Disclamer : Les personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki. Je ne touche pas d'argent en écrivant cette fic.

Remerciements : Encore une fois, je vous remercie tous ! Tous du plus profond de mon coeur ! Est-ce que vous vous rendez compte que je viens de dépasser les 100 reviews ? Jamais je n'y aurais cru ! J'aurais sûrement ris au nez de la personne qui me l'aurait prédis ! Et si j'ai cette motivation d'écrire, cette détermination qui m'anime depuis le premier chapitre c'est grâce à vous tous qui me suivez au fil de l'histoire et je vous remercie tellement pour cela ! Vous êtes les meilleurs ! Merci de votre soutien ! Je vous dois énormément ! MERCI !

POULPY : Oui, je sais que vous étiez nombreux à vouloir voir Akashi et Kuroko ensemble dans ce chapitre mais non ! :p Cette histoire se complique ! Merci d'avoir pris le temps de poster ton ressenti ! :D

barcelonao : Merci beaucoup ! :3 Cela me fait plaisir de voir que tu apprécies ma fic ! XD il est vrai que le cas AkaKuro m'a beaucoup été soulevé dans les commentaires ! :p Peut-être la prochaine fois ? Encore merci ! :D

Besouten : Merci beaucoup Besouten ! J'espère que les prochains chapitres seront à ton goût ! :D

enimie : J'espère donc que la suite te plaira tout autant ! :D Merci beaucoup pour ton compliment ! :3

Payetonchampagne : Alors, par où commencer ? Déjà, laisse-moi te dire sincèrement que ta review m'a faite pleurer de joie, vraiment ! Et pourtant, j'avais promis à une amie de ne plus le faire mais je n'ai pas pu m'y résoudre pour ton commentaire :3 C'est tellement gentil de ta part d'avoir été si constructive, j'ai vraiment été touchée par tous ces magnifiques compliments que tu m'as fait. Cela peut paraître exagéré mais cela me va vraiment droit au cœur :'3 J'espère ne pas te décevoir pour la suite et que mon style te plaira toujours si tu continues à lire mon histoire :3 J'essayerai d'être à la hauteur de tout ce que tu as souligné ! Et si ce n'est pas le cas, n'hésite pas à me le faire savoir ! :3 Encore merci et bon week-end à toi aussi !

Mot du début : Et voici le chapitre 8 ! Est-ce que j'ai déjà dis que le chapitre 6 était le plus long ? Et bien en voilà un encore un chouilla plus long :p (pardon à ceux/celles qui préfèrent les courts :/) mais j'ai été beaucoup inspirée pour celui-là ! Et pour le moment, il fait parti de mon top 3 des chapitres préférés ! :) Mais bon, je vous laisse vous forger votre opinion vous-même ! Vous avez beaucoup plus de recul que moi ! Je suis désolée s'il y a des fautes, il fait 36 pages words donc pour le relire minutieusement comme il faut, j'ai essayé autant que mon esprit en était capable mais là, je sature ! Mais je le relirai un peu plus tard, dans la semaine qui arrive, promis !

Bonne lecture !


« Tout le monde est là dans les temps. C'est bien.

- C'est pas la porte d'à côté ! bougonna Aomine, j'ai dû prendre plusieurs lignes de bus pour venir !

- Mine-chin a raison.

- Moi je me suis perdu, renchérit le blond

- Pas étonnant ! s'esclaffa le bleu, C'est pas toi qui t'es paumé dans le Bourg Palette ?

- En même temps, c'est pas facile de trouver la maison du professeur Chen Aominecchi !

- Tu plaisantes ? Il y a trois pauvres baraques et tu me dis que tu ne trouves pas ?

- Kise-chin n'a pas le sens de l'orientation.

- Il est surtout nul à Pokémon oui !

- Ne commencez pas, soupira le vert, un ballon de plage entre les mains

- Ouais ! On se les caille ! continua l'As

- Je t'incluais dedans Aomine dans le « Ne commencez pas »…

- Et toi, comment es-tu venu Midorima-kun ?

- Takao m'a déposé. Je ne lui ai pas donné le choix. Ce qui m'inquiète c'est que ça n'avait pas l'air de le déranger pour une fois… »

La Génération des Miracles se retrouvait ce soir dans une rue pavillonnaire où se succédaient des maisons les unes après les autres à n'en plus finir, ayant pour décor un fleuve non loin de là, derrière une immensité de verdure. La lune ronde surplombait le ciel obscur, déjà bien haute par l'avancée de la nuit. Et sous cette lumière astrale, Akashi les regardait, bien au chaud dans son manteau carmin, de même que Kuroko, emmitouflé dans son blouson. Les quatre autres frissonnaient en les fusillant du regard.

« Alors, c'est où qu'on va ? On va pas rester à se geler les miches ici !

- Notre terrain de jeu ce soir Daiki, c'est la rue.

- C'est une blague ? »

Vu la tête du rouge, cela n'en était pas une.

« Et tu n'aurais pas pu prévenir ? s'énerva le bronzé

- Qu'est-ce que tu veux qu'on fabrique dans la rue Akashicchi ? Il n'y a aucun jeu à faire !

- J'ai froid Aka-chin.

- Tu as prévenu seulement Kuroko ? fronça des sourcils le lunetteux

- En effet, cela a dû m'échapper la semaine dernière, j'ai dû lui conseiller de prendre un manteau.

- Et tu n'aurais pas oublié de nous prévenir par hasard ? grommela le vert

- Vous étiez tous ivres lorsque je suis retourné dans le salon.

- Pas tous non, rappela le shooter en remontant ses lunettes

- Ouais ! Et vous avez discutez de quoi tous les deux ? » grogna le dunker en désignant les plus petits

Aomine jura avoir vu le visage du rouge s'assombrir.

« De rien qui te regarde Daiki. »

Et bin, il était déjà de mauvaise humeur ? Le bleu haussa un sourcil. Cette question ne lui avait pas plu ? Et bien ça tombait bien, car lui non plus le fait de le savoir seul avec Kuroko la semaine dernière ne l'avait pas fait sauter de joie. Qui sait ce qui s'était passé ? Et ce sale superstitieux qui ne voulait rien lui dire ! Il l'avait pourtant vu sortir en douce de la maison pendant que lui avait une fléchette plantée dans le derrière ! Grrr… Rien que ça, ça lui donnait envie de le dénoncer à Akashi !

Kuroko se faisait silencieux. Pas besoin de rajouter de l'huile sur le feu. Et pas besoin d'être un devin pour voir qu'Akashi était en colère après lui. Il ne lui avait pas adressé la parole depuis son arrivée.

« On va être malade Akashicchi ! trembla Kise dans son léger pull

- Vous n'aviez qu'à prendre un manteau.

- Il est drôle lui ! ironisa le basané

- Comment pouvait-on deviner que nous allions rester dehors ? questionna Midorima

- Hé Tetsu, t'as intérêt à me passer ton blouson de temps en temps !

- Je ne pense pas que tu puisses rentrer dedans Aomine-kun.

- M'en fou ! Je me les gèles !

- Tetsuya ne te passera rien Daiki. »

Sa voix était très dangereuse. Tout ça parce qu'il lui avait demandé son blouson ? Fallait qu'il se calme ! Le bronzé fronça les sourcils. Le Shutoku de son côté plissa les lèvres. Vu la discussion de la semaine dernière, l'ambiance risquait fortement d'être plombée ce soir.

« Allez, marchons au lieu de rester plantés là ! lança le mannequin, Akashicchi, dis-nous un peu c'est quoi le jeu !

- Une minute ! interrompit Aomine, avant de bouger, je veux qu'on fasse un check pour être sûr qu'aucune mauvaise surprise nous attend !

- Aucune ardoise ? demanda Kise

- Aucune fléchette ? enchaîna le bleu

- Aucun marqueur ? interrogea Kuroko

- Aucun espace clos ? fit à son tour Midorima

- Aucun légume ? demanda le violet

- Rien de cela.

- Alors c'est bon ! sourit le dunker …mais pour les légumes, on s'en tape Murasakibara...

- Je n'aime pas les légumes Mine-chin.

- C'est bien ce que j'ai dit : on s'en fou.

- Le jeu de ce soir est de mon invention, expliqua Akashi, je l'ai appelé « Porte à porte ».

- Ah non ! Akashicchi ! Me dis pas que nous allons devoir frapper à chaque maison pour leur vendre des trucs !

- Ce n'est pas ça Ryouta, même si l'idée de fond est là. Je suis allé sur un site pour créer son propre jeu. Tour à tour, nous allons sonner à chaque maison. Une fois quelqu'un sorti, la personne devra exécuter une action préalablement choisi par l'application que j'ai créé. Le but est de garder l'attention de la personne durant trois minutes. Si cette personne rentre avant le temps imparti, vous échouez et vous buvez. Mais si vous réussissez, tous les autres boivent. M'avez-vous compris ?

- Non Aka-chin.

- Moi j'ai peur d'avoir compris justement… soupira le vert

- Mais c'est nul ! se plaignit l'As

- Je ne suis pas sûr que cela soit bien Akashi-kun, des gens peuvent déjà dormir à cette heure.

- Je ne t'ai pas demandé ton avis Tetsuya. »

Pas de doute, Akashi était en froid avec le passeur, ce qui rassura le basané. Rien ne se passait entre eux alors ? Tant mieux ! Il avait encore la voie libre ! Un sourire commença à étirer ses lèvres mais il l'effaça. Sourire de l'intérieur est bien moins risqué.

« Je vais te donner un exemple Atsuschi : Lorsque vient ton tour, si l'application sort "Parle anglais", tu devras t'exécuter devant la personne qui est sortie de la maison et retenir son attention pendant trois minutes. Elle ne doit pas rentrer chez elle.

- D'accord Aka-chin. J'ai compris maintenant.

- Et où seront les autres pendant ce temps ? demanda Kise

- Cachés dans les alentours. Nous ne devons pas être vus, c'est une évidence. Nous procéderons dans cet ordre de passage : Shintaro, Daiki, Ryouta, Atsuschi, Tetsuya et moi pour finir. L'alcool prévu est du whisky.

- Beurk ! grimaça le copieur, c'est pas le meilleur Akashicchi…

- On est pas des cow-boy ! continua le bronzé

- Nous allons commencer, éluda le rouge, Shintaro, tu vas te présenter devant cette maison. »

Le concerné remonta ses lunettes. Il était calme d'apparence mais un peu stressé au fond de lui. Faire le clown devant des inconnus n'était pas sa tasse de thé.

« Les actions ont été créés par les employés du site. Ils ont préparé des actions en fonction de l'idée de jeu que je leur ai donné. Celle qui sortira sera choisie aléatoirement. Ainsi, vous êtes pris à témoin que je n'ai pas pré-choisi les actions. »

Midorima le regarda du coin de l'œil. Akashi avait beaucoup de défaut mais tout autant de qualité. Et sur les jeux les dimanches soirs, même s'il arrivait souvent à détourner les événements, il respectait toujours les règles, même contre son gré parfois. Il n'y avait pas à dire, Akashi était bien encore leur capitaine, même si ce n'était que durant leur soirée.

« Akashi, interpella Midorima en se souvenant d'un détail, je voulais te demander, je vous ai retrouvé ivres toi et Kuroko la…

- Ce n'est pas le moment d'en parler Shintaro. Nous discuterons de ceci et de tes photos un peu plus tard. Il est temps de débuter le jeu. Voyons voir l'action que tu dois effectuer… »

Retenant son souffle, il regarda l'Empereur appuyer sur un bouton.

« "Fais la statue sans bouger après avoir sonné" »

Le vert expira, rassuré. Cependant, ce n'est pas avec une action pareille qu'il allait captiver le propriétaire.

« En place Shintaro. Et donne-moi ce ballon de plage. Tu ne vas tout de même pas y aller avec. »

A contrecœur, il obéit. Son objet du jour risquait d'être abîmé sur le terrain. Inspirant une dernière fois, le shooter se plaça devant la première porte.

« Je lancerais le chrono une fois que la personne sera sortie.

- Bonne chance Midorimacchi !

- Je te plains de commencer » avoua le baraqué

Et ils s'éloignèrent hors de vue. Puis, se dépêchant avant de changer d'avis, le tireur appuya sur la sonnette.

Il attendit quelques secondes avant d'entendre la poignée tourner et un haut-le-cœur le prit. Allez, il ne devait pas bouger. Droit comme un I, le Shutoku gardait une expression aussi neutre que possible.

Une dame rousse sortie et le salua poliment. Toutefois, elle ne s'approcha pas de cet étrange individu qui la fixait bizarrement sans esquisser un seul mouvement.

« Excusez-moi… que puis-je faire pour vous ? demanda t-elle en fronçant les sourcils

- Dommage qu'on le voit que de dos ! s'esclaffa le bronzé, je voudrais trop voir sa tête !

- Connaissant Midorimacchi, il doit être constipé !

- Il va la faire flipper !

- Il faudra qu'on trouve de meilleur place la prochaine fois Aominecchi ! »

Et tous les deux se mirent à pouffer de rire.

« Mido-chin ne gagnera pas.

- Je le pense aussi, sourit le rouge

- Midorima-kun n'est pas très stable sur ses pieds. Il penche à droite. »

Le vert était assez mal à l'aise, il devait se l'avouer. Voir cette gentille femme le dévisager de la sorte ne lui plaisait pas. Il mourrait d'envie de s'excuser de son impolitesse et de partir loin d'ici. La dame commençait à s'inquiéter et fit quelques pas en arrière.

« Euh… chéri ? Tu peux venir s'il te plaît ? » appela t-elle timidement

Et zut ! Le mari allait intervenir ! Ni une ni deux, Midorima se mit à détaler, laissant là une dame bouche bée.

« Midorima-kun a perdu. »

Le concerné arriva finalement vers eux, essoufflé.

« Je ne pouvais pas rester, elle avait appelé son mari.

- Tu as tenu moins d'une minute, l'informa Akashi, tu bois. Et puis même, tu t'es enfui.

- Ouais, tu manques vraiment de courage Midorima !

- On verra quand ce sera ton tour Aomine !

- Ça à l'air drôle ! Vivement le mien ! rit le blond

- Tu risques de ne pas dire ça longtemps, certifia le lunetteux

- Daiki, c'est à toi. Voyons voir… "Demande le chemin pour te rendre à la voie 9 ¾".

- C'est n'importe quoi ! On n'est pas dans Harry Potter !

- Statue, voie 9 ¾… c'est à se demander si on n'est pas tombé sur des fans de J.K. Rowling, constata Midorima, les créateurs de questions ont dû se regarder la saga avant de tomber sur ton jeu Akashi…

- Ce n'est pas le problème. Va te mettre en place devant la seconde maison Daiki. »

Traînant des pieds, il s'exécuta puis sonna. Qu'est-ce qu'il pouvait bien dire ? Il allait passer pour un crétin c'est sûr…

Un bruissement derrière la porte l'averti que le propriétaire n'allait pas tarder à sortir. Il ressentit ce même pincement dans la ventre que Midorima.

« Bonsoir monsieur, dit-il avec un sourire crispé en voyant un vieux sortir

- Bonsoir jeune homme. On se connaît ? questionna t-il d'une voix suspicieuse

- Euh… non non… j'ai… hum… je suis perdu et j'aurai besoin que vous m'indiquiez le chemin s'il vous plaît ?

- Cela dépend. Je viens d'emménager récemment, je ne connais pas très bien le coin, répondit-il toujours sur le même ton en le jaugeant d'un œil

- Je cherche la route pour… me rendre à la voie… 9 ¾ … »

Un blanc se fit et le vieux sembla réellement chercher.

« Je ne connais pas, finit-il par dire. Mais peut-être que ma petite-fille pourra vous aider… hé Yumi ! Viens-voir par-là s'il te plaît ! »

Aomine avait toujours son sourire figé sur le visage. Voilà qu'une autre allait rappliquer !

Une fille de l'âge du dunker apparut dans l'encolure de la porte, une serviette autour des cheveux, laissant apparaître quelques mèches brunes. Elle semblait sortir de la douche apparemment.

« Oui grand-père ?

- Ce garçon demande la route pour se rendre à la voie 9 ¾, tu ne saurais pas où c'est par hasard ? Tu as bien pris le train pour venir ici ? »

La jeune fille se mit à froncer les sourcils et se planta devant le joueur.

« Je pourrais savoir pourquoi vous venez vous moquer de nous comme ça ? Vous n'avez pas honte d'abuser d'une personne âgée ? »

Petit à petit, le bronzé recula, intimidé par ce bout de femme au regard sévère.

« Que croyez-vous donc espérer ? C'est une caméra cachée c'est ça ? Allez, allez-vous en ! Si je pouvais, je vous enverrais un Wingardium Leviosa pour que vous décampiez vite fait bien fait ! »

Puis elle attrapa le bras de son grand-père qui ne comprenait rien de la situation et ferma vivement la porte derrière eux.

Aomine resta un moment sans bouger puis revint vers le groupe les mains dans les poches.

« Oh mon dieu Akashicchi ! Qu'est-ce que j'ai ris !

- Cette fille était méchante, bouda le violet

- Tu as eu de la chance Aomine-kun.

- Ah ouais ? Et pourquoi ça Tetsu ? fit l'autre, mauvais

- Elle voulait te lancer le sortilège de Wingardium Leviosa. Cela aurait pu être Avada Kedavra.

- C'est tout ce qui t'intéresse ? bougonna t-il

- Voilà une fille de caractère, avoua le rouge

- Ouais, comme je les aime, grimaça le basané, …c'est quoi cette tronche que tu tires Midorima ?

- … burp…

- Ok j'ai compris. Je recule de cinq pas… voilà. Me vomis pas dessus.

- … si je devais le faire… burp... ce serait sur Murasakibara pour mille et une raisons...

- J'espère bien ! Bon allez Akashi, passe-moi un verre qu'on en finisse !

- Tu n'as pas à boire Daiki. Tu as tenu trois minutes deux.

- C'était juste ! sourit le blond

- J'ai eu de la veine ! C'est grâce à cette hystérique qui m'a engueulé.

- C'est bien dommage surtout, rectifia le rouge, à peu tu aurais perdu… »

Le bleu fronça les sourcils. Il n'allait pas pouvoir supporter l'humour maussade du Rakuzan encore bien longtemps.

Les autres descendirent leur verre, ce qui n'arrangea pas l'état du vert.

« C'est à moi Akashicchi ! J'espère que je vais avoir une bonne action !

- Voyons-voir… "Prends-toi pour un livreur de pizza qui a perdu sa livraison".

- Super ! Allez, j'y vais ! »

Il se précipita devant la troisième maison et sonna avec entrain. Une adolescente blonde l'ouvrit timidement.

« Bonjour mademoiselle ! Vous avez commandé une pizza il me semble ?

- Euh… n…

- Je suis vraiment désolé mais je l'ai malencontreusement perdu ! Vous aviez commandé une quatre fromage, c'est bien ça ?

- Kise-chin se débrouille bien.

- Il ment avec tellement d'aisance que cela en serait presque inquiétant, sourit l'ex-capitaine

- Ouais, mais heureusement qu'il n'y arrive pas avec toi hein ? » sourit à son tour le dunker

De nouveau, le rouge le trucida du regard et cette fois-ci l'As sursauta. Mais qu'est-ce qu'il avait bon sang ?

Kuroko soupira.

« Je suis désolé, répéta le mannequin en passant une main dans ses cheveux d'un air affligé

- Mais je n'ai pas commandé de pizza ! s'énerva au bout d'un moment la jeune fille

- Vous êtes certaine ? Car c'est bien cette adresse que mon patron m'a donné.

- Vous faite erreur je vous dis ! »

Elle s'apprêta à fermer la porte mais, mut de la peur de boire ce whisky qui avait rendu le Shutoku verdâtre, Kise la bloqua de son pied.

« Attendez ! s'écria t-il

- Quoi encore ? Vous êtes un harceleur c'est ça ?

- On… on ne s'est pas déjà vu quelque part ? »

La jeune fille se mit à rougir, face au beau visage du mannequin à quelques centimètres du sien.

« Qu'est-ce qu'il fabrique là ? grogna le bleu

- Je crois que Kise-kun utilise la séduction.

- Y a pas plus gros cliché ! râla t-il

- Kise-chin triche, bouda le géant

- Le gros cliché du blond !... Et toi, t'en pense quoi Midorima ? bougonna le baraqué

- … burp…

- Merci de ce commentaire très instructif, se marra t-il

- En attendant, Ryouta a respecté les conditions. Il se débrouille très bien. Pas comme d'autre. »

Oh qu'il allait en coller une à son ex-capitaine avant la fin de la soirée si ça continuait comme ça ! Aomine serra fort les poings et Kuroko posa une main sur son bras ce qui le calma aussitôt.

« N'y fais pas attention Aomine-kun » lui dit-il, récoltant au passage un regard meurtrier du rouge.

Pendant ce temps, le blond continua.

« Mais si je vous reconnais ! s'exclama t-il joyeusement, c'est vous qui m'avait commandé une Margherita la semaine dernière !

- Non plus ! J'ai horreur des pizzas ! Comment voulez-vous que j'en commande ?

- Vous habitez seule ?

- Oui mais…

- Alors puis-je vous en offrir une à mon prochain passage dans les environs que vous donnerez à votre famille ? Cela me ferait sincèrement plaisir. »

La couleur magenta s'était définitivement installée sur les joues de la jeune fille.

« Euh… oui… pourquoi pas… balbutia t-elle

- Et comment s'appelle vos parents ?

- Euh… Ayu et Nobuhiro… »

Et ils parlèrent encore quelques minutes, avant que le joueur ne prenne congé en prétextant une autre livraison. La jeune fille ne capta même pas qu'il n'avait pas de scooter pour cela.

« Bien Ryouta, le félicita Akashi quand il revint vers eux

- Kise-kun est toujours le même.

- Que veux-tu Kurokocchi, c'est mon charme naturel ! Je dégage un truc fou !

- Cette conversation m'ennuie. J'y vais Aka-chin.

- Une minute Atsuschi, voyons ton action avant… "Hurle à la lune".

- Et bien je suis plutôt satisfait de ma première action. Je préfère faire la statue que de me prendre pour un loup, dit le vert

- Tiens, ça va mieux toi ? remarqua le bleu en haussant un sourcil

- Beaucoup mieux depuis que je vois ce qui l'attend…

- Bon, j'y vais Aka-chin.

- Et pousse un gros hurlement Murasakibaracchi !

- Bon courage pour réussir avec un truc pareil ! se moqua Aomine

- Courage Murasakibara-kun. »

Le géant s'y rendit, fatigué, puis attendit pendant que les autres burent.

« Mais qu'est-ce qu'il fou ? questionna l'As

- C'est Murasakibaracchi, rappela le blond

- Mais sonne crétin ! s'énerva le dunker depuis leur planque

- Mmh ? »

Il appuya et enfin, quelqu'un sortit au bout de quelques secondes. Une femme d'une quarantaine d'année apparut.

« Oui ? Vous êtes ? » demanda t-elle comme tous les autres auparavant

Le violet se tourna vers l'obscurité où se trouvaient ses anciens camarades. Il ne voulait pas hurler comme un loup. C'était ennuyant. Mais bon, il ne voulait pas se faire disputer par Aka-chin.

« Allez Murasakibaracchi ! » s'exclama silencieusement Kise comme pour l'encourager

L'indigo respira puis ouvrit enfin la bouche.

« Aouh. »

Une mouche vola. Ce mot était sorti de manière tout à fait nonchalante et sans aucune force. La dame en resta interdite.

« "Aouh" ? répéta Aomine, mais c'est quoi ce "Aouh" pourri ? Il n'effraierait même pas un piaf ! »

Le copieur explosa de rire, se tenant le ventre.

« Je confirme, dit Midorima, je préfère mon action. »

Pendant ce temps devant l'entrée, la femme recula de trois pas avec un sourire crispé, avant de s'enfuir en refermant la porte derrière elle.

« Super le loup-garou ! ironisa le bleu, là, c'est sûr qu'elle ne va pas en dormir de la nuit !

- Elle a dû te prendre pour un cinglé Murasakibarrachi ! pouffa le Kaijo

- Murasakibara-kun n'a pas tenu longtemps.

- Seulement vingt et une secondes, lui confirma son ex-capitaine

- Mmh ? Je n'aime pas les loups.

- On s'en fou si tu les aimes ou pas ! Fallait juste que tu hurles à la lune… comme ça regarde ! »

Et Aomine lâcha un « AOUUUUUUUUUUUUUUUH ! » à faire trembler la ville.

Kise et le géant applaudirent.

« Tu vois ? C'est pas compliqué !

- Mine-chin est très fort.

- Belle imitation Aominecchi !

- Je ne pense pas que le moment soit de s'extasier sur un cri pareil, coupa le rouge, Atsuschi, tu bois. Tetsuya, voilà ton action : "Drague-le/la" »

Visiblement, ce n'est pas une action pareille qui allait rendre le sourire au Rakuzan. Cependant, cela fit rire Aomine qui se planta devant le passeur.

« Tu peux t'entraîner avec moi avant tu sais Tetsu ! » dit-il en se penchant vers lui

Pour tout réponse, le turquoise l'ignora et se dirigea vers sa maison attitrée, en sentant toujours une paire de yeux hétérochrome peser sur lui. Finalement, parler avec Akashi la semaine dernière n'avait pas été forcément une bonne chose. Ils auraient sûrement dû s'abstenir.

Comme il n'y avait pas de sonnette, Kuroko toqua à la porte. Il n'aimait pas cette action mais ce n'était pas le moment de se plaindre. Déjà deux verres à son actif étaient de trop. Il devait essayer de calmer le jeu.

Un adolescent de son âge blond aux yeux bleus en sortit. Il était plutôt bel homme et Kuroko se dit que là, son action venait de se compliquer un peu plus. C'était un bourreau des cœurs d'apparence et peut-être bien déjà en couple. Pourvu que sa copine n'apparaisse pas subitement. Le joueur aurait préféré cent fois une personne plus âgée. Il croisa mentalement les doigts pour ne plus revoir cet inconnu dans sa vie après ce soir.

« Oui ? C'est pour ? » questionna le garçon en laissant la porte entrebâiller

L'homme invisible prit son courage à deux mains avant de se lancer.

« Je voudrais vous parler, dit-il de sa voix nonchalante

- Ça commence bien, se marra Aomine, quelqu'un voit une différence entre Tetsu séducteur et Tetsu de tous les jours ?

- Non, pouffa Kise, Kurokocchi ne changera pas ! S'il tient plus de trois minutes, je… hum… je ne sais pas…

- Tu embrasses Akashi ! » termina le bleu

Ce dernier ne releva pas mais l'air qui devint subitement plus frais voulait tout dire.

« Tenu ! sourit le blond malgré tout

- Kise-chin n'a peur de rien. »

Devant la porte, le doré commençait à s'impatienter.

« Excusez-moi mais je n'ai pas tout mon temps-là, si vous pouviez faire vite… on s'est déjà vu ou pas ? »

Kuroko soupira. Décidément, il n'aimait vraiment pas ce jeu.

« Oui. Je vous ai vu une fois. Dans la rue. Et je suis tombé amoureux de vous.

- L'action c'est "Drague-le", pas "Fais-lui ta déclaration" ! » s'esclaffa le copieur

L'adolescent resta un moment figé, le temps que les mots atteignent son cerveau.

« Euh… ?

- Vous êtes très beau, dit Kuroko toujours de sa voix sans émotion

- Il n'est pas convaincant du tout, soupira Midorima

- Ça fait bizarre de voir Kuroko-chin dire des choses comme ça.

- Ça ne marchera jamais » conclut Akashi

L'adolescent aux yeux azur sortit de sa léthargie et se mit à rire.

« Alors comme ça je suis ton style ? demanda t-il en s'approchant de lui, une expression amusée sur le visage et le ton devenu familier, je ne t'ai jamais vu. Bizarre, quelqu'un comme toi, je m'en serais souvenu. Tu dis être tombé amoureux de moi ? »

Et bien apparemment, ce jeune lycéen préférait un torse musclé à de la poitrine charnue, au désespoir de Kuroko. Il sembla examiner le passeur sous toutes les coutures ce qui commençait sérieusement à énerver ce dernier. Le doré se rapprocha encore plus de lui, et cela rappela au turquoise quelques souvenirs, certains bons et d'autres mauvais.

« Tu es plutôt beau gosse toi aussi, avoua son matteur avec un sourire étrange, Tu veux rentrer chez moi qu'on… discute un peu tous les deux ? »

Le bleu non loin de là se mit à bouillir si grandement que de la fumée sembla sortir de son nez.

« Non mais pour qui se prend ce mec ? gronda t-il, c'est un vrai pervers !

- C'est l'hôpital qui se fiche de la charité, soupira Midorima

- Ne vas pas faire quelque chose que tu regretteras Aominecchi ! le prévint le copieur qui voyait le coup venir, et puis Kurokocchi est assez grand pour s'en sortir tout seul.

- A moins… que cela le tente, sourit le vert pour le taquiner

- Tu plaisantes ? C'est pas le genre de Tetsu ! » s'emporta t-il, tombant radicalement dedans

Inutile de préciser que ce spectacle ne plaisait non plus à Akashi qui pourtant, conservait son air impassible. Ces mots qu'il disait à ce lycéen… il les avait peut-être dit sérieusement à quelqu'un.

Cela le faisait enrager.

« Allez, entre ! continua le garçon en ouvrant grand sa porte, je suis tout seul ce soir, tu tombes à pic ! »

Kuroko fronça les sourcils. Il avait fallu qu'il tombe en plus sur un coureur de jupon – de pantalon plutôt -, évidemment !

Voyant qu'il ne bougeait pas, le garçon le saisit par le bras et commença à le traîner à l'intérieur. Mais l'homme invisible se dégagea aisément et recula en arrière, affrontant son regard désormais visiblement énervé. Cet adolescent croyait vraiment qu'il allait se laisser faire ?

Le doré se remit à sourire.

« J'aime quand on me résiste »

Tiens, étrange. Ces mots firent échos dans la tête de Kuroko. Mais pourquoi est-ce que c'était Akashi qui les prononçait dans son souvenir ? Et ses lèvres à quelques millimètres des siennes ?

« Je suis désolé mais j'ai autre chose à faire. Je ne venais que me déclarer, rien d'autre. Au revoir. »

Et il tourna les talons, autant blasé que d'habitude. Le garçon se mit à lui courir après en l'interpellant mais un « PAF » suivit d'un « AIE ! » l'arrêta dans sa course. Le passeur tourna légèrement la tête et vit son poursuiveur au sol, se frottant le front. Puis, comme un coup invisible, il émit un autre cri et se protégea de ses mains.

« Bordel mais c'est quoi ce bazar ! » injuria t-il

Un peu plus loin, Aomine souriait dangereusement.

« Dans le mille ! Allez, amène-moi un autre caillou Kise ! Celui-ci n'est pas assez gros !

- Tu es désespérant Aomine… soupira le shooter

- Tu te rends quand même compte que ce gars n'y est pour rien ? questionna le mannequin

- J'ai compris, je me débrouille pour en trouver un autre moi-même ! bougonna le bleu en tâtonnant le sol

- Tiens Mine-chin, dit le géant en lui en donnant un

- Murasakibaracchi ! Tu devrais avoir honte de participer à ça ! Le pauvre !

- Personne ne touche à Kuroko-chin. »

PAF !

« AIEUUUUH ! se plaignit la voix au loin

- Yeah ! Dans ta face ! se moqua le dunker

- Tu peux arrêter Aomine-kun. Je suis là maintenant. »

La voix monotone qu'il aimait tant le fit sourire discrètement.

« T'es vraiment nul Tetsu. Tu allais te laisser entraîner dans sa baraque ? Je veux même pas savoir les arrière-pensées qu'il avait !

- Les mêmes que les tiennes, sûrement, lui rappela le vert

- La ferme Midorima ! »

Cependant, le visage de l'homme invisible était fermé.

« Ce n'était pas une raison pour lui lancer des cailloux Aomine-kun.

- Il faut bien que je m'exerce au trois points, éluda t-il

- Ce n'est pas bien Aomine-kun.

- C'est Kuroko qui l'a… disons… "chauffé", rappela le tireur, je ne vois pas pourquoi tu t'acharnes sur ce garçon qui a juste voulu "sauter sur l'occasion" si je puis dire… euh, je tiens à préciser qu'il n'y a aucun sous-entendu dans cette phrase…

- L'alcool te fait toujours relâcher ton langage Midorimacchi ! plaisanta le copieur

- Il le chauffe ? répéta Aomine, Tu plaisantes ? Il le chauffe autant que toi alors ! Crois-moi, à vous deux, vous ne pourriez même pas séduire un œuf !

- Tu parles de la technique de drague de Midorimacchi ? rit Kise, c'est vrai que Kurokocchi et lui se ressemblent sur ce point-là !

- Je vais les tuer… » bouillona le Shutoku

Et ils partirent dans un fou rire mais un coup de coude dans l'estomac étouffa la crise de l'As.

« Tetsu ! grogna t-il

- Calme-toi Aomine-kun. »

Puis il se tourna vers le Rakuzan qui ne le quittait toujours pas de ses deux orbes enflammées. Dangereusement calme, l'ex-capitaine n'avait encore pas ouvert la bouche.

« Est-ce que j'ai tenu trois minutes Akashi-kun ? demanda le turquoise, voyant que ce dernier ne prenait pas la peine de parler

- En effet, laissa t-il tomber de sa voix glacial, tu as tenu quatre-minutes treize…

- Tu dois embrasser Akashi ! » rappela le bronzé au blond

Kuroko regarda Kise avec une pointe d'interrogation. Apparemment, il avait loupé quelque chose.

« Ça ne te dérange pas Akashicchi ? sourit le Kaijo, c'est juste un pari perdu tu sais, ça ne veut rien dire !

- Si. Ça me dérange. Et tu m'as interrompu.

- Aka-chin est de mauvaise humeur aujourd'hui… bouda le violet

- Parce que tu trouves qu'il y a une différence avec les autres jours toi ? » râla l'As

Une fois l'ambiance cassée, Akashi reporta son regard ardent vers le passeur.

« Certes, tu as dépassé le temps imparti mais tu n'as pas respecté la consigne. Comme l'a si bien souligné Ryouta tout à l'heure, ton action était "Drague-le" et non "Fais lui ta déclaration".

- Tu n'es pas un peu pointilleux Akashi ? lui fit remarquer Midorima en remontant ses lunettes, c'était tout comme.

- Oui ! Je disais ça pour plaisanter, Kurokocchi s'en est très bien sorti ! Il l'a quand même dragué en disant qu'il était beau ! »

Le passeur pinça les lèvres. Les autres avaient beau prendre sa défense, il savait d'avance qu'il devait boire. C'était Akashi qui détenait le jugement dernier.

« Silence. Tetsuya n'a pas respecté son action. Il boit, à point c'est tout. »

L'Ombre obéit. Une fois le verre descendu, il sentit sa tête tourner. Le whisky était fort et le goût pas particulièrement agréable.

« Bien, c'est à moi. "Demande à voir Kagura à tout prix".

- Tu dois voir qui à tout prix ? demanda le blond

- Je dois demander de voir une fille qui n'existe pas, lui expliqua le rouge.

- Ce prénom me fait penser à un manga… songea Aomine à voix haute

- J'y vais. »

Sans une once d'hésitation dans sa démarche, Akashi se rendit devant la sixième maison et sonna avec tout autant d'aisance. Une femme apparut.

« Bonsoir, dit-elle, que puis-je faire pour vous ?

- Bonsoir madame, j'aimerai voir Kagura s'il vous plaît. C'est très important.

- Euh… vous devez vous tromper de numéro, il n'y a personne de ce nom ici.

- Si, je vous assure. Elle m'a donné son adresse et c'est celle-ci, il n'y a aucun doute. Je dois lui parler en urgence.

- Je vous dis qu'il n'y a pas de Kagura ici ! Vous devez faire erreur ! »

Ce type d'échange dura pendant au moins une minute avant que la femme ne perde patience.

« Ecoutez, si vous ne partez pas d'ici, j'appelle la police ! »

Il faut dire que ce jeune homme aux yeux bicolores était assez effrayant. Peut-être était-ce un voyou qui venait repérer les lieux pour lui dérober ses bijoux ? La dame en frissonna.

Alors Akashi fit quelques pas en arrière et leva sa tête vers une fenêtre allumée qui se trouvait à l'étage et appela d'une voix forte.

« Kagura. Il faut que l'on parle, c'est important.

- Akashicchi est doué pour être convaincant ! Tout le contraire de toi Kurokocchi !

- Descend Kagura.

- Il paraît même dangereux, se moqua l'As, on dirait qu'il va agresser cette fille qu'il appelle !

- Moi, si j'étais Kagura, je ne sortirai pas, commenta le géant en mangeant un truc inconnu

- En même temps, si Akashi appelle quelqu'un, c'est souvent pour lui faire sa fête ! pouffa le bleu

- En effet, c'est très rarement pour dire des mots doux » renchérit le vert

Il jeta un œil vers le turquoise.

« Enfin… c'est comme tout, ça dépend pour qui j'imagine » murmura t-il pour lui-même

Akashi continua ses appels d'une voix calme.

« Kagura.

- C'est ma chambre qui est allumée, il n'y a personne à l'étage, dit-elle

- Kagura, si tu ne descends pas, c'est moi qui vais venir te chercher.

- Mais arrêtez, soupira la dame

- Kagu…

- TA GUEULE ! Y EN A QUI VOUDRAIT DORMIR ! » cria une voix depuis une maison proche

Les yeux du rouge rétrécirent dangereusement.

« Mmmmpf…. ! »

Aomine se força à se retenir de rire, la main sur la bouche et le corps secoué de tremblements. Quelqu'un avait enfin dit ce qu'il mourrait par moment de dire tout haut à son ex-capitaine ! Enfin ! Et la tronche d'Akashi ! Cela en valait tellement la peine ! Il remercia intérieurement le mec suicidaire. Cependant, il ne donnait pas chère de la peau de l'homme qui avait osé élever la voix ainsi. Chez les autres joueurs, un cri s'était échappé involontairement de la bouche du blond et tous se regardèrent en coin. Quelqu'un avait osé parler comme ça à l'Empereur ?

Akashi marcha doucereusement vers les maisons voisines, à la recherche d'un quelconque signe montrant que l'homme qui l'avait lâchement insulté s'y trouvait. La femme en profita pour refermer sa porte à triple tours.

Akashi rejoignit finalement le groupe après quelques minutes, le visage sombre.

« J'ai repéré la maison, je m'en occuperai ultérieurement. » dit-il en arrivant à leur hauteur

Puis il se servit un verre dans son sac.

« Je n'ai tenu que deux-minutes cinquante-trois, lâcha t-il

- Comment tu sais ça Akashicchi ? hallucina Kise

- Tu as raison, c'est exact, confirma Midorima

- Trop fort ! »

A l'image des autres, il but.

« Et sinon pour le mec qui… » commença Aomine

Akashi se tourna vers lui le regard noir.

« Ok, j'ai rien dit !

- Bien, nous refaisons un tour. Shintaro, c'est de nouveau à toi.

- Si tu savais à quel point je n'attendais que cela, ironisa t-il

- "Dis que tu es perdu et que tu cherches ton chemin".

- Elle ressemble beaucoup à l'action d'Aomine.

- Que veux-tu, ils étaient peut-être à court d'imagination ? Allez, va te placer. »

Encore plus lent qu'à la normal, Midorima se rendit sur la terrasse. Cependant, il était plus facile de sonner la seconde fois. Une petite mamie avec un tricot dans les mains sortit.

« Bonsoir madame, dit-il en s'inclinant respectueusement, pardonnez-moi de vous déranger mais je…

- Bonsoir mon garçon, enchaîna t-elle, …mais que fait un adolescent tout seul à cette heure-ci dehors ? C'est très dangereux ! Il m'a semblé entendre des cris tout à l'heure même !

- Je me suis perdu et…

- Oh non ! Tu t'es perdu jeune homme ? Rentre-vite à la maison que je te prépare un bon thé bien chaud !

- C'est gentil madame mais indiquez-moi seulement la route et je…

- Non non non non ! Rentre donc bien au chaud à l'intérieur ! Hors de question que je laisse un si jeune garçon égaré dans le froid dehors, à peine couvert ! Allez ! »

Ne lui laissant pas le temps de réagir, elle le tira par la manche. Midorima envoya un regard d'appel au secours avant que la porte ne se referme derrière eux. Instinctivement, les yeux se braquèrent sur le dunker qui étouffa un sourire.

« Quoi ? finit-il par laisser tomber faussement

- Ne fais pas l'innocent Aominecchi, on sait bien à quoi tu penses ! Surtout après le cas de Kurokocchi !

- Je ne vois pas ce que vous voulez dire ! sifflota t-il

- Que fait-on Aka-chin ? questionna Murasakibara

- Nous allons attendre quelques minutes puis nous sonnerons à la porte pour le sortir de là.

- Tu sais, ça peut durer longtemps, on ne sait pas !

- Aominecchi !

- Je sais, je sais ! J'arrête ! »

Le silence se fit quelques minutes avant que le vibreur du portable de Kise retentisse.

« J'ai reçu un message de Midorimacchi !

- S'il faut qu'il soit séquestré par une mamie pour l'utiliser… fit remarquer le bleu

- Que dit-il Kise-kun ?

- Hum… « A l'aide ! Je suis prisonnier sur une chaise à boire du thé horrible »… oh, et je viens d'en recevoir un autre « Qu'est-ce que vous fichez ? Son mari s'y met aussi en m'obligeant à avaler des canards soi-disant pour me réchauffer ! Ça fait le troisième et je n'en peux plus ! »

- Et bah je vois qu'il s'amuse bien ! N'empêche que j'en connais qui utilise une autre façon de se réchauffer…

- Si c'est pour dire des trucs pareils Aominecchi, je préfère encore que tu râles !

- Un canard ? répéta Kuroko en relisant le message, ne comprenant pas

- C'est un morceau de sucre dans une cuillère à soupe d'alcool, expliqua Murasakibara, moi je ne trouve pas ça très bon. Ça enlève le bon goût délicieux du sucre.

- C'est vrai que c'est pas le meilleur truc sur terre, admit le basané

- Bon, opération « Sauver Midorimacchi » enclenchée ! s'extasia le blond, je vais sonner à la porte et le sortir de là ! »

Avant que quelqu'un ne puisse commenter, il s'élança à la maison et sourit en appuyant sur la sonnette. La mamie en sortit une nouvelle fois et bondit devant le sourire du mannequin.

« Bonsoir madame, je viens chercher mon ami qui m'a dit que…

- Oh ! Entrez entrez jeune homme ! Votre ami est à l'intérieur ! Venez-vous réchauffer ! »

Pareil que pour le vert avant lui, la grand-mère l'entraîna puis ferma la porte.

Un blanc se fit chez les restants.

« Là, je dois avouer que cette grand-mère commence à me faire flipper, reconnut le bleu

- Kise-chin n'a rien pu faire.

- C'était inévitable, continua Kuroko

- A vous écouter, on dirait que Ryouta vient de rendre l'âme.

- Remarque, ce ne serait pas une grande perte, sourit le bronzé

- Au lieu de dire des bêtises, allons-y. »

Tous les quatre se dirigèrent vers la devanture. A travers la porte, ils entendirent les refus timides des deux joueurs face aux propositions incessantes du couple de retraité.

« Allez, reprenez un canard ! Vous êtes gelés !

- N…non merci mais…

- Buvez encore une gorgée de thé ! C'est bon pour la santé !

- C'est très aimable de votre part mais nous… »

Aomine frappa finalement et les conversations se turent. Ce fut cette fois-ci l'homme qui ouvrit.

« Bonsoir, salua t-il suivit des autres, nous venons chercher nos…

- Décidément, cela nous en fait du monde ce soir ! Entrez entr…

- Non merci, l'interrompit Akashi en prenant finalement la parole. Nous sommes pressés. Veuillez les chercher s'il vous plaît, nous vous attendons ici.

- Euh… bien bien. »

Enfin ! Il suffisait – comme à chaque fois – l'intervention d'Akashi pour que les choses bougent ! Et surtout son aura d'impatience qui grandissait à chaque seconde d'écoulée. Le vieux se rendit dans le salon et revint avec son épouse et les deux adolescents qui les remercièrent du regard.

« C'est dommage que vous nous quittiez déjà, dit-elle avec une petite moue, on reçoit si peu de visite ! Vous êtes sûr que vous ne voulez pas boire un dernier quelque chose pour la route ? Ça ira pour le chemin ?

- Oui, nous vous remercions pour votre accueil, termina le rouge, bonne soirée messieurs-dames. »

Et tout le monde se fit silencieux en suivant le Rakuzan jusqu'à un lieu tranquille.

« Merci, merci, merci Akashicchi ! vénéra le blond en tombant à ses pieds, En si peu de temps, j'ai déjà dû boire trois tasses et deux canards ! Je ne savais pas comment refuser !

- Depuis quand est-ce qu'on fait boire de l'alcool à des mineurs ? tilta Aomine avec le recul

- Midorima-kun, est-ce que ça va ?

- …burp…

- Tiens ça recommence, soupira le bleu

- J'ai cru… ne plus jamais… revoir un verre d'eau… de ma vie…

- Ouais bon faut peut-être pas exagérer non plus !

- Si mon objet fétiche avait été près de moi, peut-être que cela se serait passé autrement… burp.

- Ton ballon de plage ? Quand je le vois, j'ai juste envie de jouer au basket ! sourit l'As, on peut pas s'en faire une petite partie là d'ailleurs ? Trois contre trois.

- Non, trancha Akashi, Shintaro, tu as tenu moins d'une minute devant la porte, tu dois donc boire.

- Ne me dis pas ça… s'étrangla t-il en devenant vert kaki

- Daiki, à ton tour.

- … Mouais… »

Le rouge eut un sourire en lisant son téléphone qui effraya le basané. Ce qui l'attendait avait l'air d'être mauvais pour lui…

« "Fais-toi passer pour une personne du sexe opposé" »

- Non mais sérieusement ! râla t-il tandis que les autres riaient, qui m'a foutu des actions pareilles ?!

- Il faut que tu mettes une perruque Akashicchi ! s'esclaffa le blond, attends, je vais t'en faire une avec de l'herbe !

- Ton herbe, tu peux te la mettre bien pr…

- Surveille ton langage Aomine-kun.

- L'apparence n'est pas forcément à prendre en compte, dit Midorima, il suffit qu'il agisse comme une fille. Cela suffira… burp.

- Shintaro a raison. Ne rentrons pas dans un jeu de travestissement et restons simple seulement en acte et en parole.

- Si je retrouve ces mecs qui ont écrit ces consignes à la noix, je les étripe ! »

En râlant toujours, il commença à se diriger vers la maison voisine du couple âgé quand Kuroko le tira par la manche, le remettant à l'abri dans l'obscurité. Le cœur de la Lumière battit un peu plus fort et il commença à tendre son visage vers le sien, mais fut interrompu par la voix du turquoise.

« Attention Aomine-kun, il y des gens qui se promènent. »

Tous tournèrent la tête et virent qu'en effet, des passants se baladaient. Comme il fallait à tout prix éviter des témoins, ils attendirent qu'ils disparaissent au loin.

« C'est bon. Daiki, vas-y.

- Ouais… » bougonna t-il en se débarrassant de l'emprise du passeur, déçu.

Il toqua et ce fut un petit garçon d'environ huit ans qui ouvrit.

Aomine se racla la gorge et ferma les yeux en jurant qu'il emporterait ce jour honteux dans sa tombe.

« Euh… hum hum… bonjour mon garçon ! Es-tu tout seul ? demanda t-il avec une horrible voix de fausset

- MOUAHAHAHAHAHAHA ! explosa Kise, vite Akashicchi ! Sors ton téléphone qu'on immortalise ça !

- Plus jamais je ne pourrais voir Aomine de la même façon, se moqua le vert, quand je pense qu'il se riait de mes talents de séduction, quand on voit comment il parle à un enfant…

- Il passe tellement pour un pervers ! pouffa le jaune

- A sa place, j'aurais fermé la porte depuis bien longtemps et appelé la police dans la seconde » continua le shooter

Le rire de Kise n'était pas passé inaperçu et le bleu l'avait entendu jusqu'à devant la porte. Il contrôla difficilement son corps parcouru de spasmes, par l'envie incommensurable de tuer quelqu'un.

Le petit restait silencieux en dévisageant cet individu qui se tenait devant lui. Finalement, une voix féminine l'appela depuis l'entrée.

« Tomu ? Que fais-tu dehors ! Je t'ai déjà dit milles fois de ne pas ouvrir à des étrangers ! Et vas te coucher, il est plus de minuit ! Tu as école demain bon sang ! »

Une femme aux cheveux blonds et aux yeux à moitié endormis remplaça le dénommé Tomu. Son regard énervé s'arrêta sur l'homme devant son palier.

« Et vous, croyez-vous que c'est une heure pour frapper chez quelqu'un à cette heure-ci ? Si vous êtes un déporteur, allez-voir ailleurs ! »

Reprenant son calme et son courage, Aomine reprit cette voix qui lui assassinait la gorge et les cordes vocales.

« Euh… pardonnez-moi de vous déranger mais euh… »

C'est vrai ça ? Qu'est-ce qu'il devait lui dire ? La jeune femme fronça des sourcils.

« Vous vous fichez de moi monsieur ? gronda t-elle

- C'est mademoiselle ! la reprit-il avec une pointe d'indignation dans la voix

- Pardon ? » hallucina t-elle, incrédule

De son côté, Kise était littéralement en train de mourir d'asphyxie. Pour masquer ses bruyants éclats de rire, il avait la tête plongé dans le sac à alcool d'Akashi et Murasakibara lui tapotait doucement le dos. Midorima avait ri lui aussi puis subitement recouvré un visage grave avant de s'éloigner du groupe en courant.

« Tu risques de t'étouffer Kise-kun, avoir la tête dans un sac est dangereux.

- Où est Mido-chin ? demanda l'indigo en constatant son absence

- Je ne sais pas » répondit le turquoise

Aomine continua ses explications de sa voix toujours extrêmement inégale : tantôt aiguë, tantôt grave. Il n'arrivait pas à croire ce qu'il était en train de dire.

« Voyez-vous, je suis en pleine… transformation si je puis dire. Pourrais-je emprunter vos toilettes ? Les trucs de fille si vous voyez ce que je veux dire… »

Il avait sorti ça comme ça, à court d'idée pour retenir la propriétaire de la maison. La femme le regardait tellement ahurie qu'elle sembla s'être changée en statue.

Aomine prenait vraiment sur lui, si bien qu'une veine tapait sur son front, montrant toute la colère qu'il gardait en lui. S'il tenait, c'était simplement pour voir boire Akashi et lui faire ravaler tous ses sourires et son humeur de chien de la soirée. Et voir Kuroko en ivre-joyeux par la même occasion. Sa fierté en prenait tout de même un sacré coup.

Midorima réapparut du côté des joueurs.

« Tu étais parti où Mido-chin ?

- Hum… ça ne te regarde pas.

- Oh mon dieu mais je crois que je ne vais jamais m'en remettre ! pleura Kise en essuyant des larmes au coin de ses yeux

- Voir Aomine-kun comme ça n'est pas commun.

- Je film depuis le début » sourit sadiquement le rouge

La mère de Tomu sembla reprendre vie au bout d'un certain temps.

« J'ai compris, c'est un canular c'est ça ? demanda t-elle en regardant partout autour d'elle

- Non je…

- Non je sais ! Je refais une crise de somnambulisme ! s'exclama t-elle pour essayer de se convaincre elle-même. Quand je vais me recoucher, demain je ne vais plus me souvenir de vous ! »

Et elle lui claqua la porte au visage.

Lorsque le bleu revint rageur vers son groupe, il fut accueilli par des gloussements. Finalement, il n'avait réussi qu'à être ridicule car il doutait d'avoir tenu plus de trois minutes.

« Mais où est-ce que tu es allé chercher cette idée de truc de fille Aominecchi ! rit Kise

- Je me suis inspiré de Satsu, grogna t-il

- Je t'applaudis ! continua le blond en joignant le geste à la parole, j'en ai encore mal au ventre !

- Fous toi-de ma gueule !

- Si tu insistes alors ! s'esclaffa le copieur

- Grrr…

- Tu dois boire Aomine, l'informa le vert, tu as tenu seulement deux minutes trois.

- Ouais… je l'aurais parié… »

Akashi avait rangé son téléphone, un rictus sur les lèvres. A voir ce qu'il pourrait tirer de cette vidéo…

Kise lui, n'arrivait pas à regarder son ancien coéquipier plus de deux secondes sans se mettre à exploser de rire. Évitant de faire attention à lui, le basané descendit son verre en maugréant. En voulant le reposer, il trébucha sur un caillou et manqua de tomber par terre. Il jura, se retenant de justesse au turquoise.

« Tu devrais t'asseoir un moment Aomine-kun.

- Ben voyons ! Je ne peux pas !

- Encore ?! s'exclama Midorima, Mais ça va faire une semaine !

- Oui bah que veux-tu ! J'ai les fesses sensibles j'y peux rien ! Ça se voit que c'est pas toi qui t'es pris une fléchette dans le croupion !

- Tout pareil qu'Aominecchi !

- D'ailleurs Midorima, je pourrais savoir pourquoi t'as foutu ta boite de cassoulet en première image de la soirée ? bougonna le dunker

- Oha Asa m'a fait remporter le jeu encore une fois.

- Avec un cassoulet ? Faut te faire soigner !

- Tu es trop stupide pour comprendre, éluda le vert. En attendant, pourquoi vous avez continuez à jouer sans nous attendre moi et Murasakibara ? questionna t-il en se tournant vers le turquoise et le rouge

- Je fais ce que je veux » répondit Akashi de sa voix polaire, stoppant net l'interrogatoire

Kuroko regarda son ex-capitaine en coin. Akashi de son côté plissa les yeux. Cette soirée-là, il avait malencontreusement été pris à son propre piège. Il avait changé de jeu pour pouvoir faire parler Kuroko mais c'était lui qui s'était effondré le premier. Sa colère avait tendu son corps au maximum, si bien qu'il n'avait plus senti sa résistance à l'alcool. Et il avait été le premier surpris en sentant sa tête vaciller avant de toucher le sol. Mais apparemment, Kuroko avait suivi peu de temps après au vu des photos sur Facebook et le discours tenu par Midorima.

« La honte que je me suis tapé Midorimacchi ! soupira le blond, faisant sortir Akashi de ses pensées, on me surnomme MK maintenant !

- MK ?

- Maso-Ki-chan !

- Ouais j'ai vu ça, sourit le bleu, Satsu y est pour beaucoup. D'ailleurs, elle n'a pas arrêté de me casser les oreilles comme quoi elle était déçue de pas avoir vu Tetsu ivre.

- L'accord était qu'elle avait le droit d'être présente seulement à une soirée. Elle ne reviendra pas.

- J'espère bien ! J'ai mal aux fesses rien que d'y repenser ! grimaça t-il en se les massant, Le marqueur c'est rien à côté ! j'ai séché les deux premiers jours de cours car je ne pouvais pas me poser sur un siège sans hurler !

- Oui, moi aussi Aominecchi ! Surtout que Kasamatsu-senpai ne se gêne pas pour me frapper alors si par malheur il me donnait un coup de pied aux fesses… »

Imaginant très bien la douleur qui pouvait être ressentie, les deux joueurs frissonnèrent.

« Et donc, vous ne pouvez toujours pas vous asseoir ? demanda le tireur

- Non. Ça reste douloureux. Je mange debout et je dors sur le ventre, expliqua le basané

- Au moins ça muscle ! s'esclaffa le blond, Surtout quand on doit rester debout sur la cuvette des toilettes quand…

- Epargne-nous les détails ! râla le lunetteux

- Assez parlé, trancha le rouge. Ryouta, c'est ton tour. "Récite un poème un peu osé".

- Un poème osé ? répéta t-il

- Du moment que ce n'est pas une chanson…

- Tu es méchant Midorimacchi !

- Il ne fallait pas me chercher.

- Allez Kise ! Vas-y qu'on se marre !

- Je n'ai pas le choix de toute façon ! Akashicchi va m'étriper sinon ! »

Il y en a un autre que l'Empereur voulait étriper depuis la semaine dernière… et pourtant…

Et pourtant son instinct lui disait que ce n'était pas lui. Aucun signe ne le montrait. C'est bien pour cela qu'Akashi n'avait rien tenté depuis le début de cette soirée. Il préférait observer l'attitude du passeur envers son ancienne Lumière. Et Akashi commençait à croire que son instinct avait raison.

Cela ne pouvait pas être Aomine. Ou alors Kuroko cachait bien son jeu.

Kise s'avança prudemment vers la maison et c'est avec crainte qu'il frappa. Quelques minutes après, une adolescente en sortie, furieuse. Et vu le poème qu'il allait lui réciter, ça n'allait pas s'arranger…

« Qu'est-ce que vous me voulez ! Vous n'avez pas vu l'heure ? »

Cette dernière phrase était une vraie litanie ce soir.

Le copieur se mit sur un genou et tendit sa main vers la jeune fille, intriguée devant cette posture soudaine. Kise chercha rapidement des vers.

« Euh… O beauté du Ciel

A l'image de la Déesse Originelle

Vous me semblez irréelle

Avec votre sourire immortel. »

Les joueurs se regardèrent.

« Il se débrouille bien, reconnut Midorima

- Ouais, sauf qu'il a l'air d'avoir oublié la seconde partie de son action !

- Je ne pense pas Aomine-kun.

- Tetsuya a raison. Ryouta cherche ses mots. »

Ils reportèrent alors son attention sur lui et sur l'adolescente au passage. Cette dernière souriait maintenant, un peu gênée. Ce n'est pas tous les jours qu'un mannequin frappait à votre porte à plus de minuit pour vous réciter un poème d'amour.

Kise commençait à angoisser pour la suite.

« Je voudrais vous embrasser

Entièrement vous posséder

Que votre corps soit mien

Avec ou sans votre soutien

J'en rêve dans mes draps

Et je sais que vous ne me résisterez pas »

Là, le sourire de la jeune fille commença à se faner un peu.

« Auriez-vous de la béchamel ?

Il n'y a rien de plus sensuel

D'étaler cette sauce de chien

Sur votre joli se…. »

SBAAAAAAAAF !

« Espèce de goujat ! Vous êtes un vrai pervers ! »

Et elle claqua brutalement la porte derrière elle.

Kise revint vers sa troupe, se massant sa joue marquée de trace de doigt.

« Cette fille a de la poigne ! s'esclaffa l'As, et puis c'est quoi cette rime "sauce de chien" ? Ça ne veut rien dire !

- Je n'avais aucun autre mot qui me venait qui rimait avec « sein » !

- Mais tu n'es pas allé bien loin dans tes rimes Kise, lui fit remarquer le superstitieux, tu aurais pu encore être plus osé.

- Parce que tu crois que c'est simple de dire des choses pareilles devant quelqu'un Midorimacchi ?

- Je trouve que tu t'es bien débrouillé Kise-kun.

- Merci Kurokocchi ! En voilà au moins un qui me soutient ! gémit-il

- Que votre corps soit mien… répéta le bronzé, moqueur

- Mais euh ! Aominecchi !

- Tu n'as pas tenu trois minutes. Bois Ryouta. »

Papy Geignard se lamenta avant de boire son whisky tendu.

« HIPS !

- Kise-chin n'en peut plus.

- Je crois que… HIPS !... on est tous dans ce cas Murasakibaracchi ! »

Akashi soupira. Il commençait à avoir mal à la tête et son tempérament colérique ne l'aidait pas beaucoup à aller mieux.

« Suffit, dit-il d'une voix lasse. A toi Atsuschi. »

Il regarda son téléphone.

« "Fais-le mort".

- Mouais… il y a mieux comme action, fit Aomine.

- Et il y a pire, rappela le vert en coulissant un regard vers le bleu

- Ouais bah ça va !

- Allez. Va Atsuschi. »

Toujours de sa démarche qui le caractérise comme il faut, Murasakibara rejoignit la porte désignée où il frappa mollement. Au bout de quelques secondes, rien ne se passa.

« Le propriétaire doit dormir, spécula Akashi, va à la maison d'à côté.

- Et couche-toi avant de sonner ! ordonna le bleu, sinon ça ne sert à rien ! »

Reproduisant la même scène avec la même énergie, il se plaça sur le sol cette fois-ci avant de toquer. De la lumière apparut à une fenêtre et un homme entrebâilla la porte. Il s'étira, regarda de long en large le corps inerte et marmonna un « Encore un p'tit con qui est venu se saouler devant chez moi » avant de claquer la porte.

« La tête du mec ! rit Aomine, comment il s'en est foutu royalement !

- Il est cent fois plus intéressant de regarder une truite nager que de voir ça, avoua Midorima

- Hé Murasakibaracchi ! Lève-toi, tu as perdu, pas besoin de rester allongé !

- …

- Murasakibara-kun ? »

La petite troupe s'approcha de lui et virent que le géant ronflait. Exaspérés, Aomine et Kise aidèrent à le tirer vers leur planque.

« Dommage que ton objet du jour n'est pas une voiture Midorimacchi, ça nous aurait bien arrangé ! plaisanta le blond

- Murasakibara n'a jamais été aussi crédible dans un rôle que dans celui-là, déplora le shooter

- Il nous aura fait chier jusqu'au bout cet abruti ! » râla le dunker, peinant à supporter son poids mort

L'indigo ronfla bruyamment et ce son désagréable était difficilement supportable par la bande.

« Tetsuya, c'est ton tour. »

Akashi appuya sur son appli et réprima un sourire, le premier envers le turquoise de la soirée.

« Dis être enceinte du fils de la maison. »

Un blanc se fit, le temps que l'action monte jusqu'à leur cerveaux.

Puis Kise et Aomine tombèrent dans les bras l'un de l'autre en riant aux éclats, jusqu'à même rouler par terre, alternant sourires et grimaces quand leur fesses rencontrèrent le sol une fois sur deux. Même Midorima pouffa derrière sa main, Akashi sourit et Murasakibara se réveilla brusquement de son coma.

« Kuroko-chin est enceinte ? demanda t-il

- Les actions partent en live là ! s'esclaffa le basané

- Je… j'ai une crampe au ventre ! se plaignit Kise en riant malgré tout, ça fait mal !

- Il semblerait que les créateurs de questions n'ont pas pensé que nous pouvions être que des hommes, souligna le rouge. Voilà une action qui te va à ravir Tetsuya. »

Ce dernier ne releva pas la moquerie sous-jacente et préféra rester aussi impassible que d'habitude, ce qui avait le don de faire enrager l'adolescent aux yeux vairons.

« Attends, j'ai une idée Kurokocchi avant que tu y ailles ! »

Le mannequin saisit le ballon de plage des mains du vert et souleva le t-shirt du turquoise pour le placer, créant ainsi un ventre rebondi au passeur.

« Il est absolument hors de question que mon objet du jour touche Kuroko, dit froidement le lunetteux

- Oh allez Midorima ! Fais pas le tronche ! rit Aomine, avoue que ça fait tout de suite plus crédible !

- A partir du moment où l'on dit qu'un homme est enceinte, la crédibilité est déjà partie, lui fit-il remarquer

- Tu es trop mignon comme ça Kurokocchi ! » s'exclama le copieur en lui ébouriffant les cheveux

Ayant pas mal descendu de whisky lui-aussi, l'homme invisible ne trouva pas la force de répliquer. Il commençait même à avoir chaud et retira son blouson pour être en t-shirt, le ballon en dessous.

« Hé ! Moi aussi j'ai une autre idée » rigola Aomine

Il prit une bouteille d'eau – seule et unique – se trouvant dans le sac à alcool, l'ouvrit, en mis un peu dans sa main et aspergea le visage de son Ombre qui sembla se réveiller subitement.

« Que fais-tu Aomine-kun ?

- Je te créé des sueurs ! Tu vas accoucher, oublies-pas !

- Ce n'est pas dit dans l'action.

- Ouais mais c'est tout comme ! »

Kuroko soupira. Pourquoi est-ce que cette action complètement hors du commun était tombée sur lui ?

« Mets tes deux mains sous tes reins Kurokocchi et cambre-toi un peu en arrière, comme ça regarde ! » lui expliqua le blond en lui montrant

N'importe quoi. Vraiment.

« C'est une fille ou un garçon ? questionna le dévoreur

- C'est toi ou l'alcool Murasakibaracchi ? interrogea à son tour Kise devant cette remarque stupide

- Hum… je ne sais pas…

- Au pire, on s'en fou ! interrompit le bleu, allez Tetsu, va sonner ! »

Il s'y dirigea, non sans avoir regardé avant sur la boite aux lettres si cette maison comportait bien un fils. Une fois cela validé, il sonna, l'esprit toujours enveloppé dans un brouillard alcoolisé. Une femme ouvrit la porte après un certain moment.

« Bonsoir madame, dit-il poliment sans pouvoir s'incliner en avant

- Euh… bonsoir ? Vous avez vu l'heure ? » commença t-elle aussitôt en bâillant

Puis son regard glissa vers le t-shirt proéminent du turquoise en face d'elle. Comment avait dit de faire Kise au juste ? Ah oui.

Il plaça ses mains et se cambra. Le visage mouillé par Aomine et son teint pâle naturel l'aida beaucoup à avoir les yeux inquiets de la jeune femme sur lui.

« Est-ce que vous allez bien ? demanda t-elle

- Je voudrais voir Meguro-kun s'il vous plaît, continua t-il de sa voix nonchalante, en se rappelant du nom de famille.

- A cette heure-ci il dort, l'informa t-elle, repassez demain.

- C'est très important. J'attends un enfant de lui. »

Cette phrase dite simplement donna un haut-le-cœur dans la poitrine d'Aomine et un sourire éclaira son visage. Ce qu'il voyait devant lui, était comme un fantasme inavoué depuis longtemps. Kise n'en pouvait plus par contre et dut fourrer sa manche dans sa bouche pour ne pas faire de bruit.

La femme fut un moment égarée avant de se reprendre.

« Mais… vous êtes une fille ou un garçon ?

- Un garçon.

- C'est impossible ! Mon Kanda n'aurait jamais eu une relation avec un homme ! Même avec personne, je lui ai interdit !

- Il ne veut pas reconnaître l'enfant.

- C'est impossible ! répéta t-elle en commençant à s'affoler, vous êtes un garçon et les garçons ne peuvent pas tomber enceinte. Cela va au-dessus de toutes les lois de la nature ! »

Kuroko soupira. Il n'aimait pas vraiment mentir de la sorte. Mais ce soupir, la femme l'interpréta comme un signe de douleur du jeune homme, surtout qu'il avait toujours ses mains au niveau des reins. C'est que le ballon n'était pas léger à porter.

« Ne bougez pas, je vais le chercher… KANDA ! DESCENDS IMMÉDIATEMENT ! »

Le passeur entendit un bruit sourd qui le fit supposer que l'adolescent était tombé de son lit. Quelques secondes après, un garçon aux cheveux auburn apparut en se frottant les yeux.

« Mmh… qu'est-ce qu'il se passe maman ? Pourquoi tu m'as réveillé ? Tu vois pas que je dormais !

- Et ça, tu peux m'expliquer ? » s'énerva t-elle en montrant l'homme-enceinte du doigt

Le Kanda leva son regard ensommeillé puis sursauta en voyant le t-shirt agrandit.

« Mais qu'est-ce que c'est que ça ? s'exclama t-il

- C'est justement ce que je voudrais que tu m'expliques ! gronda t-elle en croisant les bras et tapant du pied

- Mais.. je ne l'ai jamais vu de ma vie ! s'égosilla t-il

- Moi je te connais Meguro-kun, dit Kuroko de sa voix morne

- Ah pour ça, évidemment que vous devez bien le connaître ! continua la femme, vu votre état, vous ne vous êtes pas seulement parlés tous les deux !

- Attends maman… tu crois sérieusement que c'est moi…

- Si ce jeune homme est venu ici, c'est qu'il y a bien une raison ! Ce n'est pas pour rien ni le fruit du hasard ! »

La pauvre, si elle savait...

« Kurokocchi s'en sort bien !

- Il ne parle quasiment pas, lui fit remarquer l'As, alors on peut pas dire que c'est lui qui se débrouille bien !

- C'est plus la mère en effet qui fait tout le travail, reconnut Midorima, …attendez une minute je reviens… »

Et il s'éloigna encore une fois du groupe.

« Moi j'en reviens pas que la mère gobe un truc pareil ! se moqua le baraqué, surtout que Tetsu est pas du tout crédible !

- Tu as vu l'heure Aominecchi ? Ça se voit qu'ils viennent de se réveiller en pleine nuit. Ils n'ont pas toute leur conscience !

- Ouais… et elle est presque plus choquée que son fils-fils ait une relation avec un homme plutôt que de voir un homme enceinte ! Cherche l'erreur !

- Et toi Murasakibaracchi, t'en penses quoi ?

- Kuroko-chin est à croquer. »

Akashi n'en pensait pas moins et ne quittait pas des yeux le passeur, le toisant sans gêne dans le noir.

La mère et le fils se disputèrent encore, commençant à énerver le plus petit.

« Mais maman, je n'ai pas couché avec lui !

- Arrêtes de me mentir ! C'était quand ? J'espère que vous n'avez pas fait ça ici ! Avec un homme Kanda ! Tu as fait ça avec un homme ! »

Kuroko soupira, agacé et commença à tourner les talons. Mais la mère le vit du coin de l'œil et rattrapa son bras.

« On n'a pas encore fini ! Reste-là mon garçon !

- Je dois y aller Madame, dit-il

- Ah non ! Vous êtes venu ici pour voir mon fils alors maintenant qu'il est là vous restez ! Et vous allez vous expliquer tous les deux ! »

Et elle le tira un peu plus violemment par le poignet. Au même moment, le ballon sous le t-shirt de Kuroko fut expulsé brutalement et atterrit en plein dans la face de la jeune femme qui bascula en arrière avant de tomber sur les fesses.

Elle se frotta le nez en grimaçant et leva les yeux vers l'adolescent, avant de jeter un œil vers son fils qui était tout aussi choqué qu'elle.

« Mais… un… ballon !

- Tu vois ! Je te l'avais dit maman ! Je n'ai rien fait ! »

Kuroko attrapa le ballon, le fit rebondir sur le sol et leva ses yeux azuréens vers le duo mère/fils.

« Excusez-moi de vous avoir dérangé. Je vais y aller maintenant.

- Non ! s'écria la femme en se levant, si vous ne vous expliquez pas, j'appelle la police ! Pourquoi venez-vous ennuyer des gens comme ça ? Vous êtes un sadique ?

- Non. »

Alors que la jeune femme allait se jeter sur lui, furieuse, le turquoise eut un léger sourire mystérieux. Il fit rebondir le ballon une nouvelle fois et lorsque la mère cligna des yeux, Kuroko avait disparu.

« Où… où est-il passé ? » s'exclama le fils

Pendant ce temps, Kuroko était revenu auprès de la GDM.

« Alors là Tetsu, je te dis bravo ! » rit le bleu

Le vert arracha son objet chanceux de ses mains et l'examina minutieusement.

« Tu as de la chance qu'il n'a rien ! grogna t-il

- Comment la femme se l'ait reçu pleine gueule ! s'esclaffa le dunker

- Par contre faudrait revoir ton jeu de rôle Kurokocchi ! Il faut que ton visage soit plus vivant ! Comme moi !

- Je ne veux pas te ressembler Kise-kun.

- C'est pas ça que je voulais dire ! Et puis ce n'est pas gentil de dire ça Kurokocchi ! Je pourrais le prendre mal tu sais..

- Et puis franchement, faut avouer aussi que tu es tombé sur la mauvaise maison ! C'était impossible vu la tronche du fils que tu couches avec lui ! » continua Aomine en riant, un bras autour des épaules de l'ombre

Ce dernier l'enleva en fronçant des sourcils.

« Bien. Nous devons boire car Tetsuya a tenu quatre minutes cinquante-deux.

- Pff… » soufflèrent-ils en s'exécutant

Puis le shooter se leva soudainement.

« Je reviens, dit-il

- Mais tu vas où depuis tout à l'heure bon sang ? » s'énerva Aomine

Mais il avait déjà disparu.

« Il a vraiment un problème lui !

- Mido-chin est toujours étrange.

- Et c'est toi qui dit ça ? »

Akashi surveilla le dunker du coin de l'œil. Depuis que Kuroko était devenu provisoirement enceinte, Aomine ne se cachait plus beaucoup pour le toiser.

« Daiki.

- …

- Daiki.

- Hein ? Ouais ?

- Viens par-là deux minutes. »

Les regards se tournèrent vers eux. La voix d'Akashi ne laissait présager rien de bon.

Une fois isolés, le rouge planta ses iris dans ceux du bronzé.

« Alors ? Qu'est-ce que tu me veux Akashi ? T'as finalement décidé de me tuer là ? J'ai bien vu que t'en mourrais d'envie depuis que j'ai mis les pieds dans la rue ! »

Il eut un rictus.

« Perspicace à ce que je vois. Mais ce n'est pas pour aujourd'hui, malheureusement. »

L'Empereur sortit son téléphone et lança la vidéo montrant Aomine avec sa voix travestie. Son visage se referma aussitôt.

« Tu m'as filmé ? bouillonna t-il en serrant les poings

- Oui.

- Efface-ça tout de suite.

- Non. »

Voyant que le ton montait à côté, les trois joueurs s'échangèrent des regards inquiets.

« Cependant, reprit le rouge, il y a bien un moyen si tu ne veux pas qu'elle finisse sur la page. »

Un sourire carnassier s'afficha sur ses lèvres.

« Qu'est-ce que tu veux en échange ? » demanda le bleu, suspicieux

Son visage redevint sérieux.

« Ne t'approche plus de Tetsuya. »

Le basané plissa les lèvres et sa colère grandit intérieurement. Mais il ne devait pas se laisser aller à ses pulsions meurtrières. Pas maintenant du moins, avec présence de témoins.

« Ce n'est pas ton genre de faire du chantage Akashi, lâcha t-il. Serait-ce parce que quelque chose échappe à ton contrôle ? »

Le masque de colère de l'ex-capitaine réapparut et Aomine en fut content.

« Je crois que je me suis mal exprimé Daiki. Ce n'est pas du chantage, c'est un ordre.

- Et pourquoi là d'un coup ? Pourquoi tu me dis ça aujourd'hui ?

- Cela ne te regarde pas. »

Aomine avait beau être un idiot, il se doutait bien que cette demande n'était pas anodine. Et il était suffisamment intelligent pour savoir que cela était relié avec la dernière soirée.

Akashi de son côté avait une idée derrière la tête. Il suspectait Aomine d'être celui qui l'entravait sur sa possession du passeur. S'il voulait l'éloigner du turquoise, c'était pour voir la réaction de ce dernier. Mais plus cette soirée passait, plus il doutait sérieusement que cela soit lui. En tout cas, une seule chose était sûre : ce n'était pas Momoi. Et il voulait avoir cette même certitude pour Aomine.

« Hé ! Midorimacchi n'est toujours pas revenu ! les appela Kise, On devrait peut-être voir où il est allé non, Akashicchi ?

- Il va revenir. Ne sois pas si inquiet Ryouta.

- Oui mais imagine qu'il se soit endormi quelque part ! » frissonna le blond

Le rouge soupira et lança un regard vers son rival.

« Nous reparlerons de tout ça plus tard. »

Finalement, tous suivirent le Rakuzan, le bleu fermant la marche.

« Est-ce que ça va Aomine-kun ?

- Ouais… » dit-il, ronchon

Kuroko haussa un sourcil et donna un coup de poing dans son estomac. L'As étouffa un cri.

« Argh… Tetsu !

- Je n'aime pas quand tu fais cette tête Aomine-kun.

- Moi je n'aime pas sa tête tout court ! plaisanta le mannequin

- Toi tu ne risques plus de reconnaître la tienne après le coup que je vais t'envoyer ! » grogna le bronzé

Kuroko eut un sourire satisfait.

« En fait, je viens d'y penser, mais c'est bientôt la fête des lycées non ? s'exclama Kise tout content

- En effet Ryouta. C'est le lycée Shutoku qui accueille dans quelques semaines.

- Ouais… j'ai pas envie d'y aller… bougonna Aomine, et toi Tetsu, tu y vas ?

- Oui. Hyuga-senpai et les autres y vont également.

- On va bien s'amuser ! sautilla le blond, viens Aominecchi !

- …Mouais… je verrais…

- …Tiens, c'est Midorimacchi là-bas ! »

A l'entente de son nom, le vert qui était dos tourné à eux, remonta son pantalon qui était baissé.

« Qu'est-ce que vous fichez ? Vous me suivez ? s'énerva t-il

- Euh, c'est plutôt à nous de te retourner la question Midorimacchi ! Qu'est-ce que tu fais ?

- Ne me dis pas que… commença le basané avec un sourire entendu

- Idiot ! Il n'y a pas de toilette ici ! Il faut bien que je me débrouille !

- Parce que à chaque fois que tu te barres c'est pour aller pisser ?

- C'est ce fichu thé ! Cette grand-mère m'en a fait beaucoup trop boire ! Et on ne peut pas dire que le whisky arrange ça ! Et toi, ça ne te le fait pas toi Kise ?

- Non. J'ai une vessie d'acier !

- Ben voyons… »

Voyant que personne n'esquissait un mouvement pour partir, Midorima soupira.

« Vous comptez rester là longtemps ? Vous pouvez me laisser un minimum d'intimité ? questionna le vert

- Pourquoi ? T'es complexé ? le taquina le dunker

- Dégage ! »

Akashi fut le premier à tourner les talons, un rictus sur les lèvres, suivit des autres juste après.

« Bien, nous allons continuer. C'est à mon tour. Tiens Ryouta » dit-il en lui tendant son téléphone

Au même moment, le shooter revint en remontant ses lunettes. Puis ils attendirent que le blond daigne parler. Ce dernier relisait plusieurs fois l'écran, pour être sûr que ce qu'il lisait était bien réel.

« Akashicchi tu… dois "Faire un strip-tease avec une bouteille d'eau"... »

Tout le monde dévisagea le concerné et explosa de rire. Même Aomine en perdit sa mauvaise humeur.

« Comme quoi, on trouve toujours une action pire que la sienne, remarqua Midorima en réprimant un sourire

- Alors là, je vois très mal Akashicchi réussir ! pouffa le blond

- Ce n'est pas le genre d'Aka-chin.

- Le jour où je verrais ça, une météorite s'écrasera sur Terre juste après, par la volonté d'Akashi qui ne voudra pas qu'on garde ça en mémoire ! se moqua l'As

- C'est comme l'action de Kurokocchi ! C'est tombé sur les bonnes personnes ! » ironisa le mannequin

Akashi fronça les sourcils. Est-ce qu'il rêvait où ils étaient carrément en train de se fiche de lui ? Il était évident que l'alcool influait beaucoup sur cet état d'esprit mais tout de même.

Très bien. Il était temps de les remettre à leur place.

Sans un mot, Akashi prit la bouteille et alla sonner, ce qui fit augmenter les rires des joueurs qui tentèrent pourtant de se calmer, sachant qu'ils couraient un grave danger en continuant ainsi. Mais un rictus apparut sur les lèvres du rouge.

Un son de clé derrière la porte se fit entendre et une dame apparut, souriante.

« Oui bons… »

Sa salutation se coinça dans sa gorge et son sourire se figea lorsqu'elle vit un adolescent sur son pavillon en train de déboucler sa ceinture de pantalon. Akashi la retira ensuite sans quitter la femme du regard, puis la fit tomber à ses pieds. Il glissa ensuite la fermeture de son blouson lentement et l'enleva d'un geste souple avant de le lancer au loin, se retrouvant en t-shirt. Les autres à l'arrière avaient cessé de rire et ouvrirent de grands yeux.

Akashi Seijuro était sérieusement en train de faire un strip-tease ?

Le rouge croisa ensuite ses mains au niveau inférieur de son maillot qu'il remonta doucement, laissant soin aux spectateurs d'admirer sans complexe son torse parfaitement musclé. A l'image du manteau, le t-shirt atterrit dans l'herbe. Toujours un sourire en coin, Akashi saisit la bouteille d'eau à ses pieds, l'ouvrit et versa son contenu sur sa tête, mimant de boire les quelques gouttes que sa langue arrivait à attraper. Le liquide trempa ses cheveux et descendit tout le long de son corps. Il passa sa main dans ses mèches folles et secoua la tête pour chasser le surplus d'eau. Les voyeurs étaient sidérés. Malgré toute l'eau présente, les cinq joueurs avaient la gorge sèche. Et Akashi ne s'arrêta pas là. Il commença à descendre la braguette de son pantalon mais la jeune femme poussa un cri en se mettant fortement à rougir et partit se réfugier chez elle en claquant la porte. Le Rakuzan retrouva son expression dure. Il avait été pourtant si près de gagner. A quelques secondes près. Pourquoi les femmes devaient-elles être gênées pour un rien ?

Les autres étaient si statufiés qu'ils ne captèrent pas tout de suite l'échec de leur ancien capitaine. Ce dernier, après avoir réuni ses affaires, revint vers eux et son visage reprit cette colère froide qui le caractérisait depuis le début de cette soirée.

« Je vous préviens, dit-il légèrement menaçant, que je ne vous reprenne plus à douter de moi. »

Ils hochèrent vaguement la tête sans le quitter des yeux. Ils durent admettre qu'Akashi était fort, très fort. Il n'avait rien fait de particulier durant ce strip-tease : il s'était juste déshabiller normalement, en s'attardant quelque fois sur les vêtements mais il n'avait en soi, rien fait de spectaculaire – si ce n'est de se renverser de l'eau sur lui-même. Akashi était resté le même et avait pourtant réussi à rendre cela incroyablement sensuel. Akashi restait Akashi. Même durant un strip-tease.

Le plus troublé fut sûrement Kuroko qui suivait malgré-lui une goutte qui perlait de la pointe de ses cheveux carmins jusqu'à la démarcation de son pantalon, avant de disparaître derrière le tissu noir. Les lèvres du rouge s'étirèrent d'un nouveau rictus en voyant le passeur se perdre dans sa contemplation. Tout n'était pas perdu. Mais bon, ça il le savait déjà. Quand il remarqua que son ex-capitaine le regardait, le turquoise détourna les yeux, gêné.

Quelques minutes après, chacun des joueurs reprit vie. Aomine fut le premier en riant de nouveau...

« Elle a dû te prendre pour un taré ! Qui peut bien vers minuit se déshabiller devant chez soi ? »

… avant de perdre sa bonne humeur.

« J'aurais dû le filmer… bougonna t-il

- On se serait cru dans la pub Coca-Cola française Akashicchi ! fit Kise avec des étoiles dans les yeux, j'avais l'impression d'entendre la musique derrière !

- Aka-chin a dû être un bon strip-teaseur dans une autre vie.

- Cette réincarnation-là, je ne la cautionne pas vraiment Atsuschi, reprit le rouge en fronçant les sourcils

- Tu as tenu presque deux minutes Akashi-kun, l'informa le turquoise

- C'est bien ce qu'il me semblait.

- Tu ferais mieux de te sécher Akashi-kun ou tu risques d'attraper froid. »

Il ne répondit pas et lança un œil vers le passeur qui lui, le regardait droit dans les yeux.

Pour toute réponse, il s'essuya avec son t-shirt, l'enfila légèrement humide et ferma bien son manteau par-dessus. Il but ensuite en se retenant de grimacer.

Le silence se fut entre les joueurs une fois l'adrénaline retombée. Le regard de l'Empereur fut attiré par le vert qui fermait les yeux, la tête entre les mains.

Puis soudain, le violet se leva en faisant une petite moue.

« Je veux encore du Whiskat !

- Crétin ! Whiskat, c'est une marque de pâté pour chat ! le rembarra Aomine

- Whisky, Whiskat ! C'est la même… HIC !... chose !

- Pas sûr qu'une fois en bouche tu dises la même chose…

- Allez, ne nous arrêtons pas dans le jeu. Shintaro, c'est ton tour. »

L'interpella rouvrit les yeux, légèrement agacé.

« "Déclare-toi à la personne qui sortira" »

Le shooter laissa un soupir s'échapper de ses lèvres. Finalement, cette action existait bel et bien, et elle était tombée sur lui en plus ! Il se leva difficilement.

« Tu as bien fait pipi avant de partir ? se moqua le bleu

- Idiot ! »

Bougonnant, il se rendit à la prochaine maison, complètement démotivé. Il n'avait absolument pas envie de faire cette action et voulait tout simplement retrouver son lit pour une bonne nuit de sommeil bien BIEN méritée.

Ce qui le surprit en premier lieu arrivé à la hauteur de la porte, c'est les éclats de rire qui y parvenait. Et voilà… un dîner de famille qu'il allait perturber stupidement… une chose dont il avait horreur.

Soupirant une nouvelle fois, il prit son courage à deux mains et sonna. La joyeuse agitation cessa et le cœur du vert tambourina un peu plus fort.

« Va ouvrir s'il te plaît mon garçon » fit une voix féminine

Et zut. Un garçon.

La porte s'ouvrit et Midorima se racla la gorge, prêt à se lancer sur un monologue sur l'amour fleur bleue qu'il avait lu dans un livre. Mais sa salive s'étrangla dans sa gorge.

Et cela était de même pour celui qui venait d'ouvrir la porte.

Ce n'était pas vrai.

Le cauchemar recommençait.

« T..AKAO ?

- Shin-chan ? »

Lequel des deux avait l'expression la plus épique ? Bonne question ! Et aucun des joueurs cachés ne pouvait répondre puisqu'ils étaient tous écroulés de rire par terre.

« C'est une blague ! s'exclama le vert, c'est pas à toi que je vais devoir dire ça !

- Me dire quoi ? fit ce dernier encore surpris de le voir devant sa porte

- Tu ne m'avais pas dit que tu allais chez quelqu'un dans le coin !

- Tu ne m'as pas posé la question non plus Shin-chan ! sourit le brun, tu voulais que je te dépose dans les environs, et pour une fois, ça m'arrangeais bien car ma tante m'avait invité chez elle. Mais je n'aurais jamais cru te voir ici ! »

Le superstitieux se pinça discrètement. Aïe ! C'était bien réel… hélas… Il y en avait pourtant des maisons, et il fallait qu'il tombe sur CELLE-LA avec CETTE action !

Un raclement de gorge du fin fond de l'obscurité lui rappela son objectif premier.
Ce n'est pas possible. Il était maudit ! Il n'avait pas choisi un ballon de plage assez grand !

Le Shutoku inspira un grand coup et ferma les yeux, pour ne pas voir l'autre en face se marrer.

« Je ne te connais pas, répéta t-il plusieurs fois, je ne te connais pas…

- Qu'est-ce que tu racontes Shin-Chan ? Je ne comprends rien à ce que tu dis. Et encore moins ce qu'il se passe. »

Puis Midorima expira, gardant toujours les yeux clos. Il ne devait pas reculer. Et heureusement que l'enveloppe bien alcoolisé de son cerveau l'aidait à ne pas trop réfléchir à la question.

« Dès que je vous… vous ai vu, je suis tombé… amoureux de vous…

- HEIN ? » s'écria l'adolescent devant lui

Est-ce qu'il était vraiment en train de dire ça ? A Takao ?

Chaque mot prononcé lui arrachait la gorge.

« Kazunari ? Qui est-ce ? interrogea une voix à l'intérieur

- Hein ? Euh… personne ! Deux minutes ! » dit-il en fermant la porte derrière lui

Non ! Pas deux ! Trois minutes ! Trois petites minutes de rien du tout… c'était tout ce que Midorima désirait.

« T'as bu Shin-chan ? » se marra le faucon

D'une voix robotique, le vert lui sortit ce qu'il avait lu dans un bouquin, le rouge aux joues. Tant pis, il n'allait pas changer les phrases exprès pour Takao. De toute façon, il était loin de les penser.

Il se lança.

« Quand je vous ai vu dans la rue…

- On s'est rencontré au club de basket mais c'est pas grave…

- … avec vos longs cheveux blonds…

- Je sais que t'as besoin de lunettes Shin-chan mais je te pensais pas miro à ce point !

- … j'ai trouvé votre voix si douce...

- Hum hum…

- … Et quand je regarde le soleil…

- Tu y arrives toi ? Moi après je vois pleins de tâches partout !

- … et que je vois votre visage…

- Et bin ! Je te plains Shin-chan, déjà que tu le vois tous les jours, alors en plus si tu le vois dans le soleil…

- … Je ne peux m'empêcher de le trouver… magnifique »

Taka se mit à tousser et réprima tous les gloussements qui voulaient s'y échapper. Midorima se faisait violence pour continuer, tendu comme un string.

« Votre visage m'apparaît aussi sur la lune…

- Quand je te dis que tu as pas de chance Shin-chan ! Je t'obsède à ce point ?

- Cela fait ressortir votre caractère enchanteur…

- Je te le ressortirai à chaque fois que tu te plains que je ris alors !

- Je n'ai pas cessé de me retourner à chaque fois que je vous voyais…

- Tu me lançais plutôt des ballons dans la tronche au début… enfin, c'est une question de point de vue j'imagine… »

Là, Midorima n'en put plus et ouvrit les yeux, énervé, et vit son coéquipier avec un grand sourire moqueur qui s'amusait bien à détourner tout ce qu'il pouvait dire.

« Takao, je te hais.

- Je me disais bien que la description ne me correspondait pas » fit-il faussement

Puis il rit en se tenant le ventre. Mais qu'est-ce que le shooter avait fait à Oha-Asa pour mériter ça ? Il se le demandait…

Le brun essuya une larme au coin de son œil et releva son visage près de son coéquipier, à quelques millimètres du sien.

« Tu ne veux pas m'embrasser Shin-chan ? Après tout, tu viens de te déclarer donc je t'y autorise ! »

Il avait dit ça sur un ton peu sérieux mais ces mots et son souffle sur sa peau suffit à faire rougir le tireur qui recula instantanément et remonta ses lunettes, gêné.

« Ne dis pas de chose pareille Takao ! »

Il pouffa.

« Tu sais bien que je vais raconter tout ça aux autres demain hein ?

- Si tu fais ça, tu meurs.

- Tu m'aimes trop pour ça Shin-chan ! rit-il

- Rêve.

- Tu veux rentrer ? continua le plaisantin en ouvrant la porte, que je te présente à ma famille alors ! Ça va se terminer par un mariage tout ça ! Autant que tu les rencontres maintenant ! »

Ce qui fit reculer le superstitieux d'un pas de plus.

Takao avait remarqué que dernièrement, son compagnon de terrain avait tendance à prendre plus ses distances avec lui quand il le touchait malencontreusement. Et ce qu'il voyait ce soir ne pouvait que confirmer tout ça. Ce n'était pas le fruit de son imagination. Des petites rougeurs très légères coloraient ses joues. Il fallait être très attentif pour le voir mais avec les yeux du brun, ce n'était pas un problème.

« Comme tu veux Shin-chan ! Repousser l'échéance n'est pas la solution, s'esclaffa t-il

- Au revoir Takao. termina t-il d'une voix froide

- Donc tu veux pas me dire qu'est-ce que tu fiches ici ? J'imagine que c'est pour la soirée d'Akashi que tu m'as dit touuuus ces mots doux ? Comme on est dimanche soir. »

Il ne répondit pas et se dirigea assez rapidement vers des buissons hors de la vue du brun, qui lui faisait de grands signes d'au revoir avec un « A demain Shin-chan ! » qui sonnait presque comme une menace aux oreilles du vert. Quelque chose lui disait que demain, il en entendrait encore parler de cette action…

Quand il s'intéressa enfin à ses ex-camarades, il vit que seulement trois d'entre eux restaient encore debout, le sourire aux lèvres. Il se tourna alors vers les deux autres effondrés sur le sol.

« Ils dorment ?

- Murasakibara s'est endormi avant même que tu touches la porte et Kise s'est écroulé de fatigue à force de rire. On a même cru qu'il avait fait une crise cardiaque, je te raconte pas le flippe ! lui expliqua Aomine

- Et moi, qu'est-ce que je devrais dire ? Quand j'ai vu Takao devant moi…

- Tu as été courageux Midorima-kun.

- Et tu as tenu plus de cinq minutes, ce qui fait de toi le record en temps de la soirée pour le moment.

- Au moins, j'aurais gagné le droit de ne pas boire, soupira t-il en s'asseyant

- Justement… »

Evidemment.

« Justement, reprit le rouge, ta déclaration n'était pas vraiment en adéquation avec Kazunari. Blonde, voix douce… je doute que tout ceci soit conforme à la réalité. Pour la lune et le soleil, ça, chacun ses fantasmes donc je veux bien te croire…

- Bien sûr que non ! s'égosilla t-il avant de renoncer, voyant bien qu'Akashi jouait exprès avec ses nerfs

- Donc je donne un avis tranché : nous buvons tous. Comme ça, tout le monde y trouve son compte.

- … Ou pas. » marmonna le bleu

Ne voulant désobéir à l'Empereur, les survivants obéirent néanmoins.

« Du coup, on ne peut plus se déplacer… grommela Aomine, légèrement sonné, avec ces deux-là endormis, ça va être dur de bouger.

- Nous allons les tirer par les pieds.

- Et c'est dans ces moment-là où je suis heureux d'être encore debout » ricana l'As

Akashi et Midorima tirèrent Kise, et Aomine et Kuroko le géant du groupe.

« Heureusement pour eux qu'on est sur de l'herbe ! Le goudron les aurait défiguré, se moqua le baraqué

- Et Kise nous aurait cassé les oreilles, une fois encore, continua le shooter

- Nous allons chercher des maisons où de la lumière apparaît aux fenêtres, ordonna Akashi

- Et bah on n'a pas fini alors… maugréa le bronzé

- Aomine-kun… prononça faiblement le passeur

- Qu'est-ce qui a Tetsu ?

- Depuis quand as-tu un frère jumeau ?

- Un frère jum… hé ho ! Pour une fois que je ne veux pas que tu t'écroules Tetsu ! Qui va m'aider à porter Murasakibara sinon ?

- Nous sommes en plein effort, expliqua Midorima. Notre cerveau a donc besoin de plus d'oxygène, de plus d'apport de sang… et donc on génère plus d'alcool.

- Merci Docteur OSEF !

- Idiot comme tu es, je t'explique ! Un peu de culture ne te ferait pas de mal.

- Midorima ! »

Soudain, un bruit sourd dévia tous les regards : Akashi venait de se ramasser par terre, après avoir trébuché sur une racine.

Aomine mourrait d'envie de rire mais pensa à sa vidéo honteuse et cela le calma instantanément. Midorima s'asseya tout simplement, déjà fatigué de traîner le corps du blond sur quelques mètres.

Sauf…

Sauf Kuroko qui se mit à rire. Cela fit sursauter tout le monde. Voilà déjà deux-trois soirées que cela ne lui était plus arrivé et cette mélodie manquait aux joueurs, ils durent l'avouer. Et puis le vert et le bleu ne pouvait pas blâmer le plus petit de rire. Il était tellement rare de voir Akashi maladroit. Chaque alcool avait des effets surprenants en fonction des joueurs.

Akashi, lui, était partagé entre une envie de sourire et de meurtre. Il s'était déjà relevé à la vitesse de l'éclair et s'approcha dangereusement du turquoise. Mais Aomine vint se mettre entre eux et un éclat inquiétant brilla dans l'œil doré du rouge.

« Eloigne-toi Daiki.

- Non.

- Tu… »

SBAAAAANG !

Le Rakuzan s'effondra, sous le regard choqué du bleu. Lorsque son ex-capitaine eut touché définitivement le sol sans se relever, c'est là où il vit Midorima, les mains figées, montrant clairement qu'il avait tenu quelque chose dans la main.

L'arme du crime n'était autre que le ballon de plage qui avait glissé des doigts du vert.

« Je… je te jure qu'il m'a échappé des mains ! se justifia t-il directement

- Tu diras ça à Akashi quand il se réveillera ! s'esclaffa l'As en tentant de rattraper Kuroko qui commençait à jouer avec le ballon

- Il ne va peut-être pas s'en souvenir… Kuroko, rends-moi ça, dit-il en lui arrachant des mains

- Midorima-kun n'est pas gentil, bouda t-il en s'asseyant par terre

- On parle d'Akashi, sourit Aomine

- Tu ne vas tout de même pas lui dire ! fronça des sourcils le shooter

- Je ne sais pas, sifflota le bronzé, si tu me dis ce que ce sont dit ces deux-là la semaine dernière, je saurais peut-être tenir ma langue. »

Midorima contenait sa colère du mieux qu'il pouvait. Aomine pouvait vraiment être obstiné quand il s'y mettait. Le tireur regarda son ballon puis Akashi. Ce n'était pas possible, il avait dû se tromper de signe astrologique en écoutant ce matin et prit le mauvais objet du jour.

« … mmh… entendu, dit-il en remontant ses lunettes, ai-je vraiment le choix de toute façon ? Mais sache qu'il est hors de question que tu répètes quoique ce soit, ni ce que je vais te dire, ni de ce que je viens malencontreusement de faire.

- Ouais… bon allez ! »

Ils jetèrent un œil vers le passeur qui se rendait à quatre pattes vers le corps d'Akashi et tâtait son bras comme le ferait un enfant de six ans pour voir si la personne était vivante.

« Akashi-kun est mort ?

- Si seulement… » bougonna Aomine pour lui-même

Puis Midorima commença.

Au fur et à mesure du récit, le visage du bleu s'éclaira, jusqu'à finir par un grand éclat de rire.

« Quoi ? Tetsu a mis un râteau à Akashi !?

- Ce n'est pas un râteau à proprement parlé, lui rappela le vert, je te signale qu'Akashi ne lui a jamais dévoilé ses propres sentiments. Je pense qu'il veut juste posséder Kuroko. Je ne sais même pas s'il y a de l'amour derrière tout ça…»

Mais l'As ne l'écoutait déjà plus. Il avait l'impression que la nuit devenait beaucoup moins noire, et qu'un vent le faisait frissonner d'excitation.

Kuroko n'aimait pas Akashi. N'était-ce pas la plus belle nouvelle de tous les temps ? Il comprenait bien maintenant pourquoi ce dernier avait eu un caractère aussi infecte de la soirée, plus qu'à la normale !

Alors… cela voulait-il dire que… c'était lui ? Il avait ses chances ?

Midorima soupira. Lui qui ne voulait pas se mêler de leur affaire, voilà qu'il y avait été obligé, contraint et forcé.

« Hé Tetsu, c'est qui que… »

Mais le passeur s'était assoupi, la tête sur celle du rouge, leur cheveux entremêlés. Même leur corps vibraient à l'unisson à travers leur respiration. Cela ne plut pas au bleu qui décida d'aller les séparer. Il avait une photo finish à prendre tout de même ! Hors de question de donner de faux espoirs à Akashi en lui montrant leur posture, n'est-ce pas ? Hum… Et de toute façon, s'il déplaçait qu'un corps, cela ne se verrait pas et Midorima ne le cafterai pas.

Kuroko était le plus léger et le plus facile à porter. L'ancienne Lumière posa ses mains de part et d'autre de sous son corps afin de le soulever. Se sentant remué dans son sommeil, Kuroko fronça les sourcils et agrippa sa poigne gauche. Ce fut au tour d'Aomine de froncer les sourcils, sentant quelque chose alourdir le passeur. En effet, ce dernier avait attrapé dans sa léthargie, les cheveux du Rakuzan et semblait de pas vouloir les lâcher.

« Midorima ! Tu peux venir me donner un coup de main ? »

Rien. Si ce n'est les ronflements des autres. Et un en plus qui venait se rajouter.

« Bon, je crois que pour le coup de main, je peux me brosser… »

Aomine jura et tenta de délier ses doigts, un par un. C'était plutôt difficile d'une seule main, puisque l'autre portait tout le poids mort de l'homme invisible.

« Allez… lâche-ça bon sang ! »

Miracle ! Sur le coup, le bronzé fut tenté de jeter le passeur sur le sol, et ne pas prendre la peine de le déposer avec douceur. Mais bon, il s'abstint.

Il se leva et fit un tour d'horizon. Tout le monde était K.O.

« Je vais donc bien la faire cette photo finish ! sourit-il, Enfin ! »

C'est vrai quoi ! Depuis le temps qu'il rêvait de gagner une soirée, voilà que son vœux était exaucé !

« Je dédicace ma victoire à Midorima qui – sans sa poisse de l'extrême ce soir – serait encore debout, et Akashi aussi ! » plaisanta t-il à voix haute

Puis il se souvint d'un détail et fonça près du corps du rouge et fouilla dans ses poches.

Bingo !

Son téléphone.

« Merde… c'est quoi son code ? »

Il tapota plusieurs fois, essaya plusieurs tentatives mais en vain et le téléphone finit par se bloquer. Il jura une nouvelle fois. Bon. Il n'avait plus qu'à essayer de le planquer quelque part… mais où ?

Un bruit d'eau au loin le fit sourire. C'est vrai qu'il y avait un fleuve dans les environs.

Le dunker serra fortement le mobile dans sa main et l'envoya de toutes ses forces de l'autre côté. Un « plouf » l'averti qu'il était bien arrivé à destination.

« J'aurai qu'à lui dire qu'il l'a perdu en tombant, marmonna t-il en haussant les épaules avant de sortir le sien, Et puis même. Je préfère qu'il me tue plutôt que de me taper la honte… »

Il prit en photo la petite troupe et une bonne vingtaine de lui seul, puis de lui avec les autres en arrière-plan pour bien montrer qu'il était le vainqueur ce soir avec des poses très égocentriques. Et soudainement, une idée lui passa dans la tête. Dévoilant un sourire féroce, il alla près du corps d'Akashi, posa un pied sur son buste et prit une pose de légionnaire vainqueur au combat. Il explosa de rire en voyant la photo. Mais bien sûr, celle-ci n'irait jamais sur Facebook. Mourir, d'accord, mais le plus tard possible. N'empêche que celle-ci allait finir dans un album secret et gardé en plusieurs exemplaires pour être sûr de ne jamais l'effacer par erreur. Il en prit d'autre aussi, que, si Akashi les voyait, aurait sûrement assassiné Aomine sur place. Sa fierté était vraiment mise à mal sur ces photos.

Le basané se dirigea vers son Ombre, et hésita une seconde à le réveiller afin d'avoir le nom tant désiré. Mais bon, s'il n'avait pas voulu le donner à Akashi de force, il n'allait certainement pas le lui dévoiler à lui de bon cœur.

Il se leva ensuite et il se rendit seulement compte dans quelle galère il était, la joie étant passée.

« Non mais sérieusement ? Je fais comment pour ramener tout le monde moi-maintenant ? Je fais un feu de camps en attendant qu'ils se réveillent ou quoi ? »

Aomine avait certes gagné, mais il aurait préféré être dans le salon d'Akashi, surtout qu'il commençait à avoir très froid sans l'alcool et l'adrénaline pour le réchauffer.

« Je déteste ces soirées… » bougonna t-il


Mot de la fin : Et voilà, encore un autre de fini ! Alors, comment l'avez vous trouvé ? Pas trop long ? (Je m'inquiète toujours quand il s'agit de long chapitre comme ça). Si vous avez trouvé des fautes, encore une fois, je suis désolée, mais je vais me relire très rapidement afin que cela ne gâche pas trop la lecture ! Concernant le prochain chapitre, je ne sais absolument pas non plus quand il va sortir, plus tard que celui-ci sûrement :/ mais comme vous le voyez, même si je reste silencieuse durant un long moment, j'écris toujours !

Je vous fais de gros bisous en tout cas ! Et n'hésitez jamais à me donner votre avis ! Il me motive quand je suis las d'écrire, quand je me dis que ce que je fais est nul... bref, durant tous ces petits moments tristounets de l'écriture, ma motivation revient grâce à vous ! Et cela me permet de savoir où est-ce que je dois progresser !

Je vous remercie de votre lecture !