Disclamer : Rien ne m'appartient, ni Merlin, ni l'histoire
Titre : Trust
Auteur : Elfpen
Traducteur : Ange Phoenix
Résumé : "Bien sûr que j'aurais pu vous tuer. Je pourrais vous tuer maintenant. J'aurais pu vous tuer il y a des jours, des mois, des années, quand je le voulais. Ça aurait été facile, plus facile que de cligner des yeux. Mais je ne l'ai jamais fait, Arthur. Et je ne le ferai pas. Jamais." REVEAL FIC NON-SLASH
Bêta : Ange Phoenix
Autorisation : J'ai l'autorisation de traduire toutes ses fanfictions
Note : h.t.t.p.s : / / discord . gg / zFp2PHTxDR (vous pourrez voter pour la prochaine traduction / fanfiction, ou encore relever des défis pour écrire vos propres fanfictions)
Trust
Chapitre 2
Si on lui avait demandé, Arthur n'aurait pas pu dire à qui que ce soit ce à quoi il pensait. Il n'était même pas sûr de le savoir lui-même. Un million de pensées tournaient dans sa tête, se fondant les unes dans les autres comme une tresse désordonnée de confusion, de colère et de peur. Des scènes défilaient dans sa tête dans une succession aléatoire, chacune tournant autour de la récente bataille. Cela avait été une bataille gigantesque et sanglante. Il se souvint s'être battu pour sa vie aux côtés de ses chevaliers. Il se souvint avoir vu le visage de Morgane pour la première fois depuis près de deux ans. Il se souvint de la haine dans ses yeux alors qu'elle allait l'abattre avec sa magie. Il se souvint de l'avoir vu s'avancer vers lui. Mais ce qui s'était passé ensuite, Arthur ne l'avait pas cru.
Morgane s'était approchée d'Arthur, le regard inébranlable tandis qu'elle dégainait sa dague, celle qu'Arthur lui avait offerte pour son anniversaire il y a si longtemps. Oh, cruelle ironie. Elle s'était rapprochée, et Arthur avait essayé de s'éloigner. Puis, soudainement…
« Éloignez-vous de lui ! » C'était Merlin, couvert de sang, de saleté et de Dieu seul sait de quoi d'autre, interposant son corps maigre et faible entre le Roi de Camelot et la plus puissante sorcière de leur âge. Arthur avait été sûr qu'ils seraient tous les deux morts dans la minute.
« Merlin, non ! » Il avait réussi à faire abstraction d'une côte qu'il sentait cassée. Merlin n'avait pas bougé pour autant.
« Tu devrais l'écouter, Merlin, » avait craché Morgane, sans ralentir son avancée vers Arthur. « Peu importe à quel point j'aimerais te tuer, ma querelle ne te concerne pas, elle ne concerne que lui. » Elle avait jeté un regard noir à Arthur et avait continué à s'avancer vers lui. Merlin était malgré tout resté sur ses positions.
« Non, ce n'est pas vrai », avait-il dit. Morgane et Arthur avaient semblé surpris par ses mots. « Elle concerne Emrys. » avait-il répondu, et il avait dégluti difficilement. « C'est celui que vous recherchez vraiment, n'est-ce pas ? » Morgane avait semblé à la fois furieuse et terrifiée.
« Que sais-tu d'Emrys ? » avait-elle brusquement demandé, tournant lentement sa dague vers Merlin. Pourtant, le serviteur n'avait toujours pas bougé, se tenant loyalement aux côtés de son maître.
Lorsque Merlin avait ouvert la bouche pour parler, Arthur n'avait pas été sûr de reconnaître la voix qui en était sortie. C'était trop confiant, trop autoritaire. Cela ne ressemblait pas du tout à Merlin, et pourtant, la vérité qui s'y cachait avait jeté un froid dans le dos d'Arthur.
« Tout », avait-il dit. Morgane était clairement enragée, mais pendant un long moment, elle n'avait rien dit. Puis, elle avait sifflé :
« Qui est-il ? Où est-il ? » Elle s'était avancée et l'avait saisi par le cou, sa dague placée non loin de sa jugulaire. « Dis-le moi ! » Elle avait pressé la lame contre sa peau.
Pendant un moment, le temps avait semblé s'arrêter. Merlin n'avait rien dit pendant un certain temps. Puis, avec une certaine difficulté, due à la main de Morgane et à sa dague, Merlin avait tourné la tête pour regarder Arthur.
Ca avait été le visage d'un homme qu'il avait vu un million de fois, mais, pourtant, il ne l'avait pas reconnu, pas du tout. Le visage du fou avait semblé être maintenant celui d'un sage, un sourire autrefois effronté était devenu une ligne résolue, et ces yeux bleus étaient soudainement remplis d'une tristesse qui dépassait tout ce qu'Arthur aurait pu associer à Merlin, une tristesse qui avait communiqué un message avant que Merlin ne détourne le regard :
Je suis désolé.
Désolé pour quoi ?
La réponse était venue peu après. Merlin s'était lentement retourné, et Morgane avait dû voir le même visage peu caractéristique qu'Arthur, car de sa place sur le sol, Arthur pouvait lire son expression de surprise. Puis, au plus grand choc du roi et de la sorcière, Merlin avait dit, d'une voix à la fois forte et douce :
« Je suis Emrys. »
Morgane avait titubé en arrière, mais s'était vite remise et s'était élancée pour planter une dague dans la poitrine de Merlin. Paniqué, Arthur avait essayé de se lever et s'était retrouvé à crier « MERLIN ! » au moment même où Morgane avait volé en arrière, dans les airs, la dague tombant sur le côté. Étonné, Arthur s'était tourné vers son serviteur, juste à temps pour voir les yeux de Merlin s'embraser de magie dorée. Puis, il avait baissé sa main, ses yeux revenant à leur couleur normale, et il avait regardé son maître.
Vraiment, vraiment désolé.
Merlin s'était précipité à la poursuite de Morgane. Arthur avait su à ce moment-là qu'il devait les suivre, mais il n'y était pas arrivé. Son esprit avait été vidé par le choc.
Est-ce que « désolé » était vraiment suffisant ?
Et maintenant, depuis deux jours - non, disons trois ; c'était presque l'aube — Arthur était assis devant les braises mourantes de son feu, le menton planté dans son poing, la mâchoire tendue, les yeux à des millions de kilomètres. Emrys, Merlin. Merlin, Emrys. Les noms résonnaient dans son esprit, dans les deux sens et simultanément jusqu'à ce qu'ils se ressemblent de façon dégoûtante. Il souhaitait que les pensées cessent de marteler son crâne, qu'il n'ait pas à y penser, qu'il n'ait jamais découvert que Merlin était un sorcier, ou Emrys, ou un Dragonnier d'ailleurs.
Arthur serra les dents. Il avait presque oublié le dragon. Il était arrivé comme dans un cauchemar, de nulle part, crachant son feu sur l'armée de mercenaires de Morgane depuis le ciel. Arthur avait été assez choqué de découvrir qu'il était encore vivant. Puis, il avait appris sa véritable loyauté lorsqu'il avait atterri juste en face de Merlin, s'était adressé à lui par son nom et avait baissé la tête. Ce fut alors ainsi que Merlin avait commencé à lui parler dans la langue des dragons.
Arthur regarda dédaigneusement son verre de bière et, avec toute la frustration accumulée à l'intérieur, le jeta dans le feu, où il siffla et s'évanouit dans les cendres chaudes. La porte de ses appartements s'ouvrit en grinçant.
« Est-ce que tout va bien ? » Gwen savait que la réponse était « non », mais elle s'était sentie obligée de vérifier tout de même. Arthur n'avait pas répondu. Elle entra donc et vit le verre brisé dans l'âtre. « Je peux vous en donner un autre, si vous voulez », proposa-t-elle. Toujours pas de réponse. Elle se détourna pour aller chercher un verre, et Arthur continua à se perdre dans l'obscurité de ses appartements. Gwen alluma quelques bougies. Il fallut un long moment avant qu'elle ne pose un autre verre devant lui, celui-ci contenant du thé plutôt que de la bière, ainsi qu'une petite miche de pain et un morceau de fromage. Il fallut encore plus de temps pour qu'Arthur réponde. Quand il le fit, ce ne fut pas pour la nourriture.
« Que dois-je faire, Gwen ? » demanda-t-il, complètement impuissant. « Il dit que sa loyauté m'a toujours été acquise. Mais tout ce temps... Tous ces mensonges... »
« Vous savez pourquoi il l'a fait », dit Gwen calmement. « Il aurait été exécuté. » Elle pensait qu'il allait se mettre en colère, mais Arthur semblait déjà avoir pensé à la même chose.
« Je ne peux pas lui en vouloir. Mais je ne peux pas ne pas lui en vouloir. J'étais son ami, n'est-ce pas ? » Il leva les yeux vers elle, des yeux brillants de douleur et de confusion.
« Mais vous auriez pu être son ennemi », lui rappela-t-elle. Ses mots firent froncer les sourcils d'Arthur, et après un moment de réflexion, il secoua la tête.
« J'aurais pu. Mais je ne l'ai pas été. » Arthur fronça à nouveau les sourcils à ses propres mots et réalisa qu'il les avait déjà entendus auparavant. « Dans la salle du trône, tout à l'heure » dit-il à Gwen, « Merlin a dit que... qu'il aurait pu me tuer, quand il le voulait, mais qu'il ne l'aurait jamais fait, parce qu'il m'est loyal. » Arthur semblait pensif. « J'aurais pu tuer Merlin d'un mot, si j'avais su qu'il était un sorcier. Mais je ne l'aurais pas fait, c'est mon ami. » Il y avait eu une longue pause, puis Arthur leva les yeux vers sa dame avec l'expression la plus perdue et confuse qu'elle n'ait jamais vue.
« Mais que reste-t-il maintenant ? » lui demanda-t-il à voix basse. Elle prit son temps avant de répondre.
« La confiance », répondit-elle simplement. Il n'avait pas l'air d'avoir été aidé, mais il se retourna vers le feu, le visage déchiré par l'épuisement et la confusion. Il n'avait pas touché à sa nourriture ni à sa boisson. Gwen quitta la pièce en silence. De l'autre côté de la fenêtre, sans se soucier du conflit interne de son roi, Camelot s'était levée pour un nouveau matin.
Et voici le second chapitre !
