Disclamer : Les personnages appartiennent à Tadatoshi Fujimaki. Je ne touche pas d'argent en écrivant cette fic.

Mot du début : Bonjour à tous ! J'espère que vous allez bien ! Pour une fois, je ne vais pas m'éterniser ! Je vous remercie encore de toute votre patience et de votre soutien durant tous ces mois d'attentes ! J'aurai voulu poster ce chapitre plus tôt mais bon, vaut mieux tard que jamais ! Au moins, il n'y a pas eu 1 an d'attente *hum hum*

Ce chapitre fait environ 19 000 mots. J'espère que vous allez l'apprécier !

Je vous souhaite une très bonne lecture !


« Bon sang Kise… décroche… »

Aomine appuya rageusement sur son téléphone, une énième fois sur la touche appel. Il dormait ou quoi ?

« Allô ? » fit le blond d'une voix ensommeillée.

Il dormait.

« Et bah c'est pas trop tôt ! Qu'est-ce tu foutais ? Ça fait au moins dix fois que j'essaye de t'appeler !

- Je me suis couché tôt, baillâ t-il. On a un match demain à Kaijo… qu'est-ce qu'il se passe ? Si c'est pour me dire de venir, je t'ai dit que je ne voulais pas…

- Akashi n'est pas là. »

Un petit silence s'installa.

« De quoi ? fit le décoloré, la voix pâteuse et croyant ne pas avoir bien entendu.

- Comme je te le dis ! Je suis venu à l'heure comme d'hab et tout est fermé ! Je suis devant son portail et il n'y a aucune lumière chez lui.

- Qu'est-ce que tu racontes ?

- Mais ce que je te dis ! T'es sourd ou quoi ? Akashi s'est barré !

- Et Murasakibarrachi ? Midorimacchi ?

- Ils ne devraient plus tarder je pense mais je n'ai pas réussi à les joindre non plus.

- Bon… j'enfile un truc et j'arrive.

- Grouille ! »

Aomine raccrocha en jurant. Qu'est-ce qu'il se passait là ? On était un dimanche soir, à l'heure habituelle. Akashi devait être là.

Il était toujours là.

S'il avait changé d'avis, la moindre des choses aurait été de les prévenir, qu'ils ne fassent pas le déplacement pour rien !

Purée…

Une silhouette se dessina dans l'obscurité et Aomine reconnut sans difficulté aucune le géant de Yosen.

« Bonsoir Mine-chin, dit-il en l'apercevant. Aka-chin fait la soirée dehors ?

- Ce serait bien de le savoir dans ce cas… grommela t-il. Il ne t'a rien dit ?

- Dit quoi Mine-chin ?

- Akashi n'est pas chez lui. »

Le violet haussa un sourcil.

« Ah bon ?

- Oui ! T'as qu'à regarder chez lui ! Y a personne !

- Aka-chin était très énervé la semaine dernière. Il n'a peut-être plus envie de jouer…

- Ouais…

- Akashi n'est pas là ? »

Ce fut cette fois la voix de Midorima qui apparut à son tour qui retentit dans la ruelle vide.

« Ouais.

- C'est étrange, cela ne lui ressemble pas.

- C'est ce que je me suis dit, tu penses !

- Où est Kise-chin ?

- A la base il devait pas venir mais…

- Ah bon ? fit à son tour Midorima. Pourquoi ?

- A cause de ce qu'il s'est passé la dernière fois, qu'est-ce tu crois…

- Mmh…

- Mais je l'ai prévenu de ce qu'il se passe et il va venir du coup… tiens en attendant Murasakibara, fais-moi la courte que j'aille y jeter un coup d'œil quand même.

- Comment ça Mine-chin ?

- Attendez… venez par-là. »

Ils se décalèrent vers un pan de mur un peu plus petit et déjà moins sous les feux des projecteurs.

Tout le monde devina ce qu'il se passait dans la tête du bleu.

« Tss… tu parles d'une idée…. lui dit Midorima. Nous devrions plutôt rentrer chez nous.

- Ouais mais non. J'ai pas envie ce soir…. Mets tes mains comme ça Murasakibara… »

Il le copia et le joueur prit appui sur lui avant de s'accrocher en haut du mur.

« Donne-moi un peu d'impulsion là… parfait !»

- Tu sais que son père a peut-être installé des détecteurs de mouvements ? lui rappela le vert. Tu n'es pas chez le pauvre du coin…

- M'en fou… ça le fera peut-être rappliquer. »

Puis Aomine disparut de l'autre côté. Il n'y voyait que dalle alors il alluma la lampe torche de son téléphone en l'activant le plus faiblement possible. Il ne voulait pas non plus alerter les voisins qui pouvaient le prendre pour un potentiel voleur.

Surtout que le Akashi, il habitait dans un quartier plutôt huppé.

Mais Aomine devait se rendre à l'évidence : cet idiot semblait bien être définitivement absent. Aucune lumière nulle part.

« Psst… Akashi ? T'es là ? »

A vrai dire, il se sentait complètement con. Il était imaginable que le rouge squatte son jardin dans le noir. A moins de se prendre pour un héro de roman dramatique et de broyer du noir, une bouteille de Bordeaux à la main.

Il s'approcha d'une fenêtre pour tenter de regarder à l'intérieur, mais sans toucher les vitres ou les volets par peur d'activer une alarme.

Rien de rien.

Il jeta un œil vers la fenêtre du haut où se trouvait sa chambre. Est-ce qu'il pouvait grimper à cette gouttière pour aller vérifier une dernière fois ? – et se dire par la même occasion, qu'il avait pas fait cette acrobatie pour rien ?

Nan. Ça servait à rien.

Il retourna près du mur.

«Psst ! Psst !

- Alors ? lui demanda Midorima en l'entendant

- Personne. Tout est éteint et il n'y a pas un bruit.

- Et comment tu vas faire pour remonter maintenant ? » soupira Midorima qui connaissait très bien la réponse.

Un blanc se fit.

« Bah… j'en sais rien en fait…

- Je ne sais même pas pourquoi tu as réfléchi pour me répondre ça…

- Commence pas… »

Le bleu éclaira tout autour de lui pour y trouver une idée et il distingua les poubelles de tri non loin du portail.

Et bien allez… quand faut y aller, faut y aller…

Il fit rouler les deux poubelles en plastique.

« C'est quoi ce bruit ? questionna le vert

- Ma sortie qui arrive.

- C'est bruyant Mine-chin… »

Effectivement, ce n'était peut-être pas le plus discret… d'ailleurs, une des fenêtres de la sublime demeure voisine s'éclaira et il éteignit aussitôt son téléphone.

« Cachez-vous ! Y a du monde. »

Les deux joueurs disparurent derrière un arbre au cas où et Aomine ne fit qu'un avec le mur. Une tête sortie de la maison, lampe torche – plutôt puissante - à la main. Le métisse ne se fit pas prier et s'allongea pour ramper dans l'herbe, loin du danger. Heureusement pour lui car la zone où il était précédemment avait été passé au peigne fin.

Puis la silhouette disparut, fermant sa fenêtre.

Il attendit encore cinq minutes avant de retourner à son spot.

« Psst… vous êtes là ?

- Non…

- Très drôle Midorima. J'arrive ! »

Il grimpa doucement sur les poubelles pour arriver à une distance raisonnable du haut du mur. Mais quand il prit l'impulsion, les deux poubelles se renversèrent en arrière, créant un vacarme impossible.

« Meeeeeeeeeeerde ! »

Très vite, il se hissa de toutes ses forces et sauta du mur avant de se mettre à courir, suivit des deux autres joueurs. Sans surprise, la lumière s'était rallumée et la silhouette sembla les avoir repérés au vu de la direction du faisceau lumineux.

Finalement, ils s'arrêtèrent dans une ruelle très éloignée de la maison de leur ancien capitaine, complètement essoufflés.

« Je… je te retiens toi avec tes idées… réussit à dire Midorima en tentant de reprendre son souffle.

- Hé ho… j'ai… c'est pas de ma faute s'ils ont des poubelles complètement pourries !

- Tu as vu ton poids et celle de la poubelle ?

- Mine-chin n'est pas gros mais lourd.

- Merci Murasakibara… »

Ils inspirèrent encore quelques secondes avant de parler.

« En attendant, on n'est pas plus avancé… constata Aomine.

- Cela ne ressemble pas à Akashi de ne pas prévenir, dit Midorima, sourcils froncés. Il doit forcément être quelque part.

- Si ça se trouve il nous observe depuis le début et il doit bien se marrer !

- Si c'est le cas, c'est toi qui l'a cherché… tu ne pourras pas dire qu'il t'a forcé. »

Il finit par lui envoyer un regard noir avant que le silence s'installe de nouveau.

« Bon… qu'est-ce qu'on fait ?

- Je pense qu'il vaut mieux que nous rentrons chez nous, dit simplement Midorima.

- Moi je m'inquiète pour Aka-chin » dit Murasakibara avec une petite moue.

Aomine s'attendait à une réplique sèche du shooter pour lui dire que leur ancien capitaine était un grand garçon et que cela ne servait à rien.

Mais elle ne vint pas.

« Je veux retrouver Aka-chin.

- T'es marrant toi ! Nous aussi mais on sait pas où il est ! J'ai essayé de l'appeler au moins quinze fois sur son téléphone mais il n'a pas décroché.

- Est-ce que tu as essayé d'appeler Kuroko ? »

Le bleu pivota vers le Shutoku. Il le fixa sans répondre.

« Hé ho, je t'ai posé une question. »

Toujours aucune réponse si ce n'est cet idiot qui le fixait.

« Ignore-moi, je ne te dirais rien…

- Tetsu… »

Le superstitieux avait lâché son air renfrogné pour un regard d'incompréhension. Même Murasakibara l'interrogea du regard.

« C'est Tetsu. Il est peut-être chez Tetsu. »

Les deux adolescents se firent songeurs.

« Je ne vois pas pourquoi, lâcha finalement Midorima

- Je pourrai t'en donner des centaines. »

Puis Aomine reprit, les sourcils légèrement froncés.

« Tetsu est l'unique raison pour laquelle Akashi ne ferait pas de jeu à boire le dimanche. »

Un nouveau silence s'installa.

« Je ne sais pas Mine-chin…

- Bien sûr que si Murasakibara ! Même malade à en crever il était là il y a plus deux mois. »

Le grand violet réfléchit.

« Mmh…. Mine-chin a raison.

- Et toi Midorima… tu ne dis rien ? »

Le vert secoua la tête.

« Je ne pense pas. Akashi n'est pas comme toi à attendre à la sortie des maisons.

- Peut-être est-il arrivé quelque chose à Tetsu et on n'est pas au courant ? »

Rien que cette pensée fit glisser un frisson dans son dos avant que Midorima ne secoue la tête de nouveau.

« Momoi aurait été au courant. Et elle nous aurait prévenu.

- T'as raison. C'est autre chose…. Après tout, il s'est passé quelque chose de nouveau la semaine dernière qu'il faut prendre en compte, ne l'oublie pas. »

Tout le monde compris qu'il parlait de la fameuse baffe.

« De toute façon, je voulais voir Tetsu pour m'excuser alors si Akashi n'est pas là-bas, tant pis. J'aurai au moins fait ça.

- Tu recommences dans des travers, soupira Midorima. Qui te dit qu'il va t'ouvrir la porte cette fois ?

- Je n'en sais rien. Mais cette fois-ci je viens m'excuser, chose que je n'avais pas prévu la dernière fois quand je l'ai stalké. Ça doit faire toute la différence non ?

- Non.

- Roooooh ! commença à s'agacer Aomine. Arrête un peu d'être aussi négatif Midorima ! Tu vas me porter la poisse.

- Et bien vas-y tout seul.

- Tu pourrais quand même bouger tes miches pour venir !

- Non.

- Moi je viens Mine-chin. Je veux m'excuser aussi auprès de Kuro-chin.

- Tiens d'ailleurs Murasakibara, il avait répondu à ton texto ?

- Oui.

- Montre-voir !

- Kuro-chin m'a juste dit merci.

- C'est toujours ça… grogna le basané.

- Mido-chin devrait venir avec nous.

- Sans façon.

- Tu es sûr que tu n'as pas des choses à dire à Tetsu ? »

Là, le vert se tut avant de couler un regard vers ses deux anciens coéquipiers.

« Arrêtez de me regarder comme ça.

- Si tu te sens gêné c'est que t'as quelque chose à te reprocher hein ? »

Dans le mille.

« Très bien, soupira t-il. Mais je vous préviens que s'il n'ouvre pas, je rentre chez moi.

- Je suis content que Mido-chin vienne.

- J'envoie un message à Kise pour lui dire qu'on se rejoint là-bas. »

Puis la petite troupe se dirigea vers l'arrêt de bus correspondant à leur destination. Ils s'assirent sur le banc sans parler, chacun perdu dans leur pensée mais le moyen de locomotion nocturne ne tarda pas. Dès qu'ils l'aperçurent, ils se mirent debout pour grimper à l'intérieur.

« Ça faisait un moment que je n'avais pas vu un bus propre de nuit, avoua Aomine, non sans sourire.

- Par ce qu'il est encore tôt. Reprend le même deux heures après et tu verras, grimaça le Shutoku

- C'est bien pour ça que je dis ça Midorima…

- Je déteste le bus » bouda le violet.

Après un long moment, le véhicule s'arrêta et les trois descendirent. Aomine sentit son cœur palpiter quand il aperçut le quartier où vivait Kuroko.

A vrai dire, il angoissait léger de retrouver ses yeux accusateurs. Si ce dernier voulait bien leur ouvrir, bien sûr.

« Et bien… allons-y… » lança t-il dans l'espoir de motiver la troupe – mais surtout lui-même.

Il n'y avait vraiment pas grand monde dans le coin. Ce quartier très résidentiel était désert de nuit.

« Tu ralentis Aomine… »

Ce dernier se retourna pour fusiller Midorima du regard.

« Je ne ralentis pas. J'observe.

- Oui…. C'est ça… »

Puis finalement, la silhouette de la maison du passeur se détacha dans la rue encore très légèrement éclairée par les réverbères. De la lumière était allumée, signe qu'il y avait au moins un membre de la famille Kuroko encore debout.

Il fallait croiser les doigts pour que ça soit le bon.

« Aominecchi ! »

Les trois adolescents se retournèrent pour apercevoir un Kise qui arrivait à son tour.

« Kise-chin. »

Le blond arriva à leur hauteur, un air inquiet affiché sur son visage.

« Qu'est-ce qu'il se passe ? Où est Akashicchi ? Qu'est-ce que vous faites là ?

- Akashi n'est pas chez lui, je me suis dis qu'il pouvait peut-être être ici.

- Chez Kurokocchi ?! »

Les quatre hommes se tournèrent vers ladite maison.

« Ça m'inquiète, ce n'est pas le genre d'Akashicchi d'annuler et encore moins sans prévenir !

- Allons sonner chez Tetsu… »

Ils s'approchèrent à grands pas de la maison jusqu'à l'apercevoir entièrement et dans ses moindres détails.

Mais ce qui les surprit fut le Razukan, adossé au réverbère allumé le plus proche, fixant la maison, bras croisés.

« Akashicchi ! »

Kise s'élança vers lui. Leur ancien capitaine tourna légèrement la tête.

« Que faites-vous ici ? demanda t-il d'une voix froide

- On pourrait te poser la même question ! fit le blond en l'examinant d'un rapide coup d'œil. Tu n'as envoyé aucun message, rien ! »

Pour toute réponse, le rouge posa un regard glaçant sur les nouveaux venus.

« Je suis occupé ce soir, dit-il simplement.

- Tu ne devrais pas faire ça Akashicchi, continua le décoloré en fronçant les sourcils. Je pense que Kurokocchi n'a pas besoin que tu le stalkes ainsi. Si c'est pour te venger de la baffe qu'il t'a donné alors…

- Ce n'est pas pour ça. Et je n'ai pas d'explications à te donner Ryouta. »

Ce dernier se figea. Quelque chose était… étrange chez l'Empereur ce soir.

Il ne ressentait pas de l'animosité comme il avait pu en émaner en une aura de colère froide il y a deux semaines.

Akashi était… calme ? Mais avec autre chose derrière que le blond n'arrivait pas à définir.

Il recula d'un pas.

« C'est vrai Akashicchi mais…

- Tu as frappé à sa porte ? » questionna Aomine en les rejoignant à son tour

Ils s'échangèrent une œillade.

« Pas encore. Ses parents viennent juste de partir.

- Comment tu l'as su ? Qu'ils sortaient ce soir, je veux dire ? »

Akashi présenta son téléphone.

« Satsuki m'a prévenu.

- Tu lui as demandé ? Et comment elle a su ? demanda Kise

- Idiot ! Tu sais bien que Satsu sait tout !... ou presque… même si je reconnais que c'est flippant en fait...

- C'est donc pour venir ici que tu n'étais pas chez toi ce soir ? résuma Midorima

- Oui.

- J'étais inquiet Aka-chin.

- Un message n'aurait pas été du luxe, bougonna le vert à voix basse

- Toujours est-il que Tetsuya est seul ce soir. »

Comme pour appuyer ses dires, la lumière du salon s'éteignit pour que celle de l'étage s'illumine.

« Nous y voilà. »

Les adolescents regardèrent avec surprise le rouge qui s'était redressé pour se rendre devant la porte de bois.

Il monta les trois premières marches avec une certaine détermination avant de toquer fort contre la porte boisée.

Rien.

Il frappa de nouveau.

Rien.

En tendant l'oreille, le Rakuzan crut percevoir des pas un escalier.

Il manifesta donc sa présence une dernière fois sur le bois. La porte n'avait pas de judas donc pas de risque qu'il vérifie l'intrus de cette façon là.

« … qui est là ? » fit finalement la voix du passeur

Ouah…

Cette voix… claire, pure… pourquoi était-elle devenue si rare ? Pourquoi son absence avait été si brutale au point de ne plus entendre ses notes ? Question rhétorique bien sûr, dont tout le monde avait la réponse. Ces trois mots avaient déclenché un mélange de soulagement, d'espoir et de chaleur dans les veines des joueurs. Leur corps semblait réagir à la réaction d'un manque qui venait de légèrement se combler. Les symptômes du sevrage du joueur fantôme paraissaient évoluer par son simple retour vocal. Le sucre de sa voix coulait dans leur veine, accueillant cette douceur qui avait disparu depuis bien trop de semaines.

Cette voix leur avait tellement manqué.

Pas fou, Akashi ne dit rien et intima aux autres de faire de même.

Kuroko dut se résoudre à tourner la clé et à ouvrir la porte.

Lorsqu'il aperçut qui était le visiteur nocturne au premier plan, ses yeux s'agrandirent et se froncèrent avant qu'il ne claque la porte à nouveau en donnant deux tours de clés.

Akashi n'en était même pas surpris.

« Ouvre-moi Tetsuya.

- J'ai dis que je n'avais rien à dire à Akashi-kun.

- Nous devons parler. »

La voix du Rakuzan avait une vibration particulière ce soir. Difficile de ne pas le remarquer pour ses anciens camarades de classe.

« T… Tetsu… tu peux nous ouvrir s'il te plaît ? Je… j'ai des trucs à te dire aussi… »

Mais le propriétaire des lieux était redevenu aphone et il ne faisait aucun doute pour la GDM qu'il avait regagné sa chambre.

« Attends Tetsu ! s'écria Aomine en haussant bien la voix pour se faire entendre de sa fenêtre qui était ouverte à l'étage. On n'est pas venu pour ce que tu crois. On…on veut…

- On veut s'excuser Kurokocchi mais devant toi. Pas par message, continua Kise.

- Laisse-nous une chance Tetsu.

- Kuro-chin… »

Kise devait avouer être très surpris de voir le bleu ainsi, mettant sa fierté de côté et se dévoilant ouvertement.

Finalement, le basané gagnait encore plus rapidement son pardon qu'il ne le pensait.

Il avait changé. Les choses avaient changé.

Kise ne savait pas si c'était grâce à lui ou non mais c'était très plaisant. Seul le résultat comptait.

Malgré tout leur effort, pas un bruit ne se fit entendre dans la maison mais la lumière à l'étage était toujours allumée.

Akashi fixait cette fenêtre sans ciller comme pour forcer le turquoise à y apparaître et Midorima n'eut aucun mal à deviner qu'il espérait y voir un mouvement.

Mais rien ne vint.

« Très bien… Je ne pensais pas devoir en arriver-là… »

Akashi avait dit cette phrase de manière si imperceptible que le vert n'était pas sûr de ses paroles exactes.

Le rouge pivota vers ses anciens joueurs.

« Très bien. Nous allons faire notre soirée ici. »

Tout le monde se regarda.

« Ici ? Tu veux dire ? Ici là ? Devant chez Kurokocchi ? reformula Kise en pointant leur place du doigt

- Non. Ici, là, sous la fenêtre de Tetsuya. »

Les adolescents prirent une tête choquée.

« Quoi ?

- Si Tetsuya ne veut pas venir à nous, c'est nous qui venons à lui.

- Oui mais… Akashicchi… je ne suis pas sûr que …

- Crois-moi Ryouta. C'est nécessaire. »

Le blond aurait bien répliqué mais… quelque chose l'en empêcha.

« Très bien… » finit-il par dire, cependant méfiant.

Et dire qu'il n'avait pas voulu venir pour continuer à montrer son désaccord avec son ancien capitaine… voilà qu'il était là, de force par les circonstances.

Il espérait, sincèrement du fond du cœur, que le rouge ne manigançait rien.

Vraiment, il l'espérait.

« Je ne suis pas pour, dit Midorima.

- Mais il fait bon ce soir Midorimacchi… je ne vois pas où est le problème.

- C'est toi qui essaye de me convaincre Kise ? »

Le blond lui accorda une moue de compréhension. C'est vrai qu'il n'avait pas vraiment de crédibilité ce soir.

« De plus, ses parents peuvent revenir rapidement, renchérit le vert

- Nous aviserons en conséquence au moment voulu. Pour le moment, nous devons profiter du temps que nous avons.

- Mmpf…

- Tu as des bouteilles Aka-chin ?

- Non. Nous devons aller au konbini qui n'est pas très loin. Il ne devrait pas poser de questions à cette heure…

- Ok, j'y vais avec Kise. Tu m'accompagnes ? »

Ce dernier hocha la tête.

« C'est par là je crois, dit Aomine en indiquant une direction. J'y suis passé la dernière… euh… 'fin bref.

- Tenez, dit Akashi en leur tendant un billet. Voici de quoi payer.

- Merci Akashicchi. »

Il tendit la main pour s'en saisir mais le bleu fut rapide que lui et en quelques secondes, le billet fut ranger au fond de sa poche.

« Hé !

- C'est pas pour les enfants.

- De nous deux, c'est pas moi l'enfant Aominecchi ! »

Le gamin en question eut un petit rire avant de lui passer la main dans les cheveux.

« Allez, on y va !

- Ramenez des choses à manger Mine-chin.

- Nan. »

Et c'est sur le visage triste de Murasakibara qu'ils quittèrent le groupe pour partir dans une ruelle éclairée par les réverbères. Le silence n'eut même pas le temps de s'installer.

« Je n'ai pas confiance en Akashicchi… » dit tout de suite le blond en regardant fixement devant lui.

Le dunker haussa simplement les épaules, les mains dans les poches, ce qui irrita le décoloré.

« Me dit pas que t'es de mèche avec lui encore ! s'emporta t-il en pivotant sa tête vers lui

- Mais qu'est-ce que tu vas t'imaginer là ? s'agaça Aomine. Moi je veux juste voir Tetsu pour… pour m'excuser. Le reste je m'en fou. Et…

- Et ?

- Et pour être honnête, j'ai pas l'impression que l'objectif d'Akashi ce soir est de pourrir Tetsu. Ou alors il serait vraiment con. »

Kise réfléchit à ces paroles, le regard dans le vide. Le reste de la marche se fit dans le calme pour différentes raisons.

Ils arrivèrent rapidement au konbini et achetèrent quelques bouteilles de vodka légèrement moins puissantes que l'Absolut, ainsi que des gobelets en plastique.

Effectivement, le caissier ne posa aucune question. Il faut dire que la corpulence d'Aomine jouait en sa faveur.

Le plus grand le régla avec le billet donné par Akashi.

« Faites gaffes les jeunes, en ce moment le coin n'est pas tranquille, leur dit le caissier en cherchant sa monnaie pour les rembourser.

- Comment ça ? demanda Kise en prenant le sac de bouteilles

- Y a une bande de jeunes qui traine et qui a tendance à racketter plutôt violemment les passants.

- Ah ouais… fit Aomine en baillant

- Je vois que vous êtes plutôt costaud mais faites gaffes à vous quand même.

- Ouais ouais… allez viens Kise, on se tire.

- Merci monsieur, répondit ce dernier, poli avant de suivre le métisse à l'extérieur… dis donc, tu aurais pu être plus aimable quand même ! C'est sympa de sa part de nous avertir !

- Bof… si ça se trouve c'est juste pour nous faire flipper et au pire si on les croise, on leur casse la gueule. Et c'est pas comme si on allait nous agresser dans le jardin de Tetsu. Faut être réaliste un moment… »

Kise secoua la tête en soupirant. Aomine était une vraie tête brûlée quand il n'était pas une tête de mule. Il ne serait d'ailleurs pas étonné que ce dernier souhaite croiser cette bande pour les affronter par les poings.

Une fois de retour au lieu de ce soir, ils virent que les joueurs s'étaient effectivement installés sous la fenêtre entrouverte du passeur qui avait toujours sa lumière d'allumée. Ils étaient assis dans l'herbe, en cercle, comme s'ils se trouvaient dans le salon de l'Empereur.

« Ah revoilà Mine-chin et Kise-chin » prévint le violet en les apercevant

Ils s'assirent en déballant leur achat au centre du groupe.

« L'herbe est un peu fraiche quand même, frissonna Kise

- Ouais mais on a déjà de la chance que le gazon ait été tondu si tu veux mon avis…

- Ouais mais si j'avais su, j'aurai emmené une veste. »

Puis tous se tournèrent vers leur leader qui ne cessait de jeter des œillades en hauteur.

« Alors, quel est le jeu de ce soir ? » soupira le vert

Il reporta toute son attention sur ses anciens camarades.

« Un jeu très simple. Comme nous avions l'habitude de jouer à nos débuts. Sans artifice.

- C'est bien ça Aka-chin. Surtout que je n'aime pas le bruit.

- De quoi ? demanda Aomine

- Des feux d'artifice. »

Un long regard dépité passa entre les joueurs.

« Comment il fait pour nous surprendre à chaque soirée ? questionna sincèrement le bronzé. Moi il m'épate. Je pense à chaque fois avoir tout entendu mais en fait non.

- Que veux-tu Aominecchi… c'est Murasakibaracchi…

- Moi je suis sûr et certain que si Himuro reste avec lui c'est que parce que c'est un bon coup !

- Aominecchi !

- Mine-chin n'est pas gentil…

- Vois ça plutôt comme un compliment…

- Bon, pour en revenir au jeu, je pense qu'on peut en avoir tous besoin, opina Kise.

- Le jeu de ce soir s'appelle sobrement « Retour aux sources ».

- Ah oui effectivement c'est simple, sourit Kise.

- Si simple qu'on ne sait pas ce que ça peut être comme jeu, dit Aomine

- Il s'agit d'un simple jeu de questions/réponses. Sauf que cette fois, les questions n'émaneront pas de l'application dont je me sers habituellement mais de nous.

- De nous ? répéta le bronzé

- Nous avons tous des questions à nous poser je présume. Et bien c'est l'occasion d'y répondre. Sans filtre. »

Aomine n'arrivait pas à ralentir ce sourire qui grimpait sur son visage.

Vraiment ? Cela allait être la soirée des révélations ? Ils pouvaient poser toutes les questions qu'ils voulaient et tous devaient y répondre ?

« Bien sûr, à chaque question que l'on ne souhaite pas répondre, c'est un verre. Un verre pour le premier joker, deux pour le suivant et ainsi de suite. »

Et le sourire du basané fana aussi vite qu'il était venu.

« Il y a avait une règle comme ça dans les premières soirées Aka-chin.

- Tout à fait Atsushi. Je l'ai reprise.

- Attends… quand tu dis un verre, c'est un gobelet de vodka ? hallucina Midorima.

- Oui.

- Sauf que là, à la vodka c'est rude Akashicchi. On peut même dire que le joker, c'est un one-short assuré pour la sieste !

- Effectivement. Voilà pourquoi il faut bien réfléchir à l'utilisation du joker.

- Je préfère poser la question maintenant : on rentre comment après ? questionna Aomine. Non mais je préfère savoir parce que je me suis fait engueuler la dernière fois.

- Tu appelles un taxi idiot, soupira le vert. Tu ne crois quand même pas qu'on va coucher là ?

- Avec toi, ça c'est sûr que non ! »

Kise explosa de rire et Midorima se raidit légèrement quand il repensa à la semaine dernière.

« Bien, qui commence ?

- Si j'ai bien compris, c'est soirée confidence ce soir, sourit Kise en retrouvant sa bonne humeur. On aurait dû amener nos pyjamas ! Et bien je commence. Mmh… dis-voir Murasakibaracchi… est-ce que tu as souvent mal au dos à force d'être si grand ? »

Kise avait volontairement choisie une question anodine. Cela ne servait à rien de taper là où cela faisait mal dès le début.

Aomine ne comprit pas sa stratégie et bougonna.

« Elle est nulle ta question Kise…

- Bah quoi ? Ça m'intéresse !

- Oui parfois Kise-chin mais Muro-chin s'occupe bien de moi.

- Comme c'est étonnant, ricana le métisse. Allez à moi… Akashi. »

Ce dernier n'était nullement surprit.

« Oui.

- Où tu es parti la semaine dernière quand tu as quitté subitement la soirée ? »

Tout le monde ouvrit grands les oreilles, même ceux dédaignant un désintérêt certain comme Midorima.

Le dunker s'attendait à ce que le premier verre soit bu. Mais il n'en était rien.

« Je suis rentré chez moi, tout simplement.

- Tu ne nous racontes pas de crack ?

- Non, répondit-il posément. Je n'avais pas la tête à… rester. »

En même temps ta tête a surtout pas mal morflé… songea le bleu

« Tu as fais quoi en rentrant ? » renchérit le jaune

Là encore, les joueurs s'attendirent que le Kaijo atterrissent sur les roses avec un « Je ne vois pas en quoi ça te regarde Ryouta » mais pas du tout.

Surprenant.

« Il n'y a rien de croustillant si tu cherches un scoop Ryouta : j'ai pris le premier bus qui venait et je suis rentré chez moi pour… me calmer.

- C'est-à-dire ? tenta – pas très serein – le mannequin.

- C'est-à-dire que j'ai tout simplement préféré calmer mes nerfs chez moi et prendre le temps de réfléchir. Voilà pourquoi je suis là ce soir.

- Ah…. je comprends Aka-chin. »

Kise eut un regard songeur, réfléchissant à ce que venait de dire leur ancien capitaine. A vrai dire, il mourrait d'envie d'en savoir plus, de connaître tout ce qui avait traversé l'esprit du Rakuzan pour qu'il en vienne à cette conclusion qu'il venait d'énoncer. Mais Kise ne persista pas car la réponse sembla satisfaire les joueurs curieux car ils n'eurent rien à rajouter. Même Aomine, ce qui était une première.

« Moi j'ai une question pour Mido-chin.

- Je t'écoute… même si je crains le pire…

- Pourquoi Mido-chin ne me laissait jamais son dessert à la cantine ? »

Le Shutoku ouvrit de grands yeux.

« Qu'est-ce tu me dis là ?

- Mido-chin ne voulait jamais me le donner.

- Evidemment !

- Pourquoi ?

- Mais parce que c'était le mien ! Je te signale que mes parents payaient pour mon repas, de l'entrée jusqu'au dessert…

- Tu peux parler Murasakibaracchi ! Tu nous le passais jamais non plus !

- Ouais ! Nous on se brossait ! Y a que Tetsu qui était sympa pour te le filer de temps en temps car il avait un appétit d'oiseau.

- Oui mais quand même Mine-chin.

- Ça c'est les paroles d'un type qui n'a aucun argument. Radin ! »

Le géant eut une moue face à toutes ces accusations.

« J'ai compris… c'est bon…

- Tu parles comme il a compris, s'esclaffa le bleu suivit du blond

- Bien, à mon tour. »

La voix d'Akashi s'était élevée.

« Cette question est pour Tetsuya. »

Tout le monde sursauta à l'entente de cette annonce et les adolescents changèrent automatiquement leur regard de direction pour l'éternelle fenêtre.

« Est-ce que malgré ta colère, tu veux me dire certaines choses Tetsuya ? »

La voix naturellement suave d'Akashi résonnait mystiquement dans ce jardin. Chacun connaissait ce gros sous-entendu que laisser planer cette question mais surtout les réponses que leur ancien capitaine espérait entendre. Une fois sa phrase achevée, le silence remplaça le son de sa voix.

Tout le monde tendait l'oreille, retenant leur souffle.

Il était plus qu'évident que le passeur entendait leur échange depuis cette fenêtre entrouverte.

Mais aucune réponse ne leur parvint.

« En même temps… je ne sais pas à quoi tu t'attendais, lui lâcha finalement Midorima

- Bref, changea aussitôt le rouge, ma question va donc pour Daiki.

- Mmh…

- Est-ce que Tetsuya a répondu au message que tu avais envoyé il y a deux semaines. »

Le basané s'arracha de sa contemplation sur la maison et se tourna vers lui. Il s'en souvenait ?

« Nan… marmonna t-il. Il ne m'a pas répondu. »

Discret coup d'œil à l'étage.

« Bon, reprit-il en se tournant vers son voisin, moi j'ai une question pour Kise. »

Et vu le sourire qui commençait à s'afficher sur le métisse, le mannequin n'était pas rassuré.

« Je me méfie Aominecchi…

- Tu fais bien ! Dis voir la semaine dernière… t'as passé une bonne soirée avec ta meuf ? Mmh ? »

Le blond prit des couleurs.

« Tu vas pas reparler de ça Aominecchi !

- Bah si ! Tu vois bien que je suis en train de le faire ! Alors, c'était un bon coup ou pas ? »

Le copieur commençait à devenir tout rouge jusqu'à la pointe de ses oreilles. Il observa son gobelet entre ses mains avec attention. Ce n'est pas que c'était tabou… c'était juste sa vie privée. Et celle de sa petite amie.

« Je…

- Ah ? J'en connais un qui va boire !

- Tu n'es qu'un pervers Aominecchi !

- C'est pas nouveau ! On dirait que tu le découvres ! s'esclaffa t-il

- Il s'est passé quoi Mine-chin ?

- C'est vrai que t'étais pas là Murasakibara. Kise est venu en retard car il avait passé du bon temps pour la première fois avec sa copine.

- Ah, fit simplement le violet.

- Prépare-toi car je vais te poser la question aussi, ricana le basané

- Mine-chin est trop curieux.

- Ah bah c'est la soirée ! Et je vais pas me priver tu penses. »

Midorima lâcha un soupir. Heureusement qu'il n'était pas dans une histoire de ce genre avec…

Hop hop hop.

A quoi il pensait là au juste !?

Le vert se mit une baffe mentale.

« Ok ok Aominecchi, capitula Kise pour en finir rapidement, … c'était… c'était super… voilà. J'ai pas besoin d'en dire plus !

- Sauf si je te le demande !

- Oui mais tu vas pas le faire, le menaça t-il en le fusillant du regard

- Ouais ouais… fit-il en levant les mains en signe d'innocence

- Bah tiens, j'ai une question pour toi Aominecchi !

- La vengeance ne mène à rien hein ?

- Comment va Momoicchi ?

- …Quoi c'est ça ta question ?

- Je peux t'en poser une pire si tu…

- Nan nan nan c'est bon… s'empressa t-il. Bah c'est pas la grande forme. Elle tire une tronche de six pieds de longs. J'ai essayé d'être moins vache avec elle du coup cette semaine.

- Quelle délicate attention, ironisa Midorima

- Dis donc toi ! Je te trouve vachement d'une humeur bizarre depuis le début de la soirée ! »

Le shooter se tendit légèrement.

« N'importe quoi.

- Bref ! coupa Kise. J'espère que Momoicchi va aller mieux…

- Ouais, j'espère aussi. Elle est encore plus chiante comme ça.

- Tu pourras nous tenir au courant Aominecchi ?

- Ouais. Bon allez, on est pas là pour parler de Satsu. Moi j'ai une question pour toi Murasakibara…

- Oui Mine-chin.

- Pourquoi tu aimes venir aux soirées du dimanche soir ? »

Le violet prit quelques secondes pour réfléchir.

« Parce que j'aime bien quand Aka-chin commande de la nourriture. Et j'aime Aka-chin, Mido-chin, Kuro-chin, Mine-chin et Kise-chin et j'aime bien passer du temps avec eux.

- On voit ton sens des priorités !

- … Mais je n'aime pas quand on est tous fâché, reprit-il avec une moue sincère. Et Kuro-chin me manque. »

Un silence lourd s'installa et tout le monde regarda le sol. Le géant n'était pas le seul à le penser.

« Il nous manque tous » continua Kise.

Phrase qu'il ponctua d'un long soupir approuvé par ses camarades de jeux. Cette fenêtre devait être tant regardée que les adolescents auraient pu la dessiner dans les moindres détails les yeux fermés.

Murasakibara fut le premier à reprendre la parole.

« Moi j'ai une autre question pour Mido-chin.

- Ben voyons…

- Je trouve l'uniforme de Shutoku moche… »

Le superstitieux cligna plusieurs fois des yeux, interdit.

« Mais c'est pas une question ça…

- Et ça clash ! pouffa le bleu en donnant un bourrade complice au violet

- Qu'est-ce que tu veux que je réponde à ça ? Bien sûr que non ils ne sont pas moches.

- Beuh… »

Kise et Aomine riaient ouvertement.

« Honnêtement si Midorima ! Tu peux pas dire ça ! On dirait des uniformes de prisonniers ! C'est même étonnant que personne ne vous l'ai dit ! »

Le vert grommela.

« Si, il y a bien trois personnes qui nous l'ont dit mais ce n'est pas comme si j'attachais de l'importance à leur avis…

- AH ! Tu vois !

- C'est un joli AH Aominecchi…

- Merci !

- Mais sinon c'est vrai qu'il y a mieux Midorimacchi… on dirait vraiment des bagnards ! Il ne manque plus que les boulets aux pieds !

- Et une savonnette…

- A votre place je me remettrai en question de votre côté…

- Comment ça ?

- L'uniforme de Touhou ressemble plus à un pyjama qu'autre chose. On dirait qu'ils sont trois fois trop grands pour vous.

- Hé !

- Quant à ceux de Kaijo… je trouve personnellement qu'on dirait les t-shirts de l'équipe de France de handball…

- Hé !

- Mido-chin est en forme.

- On me pose une question, j'y réponds, nuance.

- Oui non mais là ! J'ai pas souvenir d'avoir entendu ces questions sur nos maillots hein ! »

Il haussa simplement les épaules.

« Et ceux de Yosen, Rakuzan et Seirin, tu les trouves comment ? questionna le bronzé, amer

- C'est une vraie question ?

- Bah écoute maintenant que t'es lancé, ce serait dommage de s'arrêter là hein ? Autant que tout le monde en prenne pour sa poire…

- Je ne vois pas en quoi je suis le mieux placé pour donner mon avis dessus…

- Moi aussi je me le demande Mido-chin.

- C'est clair que t'es loin d'être un modèle en matière de mode, ricana le bleu. Mais je veux savoir. »

Le joueur soupira.

« Qu'est-ce que tu veux que je te dise ? Je n'ai pas un avis sur tout…

- Oh on s'en fou ! Donne-le nous et qu'on passe à une autre question !

- Pff… je n'ai aucun commentaire à faire sur ceux de Rakuzan, ils sont très simples, ceux de Seirin non plus : je dirais que c'est l'uniforme qui fait le plus uniforme sportif. Quant à ceux de Yosen… »

Il regarda rapidement le gourmand.

« Il fait pyjama autant que celui de Touhou, mais dans un genre différent. »

Les deux compères rirent à l'exception de Murasakibara.

« Je ne trouve pas qu'il fait pyjama Mido-chin.

- De même que celui de Rakuzan n'est pas aussi simple qu'il n'y parait.

- C'est parce que Aka-chin le porte bien.

- Merci Atsushi. »

Ce qui fit lever au ciel les yeux du shooter.

« Et bien la prochaine ne me demandez pas mon avis et on gagnera du temps.

- Bon à moi ! sourit Aomine. Question pour Kise !

- Encore ?! C'est de l'acharnement là !

- Avoue que tu as fait une couleur !

- Quoi ?! s'étrangla t-il

- Personne n'a les cheveux aussi blonds que toi dans la vraie vie !

- Je ne te permets pas Aominecchi !

- Et encore une fois, ce n'est pas une question, lui rappela Midorima

- Mais attendez-là ! Y a que moi qui trouve ça trop flashy ? T'aurai pu prendre la teinte « Epi de blé » pour que cela soit plus réaliste déjà !

- Epi de blé… mais n'importe quoi !

- Là tu as pris « Tournesol abusé » et tu n'aurais pas dû. »

Midorima se surprit à esquisser un bref sourire avec le rouge.

Pendant que les deux se chamaillèrent, aucun ne vit une petite touffe bleue apparaître furtivement à la fenêtre.

« Ce n'est pas Epi de blé Aominecchi !

- Ah mais ça on avait bien compris…

- Non ! Je veux dire que ce n'est pas… raaah laisse-tomber ! »

Le mannequin finit par pousser un long soupir.

« Je meurs d'envie de te poser une question Aominecchi mais je me retiens pour plus tard du coup…

- Ça me va moi !

- Alors elle sera pour Murasakibaracchi…

- Oui Kise-chin ?

- C'est quoi le dernier film que tu es allé voir au cinéma ? C'était dimanche dernier ?

- Oui avec Muro-chin et des amis. C'était très bien et Muro-chin a beaucoup aimé. C'était « Kill him not me ».

- Mais pourquoi tu n'as pas commencé par là Murasakibaracchi ! s'égosilla le blond. J'adoooooooooooooore ce film ! Je l'ai vu avec Pippo il y a deux semaines !

- Moi j'ai beaucoup aimé le passage où l'homme avec la casquette soulève la voiture et la jette sur un vendeur de hot-dog…

- Mais ce n'est pas la meilleure scène Murasakibaracchi ! Celle dont tout le monde parle c'est quand la fille prend la main bionique, elle se la greffe sur le ventre pour faire une partie de « je te tiens la barbichette » avec le héro… avant de lui arracher les tripes ! Ça c'était de la ruse !

- Non mais qu'est-ce que c'est que ce film ? On dirait une vieille blague pourrie !

- Non je t'assure il est vraiment trop bien Aominecchi ! Tu devrais aller le voir il est encore en salle !

- Maintenant que je me suis fais spoiler ? Non merci !

- Et Kise-chin a dû bien aimé le passage où l'homme tout bleu se trémousse devant les toilettes ?

- Tu me connais trop bien Murasakibaracchi ! Surtout quand…

- Hé ho ! Vous n'êtes pas tout seul hein ? Et là vous m'avez définitivement coupé toute envie de le voir !

- Il m'a l'air bien singulier, opina Midorima

- Aka-chin l'a vu ?

- Non et je n'y tiens pas non plus.

- Ah ! Merci Akashi !

- Question pour Daiki.

- Ah… »

Les yeux hétérochromes se posèrent sur lui.

« Est-ce que tu en veux encore à Taiga pour ce qu'il s'est passé la dernière fois ? »

Pas besoin d'en dire plus, Aomine et tous les autres comprirent ce que sous-entendait « la dernière fois. »

Le visage du métisse se rembrunit et il trifouilla sa mémoire. Une seule réponse lui vint à l'esprit.

« Je n'ai rien contre ses sentiments envers Tetsu. Je lui en veux juste simplement sur la façon dont il s'y est pris. Il y avait d'autres moyens que ça…

- Très bien. Alors laisse-moi te poser une autre question. As-tu déjà embrassé Tetsuya ? »

Le bleu sursauta.

C'était donc là où il voulait en venir…

Aomine jeta un rapide coup d'œil à son verre. S'il buvait, cela restait un aveu. Autant qu'il assume, surtout que maintenant, tout avait changé.

« Oui. »

Kise manqua de s'étrangler avec sa salive, de même que Midorima.

« Pardon ? fit ce dernier.

- C'était… c'était il y a longtemps ok ? Ça ne veut plus rien dire. »

Le vert était sur les fesses. Il avait dû mal à imaginer la scène.

Et il ne voulait pas l'imaginer d'ailleurs.

Murasakibara le regardait fixement, quoiqu'étonné.

« J'ai compris le message Akashi, grogna le Touhou. Pas besoin de…

- Est-ce que tu voudrais présenter toutes ces excuses à Tetsuya ? »

Le basané le regarda, interloqué.

Est-ce que… est-ce qu'Akashi essayait de l'aider ?

« Evidemment… grommela t-il.

- Moi je suis encore choqué ! s'exclama Kise. C'était quand Aominecchi ?

- C'était quand quoi ?

- Quand tu as embrassé Kurokocchi ?

- Je ne sais plus… mentit-il, ce que Kise sentit.

- N'oublie pas que tu dois répondre sinon tu bois !

- Ok, souffla t-il, c'était quand on a joué au Bizkit et que la joue de Tetsu a morflé. Voilà. »

Il avait dit ça en soutenant le regard d'Akashi sans ciller. Mais le joueur en question était si calme que le plus surpris de tous ici présent fut Aomine.

« Quoi ? lâcha Kise. C'était là ? Ça date tellement…

- Je vous l'avais dit !

- Est-ce que Kuro-chin embrasse bien…

- Quoi ? Je… Murasakibara ! râla Aomine

- C'est vrai qu'il y a des choses qu'on ne veut pas savoir Murasakibaracchi….

- Je ne sais même pas pourquoi tu veux savoir ça Murasakibara… » soupira Midorima

C'était soirée confidence ? Et bah ok.

« Si vous voulez tout savoir il m'a repoussé en me mordant la langue alors je ne pourrai pas vous dire, grogna t-il. Demandez donc à quelqu'un d'autre… »

Ce qui laissait clairement sous-entendre le Rakuzan au vu du regard qu'il lui envoyait.

« Et bah si je m'attendais à ça… dit Kise, n'ayant pas reçu le message visuel

- Tu as voulu ton scoop tu l'as eu !

- C'est vrai que – plus encore - je suis étonné que tu n'ais pas bu Aominecchi.

- Parce que c'est du passé, dit-il simplement haussant les épaules. Je n'ai plus rien à cacher. Je veux juste que Tetsu soit heureux et ce qui s'est passé ne compte plus. »

Le blond lui envoya un sourire si rempli de gentillesse que le bleu ne sut pas pourquoi il avait le droit à une telle marque d'affection.

Mais c'est quand il repassa mentalement sa dernière phrase prononcée qu'il comprit. Il se teinta légèrement.

« Oui bah c'est un secret pour personne hein !

- Mine-chin est mignon.

- Que… Je ne suis pas mignon du tout ! Qu'est-ce que c'est que ces conneries ?! commença à s'agiter le joueur

- C'est vrai que c'est n'importe quoi Murasakibara…

- Tu n'arrives pas à voir la beauté des moments Midorimacchi… »

Pendant que le dunker continuait à radoter à qui voulait bien l'entendre qu'il ne correspondait en aucun cas à la description du géant, Akashi avait reprit la contemplation de la fenêtre.

« Si Mine-chin a fini, moi j'ai une autre question pour Mine-chin.

- Si elle est du même genre tu peux te la mettre où je pense ! répliqua t-il toujours à vif

- Mine-chin fait de la musculation ?

- … hein ? Comme si j'avais que ça à foutre…

- Mais Mine-chin est celui qui a le plus de muscle alors que c'est lui qui en fait le moins…

- Ah ça… on peut pas vraiment lui donner tord, sourit le décoloré

- C'est ma morpho, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise… regardez Akashi… ou même tenez, prenez plutôt Tetsu qui s'est toujours donné à fond, vous voyez quelque chose de différent ?

- Tetsuya est suffisamment musclé pour sa corpulence, rétorqua aussitôt le capitaine d'une voix qui ne laissait aucune place à la contradiction.

- C'est vrai Aka-chin.

- Il a ce qu'il faut de muscle disons, dit Kise. C'est vrai.

- Bref, en tout cas, je vais pas à la salle… et puis quoi encore sérieux…

- Tiens dis voir Akashicchi…

- Je t'interromps Ryouta. J'ai une question pour Tetsuya. »

Nouveau pivotement de regard.

« Est-ce que tu me détestes Tetsuya ? »

Waouh. Akashi était cash ce soir. Peut-être bien plus que d'habitude. Ses questions envers l'absent n'étaient aucunement enrobées de sucre. Elles allaient droit au but, sans détour. Le Rakuzan ne faiblissait pas en tentative malgré le mur de silence qui lui était imposé par le turquoise.

Il tentait, tentait, tentait…

Sans aucune surprise pour le groupe, une fois encore, aucune réponse ne leur parvint.

Kise continua donc.

« Akashicchi… j'ai une question… »

Au vu du son de sa voix qui expliquait clairement qu'il prenait des pincettes, le rouge était sur ses gardes.

« Je t'écoute.

- Est-ce que… est-ce que tu es en colère après Kurokocchi après la baffe ? »

Aomine ne put s'empêcher de laisser échapper un rire moqueur. Kise osait une telle question aussi évidente.

Un lourd silence se fit, attendant patiemment la réponse sur la question que tout le monde s'était posée au moins une fois au cours de la soirée dernière mais dont la réponse s'inscrivait déjà dans tous les esprits.

Akashi leva les yeux vers la fenêtre.

« Je n'en veux pas à Tetsuya. »

Kise écarquilla les yeux et les autres l'imitèrent.

« Midorima…pince-moi… »

Ce dernier ne se fit pas prier.

« Aie… la vache, je rêve pas… »

L'Empereur qui n'en voulait pas à l'individu qui lui en avait retourné une… c'était assez extraordinaire pour faire de cette date un jour férié !

Mais il fallait rappeler dans la mémoire collective que cet individu en question n'était pas n'importe qui.

C'était Kuroko.

« Même si cela aurait pu se passer autrement. »

Tellement de chose aurait pu se passer différemment… soupira Kise intérieurement

« Tu m'épates Akashicchi… avoua finalement le décoloré en portant un regard admiratif sur sa personne.

- Je ne vois pas en quoi Ryouta. »

Oh que si. Même Murasakibara avait hoché la tête. Même Midorima devait le concevoir.

Cette soirée avait le goût du changement… et il commençait à comprendre l'objectif caché de cette soirée…

Comme le silence continuait de persister dans l'attente d'une réaction à l'étage, Murasakibara prit la parole.

« J'ai une question Kise-chin.

- Oui ?

- Est-ce que tout copier c'est bien ?

- Euh… tu veux dire avec mon don ? »

Le géant opina de la tête.

« D'accord… donc cette soirée se transforme en sujet pour le bac de philo… super…

- Je ne sais pas quoi te répondre Murasakibaracchi… parfois c'est bien comme c'est pénible… finalement, je ne m'octroie pas vraiment le mérite des choses que je copie… et parfois… c'est pesant.

- Ah bon Kise-chin…

- Moi je trouve que tu as tout le mérite Kise. On s'en fou si tu copies ou pas. Le truc c'est que tu es capable de le faire au final et ça, c'est du talent. »

Le blond lui envoya un sourire sincère.

« Merci Aominecchi.

- Ce qui m'amène à ma question suivante… tu as déjà copié certaines positions si tu vois ce que je veux dire ? »

Le sourire se fana rapidement.

« A… Aominecchi ! rougit le décoloré jusqu'à la pointe des cheveux

- Hé hé hé… »

Le bleu se reçut des tapes de son voisin.

« J'en peux plus de toi Aominecchi !

- Mais tu m'adores, arrête de dire le contraire ! » s'esclaffa le basané

Même Murasakibara approuva d'un hochement du menton.

« Et réponds à la question !

- Mais… mais…

- De toute façon, que tu boives ou non cela nous donnera la réponse… malheureusement… » bougonna Midorima.

Kise ne put éviter cette grimace qui s'installa sur son visage.

Il savait bien qu'il n'aurait pas dû venir…

« Je… euh…

- Ouiiiiii ?

- C'est pas ma faute à moi ! finit-il par lâcher, complètement carmin. Je vous l'ai dit, dès que je vois quelque chose je peux le copier !

- Ben voyons ! rit Aomine. C'est pas ''Oui-oui aux pays des Chouquettes'' que tu as dû regarder en streaming hein ?

- Mais c'est pas ça ! glapit le jaune. Je ne fais pas ce genre de recherche qu'est-ce que tu crois !

- Mais oui bien sûr on va te croire !

- Bien évidemment Ryouta.

- Akashicchi ! Tu vas pas t'y mettre ! Il suffit que… que… je zappe malencontreusement et c'est enregistré…

- « malencontreusement »… tu y crois toi Midorima ?... ah tu vois ! fit le bleu en voyant son ancien coéquipier secouer la tête.

- C'était contre mon gré !

- Moi aussi cette question était contre mon gré !

- Je vous l'avais dis que c'était pénible ce don !

- C'est vrai que c'est horrible de copier ces choses-là hein ? fit-il faussement. Moi ça me donnerai plein d'idée…

- C'est bon j'ai répondu ! Passons à autre chose… et je veux même dire à quelqu'un d'autre !

- Bon je continue alors ! Enfin…euh… j'ai une autre question pour Akashi… »

C'était Aomine qui avait prononcé cette phrase avec une assurance soudainement amoindrie. De plus, le sourire crispé présent sur son visage ne présageait rien de bon.

« Qu'y a-t-il Daiki ?

- Est-ce que – par la plus simple curiosité – toi tu le prendrais mal si la police débarquait chez toi car elle a reçu un appel de tes voisins croyant avoir vu une silhouette dans ton jardin. Silhouette qui – je précise – ne voulait sans doute rien te voler mais seulement savoir si quelqu'un était présent dans cette maison ?

- … Qu'as-tu fais encore Daiki ? soupira le rouge

- Et bien voilà, tu vas rire…

- Je ne crois pas non.

- Cet idiot est passé par-dessus ton mur pour vérifier que tu n'étais pas chez toi et il s'est fait repérer, résuma Midorima.

- O... ouais en gros c'est ça… »

Akashi le trucida du regard avant de se lever et de se saisir de son téléphone pour s'éloigner du groupe.

« T'étais obligé de me vendre ? s'agaça le bleu, de mauvaise foi

- Tu l'as fait tout seul. J'ai juste gagné du temps dans les explications.

- Tu aurais au moins être pu discret chez Akashicchi, Aominecchi…

- Moi au moins j'étais là !

- Mine-chin a fait de son mieux.

- Merci Murasakibara ! Heureusement que tu me soutiens toi ! »

Quelques minutes plus tard, le résident du lieu en question revint s'asseoir à sa place.

« Alors ? questionna Midorima

- Effectivement, ils ont reçu des signalements mais ils ne sont pas rentrés dans ma propriété et heureusement, ils n'ont pas contacté mon père. Ils se sont simplement rendus sur place pour vérifier.

- Tu leur as expliqué la situation ? demanda Kise

- Oui. Voilà qui est réglé. Mais ne recommence plus jamais Daiki.

- Pour sa défense, tu ne les avais pas prévenu, osa le blond

- Certes mais s'il y a absence de message, c'est que la soirée est annulée.

- Fallait peut-être commencer par ça… grommela le bronzé

- Bien. Qui veut se lancer ?

- Et bien, j'ai bien une question pour Murasakibara, dit Midorima. Comme il faut participer…

- Je t'écoute Mido-chin.

- Quelle note as-tu eu à ton dessin d'art plastique sur l'art urbain en quatrième ? »

Gros blanc.

« Non mais t'es un agenda vivant ou quoi ?! s'exclama Aomine. Et quelle question naze !

- Je n'ai pas fait de réflexion sur tes questions qui étaient pourtant limites alors merci de faire de même…

- Non mais même sans ça… en quoi ça t'intéressais et surtout, en quoi ça t'intéresse encore ?

- Attends Aominecchi… c'était pas ce dessin où Murasakibaracchi avait dessiné une statue en forme de Midorimacchi ? Avec une pose « dab » et une queue de renard.

- Ah mais oui attends… c'était cette horreur ! sourit le bronzé. Qu'est-ce qu'on avait rit ce jour-là !

- Murasakibaracchi était un précurseur en fait ! Peut-être que quelqu'un a retrouvé son dessin récemment et c'est pourquoi c'était devenue une mode dernièrement !

- Non mais son dessin c'était pas du HD hein ? Oh pis la queue de renard… elle était tellement loupé qu'on aurait dit que t'avais un balai dans le cul et que c'était le bâton en bois qui sortait de ton fion ! C'était pire que du cubisme ! Et puis il t'avait fait des lunettes carrés, une tronche qui ressemblait à un champignon moisi… remarque en parlant-là, je me demande si au final il n'était pas si ressemblant …

- Très drôle.

- Ah oui je me souviens de ce dessin Mido-chin. Le prof avait beaucoup aimé.

- C'est vraiment un monde appart l'art… je les comprendrais jamais…

- Tu nous as jamais dit cette note c'est vrai, dit Kise.

- J'avais complètement oublié Kise-chin.

- Elle avait participé au concours interne des quatrièmes en plus… ça avait mit Midorima dans une rage folle !

- Et il avait fini quatrième, rappela Akashi.

- Alors ta note ? s'impatienta le vert

- Je ne sais plus trop Mido-chin. Ça fait il y a longtemps… peut-être 18/20 »

Le Mido-chin en question ferma brièvement les yeux.

Evidemment.

Aomine siffla.

« Pas mal pour quelque chose d'aussi pourri !

- Mine-chin a fait quelque chose de plus moche que moi.

- Peut-être mais moi j'ai eu 2 ! Donc c'est logique ! Toi pas !

- Bien ! Question très importante pour Murasakibara moi aussi ! annonça Kise. Tu as toujours tes piranhas ? Tu sais, ceux qui servaient à finir tes restes ? Tu nous en avais parlé une fois.

- Oui je m'en souviens Kise-chin mais non. Ils ont vécu trois semaines.

- En même temps, c'est pas comme si c'était surprenant, dit Midorima. A ce stade-là, on peut même dire que c'est de la maltraitance animale…

- Pas faux Midorima, pas faux !

- J'espère que tu n'as pas refait l'erreur Atsushi.

- Non Aka-chin. De toute façon, c'était très rare que je leur donnais quelque chose…

- Ah bah voilà… cherche pas pourquoi ils ont crevé…

- J'ai une question à nouveau pour Tetsuya. »

Aomine faillait lui dire que cela ne servait à rien qu'il s'acharne, il n'en fit rien.

« Tetsuya, est-ce que tu as eu une discussion avec Taiga ? »

Encore une fois, le silence ne fut pas brisé par l'hôte de la maison.

« Aka-chin est persistant.

- Tu connais ce mot ?!

- Laisse-le Aomine, soupira Midorima.

- Question pour Akashi ! s'exclama le bleu. Depuis le temps que je veux avoir la réponse…

- Je t'écoute.

- Comment tu as reçu le con à Rakuzan quand il est venu chercher Tetsu ? Tu ne nous l'as jamais raconté !

- Parce qu'il n'y a rien à dire.

- Oh mais si allez Akashicchi ! Avec les dialogues comme si on y était !

- On voulait vivre le truc nous aussi !

- .. Très bien. »

Tout le monde avait les yeux vissés sur le narrateur provisoire. Ce dernier releva la tête et entreprit son récit avec cette attraction du public dont il avait le secret.

« Il est venu un soir où nous n'avions pas entrainement. J'étais avec mes coéquipiers et il était à la grille. Je me suis donc dirigé vers lui en demandant ce qu'il cherchait : « Je suis venu pour le beau mec qui est venu à ma porte, écarte-toi si tu ne veux pas reprendre une raclée comme la dernière fois ». »

Aomine ouvrit de grands yeux.

« Attends, il est sérieux ce con ? C'est lui qui s'est fait exploser !

- Je n'irai pas jusqu'à là non plus, dit Midorima

- T'en sais rien toi tu dormais. »

…pas faux…

« Je ne l'aime pas, dit Murasakibara en fronçant les sourcils.

- Oh là là ! Rien que d'entendre ça, ça m'énerve ! gronda Kise. Qu'est-ce tu lui as dis ? s'impatienta t-il

- Tu as dû dire que tu allais lui faire passer l'envie de te dire une chose pareille non ? sourit Aomine. Une raclée… non mais franchement… !

- Je lui ai dit qu'il n'allait pas toucher à un seul cheveu de Tetsuya. »

Rien que cette phrase ravivait dans le regard du rouge une étincelle. Cette phrase fit frémir le cercle pour raisons diverses.

« Aka-chin a raison.

- C'est clair, renchérit Aomine

- Et après Akashicchi ?

- Et après, reprit-il, il a commencé à rire en me poussant.

- Comment ça sent trop pas bon pour lui…

- Grave ! renchérit Aomine

- Je l'ai donc repoussé à mon tour…

- … avec le regard qu'on te connait j'imagine…

- Effectivement. Il s'est méfié.

- … tu penses… faudrait être fou pour agir normalement après ça…

- Puis j'ai usé de mes talents pour le refroidir dirons-nous…

- Il était le cul par terre quoi…

- Et je l'ai menacé que s'il remettait un pied ici ou que si j'entendais de la bouche de Tetsuya qu'il était venu l'importuner à nouveau, il n'aurait pas besoin de se déplacer jusqu'à Rakuzan la prochaine fois. »

Aomine siffla d'admiration.

« J'imagine la scène. Ça c'est de l'intimidation ! Il faut dire que le mec doit pas être habitué, ça doit être surprenant pour lui.

- C'est sûr que ça n'a pas vraiment le même effet qu'avec nous qui côtoyons Akashicchi depuis longtemps.

- Et ensuite il est reparti ?

- Après que je lui ai marché sur la main. »

Ils explosèrent de rire.

« Quel vicelard ! Quitte à écraser un truc, essaie les bijoux de famille la prochaine fois ! Comme ça, on est sûr qu'il ne se reproduira pas !

- Ah… c'était bien drôle Akashicchi !

- C'était un idiot ce Hiroki, c'est tout, conclut Midorima.

- Aka-chin a fait ce qu'il fallait.

- Je sais.

- Bon, cette fois, cette question est pour Midorima… » déclara Aomine

Le vert s'attendait à tout.

Enfin, presque tout.

« Faut que tu m'expliques pourquoi ton crayon magique des exams tu en as donné un qu'à Tetsu et que nous on peut se brosser ? »

Mais certainement pas à ça.

« Hé mais c'est vrai ça ! C'est pas faute de te l'avoir demandé pourtant Midorimacchi quand j'en avais bien besoin !

- C'est très simple. Akashi n'en a pas besoin, Murasakibara, même avec ce serait du gâchis, Aomine, tu devrais travailler plus pour le mériter quant à toi Kise…

- J'attends.

- Je préférais le donner à Kuroko, tout simplement.

- C'est pas une raison ça ! En plus t'es le premier à dire que tu ne te peux pas te l'encadrer… faudrait être cohérent…

- Je suis cohérent. … Bien. A mon tour d'avoir… une question pour Akashi. »

Ce dernier lui jeta un regard en coin.

« Pourquoi as-tu un pansement à la main ? »

Contre toute attente, l'Empereur parut surprit de cette question.

« Je ne pensais pas que tu l'avais vu Shintaro… »

Pour toute réponse, il ouvrit la paume de sa main et le cercle y vit un pansement couleur chair.

Imperceptible.

Et pourtant…

« Comment l'as-tu vu ?

- Akashicchi ! Tu n'avais pas dit que tu étais blessée ! s'exclama le blond. C'est arrivée comment ?

- Une question à la fois, ordonna t-il. Je répondrai d'abord à celle de Shintaro. Et la réponse est simple : j'ai cassé un verre il y a deux semaines.

- Ça a dû être profond… compatit Kise. Pour que tu ais toujours un pansement.

- J'ai mal pour Aka-chin.

- Ce n'est rien. »

Le visage d'Akashi n'exprimait que de l'impassibilité.

« Mais… ça veut dire que tu n'as pas joué au basket pendant ce laps de temps ? questionna Aomine

- Je peux toujours me servir de ma main gauche. Ce n'est pas un problème. »

Midorima leva rapidement les yeux vers la fenêtre.

Trop tard. Mais il était sûr de ce qu'il avait vu.

« Mais… Akashicchi ! C'est grave quand même ! Tu es allé à l'hôpital ? Ils t'ont recousu ?

- Oui. »

Il avait dit ça si simplement mais la mâchoire des joueurs se décrochait de stupéfaction.

« Akashicchi ! Tu nous as rien dit !

- Aka-chin…

- Je n'ai pas besoin d'une scène de drama, interrompit-il sèchement. J'ai répondu à vos questions. A toi de répondre à la mienne Shintaro. »

Il inclina sa tête légèrement sur le côté comme pour le sonder.

« Comment l'as-tu su ? »

Le vert pinça les lèvres comme à son habitude.

« Tu n'étais pas très loquace lors de la soirée dernière et tu étais souvent sur ton téléphone. J'ai remarqué… que tu ne t'en séparais jamais et surtout, que tu l'avais encore et toujours dans la même main. Ce n'est que plus tard dans la soirée que je me suis aperçu la couleur différente du creux de ta paume. Ce n'était pas évident je le reconnais.

- Mido-chin aurait dû nous le dire…

- C'est vrai Murasakibaracchi… Midorimacchi est un vrai œil de lynx !

- J'observe, tout simplement… surtout durant cette soirée qui était la moins intéressante de toute… »

« Ça dépend pour qui hein ? » fit la voix d'un certain joueur dans sa tête.

- Dégage Takao… marmonna t-il en agitant brièvement la tête

- Quoi ? fit Aomine

- Hein ? Rien, se reprit-il rapidement

- C'est bien ce que je dis Midorimacchi ! Un fin limier !

- D'ailleurs… en parlant d'observer… »

La voix d'Aomine lui fit regretter sa dernière phrase. Ce dernier le regardait avec un air goguenard. Il n'aimait pas ça du tout…

« T'as pas remarqué que Takao faisait tout pour te rendre jaloux la semaine dernière ?

- Quelles bêtises dis-tu là encore…

- Hop hop hop ! l'interrompit sérieusement Aomine. La vérité. On ne veut que la vérité ici ce soir.

- Tout à fait Shintaro. Et rien d'autre. »

Le rouge se mettait à le menacer de son regard.

« Tu as toujours une porte de sortie si besoin Midorimacchi… ne l'oublie pas !

- Donc Mido-chin a des choses à cacher… »

Le vert essaya de penser à des choses déplaisantes pour ne pas laisser son visage trahir les émotions qui venaient envahir de nouveau son esprit.

Mais… il pouvait dire la vérité non ? Après tout, cela ne voulait rien dire…

« O… Oui je l'ai vu mais je connais Takao ! se reprit-il en grommelant. C'est un idiot qui fait tout pour faire son intéressant…

- Mouais… tu nous caches des choses toi ! »

Aomine avait dit ça pour le provoquer mais il fut surprit de voir le vert sursauter en le regardant avec effarement.

Puis il se reprit rapidement.

« Pff…

- J'ai une question pour Murasakibaracchi !

- Mmh ?

- Est-ce que tu as compris les règles du jeu de la semaine dernière ?

- … Non Kise-chin…

- C'est bien ce que je pensais, s'esclaffa Aomine. Franchement Murasakibara !

- Et ça t'étonne ? lui dit Midorima

- Ça téton !

- …

- Oh ça va ! Déride-toi un peu le vieux-là…

- Le vieux ?! répéta Midorima avec agacement

- J'ai une question pour toi, Shintaro. »

De nouveau, le shooter n'appréciait pas la voix si propre à Akashi résonner comme une menace dans la nuit noire.

« Te sens-tu coupable du mal-être et de l'absence de Tetsuya les dimanches soirs ? »

Alors ça… s'il s'attendait à ça ! Surtout de la part de l'Empereur !

Ce dernier le regardait avec une telle expression… est-ce qu'il lui en voulait encore depuis leur dernier échange en tête à tête à l'extérieur de la maison, quand il lui avait dit ce qu'il pensait sincèrement ?

Ou alors… est-ce qu'il savait que les mots de Kise l'avaient touché et que oui, effectivement, un sentiment de culpabilité qu'il essayait d'étouffer était pourtant toujours bien présent dans sa poitrine ?

Que oui, avoir revu Kuroko dernièrement lui avait rappelé combien il aurait pu, en l'ouvrant plus tôt, arrêter tout et que jamais Kuroko n'en serait venu à ce stade-là ?

Oui. La culpabilité était là bien sûr. Mais le dire à voix haute lui arrachait la bouche, il devait l'avouer.

Péniblement, il ouvrit la bouche plusieurs fois avant de la refermer aussitôt.

Il cherchait ses mots et pourtant, il s'agissait l'un des mots les plus courts du monde, composé seulement de trois lettres.

Mais aucun son ne pouvait sortir de sa bouche.

« Accouche ! lui lança Aomine, lassé de son numéro de mime muet

- Laisse-le, bougonna Kise. Tu vois bien que Midorimacchi fait un effort hors du commun là !

- Courage Mido-chin.

- Dis-le, Shintaro. »

Qu'essayait de faire Akashi au juste à cet instant présent ? Le présenter comme coupable aux yeux de Kuroko ? Mais ce dernier le savait déjà. Est-ce qu'Akashi essayait de se dédouaner de toutes les accusations qui avaient fusé contre lui dernièrement en mettant une part de la responsabilité sur son dos ? Sans doute.

Mais certains du cercle semblaient avoir oublié une vérité que pourtant le blond avait exposé lui-même à voix haute, il y a deux semaines de cela.

« Je… Nous sommes tous coupables… »

Ce qui calma les autres et, étrangement, sembla apaiser l'Empereur. Ce dernier avait d'ailleurs esquissé une nouvelle œillade vers la fenêtre.

Kise opina de la tête.

« Tu as tout à fait raison Midorimacchi… et c'est vraiment un gros effort que tu as fais là ! »

Il haussa simplement les épaules nonchalamment, mais pourtant…

« Bien ! dit Aomine voulant changer de sujet, j'ai une question pour…

- J'ai une question pour Akashi-kun. »

Tout le monde s'était statufié avant de pivoter le regard vers la fenêtre. Aucune tête de dépassait.

C'était simplement la voix de Tetsuya qui résonnait dans la nuit. Akashi ferma ses yeux et se laissa envahir de ce son, comme il l'avait fait la semaine dernière.

« Je t'écoute Tetsuya. » dit-il simplement.

Leur premier échange depuis trois semaines.

C'était si… addictif.

Les autres ne trouvèrent rien à dire, bien trop surprit par cette voix disparue qui revenait s'adresser à eux.

« Est-ce que Akashi-kun regrette ce qu'il a fait ? »

La voix de Kuroko était encore tendue de reproche, mais le Rakuzan s'en fichait.

Il avait longtemps espéré cette question de la bouche du turquoise. Il avait imaginé y répondre de milles façons, avait rêvé tout autant de fois à chaque mot qu'il aurait à prononcer, à chaque formulation qu'il devrait employer.

Il se voyait dans ses songes passer sa langue sur ses lèvres pour les hydrater, fixer les orbes turquoises pour lire dans le tréfonds de son âme.

Et pourtant…

Et pourtant ce soir… il n'avait envie de ne rien faire de tout cela.

Alors il répondit simplement.

« Oui. »

Le cercle le regardait avec des grands yeux, peinant à croire ce qu'il venait d'entendre de la bouche de l'homme le plus fier de tous les êtres vivants qu'ils connaissaient.

Oui.

Oui, Akashi Seijuro regrettait quelque chose dans sa vie.

Oui, Akashi Seijuro avouait avoir mal agit.

C'était si… rare. Inédit. Impensable.

Et pourtant, l'impossible venait d'être accompli par ces simples lettres assemblées.

La voix de Kuroko ne s'était pas réanimée à cette réponse et sa tête restait toujours hors de vision.

« Puis-je te poser une question à mon tour Tetsuya ? »

Mais aucune réponse ne lui parvint.

Certes, ce n'était pas très fair-play mais cela ne le dérangeait pas.

Un pas énorme venait d'être franchi.

« Euh… Akashicchi… je…

- Tu peux me poser une question Ryouta. »

Ce n'était pas ça… il voulait juste s'assurer que le rouge allait bien. Il était si étrange. Vraiment, il avait du mal à concevoir cette idée sachant les événements récents… et ce silence à nouveau du turquoise le mettait mal à l'aise.

Alors pourquoi pas le Rakuzan ?

« Euh… non… j'ai plutôt une question pour… Midorimacchi !

- Mmh ? » fit ce dernier, méfiant

Le blond posa la seule question qui lui vint à l'esprit, le sourire aux lèvres.

« Est-ce que tu veux des enfants avec Takao ? »

Midorima manqua de s'étrangler.

« De quoi ?

- Mais oui ! Avoue-le Midorimacchi !

- Jamais de la vie.

- Tttttt ! fit Aomine. Oublie pas ! La vérité, rien que la vérité !

- Mais c'est la vérité, reprit-il en fronçant les sourcils. Je déteste les enfants.

- Attends ! hallucina le Kaijo. Tu ne veux pas d'enfants plus tard Midorimacchi ?!

- Bien sûr que non.

- Mais non ! Je n'y crois pas un mot !

- Fou-lui la paix Kise. Moi non plus je vois pas Midorima avec des mioches plus tard. Les pauvres… dis-toi qu'en n'en voulant pas, il pense à l'humanité ! »

Le vert lui envoya un regard noir.

« Alors à ta place je m'abstiendrai d'en faire aussi.

- Hé hé… moi c'est pas pareil, ricana le bleu en mettant ses mains derrière la tête. Mes enfants auront tout de la graine de champion dans leur veine !

- Ouais… s'ils te ressemblent je les plaindrais surtout…marmonna le Shutoku. De la graine de flemmard oui…

- Mine-chin ne ferait pas un bon papa…

- Hé ho ! Pas de commentaire de la sorte venant de toi Murasakibara !

- Et faut déjà que tu trouves quelqu'un avec qui les concevoir hein ? sourit Kise ce qui mit le lunetteux mal à l'aise. La graine de champion… la graine tout court oui !

- Ouais ouais… allez… assez parlé de moi. Question pour Murasakibara !

- Oui Mine-chin ?

- Est-ce que c'est un bon coup Himuro ? »

Kise soupira.

« Tout le monde va y passer hein ?

- Ouais !

- Un bon coup ? Mine-chin met des bons crochets du droit oui.

- Mais non andouille ! C'est comme pour Kise tout à l'heure ! Est-ce qu'il est bon au lit ?

- Oui.

- Ah bah comme ça c'est direct ! s'esclaffa le basané.

- Je ne te savais pas si franc sur ça ! hallucina le mannequin. Tu m'épates Murasakibaracchi !

- C'est sûr qu'il est moins complexé que toi sur le sujet ! Comme quoi il a des qualités !

- Moi j'ai une question pour Aka-chin.

- Je t'écoute Atsushi.

- Est-ce que Aka-chin a déjà eu un chien ?

- Jamais. Et je n'y tiens pas.

- Mais c'est trop chou un chien Akashicchi ! Tu devrais en prendre un dans ta grande maison !

- Un gamin… un chien… t'arrête un peu ?! T'as qu'à prendre les deux si tu y tiens tellement !

- Non mais un chien Aominecchi… regarde Tetsuya N°2 ! Tu as déjà vu un chien aussi chou que lui ?

- Tu dis ça parce qu'il ressemble à Tetsu.

- Oui.

- Bon. Qui a une vraie question ? demanda Aomine avec un sourire qui cachait des choses.

Un blanc accueillit son intervention.

« Bon bah très bien ! Je vais la poser alors, LA question que tout le monde se pose et dont tout le monde veut une réponse ! »

Les joueurs s'échangèrent un regard en coin. Qu'est-ce qu'il disait lui encore ?

« Midorima ! »

L'interpellé sursauta.

« Q… quoi ? fit-il peu avenant mais peu rassuré

- Il s'est passé quoi dans la cuisine avec Takao ? »

Midorima s'étrangla cette fois avec sa salive et fut prit d'une quinte de toux.

« Qu…quoi ?! » répéta t-il en n'arrivant plus à masquer sa gêne évidente.

Le sourire d'Aomine s'agrandit.

« Oh oh … ! Alors il s'est passé un truc ! »

Avant même que Kise ne puisse enchérir avec son sourire narquois, Midorima descendit d'une traite son verre… sous les yeux estomaqués de l'assemblé.

« Attends… QUOI ? s'exclama Aomine

- … je n'ai rien à dire » dit-il en avalant sa dernière gorgée.

Tu parles ! Le carmin sur ses joues montrait bien plus qu'il ne voulait le dévoiler.

« Ah non mais c'est trop pas du jeu ! s'indigna le métisse.

- Midorimacchi ! C'est pas juste ! C'est pas juste ! »

Pour toute réponse, le vert reposa le contenant vide sur le sol.

« Mido-chin a des choses à cacher.

- C'est vrai que t'étais pas là Murasakibara ! Ni toi Akashi. A un moment donné, Midorima et Takao se sont exilés dans la cuisine, Takao est ressorti avec une gueule de six pieds de long et il est retourné comme un malade dans la cuisine où était resté Midorima et après – comme par hasard – il en est sorti tout radieux.

- Et c'est pas tout ! dit Kise en levant le doigt

- Et c'est pas tout ! répéta le métisse. Le bigleux était tout détraqué dans la cuisine ! Coïncidence ? Je ne pense pas !

- Et dire que j'ai loupé ça, marmonna le blond. J'aurai dû insister !

- Je ne dirai rien. »

Le lunetteux avait bien repris contenance maintenant qu'il avait assuré sa sécurité d'un verre bien rempli. Il évita ouvertement le regard d'Akashi sur lui.

Il était facile de deviner ce qu'il devait penser.

« Je voulais savoir Mido-chin…

- Et bien tu te brosses…

- Midorimacchi ! Ce verre t'a réveillé ! rit le blond

- Je me brosse ?

- Tiens en parlant de cheveux… comme Midorimachi a décidé de s'abstenir de réponse … est-ce que tu as déjà dû raser tes cheveux quand il y avait des poux à l'école Murasakibaracchi ?

- Où est le rapport avec Midorima ?

- Ben je m'attaque à quelqu'un d'autre…

- Avec des questions aussi pourries ?

- Je ne me suis jamais rasé les cheveux Kise-chin…

- Je t'imagine mal avec la boule à zéro, avoua le shooter

- Ca ferait moine, sourit Kise. Frère Murasakibaracchi…

- Et on aurait vu sa tronche sur les Chaussés aux Moines… merci bien !

- Pour quelqu'un qui n'aime pas le fromage, tu m'as l'air bien renseigné, lui envoya Midorima

- Et bien à mon tour d'avoir une question pour toi, Daiki. »

Ce dernier perdit son sourire au vu du regard du rouge.

« C'est encore pour ma pomme c'est ça ?

- Quel est ton secret le plus inavouable ? »

Le bleu réfléchit.

« Ben… j'en sais rien… ah ouais ça non en fait… je peux pas le dire… c'est… nan. »

A son tour, il descendit son verre.

« Nan mais c'est sûr si tu poses des questions comme ça !

- J'en ai le droit.

- On a tous des secrets inavouables sérieux ! Et d'ailleurs… parlons du tiens. »

Akashi fronça les sourcils.

« Tu as déjà couché avec quelqu'un Akashi, c'est ça ?

- Oui, répondit-il, méfiant – et légèrement intrigué que cela revienne sur le tapis.

- Mais tu ne l'as pas embrassé ?

- Non. Comme je l'ai dit lors de la première soirée.

- C'était qui ? »

Sans une hésitation, Akashi porta le verre à ses lèvres avant de le reposer vide.

« Non mais pas toi aussi Akashicchi ! Je croyais qu'on se disait tout !

- Certaines choses restent du domaine privé Ryouta.

- Mais tu peux nous dire son nom Akashicchi ! Après tout, on doit pas la connaître !

- Certainement mais ça ne vous regarde pas, dans tous les cas.

- J'ai l'impression d'entendre Kurokocchi… »

Ce qui lui valut un regard incendiaire.

« J'ai une question pour Akashi-kun. »

Cette voix.

Elle revenait se répercuter dans leur tympan avec une douceur infinie.

« Je t'écoute Tetsuya.

- Comment Akashi-kun savait que Ogiwara-kun travaillait là-bas ? »

Pas besoin de s'épandre en détail, tout le monde avait bien compris.

« Il était facile de retrouver son adresse et où il travaillait avec mes contacts. »

Aucune réponse en retour.

« M… moi j'ai une question pour toi Kurokocchi !

- … … … oui Kise-kun ? »

Le blond était tellement surprit d'une intervention positive qu'il en oublia sa question.

« Je…je… euh… à mince… euh… ah oui ! Comment savais-tu qu'Akashi-kun avait ton manteau la semaine dernière ?

- … parce que Akashi-kun m'avait envoyé un message.

- Auquel tu n'as pas répondu » lui rappela ce dernier.

C'était donc ça…. Midorima se souvenait du rouge constamment sur son téléphone.

« Merci d'avoir répondu Kurokocchi ! Et… »

Il chercha ses mots.

« Je m'excuse pour tout.

- … je sais Kise-kun.

- Moi aussi Kuro-chin je m'excuse. Je ne veux pas que Kuro-chin soit en colère contre moi.

- Je ne suis pas en colère contre toi, Murasakibara-kun.

- Mmpf… »

Midorima avait les bras croisés en évitant les regards qui se tournaient vers lui. Il était dur de lui demander plus, Kise le savait.

Contre toute attente, un visage bien connu passa par la fenêtre.

Tel un soleil dans cette nuit noire, les yeux de lune de Kuroko apportèrent la lumière qui réchauffait les cœurs de ses anciens coéquipiers. Son visage aussi pâle que dans leur souvenir était neutre et en meilleur condition que dimanche dernier. Toutefois, certains traits restaient plus creusés.

Mais rien ne pouvait enlever le bonheur de le voir enfin dans des conditions normales….

Si l'on enlève le fait qu'ils squattaient son jardin sans son autorisation.

« J'imagine que je dois le dire à voix haute moi aussi ? » grommela Midorima en lui jetant un regard.

Et là, comme si il n'y avait pas eu assez de chamboulement en si peu de temps, un léger sourire se dessina sur les lèvres du turquoise.

« Kise-kun… Murasakibara-kun… Midorima-kun… c'est bon.

- Ah non c'est trop facile ! s'indigna Kise en donnant un coup de coude au vert. Midorimacchi trouve toujours une pirouette pour ne pas s'excuser ! Allez dis-le un peu ! Arrête de faire le fier alors que tu n'en pense pas moins !

- Mais…

- Bouge tes fesses Midorimacchi !

- Arrête un peu de faire ton tsundere à deux balles » renchérit Aomine.

Le shooter soupira en grommelant.

« Je m'excuse aussi Kuroko. Voilà… vous êtes content ?

- Alléluia ! Il est enfin sorti ! s'exclama Kise en levant les mains au ciel

- Bravo Mido-chin.

- Mouais…ça manque quand même de conviction… tu veux pas nous le refaire ?

- C'est bon Aomine-kun. »

La voix retenait difficilement de l'amusement et cela fit tambouriner le cœur du dunker. Son nom était si doux à son oreille…

Et il s'amusait. Kuroko s'amusait.

Et il le regardait lui. Lui, droit dans les yeux.

C'était à son tour de s'excuser.

Maintenant.

Maintenant.

Maintenant !

« Je… commença Aomine.

- Tu n'as rien à dire de plus Aomine-kun.

- Qu… quoi ?

- Je te pardonne aussi.

- N… non attends ! Moi aussi je veux m'excuser ! Je suis désolé Tetsu et…

- Je sais. Aomine-kun a déjà dit tout ça. »

Le métisse fut stupéfait quelques secondes…

Comment ça ? Alors… alors il avait bien entendu ses excuses durant la soirée ?! Mieux que ça ! Il les avait prit en compte !

Un léger sourire en coin du turquoise à son encontre manqua de lui faire ouvrir la bouche en grand.

Il encaissait mal le verre de vodka c'est ça ? Il avait déjà rendu les armes et était en plein songe hein ?

« Tetsu… c'est bien toi ?

- Aomine-kun a changé. Alors moi aussi. »

Aomine restait sans voix d'une si bonne nouvelle. Ça y est. Ils pourraient discuter comme avant. Trainer ensemble comme avant. S'engueuler comme avant.

Aomine était beaucoup trop heureux pour se rendre compte de ce qu'il se passait autour de lui.

Parce que…

Il y en avait un qui n'avait toujours pas eu le droit à un mot de ce genre. Le regard du turquoise se fit plus sévère sur le Rakuzan qui ne cessait de le fixer depuis son apparition.

Kuroko était vraiment rancunier auprès de son ancien capitaine. Pourtant, lui aussi avait fait des efforts, toute la GDM pouvait en témoigner.

« Tetsuya… voilà ce que je te propose : si je gagne lors de cette soirée parmi nous cinq, tu acceptes de m'écouter. »

Le passeur, accoudé à sa fenêtre et bras croisés, eu un changement de l'expression de son visage un bref instant face à cette proposition.

« Akashi-kun…

- T'as crû toi ! rétorqua Aomine envers Akashi avec un grand sourire. T'as crû vraiment qu'on allait te laisser gagner ?!

- En plus Akashicchi a déjà bu un verre !

- Moi je veux qu'Aka-chin gagne pour que Kuro-chin lui pardonne. »

Et Midorima se contenta de lever les yeux au ciel.

Mais Akashi eut un sourire en coin qui en déstabilisa plus d'un.

« Je vois que durant ces quelques semaines, vous avez oublié ma résistance à l'alcool…

- Ta résistance ? Tu parles !

- Tu me mets au défi Daiki ?

- Et comment ! »

Kise se mordit la lèvre, partagé entre deux sentiments : d'un côté, l'ambiance était si… nostalgique. Mais de l'autre… il voulait que les choses s'arrangent entre Kuroko et Akashi et pour cela… il ne voulait pas gagner cette soirée et donc ne pas affronter son ancien capitaine.

« Ne me ménage pas Ryouta, dit posément Akashi, ce qui le fit sortir de ses pensées. Ce n'est pas comme si tu étais de taille. »

Alors là, c'est sûr qu'avec ces mots…

« Akashicchi ! Tu vas voir un peu !

- Donc si j'ai bien compris ça va chauffer quoi ! sourit Aomine. En plus, avec le verre chargé de vodka c'est un one shot ce soir !

- Y reste que Murasakibaracchi et moi qui n'avons pas bu ?

- Oui Kise-chin. Je n'aime pas la vodka.

- Et bien avant ça on va remettre les compteurs à zéro ! sourit le dunker d'un air menaçant. Murasakibara !

- Mmh ?

- C'est quoi la position sexuelle préférée d'Himuro ?

- Aominecchi ! Tu ne sais parler que de ça !

- En même temps Kise, si tu veux faire boire les autres, faut taper sous la ceinture !... à moins que tu ais tué quelqu'un et que tu ne veuilles pas en parler.

- Kise a raison, approuva Midorima. Tu es bien trop porté sur la chose.

- Nan mais en vrai je me demande si c'est pas moi le plus intelligent de la soirée là ? lâcha t-il en soupirant. Pour faire boire l'autre, faut trouver ses points faibles ! Kise toi, c'est ta meuf, Midorima c'est Takao, Akashi c'est ses secrets et Murasakibara c'est Himuro ! Quand tu sais ça, tu sais quoi poser comme question !

- Le raisonnement de Daiki est tout à fait correct.

- Ah ! Merci Akashi ! Je me disais bien que j'étais pas le seul à le voir.

- Evidemment. Réponds-maintenant Atsushi.

- Je ne veux pas boire Mine-chin.

- Alors t'as qu'à répondre ! »

Murasakibara fronça les sourcils, montrant qu'il essayait de tâter le pour et le contre de répondre à cette question indiscrète mais il finit par renoncer et descendit son verre en grimaçant.

« Beurk. C'est pas bon.

- Pourquoi t'as pas répondu ? Ça ne t'a pas gêné la dernière fois pourtant Murasakibaracchi ?

- Parce que c'est une question indiscrète sur Muro-chin. Et que seul Muro-chin peut répondre s'il en a envie.

- Tu fais un bon petit ami Murasakibaracchi !

- Merci Kise-chin.

- Bon, qu'est-ce que je vais ? Je m'attaque à toi direct Akashi ? sourit Aomine d'un air carnassier. Ou à moins que… »

Il se tourna vers le vert.

« Quoi ? fit ce dernier, peu aimable – et bien stimulé par sa dernière boisson

- Et bien… »

Quoi quoi quoi ? Il était hors de question que le bronzé lui repose une question embarrassante ! En plus, il venait de dire qu'il voulait s'en prendre à Akashi.

Tant pis. Il devait le contrer.

« J'ai… j'ai une question pour toi Aomine… avant que tu m'en poses une. »

Ce dernier haussa un sourcil.

« Ah bon ?

- Oui. »

Puis soudainement, le vert se transforma en tomate si vite que Kise eut l'instinct de toucher son front.

« Tu es bouillant Midorimacchi ! »

Il repoussa sa main d'une tape.

« Je vais bien. C'est seulement l'alcool. »

Mais il ne dérougissait pas pour autant.

« Bon tu l'as pose ta question ou tu attends d'atteindre la cuisson « croustillante » ?

- Je… Tu… Elle…

- C'est bien Midorimacchi ! Tu connais tes pronoms personnels du singulier !

- Y a pas dire, t'es pas le meilleur d'entre-nous pour rien ! se moqua le bleu

- C'est bien Mido-chin.

- Nous t'écoutons pour le pluriel Shintaro.

- Mais… mais… »

Même Kuroko se surprit à esquisser un léger sourire.

« Je… bon. »

Son regard était fuyant.

« Est… est-ce que… que tu… as… mmh…

- Accouche roooh !

- Toi… et… Camille… vous… vous avez… le lendemain ? »

A vrai dire, Midorima ne voulait pas la réponse, bien au contraire et loin de là, pitié…

Il espérait simplement…

« … me piéger c'est ça ? sourit Aomine. Tu veux que je boive ?

- Evidemment.

- Attends attends… de quoi vous parlez vous deux ? questionna Kise. Toi et Camille ? Il s'est passé un truc ?

- C'est qui Camille, Kise-chin.

- Ah bah tu fais bien de poser la question car Kurokocchi ne doit pas savoir non plus… mais toi tu n'as aucune excuse Murasakibaracchi ! Tu étais là dimanche dernier ! C'est la correspondante de Takao, la grande blonde.

- Ah bon.

- D'ailleurs… qu'est-ce qui te fais dire ça Midorima ? ne put s'empêcher de demander le bleu

- Oui parce qu'il ne sait rien passer Midorimacchi, je peux te l'assurer. Quand on est monté à l'étage ils discutaient c'est tout. J'avoue que j'ai été surpris mais comme quoi…

- Il était évident qu'avec la chute dans l'escalier que tu as eu avec Bakao, vous ne pouviez rien entendre…. »

Aomine éclata d'un rire immense.

« Bordel me dit pas ça Midorima !

- Malheureusement si…

- Tu nous as entendu !

- QUOI ? lâcha Kise. Tu as… Vous avez…

- Oha Asa soit loué, ça a été vite écourté.

- Ouais…elle s'est endormie. Vous pouvez même pas imaginer à quel point c'était frustrant…

- On appelle ça dormir sur la béquille Aominecchi !... non mais je plaisante mais… je suis choqué Aominecchi…

- J'ai passé les cinq minutes les plus malaisantes de toute ma vie, ce qui fit rire le concerné

- J'avoue que je n'aurai pas aimé être à ta place Midorimacchi…

- Je vois que tu n'as aucun respect chez autrui Daiki…

- Et c'est toi qui me dit ça ?!

- Allez bois Aomine. »

Mais son grand sourire indiqua tout le contraire.

« J'assume tout - ou presque - moi !

- Me dis pas que tu vas nous répondre… soupira Midorima.

- Et bien… »

Même si le basané voulait se donner une assurance, son sourire était un peu figé et la main qui passait dans ses cheveux cachait une certaine gêne.

« Et bien… je… je vais vous répondre oui ! Il… il… ne s'est rien passé…voilà tout…

- Quoi ? Elle a dormi ailleurs la nuit ?

- Non, je peux t'assurer qu'elle s'est endormie sur moi mais elle était la première levée et je ne l'ai pas revu.

- Ah bon ?

- Mais je m'en fou, dit-il en balançant une main aussi de son épaule. Je m'en fou complètement.

- …

- En même temps, elle a dû se rendre compte de l'erreur monumentale qu'elle a failli faire la veille…

- Ta gueule Midorima.

- C'est quand même dommage Aominecchi… vous vous entendiez bien…

- Ne dis pas des choses comme ça, Kise.

- Ben quoi MIdorimacchi ?

- Ce n'est pas parce que l'on s'entend bien avec une personne que cela doit se terminer… de cette manière.

- Au pieu tu veux dire ?

- En l'occurrence, dans une baignoire, rectifia Kise avec un sourire.

- Je suis triste pour Mine-chin.

- Mais je ne suis pas triste moi ! Arrêtez d'avoir pitié de moi, je m'en contre-fou moi ! Des coups d'un soir il y en aura bien d'autre, c'est pas les meufs qui manquent sur terre… »

Kuroko les regardait, sans pouvoir ôter ce léger sourire qui était sur ses lèvres. Tout le monde semblait l'avoir oublié…

Sauf un qui ne cessait de lui jeter des regards qu'il continuait d'éviter.

Mais… le turquoise devait se l'avouer. Ce spectacle que ses anciens coéquipiers lui offraient était plaisant. Et cela lui avait manqué.

« J'ai parlé alors je ne bois pas Midorima !

- Tss…

- Tiens, comme t'as essayé de me coincer, tu vas en bouffer à ton tour. J'ai une question pour toi ! Tu vas boire deux verres en plus et on va voir si tu seras encore debout !

- Je m'attends au pire…

- Tu dois avoir l'habitude maintenant !

- Je vous préviens… si cela concerne…

- Takao bien sûr ! Qui d'autre ? continua t-il sans se départir de son sourire agaçant. Qui ici, dans ce système de jeu, peut te faire boire ? Il n'y a bien que lui !

- Pff… »

Dans le mille.

« Bien bien… continua t-il en se frottant les mains… voyons-voir… »

Puis son sourire s'agrandit, carnassier.

« Quel a été le rêve le plus gênant qui incluait Takao ?... hé hé hé… »

Une réaction chimique fut observé chez le shooter.

« C'est un vrai thermomètre Midorimacchi aujourd'hui !

- Oh… c'est si ''affreux'' que ça ? minauda le bleu.

- Et n'oublie pas Midorimacchi ! La vérité rien que la vérité ! »

Midorima ferma les yeux.

« Très bien… tu as gagné… »

Tandis que le baraqué leva les mains en l'air en signe de victoire, le lunetteux avala son deuxième verre… mais il ne put même pas le terminer qu'il le reposa vivement.

« La tronche que tu tires !

- Après avoir peu bu dernièrement, avaler de la vodka aussi sèchement… »

L'effet était immédiat sur le superstitieux. Finalement, il tapota l'herbe derrière lui et s'allongea difficilement.

« Ne comptez plus sur moi. D'un côté, je ne m'occupe pas du taxi et c'est tant mieux. Et bon courage à celui qui me portera pour me mettre dans un taxi.

- Oh ! Mais meurt en silence toi au lieu de nous faire un monologue ! »

Bon, un de moins.

« A nous deux Akashi.

- Un instant. Tu viens de poser deux questions de suite, à mon tour. »

Il pivota vers le blond.

« Kise.

- A… Attends Akashicchi ! Moi aussi j'ai des questions à poser à Murasakibaracchi ! Il n'a encore rien bu et je n'ai pas envie d'être hors-jeu maintenant ! »

Le rouge lui fit un geste le lui permettant en le regardant avec tant d'arrogance que Kise faillit changer de cible. Le Rakuzan pensait vraiment qu'il gagnerait même en lui accordant des faveurs ?

Voilà le Akashi qu'il aimait.

« Murasakibaracchi ! Avant de te poser une question sérieuse, je veux que tu répondes à celle-là car je veux savoir !

- Oui Kise-chin ?

- Est-ce que tu mets de l'après-shampoing sous la douche ?

- Mais qu'est-ce qu'on s'en fou !

- Pas moi !... et si oui, que tu me donnes ta marque Murasakibaracchi car ça te fais des cheveux souples et super soyeux !

- Mais c'est soirée capillaire ce soir ou quoi ? Vous m'auriez dit, j'aurai amené Satsu hein ?

- C'est sûr qu'avec tes deux cheveux qui se battent en duel sur ton crâne, ça te dépasse Aominecchi !

- Hé ho Kise !

- Bon alors Murasakibaracchi ? »

Et là…

Le géant attrapa son verre et le descendit avant de boire également celui d'Akashi qui était encore plein.

« Mais… mais tu es fou ?! s'exclama le blond.

- Pour une question aussi nulle ! T'as un grain toi hein ?

- Et c'était un verre pas deux Atsushi.

- Moi, je ne veux pas répondre car je veux que Aka-chin gagne. »

Sur ce, il vacilla très rapidement avant de s'effondrer sur le sol.

« Rien d'étonnant ! Deux verres de vodka comme ça… »

Mais Akashi fusillait son corps inerte du regard. Il ne voulait aucune aide.

« Atsushi va m'entendre la semaine prochaine…

- Bon allez, question pour toi Akashi !

- Je t'écoute Daiki.

- Est-ce que tu te considères comme psychopathe ?

- Ça va ta question Aominecchi ! Je m'attendais à pire !

- Attends ça va venir… »

Mais le bleu sentit une sueur froide glisser le long de son dos devant le regard du Rakuzan…

Ça ne lui avait pas manqué finalement.

« Que veux-tu insinuer Daiki…

- Euh… seulement une potentialité comme une autre hein ?

- Oui c'est vrai Akashicchi… il aurait pu dire … est-ce que tu te considères comme… euh… comme…

- Comme un homme vivant !

- Oui voilà !

- A votre place, je me tairai tous les deux avant d'aggraver votre cas… »

Chose qu'ils firent, bien entendu.

« Et la réponse, je vais te la donner Daiki. La réponse est non.

- Hé ! On a dit la vérité Akashi !

- Douterais-tu de moi ? »

A vrai dire… non. Bien évidemment.

Mouais… il aurait dû attaquer avec du lourd tout de suite…

« Mais j'ai une question pour toi, Ryouta.

- Euh… oui Akashicchi ?

- Sur qui as-tu déjà fantasmé dans le cercle d'amis que nous avons en commun ? »

Le blond ouvrit la bouche pour la refermer aussitôt.

« Euh… je… personne !

- Gros menteur ! fit à son tour Aomine. Tout le monde a des fantasmes !

- Mais j'en ai jamais eu dans le cercle d'amis que…

- Arrête de mentir et balance le nom !

- Je… j'aimerai que tu arrêtes de lire dans mes pensées Aominecchi ! s'empourpra le copieur en commençant à prendre son verre

- AH AH ! T'assumes pas alors hein ?

- Bien sûr que non c'est trop malaisant ! Et en plus c'était contre ma volonté dans… dans un rêve mais on choisit pas ses rêves !

- C'est ça… dépatouille-toi avec tes excuses à deux balles..

- Mais c'est vrai ! »

Sous le regard moqueur des deux joueurs, il commença à descendre doucement son premier verre.

« Bon Akashi à moi ! Quand est-ce que ta fierté a pris le plus grand coup ? »

Son sourire ne se départissait pas. Mais celui du rouge qui ne quittait pas ses lèvres l'inquiétait aussi…

« Ma fierté dis-tu ? »

Akashi était si fier qu'il n'admettrait jamais que sa fierté ait un jour été bafoué ou mise à rude épreuve. Car vu les derniers événements…

« Rien de plus simple. Il s'agit de…

- De la semaine dernière c'est ça ? sourit encore plus grandement le bleu.

- Non.

- De ta défaite à la Winter Cup ?

- Non.

- Bah alors quoi ? »

Il pivota vers le turquoise qui ne cilla pas.

« Il s'agit de la septième soirée… n'est-ce pas Tetsuya ? »

Ce dernier fronça les sourcils.

« Quoi ? Pourquoi la septième soirée ? C'était laquelle déjà ? … Y a que toi pour te souvenir des numéros de soirée comme ça !

- Mais ce n'est pas tout.

- Q… quoi ? hallucina le bleu

- Il y a trois semaines de cela également. »

Aomine était sur le cul de la sincérité débordante du Rakuzan. Il n'en avait pas espéré autant !

Akashi avait subit une transformation inquiétante durant cette semaine…

« Peu importe, j'ai répondu, dit-il devant son regard interrogatif

- J'ai une question pour Akashi-kun. »

Nouveau pivotement de tête.

« Qui est la personne qui a appelé Akashi-kun pendant des soirées ?

- Je vois que tu t'y mets aussi Tetsuya… »

Cette fois-ci, le rouge ne répondait pas automatiquement. Il jeta un regard en biais à son verre posé non loin de là.

Aomine fut plus qu'intrigué.

Akashi envisageait de boire ce verre et rien que ça, cela signifiait plein de chose.

« Il s'agit d'une personne de sexe féminin. Tout simplement, finit-il par dire.

- Hé ! C'est très avare en détail ça !

- J'ai répondu honnêtement et c'est tout ce qui compte.

- On n'en sait pas beaucoup plus !

- Akashi-kun ne l'a pas qualifié d'amie, Aomine-kun. »

Le questionné ne put s'empêcher d'esquisser un sourire en coin à cette remarque.

« Aaaaaah ! Pas faux Tetsu !

- Et toi Daiki, quel est…

- Aominecchiiiiii ! Hi hi hi ! »

Kise venait de lui sauter dessus par derrière en passant ses mains autour de son cou, sa tête reposant sur la sienne.

« Aieuh ! Putain Kise !

- J'ai… j'ai changé d'avis Aominecc… HIPS !

- Mais qu'est-ce que tu racontes encore ?

- Je… je veux que tu laisses Akashicchi… ga…. gagné !

- Non mais t'es fou toi ?

- Je… je veux que Kurokocchi é… écoute ce que… ce qu'Ashika… Aka…Akashicchicchicchi a… dire !

- Mais je m'en fou moi !

- Ryouta, fit dangereusement la voix du rouge. N'y pense même pas. »

Le mannequin, bien trop arraché, n'eut aucune conscience du danger planant sur ses épaules.

« Allez hop ! Dégage ! dit fermement Aomine en le repoussant suffisamment loin. Bien… où est-ce que j'en étais ?... Ah oui ! Tu voulais me poser une question Akashi ? J'écoute !

- Quel est ton plus grand fantasme sexuel ?

- Tu me prends pour un débutant ou quoi ? rit-il. Je vais te répondre… et bien ça peut paraître con mais ce serait avec des uniformes !

- Tiens donc.

- Ouais ! Ça te surprend ? dit-il narquoisement

- Oui. Je pensais que tu serais beaucoup plus imaginatif.

- Mais je le suis sur d'autres points, t'inquiète ! Moi en flic et l'autre en prisonnière… ça laisse plein de possibilité ! D'ailleurs, je suis sûr que tu y as déjà pensé !

- Non.

- Et bien tiens, à toi de me dire ! Quel est ton…

- Aominecchiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! gémit le blond légèrement retrait

- Mais quoi encore ?!

- Ne fais pas ça ! Y faut réviser plus tôt !

- Fou moi la paix ! Et va roupiller sous un arbre comme Midorima !... Maintenant à moi ! Alors…

- JULIETTE ! »

Tout le monde sursauta et se tourna vers le mannequin qui avait maintenant un genou par terre, son attention reportée vers un Kuroko sceptique.

« Mais qu'est-ce qu'il fou ce con ?

- Cela faisait longtemps que l'on n'avait plus vu Ryouta dans cet état…

- … Kise-kun ?

- Elle parle ! Oh ! Parle encore, ange resplendissant ! Car tu rayonnes dans cette nuit, au-dessus de ma tête, comme le messager ailé du ciel, quand, aux yeux bouleversés des mortels qui se rejettent en arrière pour le contempler, il devance les nuées paresseuses et vogue sur le sein des airs !

- Attends… pince-moi Akashi… il se prend pour Roméo là ?

- Il semble que la mémoire à long terme de Ryouta soit efficace. Se souvenir parfaitement de ce passage que nous avons étudié en classe au collège dans cet état, cela relève de la science obscure.

- Mince ! Et j'ai pas filmé ça ! Réponds-lui Tetsu ! s'esclaffa Aomine en sortant son téléphone.

- Je ne veux pas Aomine-kun.

- JULIETTE ! JULIETTE ! s'époumonait Kise

- Il va réveiller tout le quartier » observa Akashi en voyant quelques lumières faire son apparition à travers les fenêtres des voisins.

Kuroko s'écarta de la fenêtre avant de disparaitre et Akashi s'approcha du blond pour commencer à l'éloigner de sa scène improvisée.

« Calme-toi Ryouta. Immédiatement.

- Mais Akashicchiiiiii ! Il faut répéter !

- Ne m'oblige pas à employer la manière forte pour te faire redescendre sur terre Ryouta. »

Le torché le regarda en ouvrant la bouche avant d'ouvrir de grands yeux au-dessus de lui et de se sauver en courant.

SPLAAAAAAAAAAAAAAAAASH.

Une salve d'eau trempa Akashi de la tête au pied.

Complètement. Trempé.

Le rouge se tourna tout doucement vers la fenêtre où il fusillait du regard noir son agresseur derrière sa frange cachant à moitié ses yeux.

Le passeur le regardait avec étonnement, ses grands yeux ouverts.

« Kise-kun n'était plus en dessous…

- Comme tu peux le constater, effectivement, il n'était plus en-dessous. »

Kuroko ouvrit la bouche avant de la refermer.

Il s'était apprêté à s'excuser. Le Rakuzan le savait.

Aomine était pour ainsi dire, éclaté de rire. Il riait si fort que c'était sans doute lui qui allait ameuter les voisins.

« Au lieu de te comporter en enfant, peux-tu me dire où est passé Ryouta ? »

Ses esclaffements s'arrêtèrent brusquement.

« Il est pas là ?

- Non. Il n'est pas là. »

Aomine se leva rapidement en grognant.

« Purée… y fait chier celui-là.. et c'est moi qui m'y colle c'est ça ?»

Et il disparut dans la noirceur des rues pour le chercher.

Soudain, Akashi sentit quelque chose lui atterrir sur la tête. Il allait contester lorsqu'il s'aperçut de la douceur du textile. C'était une serviette.

Un seul regard échangé entre les deux adolescents suffit à excuser et remercier les gestes précédents.

Puis le silence s'installa, mêlé aux bruits de la nuit et des ronflements légers qui étaient expirés par la gorge des perdants. Il faisait doux ce soir et les étoiles dansaient par millier au-dessus de leur tête.

Kuroko était toujours à sa fenêtre, faisant mine d'observer les environs tandis qu'Akashi le fixait sans ciller, tout en s'essuyant avec la serviette.

« Tetsuya… nous devons parler.

- Akashi-kun n'a pas vraiment gagné ce soir…

- Daiki n'est toujours pas là. C'est une victoire par forfait. »

Finalement, leurs orbes se croisèrent à nouveau. Akashi grava cette image dans sa tête pour les prochains jours à venir.

Le turquoise fronça les sourcils, montrant qu'il réfléchissait à cette dernière affirmation. Il en voulait toujours à Akashi mais…

Mais il avait raison. Des choses devaient être mises au clair ce soir. Et la discussion était inévitable. De plus… il émanait du Rakuzan quelque chose de différent. Ladite discussion avait de grandes chances de ne pas être à sens unique comme le turquoise l'avait redouté.

« … j'accepte d'écouter Akashi-kun. »

Un déferlement d'une sensation insoupçonnée parcourut le corps glacé de l'Empereur. Une sensation nouvelle, comme du soulagement qui délia tous les nerfs de son corps. Une fatigue immense s'abattit sur son crâne qui se mit à tourner légèrement. La vodka ne devait pas arranger les choses.

Discrètement, il repositionna son pied pour conserver son équilibre précaire.

« Bien. »

C'était maintenant que tout se jouait. Il avait déjà sous-entendu et dit beaucoup de choses lors de cette soirée mais maintenant, il fallait l'assumer verbalement et approfondir ces premières approches. Akashi savait que sa fierté lui rendait cet acte compliqué, mais à ce moment précis, il avait tant attendu ce moment qu'il se surprit lui-même à glisser ces mots sous sa langue avec une facilité déconcertante.

« Je te dois des excuses Tetsuya sur ma façon de t'avoir traité dernièrement. »

Et vu la tête de Kuroko, l'Empereur n'était pas le plus surprit de lui-même.

« J'ai compris… que je suis allé trop loin. »

Le visage de Kuroko était de nouveau brièvement marqué par l'incrédulité. Cependant, il prit sur lui pour retrouver son visage neutre si bien qu'il devint Impossible de savoir ce qu'il pensait réellement.

« Tu as eu tout à fait raison d'agir comme tu as agis. »

Le passeur n'était qu'une statue de cire de Madame Tussaud à cet instant.

« Cependant… »

Ah. Finalement, ses sourcils se froncèrent donc le fantôme était encore bien vivant. Et à son écoute.

« Ton geste de la semaine dernière était plutôt… surprenant, te connaissant. »

Le turquoise se fit pensif.

« J'étais très en colère contre Akashi-kun. J'étais très en colère de la façon qu'a eu Akashi-kun pour me piéger.

- Je sais.

- Je n'aurai peut-être pas dû avoir ce geste, encore moins le faire en public mais…

- Tu m'en voulais énormément, n'est-ce pas ? »

L'Ombre hocha la tête.

Mais ce que le passeur ne dit pas, c'est que le fait d'avoir donné cette claque à Akashi avait été comme un électrochoc pour lui. Il en avait parlé longuement avec Ogiwara en rentrant au domicile de ce dernier. Kuroko s'était sentit en quelque sorte apaisé. Ce geste, qu'il n'avait jamais réellement donné avec toute cette force à quelqu'un, avait pu libérer toute sa colère, toute sa frustration qu'il avait refoulée. Le turquoise n'était pas un violent alors cet acte l'avait chamboulé quelque peu après l'avoir exécuté. Mais plus encore, c'était l'absence de non réaction du Rakuzan qui l'avait perturbé. Il y a deux semaines de cela, Akashi lui aurait prit son poignet et l'aurait sans doute collé contre un mur pour lui parler entre quatre yeux.

Mais il n'avait rien fait. Juste subi.

« Peut-être… peut-être que je n'aurai pas dû agir de la sorte.

- Peut-être Tetsuya… comme je n'aurai peut-être pas dû faire ce que j'ai fait. »

Les deux adolescents s'échangèrent un discret sourire complice.

« Sauf que Akashi-kun la méritait dans tous les cas. »

Il marquait un point.

Akashi ferma brièvement les yeux en effaçant son sourire.

« Alors… comment cela se passe avec Taiga ? »

Il ne fut pas le seul à le perdre.

« A moins que tu ne veuilles rien me dire…

- Il ne se passe rien entre moi et Kagami-kun... »

Une autre sensation se manifesta dans le corps du Rakuzan…

« … pour le moment. »

Avant de revenir à la normal.

Akashi prit une voix plus sérieuse.

« Tetsuya…

- Tu as tord Akashi-kun. Kagami-kun est très bien.

- …

- Je connais Akashi-kun par cœur.

- Je sais. »

Kuroko détourna le regard, mal à l'aise pendant quelques secondes avant de les planter dans les iris hétérochromes, déterminé.

« Akashi-kun. Je veux que tu me promettes une chose.

- Laquelle ?

- Une seule chose.

- Est-ce en échange de ton pardon ?

- Oui. »

Le Rakuzan plissa les yeux, dans une attente pesante.

« Je t'écoute.

- Je veux que Akashi-kun… accepte et ne se mette plus entre moi et Kagami-kun.

- Je refuse. »

C'était catégorique. Et rapide. Mais Kuroko s'y était attendu.

« Akashi-kun… c'est la garantie qu'il me faut pour me prouver que rien ne sera plus jamais comme avant. La preuve qu'Akashi-kun a changé.

- Est-ce que tout ce que je t'ai dit là ne t'a pas prouvé tout cela ?

- Pas assez. »

Un dilemme.

Voilà devant quoi Kuroko le mettait.

« Que se passe t-il si je refuse ?

- … je ne pourrai pas revenir les dimanches en sachant qu'Akashi-kun aura peut-être une idée derrière la tête… même si elle ne concerne que Kagami-kun. »

Kuroko était fort. Très fort.

Il avait tout anticipé.

« Je vois que ces quelques semaines t'ont fait réfléchir Tetsuya… »

C'était dur, même pour Akashi de prendre une telle décision.

Tetsuya avec… Taiga… . Il n'arrivait pas à le concevoir. L'idée même lui donnait envie de brûler l'appartement du joueur de Seirin
Cependant, ce qui comptait ce soir, était de prouver et d'obtenir une seule et unique chose de Tetsuya.

« Très bien Tetsuya. »

Ces mots lui arrachaient la gorge, lui brûlaient les lèvres, piquaient ses yeux.

C'était comme une asphyxie.

« Akashi-kun promet ? »

Il pouvait encore revenir en arrière, changer ses mots, les transformer pour d'autres qui auraient un impact bien plus puissant encore.

« Je te le promet, Tetsuya. »

Kuroko eut un léger sourire qui scella leur promesse.

« Merci Akashi-kun. »

Mais le rouge ne lui renvoya pas.

Finalement, même le pardon du turquoise n'arrivait pas à calmer toute l'agitation qui bataillait dans chaque partie de son corps.

Ses poings étaient crispés, ses ongles enfoncés dans les fibres du tissu de la serviette, ses dents fermement scellées les unes aux autres. Les dernières gouttes d'eau qui tombaient de ses cheveux devaient s'évaporer avant même d'atteindre son visage.

Des chaînes invisibles venaient se serrer autour de son cou et le menotter des poignets jusqu'aux chevilles. Akashi ressentit tout le poids de ces entraves sensiblement invisibles qui venaient le maintenir dans sa parole. Un acte illocutoire, des mots prononcés dans le vent et qui pourtant porteur de sens tout aussi fort : un engagement, une promesse, une parole et une seule qu'il faudra tenir.

« Je vais devoir aller me coucher, dit Kuroko en regardant l'heure sur son radio-réveil. Je n'ai plus l'habitude de me coucher si tard. »

A vrai dire, le passeur était quelque peu perturbé par le silence du Rakuzan.

« Je serai-là dimanche soir prochain. »

Il vit le rouge hocher imperceptiblement la tête et il commença à fermer la fenêtre.

« Tetsuya… »

Surprit, l'appelé se figea dans son mouvement.

« Oui ?

- Pourquoi ne me demandes-tu pas pourquoi j'ai voulu refusé cette promesse… Tetsuya ?

- … bonne nuit Akashi-kun. »

Et rapidement, le turquoise avait tout fermé, y compris ses rideaux.

Akashi resta encore un moment à fixer cette fenêtre.

Il ne comprenait pas. Cette discussion aurait dû mettre un terme au malaise entre eux deux et pourtant… un autre semblait s'être installé.

Kuroko allait revenir, leur reparler, il lui avait pardonné… et pourtant cela avait un goût amer dans sa bouche à cet instant.

Le Rakuzan entendit des bruits de grognements et de feuilles que l'on dérange derrière lui. Il s'aperçut que c'était Aomine, couvert de poussière et Kise en sac à patate, endormi sur son épaule.

Akashi avait tellement été absorbé dans ses pensées qu'il ne sut combien de temps il les avait attendu depuis le départ de Kuroko.

« Que vous est-il arrivé encore… lança t-il en voyant leur état, bras croisés

- Attends… qui est le seul con du village à grimper aux balcons et se gourer de maison ? Kise évidemment ! La prochaine fois, c'est toi qui t'y colle ! »

Il le déposa sans aucune douceur près de ses comparses.

« Non mais franchement ! Le mec veut faire demi-tour pour rentrer et il rentre dans le mauvais jardin… et il grimpe au balcon pour rejoindre Tetsu ! Heureusement que j'étais là mais cet idiot m'est tombé dessus quand j'essayais de le décrocher. Bonjour la discrétion ! »

Aomine se fit craquer le dos en grimaçant avant de jeter un coup d'œil à l'étage.

« Tetsu est parti ?

- Parti se coucher, effectivement. »

- Vous… vous avez parlé ?

- Retiens seulement que Tetsuya sera là dimanche soir prochain. »

Un sourire prit place d'office sur la tête du basané.

« Nan ? Sérieux ?! Putain c'est génial ! »

Le métisse était si heureux qu'il faisait office de réverbère.

« Purée, j'en connais d'autres qui vont être contents en l'apprenant !

- Ce que je te propose Daiki c'est que nous appelions un taxi et que nous rentrions. De plus, cela sera plus facile de les porter à deux.

- Quoi ? Mais on est encore tous les deux debout ! Et j'ai plein de questions à te poser sur ta conversation avec Tetsu… rajouta t-il d'un air entendu.

- Certainement pas.

- Certainement que si. La soirée n'est pas finie !

- Je gagne toujours, Daiki.

- Je demande à voir.

- Rien de plus simple. »

Le rouge prit un verre sous les yeux stupéfaits du bleu et le descendit cul sec.

« Je déclare la soirée terminée Daiki. N'oublie pas d'appeler un taxi. »

Et le Rakuzan trouva rapidement l'herbe confortable derrière lui pour s'y assoupir avec une rapidité impressionnante. Aomine était encore sous le choc.

« Non mais il se fout de moiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii ! »

Il serra les poings en laissant échapper un juron.

« Bordel… je te souhaite des cauchemars Akashi ! »


Mot de la fin : Et bien voilà ! Je ne vous cache pas que j'ai trop hâte d'écrire le prochain chapitre xD Donc pendant que j'ai du temps libre, je vais m'y mettre de ce pas ! J'espère que ce chapitre vous a plu ! Le 20ème quand même, c'est fou !

Comme toujours, n'hésitez pas à me dire ce que vous en pensez, positif comme négatif ! C'est vous qui êtes la source de ma motivation !

Merci de votre lecture !


Réponses aux Guests et aux anonymes :

DieuNoob : Hello ! Comme je ne peux pas t'envoyer un message privé, je te le mets ici. Franchement, merci tu m'as fait trop plaisir ! J'ai pris tellement de plaisir à l'écrire et effectivement, l'honnêteté était le maitre-mot de la soirée. Je susi trop touchée par ta review ! T'es une crème je ne sais pas quoi dire tellement j'ai le sourire en te lisant ! (PS : J'adore tellemeeeeeent écrire des passages comme ça x))

poischiche : Hello ! Merci c'est très gentil ! Et moi, très heureuse de te retrouver ici ! Merci à toi ! A plus !

Kira : Hey ! Ca va et toi ? Merci de ta belle review qui m'a fait très plaisir ! J'avais l'impression de relire ma fic avec toi. J'avoue qu'une vidéo de Kise sur la page aurait été excellente ! xD Encore merci à toi Kira !

fifi : Salut ! Merci ! Je suis très heureuse qu'il t'ait plu ! C'est moi qui suis émue de ta review ! Merci à toi !

namka : Hiii ! MERCIIIIIIIIIIIIIIIIIII ! :D *sors les coupes* C'était un vraiment un chapitre agréable à écrire ! A bientooooooot !

Edgeer : Merci ! Suite aux prochains épisodes ! Bonne continuation à toi aussi !

yuni : Hello ! C'est moi qui suis très heureuse de te retrouver ici ! Pas de souci pour ta dernière review, il faut accepter la critique sinon on n'avance pas ! ;) J'ai vraiment adoré écrire ce chapitre qui était une bouffée d'air frais. J'ai adoré te lire, vraiment, j'avais le sourire aux lèvres ! Encore merci yuni ! A bientôt !

husky : Merci à toi ! A bientôt !

Guest : Merci beaucoup !

alexsamclover : Hello ! *se fait whooper dans un aspirateur* Contente de te revoir par ici ! Je suis trop touchée par ta review ! :O C'est toi qui m'a donné des frissons ! Que de questions ! Peut-être en auras-tu dans les chapitres à venir ? Encore merci alexsamclover, tes reviews me donnent toujours la pêche et le smile ! Byyyye ! *se fait larguer d'un hélicoptère*

leonie : Bonsoir Léonie ? Ca va et toi ? Je suis très heureuse de voir que ce chapitre t'ait plu ! Oui, c'était une soirée avec des objectifs plutôt sous-jacents. (Oh purée c'est pas faux pour Midorima la carotte !) Ta review me va droit au cœur et elle m'a vraiment fait sourire à la lecture. Merci pour ce bon moment. Espérons que la suite te plaise !

cheshaya : Franchement, merci à toi je ne sais pas quoi dire ! J'ai adoré lire ta review qui m'a boosté et m'a fait trop plaisir ! J'espère que la suite te plaira ! Encore merci !

Maria Ston : Alléluia ! xD

Guest : Merci beaucoup ! Tchuss !

Mika : Hello Mika ! Merci à toi de ta si gentille review ! T'es adorable ! Oui, une soirée à seulement tous les 5 remonte assez loin. J'adoré lire ta review, mille merci. Elle m'a boosté à fond ! Et merci pour tous tes compliments qui me vont droit au cœur ! Bon continuation à toi aussi !

Lalapichou : Merci beaucoup !

bABE : Je me ne peux rien dire ! :x Merci beaucoup c'est très gentil !

akashi trop chou : Hello ! Merci à toi, c'est ta review qui m'a apporté gaieté et bonne humeur ! C'était un chapitre « bouffée d'air frais » oui, tout aussi agréable à écrire ! Effectivement, tant de choses se sont passées ! Reprendre une ambiance habituelle après cette situation peut être compliquée. Encore merci akashi trop chou d'être là au rendez-vous avec cette adorable review !

k : Merci beaucoup ! Et merci à toi surtout ! Contente que cette soirée t'ait plu !

Flo : Bonjour et bienvenue sur ma fic ! :D Merci ! Ta review m'a fait super plaisir ! J'adore tellement écrire toutes ces relations ! ^^ Il y aura bien un prochain chapitre au programme ! J'espère qu'il te plaira aussi ! Encore merci Flo !

Xerxes : Hello ! Merci de me suivre et d'avoir pris le temps de laisser une review ! Merci de tes compliments c'est très gentil, je suis touchée ! Franchement, encore merci, je suis très contente que ma fic te plaise et j'espère que ce sera encore le cas avec les prochains chapitres ! Prends soin de toi aussi !

Rinahime : Coucou ! Pas de souci ne t'en fais pas ! Je suis contente que ce chapitre t'ai redonné la pêche ! Encore merci ! A très vite !

Guest : Merci à toi pour ta review !

mangle : Hello ! Merci pour ta review ! Ca fait un bail oui ! Je suis très heureuse que tu apprécies toujours autant lire ma fic ! J'ai adoré lire ta reveiw qui m'a donné le sourire ! Tellement de questions oui ! Je dois avouer que l'énergie que j'ai pour écrire cette fic vient beaucoup de tous vos adorables messages aussi ! (Au contraire ! J'adooooooooore les pavés !) Des bisous et encore merci !

Dani vgn : Merci pour ta review ! Hé hé ! Je ne dis rien ! :x J'espère que la suite te plaira !

Namae wa : Je ne sais pas :x

Guest : Je ne dis rien ! :x

Guest : Oui c'est en voyant ton message que je me suis rendue compte que je n'avais pas actualisé mon profil ^^

Louna : Merciiiiiiii c'est gentil ! Oui 5 ans c'est fou hein ? T'es adorable merci ! Hé hé je ne peux rien dire ! :x Franchement, ça me touche je suis trop émue ! Encore merci !

Petit piment : C'est trop gentil merci beaucoup ! Ah oui depuis le chapitre 6 ! Ca fait un sacré moment ! J'espère que l'évolution des personnages et les prochains chapitres te plairont tout autant ! Merci et bon courage à toi !

Edgeer : Merci c'est gentil ! Elle arrive bientôt !

akashi2811 : Coucou ! Ca va et toi ? Non je n'ai pas le temps de m'ennuyer, je te remercie ! Je suis assez occupée et toi ? Désolée ! Promis la publication est extrêmement proche ! C'est adorable merci beaucoup cela me fait tellement plaisir de voir que tu ne t'en lasses pas malgré les années ! Nop ce n'est toujours pas tombé ! Le chapitre 20 était une vrai bouffée d'air frais à écrire ! Bon courage à toi aussi et prends soin de toi ! Bisouuuus !

Traor : Trèèèèèèèèèèèèèèèèès bientôt !