruban pour pas qu'il se retrouve sur mes cheville. J'avais peur de les abîmer et que faire si le réalisateur ou même l'acteur à qui ils étaient destinés se vexe et me le fasse payer...
-Yoyo Ge tu peux retourner à tes occupations. Je prend la relève avec ta nièce !
-Parfait alors. Je te dis à tout à l'heure le Rebut.
-Pourquoi tu l'appelles ainsi ? Elle fait partie de ta famille ! S'outra Yangyang.
-Tu comprendras bien assez vite.
Un badge apparu dans mon champ. Je revins à la réalité alors que j'étais en train d'imaginer ce qu'il conviendrait de faire pour réconforter tout le monde et me faire pardonner d'avoir pris ce costume. Normalement mes vêtements ne mettraient pas longtemps à sécher.
-Bien, commençons depuis le début. Je suis Dai Luoyang, ta supérieure directe. Tu vas être mon assistante. Tu arrives à point nommée. Nous étions en sous effectif. Alors ton nom est..
J'allais le dire, mais elle regarda le badge qui était visiblement le mien.
-Li Wina. Très joie prénom. J'aurai pensé qu'il serait un peu plus occidentale mais qu'importe. Tiens ton badge. Garde-le toujours autour du cou quand tu travailles. Compris ?
Comment ça Li Wina ? Saint Etienne m'avait pourtant assuré que mon nom n'avait pas besoin d'être changé... Je regardais mon badge et je compris. Le gars qu'il l'avait fait ne savait pas orthographier mon prénom et au lieu de s'embêter à demander il m'avait créer un nom et un prénom à partir de Léofwena. Bon on pouvait m'appeler Li Wina, petite Yoyo ou le Rebut, ce n'était pas ça qui allait m'empêcher de mener à bien ma mission !
Dai Luoyang me montra le matériel dont j'aurai besoin et m'assura qu'en début de journée c'était elle qui se chargeait du maquillage principal et que mon rôle était qu'au cours des différente prises je l'ajuste ou le modifie selon les exigences des réalisateurs. Ce fut ainsi que je découvris qu'il y avait pas un mais deux directeurs et qu'on tournait une série se passant dans la Chine Ancienne. Je me demandais si je pouvais contacter Saint Etienne pour lui rapporter que mon « tuteur » ne m'aidait pas des masses et me jeter dans la fosse aux lions sans préparation. Zut j'étais obligée de passer par Chérubin Narcaciel pour signaler sa conduite plus que discutable.
-Tiens Lili, un sèche cheveux pour sécher la peluche. Je te laisse t'en occuper, les acteurs sont arrivés.
Je m'assis dans un coin avec le lapin trempé sur les genoux et le sèche-cheveux dans une main. Alors que je m'appétais à l'allumer, une demi douzaine de personnes entrèrent dans la loge. Dai Luoyang et d'autres maquilleurs se précipitèrent autour d'eux.
-Xiao Zhan ! Wang Yibo ! Vous voilà ! Prenez place on s'occupe de vous tout de suite !
Je levai les yeux, le doigt suspendu au dessus du bouton d'allumage de l'appareil.
Au milieu de l'attroupement se tenait les deux jeunes hommes les plus beaux que je n'avais jamais vu ! Ils ressemblaient à des Principaux, les Célestes les plus haut gradés dans la hiérarchie du Royaume Céleste.
