Note d'auteur: Bonsoir Potterheads,
Merci à Sachastired et OliviaParkison pour vos reviews.
Merci à tout le reste du monde qui lit en savourant.
Continuons...
4. En cavale
Flash-back
Sirius déposa sa valise sur le perron de 12 Square Grimmaurd et inspira profondément en fermant les yeux.
Il pensait à Mcgonagal… Ou du moins, il tentait de penser à ces conseils, à leur plan, à ce secret qu'il avait gardé toute l'année et que ces amis ne connaissaient qu'à moitié. Il pensa à Dumbledore et tenta tant bien que mal de ne pas penser au reste.
« Gryffondor Sirius ! Tu es un Gryffondor ! »
En descendant du Poudlard Express, cette même soirée, Sirius n'eut aucun mal à reconnaître son père. Il était venu lui-même les chercher, son frère et lui, à la gare. Sirius émit un rictus. Ce geste qui pouvait être pris pour de l'attention envers ses enfants n'était en réalité, qu'une manière de bien tenir ses derniers en laisse et surveiller de très près le très valeureux Regulus Black.
Sirius ne parla pas durant tout le trajet, se contentant de jouer avec sa baguette dans sa poche. Il ne remarqua pas les regards intrigués de Regulus, ni le ton moins hautain et moins assuré qu'utilisait son père. Si Sirius avait écouté, il aurait compris qu'Orion Black avait peut-être des appréhensions.
Arrivés, Orion entra en premier, suivi par Regulus qui donna sa valise à Kreattur, leur elfe de maison. Sirius, lui, regarda la porte et resta sur son pan ce qui semblait être une éternité, alors Orion revint sur ses pas.
- Rentre Sirius. Ces sales moldus pourront nous voir...
- Et ?
- Tu veux que je me mette à jeter des sorts partout ?
- Un Oubliette ? Ou Un Avada ?
- Ah ! Je me disais bien avoir entendu la voix de l'ingratitude. Regulus viens, nous avons des invités. Sirius, merci de faire ton cirque dans ta chambre. Lança Walburga sans un regard de plus vers son aîné.
- Qui est à la maison ? Demanda Sirius.
Orion regarda son fils avec hésitation. Sirius vit cette expression et ne comprit pas sur le coup, jamais son père ne semblait si peu confiant.
- Les Malefoy, Monsieur Selwyne et Monsieur Macmillan.
- Macmillan ? Macmillan, comme le père des ordures qui m'ont torturé, il n'y a même pas un mois ? Selwyne ? Comme Selwyne le père du gars qui a passé l'année à embobiner Regulus, celui qui a accusé ton propre fils de s'attaquer aux gens ? Celui qui a torturé des né-m…
Sirius se tut soudainement ; aucun son ne sortait plus de sa bouche. Tiré par le col de sa chemise vers une salle où il fut enfermé, il n'entendait plus rien sauf le son de son cœur qui battait la chamade. Orion Black, ferma la porte, les volets et insonorisa la pièce par un geste de baguette, puis pivota vers son aîné.
- SIRIUS ORION BLACK !
Sirius le regarda le cœur toujours battant, il savait ce qui l'attendait à présent, il savait que prononcer ces mots causerait sa sentence ultime. N'était-ce pas ce qu'il voulait ? Orion fit un autre geste de sa baguette et Sirius sut qu'il pouvait parler à nouveau mais il ne fit rien, attendant la déferlante de son géniteur.
- Tu es un Black et je peux comprendre que tu n'apprécies pas la violence des fois, mais tu es un BLACK ! Ces hommes ne sont pas responsables de ce que font leurs fils !
- Ah bien sûr que non ! Ils ne le sont pas, ils sont carrément les complices !
- Ce sont des gens important ! Ce sont nos amis ! Tu n'es qu'un enfant, tu ne comprends rien !
- Des gens importants ! Au point de vendre les corps de ta famille pour eux ! Mettre à leur disposition nos corps à mutiler, tu veux que je te raconte ce qu'a fait exactement Edouard Macmillan à ton ainée, tu veux que je te raconte comment Regulus est traité depuis qu'Alastor l'a fait passé pour un agresseur sans cœur ! Tu veux que je te raconte le nombre de fois où Reg s'est retrouvé sans nourriture parce qu'ils le traitent comme un paria aussi ! Comme vous m'avez fait ! Tu sais quoi ? Autant nous rendre prostitué Regulus et moi ! Autant nous faire porter des robes et vendre nos…
- Tais-toi ! Tu m'obliges au Silencio, Sirius ! Cesse tes jérémiades, tu es un homme et lui aussi ! Il faut cesser de pleurnicher et savoir se comporter dignement ! Ton frère ne se plaint pas à tout bout de champ lui ! Comporte-toi, comme un fils digne de cette maison ou Morgan m'en soit témoin je m'alignerai aux méthodes de ta mère.
Sirius toisa Orion Black sans ciller. Pourtant, tous les membres de son corps tremblaient, son cœur battait à tout rompre, mais sa haine dépassait la peur, sa rancune dépassait sa douleur de tout perdre et sa volonté dépassait sa crainte de l'inconnu. Le jeune garçon de seize ans avait passé son année à correspondre avec sa cousine Andromeda et son oncle Alphard, il savait qu'il avait une décision à prendre, il savait qu'il devait être le digne Gryffondor que sa famille refusait qu'il soit. Habiter dans une maison qui prônait le mal, une maison qui encourageait la terreur et qui ne se nourrissait que de mépris, de racisme et de bigoterie était au dessus de ces forces, de ces croyances et de son pouvoir. Mais il avait aussi parlé à Mcgonagal, et elle lui avait offert plus, il pouvait faire plus, il pouvait faire une différence s'il pouvait encore… S'il pouvait encore !
Son père le voyant calme ôta le sort à nouveau.
- NON !
- Non ? Demanda son père calmement.
- NON !
- Non quoi ?
- Ne rêvez pas, je ne serai jamais ce que vous voulez que je sois.
- Alors, tu ne me laisses pas le choix. Lança son père en retroussant les manches de sa chemise.
Sirius toisait son père, la main cramponné sur sa baguette. Mais Orion Black fut plus rapide.
- « Impero ». Lança-t-il.
Sirius s'attendait à tout autre sort que celui-ci. Il pensait saigner, il pensait se tordre, se blesser, se faire gifler ou même se faire accrocher par les pieds, mais pas se faire manipuler. Il retroussa le nez de dédain, mais la véhémence et la force de son père étaient plus coriace. Il sentit son esprit quitter son corps, il regardait son père, ressentait cette haine, mais n'arrivait plus à savoir ce qu'il devait faire. Orion redirigea sa baguette vers son fils et lança à nouveau.
- « Impero ».
Sirius s'écroula sur le sol, au pied de son père et une voix profonde murmura à son cerveau d'embrasser les chaussures de son père. Il s'exécuta, puis se leva et baissa la tête, son père le suivit et le poussa à l'extérieur de la pièce.
- Tu rentres au salon, tu salues tout le monde avec joie et tu montes dans ta chambre. Aboya Orion Black.
Sirius s'exécuta. Il salua tout ce beau monde, il sourit mais resta muet. Il s'éloigna quelques moments et fixa longtemps Eugène Macmillan ; le père d'Emily Macmillan. Il le toisa, l'analysa et sentit son pouls dérailler, au moment de sortir du salon, il intercepta une phrase du père d'Alastor Selwyne.
- Des amis à mon fils ont dit que certains Gryffondors l'ont piégé, j'attends avec impatience de trouver leur nom et les enterrer vivant un à un… Apparemment, les sang-purs ont perdu la tête à vouloir se mêler de tout ça… Comme le Potter…
Soudain, une explosion s'entendit et tous les regards se tournèrent vers Orion et Sirius. Sirius sortit en courant, mais sa mère le suivit. Il détala comme un lièvre vers sa chambre mais Walburga réussit à l'attraper par la cheville, le saisissant sans ménagement et le faisant tomber sur les marches des escaliers. Elle l'attrapa par les pieds et le porta comme une vulgaire chaussette, quand elle reçut son pied au visage. Walburga poussa un cri étouffé et Sirius tomba sur le sol de l'étage, il rampa, se leva, attrapa la poignée de la porte et entra s'enfermer dans sa chambre.
L'adrénaline à son comble, il ne pensa à rien. Il devait reprendre sa valise et s'en aller, s'en aller le plus vite, le plus loin possible. Mais une voix au fond de lui, lui intimait de descendre. Orion Black contrôlait encore son cerveau… Il devait s'en défaire.
- Potter avait dit l'autre ! Potter… Ils savent que James est mêlé à ça ! Il faut prévenir James !
Malheureusement pour lui avant qu'il ne trouve de réponse, la porte de sa chambre explosa.
Il en avait parlé longuement à Andy, il avait planifié toute l'année et elle l'avait dissuadé. Il avait encore trop à perdre, il n'était pas majeur comme elle, et il serait facilement trouvable. Il pouvait encore jouer le jeu, disait-elle, il était fort, il pouvait encore encaisser et sauver son petit frère par la même occasion. Sa correspondance avec son oncle aussi avait aidé Sirius à ne pas fuir ce monde depuis Noël dernier, depuis que sa propre mère avait déchiré sa chaire, depuis le « Sellaripum »…
Mais se retrouver face à ses géniteurs et supporter une fois de plus ce qu'il haissait par-dessus tout dans ce monde, devenait au-dessus de ses forces. Qu'on le traite d'impulsif si voulu, Sirius ne semblait plus d'accord avec les mots d'Andromeda ni d'oncle Alphard, encore moins ceux de Mcgonagal. Sirius les avait même oublié à cet instant, ne pensant plus à rien, ressentant du feu volcanique menacer de faire irruption de sa cage thoracique.
- Tu crois faire quoi maintenant ? Souligna Walburga avec un rire démentiel.
- Euh, je ne sais pas… Envoyer mon père en prison pour avoir utiliser un Impardonnable sur son fils ? déclara Sirius avec un regard fou. Un Imperium, bon sang ! Vous êtes barge !
Puis contre toute attente, il éclata de rire. Un rire sadique à l'idée d'enfermer son père ou un rire nerveux à l'idée de mourir tué par sa mère. Car oui, il y pensait… Il l'en croyait capable. Il n'y avait pas pire pour un enfant que de savoir sa mère capable de se débarrasser de lui.
Il leva sa baguette vers elle, sans même quitter celle-ci du regard. Et contrairement à d'habitude, elle ne leva pas la sienne.
- Allez mère, bats-le, ce fils ingrat, je te laisse une dernière chance avant de foutre le camp.
« Une dernière chance. Retiens-moi, bats-toi pour moi ou bats-moi !»
Ils se toisèrent et la douleur fulgurante au cœur de Sirius s'agrandit. Cette personne était sensée l'aimer plus qu'elle-même, cette femme était sensée le protéger et le chérir, lui donner ses organes si besoin s'en créait. Les yeux de Sirius se remplirent de larmes, mais qu'il en soit damné s'il laissait cette femme voir ses faiblesses.
- Cesse de faire le martyre et sors d'ici ! Intima-t-elle d'une voix froide.
- Avec joie. Lança-t-il d'une voix aigue.
Walburga le suivit et le vit récupérer sa valise. Elle fronça légèrement les sourcils, elle avait ordonné à ce garçon de sortir de la chambre, mais il semblerait qu'il ait prit un plus grand pas vers la sortie. La baguette toujours à la main, sans s'arrêter, Sirius tira sa valise et claqua la porte du 12 Square Grimmaurd, se promettant de ne plus jamais y mettre les pieds, même si sa vie en dépendait !
Sirius ne remarqua pas son frère qui le surveillait avec peur par la fenêtre, il ne remarqua pas son père qui faisait diversion dans le salon prétendant que tous ces bruits résultaient de la maladresse de leur elfe de maison qui avait marché sur des jouets explosifs de leurs enfants et qu'il insista à grand coup de baguette sur la table que ce dernier recevra la correction qu'il faut.
Sirius ne vit plus sa mère, cette bonne femme revenir faire face à sa tapisserie, la fixer pendant à peine quelques secondes avant de brûler son nom. Il ne vit pas sa cousine Narcissa qui surveillait d'un œil ferme tous les membres de la famille et qui l'aperçut derrière l'un des rideaux du salon, quitter la maison familiale. Il ne la vit pas changer de regard, il ne vit pas que derrière le rideau, elle avait transformé son regard glacial en un autre plus doux. Elle ferma les yeux et respira longuement. D'abord Andromeda et maintenant Sirius.
Lucius posa une main sur son épaule, elle se retourna vers lui tout sourire et s'empressa de s'éloigner de la fenêtre pour qu'il ne remarque rien.
Sirius marchait sans s'arrêter, les jambes tremblantes, les mains moites, l'esprit vide, le cœur battant et les yeux humides. Il marcha sans s'arrêter ce qui lui sembla une éternité, il marcha en essayant de penser mais son esprit était vide. Il devait voir James. Il devait aller chez James, mais James Potter n'était pas chez lui. James Potter était en voyage avec ces parents. Qu'allait-il devenir ? Il n'avait même pas d'argent, il n'avait pas où aller, il n'avait même pas de repère, il ne savait même pas dans quelle ville il se trouvait.
Sirius s'assit sur un banc vide et resta ainsi pendant des heures. La rue était déserte, il ne se ferait pas remarquer. Pensa-t-il.
« Tu vas dormir où maintenant ? Tu n'as pas d'argent pour prendre le train et aller chez Peter, tu ne peux pas aller chez Rémus, il accueille déjà Lily, Marlène n'en parlons même pas, son père risque de vous jeter par-dessus un bus, Frank, tu ne sais plus où il habite. La maison de James… Tu pourrais aller, leur elfe y est. Tu pourrais y aller. »
Sirius sentit la peur le paralyser, il n'avait pas de plan. Après avoir passé l'année à tout planifier, il avait fini par ne plus en pouvoir et son impulsivité avait eu raison de lui, il avait fini par quitter la famille mais sans savoir où aller ni comment. Il ouvrit sa valise, farfouilla dedans à la recherche de n'importe quel pièce qui l'aiderait à s'en sortir, alors il tomba sur le miroir de James. Le miroir que James utilisait pour communiquer avec sa mère et qu'il lui avait donné pour qu'il se joigne tout le temps.
« Appelle-le bon sang, c'est ton meilleur ami. Arrête avec ta fierté ! »
Il ferma les yeux et attendit que le vent d'été vienne le réveiller.
Fin du flashback.
Sirius se tint la tête et gémit. Cela faisait dix-sept jours qu'il avait fuis, et à aucun moment, il ne pensa que sa famille pouvait l'atteindre à nouveau.
Il ferma les yeux et attendit. Il attendit James. James l'avait vu, il le trouverait. James avait vu dans le miroir.
James Potter descendit du Magicobus, s'apprêtant à courir pour aider son ami, quand il entendit un crac. Il se tourna, levant sa baguette en l'air, ne souciant pas le moins du monde de tomber sur un moldu.
Il était dans un quartier moldu, un quartier qu'il ne connaissait pas bien, mais il savait que dès qu'il verrait le pont, il saurait où trouver son ami. Alors, peu lui importait que les autres le voient, il venait d'entendre quelqu'un transplanner, il avait réagi.
- Range ta baguette ! Tu crois aller où comme ça ?
James souffla, puis laissa passer la panique. Il était avec elle, elle ne laisserait jamais rien leur arriver.
- Maman, c'est Sirius !
- J'avais deviné. Il n'y a pas d'anniversaire pas vrai ? Dis-moi ce qui se passe !
- Je crois qu'ils ont été attaqués ! Andromeda m'a envoyé une lettre et je crois qu'elle a été interceptée... Je l'ai appelé du miroir et... Il saigne, il fait noir.
- Et tu comptais venir seul ? Tu comptais aller t'aventurer seul ? Tu es complètement inconscient ou quoi ? Tu ne sais même pas comment y aller !
- Mais maman, tu es fatiguée !
- Et cinq fois plus forte que toi pourtant, maintenant où est ta cape ?
- Je ne l'ai pas ramené !
- Tu vois à quoi ça sert de faire un plan avec un adulte ? Suis-moi.
Elle dirigea la baguette vers lui, il sentit un étrange courant d'air et un liquide froid glisser sur lui.
- Tu fais exactement ce que je dis et à la moindre impulsivité je te pétrifie, tu m'entends ?
- Oui.
- Allez cours maintenant !
Ils coururent main dans la main, puis sur le pied du pont, entre l'exacte endroit ou commençait le pont et se finissait de verser la rivière, Euphémia Potter se tourna vers son fils.
- Ferme les yeux et fonce, même si tu sens que c'est glacial. Ne t'arrête surtout pas, tu dois traverser en même temps que moi.
- Oui.
Ils traversèrent cet espace qui donna l'impression à James d'avoir traversé un Iceberg, il eut si froid qu'il eut le reflexe de ramener ses mains tout prés de son corps, pour se tordre et se réchauffer, mais Euphémia resserra l'étreinte autours de sa main et cria quelque chose qu'il n'eut pas le temps d'interpréter. Soudain, la sensation se dissipa, la chaleur revint et la vue s'obstrua. De la fumée, beaucoup de fumée et deux corps allongés étaient tout ce qu'il réussit à déchiffrer.
- Comment ont-ils pu ? Comment ont-ils su… ? Marmonna la mère du jeune homme.
Euphémia Potter s'approcha d'eux, elle s'accroupit et tâta les pouls en interdisant à son fils de s'approcher.
- « Homenum revelio ».
Personne ne bougea mais un troisième corps apparut un peu plus loin. Allongé à ras le sol et essayant d'attirer l'attention des Potter. James courut et s'assit près de lui en essayant de sourire.
- Andy… Andro… Bella.
- «Expecto patronum»! Cria Euphémia
Un immense renne jaillit de la baguette de la grande sorcière, d'un argenté si brillant et net que James hésita à aller le caresser. Le renne leva sa tête et se tourna vers son instigatrice.
- Nous sommes au Vauxhall Bridge, dans le hulot 11, nous avons besoin de renfort… James est avec moi. Trois corps blessés mais vivants et une personne portée disparue !
Ce sera tout pour ce chapitre,
A la semaine prochaine.
