Disclamer : Les personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki. Je ne touche pas d'argent en écrivant cette fic.
Remerciements : Est-ce que vous la voyez cette petite étoile dans le ciel, perdue dans la myriade de ses congénères ? Et bien elle n'est rien que pour vous ! Vous me rendez tellement heureuse qu'à chaque chapitre, je ne sais comment vous remercier ! D'ailleurs, comme je disais à une amie, "merci" ne possède pas de synonyme ! Alors comment vous le dire sans faire de redondance ? J'ai beau chercher, je ne trouve pas ! Alors je vous offre cette étoile, car votre soutien et votre engouement pour ma fic me propulse dans le cosmos, et je mets vraiment du temps pour y redescendre ! :) Je vous remercie plus que tout ! :3
Guest : Bonjour Guest ! :D Je suis vraiment contente de voir que ma fic te plaise ! :3 Le rire est une mélodie que j'adore, et je suis heureuse que mon histoire y a contribué ! Merci beaucoup d'avoir pris le temps de poster un commentaire ! :3
maggie 1703 : Coucou ! :3 Quel plaisir de te voir aussi sur le chapitre 6 ! :3 Un grand merci pour ta review qui me comble de bonheur ! J'espère que ton ressenti positif en sera de même pour les prochains ! Encore merci !
Mots du début : Voici le chapitre 7 ! Comme toujours, un petit mal au ventre me prend avant chaque sortie de chapitre ! (On ne se refait pas :p). Bref, je m'efface ici pour vous laisser lire à votre guise, en espérant que cela vous plaise !
Bonne lecture !
« Aominecchi n'est toujours pas arrivé ?
- Est-ce que tu le vois ?
- Non.
- Alors c'est qu'il n'est toujours pas là » soupira Midorima
Voilà près d'une demi-heure que les cinq joueurs attendaient l'As. Et vu le visage d'Akashi, ça allait être sa fête en rentrant…
Le vert regarda de nouveau sa montre en grommelant.
« En tout cas c'est gentil d'avoir pensé à emmener de quoi préparer un repas Midorimacchi ! J'ai beau avoir mangé avant de venir, j'ai un petit creux rien qu'en voyant la boite ! saliva le blond en regardant ce que détenait son ex-coéquipier dans les mains
- Idiot ! C'est mon objet du jour.
- Une boite de cassoulet ? ahurit le mannequin
- Oui. Format familial pour augmenter ma chance.
- Alors là, je ne sais pas quoi te dire sans faire de blague…
- Et bien tais-toi. »
Kuroko était assis comme à son habitude, impassible, mais le visage avec des traces noires, ce qui ne manquait pas de faire sourire Kise à chaque fois que ses yeux tombaient sur lui.
« C'est pas parti hein ?
- Non.
- Vengeance accomplie ! s'exclama t-il en brandissant son poing
- Tu es allé en cours lundi ? demanda le superstitieux
- Oui.
- J'aurais trop voulu voir ça Kurokocchi !
- Tes réponses me semblent encore bien plus courtes qu'à l'accoutumée Tetsuya.
- Non.
- J'imagine que Seirin, et encore moins Taiga ne t'ont loupé, je me trompe ? »
Une petite moue s'afficha sur le passeur pour confirmer ses propos.
« Nous avions un match amical mercredi Akashi-kun. Et j'ai dû me mettre en maillot…
- Je vois, fit ce dernier en souriant
- Je n'ai pas servi à grand-chose sur le terrain…
- Tu m'étonnes ! Tu étais loin d'être invisible à mon avis ! pouffa le Kaijo
- Ce n'est pas gentil de te moquer Kise-kun.
- Kagami a dû le faire suffisamment de fois pour nous, renchérit le tireur
- Il m'a pris en photo, soupira le turquoise
- Et qu'est-ce qu'il a dit ?
- Que « La Génération des Miracles est vraiment barge »
- On ne peut pas lui donner tort, plaisanta le blond
- Lorsque ça sort de ta bouche comme ça, on pourrait presque croire que tu le penses toi aussi, remarqua le shooter
- Pas du tout Midorima-kun.
- Tu mens très mal Kuroko. »
L'homme invisible soupira de nouveau puis évita le regard insistant du rouge qui ne le lâchait pas depuis son arrivée. Il avait fait exprès d'arriver en retard, en espérant être le dernier afin de ne pas avoir à se retrouver seul avec Akashi. Mais hélas, c'était le bleu qu'on attendait, ce qui n'était pas habituel. Kuroko commençait à s'inquiéter pour son ancien camarade de terrain.
« Vous pensez qu'il lui est arrivé quelque chose ? demanda Kise comme s'il lisait dans les pensées du passeur
- Mine-chin s'est sûrement fait enlever par des extraterrestres.
- Ne dis pas des choses aussi stupides Murasakibara et sois plus réaliste. Cet idiot a juste du retard. Pas de quoi en faire tout un plat.
- Un plat de quoi Mido-chin ? »
Alors que le vert allait l'envoyer sur les roses, Akashi prit la parole.
« Très bien. Daiki n'a sûrement pas voulu venir. Dans ce cas nous allons commencer sans lui.
- Pauvre Aominecchi ! Dimanche prochain, il risque de déguster !
- Déguster quoi Kise-chin ? »
Soudain, la porte d'entrée s'ouvrit dans un grand fracas, faisant sursauter chacun des joueurs. Ils virent Aomine la refermer vivement, plaquant son dos contre après avoir tourné le verrou, essoufflé.
« C'est pas trop tôt ! gémit Papy Geignard, on commençait à s'inquiéter Aominecchi !
- Où étais-tu passé ? interrogea Midorima
- Est-ce que ça va Aomine-kun ?
- Ça sent mauvais » renifla le géant
Mais le pauvre dunker n'arrivait pas à parler et essayait tant bien que mal de retrouver son souffle. Seuls des mots entrecoupés s'échappaient de ses lèvres.
« … arrive… semer…secours… planquons-nous…
- Qu'est-ce qu'il raconte ? soupira le shooter
- Qui arrive Aominecchi ? s'affola le mannequin en agitant sa tête partout
- …poursuivis…parc…
- Oh mon dieu ! Aominecchi s'est fait poursuivre par un fou ! trembla le blond, C'était dans le parc ? Qu'est-ce que tu as fait ? Il t'a agressé ? Il était comment ?
- …crétin !...
- C'était un crétin ? répéta Kise, étonné que son compagnon arrive à la remarquer dans le noir
- Idiot ! C'est toi le crétin ! traduisit Midorima
- Moi ? s'indigna t-il
- Shintaro, Ryouta, laissez-le parler. »
Laissant le copieur bouder, les autres reportèrent leur regard vers le basané qui inspirait et expirait fortement. Une fois son cœur calmé, il s'expliqua plus clairement.
« Satsu. C'est Satsu.
- Et bien quoi ? Qu'est-ce que Momoi à avoir à faire là-dedans ?
- Arrête de m'interrompre Midorima ! s'énerva le bleu, Satsu m'a poursuivi en sortant de chez moi. Elle voulait absolument venir à une soirée. Vous vous souvenez ? Je vous en ai parlé lorsque nous étions à la salle d'arcade. Alors le dimanche suivant, je lui ai dit que j'avais un entraînement de basket tardif et que je ne pourrais pas me rendre à la soirée. Elle m'a crû. Sauf qu'elle a vu les photos le lendemain et a poussé une gueulante. Et la semaine dernière, je lui ai trouvé une excuse à la noix comme quoi j'allais rendre service à une grand-mère pour du bénévolat…
- Toi ? Faire du bénévolat ? A une grand-mère ? se marra Kise
- On peut pas dire que tu te sois creusé la tête pour cette excuse, déplora Midorima, j'imagine qu'elle ne t'as pas cru ?
- Moimoi-chin n'est pas bête.
- La ferme !
- A peine deux minutes qu'il est là, il faut déjà qu'il soit vulgaire… soupira le vert
- Ta gueule !
- Qu'est-ce que je disais…
- Stop. Continue Daiki.
- Ouais, je disais donc que Satsu n'a pas gobé mon truc de dimanche dernier alors là, elle s'est mise à me poursuivre. J'ai dû passer par le parc, je me suis caché pendant une bonne dizaine de minutes dans ces foutus buissons, même qu'un papi qui promenait son chien m'a fait pipi de dessus… »
Des gloussements commencèrent. La main devant la bouche, Midorima se racla la gorge pour se donner contenance. L'As haussa un sourcil, ne comprenant pas leur délire.
« Donc, un grand-père qui promenait son chien t'a uriné dessus… et ? »
En répétant cette phrase, les rires étouffés se firent plus sonores, et Aomine comprit.
« Non mais vous le faite exprès ou quoi ? Je parlais du chien qui m'a pissé dessus ! Pas le vieux ! »
Cette fois, ils éclatèrent de rire et Akashi sourit en coin, de même que Kuroko.
« L'un n'empêche pas l'autre, rétorqua le tireur
- Combooooooo ! s'exclama Kise, écroulé de rire
- Je vais vous tuer… »
Une bonne minute après, ils se calmèrent et Akashi envoya l'As à la douche.
« Je tiens à préciser que ma maison n'est pas un hôtel. Ne prenez pas l'habitude tous les dimanches de monopoliser ma salle de bain.
- On squatte bien ton salon tous les dimanches ! » lui rappela Aomine en partant vers le lieu purificateur
Le rouge fronça les sourcils. Son rival répondait déjà dès les premières minutes. La soirée promettait…
« Bon, pendant qu'Aominecchi se lave, dis-nous un peu le programme Akashicchi ! »
Pour toute réponse, il se leva vers un des murs du salon et appuya sur un bouton en haut à gauche. Le mur coulissa alors pour laisser apparaître une paroi faite de liège avec une cible au milieu, et des fléchettes correctement exposées juste à côté.
« Non, souffla le blond, on va faire une partie de fléchettes ?
- Exact.
- C'est super Akashicchi ! sautilla le mannequin
- La maison d'Aka-chin est un vrai repère d'espion.
- Mes parents l'ont fait installer il y a bien longtemps. Principalement pour mon père lorsqu'il reçoit des amis à la maison.
- Je comprends d'où vient cette passion pour les ciseaux à lancer alors… murmura Midorima pour lui-même
- Je commence ! » s'extasia le copieur en se dirigeant vers les projectiles
Kuroko soupira. La précision n'était pas son fort. Le jeu de ce soir risquait d'être difficile pour lui.
Akashi interrompit le poignet de Kise avant qu'il ne saisisse l'une des fléchettes.
« Avant ça, je pense qu'une petite démonstration s'impose non ? sourit le Rakuzan, montrant clairement qu'il avait quelque chose en tête
- Euh… merci Akashicchi mais on sait comment fonctionne le jeu des fléchettes…
- Je vais vous montrer une variante mais pour cela j'ai besoin de trois personnes.»
Un silence pesant se fit, car chacun des joueurs comprit que quelque chose de pas très plaisant allait se passer.
« Ryouta, Atsuschi et Shintaro, merci de vous porter volontaire »
Les trois garçons, à des kilomètres d'avoir esquissé un geste pour, déglutirent difficilement. La voix du meneur de jeu portait un voile dangereux.
A contrecœur, ils se levèrent et attendirent, un mauvais pressentiment les tenaillant.
« Bien, mettez-vous debout, contre le liège et face à moi » ordonna t-il en saisissant quelques fléchettes dans sa main
Et c'est pas très rassuré que les trois joueurs se placèrent dos au mur.
« A…Akashicchi, tu ne vas pas nous tuer hein ?
- En place. »
Tremblant, Kise fut le dernier à s'installer. Murasakibara semblait s'en contre-ficher et Midorima masquait son inquiétude en remontant ses lunettes. Kuroko était bien content de ne pas être à leur place. Et d'ailleurs, il se demandait pourquoi trois volontaires exactement ? Un seul aurait suffi.
Puis soudain, une fléchette se ficha à quelques millimètres de l'épaule du blond qui poussa un cri.
« Non mais ça ne va pas Akashicchi ?
- Le but est de ne pas blesser quelqu'un. C'est un verre pour chaque lancer raté, et il faut éviter les coups mortels. Cela serait fâcheux de continuer cette soirée à l'hôpital.
- J'espère que tu plaisantes !
- Je ne fais que proposer une autre alternative du jeu Shintaro. » éluda t-il en souriant
A peine sa phrase terminée, une autre vint se planter entre les jambes du géant qui n'esquissa aucun mouvement surpris, et au-dessus de la tête de Midorima qui sursauta.
« Aka-chin est vraiment doué, constata avec admiration le violet en mâchonnant une friandise, n'ayant pas du tout l'attitude espérée par le rouge
- Je vais avoir une crise cardiaque ! paniqua Papy Geignard
- J'imagine que tu ne penses pas réellement ce que tu dis ? questionna le shooter en fronçant les sourcils, il y autre chose derrière, n'est-ce pas ?
- Vous avez un point commun tous les trois, souvenez-vous. »
Pâlissant à vue d'œil, Kise et Midorima comprirent tout de suite la référence. Pour l'indigo, ce dernier réfléchit quelques secondes pour essayer de trouver avant d'abandonner en haussant les épaules, et réattaquer son paquet de gâteau. Le turquoise afficha un visage d'incompréhension.
Akashi s'amusa encore à en envoyer trois-quatre, jouant avec les nerfs des cobayes qui tressaillaient à chaque lancer.
« On peut partir maintenant ? demanda le blond, souhaitant plus que tout être loin de ce mur
- Une minute. Tetsuya, tu veux essayer ? sourit le rouge en lui tendant une fléchette
- NON ! » s'exclamèrent en cœur le vert et le jaune
Akashi s'amusait. Il n'était pas fou au point de faire réellement participer le passeur à sa petite vengeance personnelle. Ce dernier n'aurait pas accepté de toute façon. Mais voir la réaction de ces deux-là valait le détour.
« Aka-chin a dû être un bon lanceur de couteau dans un cirque.
- Tu crois toujours en la réincarnation hein ? soupira Midorima
- Oui Mido-chin. »
Le superstitieux était désespéré.
« Rassure-moi Akashicchi, c'est pas vraiment comme ça qu'on va jouer aux fléchettes hein ?
- Pourquoi pas ? continua le Rakuzan, toujours taquin
- Par pitié Akashicchi ! »
Aomine revint, une serviette autour du cou. Il releva la tête et s'arrêta net en voyant le tableau devant lui.
« … qu'est-ce que vous foutez sérieusement ? » dit-il en affichant un air blasé
Les trois garçons s'écartèrent vivement du mur.
« Akashi qui règle des comptes… » l'informa Midorima en remontant ses lunettes et lui envoyant un regard entendu
Les souvenirs de la dernière soirée lui revinrent en mémoire. Il s'estimait plutôt chanceux à côté des trois cibles-humaines. Mais la pilule « Akashi et Kuroko dans le placard » ne passait toujours pas. Il se força à se calmer.
Akashi se dirigea vers le meuble où trônaient plusieurs bouteilles de bière. Tout le monde fut rassuré de voir que l'Absolut ne soit pas de sortie ce soir.
« Bien, maintenant que tout le monde est là, nous allons pouvoir commencer.
- Explique-nous les vrais règles s'il te plaît Akashicchi, frissonna le copieur, donnant un nouveau sourire au rouge
- Vous disposez de trois fléchettes chacun. Nous allons tous l'un après l'autre tenter de marquer le plus de points. Celui qui a le plus bas score boit. Mais si vous ratez la cible, vous buvez un verre pour chaque fléchette manquée. Vous m'avez bien compris ?
- Oui, répondirent-ils tous en chœur
- Alors en place. »
Kise se précipita pour se saisir des fléchettes de la même couleur de ses cheveux et se plaça à distance raisonnable de la cible.
« C'est moi qui commence ! »
Sur un signe de tête d'Akashi, il lança son premier projectile.
« Yeah ! Cinq points !
- Pas mal » avoua le bleu
Il lança ensuite les deux autres pour arriver à un total de 14.
« Bon score, constata Midorima
- Merci ! A toi Aominecchi ! »
Le dunker prit ses fléchettes foncées, lança les deux premières et s'apprêta à envoyer la dernière lorsque des coups à la porte le fit bondir, faisant dévier son tir qui planta son projectile dans le mur, loin de la cible.
« Mais c'est pas vrai ! râla t-il en sachant qu'il devait boire pour cette erreur, c'est pas v…
- Aomine ! cria une voix depuis l'extérieur sans cesser de marteler le bois, ouvre cette porte !
Les joueurs s'échangèrent un regard. Cette voix, tous l'aurait reconnu entre mille, pour l'avoir assez entendu durant leur entraînement à Teiko.
Momoi Satsuki avait décidé de s'incruster dans leur soirée.
« Ouvre cette porte ! répéta t-elle, Akashi-kun ! Laisse-moi rentrer s'il te plaît ! Je veux jouer avec vous !
- Faisons comme si nous étions pas là, chuchota Kise
- Ben voyons ! Comme si Satsu était née de la dernière pluie !
- Ignorons-là, trancha le meneur, elle se lassera et finira par partir. »
Aomine ne répondit rien. Il n'en était pas si sûr… Satsu était loin de lâcher prise, surtout quand Kuroko était en jeu.
Pour Akashi, il était hors de question de laisser entrer leur ancienne manageuse. Il était évident qu'elle était venue pour voir Tetsuya ivre, elle ne s'en cachait pour le dire. Mais l'ex-capitaine avait déjà posé une option dessus et il devait surtout avoir une conversation avec lui, en privé. Une personne de plus dans le salon compliquerait la tâche.
Le boucan contre la porte continua un bon moment avant de s'estomper, et la partie pu reprendre. C'est en grommelant que le bleu vida son verre. Heureusement pour lui, les bières étaient son truc. Il pouvait sûrement tenir ce soir. Finalement avec deux fléchettes, il eut un très beau score de 16 points.
Midorima prit relais. Il fit trois pas en arrière et pointant sa fléchette vers le plafond et lui donna l'impulsion suffisante pour faire une cloche avant de se planter au cœur de la cible, lui faisant récolter dix points. Il fit de même avec les deux autres, se plaçant en tête provisoire du classement.
« Bien joué Midorimacchi ! s'extasia le blond devant l'habileté de son ex-coéquipier
- A toi Murasakibara. »
Ce dernier prit les siennes et tira un peu n'importe comment en qualifiant ce jeu « d'ennuyant ». Il ne voyait donc pas l'intérêt de se donner à fond dans un jeu qui ne lui plaisait pas et dont il n'était même pas doué. Deux de ses projectiles atterrirent dans la zone 1 et une autre dans la zone 3.
« Complètement nul » se moqua le dunker
Kuroko saisit ses fléchettes et les lança très rapidement, si bien qu'il était impossible aux autres de voir le trajet jusqu'à la cible. C'était comme si elles y étaient déjà lorsque le passeur les lâchait. Même si la prestation les laissait pantois, le score final était plutôt faible : seulement 7 points.
« Tu n'es pas le dernier Kurokocchi, c'est bien !
- Oui.
- A mon tour » annonça Akashi
D'un geste d'expert, il coinça les trois fléchettes dans sa main droite et les lança, les unes après les autres, sans pause. Deux seulement vinrent se ficher au centre, mais une autre se planta dans la zone 9. Affichant un léger sourire satisfait, le rouge fit un rapide bilan.
« Shintaro est en tête, puis moi, Daiki, Ryouta, Tetsuya et enfin Atsuschi. Tu es le perdant de cette manche donc tu bois.
- D'accord Aka-chin »
Il s'exécuta et bailla après son verre descendu. Midorima posa un œil curieux sur lui.
« Tu ne vas pas vomir j'espère ? demanda t-il
- Non Mido-chin, c'était juste la semaine dernière.
- Quand j'étais avec toi dans le placard, bien sûr… soupira le lunetteux
- Evidemment ! s'esclaffa le basané, sinon ça aurait été beaucoup moins drôle !
- Je me passe de tes commentaires Aomine…
- Je continue ! sourit le mannequin en s'apprêtant à lancer
- Une minute Ryouta »
L'interpellé se figea et tourna sa tête mécaniquement vers Akashi, craignant le pire.
Le Rakuzan s'approcha de lui, un tissu qu'il tendait entre ses deux mains. Le copieur recula, ses bras devant lui pour se protéger.
« Tu… tu ne vas pas me fouetter Akashicchi ? trembla t-il
- Y a vraiment une tendance SM ici ! ricana Aomine
- Par pitié Akashicchi !
- Ne dis pas sottises Ryouta, je vais juste te bander les yeux.
- Alors là, ça commence à devenir tendancieux… avoua Midorima
- Pour ce tour, continua le meneur sans faire attention à eux, nous allons devenir aveugles afin de compliquer un peu le tout.
- …et pour tuer deux-trois personnes au passage aussi, sans le faire exprès… » sifflota l'As
Le rouge lui envoya un regard mauvais.
« Tu ne nous l'avais pas dit qu'on ferait des trucs comme ça Aka-chin, reprit le géant
- En effet. Vous ne croyiez tout de même pas que nous allions rester à ce niveau de facilité ? A chaque tour, nous allons apporter une complication.
- C'est déjà assez dur pour moi Akashi-kun. »
L'ex-capitaine sourit et s'approcha de lui.
« Et bien cela le sera encore plus Tetsuya. »
Kuroko prit sur lui pour ne pas détourner ses yeux même si sa peau irradiait. C'était évident qu'il ne pouvait pas contrer Akashi.
Du moins, sur le plan des soirées seulement… Car il ne laissera pas Akashi tirer les ficelles comme s'il était un vulgaire pantin sur le plan de ses sentiments.
Les deux plus petits s'affrontèrent de nouveau du regard, si bien qu'il fallut que Kise se racle la gorge pour les faire revenir à la réalité.
« Akashicchi ? Kurokocchi ? »
Leur yeux dévièrent et se posèrent sur le blond.
« On vous attend » justifia-t-il, ayant peur de se faire réprimander
Akashi était légèrement mécontent. De un par ce qu'il avait été interrompu alors qu'il était en train de rappeler mentalement à son passeur la dernière soirée, et de deux, car il avait lu quelque chose dans le regard du turquoise qui ne lui plaisait pas, mais alors pas du tout.
Avait-il essayé de le défier ?
Le chef se leva et reprit son expression sérieuse. Il fallait qu'il se dépêche de discuter avec Tetsuya. Beaucoup de chose devait être dite.
Il attacha avec un peu trop de brusquerie le foulard autour des yeux du mannequin et le plaça face à la cible, fléchettes en main.
« La touche que tu as Kise, se marra le bleu
- On verra quand ce sera ton tour Aominecchi ! geignit-il, un peu perdu sans ses repères
- Hé Midorima, descends un peu le bâillon pour qui lui aille sur la bouche !
- Tu n'es vraiment pas gentil Aominec….Mmmmph !
- Merci ! »
Bougonnant, le copieur remit son bandeau convenablement et tira.
« A côté ! » l'informa le bronzé en se marrant
Deuxième tentative.
« Encore un peu et tu aurais planté ta flèche dans le portrait de famille des Akashi, pouffa toujours le même
- Ça te fait rire Daiki ? »
Bon, encore échoué.
Troisième et dernière tentative.
« Cinq points, lui dit Midorima alors qu'il retirait son étoffe
- L'honneur de Kise-chin est sauf.
- Oui mais je dois boire ! Deux fois !
- Allez, fais-le qu'on n'en parle plus » ordonna le vert
Il obéit, toujours en gémissant. Heureusement que c'était de la bière et pas de l'Absolut. Il avait déjà donné, merci.
« A toi Aomine. »
Alors que le concerné allait saisir le morceau de tissu, un gros « BOUM » se fit entendre, et tout le monde sursauta.
« Qu'est-ce que c'était ? paniqua aussitôt le blond
- Ça venait du dessus, signala Kuroko
- Bon sang mais qu'est-ce qu'il se passe ce soir ? C'est la pleine lune ou quoi ? s'énerva le basané
- Je crois que quelqu'un marche au-dessus de nous, informa le turquoise
- Qui cela peut-il être ? demanda le mannequin, la voix enrouée par l'inquiétude
- Le Père Noël peut-être Kise-chin.
- Dite-moi que je rêve… soupira le lunetteux, il n'a réellement pas dit ça ?
- Je ne pense que ça soit la période Atsuschi, sourit le rouge devant tant de naïveté
- Et si c'était….
- Tu dis un mot de plus Kise, et je t'utilise pour frapper Murasakibara ! grogna le dunker
- A croire qu'Osa Asa a décidé de faire passer une mauvaise soirée aux Cancers, encore une fois, dit Midorima d'un ton las
- Au lieu de spéculer de manière tout à fait ridicule, allons-voir de quoi il en retourne, somma Akashi
- Bien sûr… passe d'abord Akashicchi ! Après tout, tu es le maître des lieux !
- Quand cela t'arrange Ryouta. »
Il prit la tête du peloton de joueur, Aomine, Midorima et Kuroko sur ses talons. Murasakibara était un peu plus en retrait, mais pas autant que le blond qui se cachait derrière le géant.
« Quel courage Kise ! ironisa le baraqué
- Oh ça va hein ! »
Arrivés à l'étage, les joueurs se rendirent compte qu'ils n'avaient encore jamais mis les pieds dans cette partie de la maison d'Akashi. Et tout était magnifique, à l'image de leur hôte. Raffiné, noble, prestigieux. La demeure des Akashi resplendissait. Et donnait aussi ce sentiment intimidant de puissance, d'écrasement pour les visiteurs qui leur rappelait constamment chez qui ils se trouvaient.
Entendant l'hésitation des pas des adolescents derrière lui, Akashi se retourna. Il les vit, le nez en l'air.
« L'heure n'est pas à la rêverie, dit-il en les sortant de leur admiration, marchez plus vite.
- Aka-chin a une jolie maison.
- Merci Atsuschi mais là n'est pas la question. Je pense que quelqu'un s'est introduit chez moi.
- Tu… tu es sûr ? trembla le flippé
- Oui.
- Tu le prends plutôt bien Akashi, lui fit remarquer Midorima
- Evidemment. Je pense savoir de qui il s'agit.
- Le Père Noël Aka-chin.
- Retenez-moi où je vais me le faire celui-là ! rugit Aomine en se débattant de l'emprise du vert qui avait anticipé sa réaction
- Tu devrais le connaître depuis le temps pourtant, soupira le tireur
- Je ne m'y ferais jamais à ses conneries !
- Silence, ordonna le rouge en se stoppant. Écoutez. »
Ils tendirent tous l'oreille et un crissement leur parvinrent. Les cheveux de Kise se dressèrent sur sa tête, et les autres n'étaient pas plus rassurés que lui.
Puis soudain, Akashi ouvrit la porte d'un coup, laissant apparaître une silhouette éclairée par la lumière de la lune. Quand le Rakuzan appuya sur l'interrupteur de la pièce, l'intrus fut ébloui et se protégea de ses bras.
« Momoi ? s'exclama le shooter
- Momoicchi ?
- Moimoi-san ?
- Momoi-chin ?
- Oui bah ça va on a compris ! » râla le basané
La jeune fille retira les mains de ses yeux.
« Tu pourrais prévenir quand tu allumes Akashi-kun !... TETSU-KUN ! »
Elle se jeta littéralement à son cou, manquant de tomber à la renverse. Le regard du Rakuzan ne se fit pas accueillant.
« Je ne crois pas que tu m'ais prévenu de ton entrée par la fenêtre de ma chambre non plus Satsuki… »
Même s'il se contenait, tout le monde entendait sa colère sous-jacente. Y compris la concernée qui se reprit plus doucement. C'était Akashi à qui elle s'adressait, elle ne devait pas l'oublier.
« C'est ta chambre ? » répéta t-elle en regardant tout autour d'elle sans lâcher le turquoise pour autant
Les autres firent de même, observant la pièce dans laquelle ils se trouvaient. Alors c'était là que leur ex-capitaine dormait tous les soirs…
Pourquoi les yeux de Kuroko se posèrent sur le lit ? Il préféra ne pas le savoir et reporta son attention ailleurs.
« Tu as toujours les marques sur ton visage Tetsu-kun ! constata t-elle en l'observant de très près, J'ai vu les photos sur Facebook. C'est vrai que tu as un « J'appartiens à Akashi-sama » dans le dos ?
- … oui, dit-il en plissant légèrement les lèvres
- J'ai aussi mis ma marque sur son torse, l'informa le bleu, et bizarrement ça n'a pas été mis sur la page, maugréa t-il pour lui-même
- Fais-voir ! »
Mais elle souleva le t-shirt d'elle-même, au grand dam du plus petit. L'écriture, quoique plus claire, permettait encore la lecture de la phrase.
« C'est bien toi ça Dai-chan ! J'aurai tellement voulu participer aussi ! jubila t-elle, ce qui fit soupirer le passeur
- Je ne suis pas un Livre d'or Momoi-san.
- Bien. Descendons. Tu as des choses à nous dire il me semble Satsuki. » termina le rouge
Ils prirent les escaliers et une fois de retour dans le salon, Momoi sautilla de joie.
« Je n'arrive pas à croire que suis enfin à l'une de vos soirées !
- Ouais mais maintenant tu repars ! Allez oust ! grogna Aomine en ouvrant la porte d'entrée, tu m'as assez fait courir comme ça alors maintenant tu dégages.
- Dai-chan ! Tu pourrais être plus gentil quand même ! s'énerva t-elle en gonflant ses joues, et je ne partirai pas !
- Tu devrais partir Moimoi-san.
- Non pas toi aussi Tetsu-kun, dit-elle en refermant un peu plus sa prise sur lui, l'étouffant presque. Je suis venue exprès pour te voir !
- Moimoi-chin va rester avec nous alors ? demanda Murasakibara toujours en mangeant une barquette à la fraise
- Non, répondit catégoriquement le chef
- Oh allez Akashi-kun ! Juste pour ce soir !... Dai-chan ! Aide-moi, dit quelque chose !
- Je viens de dire non Satsu ! grommela t-il
- Si c'est comme ça, je reviendrais la semaine prochaine, et encore après, et encore celle d'après, et encore…
- Stop ! la coupa le dunker en posant sa main sur sa bouche, je crois qu'on a compris, merci ! »
La rose râla encore puis se figea sous le regard du meneur. Peut-être qu'elle avait été trop loin. Après tout, si Akashi ne voulait pas d'elle à ses soirées, et cela même si les cinq autres auraient bien voulu, elle ne pourrait pas rester. Ils dépendaient tous du Rakuzan. C'était lui l'organisateur. Et même sans ça. Akashi était Akashi.
Le rouge soupira devant le regard d'excuse de la rose. Elle avait parlé sous le coup de l'impulsion mais elle était bien capable de mettre sa menace à exécution. Alors pour qu'elle leur fiche la paix une bonne fois pour tout, il valait peut-être mieux être conciliant ce soir.
Il jeta un œil vers Kuroko qui, malgré la forte poitrine qui compressait sa gorge, restait impassible et légèrement rubicond, et ce n'était pas par gêne cette fois. Le pauvre était en train d'asphyxier.
« Satsuki »
Tout le monde attendit.
« Seule et unique fois. Ce soir.
- J'ai l'impression d'avoir déjà entendu ça quelque part » marmonna le vert
La jeune fille mit un certain temps avant de réagir, puis finit par sourire.
« Merci Akashi-kun !
- T'es impossible Satsu !
- Moimoi-chin a de la chance qu'Aka-chin soit si généreux.
- Je suis si heureuse ! chantonna t-elle
- En fait, comment tu as fait pour grimper là-haut Moimoicchi ? »
Elle se détacha enfin du passeur et plissa un peu mieux sa jupe, froissée durant son ascension.
« Et bien… j'ai fait comme j'ai pu. Je suis montée par la gouttière.
- Par la gouttière ? répéta Midorima, incrédule
- Il n'y avait pas d'échelle ! se justifia t-elle
- Tu t'es crûe dans un film d'action ou quoi ? demanda Aomine, réellement surpris et un brin énervé, tu aurais pu te blesser !
- Et bien tu n'avais qu'à m'ouvrir la porte !
- Taisez-vous, et reprenons le jeu, coupa Akashi, lassé de cette discussion, Daiki, va te mettre en place
- C'est quoi le jeu de ce soir ? questionna la rose, Un action ou vérité ? Un King's game ? Non je sais ! Un Bière-pong ! s'extasia t-elle tandis que le bleu s'attachait le tissu sur les yeux, … qu'est-ce que tu fabriques Dai-chan ?
- Nous jouons aux fléchettes Momoicchi !
- Et c'est quoi cette version ?! demanda t-elle, intriguée en voyant son meilleur ami tâtonner pour trouver ses projectiles
- La version SM d'Akashi, ironisa le bronzé
- Ou suicidaire… » chuchota le shooter en remontant ses lunettes
La manageuse regarda l'hôte en souriant. Les soirées devaient être pas mal animées si le rouge mettait son grain de sel à chaque fois. Dommage qu'elle ne pouvait assister qu'à celle-là. Enfin, pour le moment car la rose comptait bien revenir plus tard. Elle trouverait bien un moyen. Cela lui faisait du bien à elle aussi de retrouver une bonne ambiance entre anciens camarades de Teiko.
Avec elle, la Génération des Miracles était au complet. Il était légitime de son point de vue qu'elle soit là chaque dimanche soir.
« Allez, lance Aominecchi ! »
Tchac.
« Deux points Mine-chin.
- Pas mal ! » sourit le joueur
Tchac.
« Un point Aomine-kun. »
Tchac.
« Six points Aominecchi ! »
Bien. Aucune fléchette en dehors de la cible. C'était le principal.
Le bleu donna ensuite tout son attirail à sa meilleure amie qui trépignait de joie.
« Allez, je me lance ! s'exclama t-elle tout sourire
- Ce sont les fléchettes que tu dois lancer Momoi-chin. Tu risques de te faire mal sinon. »
Personne ne releva cette idiotie et la jeune fille envoya les trois d'affilée, à l'image d'Akashi. Mais avec beaucoup moins de précision. Deux furent hors de la cible.
« Quel dommage ! soupira t-elle
- Bois, lui ordonna l'ex-capitaine, une fléchette en dehors, c'est un verre de bière à apprécier. »
Elle les descendit et hoqueta bruyamment.
« Je ne suis pas habituée à boire, s'excusa t-elle
- Alors tu ne vas pas tenir longtemps, se moqua le bronzé
- Je m'en fiche, du moment que Tetsu-kun soit le premier ivre. »
Le Tetsu-kun en question était le prochain à tirer. Il ne croyait pas vraiment en sa chance pour ce jeu-là, encore moins frappé de cécité, alors il lança sans grande conviction. Cependant, il surprit en marquant douze points au total, sans mettre un projectile en dehors.
« Kuroko-chin joue mieux quand il est aveugle, constata le géant
- Ouais, confirma le basané d'un hochement de tête
- Tetsu-kun me surprendra toujours ! sourit la rose en l'enlaçant
- A toi Midorimacchi ! »
Une fois placé, il inspira un grand coup en pensant fortement à la boite de cassoulet XXL non loin de lui. Puisse Oha Asa lui être favorable.
Tchac.
« Cinq points Shintaro »
Tchac.
« Deux points Midorimacchi ! C'est bien ! »
Tchic.
« AIIIEUUUUUUH ! MIDORIMA !
- Je me disais aussi que cela n'avait pas fait le même bruit, dit-il simplement en retirant son foulard
- C'était mon épaule ça crétin !
- Tu ne saignes pas Daiki. Alors calme-toi.
- J'aimerai bien t'y voir toi ! Ça fait un mal de chien ! grimaça t-il en se massant
- Mine-chin est un douillet.
- Oh toi la ferme !
- Tu es vraiment vulgaire aujourd'hui Aominecchi !... Je sais ! On va compter tes insultes ! Et faire ton total à la fin de la soirée ! Ça fait déjà trois depuis que tu as mis les pieds dans l'entrée.
- Merde ! Pourquoi est-ce que vous vous acharnez tous contre moi là ce soir !
- Quatre…
- Grrr… »
Il se tut et shoota dans une bouteille vide qui alla rouler sous la table du salon.
« C'est à ton tour Murasakibara-kun. »
Comme les autres avant lui, il se banda les yeux et envoya ses projectiles. Personne ne sut comment il avait fait mais une seule seulement atterrie au centre de la cible. Les deux autres avaient manqué le passeur de peu. Heureusement que Momoi avait eu le réflexe de le tirer de là.
« Fais un peu attention Mukkun ! »
Akashi se positionna juste après lui. Deux de ses fléchettes se fichèrent dans la zone 9, et l'autre hors de la cible, ce qui l'étonna. Il n'avait pourtant pas bu alors pourquoi sa précision baissait-elle autant ?
Il descendit son verre de pénalité et annonça le perdant.
« Satsuki…
- Oui oui, je sais, je dois boire » soupira t-elle
En une traite il fut fini. Elle grimaça à la dernière goutte.
« Bien, rajoutons une difficulté.
- C'est vrai que c'est tellement facile… marmonna le vert
- Moi j'ai une idée de complication ! sourit l'As
- Laquelle Daiki ?
- Mets-toi en place Kise, comme si tu allais tirer. »
Ce dernier obéit. Le bleu défit la ceinture de son pantalon et esquissa un mouvement pour claquer les fesses du mannequin qui se mit à détaler.
« Qu'est-ce que c'est que ça ? demanda le rouge en fronçant les sourcils
- Je reste dans ton thème SM, rigola t-il, allez, viens par là Kise !
- Espèce de sadique ! lui lança t-il depuis l'autre bout de la pièce
- Refusé, trancha le Rakuzan
- Ça devient n'importe quoi là… soupira le shooter en remontant ses lunettes
- Dai-chan a trop bu de bière.
- Hélas, ça n'a rien à voir avec l'alcool, j'en ai bien peur » déplora le lunetteux
Le rouge se leva en intimant au dunker de se rhabiller.
« Nous allons simplement rajouter qu'il faut tourner deux fois sur soi-même.
- Ben voyons ! C'est vrai que c'est très recherché ça !
- Je préfère cette idée que la tienne Aominecchi ! »
Le blond se replaça en jetant un regard méfiant au basané qui leva les deux bras en souriant, montrant son innocence. Puis il s'attacha les yeux et pivota sur lui-même.
Ses trois tentatives furent un échec cuisant. Tout s'était planté dans le liège.
« Je suis trop nul ! gémit-il
- Je ne peux que confirmer » se moqua le dunker
Tandis qu'il buvait, Aomine joua et fit le même score : zéro.
« Et merde ! J'y étais presque !
- Cinq…
- TA GUEULE TOI ! »
Kise s'arrêta de compter à voix haute mais pas dans sa tête pour autant.
Momoi s'équipa et prit le relais, en position de tir.
Tchac.
« C'est bien Satsu ! s'exclama son meilleur ami
- C'est vrai ?
- Oui ! Continue comme ça ! »
Tchac.
« Encore mieux ! 10 points ! »
Tchac.
« Tu gères Satsu. »
Elle retira son entrave, toute souriante mais déchanta rapidement en ne voyant pas la cible.
« Mais… »
Ses trois fléchettes étaient dans le mur de gauche. Elle se retourna quand elle entendit le basané exploser de rire.
« Dai-chan ! Ce n'est pas sympa !
- Tous les coups sont permis pour faire perdre son adversaire ! »
Elle gonfla ses joues et se mit à le frapper avec le tissu, passablement énervée.
« Tu aurais pu me prévenir idiot ! »
Puis elle soupira et s'asseya. Elle entama sa première bière et grimaça de nouveau au bout de la troisième gorgée.
« Il y a beaucoup de pourcentage d'alcool dedans ? demanda t-elle
- Oui, lui répondit le rouge
- Beurk. »
Kuroko lança à son tour. Il rejoignit Momoi sur le mur de gauche.
« Tu as vu Tetsu-kun ! C'est un signe ça ! sourit-elle en délaissant la bouteille pour se jeter sur lui
- Tu n'as pas peur pour tes murs ? questionna l'As
- Non. Les trous seront minimes, ce n'est pas important.
- Midorima-kun, c'est à toi. Tu n'as pas joué tout à l'heure. »
Cette fois-ci, ce fut le mur droit qui fut décoré par les fléchettes du vert. Il grommela et bu comme tous les autres.
« Ce jeu ne rime plus à rien, nous échouons tous, soupira t-il
- A toi Murasakibaracchi » bailla le blond
Tchong.
« Sur le vase en étain au-dessus de l'armoire »
Tchouf.
« Dans le coussin du canapé »
Plouf !
« Dans l'aquarium, informa toujours la voix lasse de Midorima, tu n'as rien mis sur la cible. Il faut dire que tu étais tourné de l'autre côté du mur…
- Alors là, je sais pas comment t'as fait pour réussir ton coup sur le dernier Murasakibara car il fallait vraiment le vouloir pour y arriver ! s'esclaffa le bleu
- Hé ! On peut se faire cuire du poisson ! Il en a empalé un ! s'écria Kise depuis l'autre bout de la pièce qui était parti vérifier
- C'est vrai ? demanda Aomine avec bonne humeur
- Non. »
Son sourire se fana automatiquement, mais naquit sur le visage du blond. Pour une fois que le bronzé se montrait crédule !
Momoi lâcha enfin le passeur et s'étira. Il lui restait encore deux bières à boire et elle n'arrivait déjà pas à finir sa première. Elle saturait. La rose fit une petite moue et regarda autour d'elle.
« Faire une soirée à boire sur des fléchettes, il fallait quand même y penser, avoua t-elle à voix haute
- De toute façon Akashi peut instaurer des règles d'alcool sur tous les jeux, dit l'As en haussant les épaules
- Ouais, même sur du point de croix ! sourit Kise
- Mais oui ! Celui qui loupe une maille doit boire ! se marra le bleu
- Ne me donnez pas des idées vous deux, j'en ai déjà assez comme ça, interrompit le rouge
- Le pire c'est qu'il serait vraiment capable d'en faire une soirée, déplora le tireur
- Moi je ne sais pas tricoter Aka-chin.
- Mais qu'est-ce qu'on s'en tape Murasakibara ! grogna Aomine
- Tu nous vois Momoicchi avec nos tricots ? pouffa le mannequin
- Oui, surtout toi Ki-chan ! »
Le silence arriva enfin, reposant un peu les joueurs. Ils avaient besoin d'une petite pause avant de repartir, un peu découragé par ce score nul. Le plafond commençait à tourner d'ailleurs…
Il ne restait plus que leur ex-capitaine pour clôturer cette manche.
« En fait Akashi, j'ai entendu une drôle de rumeur sur toi cette semaine… lâcha finalement le dunker au bout d'un moment
- Laquelle Daiki ?
- Il paraît qu'il y a deux semaines, tu t'es baladé avec un casque de Daft Punk sur la tête. C'est pour ça que personne n'aurait rigolé à Rakuzan. Parce que personne n'aurait vu ta tête avec le marqueur.
- … Tu en as des autres comme ça Daiki ? Tu me vois réellement avec un casque de Daft Punk sur la tête ?
- … Après réflexion, c'est pas faux. »
Pour sortir des bêtises comme ça, il fallait que l'alcool commence à faire effet.
« She's up all night 'til the sun… commença à chanter le blond en souriant
- Si tu ne veux pas que je sois vulgaire, ne me tente pas aussi » le prévint l'As
Soudain, Kise se leva d'un bond.
« Moi j'ai une idée Akashicchi pour compliquer la prochaine manche !
- Je m'attends au pire…
- Kurokocchi, viens me donner un coup de main ! »
Le passeur se leva. Le blond fonça près d'un grand rideau bordeaux du salon, détacha l'attache et le tendit au turquoise.
« Attache-moi les mains dans le dos et mets-moi le bandeau sur les yeux après ! »
Kuroko s'exécuta, sous le regard sceptique du groupe.
« Mais qu'est-ce qu'il fiche ? questionna Aomine
- Regardez ! dit-il en se plaçant devant la cible, ça complique le tout non ? Kurokocchi ! Mets-moi une fléchette dans les mains !...merci ! Maintenant regardez ! »
Il tourna deux fois sur lui-même et essaya avec ses mains ligotées, d'envoyer son projectile. Il n'y mit pas assez de force et elle tomba par terre.
« Alors alors ? Vous en pensez quoi ? »
Momoi et Aomine se mirent à exploser de rire mais les autres eurent une tête blasée.
« Je crois que cette soirée atteint tous les niveaux… soupira Midorima
- Quelque chose me dit que c'est loin d'être fini, avoua Akashi
- Et après, au prochain tour, on rajoute mon idée ! s'esclaffa l'As, vous imaginez la personne qui ouvre la porte d'entrée ? Il voit un mec en fouetter un autre, yeux bandés et les mains derrière le dos ! La crise de fou rire qu'on se payerai !
- Je serais mort de honte, se désola le lunetteux
- Et moi je ne vous connaîtrais pas ! renchérit Momoi
- Hé Akashi ! J'espère que tes parents ne rentrent pas ce soir ! pouffa toujours le même
- Si c'était le cas, je m'arrangerais pour détourner leur avion afin qu'ils n'assistent pas à ce triste spectacle. »
Cela renforça les rires du bleu. Kuroko soupira dans son coin. Aomine et Kise commençaient leur crise du dimanche soir. Mais bon, il devait faire attention lui aussi car un mal de tête commençait à le prendre.
« Attends Kise, bouge pas… ordonna le dunker en s'approchant de l'adolescent malvoyant
- Ah non ! Je me méfie de toi ! » dit-il en commençant à prendre ses distances
Sauf que ne voyant rien, il percuta la table et tomba par terre. Aomine en profita pour foncer sur lui et descendre le tissu sur sa bouche, en le serrant plus fortement afin qu'il ne puisse pas parler.
« Voilà, là ça devrait tenir !
- Chifèrefoifafomindecchfi ! »
Kise tenta de défaire ses liens mais peine perdue. Il se dandina seulement comme une crevette hors de l'eau, ce qui fit rire son bourreau.
Momoi secoua la tête devant les infantilités des deux garçons et attaqua sa deuxième bière à contrecœur.
« Tu veux un saucisson Moimoi-chin ?
- Où as-tu trouvé ça ? demanda t-elle surprise en voyant apparaître le violet devant ses yeux
- Dans mon sac. »
L'adolescent lui mit la rondelle sous le nez et elle eut un haut-le-cœur. A cette heure-là, c'était bien la dernière chose qui lui donnait envie. La rose se dirigea vers les toilettes en courant.
« Pour une fois que je voulais bien partager, dit-il avec une petite moue, Mido-chin, je peux déballer ta boite de cassoulet ?
- Si tu fais ça Murasakibara, tu es un homme mort. »
Boudant, il alla s'asseoir en plein milieu de la pièce et continua à grignoter puis s'allongea en regardant le plafond. Cette boite de cassoulet le tentait vraiment trop.
Voyant que tout le monde semblait occupé, Akashi vit-là l'occasion d'entamer la discussion qu'il attendait depuis une semaine. Il s'approcha de l'oreille du passeur.
« Nous devons parler Tetsuya.
- … oui.
- Allons dehors pour être tranquille. »
L'échéance était venue.
Ils sortirent. Midorima et Aomine s'échangèrent un regard.
« Je sors aussi, annonça-t-il au vert en s'éloignant du blond qui protestait toujours
- Pour qu'Akashi te le fasse regretter ?
- Je m'en fou ! J'ai rien dit de la soirée pour ne pas pourrir l'ambiance car il y a Satsu mais ne crois pas que je vais me gêner de les espionner ! »
Un claquement de porte les fit se retourner. Momoi était de retour, pâle et ne marchait pas très droit.
« Ça va mieux ? questionna son meilleur ami
- Où est Tetsu-kun ? demanda t-elle aussitôt en constatant son absence
- Il va revenir, l'informa Midorima
- Oh… fit-elle avec une moue triste
- Tu l'as assez collé de la soirée, tu crois pas ? » bougonna l'As
Devant sa mine déconfite, le dunker soupira. Étonnement, il n'était pas jaloux de la proximité de la rose avec son Ombre. Il ne sentait pas le danger peser comme il le sentait avec Akashi dans les environs.
« Oh allez, fais pas cette tronche ! Tu… »
Il fut coupé dans sa phrase avec un poids qui lui sauta sur le dos.
« Qu'est-ce que tu fous Satsu ? s'énerva t-il
- Joue avec moi Dai-chan !
- Rêve !
- Juste pour me faire plaisir !
- Je t'ai dit non !
- S'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaît, s'il te…
- T'es lourde ! »
Heureusement qu'il avait pas mal bu lui aussi… sinon il n'aurait sans doute pas accepté.
Midorima partit s'asseoir sur un fauteuil, la tête entre les mains. La soirée n'était pas encore finie, il devait tenir. Puis il regarda Momoi et Aomine qui formaient un sacré duo comique malgré eux.
« Allez ! Hu ! » s'écria t-elle en lui donnant des claques sur les fesses
Le bleu grommela mais accéléra.
« Finalement, ça devient…
- Oui c'est bon Midorima ! Je sais ce que tu vas dire ! l'interrompit l'équidé humain
- Au trot maintenant ! Hu ! » continua sa cavalière
Elle continua à le fouetter et Aomine sauta par-dessus les corps écroulés par terre comme un cheval à une course d'obstacle. Cependant, il trébucha sur Murasakibara et s'étala de tout son long sur le sol et Momoi sur son dos explosa de rire. Il jura en se frottant le menton et la jeune fille se leva en hoquetant. Elle saisit une fléchette qui était à sa portée.
« Il faut te soigner Dai-chan, tu es blessé ! Je vais être ton infirmière personnelle ! »
Et elle planta la fléchette dans le postérieur du bleu qui hurla de douleur.
« AIEEEEEEUUUUUUH !
- Bouge pas, le temps que le produit fasse effet !
- Tu veux me guérir ? grogna t-il, tu veux surtout me tuer oui ! Je sens plus ma fesse gauche ! T'es un danger public avec de l'alcool toi ! Presque autant qu'Akashi !
- Je vais en chercher une autre ! » dit-elle joyeusement sans faire attention à lui
Elle se leva, vacillante, et chercha un projectile volant en poussant les corps avachis. Aomine en profita pour ramper du mieux qu'il pouvait.
« Fuir…à tout prix… gémit-il, et tu peux pas m'aider toi là-bas au lieu de te marrer ?
- Chacun ses problèmes, répondit Midorima en réprimant un sourire moqueur
- Rends-toi utile et va dehors au moins écouter ce qu'ils disent ! s'énerva t-il
- Pour recueillir les foudres d'Akashi ? Non merci. Je ne suis pas dans votre guerre. »
Le bleu jura et se concentra sur sa survie. Bras après après l'autre, il tenta de s'éloigner en se frayant un passage en poussant les cadavres de bouteilles de bières jonchées par terre.
« Dai-chan ! Ça y est ! J'en ai trouvé une autre !
- Oh bon sang ! »
Il se leva du mieux possible et se mit à courir pour échapper à la folle aux cheveux roses. Plus jamais d'alcool pour elle, plus jamais d'alcool pour elle...
« Mais arrête de bouger Dai-chan et laisse-toi faire ! s'écria t-elle à sa poursuite
- Ce n'est pas comme ça que je voyais le fantasme de l'infirmière ! » bougonna-il en boitillant à cause de sa fesse endolorie
La rose la lança alors mais elle rebondit contre un meuble et se ficha dans les fesses de Kise qui gémit derrière son bâillon. Alors Momoi en attrapa une autre à la volée et se rapprocha du bleu. Petit à petit, elle gagnait du terrain. N'ayant plus le choix, le baraqué plongea dans le placard qui avait servi la semaine derrière et maintint la poignée avec fermeté. Et zut, c'est vrai qu'Akashi avait dit qu'il ne fermait pas à clé…
« Dai-chan… ouvre… cette… porte ! s'essouffla la manageuse en s'acharnant de l'autre côté de l'objet en question
- Va donc soigner Midorima ! Il en a bien besoin ! »
Oulà. Il était venu pour le vert de décamper vite fait bien. Il se dirigea rapidement vers la porte d'entrée et sorti. Tant pis pour la vengeance du rouge plus tard. Mais à son grand étonnement, les deux plus petits ne s'y trouvaient pas. Et alors qu'il s'apprêtait à s'asseoir sur les marches du perron, il reconnut cette voix qui l'énervait tant, ainsi que l'autre beaucoup plus autoritaire du rouge, derrière la maison. Midorima marcha alors, doucement pour ne pas se faire repérer. Il devait avouer que la curiosité le piquait et que lui aussi voulait savoir ce qui se tramait entre eux depuis la semaine dernière. Il les avait bien observé ce soir et il ne semblait pas que ces deux-là avaient décidé de se mettre en couple malgré les événements du jeu du placard. Bizarre.
Le shooter trouva une bonne cachette puis tendit l'oreille. Le rouge était bien trop occupé à lire en Kuroko pour le remarquer.
« …. prévoir un manteau. Bien. Cessons de parler inutilement et venons directement au fait Tetsuya.
- Oui. »
Heureusement pour lui, la discussion sérieuse n'avait pas encore commencé. Le vert semblait juste avoir manqué les préliminaires, ce qui n'était pas très important.
« Il y a quelque chose que tu ne m'as pas dit dans le placard. Tu n'as pas eu le temps de terminer ta phrase, tu te souviens ? » continua le Rakuzan
Kuroko se mit à rougir.
« Je pense que ce qu'il s'est passé la semaine dernière est un malentendu Akashi-kun.
- Je ne pense pas non, rétorqua-il avec un sourire, ta bouche sur la mienne était très claire, bien au contraire. Tu n'as pas été passif Tetsuya. Loin de là. »
Le lunetteux se sentait un peu intrus devant ces propos intimes mais ne bougea pas pour autant. La volonté de connaître la vérité le démangeait et Oha Asa veillait sur lui. Il n'avait rien à craindre.
« Alors, comment vas-tu me justifier ça ? continua la même voix
- Je… »
Le turquoise le regarda droit dans les yeux sans ciller.
« Je crois que je ne t'aime pas Akashi-kun. »
Le silence le plus lourd de tous les temps vint faire son apparition.
Alors là ! Si on avait dit un jour à Midorima qu'il verrait Akashi faire cette tête-là, jamais il ne l'aurait cru ! Et même s'il se reprit rapidement, cette expression n'avait échappé à aucun des deux garçons. Midorima retint sa respiration. Kuroko risquait de prendre cher, c'est sûr !
« Qu'est-ce que tu as dit ? » questionna le rouge en détachant froidement chaque syllabe
Le vert frissonna et même Kuroko ne semblait pas très à l'aise.
« Je suis désolé Akashi-kun, mais je crois que c'est la vérité. Je ne t'aime pas comme tu le voudrais. »
Le turquoise avait bien réfléchi cette semaine. Il ne devait pas se laisser influencer par le rouge. Il avait trop envahi ses pensées dernièrement et il était temps qu'il reprenne le fil de ses sentiments.
« Alors comment qualifierais-tu toutes ces émotions que tu as ressenti lorsque nous nous sommes embrassés ? »
Akashi était véritablement en colère malgré son aura glacial et son calme effrayant. Plus que tout le reste, son égo était touché. Jamais il n'avait pensé une seule seconde recevoir de telle parole. Il était pourtant sûr d'avoir réussi à obtenir l'esprit et le cœur de Kuroko, surtout après la semaine dernière. Tous les signes montraient délibérément qu'il n'était pas insensible à son ex-capitaine. Alors pourquoi ce refus catégorique ? Il regarda le turquoise qui semblait réellement réfléchir à la question du rouge.
« Je ne sais pas » finit-il par dire toujours de sa voix neutre avec une pointe d'interrogation
Une barre soucieuse était présente sur son front, montrant clairement que cela l'embêtait de ne pas pouvoir mettre de mot dessus.
« J'avais un peu bu Akashi-kun. Je ne devais pas être très lucide.
- Oh que si tu l'étais Tetsuya. Il n'y a aucun doute là-dessus. Maintenant, laisse-moi répondre à ta place. Laisse-moi te dire pourquoi tu n'arrives pas à expliquer ce que tu ressens pour moi. »
Levant un sourcil interrogateur, Kuroko attendit, légèrement rougissant aux souvenirs de la soirée.
Akashi ne voyait plus qu'une seule réponse à tout ça.
« Tu as des sentiments pour quelqu'un d'autre, je me trompe ? »
Le passeur tressaillit.
En plein dans le mille.
« C'est bien ce que je pensais, dit-il de sa voix polaire qui fit frémir l'échine du plus petit, c'est pour ça que tu as dit que tu ne pouvais pas aller plus loin la semaine dernière. Et cela explique aussi ce paradoxe qui te trahissait dans tes gestes et dans tes baisers. Ce n'est pas que tu ne m'aimes pas Tetsuya, c'est que tu doutes parce que tes sentiments étaient destinés à une personne en priorité. Mais désormais, tu es partagé, même si ta balance ne penche pas de mon côté. Finalement, le « Oui » de la deuxième soirée est toujours d'actualité… »
Akashi avait vu juste. Ce n'était pas lui le problème. Il avait fait la moitié du travail. Il avait troublé le passeur, et ce dernier n'était pas indifférent à son charme. Akashi en était certain.
Seulement, il restait l'autre moitié à faire : Une personne passait devant lui, et cela ne se passerait pas comme ça. Il aurait beau faire son maximum, si Tetsuya possédait des sentiments pour une autre personne que lui, cela primera avant tout. Et puis Akashi voulait Tetsuya entièrement, et pas le partager avec quelqu'un d'autre.
La chasse à l'Homme était ouverte.
Il devait trouver qui avait obtenu les faveurs du turquoise et s'en occuper. Cela n'allait pas être bien compliqué, il était sûr de déjà connaître le nom de ce voleur de cœur.
« Qui est cette personne, Tetsuya ? » ordonna t-il tout de même pour la forme
L'homme invisible – qui aurait bien aimé l'être en cet instant – se mura dans le silence. Akashi s'approcha de lui et le turquoise recula, si bien qu'il finit collé au mur.
« Je saurais qui c'est Tetsuya, que tu le veuilles ou non. C'est juste une question de temps. Mais j'ai déjà ma petite idée en tête… »
Le turquoise sursauta mais ne détourna pas ses yeux pour autant. Le rouge eut un rictus amer et finit par s'éloigner pour regagner la maison. Midorima, le voyant venir dans sa direction, se dépêcha de faire marche arrière en rasant les murs. Une fois de retour dans le salon, il fonça sur son fauteuil – juste à temps, quand le meneur tourna la poignée de la porte. Kuroko suivit peu de temps après.
Midorima avait beau faire comme s'il ne savait rien, il était impossible de ne pas sentir la tension qui régnait désormais dans la pièce. Et elle était vraiment différente de la semaine dernière.
« Qu'est-ce que… » fit la voix d'Akashi
Il releva la tête et vit ce que les deux joueurs voyaient.
Kise, toujours dans sa tenue et position ambiguë, dormait sur le flanc avec un filet de bave coulant de derrière le baillon et une fléchette plantée dans les fesses. Momoi somnolait, adossée à la porte du placard entrouverte qui laissait apparaître la tête de l'As qui ronflait, bulle au nez. Akashi le fusilla du regard. C'était lui. Il en était sûr.
« Que s'est-il passé Shintaro ?
- Et bien… euh… »
Il se reprit et raconta la scène qui s'était déroulée avant son départ. Et cela accentua la mauvaise humeur de l'ex-capitaine.
« Je devrais pourtant savoir que je ne dois pas m'absenter. »
Le silence pesant et coutumier aux dimanches soirs revint.
« Continuons. »
Avec force, le meneur ramassa trois fléchettes par terre, reprit le bandeau sur les yeux de Kise et l'attacha autour des siens. Il tourna deux fois sur lui-même et balança ses projectiles.
« A côté » lui annonça le vert
Il fronça les sourcils. Son esprit était bien trop happé de colère et de question pour qu'il arrive à être concentré. Sans un mot, il tendit les accessoires au superstitieux.
« Une minute, dit-il en se stoppant dans son geste, où est Atsuschi ? »
Les deux autres adolescents le cherchèrent du regard mais un grésillement les interpella.
« Ça vient de la cuisine » signala Kuroko
Ils s'y rendirent et virent le géant aux fourneaux, une cuillère en bois à la main et une casserole sur le feu.
« Je pourrais savoir ce que tu fais Atsuschi ? » demanda Akashi, pas très ravi de voir que l'indigo faisait comme chez lui
Mais avant même qu'il ne réponde, Midorima aperçut le cadavre.
Sa boite de cassoulet format familial venait d'être lâchement éventrée, et son contenu jeté dans ce récipient de torture où des cris d'agonie se faisaient entendre à travers le crépitement de la cuisson.
« Comment as-tu pu ! s'exclama t-il, horrifié, c'était mon objet du jour Murasakibara !
- J'avais faim Mido-chin.
- Cette boite de cassoulet ne t'avais fait rien fait ! Et elle m'appartenait !
- Elle criait au secours Mido-chin. Elle voulait être mangée.
- Tu peux me vomir dessus, dire des âneries mais ça, je ne te le pardonnerai jamais !
- Ce dialogue devient complètement absurde » commenta le rouge en retournant dans le salon, laissant les deux autres se chamailler à leur guise.
Une nouvelle fois, le turquoise le suivit. Et seuls tous les deux, la tension était encore plus palpable.
Le passeur saisit le morceau de chiffon et les fléchettes et tenta à son tour de marquer des points. Ce qui fut encore une fois soldé par un échec. De toute façon à ce stade de la soirée, aucun des deux ne disposaient de leur totale clairvoyance : Kuroko n'était pas très à l'aise mais pour une toute autre raison que la semaine dernière, et Akashi avait une envie de meurtre qu'il réglerait dimanche prochain. Sans compter que l'envie de jouer était partie des deux côtés.
Finalement, le rouge saisit une fléchette tandis que le plus petit retirait son foulard et la ficha au centre de la cible avec force, ce qui fit sursauter l'homme invisible.
« Nous allons terminer cette soirée autrement Tetsuya.
- Et Midorima-kun et Murasakibara-kun…
- Ils se joindront à nous après. »
Les voix s'élevaient toujours de la cuisine. Et tout ça pour une boite de cassoulet. Désolant.
« Nous allons la terminer de la même façon que pour la troisième soirée. Nous boirons un verre l'un après l'autre. Le vainqueur continuera après avec Shintaro et Atsuschi. »
Le turquoise pinça les lèvres. Le fait qu'Akashi se rabatte sur un jeu aussi simple cachait était étrange, surtout qu'ils étaient tous deux encore en état de jouer même si la volonté n'était plus là.
Et il n'avait pas tort.
Le rouge avait bien une idée en tête. Celle de rendre ivre le plus petit pour pouvoir lui extorquer deux-trois informations qu'il ne voulait pas lui donner sobrement. Si la méthode forte ne marchait pas, il restait toujours la méthode sournoise.
Akashi bu le premier verre pour lui montrer qu'il ne lui laissait pas le choix. Réticent, Kuroko suivit en réprimant une grimace. Et le Rakuzan continua.
Pendant ce temps, le vert fulminait en voyant le géant manger à grande cuillerée SON cassoulet.
« Tu veux goûter Mido-chin ?
- Étrangle-toi avec un haricot. »
Furieux, il rejoignit le salon mais se stoppa net en voyant le rouge et le turquoise effondrés par terre comme les autres. Il resta un moment hagard, se demandant si c'était réel.
Mais oui.
Les deux plus petits dormaient sur le sol, chacun un verre plein dans la main.
« Ils sont si nuls que ça aux fléchettes ? Même Akashi ? se demanda t-il pour lui-même
Il retourna alors dans la cuisine, perdu dans ses pensées.
« Murasakibara, il ne reste plus que… »
Mais ce dernier avait le visage dans son assiette et ronflait bruyamment. Le shooter dû cligner des yeux plusieurs fois pour être sûr de ce qu'il voyait.
C'est alors qu'il comprit.
Oha Asa avait veillé sur lui pendant toute la soirée. Sa boite de cassoulet lui avait finalement porté chance. Pas de la façon qu'il pensait, mais porté chance tout de même.
Il alla alors chercher la conserve et se permit un léger sourire en coin.
« La nourriture française est vraiment lourde à digérer. Oha Asa est un génie »
Et la première chose qui fut prise en photo ce soir-là fut une boite de cassoulet XXL en gros plan.
Mot de la fin : Et voilà, un chapitre de bouclé ! Sachez que j'ai hâte d'attaquer le prochain ! J'y pense depuis longtemps mais je suis mon fil scénaristique afin de rester rigoureuse. Mais je vais enfin pouvoir l'écrire ! Alléluia ! J'espère pouvoir l'écrire aussi bien que le scénario qui défile dans ma tête !
N'hésitez pas à me donner votre avis, il est toujours aussi important pour moi ! Pardonnez-moi si je mets du temps à vous répondre par moment, je suis toujours assez occupée ! Mais je le ferais toujours !
Je vous remercie encore !
Merci de votre lecture !
