Disclamer : Les personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki. Je ne touche pas d'argent en écrivant cette fic.

Remerciements : Je suis désolée de vous avoir répondu si tard pour certains, mais sachez que je suis toujours touchée par vos reviews :3 Vous n'imaginez pas la joie de voir entre deux connexions un petit mot gentil sur sa fic ! Soyez sûr à chaque fois que je vous répondrais, même si cela est tardif. Un grand merci à tout le monde qui m'a motivé durant ce mois de juillet ! Vous êtes géniaux ! Vous êtes extraordinaire, merci de votre hâte de lire la suite !

Voilà enfin vos réponses à tous vos si adorables commentaires ! Je ne vous remercierai jamais assez ! (Attention, « Merci beaucoup » est le leitmotiv d'AnotherSeason :p)

Eyra : Olàlà ! Merci beaucoup ! :3 Je vois que mes chapitres te plaisent beaucoup et j'en suis vraiment heureuse ! Un génie ? Oulà, je ne pense pas ! :) J'ai vraiment été inspirée pour ce chapitre, je l'avais dans la tête depuis un petit moment et j'avais hâte de l'écrire ! Tous tes compliments me vont droit au cœur ! Merci beaucoup d'avoir pris le temps - et le courage - de poster une petite review, je suis touchée ! :3 XD oh non non, pas la statue devant chez moi, ça, ça me ferait flipper ! :p Encore un grand merci !

Guest : Merci beaucoup ! C'est très gentil ! :3 Hé non désolé, Akashi n'a pas embrassé Kise ! :p J'espère que la suite te plaira tout autant ! Encore merci !

Payetonchampagne : Coucou ! :) C'est vrai, c'est vraiment vrai, j'ai pleuré devant ta review. Je suis quelqu'un de très sensible (un peu trop parfois) qui ressent les choses fort au fond de moi. J'espère oui ne pas te décevoir dans la suite, on ne sait jamais, je peux enchaîner plusieurs chapitres mauvais (cela me stress rien que d'y penser !). Concernant tes hypothèses, elles sont intéressantes ! :) Je ne peux évidemment pas les valider ou les rejeter mais j'adore toujours les lire ! Car votre point de vue sur l'histoire est très important ! Pour Midorima, il n'a pas trahit l'Empereur pour le ballon de plage en soit mais par la peur de représailles si Akashi savait que c'était lui qui l'avait assommé par sa maladresse. Hé hé non, l'alcool n'aide pas Midorima à garder un bon vocabulaire ! :p Aomine quant à lui, n'a pas fait dans la dentelle avec le téléphone d'Akashi ! Directement à l'eau ! Il en mourrait si cette vidéo tombait dans les main de son lycée ! Et les passages avec Kuroko et ses actions m'ont beaucoup plu à écrire ! Le pauvre, il est pas gâté ! Je suis très contente que ces passages te plaisent également ! La petite scène fin m'est venue je-ne-sais-comment mais oui, je l'ai trouvé très mignonne aussi ! :) Je te remercie grandement pour ta longue review qui me touche énormément, ton engouement me fait sauter de joie, et je te remercie en plus d'avoir pris le temps de l'écrire malgré ton mal de gorge et tes examens (qui d'ailleurs, se sont bien passés j'espère !). Si ma fanfic te donne de la motivation, tes reviews le sont tout autant pour moi ! :3 Je te remercie encore beaucoup beaucoup ! Bonne continuation à toi aussi !

barcelonao : Merci pour ta review ! :D D'accord, je note que toi aussi tu aimes les chapitres longs, c'est toujours bon à savoir ! :) Kuroko et Akashi, c'est tout un parcours du combattant ! :p Hé oui, j'aurai dû prévoir qu'il y avait des risques d'hémoragie nasales en lisant ce chapitre ! :p Aomine peut être surprenant ! XD Midorima a une petite vessie oui :p, et ce moment de déclaration… j'ai adoré l'écrire ! Et Murasakibara n'est pas si crétin que ça pour une fois :p Kise travaille chez Domino's Pizza si tu le cherches ! :p En tout cas, merci beaucoup pour ton commentaire qui me fait très plaisir ! J'espère que le chapitre 9 te plaira aussi ! :D

POULPY : Je suis contente d'avoir pu te faire dormir avec le sourire alors :) C'est moi qui te remercie !

Besouten : Merci beaucoup ! :3 Oui il y en a un peu dans celui-là, ils apparaissent et disparaissent selon les chapitres :p

Enimie : Ahah ! Tu n'es pas la seule à me dire ça ! :p Et bien cela me fait très plaisir de voir que tu as ris – comme beaucoup – à ce chapitre et aux autres. J'espère qu'il en sera de même pour les suivants ! Merci beaucoup !

melissa : Oh que oui, il en a de la chance le Kuroko ! :p Merci !

shaniah88 : Je suis très contente que tu aimes ma fic alors ! Merci ! :D

Guest : Olàlà, merci beaucoup ! C'est tellement gentil ! :3 du pur bonheur ? Vraiment ? Et merci de me dire que leur caractère sont respectés, car c'est ma plus grosse crainte lorsque j'écris ! Ca me rassure toujours d'entendre qu'ils sont semblables aux vrais. Merci beaucoup ! :3 Concernant les autres chapitres, c'est possible ! )

Estelle : Bienvenue sur ma fic ! :) Merci beaucoup ! Et oui, je trouve aussi que ce dernier chapitre avait plus de level que les autres aussi ! :p C'est un de mes préférés si ce n'est pas « the » number one. Oui, il y a une histoire derrière que j'amène, même si les divers jeux sont aussi plaisants à lire. J'aime bien lier tout ça et je suis contente que cela te plaise aussi :) Je prends bonne note de tes préférences pour Kuroko, c'est toujours intéressant de voir les goûts de chacun ! :) Le chapitre est de sorti ! J'espère que tu ne t'ennuies plus et surtout qu'il va te plaire malgré la différence de niveau entre lui et le dernier parut :/ PS : Je vais essayer, merci beaucoup, c'est très gentil de ta part ! Encore un grand merci Estelle !

Koneko : Woah ! Merci beaucoup ! :D Ta review est si… détaillée et surtout si claire ! C'est tellement gentil ! Tu expliques tellement bien ce que parfois j'essaye d'expliquer ! C'est comme si tu avais décortiqué ma fic ! Je ne peux que te remercier davantage ! Je suis heureuse en tout cas de voir que mon histoire te plaît ! Cela me fait immensément plaisir ! Pour l'affirmation, je ne dis rien ! ) Merci aussi pour ton avis sur la longueur des chapitres, et également pour ton aide proposée si une panne d'inspiration venait me prendre au dépourvue ! :) Merci merci beaucoup pour toute ta gentillesse et tes encouragements ! Et d'avoir pris le temps de poster une review !

Cindy : Merci beaucoup ! Je suis contente qu'elle te fasse rire ! :D Merci pour le compliment :3

Sab : Ah oui ? Cela faisait longtemps que tu attendais la sortie de mon chapitre ? C'est vraiment gentil ! :3 Cette scène a fait beaucoup parlé ! :p Merci beaucoup !

Taeh : Olàlàlà ! Du respect pour moi et mon travail ? Mais ça me touche tellement ! J'essaye vraiment d'être proche du réel, et je ne sais même pas où est-ce que je pioche tout ça. Mon imaginaire travaille énormément, je n'ai pas d'autre explication ! :p C'est tellement adorable tout ce que tu me dis ! J'ai peur de décevoir du coup ! Quand je reçois un si gentil commentaire, ça m'effraie toujours de penser qu'on peut décevoir la personne ! J'espère que ce ne sera pas le cas ! Je croise les doigts pour cela ! Tu es pour le AkaKuro depuis le début ? C'est bien, tu restes fidèle à toi-même ! Oh que oui le passage avec Takao est épic ! :p Je vais essayer de continuer à vous faire rire ! Un grand merci à toi Taeh !

chrome dokuro : Coucou ! :) Cela me fait très plaisir de voir que tu aimes ma fic ! Je n'ai pas posté depuis… un mois et demi si je me souviens bien. C'est vrai que ça fait un peu beaucoup, et moi-même étant une lectrice assidue de certaine fic, je comprends la frustration quand on attends impatiemment la suite et qu'elle n'arrive pas rapidement. C'est tellement gentil ! Si ma fic t'obsède à ce point, c'est qu'elle doit vraiment te plaire alors, j'en suis touchée ! Tu n'as pas à t'inquiéter, je n'abandonnerai jamais cette fic ! :) Mais merci beaucoup de ta sollicitude ! Ce sont des passages épics oui tous ceux que tu as cité ! :p Encore merci !

Ununbium : XD je pense que ça va être difficile ça ! :p Ce n'est pas grave ne t'inquiète pas, c'est déjà très gentil de ta part d'avoir posté un petit commentaire ! Merci ! :)


Mot du début :

Et voici ce chapitre trèèèè[...]èèès en retard, et je m'en excuse. Je travaille à pleins temps durant ces deux mois de vacances et le temps libre… et bien je n'en ai plus, ou très peu :/ La preuve, je n'ai toujours pas vu le dernier épisode de la saison 3 ! Sachez en tout cas que je continue toujours d'écrire cette fic quand j'ai le courage et quand je peux. Je n'en écris aucune autre à côté donc elle reste ma priorité. Je voudrais aussi vous préciser que ce chapitre doit forcément être moins bien que le précèdent puisque la comparaison risque d'être sévère mais j'espère quand même qu'il vous plaira :) Ce chapitre 9 se situe au-dessus de la moyenne au niveau du nombre de mots : environs 13 000 (un chapitre normal fait 8 000 - 9 000 mots). Mais bon, la longueur ne fait pas la qualité, loin de là, donc je vous laisse juger par vous-même : )

Je vous remercie énormément pour votre soutien, j'ai été très positivement surprise par le nombre de review sur le dernier chapitre. Vous m'avez comblé de joie ! J'espère vous rendre cette joie à travers mes chapitres :3 Sans vous, je ne serai rien ! Vous êtes mon moteur d'écriture !

Bonne lecture !


« ATCHA !

- A tes souhaits Akashicchi !

- A tes souhaits Aka-chin.

- Merci. »

Ce dimanche soir, l'Empereur s'était installé devant la majestueuse cheminée de son salon, où crépitaient quelques bûches pour l'occasion, étant donné que son propriétaire était bien mal en point. Kise avait bien mis une couverture sur ses épaules, mais le pauvre Akashi restait malade comme un chien. Et ça depuis une semaine.

« Tu sais qu'on aurait pu annuler la soirée, au moins pour ce soir-là, lui fit remarquer Midorima

- Il… n'y a… pas… ATCHOUM… d'exception Shintaro.

- A tes souhaits Aka-chin.

- A tes souhaits Akashicch…

- Ouais bah c'est bon ! Vous allez pas le lui dire toutes les trente secondes ? Ça fait bien une vingtaine de fois depuis que vous êtes ici ! Ça va pas durer jusqu'à la fin, je vous préviens ! » râla le basané

Midorima soupira. Akashi ne changera jamais. Leur ex-capitaine avait beau avoir une fièvre de cheval, il ne voulait pas aller sagement se reposer comme le ferait une personne normale.

« Au moins, ce qui me rassure c'est de voir que tes microbes aussi sont absolus Akashicchi ! » plaisanta le blond

Le rouge le regarda mauvais. Oulà ! La maladie n'aidait pas à le dérider.

« C'est la faute de Mine-chin si Aka-chin est dans cette état.

- Ah ouais ? Et comment tu voulais que je fasse pour tous vous ramener ? En balais magique ?

- Les vannes sur Harry Potter, c'était la semaine dernière Aominecchi.

- Tu pouvais appeler un taxi Mine-chin, lui fit remarquer le géant

- Ben voyons ! Et pourquoi pas louer un Vélib' pendant que tu y es ? Moi au guidon, Akashi dessus, Kuroko sur mes genoux, Kise sur la roue arrière et Midorima debout en équilibriste sur ses cuisses ! Sans oublier toi assis sur mes épaules bien sûr !

- J'imagine bien la scène, pouffa le copieur

- Une vrai bande de clown… pour changer… soupira le lunetteux de désolation

- Mine-chin se moque de moi. Moi je préfère le taxi. Les sièges sont confortables et on peut grignoter.

- Bien sûr ! Et j'explique au chauffeur que si les cinq autres sont dans un état de larve c'est parce qu'on s'est bourré la gueule toute la soirée ? Alors qu'on est tous mineurs ?

- Je suis sûr qu'il aurait compris si tu lui aurais dit gentiment.

- Bon… je ne parle plus avec toi Murasakibara, ça m'énerve déjà ! »

Kuroko qui n'avait rien dit jusqu'à lors, s'approcha du Rakuzan qui était assis par terre, devant le feu.

C'était étrange pour les joueurs de le voir comme ça. Akashi n'était jamais tombé malade durant le collège, si bien qu'en fin de la dernière année à Teiko, tous se demandaient si leur chef avait déjà eu un rhume au moins une fois dans sa vie. Ce côté invulnérable jouait aussi beaucoup sur son image de personnalité indestructible. Rien ne semblait l'atteindre. Et là, c'était comme voir chuter devant leur yeux un espèce de Dieu, un personnage mythique. Le masque de la Légende invincible tombait une fois de plus : Akashi était humain ! Il avait la grippe ! Et comme avec sa défaite contre Seirin, ce devait bien être la première fois pour l'Empereur ! Ce dernier masquait difficilement ses tremblements sous la couverture, son teint était très pâle, presque à l'identique de celui de Kuroko si ce n'est plus. Il respirait difficilement et des mèches carmines venaient se coller à son front trempé de sueur. Mais cependant… Akashi gardait toute sa superbe et sa supériorité. Il luttait tant bien que mal contre la maladie, ne voulant se montrer faible devant ses anciens coéquipiers. Tout le monde en étant bien conscient mais ne firent aucune remarque. Après tout, c'était tout à son honneur.

Lorsqu'il vit l'ombre du turquoise sur lui, et malgré sa position d'infériorité, il leva ses yeux fatigués avec condescendance.

« Tu t'inquiètes pour moi Tetsuya ? fit-il avec un rictus amer

- Oui. Akashi-kun aurait dû mieux s'essuyer après avoir fait son strip-tease.

- Je ne pensais pas passer la nuit dehors, rappela t-il dangereusement

- Je t'ai déjà dit que j'étais désolé ! s'exclama une voix agacée derrière lui

- Heureusement que tu n'es pas allé en cours de la semaine Akashicchi ! Ton état aurait pu empirer ! Cette méchante grippe à l'air de s'accrocher !

- Le docteur de ma famille a dit qu'il n'était pas la peine de s'inquiéter Ryouta. Ce n'est pas ça qui va me tuer.

- … et c'est bien dommage… marmonna la même voix

- … Bien. Il est temps de commencer. »

Il se leva avec difficulté, renonçant à la main tendue du passeur pour le soutenir. Sa tête se mit à tourner une fois debout et il manqua de tomber. Kuroko le saisit par les épaules mais le rouge se dégagea de son emprise, montrant clairement qu'il n'avait pas besoin d'aide.

« Je ne suis pas faible Tetsuya, dit-il en le fusillant du regard. Je n'ai besoin de personne. »

Kuroko soupira.

« Mettons-nous tous en cercle. Ce soir, nous ferons un jeu calme si je puis dire. Ces derniers temps, nous avons été plutôt actifs.

- Surtout la semaine dernière ! râla le bleu, C'était carrément n'importe quoi !

- De quoi tu te plains ? Tu as gagné non ? lui rappela le vert, depuis le temps que tu attendais ça…

- Ouais bah j'aurais préféré que ça soit ici !

- Mine-chin n'est jamais content.

- Bien dit Murasakibara pour une fois.

- Hé ho vous deux !

- En tout cas, on bien vu que c'était toi sur la page Facebook Aominecchi ! Vu les têtes que tu tirais, on voyait que tu étais content !

- Et Aka-chin a encore perdu » commenta Murasakibara en mangeant un sablé

Evidemment. LE point à ne pas soulever de la soirée, le géant l'avait fait en quelques minutes à peine.

« A ce propos Daiki… »

Gloups.

« … que s'est-il passé pendant notre discussion ? Et ne me mens pas. Je me souviens parfaitement d'avoir été lucide pendant que nous parlions. »

Rapidement, il échangea un discret coup d'œil avec Midorima qui lui intima de se taire.

« Euh… tu as trébuché… inventa t-il, tu t'es étalé de tout ton long et…

- Ça, c'était avant, l'interrompit-il froidement.

- … mais je ne sais pas moi ! s'énerva t-il, tu t'es écroulé d'un coup et puis c'est tout !

- Tu me mens Daiki. Et c'est étrange que mon téléphone soit également « tombé » comme par hasard durant ma chute. A moins que « quelqu'un » n'est voulu supprimer « quelque chose » d'embarrassant qui se trouvait dedans, et c'est pour cela que ce « quelqu'un » en a profité pour m'assommer. »

Là, le vert lui envoya une œillade interrogative. Il n'était pas au courant de la disparition du portable du rouge. De son côté, Aomine savait qu'il était mal barré. Voilà qu'Akashi le soupçonnait de l'avoir délibérément assommé ! Alors qu'il protégeait gracieusement Midorima, voilà que ça lui retombait dessus…

Bon ok, le coup du téléphone, c'était bien lui par contre.

« Pourquoi est-ce que j'ai l'impression que ces soirées deviennent des règlements de comptes ? soupira Kise

- Parce que c'est le cas crétin ! » répliqua le bleu, agacé de cette remarque inutile

Aomine se défendit encore durant quelques minutes mais il savait qu'au fond de lui, cela ne servait à rien. Akashi avait compris. Pour le téléphone du moins. Et s'il n'agissait pas ce soir car il n'était pas en forme, il n'allait pas hésiter à le faire la semaine prochaine. Un frisson le parcourut. Qu'est-ce qu'il allait déguster la prochaine fois…

« Quel est le programme ce soir ? » demanda le superstitieux pour changer de conversation

Akashi rabattit la couverture un peu plus sur ses épaules.

« Nous allons jouer au Bizkit. Il s'agit d'un jeu très simple et populaire en soirée. Vous avez déjà dû le rencontrer n'est-ce pas ?

- Ouais… quand je faisais encore des soirées au début de l'année… quand j'avais ENCORE une vie sociale…

- Parce que tu en as une toi ?

- Midorima, ta gueule !

- Comme Aominecchi ! Maintenant, je ne vais plus aux soirées arrosées de Kaijo non plus… je vais qu'à celles d'Akashicchi !

- Il faut dire que vous ne tiendrez pas sinon, reconnut Midorima

- On tient déjà pas je te signale… commenta le dunker, y a qu'à voir nos tronches le lundi en cours…

- …C'est vrai. Enfin... pour le peu que tu y vas toi...

- Tu vas vraiment t'en prendre une...

- Moi je ne le connais pas ce jeu Aka-chin.

- Moi non plus, continua le passeur

- Tu verras, c'est marrant Kurokocchi !

- Moi je sens que ça va être compliqué, se plaignit le géant

- Les règles du Bizkit, je les rappelle… commença le chef

- Laisse-moi le faire Akashicchi ! En fait, c'est simple Murasakibaracchi : on se met en cercle et on lance un dé chacun notre tour : si par exemple c'est mon tour et je fais 1, la personne à ma gauche devra boire. Si je fais 2, c'est la personne à ma droite. Si je fais 3, je vais en « prison », ça veut dire que je devrais refaire un 3 pour en sortir. En attendant, tous ceux qui feront un 3 me feront boire car il n'y peut y avoir qu'une seule personne en prison. Si je fais un 4, tout le monde doit crier « Bizkit » en même temps et mettre son pouce sur son nez. Le dernier qui le fait doit boire. Si je fais un 5, je dois rejouer pour indiquer le nombre de verre qu'une personne doit boire de mon choix. Si je fais 6, tout le monde boit.

- Je n'ai rien compris Kise-chin.

- Attends, je vais te marquer ça sur un papier ! Akashicchi, je pourrais en avoir un s'il te plaît ? »

Le rouge commença à se lever mais Midorima fut plus rapide et alla se servir dans un tiroir, ce qui ne rendit pas le rouge plus joyeux.

« Je pourrais savoir pourquoi tu te permets de te servir chez moi ainsi ? demanda t-il, menaçant

- Je savais où tu avais rangé tes feuilles. Tu n'as pas besoin de te lever Akashi.

- Je te préviens, tu n'as pas intérêt à recommencer. Dois-je te rappeler que tu es chez moi ? »

Finalement, comme il fallait un dé, Akashi se leva quand même et essaya de faire abstraction du mal de tête qui le lançait à chaque pas. Arrivé à un meuble à tiroir, il s'y accrocha discrètement afin d'aider ses jambes à le porter. Il tendit sa main tremblante pour ouvrir le deuxième compartiment, saisit difficilement le dé et revint s'asseoir en tentant de ne pas avoir l'air de s'écraser lamentablement.

Les autres se jetèrent un regard. Akashi avait beau le masquer, il n'allait pas bien.

« Voilà… le dé… »

Et il se mit à tousser. Murasakibara lui tapota le dos mais une nouvelle fois, il poussa brusquement sa main.

« Ça… va… »

Une fois la quinte de toux passée, il reprit la parole.

« Bien. L'alcool de ce soir sera…

- Tu n'as pas qu'une grippe Akashi, n'est-ce pas ? » le coupa le vert

Gros blanc. Regard noir.

« Cela ne te regarde pas. Tu n'es pas médecin à ce que je sache Shintaro.

- Je sais mais tu as de la toux et un rhume en plus. Tu devrais vraiment aller te reposer.

- Ne me donne pas d'ordre. Et cesse immédiatement de m'interrompre. »

Pas la peine d'insister. Il savait que le rouge n'en ferait qu'à sa tête de toute façon.

« Je disais donc, l'alcool ce soir sera du…

- Euh… je ne pense pas que l'alcool soit conseillé dans ton état Akashicchi…

- Ouais, prends un Smecta et va au lit ! » renchérit le bronzé

L'Empereur commençait à en avoir plus qu'assez d'entendre les mêmes mots en boucle depuis leur arrivée.

« Devrais-je te rappeler que le Smecta est pour la diarrhée en t'en faisant avaler un, Daiki ? »

Ce dernier déglutit difficilement. Akashi était vraiment atroce. Ce dernier esquissa un mouvement pour se lever.

« Je reviens, je vais chercher la bouteille.

- Et bah on n'est pas couché… maugréa le bleu, menton dans main

- Attends Akashi ! Reconnais que Kise n'a pas tort pour une fois. Avec tes médicaments, c'est très dangereux de consommer de l'alcool.

- Et alors ? Veux-tu m'interdire de jouer Shintaro en plus de te montrer très impertinent depuis le début ?

- Non. Je veux dire qu'on peut peut-être trouver quelque chose de substitution.

- C'est une bonne idée Midorimacchi ! Il ne faut pas jouer avec ta santé Akashicchi !

- Je te signale que c'est ce qu'on fait tous les dimanches, andouille… lui rappela Aomine

- Oui mais là c'est différent ! Pour Akashicchi on pourrait remplacer par… euh…

- Je ne suis pas faible. Je ne veux aucun traitement de faveur. Ce sera de l'alcool pour moi aussi. Je ne vous demande pas votre avis »

Pour une fois, Kise avait envie de secouer son ex-capitaine comme un prunier. Là, c'était sérieux, il ne devait boire rien du tout !

Midorima se leva.

« Très bien. Laisse-moi aller choisir l'alcool en échange.

- Midorimacchi ! s'exclama le blond

- Tu ne vas pas le laisser toucher à de l'alcool quand même ? bougonna l'As

- Mido-chin veut tuer Aka-chin ?

- Midorima-kun… »

Même Kuroko s'y mettait. Le turquoise échangea un regard froncé avec le vert, tandis que le rouge jaugea le lunetteux d'un regard suspicieux.

« … Entendu. Va le choisir Shintaro. »

Et le shooter se leva. De toute façon, Akashi ne pouvait pas se déplacer. Avant d'accepter la proposition du Shutoku, il avait essayé de bouger ses jambes mais celles-ci étaient trop faibles pour répondre.

Midorima revint quelques minutes plus tard, bouteille opaque en main ainsi que des verres assortis qui ne laissait rien deviner sur son contenu.

« T'as choisi quoi Midorimacchi ?

- Tu verras bien. Mais sache que cet alcool ne sera pas agréable à boire. Ainsi, cela dissuadera peut-être Akashi d'en boire également. »

Le nommé le transperça du regard.

« Vous avez tous de la chance ce soir que je vous laisse agir et dire des choses de la sorte… menaça t-il, la semaine prochaine sera différente… »

Aomine haussa un sourcil. Akashi arrivait toujours à retourner la situation pour donner l'impression qu'il la maîtrisait. Alors que ce soir, c'était franchement pas le cas. Les joueurs essayaient juste de le protéger, chacun à leur manière mais évidemment, Akashi en avait horreur - car il en avait bien conscience mine de rien. Akashi quoi.

« Hé, ça schlingue ton truc Midorima ! renifla le dunker

- Jouons. Nous avons beaucoup tardé, ordonna le chef en se saisissant du dé, je tiens à préciser que j'ai modifié une seule règle : la règle du 4 : on ne doit pas mettre son pouce sur son nez mais donner une claque à son voisin de gauche en criant Bizkit. Je commence.

- Ce gars est un sadique… soupira le bronzé, Murasakibara, je te plains.

- Pourquoi Mine-chin ?

- C'est toi qui doit donner une baffe à Akashi.

- Je vais être très gentil Mine-chin, parce qu'Aka-chin est malade.

- Alors je te plains Tetsu. La baffe va être violente » dit-il non sans restreindre un sourire

Le turquoise se contenta d'hausser les épaules. Akashi ne serait pas si violent que ça avec lui. Il ne fallait pas exagérer non plus. Bon, d'accord, il était toujours fâché après lui mais de là à lui transformer la joue en crêpe… non.

« Silence. Laissez-moi me concentrer.

- Tu vas pas me dire que t'arrives à décider le score du dé pendant que tu y es ? » se moqua le bleu

Il le tint fermement en main, secoua légèrement et le jeta plus loin.

« 1.

- A toi de boire Kuroko-chin.

- En fait ouais… peut-être qu'il contrôle le score...

- Bonne chance pour boire ce truc Kurokocchi ! »

Kuroko soupira et saisit le verre rempli par Midorima. A leur plus grande surprise, le passeur eut une réaction instantanée : il recracha le liquide qu'il venait d'ingurgiter. Il toussa en retenant une grimace, main devant sa bouche.

« Beurk, c'est dégoûtant, bouda le violet

- Hé Tetsu ! Ça va ?

- …

- Mon Dieu ! Mais qu'est-ce que c'est que ton alcool Midorimacchi ! Pauvre Kurokocchi ! Il est tout vert !

- Je ne veux pas boire Mido-chin.

- Tu boiras comme tout le monde Murasakibara. »

De son côté, Akashi souriait sadiquement. L'alcool ne devait vraiment pas être bon pour que le turquoise soit si réactif. Intéressant. Peut-être qu'il continuerait à faire des 1, sans le faire exprès bien sûr…

Kuroko leva finalement ses yeux azuréens vers Midorima. Ils s'échangèrent un regard silencieux.

« Alors, c'est quoi comme alcool Kurokocchi ?

- … je ne sais pas… finit-il par dire

- En tout cas vu ta tronche, ça donne pas envie de tomber dessus ! Et évite de gerber !

- Je ne te promet rien Aomine-kun…

- A toi de jouer Kuroko-chin.

- Il y en a au moins un qui suit ici, c'est bien Atsuschi.

- Merci Aka-chin.

- Et v'là l'autre lèche-botte qui se ramène… » grogna le bleu

Kuroko prit le dé et le lança.

« 3…

- La prison ! s'exclama Kise, tiens bon Kurokocchi ! Tu peux tenir !

- Hé ! Le but c'est de faire tomber les autres, lui rappela Aomine, alors on contraire, faut qu'on fasse des trois pour qu'il boive ! »

Le visage de l'homme invisible verdit à vue d'œil rien qu'à cette pensée.

« N'empêche, faut avouer que t'as tout autant de chance que Midorima pour la semaine dernière ! rit le bronzé, tomber sur la prison, c'est comme tomber sur la maison de Takao ! »

A l'entente d'une situation que le vert aurait volontairement oublié, ce dernier se raidit.

« Au lieu de dire des âneries, prends le dé et joues.

- C'est vrai que tu nous as pas raconté Midorimacchi ! Il s'est passé quoi du coup lundi ! Moi j'ai pas vu quand tu as fait ta déclaration, c'est vraiment trop dommage !

- Crois-moi que ça valait vraiment le coup Kise ! se marra le basané à son souvenir

- Il ne s'est rien passé lundi.

- Tu mens Shintaro, sourit sadiquement Akashi avant de se mettre à tousser

- Takao est amoureux de Mido-chin ? » demanda le violet, déballant une boite de Pocky

Midorima soupira.

« Murasakibara. Nous ne sommes plus en maternelle. Takao ne ressent rien pour moi et moi encore moins ! Dans quelle langue faut-il que je te le dise ?

- Mido-chin a beau porter des lunettes, ça, il ne le voit pas »

Et bin, le géant se révélait surprenant !

« De toute façon, Takao a juste raconté ce qu'il s'était passé lundi, et le reste de l'équipe nous surnomme « le couple » par plaisanterie. Totalement absurde… ils s'en rendront bien compte la semaine prochaine.

- Pourquoi ? Vous allez vous rouler une pelle devant tout le monde ? » s'esclaffa l'As

Le tireur prit des couleurs et remonta ses lunettes.

« Idiot ! Cesse de prendre tes désirs pour des réalités !

- C'est la fête des lycées dimanche prochain Midorima-kun ? questionna Kuroko pour les interrompre

- Oui. Et tout n'est pas encore prêt.

- Il faut bien penser aux gâteaux surtout Mido-chin, sinon la fête sera gâchée.

- C'est surtout ta présence qui risque de la gâcher Murasakibara.

- Mido-chin n'est pas gentil avec moi, bouda le dévoreur en croquant dans un biscuit

- Au moins, on va pouvoir souffler un peu et boire comme on veut ! sourit Kise, j'ai trop hâte d'y être !

- Je ne crois pas Ryouta.

- Ne me dis pas que… commença Aomine

- Si Daiki. Nous ferons un jeu à boire là-bas. »

Ce dernier jura et Kise se lamenta. Kuroko n'était pas surpris : leur ancien capitaine ne faisait jamais d'exception. Et encore moins quand cela concernait ses soirées du dimanche soir. Midorima eut un tic nerveux. Faire un jeu à boire ? Devant tout Shutoku ? Non pire, devant tous les lycéens ?

« Bien, reprenons le jeu. Nous parlons beaucoup trop… Daiki… à… ton… tour… »

Et Akashi se remit à tousser. Il en avait vraiment marre de ces moments de faiblesse. Il avait même l'impression que la température de son corps grimpait de minutes en minutes.

Aomine haussa les épaules. Si leur ex-capitaine ne voulait pas être aidé, c'était son problème. Il saisit le dé et le lança.

« 3 ! Encore à toi de boire Tetsu ! »

Kuroko lui envoya un regard froncé puis saisit son verre. Doucement mais sûrement, il l'approcha de ses lèvres. Obligé de boire ça… c'était juste une torture buccale. Il but ensuite d'un coup et réprima une remontée gastrique. Horrible. Il ne pourrait jamais supporter de boire ça jusqu'à la fin de la soirée… il serait mort avant.

« On dirait que c'est la fin de ta vie ! plaisanta le bleu

- …Une minute, le stoppa l'Empereur. C'était au tour de Shintaro, pas à toi Daiki. »

Le turquoise réprima un soupir. Et voilà, un verre descendu pour rien…

« Bah oui mais tu m'as donné le dé et tu m'as dit que c'était à moi alors…

- Je vous rappelle que nous jouons en cercle, et donc dans cet ordre : moi, Tetsuya, Shintaro, Ryouta, Daiki et enfin Atsuschi. Tâchez de vous en souvenir. A toi Shintaro. »

Avec un geste souple du poignet, ce dernier lança et fit un 4. Les réactions furent immédiates.

« BIZKIT ! s'exclamèrent-ils tous en chœur, en frappant la joue de leur voisin de gauche, à l'exception de Midorima

- AIEUUUUUUUUUUH ! Putain Kise ! T'étais pas obligé de foutre tes ongles dans la baffe !

- Excuse-moi Aominecchi ! J'ai été pris au dépourvu !

- Je vais te prendre au dépourvu moi aussi la prochaine fois, tu vas voir ! Fais gaffe à tes fesses ! »

Un blanc entendu se fit et Kise se décala de quelques centimètres de son voisin. Aomine plaqua la main sur son visage.

« Purée mais vous le faite exprès ? Pas dans ce sens !

- C'est toi-même qui donne sens à tes phrases Daiki, sourit Akashi devant son air agacé

- A la limite, tu n'aurais pas rajouté le « fais gaffe à tes fesses », on n'aurait peut-être rien dit, commenta Midorima

- Vous n'avez justement rien dit ! C'est ça le truc ! grogna le bleu

- Mine-chin non plus n'a pas été doux, bougonna le violet en se massant la joue

- Et à lui, vous ne lui dite rien ? maugréa l'As, sa phrase peut faire double-sens aussi !

- Peut-être mais avec toi c'est plus drôle Aominecchi ! rit le blond

- …Akashi-kun, pourrais-tu frapper moins fort la prochaine fois s'il te plaît ? »

Les regards se tournèrent vers le passeur qui avait parlé. La pauvre avec la trace des doigts du rouge sur son visage, maintenant défiguré. Un sourire étrange apparut sur les lèvres de son bourreau et Kuroko plissa les siennes. Tout compte fait, il s'était trompé : Akashi comptait bien lui laminer la joue.

« On peut dire que tu ne l'as pas loupé, constata le vert

- Et toi, qu'est-ce que t'as foutu ? lui demanda Aomine, tu rêvasses ?

- C'est Takao qui serait content ! » pouffa le mannequin

Midorima ne releva pas, sachant que cela ne ferait qu'empirer leur petits sous-entendus.

« A toi de boire Mido-chin.

- Tu vois que t'as compris ! soupira le dunker

- Non, je lis la feuille Mine-chin.

- Je me disais aussi… »

Intangible, Midorima saisit le verre et le bu comme s'il s'agissait d'un vulgaire verre d'eau. Le plus surpris fut Kuroko qui écarquilla les yeux. Lui seul pour le moment savait le goût atroce de ce liquide, et voir le Shutoku le boire comme ça… brr…

« T'es sûr que c'était si déguelasse que ça Tetsu ?

- Tu goûteras par toi-même Aomine-kun.

- C'est à ton tour Ryouta. »

Ce fut un 4.

« BIZKIT ! s'écrièrent-ils une nouvelle fois à l'unisson en donnant joyeusement une claque au voisin de gauche

- Mmpf… » s'échappa de la bouche de Kuroko lorsqu'il sentit la main d'Akashi s'écraser sur sa joue.

Sa peau fumait sous ses doigts. Là non plus, l'Empereur n'y était pas allé de main morte. Il s'était surpris lui-même à laisser un léger soupir sortir de sa bouche face à la douleur. Cela ne lui ressemblait pas.

« La vache ! Ça va Tetsu ? »

Ce dernier rouvrit les yeux et vit tous les yeux sur lui une seconde fois.

« Oui… ça va. »

Mais il n'osait pas toucher sa joue. Akashi pourrait quand même y aller moins fort. Il pivota son regard vers son voisin de droite et celui-ci ne le quitta pas des yeux. Au fond de lui, le rouge était ravi d'avoir pu arracher un semblant d'émotion sur ce visage impassible. Certes, ses claques étaient violentes mais il aurait servi les mêmes à n'importe qui. Il était juste malencontreux que Tetsuya soit ce « n'importe qui » justement…

« Akashi… commença de manière menaçante le basané

- Tu as vu ? l'interrompit le blond, J'y suis allée doucement là Aominecchi !

- Ouais…

- Par contre Midorimacchi, tu aurais pu te retenir ! pleurnicha le mannequin

- J'avais peur de louper cette fois-ci.

- Et bien rassure-toi, tu ne m'a pas loupé, gémit Papy Geignard

- Bah alors Murasakibara ? Qu'est-ce que tu foutais ?

- J'ouvrais le paquet de mes madeleines Mine-chin.

- Tiens, bah passes-en une à Kise, vu comment y chiale comme une madeleine…

- Oh mon dieu mais que ce jeu de mot est nul Aominecchi…

- Le pire dans tout ça c'est qu'il n'a pas encore bu… » soupira Midorima

Akashi eut une quinte de toux, mettant fin aux conversations et réattira les regards sur lui. Se maudissant intérieurement, il toussa de plus belle et fut pris d'un grand tremblement. Midorima se leva et posa sa main sur son front.

« Tu es brûlant Akashi. »

D'un geste violent, il frappa le bras du vert.

« Ne me touche pas. Va t'asseoir.

- Je pense que ta fièvre a augmenté.

- Ce n'est qu'une impression. Va te rasseoir. Tout de suite.

- Quand on est malade on est malade Akashicchi ! On n'y peut rien ! C'est ton corps qui décide !

- J'ai un contrôle absolu sur mon corps. »

Encore peine perdue.

Une fois rassis, le superstitieux remonta ses lunettes sans cesser d'observer le Rakuzan.

« Daiki c'est… ATCHA !... à toi. »

Kise se leva et apporta une boite de mouchoir à côté du rouge. Ce dernier en saisit un et se moucha silencieusement. Aomine prit le dé et le jeta avec négligence.

4.

« BIZKIT ! »

Les baffes fusèrent, si bien qu'il était difficile de dire qui avait frappé le dernier.

« Ah ! »

Ce mot était sorti de la bouche de Kuroko sans qu'il le veuille. La douleur avait été encore plus intense cette fois-là, et il avait malencontreusement laissé ses lèvres le dévoiler.

Mais surtout, ce petit gémissement avait été si mignon que chacun s'était tourné vers le passeur. Et surtout au vu de la situation dans laquelle il avait lâché ce léger cri, les esprits s'égarèrent dans la tête des joueurs, accompagnés d'images plus ou moins orthodoxes.

Akashi observait simplement le turquoise sans un mot. Tout comme les autres, cette plainte assez sensuelle ne lui avait pas échappé. Terriblement mignon…

Kuroko fronça clairement les sourcils cette fois-ci. Il ne voulait rien dire parce que son ancien capitaine était souffrant, mais il n'allait pas non plus accepté de servir de punching ball de la sorte.

« Akashi-kun, pourrais-tu y aller moins fort s'il te plaît ? répéta t-il cette fois un peu plus énervé

- Euh… bon… Murasakibaracchi, c'est toi qui a encore été le dernier à frapper non ? détourna le blond

- Je ne sais pas Kise-chin.

- Déjà que tu as oublié de boire juste avant, ça t'en fait deux, lui rappela Midorima en le servant

- Moi ce qui m'énerve, c'est de savoir si on va faire des 4 pendant encore longtemps ! grommela l'As

- Pour ce dernier coup, tu peux t'en prendre qu'à toi-même » lui dit le vert

Il jura encore dans sa barbe tandis que le violet descendit son premier verre. Ses yeux habituellement si blasés s'ouvrirent comme ceux de Kuroko et il recracha le liquide sur le passeur qui se trouvait juste en face. Ce dernier resta stoïque en se disant que cette soirée prendrait bien fin un jour, et qu'il fallait juste qu'il reste patient.

« Pardon Kuroko-chin.

- …

- Crois-moi, vaut mieux qu'il te crache dessus plutôt qu'il te vomisse dessus, commenta Midorima par expérience

- …

- Hé Tetsu, ta joue a vachement gonflé quand même ! » remarqua le dunker

L'homme invisible porta sa main à sa zone en feu et il la sentit picoter douloureusement. Et en effet, elle avait pris du volume, où une boursouflure se faisait sentir sous ses doigts.

Apparemment, rajouter les ongles dans la baffe n'avait pas été une option chez Akashi…

« Je vais mettre de la glace, dit-il en se levant sans regarder son voisin de droite, montrant clairement qu'il était en colère

- Attends je t'accompagne, les pains de glace sont dans le congèle et tu es trop petit, lui rappela Aomine en se levant avec un sourire

- Je vois que tout le monde fait comme chez soi. Daiki, assis-toi. Ordonna l'hôte de sa voix flippante

- Empêche-moi un peu pour voir ! » fit-il sur le ton de la provocation, sachant que le rouge ne pouvait pas faire grand-chose dans son état.

Pff… Akashi ne l'effrayait pas beaucoup comme ça. En fait, en regardant bien, ce n'était qu'un adolescent chétif et fragile. Qu'est-ce qu'il….

PAF !

Une boite de mouchoir atterrit en plein dans sa face. Pas mal les réflexes. A défaut d'avoir ses ciseaux dans la main, il avait trouvé autre chose…

Oh le c…

« GRRRR ! AKASHI ! s'énerva le bleu en s'approchant de lui, tu as de la chance d'être…

- Aomine-kun, je n'arrive pas à ouvrir la porte du congélateur » fit la voix monotone de Kuroko depuis la cuisine

Ce dernier abandonna le malade qui pourtant le trucidait des yeux, et s'y rendit. Kuroko attendait devant l'objet en question. Aomine soupçonnait ce dernier de l'avoir appelé exprès pour ne pas se jeter sur Akashi. Car débrouillard comme il était, Kuroko aurait pu largement prendre une chaise du bar, monter dessus pour atteindre ce dont il avait besoin.

Ou alors…

Était-ce parce qu'il voulait se retrouver seul avec lui ? Cette pensée fit bondir son cœur et effaça sa colère.

« T'es pas doué Tetsu » fit-il avec un sourire en le surplombant de toute sa hauteur pour attraper un pain de glace.

Les yeux turquoises suivirent ses mouvements. Oh combien il aurait aimé se jeter sur lui et fermer à double-tour la porte de la cuisine et le « prendre par surprise » sur la table boisée.

« Qu'y a-t-il Aomine-kun ? »

Perdu dans ses fantasmes, le dunker s'était arrêté dans ses gestes et dévisageait sans complexe le visage du passeur.

« Mmmh… rien. Tiens. dit-il en lui tendant le rectangle gelé

- Merci. »

Il l'apposa contre sa joue et grimaça en sentant cette paradoxale douleur. Le froid lui brûlait la peau, mais l'apaisait en même temps. Étrange.

« Pas comme ça Tetsu, rectifia l'As en lui arrachant des mains, par à-coup, comme ça. »

Et il le fit lui-même, posant doucement la plaque contre son visage, l'enlevant et la remettant quand cela devenait trop insupportable pour l'homme invisible. Malgré toute cette fraîcheur, sa peau douce restait chaude sous ses doigts.

« Akashi est complètement cinglé… » bougonna le bleu en constant sa joue meurtrie

Le turquoise ne répondit rien.

« T'en penses quoi toi ? finit-il par demander voyant qu'il n'allait pas prendre la peine de répondre

- … Je ne pense pas, dit-il. Akashi-kun est juste énervé et malade.

- Malade, c'est tous les jours qu'il l'est je te signale ! T'es toujours en train de le protéger Tetsu… grogna l'As, et même après les baffes que tu viens de prendre ! C'est peut-être toi le plus cinglé des deux alors… »

Un sourire discret et amusé étira les lèvres du passeur.

« Tu dois être un peu maso, renchérit le dunker sans exclure la possibilité dans sa tête que cela ne lui déplairait pas

- Je ne suis pas maso Aomine-k…

- Bon, on vous attends Kurokocchi et Aominecchi ! s'impatienta le mannequin

- Ouais ouais, on arrive ! »

Refrénant ses pulsions, Aomine regagna le salon, Kuroko sur ses talons, toujours le pack sur la joue. Leur entrée fut accueillie par une tension glaciale qui émanait principalement du souffrant. Kuroko recouvra son masque de colère déchiffrable sur son visage. Ce n'est pas parce qu'il comprenait les gestes d'Akashi qu'il les toléraient pour autant. Il se rassit sans lui accorder un seul regard.

Au final, avec le rouge et le turquoise – sans oublier le pack de glace -, le salon s'était transformé en congèle géant. Super ambiance.

« Bien, pendant que vous étiez dans la cuisine, Murasakibara a bu son deuxième verre, leur expliqua Midorima

- Et à en voir ta tenue, il a tout recraché sur toi cette fois, c'est ça ?

- …

- Ce gars ne t'épargnera jamais, s'esclaffa le Touhou

- Où est ton porte-bonheur du jour Midorima-kun ?

- Ce sont tout simplement des lunettes pour aujourd'hui. Je n'ai donc pas besoin d'investir dans quelque chose puisque je les porte déjà sur mon nez.

- Vaut mieux ça qu'un ballon de plage, hein Midorima ? » fit le bleu avec un grand sourire faux

Akashi toussa de nouveau. Décidément, cela devenait de plus en plus fréquent.

« C'est à mon tour Aka-chin ?

- REUH… oui… c'est à toi… Atsuschi. »

Il prit le dé du bout des doigts et le balança, mais avec trop de brusquerie puisqu'il heurta les lunettes du vert. Ce dernier bondit debout et recula de trois mètres.

« Bon dieu Murasakibara ! Qu'est-ce que je viens de dire à l'instant ? Sers-toi un peu de ta tête ! Mes lunettes me sont vitales pour aujourd'hui !

- Pardon Mido-chin.

- Idiot ! Ce ne sont pas tes excuses qui stopperont ta maladresse ! Fais plus attention à tes gestes !

- Oui Mido-chin. »

Le violet reprit le dé et le relança plus doucement.

« 2.

- Ouf ! Ce n'est pas un 4, soupira Kise

- A toi de boire Daiki.

- Ouais, je connais les règles, merci ! »

Rageant, il saisit le verre tendu par Midorima et le bu cul sec. Sauf qu'il avait oublié qu'il ne s'agissait pas de la vodka habituelle du dimanche soir. Les traits de son visage se déformèrent par le goût atroce du breuvage dans sa bouche. Son ventre répondit à cette atrocité par un gargouillement inquiétant. Puis, le bleu courut jusqu'au toilette.

« Lui au moins a la décence de le faire dans un endroit approprié, leur fit remarquer le shooter

- Je ne sais pas ce que c'est comme alcool Mido-chin mais ce n'est pas bon du tout. Je préfère tout recracher.

- Je suis d'accord avec Murasakibara-kun pour une fois. »

La curiosité d'Akashi commençait à être piquée au vif. A l'exception de lui et Kise, tous avaient bu cette étrange mixture et il mourrait d'envie de la goûter à son tour. Finalement, Shintaro obtenait l'inverse de ce qu'il espérait. Cette alcool l'attirait.

Aomine revint, le visage verdâtre comme ses semblables avant lui. Kuroko et les autres n'avaient pas mentit, c'était déguelasse.

« T'as pissé dans la bouteille ou quoi ? grimaça t-il en s'essuyant la langue sur son t-shirt

- Mon dieu… me dit pas que tu as fait ça Midorimacchi ! pâlit Kise, Je ne veux pas en boire alors !

- Crétin ! Bien sûr que non !

- Tout ce que tu veux qu'il l'a rempli dimanche dernier ! Avec toutes les pauses pipi qu'il faisait, il a bien rempli deux litres facile ! Je te parie que la deuxième est au frais dans le frigo !

- Aomine, tu es désespérant…

- J'ai l'image en tête maintenant Aominecchi ! »

Akashi eut un rictus.

« C'est à moi il me semble » les interrompit-il en se saisissant du dé

Kuroko le regarda, toujours le visage froncé.

Alors comme ça Tetsuya le défiait ? Intéressant…

« C'est un 3, sourit-il une fois la face stabilisée

- La prison ! Tu dois boire Tetsu, pas de pot ! »

Sans se plaindre, le turquoise s'exécuta. Mais la grimace en fin de verre fut inévitable.

Puis il prit le dé et le lança à son tour.

« C'est un 5, constata Midorima, tu dois rejouer et la personne de ton choix boira le nombre de verre que ton dé va indiquer.

- Les verres seront pour Akashi-kun.

- Tu es si prévisible Tetsuya » sourit le rouge

Les deux se défièrent du regard. Il émanait toujours quelque chose d'étrange quand ces deux-là s'affrontaient, mais aujourd'hui c'était différent. La tension première était de la colère chez chacun des deux adolescents.

Kuroko relança.

« Woh ! Un 6 ! » s'exclama Aomine

L'homme invisible sourit intérieurement. Akashi devait comprendre qu'il n'était pas un défouloir et il espérait que cette boisson imbuvable le lui ferait comprendre.

De son côté, Akashi ne perdait pas son rictus. Finalement, il avait obtenu ce qu'il avait souhaité : de l'émotion sur le visage de Tetsuya et le droit de boire. Tout se déroulait parfaitement bien.

Midorima servit le premier verre. Est-ce que les capacités olfactives du rouge – même entravées par la maladie - lui permettraient de reconnaître la boisson ? Il espérait bien que non.

L'Empereur porta le verre à ses lèvres. Il but doucement sans prendre sa respiration puis le reposa en s'essuyant la bouche. Son regard se posa ensuite sur le vert et ses pupilles rétrécirent.

« Je vois que tu ne m'as pas obéit Shintaro » dit-il d'une voix doucereuse

Et zut. Il savait.

« Ceci n'est pas de l'alcool, reprit-il en se tournant vers les autres. Shintaro a rempli cette bouteille d'huile de foie de morue.

- HEIIIIIIIIN ? s'exclamèrent Kise et Aomine en chœur

- C'est pour ça que ce n'était pas bon alors » bouda le géant

Kuroko opina silencieusement. Lui aussi l'avait découvert dès la première gorgée mais il n'avait rien dit sous l'ordre silencieux du vert. C'était presque de la torture de faire boire une telle chose. Mais Kuroko comprenait bien le choix du Shutoku sur ce liquide : l'huile de foie de morue était connue pour ses apports bénéfiques en vitamines A et B, pour guérir les gênes articulatoires et les inflammations, sans oublier pour améliorer la vision et la protection cardiaque. Ainsi, il espérait contribuer à sa manière à la guérison du rouge. Du Midorima tout craché.

« De l'huile de foie de morue ! répéta Kise, Midorimacchi ! Si tu ne voulais pas qu'Akashicchi boit de l'alcool, tu auras pu prendre de l'eau et de la grenadine au lieu de nous faire boire ça !

- Ce truc ne devrait pas exister ! renchérit Aomine, ça n'apporte rien de boire ce machin dégueu !

- C'est là où tu te trompes Aomine, l'huile de foie de morue comporte de l'acide docosahexaénoïque, ce qui permet à cette huile de posséder de nombreuses vertus comme…

- Ouais bah c'est bon ! T'es loin d'être un médecin hein ? Tu vas pas en plus nous ennuyer avec tout ce blablas de toubib !

- Mido-chin a été un livre médicinale dans le passé. Le Midopédia.

- Pourquoi pas une morue pendant que tu y es ? se moqua le bleu…. Remarque, cette réincarnation est déjà en cours…»

Kise explosa de rire et Midorima sentit son sang bouillir. Calme... calme...

Akashi les interrompit d'une main et reprit sèchement la parole.

« Sache que je ne souhaite qu'on ne m'aide sous aucun prétexte Shintaro. Tu as désobéis à mes ordres. Tous autant que vous êtes aujourd'hui, vous prenez un peu trop de liberté. »

Ils se turent.

« Vous dîtes vouloir m'aider mais votre comportement est loin de me satisfaire. Je vous ordonne immédiatement d'arrêter toute tentative qui a pour but mon soi-disant bien. Je ne veux pas de votre pitié. »

Comme par ironie, il eut au même moment une quinte de toux. Les autres s'échangèrent un regard.

Une fois la crise passée, Akashi fit comme si de rien n'était et descendit les cinq autres verres avec classe.

« Après ce tour de cercle, nous passerons à du vrai alcool. C'est moi-même qui irait le chercher pour éviter toute tromperie. Shintaro, c'est ton tour. »

Ce petit discours avait refroidit l'ambiance, déjà proche du zéro absolu.

« Un 6.

- Tout le monde doit boire, rappela Kise

- On risque pas d'être saoul avec de l'huile de foie de morue ! marmonna le bronzé en descendant le sien, imité par les autres

- Oui, cette soirée n'a aucun sens, continua le copieur... OH MON DIEU MAIS C'EST QUOI CETTE HORREUR ! s'écria t-il en recrachant tout

- Bah… de l'huile de foie de morue quoi…

- Mais c'est immonde ! pleurnicha t-il

- Aka-chin aurait dû annuler la soirée. Je ne veux plus boire.

- C'est ton tour Daiki. » éluda l'Empereur

Soudain, une idée traversa l'esprit de l'As. Il saisit le dé.

« Je vais tenter une nouvelle technique ! Je vais lancer avec ma bouche ! J'aurais peut-être plus de chance comme ça !

- Beurk ! C'est dégoûtant Aominecchi !

- Qui vient de tout recracher à l'instant ?

- Je te rappelle que je jouerais toujours au tour suivant, lui rappela Midorima, tu as intérêt à aller chercher le flacon de désinfectant…

- J'ai déjà goûté et c'est pas bon Mine-chin.

- Non mais on dirait un gosse de cinq ans ! Tu portes tout à ta bouche toi ! »

Gros silence puis le bleu eut un sourire.

« Non vraiment ? Tu portes vraiment tout à ta bouche ? Ça veut dire…

- Stop. Je pense qu'on a assez eu de pensées salades la semaine dernière Daiki.

- Euh… tu veux pas plutôt dire « salaces » Akashicchi ? reprit le blond

- C'est ce que j'ai dit Ryouta. A toi de mieux écouter. »

Le mannequin échangea des regards avec ses autres compagnons. Il n'était pas le seul à avoir compris « salade » apparemment. Mais mieux ne valait pas contredire le rouge.

Aomine n'y fit pas attention et mit le dé dans sa bouche. Les autres entendirent le cube à pois s'entrechoquer sur l'émail du dunker.

Kise grimaça.

Puis il expulsa le dé dans un jet de salive absolument ragoûtant.

« Beurk.

- Et c'est un 3 ! Allez Tetsu, à ta santé ! »

Boudant, le turquoise s'exécuta. Le pauvre commençait à se sentir vraiment pas bien.

« A toi Daiki.

- Mmh ? Moi c'est Murasakibara, Aka-chin...

- C'est bien ce que j'ai dit. A toi Ryouta…

- Je suis toujours Murasakibara, Aka-chin… »

Le Rakuzan fronça les sourcils et se massa les tempes, prit d'un foudroyant mal de tête.

« Euh… Akashicchi ne serait pas en train de perdre la tête ? murmura le copieur

- La fièvre doit le faire délirer… expliqua le vert sur le même ton

- On a cas s'amuser un peu ? Après tout, il nous en bien fait baver tous les jours lui !

- Ce n'est pas bien de se moquer d'un malade Aomine-kun.

- Oh arrête Tetsu de faire ton coincé ! Et pis on se moque pas, on s'amuse ! C'est différent ! En plus c'est le premier à dire qui ne voulait pas qu'on l'aide, alors autant faire comme d'habitude !

- Si tu veux souffrir la semaine prochaine, c'est ton problème, dit le shooter en haussant les épaules

- Mais quel bande de mou ! Kise, t'es de la partie ?

- Tu rigoles ? Il en est hors de question Aominecchi !

- Pff… vous êtes vraiment pas drôle !

- Assez ! fit la voix forte d'Akashi, je… continuons ! Au prochain. »

Le pauvre était déstabilisé. Sa vue se brouillait petit à petit malgré ses efforts pour rester lucide. Mais la maladie commençait finalement à arriver à ses fins.

Murasakibara haussa les épaules et saisit le dé après l'avoir essuyé sur son t-shirt. Il l'envoya mais celui-ci fut projeter à l'autre bout de la pièce, sous un meuble. Soupirant, le géant se leva et s'arrêta devant le meuble à tiroir, debout, attendant que le dé apparaisse comme par magie. Ce qui désespéra Akashi.

« Baises-toi Atsuschi… lui ordonna le rouge, au bord de l'énervement

- Euh… là quand même… c'est « baisses-toi » Akashicchi.

- … C'est ce que j'ai dit.

- Et puis à moins d'être extensible…

- STOP ! Tu n'es pas obligé de rebondir dessus Aomine ! l'interrompit le vert

- « rebondir dessus »… pfff… commença t-il en pouffant

- Vivement que cette soirée se termine. » soupira t-il en remontant ses lunettes

L'indigo s'accroupit et tâta sous le meuble à la recherche de l'objet en question. Une fois en main, il revint à sa place.

« Vas-y mollo cette fois.

- Oui Mine-chin. »

Cependant, le dé lui échappa une nouvelle fois et Midorima baissa la tête juste à temps.

« Purée mais on est pas au bowling là ! s'énerva le bleu

- Tu es un vrai danger public Murasakibaracchi !

- A moins que tu es quelque chose contre les gens à lunettes Murasakibara-kun.

- Là, c'est la fois de trop. »

Midorima se leva et se rendit près du tiroir où se trouvait les restes d'un colis déballé. Le Shutoku en sortit le papier à bulle.

« Je peux te le prendre Akashi ? Cela devient nécessaire.

- Vas-y. Je n'en ai pas besoin. »

Le tireur saisit un rouleur de scotch et une paire de ciseaux puis revint s'asseoir. Il prit ses lunettes qu'il entoura du papier protecteur et les remit sur son nez. Ce fut un concert de gloussement.

« Oh la touche que tu as Midorima ! rit le dunker

- Dis « Oustiti » ! C'est pour l'envoyer à quelqu'un que tu connais très bien ! se marra le Kaijo en prenant une photo

- Si tu l'envoie à Takao je… »

Un « ding » lui confirma ce qu'il redoutait.

« Je vais vous étriper…

- Mais oui mais oui ! plaisanta le mannequin, allez, c'est à toi Akashicchi !

- Nous allons retourner à l'alcool. Ne bougez pas d'ici. Je vais chercher la bouteille moi-même et je ne veux voir personne m'aider. »

Très TRÈS difficilement, le rouge se leva, tanguant par-ci par-là. Les joueurs crurent même que leur ex-capitaine allait se manger le lampadaire près de la porte… ou la porte en elle-même. Étonnant. Tel Dardevil, il arrivait à se déplacer en évitant les obstacles.

« Waouh ! Akashicchi est un super-héro en fait !

- Bien sûr ! Et moi la Vierge Marie !

- Et bien… si tu avais tes règles la semaine dernière, c'est bien possible Aominecchi, sourit le blond

- Kise… je te hais. »

Puis le copieur partit dans un fou rire, devant les yeux agacés du bleu. Il faut dire qu'il l'avait bien chercher.

Ils attendirent une dizaine de minutes puis un quart d'heure. Murasakibara commençait à piquer du nez.

« Mais qu'est-ce qu'il fou ? En plus si on se pointe, on va encore morfler !

- Tiens, ça t'intéresse maintenant ? Je croyais que tu te fichais des conséquences ?

- Ouais c'est bon Midorima ! Je me passe de tes commentaires ! »

Au bout de vingt minutes, le violet s'était définitivement endormi, et les autres commençaient à bâiller, l'adrénaline retombée.

« Alors lui il a carrément pas besoin de boire pour roupiller !

- En même temps, c'est Murasakibaracchi… ça n'a rien d'étonnant. Moi c'est Akashicchi qui m'inquiète….

- Il doit être trop petit pour choper la bouteille, plaisanta l'As, et fier comme il est, il n'ose pas demander notre aide !

- Ce n'est pas gentil Aomine-kun.

- C'est la solidarité des nains c'est ça ? »

Pour toute réponse, il reçut le dé dans le nez.

« Tetsu ! grogna t-il en se le massant

- Désolé Aomine-kun mais tu étais trop loin pour que je puisse te donner un coup de coude.

- Pour quelqu'un qui ne sait pas mettre un panier, tu te débrouille bien pour viser Kurokocchi.

- Le nez d'Aomine-kun est plus gros qu'un panier de basket, Kise-kun.

- Tu me cherches là Tetsu ? »

Ce dernier eut un sourire.

« Bon, je vais aller voir, se dévoua le vert au bout d'un moment, je reviens.

- En un seul morceau si possible Midorimacchi…

- Tu vois quelque chose à travers tout ton bazar ? se moqua le basané en désignant le papier-bulle

- Non. Et comme Murasakibara est hors service, je peux m'en débarrasser, dit-il en joignant le geste à la parole

- Ça ne servait strictement à rien de le mettre alors…

- Bien sûr que si Aominecchi ! A nous faire rire ! Et Takao aussi, il m'a répondu ! Il a dit "Par moment, Shin-Chan a vraiment un grain ! XD"

- Idiots ! » lança t-il en quittant le groupe hilare

En mettant un pied dans la cuisine, Midorima eut l'impression de rentrer sur le territoire d'un fauve prêt à bondir à la moindre proie se présentant à lui. Mais étonnement, le fauve en question ne se trouvait pas là. Une étroite porte dans un mur près d'un buffet était entrouverte et le shooter s'y engouffra.
Une petite lumière lui permettait de s'aventurer dans ce lieu sombre, activée par Akashi avant lui, cela ne faisait nul doute. A la fin d'un long couloir, Midorima se rendit compte qu'il était dans la cave de la maison. Superbe cave bien achalandée soit dit en passant.

« Akashi ? » appela-t-il pas très rassuré de ne toujours pas voir le Rakuzan

Aucun bruit.

Il s'avança un peu plus au centre de la pièce sans faire attention à toute cette profusion de nourriture qui aurait facilement fait vivre toute une famille en cas d'attaque nucléaire, et Midorima vit enfin le rouge allongé au milieu de boites de conserve renversés sous son poids, bouteille en main.

Le tireur se précipita vers lui et écouta en premier les battements de son cœur. Ils étaient réguliers, ouf, mais le pauvre semblait étouffer dans cette pièce recluse et il transpirait à grosse goutte. Le vert essaya tant bien que mal de le prendre dans ses bras sans trébucher et le porta avec encore plus de difficulté jusqu'au salon.

Voyant le duo arriver, les autres joueurs se précipitèrent vers eux.

« Akashicchi ! s'exclama le blond

- Et bin on pouvait toujours l'attendre lui ! râla l'As

- Akashi-kun…

- Il n'est pas mort, les informa le lunetteux

- Euh… d'habitude on dit plutôt « Il va bien » ou « Ne t'inquiète pas, il dort juste ». Ta phrase est plutôt flippante Midorimacchi…

- Au lieu de dire des bêtises, aide-moi à l'installer sur le canapé, celui qui est devant la cheminée. »

Une fois fait, le shooter se rendit dans la salle de bain. Les restants en profitèrent pour observer le démon assoupi, dont les traits du visage semblaient vraiment torturés. Ses lèvres étaient serrées, ses yeux clos froncés, sa respiration haletante, sa peau dégoulinante de sueur et ses nerfs faciales visiblement crispés. Cependant, malgré cette fragilité que présentait le Rakuzan à son insu, sa noblesse était toujours présente. Le pauvre avait beau exsuder la maladie, il n'en perdait pas moins de son élégance.

Midorima revint peu après avec un thermomètre.

Les trois autres adolescents tournèrent aussitôt le dos.

« Qu'est-ce que vous faite ? questionna le vert

- Bin… on veut pas vraiment voir les fesses d'Akashi tu vois, s'esclaffa le bleu, et encore moins si c'est pour lui enfoncer un thermomètre dans le c…

- Crétin, il s'agit d'un thermomètre buccale. »

Il le déballa et le positionna dans sa bouche. Trois minutes après, la température se stabilisa sur 39°.

« Ah quand même… siffla le basané

- Pas besoin d'appeler un médecin, reprit le superstitieux, il a pris tous les médicaments de son ordonnance déjà en début de soirée. On ne peut rien faire d'autre. Par contre… »

Il tourna la tête à la recherche de quelque chose. Son regard se fit songeur puis il disparut à l'étage.

« Akashicchi serait malade s'il savait comment on se balade chez lui…

- T'inquiètes, t'as bien vu qu'il a pas besoin de nous pour ça…

- C'est pas faux, sourit le blond

- Ah il est beau le contrôle absolu sur son corps… »

Midorima revint en repassant par la cuisine avec l'oreiller du rouge et…une pelle à tarte ?!

« Qu'est-ce que c'est que ce truc ?

- L'objet chanceux du jour pour les Sagittaires. Je pense qu'Akashi devrait écouter son horoscope, au moins pour aujourd'hui.

- Midorima, si tu deviens toubib, fait moi penser à ne jamais te prendre comme médecin traitant.

- Tu peux être rassuré, je ne voudrais pas de toi non plus comme patient Aomine. »

Puis le tireur cala la tête du Rakuzan et déposa un chiffon humide sur son front.

« On peut juste essayer de refroidir la température de son corps.

- …Finalement, heureusement que t'as pas pris de l'alcool pour le jeu, même si tu t'es fait engueuler !

- Evidemment.

- Akashicchi devrait t'écouter un peu plus Midorimacchi.

- Il n'y a pas que Akashi qui devrait le faire, dit-il en les regardant d'un air entendu

- N'empêche que je te parie qu'il nous a contaminé avec ses microbes absolus ! râla l'As

- Vous verrez bien dans quelques jours. Laissons-le dormir. »

Ils se remirent en cercle et Aomine eut un sourire espiègle.

« Qu'est-ce qu'il y a Aominecchi ?

- Je voudrais dédicacer une chanson à Akashi » fit-il avec un rictus mauvais

Avant même que l'un d'eux puisse répliquer, le dunker sortit un « Ohé ohé Capitaine abandonné » avant d'écrouler de rire.

« Et en quoi cela concerne… commença le vert avant de s'interrompre par lui-même,… non… Aomine, tu sors.

- Tu me copies en plus ! pleurnicha le mannequin

- Et bah ça change pour une fois ! rit le bleu

- Ce n'est pas très gentil pour Akashi-kun.

- C'est justement ça le concept Tetsu ! »

Kuroko soupira, toujours son pain de glace sur la joue. Midorima posa une bouteille de rhum au milieu du cercle pour virer-court à cette discussion sans intérêt.

« Akashi voulait jouer avec cet alcool alors c'est ce que nous allons faire.

- On dirait que t'es en train d'accomplir sa dernière volonté. Il a laissé un testament dans la cave ou quoi ? » se moqua le bronzé

Ignorant cette remarque, le Shutoku tendit le dé au passeur.

« Au moins, tu es sûr de ne plus recevoir une baffe « Akachienne », dit ce dernier au turquoise

- Ouais… comme c'est moi, je vais essayer de pas être pire que lui, et ça va pas être compliqué à mon avis… »

Kuroko hocha la tête et lança le dé de sa main libre.

« Un 3 ! Tu sors de prison Kurokocchi ! C'est bien ça ! A toi Midorimacchi ! »

Ce dernier reproduisit le même mouvement.

« 5.

- Tu choisis qui ?

- Toi justement Kise.

- Mais euh ! »

Le vert relança le dé.

« Un 2, tu as de la chance. »

Gémissant, Kise but ses deux verres d'alcool. Puis il lança le cube à son tour.

« 1. Vengeance Midorimacchi ! A toi de boire ! Merci d'être mon voisin de gauche ! »

Ce dernier respecta la règle.

« Vous savez que ce qu'on devrait faire ? s'exclama subitement l'As. Demander à Akashi des petits gâteaux pour les prochaines soirées. Y en a marre de toujours boire sans jamais rien manger !

- Euh… ok. Pourquoi cette réflexion là tout d'un coup ? demanda le tireur

- …Aucune idée.

- …C'est bien ce qu'il me semblait. A toi. »

Avant même qu'il ne lance le dé, Kise se mit à sursauter.

« Oh non ! geignit-il

- Quoi encore ? soupira le lunetteux

- Je… je…

- Quand tu veux…

- Je vais à la salle d'arcade samedi prochains avec mes sempaïs ! Je viens juste de m'en souvenir !

- Et ? Je vous rappelle que ce n'est pas "Confessions Intimes" ici…

- Midorimacchi ! Tu as déjà oublié l'article dans le journal ! Je vais me faire exclure directe ! Tout le monde va savoir que c'était moi !

- C'était il y a plus d'un mois. Je paries que tout le monde a déjà oublié cette histoire…

- Non ! Je suis sûr que non !

- Bon, ce n'est pas vraiment le moment pour en parler. Inquiètes-toi quand je ne suis pas là s'il te plaît…

- Kasamatsu-sempaï va me tuer, s'étrangla t-il en frissonnant

- Tu n'auras qu'à écouter Oha Asa ce jour-là. Allez, joues Aomine. »

Ce dernier bâilla à s'en décrocher la mâchoire. La fatigue commençait doucement mais lentement à le gagner. Le pire des quatre était sans doute Midorima qui avait deux magnifiques cernes sous les yeux. Cette soirée n'avait pas été de tout repos pour lui.

D'un mouvement sec, il balança le dé.

4.

« BISKIT ! »

Le dernier à réagir fut justement le Shutoku qui avait profité de deux secondes pour se frotter les yeux.

Kuroko s'était mordu la joue en sentant la main frapper même doucement sa peau blessée. La douleur était toujours présente. Le turquoise remit rapidement sa glace.

« Ça va Tetsu ?

- Oui, mentit-il

- Allez, bois Midorimacchi ! »

Soupirant, il obéit. Pas facile à descendre celui-là. Puis quand il reposa le verre, il lança aussitôt le dé.

« Mais ce n'est pas ton tour ! le disputa le bleu

- Ce n'est pas grave, souffla t-il en se massant la tête

- C'est un 3 ! constata le blond avec un sourire, tu es vraiment le spécialiste des trois points Midorimacchi !

- …

- Tu as fait un 3, et sur un dé, il y a trois points noirs… sur le terrain, tes tirs comptent 3 points...

- …

- Laisse-tomber… soupira t-il

- Je ne relève juste pas ce jeu de mot idiot.

- T'es dur Midorima. Il était pas mal celui-là, reconnut le dunker

- Je suis d'accord Aomine-kun. »

Fatigué, Midorima se leva pour aller voir Akashi.

« Je demande une pause, dit-il

- Ouais.

- Je vais prendre un autre pain de glace, avertit Kuroko en se levant, celui-ci n'est plus aussi froid qu'avant.

- Je t'accompagne, annonça Aomine en se levant

- Bon bah… moi je vous attends » dit Kise en commençant à jouer avec son verre vide

Les deux autres adolescents se rendirent dans la cuisine, Kuroko devant, ce qui laissait soin à Aomine de l'observer à son aise. Sa frêle silhouette était un vrai objet de désir, aussi tentant que le fruit défendu. Mais Aomine n'aimait pas seulement le physique de la personne qui marchait devant lui : cette personnalité impossible à cerner l'attirait irrémédiablement.

Arrivés devant le frigo, Aomine ouvrit une nouvelle fois le congèle qui se trouvait en hauteur, l'esprit toujours ailleurs.

« Tiens Aomine-kun. » dit le turquoise en lui tendant le bloc bleu

L'As repensait à ce qu'avait dit Midorima la semaine dernière avec un sourire. Kuroko n'aimait pas Akashi, et ce n'était sûrement pas la soirée de ce soir qui avait rabiboché les deux, et encore moins fait éprouver des sentiments à Kuroko… à moins qu'il ne soit masochiste.

Tout était encore possible. Tout n'était pas encore joué. Il avait sa chance comme tout le monde. Même plus que cela. Il possédait des indices, une relation assez ambiguë que lui et l'homme invisible partageait. Kuroko aimait une personne. Son statut privilégié qu'il avait lié avec Kuroko au collège lui laissait un gros avantage, une place de choix. L'Ombre et la Lumière réunies dans la vie, à défaut de l'être sur le terrain. Que demander de mieux ?

« Aomine-kun ? La glace commence à me brûler la main. »

Aomine observa une goutte d'eau descendre de la joue du turquoise où jadis se trouvait le rectangle gelé puis il s'attarda sur cette peau rubiconde. Akashi avait de drôle de manière de montrer son affection à Kuroko… s'il en avait bien sûr car ce n'était peut-être pas le cas. En tout cas, s'il possédait ne serait une once de sentiment, ce fou ferait mieux de prendre rendez-vous avec un conseiller car vu comment c'était partie, le rouge resterait seul pendant encore un long moment…

Mais cette joue, Aomine voulait la nettoyer de toute cette violence, la rafraîchir de ses lèvres fraîches et surtout marquer son territoire sur cette bouche inexpressive. Comme l'avait fait Akashi avant lui. Mais ce territoire n'appartenait plus à ce dernier, depuis le râteau magistral qu'il avait reçu. D'ailleurs, il ne lui avait jamais appartenu.

La place avait toujours été libre.

Et c'était à lui de la saisir.

« Aomine-kun ? Tu continues à me fixer comme tout à l'heure.

- …

- Aomine-kun ?

- … Ne bouge pas Tetsu… »

Il se rapprocha de lui, l'accolant au frigo. Cette situation mit mal à l'aise Kuroko qui eut une impression de déjà-vu, et le métal froid contre son dos renforçait cette position désagréable. Il chercha un échappatoire mais c'était peine perdue. Les deux bras du bleu faisaient rempart à toute issue possible, et la pression de son corps contre le sien empêchait tout mouvement pour se dégager.

Puis sans prévenir, Aomine se pencha sur lui et posa ses lèvres sur les siennes. Surpris, Kuroko se débattit avec ardeur, et avec plus d'énergie encore quand il sentit la langue d'Aomine forcer la barrière de ses lèvres. Et lorsque cette dernière trouva sa jumelle, se fut un tourbillon dans cette cavité intime. Aomine l'embrassa plus profondément encore, goûtant à chaque saveur de sa bouche. Ses mains vinrent saisir la tête de Kuroko qu'il pencha en arrière pour encore plus de sensation. Il n'y avait pas un seul endroit que le bleu oubliait. Mais Kuroko ne comptait pas se laisser faire et marcha sur le pied de son ancienne lumière. L'adolescent grogna aussitôt et l'homme invisible en profita pour s'extirper, main tendue entre leur deux corps.

« Aomine-kun, je pourrais savoir à quoi tu joues ? »

Le visage marquée d'une colère froide et sa main libre essuyant sa bouche, le turquoise ne le lâchait pas des yeux et attendait impatiemment une explication. Aomine lui-même était un peu perdu.

« Bah… je t'embrasse.

- Je l'ai bien vu merci, mais pourrais-je savoir pourquoi Aomine-kun ? »

C'est bizarre. Ce n'est pas comme ça que cela devait se passer. Kuroko devait être en train de répondre avec passion à son baiser, et presque en train de le supplier de lui faire l'amour à même le sol.
Alors qu'est-ce que c'était que ce retournement de situation ?

Le cerveau du bleu marchait à cent à l'heure. Dans ce placard, Kuroko avait clairement répondu aux baisers du Rakuzan… même si après il s'était pris un râteau. Mais lui, il avait carrément sauter la première case et avait directement atterrit sur la case « râteau ». Il y avait arnaque là !

Aomine regarda son ancien partenaire de jeu, se sentant un peu stupide. Il se gratta derrière la tête.

« A ton avis Tetsu ? Y a pas dix milles raisons pourquoi on embrasse quelqu'un ! Fais pas semblant de ne pas comprendre »

Ce fut au tour de Kuroko d'être gêné, sans toutefois rougir. Oh… C'était juste… étrange. Jamais il n'avait pensé qu'Aomine le voyait de cette façon. Pour lui, l'As aimait juste le mettre mal à l'aise et plaisanter sur son manque de vie amoureuse. Mais savoir que tout ceci n'était pas des blagues finalement...

« …Je vois… » pu-t-il seulement dire

Que dire à un ami cher dont on ne partage pas les mêmes sentiments ? Rien. Un « Merci » serait complètement déplacé. « Moi aussi je ressens la même chose que toi » serait un mensonge et « Je suis désolé » l'enfoncerait un peu plus et détruirait une partie du courage dont la personne a fait preuve. Cependant, c'est cette solution que Kuroko choisit, par honnêté.

« Je suis désolé Aomine-kun, dit-il en baissant les yeux

- Bah ! Je m'en doutais va ! Fais pas cette tronche, y a pas mort d'homme ! »

Du bluff. Des mensonges.

Même dans sa bouche, cela paraissait complètement énorme et Aomine était sûr que Kuroko n'y croyait pas non plus. La déception était violente, le retour à la réalité brutale. Des films. Voilà de quoi il s'était nourrit tout ce temps. Son point de vue n'était pas assez omniscient pour qu'il se rende compte par lui-même de ce qui se passait réellement. Il avait été trop focalisé sur sa propre personne et ses propres interprétations. Finalement, Kuroko ne ressentait rien pour lui. C'était tout, fin de l'espoir, fin de l'histoire. Et il n'avait pas la répartie d'Akashi pour retourner la situation à son avantage. Il pouvait seulement être déçu et voir ses fantasmes envolés. A quoi bon s'accrocher encore à une illusion destructrice ? Le deuxième sur la liste n'était pas lui, c'était Akashi. Où était sa place à lui ? En avait-il seulement une ?

Kuroko avait redressé ses orbes céruléennes et cherchait une trace de sincérité dans les iris voisins. Cependant, toutes les étincelles du basané étaient éteintes et le passeur avait du mal à lire en lui. Il espérait jute ne pas lui avoir fait trop de mal. Même si Aomine était quelqu'un de bourru, il était humain comme tout le monde. Comme Akashi.

Puis d'un coup, Kuroko fut frappé d'une autre vérité : Akashi avait sûrement raison. Il devait ressentir quelque chose pour lui, même d'infime, sinon il se serait défendu dans le placard comme il venait de le faire pour Aomine. Il n'aurait pas apprécié cette échange si intense partagé entre eux. Il n'aurait pas gémit à chacune de ses caresses, à la sensation de sa langue sur sa peau.

Il ne savait pas quoi, mais il y avait quelque chose. C'était désormais une certitude. Akashi avait au moins raison sur ce point. Et cela l'effrayait.

« Hé Tetsu ? Tu m'écoutes ? »

Le turquoise rebrancha son esprit sur la cuisine.

« Pardon Aomine-kun. Tu disais ?

- Je disais que t'as pas à t'en faire. Ça ne va rien changer, te sens pas gêné, dit-il en haussant les épaules, les mains dans les poches, c'est comme ça, on y peut rien. »

Chaque mot n'était pas facile de dire avec sa nonchalance habituelle, cependant, Kuroko eut l'air rassuré et cela lui suffirait. Pour l'instant.

« Bon, on se fait des nouilles ?

- … ?

- Bah comme je l'ai dit, on devrait pouvoir bouffer un truc en buvant ! Après tout, y a pas que Murasakibara qui en a le droit !

- Peut-être mais c'est la cuisine d'Akashi-kun. Je ne suis pas sûr qu'il soit content en voyant qui lui manque un paquet de pâtes demain.

- Tu parles, c'est même pas lui qui fait l'inventaire de ses placards, tout ce que tu veux qu'il a des bonnes pour ça aussi… »

Bon, cette idée pour changer de sujet n'était pas l'idée du siècle… et cela le faisait passer pour un gros morfale en plus.

« Tiens, ton pain de glace, dit-il en lui en tendant un neuf et en reprenant l'ancien

- J'espère que cela aura dégonflé dans la semaine.

- Mouais…. »

Puis ils retournèrent silencieusement dans le salon. Aomine avait toujours un nœud dans le ventre. C'était chiant. Et il se sentait con. Bien sûr, il ne regrettait pas d'avoir embrassé Tetsu, c'était juste chiant que ce ne sois pas réciproque. Et pas très agréable à vivre. Lui qui détestait perdre… voilà une belle défaite à son palmarès. Son lot de consolation était justement ce baiser – quoique qu'un peu forcé – qu'il avait échangé avec l'ombre. Le dunker sourit un peu plus en songeant que cela aurait énervé le rouge. Après tout, ce dernier n'était pas obligé d'être au courant qu'il s'était d'une certaine manière déclaré au turquoise. Cela pourrait être toujours amusant de le voir enrager en redoutant que cela pourrait arriver… alors que cela avait été déjà le cas.

« Pourquoi tu souris comme ça Aomine-kun ?

- … Hein ? Euh… parce que j'ai la dalle et que je pense au gigot qui m'attends à la maison.

- Tu es désespérant Aomine-kun.

- Arrêtes, tu commences à parler comme Midorima. »

De retour au cercle, ils virent que le vert et le jaune manquaient à l'appel.

« Qu'est-ce qu'ils fabriquent ? »

Kuroko se leva et alla voir près de l'assoupi. Pas de trace du shooter.

Aomine se rendit au toilette. Pas de pleurnichard.

Et pas un chat à l'étage.

« Oh qu'ils me gonflent ces deux-là !

- Calme-toi Aomine-kun.

- On est pas à Poudlard ! C'est pas comme-ci la baraque d'Akashi était truffée de passages secrets, que ses escaliers n'en faisaient qu'à leur tête ! On devrait pas passer trois plombes à les chercher ! »

Kuroko eut un léger sourire en voyant son ancien coéquipier redevenir comme avant, puis tous les deux se rassirent, attendant quelques minutes. Murasakibara ronflait fort et la respiration d'Akashi se faisait saccadée de par son rhume.

Durant ce bref silence, Aomine se retenait de poser une question qui lui brûlait les lèvres : de qui Kuroko était-il amoureux ? Mais la formuler à voix haute aurait pour conséquence de remettre ce moment gênant sur le tapis. Hors, c'est la dernière chose que le bleu désirait. De toute façon, le turquoise ne fréquentait pas assez de monde de manière intime excepté la GDM et Seirin pour avoir un large panel de prétendant. Le choix était restreint au final. Hum…

Et à quoi pensait Kuroko actuellement ? Le dunker aurait payé cher pour le savoir.

Soudain, un tour de poignée les firent se retourner. Midorima apparut, pas très en forme, Kise sur ses talons.

« Vous étiez où bon sang ? s'emporta le bleu

- Dehors. Midorimacchi ne se sentait pas très bien.

- Il a…

- Un peu. Il n'a pas eu le temps de courir au toilette. Ne dite rien à Akashicchi mais ses « Lilium longiflorum » ont changé de couleur…

- Et pourquoi d'un coup il faiblit comme ça ? bougonna toujours le même

- … Burp…

- Ça me rappelle quelque chose ça…

- Midorimacchi était près d'Akashicchi et je suis allé le voir. Là, il s'est plaint d'avoir eu trop chaud et a voulu prendre l'air. Je l'ai accompagné et il a vomi à ce moment-là.

- Mouais…

- Tu n'as pas de chance Midorima-kun. »

Ce dernier releva la tête, et ses yeux levés au ciel semblaient lui envoyer un « Noooon, tu crois ? » assez ironique.

« En tout cas, si t'as la gastro dimanche prochain, on va bien se marrer à la fête du lycée, rit Aomine

- … »

Finalement, le vert partit s'allonger sur le deuxième canapé, et Kise lui apporta une bassine – ou du moins, une cocotte-minute car il n'avait pas trouvé d'autre récipient assez grand.

« Pourquoi ces soirées se transforment en n'importe quoi au fil des semaines ? soupira le copieur en plaçant une couverture sur le nouveau malade

- Pourquoi tu poses des questions aussi connes ?

- Aominecchi !

- Aomine-kun est vulgaire ce soir.

- ...Si seulement c'était qu'un seul soir… réussit à articuler le lunetteux

- Toi le demi-mort, on se tait ! » grogna le basané

Le silence s'installa et les trois joueurs s'assirent de nouveau au centre de la pièce.

« La dernière soirée a rendu pas mal de gens malades…

- … pourquoi tu me regardes comme ça Kise ?

- Pour rien, pour rien.

- Moi ce qui m'énerve, c'est que le salon commence à se transformer en hôpital là !

- Tu n'as pas de compassion Aomine-kun.

- Honnêtement ? Non. »

Lassé de cette soirée éprouvante en tout point de vue, le bleu saisit le dé.

« Ce n'est pas ton tour il me semble Aomine-kun.

- On s'en fou, terminons cette partie au plus vite, j'en ai ma claque. »

Le dé roula puis présenta le 6. Tout le monde bu en soupirant. Kuroko joua ensuite et fit un 6 également, suivit par Kise.

« Hé hé, à nous trois on a composé le numéro de Satan ! plaisanta le dunker

- Franchement, t'as de ces idées Aominecchi !

- Illuminati !

- C'est toi l'illuminé, allez joues Aominecchi !

- Et Kuroko qui ne relève même pas ton jeu de mot pourri… tu me déçois Tetsu !

- Désolé Aomine-kun. »

Les verres commencèrent doucement à faire effet. Ils étaient dans la zone « Bien », voir un peu au-dessus. Cela aidait le bronzé a oublié les récents événements.

Un « BLUARG » les avertit que Midorima continuait sa vidange intestinale. Youpi.

« Merci pour ce soundtrack… et ce doux fumet… » ironisa l'As en grimaçant en sentant l'odeur

Le turquoise rejoua. Plus personne vraiment ne suivait l'ordre préétablit. C'était à celui qui était le plus proche du dé.

« Un 11.

- Idiot, tu as déjà vu un 11 sur un dé toi ? s'esclaffa son ancienne lumière, t'as pas les yeux en face des trous ! C'est un 1 tout simplement !

- Kurokocchi est fatigué. »

Le blond descendit son verre, étant le voisin de gauche de l'homme invisible.

« … HIPS !

- Ah ? Ça faisait il y a longtemps !

- Je joues… HIPS ! »

Il fit un 6.

« BISCOTTE ! »

Et il claqua fortement la joue du passeur, mais la valide cette fois et ce dernier sursauta.

« … Kise-kun !

- Espèce d'idiot ! C'est un 6 que t'as fait ! On doit tous boire c'est tout ! T'as pas fait 4 donc ne donne pas de baffe ! C'est à ton voisin de gauche en plus, pas le droit ! Et on dit pas « Biscotte » mais « Bizkit » crétin !

- Dé… HIPS !... solé Aominecchi ! »

Le bleu prit le dé et joua.

4.

« BIZKIT ! »

Ce fut cette fois-ci Kise le dernier. Il regarda les deux autres adolescents, hagard.

« Bah… j'ai pas compris ce qu'il venait… HIPS… de se passer.

- Bois. C'est tout » s'impatienta le plus lucide

Il s'exécuta.

Kuroko prit difficilement le dé entre ses mains. Il fronça les sourcils en le portant à deux centimètres de ses yeux.

« Oui, c'est un dé Tetsu, se moqua le bronzé

- Non….c'est… une coccinelle… HIC !... Aomine-kun…

- Mais bien sûr ! soupira t-il, allez, lance-le ! »

Kuroko fit une adorable moue, semblant ne pas vouloir obéir. Pour enfoncer le tout, Kise prit la parole.

« Voyons Aominecchi ! Il ne faut pas faire de mal… HIPS… aux petites bêtes ! »

Le bleu crut qu'il allait les étrangler. Tous les deux.

« Crétins, c'est un dé, UN DE ! »

Ok, lui aussi commençait à avoir du mal avec l'alcool mais de là dire des âneries ! Y avait des limites ! Il voulut arracher l'objet des mains du turquoise mais celui-ci eut un mouvement de recul.

« Ne lui fait pas de mal Aomine-kun. »

Ce dernier sentit sa main se crisper en un poing. Il prit la bouteille de rhum et lu l'étiquette au dos.

« Tss… y a pas marqué « hallucinations » en effet secondaire sur ce bordel pourtant ! »

A moins que c'était l'huile de foie de morue qui avait cet effet…

« Va la relâcher dehors Kurokocchi avant qu'Aominecchi ne fasse un meurtre. »

Oh que oui il allait en faire un…

« Tu vas le bouffer ce dé ça va être vite fait ! »

Le dunker se jeta sur le passeur ivre et lui ouvrit les doigts de force. Il extraya difficilement le dé et l'enfourna dans la bouche du blond.

« MMMMMMMMMH !

- Aomine-kun ! »

Le turquoise tenta de les séparer mais reçu seulement une gifle du copieur dans sa tentative de sortir des griffes de son bourreau. Le pauvre homme invisible grimaça de douleur. Car bien évidemment, cela avait été sur la mauvaise joue. Et puis sa tête se mit à vibrer, l'alcool afflua à son cerveau, résonnant dans tout son corps. Assommé, il se posa à même le sol en tentant de dissiper ce mal-être.

Kise donna de plus en plus de coup de pied, atteignant les bijoux de famille du métisse qui jura en se les tenants.

« Kise ! hurla t-il, si je t'attrape… »

Le mannequin profita de sa liberté pour recracher le dé et le tenir précieusement dans ses mains. Il ouvrit précipitamment une fenêtre et balança le cube à travers.

« Envole-toi petite coccinelle ! Tu es libre ! »

Aomine se redressa tant bien que mal sur ses jambes et commença à poursuivre le blond. Ce dernier, sentant le danger approcher, commença à fuir, les jambes à son cou.

« Viens ici ! vociféra le bleu

- Aominecchi ! Tu n'as aucun cœur ! commença à pleurnicher le fuyard sans cesser de courir

- Je vais y mettre tout mon cœur dans la baffe que tu vas recevoir, tu vas voir !

- Brigitte Bardot, au secours !

- … c'est qui celle-là encore ? Viens ici je te dis ! Que je te remette un peu les idées en place ! »

Le blond courut jusqu'à dans l'entrée, ouvrit la porte et détala dans le jardin obscur. Aomine grogna et ferma la porte à clé. Il était dehors ? Et bien qu'il y reste ! Il en avait plus que marre de ces comportements à la noix ! Ce n'était pas parce qu'ils étaient bourrés qu'ils devaient commencer à délirer. Non mais prendre un dé pour une coccinelle ! Franchement ! Et puis quoi encore ?!

Il se tourna ensuite vers le turquoise qui avait été silencieux durant la course-poursuite. Il le vit à moitié assoupi par terre, adossé à un canapé. Le bleu se rapprocha de lui.

« Hé Tetsu ? Ça va ? »

Ce dernier semblait de ne pas vraiment l'entendre. Kuroko avait entamé la troisième étape : l'état « groggy » suite aux effets de l'alcool. La colère du basané était un peu passé à cette vision. Il alla ramasser le pack de glace au loin et le repositionna sur sa joue. Au contact du froid, l'homme invisible frissonna et ferma ses yeux.

« Tss… faut vraiment éviter le rhum. Vaut mieux l'Absolut si c'est pour finir timbré comme ça. »

Au bout de quelques secondes, la tête de Kuroko contre sa main se fit plus lourde et le bleu comprit qu'il venait de s'endormir. Alors il l'allongea plus confortablement, toujours le carré bleu contre sa peau boursouflée.

Puis Aomine s'étira de tout son long et fut frappé d'une grande lassitude.

Mais bon, il fallait voir le point positif dans tout ça ! Encore une victoire pour lui ! Décidément, il devenait de plus en plus excellent ! Bon ok… il avait carrément échoué sur le plan sentimental et n'avait strictement rien fait en particulier pour gagner cette soirée si ce n'est s'énerver à la fin contre ces bourrés. Encore un coup de chance. Valait mieux qu'il en profite ce soir car une petite voix dans sa tête lui murmurait que cela n'allait pas être la même rengaine la semaine prochaine…

Aomine sortit son téléphone en mode « appareil photo » et mitrailla en commençant par l'Empereur. Il fallait que le monde entier le voit en tant que spécimen humain ! Par contre, il évita de prendre la cocotte-minute bien remplie de Midorima quand il photographia ce dernier qui avait fini par s'endormir. Pas la peine de donner des cauchemars aux gens non plus. A côté, Kuroko et Murasakibara s'en sortaient bien avec leur sommeil tranquille. Quant à Kise, tant pis pour lui ! Si Aomine gagnait encore dimanche, il le prendrait à ce moment-là. Il allait pas lui courir après dans le froid. Il avait déjà donné la semaine dernière, merci ! Et pis un malade de plus dans cette baraque, personne n'allait le remarquer.

Dimanche prochain… la fête des lycées…

Mmh… quelque chose lui disait que cette soirée à boire serait encore plus loufoque que celle de ce soir… enfin, si c'était possible.


Mot de la fin :

Et voilà ! Chapitre 9 terminé et j'ai toujours un nœud au ventre ! Surtout que ce chapitre s'est fait attendre alors j'ai peur des déceptions… Surtout que je me suis un peu mise au défi avec ce jeu : c'est un jeu statique où l'action n'est pas présente en soi. Mais j'avais envie de me mettre à l'épreuve et d'écrire dessus quand même… j'aurai peut-être pas dû Oo

J'espère malgré tout que cela vous a plu, je croise les doigts et retiens mon souffle !

N'hésitez pas à me donner votre avis, même négatif, je saurais encaisser ! C'est comme ça que l'on avance !
Je vous remercie de votre lecture !