9. Réunions et dissonances

« Ok. Admettons la dernière fois que je l'ai vu, il voulait m'embrasser et j'ai fuit… Mais de là, à ne pas répondre. Il ne répond à personne d'ailleurs, et si ce fou de père que j'ai vu il y'a quelques mois l'avait séquestré ? Non, Sirius est peut-être volage, mais il ne me laisserait pas m'inquiéter juste parce qu'il doute de moi ! Vraiment ? Et si, son frère l'avait tué ? James le saurait ! Si quelque chose était arrivé à Sirius, James le saurait ! Alors où est-il bon sang ? Non, arrête… Calme-toi ! Me calmer ? Même Rémus n'est pas chez lui. James, la dernière fois que j'ai eu de ses nouvelles, il était en voyage ! Bon sang où est Lily ? Et si je contactais Dumbledore ? Mais tu es folle ? Tu crois que Dumbledore est ton ami ? Attends… Et si les Macmillan revenaient se venger de lui. Ils seraient venu pour toi aussi, mais moi personne ne sait où me trouver ! Bon sang, Lily est où ? »

Une grande blonde aux yeux bleus, tournait en rond dans la petite maison des Lupin, déroutant le père de famille au plus haut point.

Lily Evans venait de finir son expérience secrète à Poudlard et revenait tout sourire à la maison qui l'avait accueilli à bras ouvert. Elle toisa le quartier dans lequel elle marchait et une pensée lui arracha son sourire en pensant à tous les êtres morts et disparus lors du massacre du mois dernier. Elle détourna le regard et arriva devant la porte peinte en grège et toqua à deux reprises. Elle attendit encore quelques secondes avant d'être accueillie par un Lyall perturbé. Lily n'eut pas le temps de poser de question, puisque dès que Marlène vit la jeune rousse un long monologue s'en suivit, monologue que ni Lyall, ni Lily ne comprirent tant elle se perdait et gesticulait.

- Marlène ! Du calme. Je n'ai rien compris !

Lily salua Lyall, déposa ses affaires sur la moquette du salon et essaya de prendre son amie dans ses bras. Elle l'enlaça et la força à s'asseoir tout en la poussant vers le large canapé du milieu.

- … Je pense qu'ils parlent de lui… Mais comment c'est possible, il… Tu sais où il est ? Et si… ?

- MARLENE !

Soudain, la jeune blonde cessa de tourner près du canapé et fixa Lily et Lyall.

- Je te ramène un peu de tisane, Marlène, je n'ai jamais eu autant de mal à comprendre quelqu'un et pourtant j'en ai rencontré des créatures incompréhensibles dans ma vie !

Lyall entra dans la cuisine, laissant Lily avec son amie. La seule raison pour laquelle, il était resté près de la jeune blonde aussi longtemps était pour s'assurer qu'elle était bel et bien Marlène. Dépassé une heure de présence chez lui, il en conclut qu'elle n'était pas sous Polynectar.

- Pourquoi tu ne m'as pas Octo déjà ?

- Personne ne peut faire semblant de piquer une crise aussi semblable que la tienne. Assieds-toi et s'il te plait, phrase par phrase. Demanda Lily en prenant Marlène dans ces bras.

Elle la serra fort, lui empoigna les épaules, l'obligea à s'asseoir à nouveau et lui intima de se calmer en caressant son épaule. Dès que la respiration de Marlène fut plus régulière, Lily posa la question.

- Tu parlais de Sirius ?

- Oui.

- Ok. Alors recommence dès le début. Il avait disparu tu as dit ?

- Oui.

- Ça veut dire quoi disparu ?

- Il ne reçoit aucune de mes lettres et il y'a des rumeurs…

- Quelle rumeur ?

- Qu'il y'a une guerre chez les Black.

- Rémus m'a dit une fois, qu'il ne répondait pas aux lettres.

- Il ne répondait pas à Rémus non plus ?

- Non. J'ai essayé de lui envoyer une lettre une fois, mais rien.

- Moi, non plus. Lança Marlène. Elles me revenaient et toi ?

- Aussi.

- Et celles de Rémus.

- Non. Je ne pense pas. Déclara Lily suspicieusement.

- Donc Rémus sait où le trouver lui. Il est où ?

- Je ne sais pas Marlène, tu vois bien que je viens d'arriver.

Marlène se leva et se mit à tourner en rond à nouveau.

- Tiens lis ça. Lança Marlène en sortant la gazette de son sac. C'est celle de ce matin.

« Une attaque moldu, qui s'avère caché plus qu'un acte isolé... Rita Skeeter nous rapporte les dessous d'une histoire camouflée qui n'est autre qu'un règlement de compte entre sorciers.

Dans un quartier de la banlieue londonienne, un pont s'est magiquement effondré, il y a deux mois de cela, laissant entrevoir tout un immeuble construit en dessous. (Photo ci-dessus)

Cet immeuble d'architecture sorcière qui de prime abord, n'était visible à personne dans le monde des moldus, (nous révèle une source proche du ministère) était en réalité également invisible à certains sorciers. C'est en voyant ce subterfuge que quelques sorciers curieux comprirent qu'il abritait des personnes de notre communauté.

Les sorciers derrière cette attaque eurent alors une divergence d'opinion, au beau milieu de leur raid. Certains désirant effrayer les moldus ne virent plus l'intérêt d'une telle attaque, mais notre source nous révèle que deux des sorciers perpétuant l'attaque furent attirés par autre chose, les leurs. Un fugitif d'une grande famille de sorcier et une autre évadée que la famille a renié et qu'on nous interdit de mentionner.

Une famille toujours pure ne laisser aucune descendance ternir le nom et ce depuis des millénaires. Il semblerait que certains pionniers de la famille aient décidé de donner une leçon à leur propre sang, pour seul et unique but de purifier la race. Un peu tordu, non ? Bien évidemment que non.

Une enquête a été ouverte sur les raisons de cette attaque et sur ces assaillants masqués qui, jusqu'aujourd'hui, restent introuvables. Les brigadiers qui réussirent à intercepter un sorcier parmi les cinq aperçus sur place furent manipulés par un Impardonnable et c'est ainsi que le dernier assaillant pouvant fournir des explications logiques, finit par prendre la fuite, laissant à nouveau notre brigade de la police, si efficace, sans aucune piste…

…La police magique est un peu dépassée, peut-être penseront-ils à recruter plus dans le département de la justice, plus tôt que celui des jeux magiques…

Aucune mort n'a été enregistrée, mais aucune autre information définitive n'a été transmise non plus. Nous ne savons plus quel rapport est réel ou truqué. Nous tenons, chers lecteurs, à vous fournir des vérités que personne ne semble connaître. Que sont devenus les attaqués ? Qui étaient les attaquants ? La brigade a autant peu d'idée que si nous demandions des comptes rendus à des moldus...

Libre à nous chers lecteurs de chercher la vérité… »

Lily s'arrêta de lire et fixa Marlène.

- Fugitif ? Tu crois qu'on parle de lui ? Il s'est enfui de chez lui, tu crois ?

- Oui Lily, les rumeurs circulent vite entre sang purs et ils disent qu'Orion et Cygnus Black ont tout deux perdus leurs enfants, Sirius pour le premier et Andromeda pour le deuxième.

- La sœur de Narcissa ?

- En personne.

- Pourquoi ? Je me rappelle d'elle, dans ma première année, elle était en sixième année à Serpentard. C'est la grande sœur de la copine de Malefoy pas vrai ?

- Ce n'est pas la plus grande, elle est entre Bellatrix et Narcissa.

- Pourquoi elle a été reniée ?

- On ne sait pas, si elle a été chassée ou elle s'est enfuie, tout comme Sirius. Mais je ne sais pas si tu es au courant, elle sortait avec un né-moldu.

- Ah non ! Ne me dis pas encore une Serpentard qu'on a harcelé parce qu'elle a choisi un né-moldu.

- Non, c'est pire c'est une Black.

- Oh mon dieu ! Cette attaque ce sont des mangemorts... C'est sûr, ils ont dit qu'ils étaient masqués, ils n'ont eu aucun mal à utiliser des Impardonnables, tu crois que Sirius se cachait avec Andromeda et ils sont tombés sur leurs cachettes, c'est ça ? Demanda Lily qui continuait de fixer l'image de l'immeuble et le pont effondré, qui était jointe à l'article.

- Oui. Même si je ne vois pas pourquoi Sirius aurait fui ou aurait été chassé ? Déclara Marlène avec une pointe d'espoir que Lily ne put s'empêcher de décourager.

- Réfléchis, ça doit être à cause des Octo, son frère a bien du leur dire dans quel camp se trouvait Sirius cette année.

Lily aurait voulu dire à Marlène que Sirius était le paria par excellence au creux des Blacks, ami avec les traîtres, les nés-moldus, les hybrides, se battant contre les Serpentard, prônant la parole de Dumbledore et la liste restait longue…

- Rémus sait quelque chose. Ça fait deux mois que ceci s'est passé, c'est impossible qu'ils n'aient pas communiqué pendant un mois. D'ailleurs ils avaient déjà écrit un article sur cette attaque, mais personne ne mentionna les sorciers fugitifs à l'époque, ou la famille de sang-pur. Mais maintenant, si Rémus sait il doit nous dire...

- Mais j'étais là, si quelque chose était arrivée, je le saurai…Je crois...

Soudain Lily réalisa que non. Les maraudeurs avaient un énorme point d'honneur inchangeable : ils se feraient enterrés avec les secrets de l'un et l'autre plutôt que de les divulguer. Elle le savait parce qu'aucun des maraudeurs n'aurait avoué la lycanthropie de leur ami, même sous torture. Si Sirius avait un secret, Rémus le tairait également, par loyauté. Mais si Sirius allait mal, Rémus ne serait pas aussi calme ! Lily en était convaincue.

- Tout compte fait. Il pourrait savoir, je vais demander à Lyall où il est.

- Il est chez les Potter. Déclara le père en faisant sursauter les filles.

Elles n'avaient pas remarqué qu'il était dans la pièce. Lily réalisa que la pleine lune devait être passé depuis plus d'une semaine pour que Lyall laisse son enfant sortir du lit.

- On va chez James ! On doit absolument aller chez James, d'une manière ou d'une autre ils savent se retrouver ceux-là, toujours ! Il faut qu'on aille chez James. Je dois savoir si… et si…

- L'article ne dit pas qu'il y a des morts Marlène.

- Il ne dit pas qu'il y'en a pas non plus ! Lyall ! Hurla Marlène.

Lily demanda à Marlène de se calmer et regarda Lyall pour demander de l'aide.

- Tu penses que Sirius court un danger et que les Potter le savent, ainsi que mon fils c'est ça ?

- Ou il est mort ! Imaginez qu'il soit mort ! Hurla Marlène.

Lyall regarda Lily pour lui demander de trouver un moyen de calmer son amie.

- Elle ne se calmera pas tant qu'elle n'a pas de réponse. Même si nous lui répétons que Sirius ne peut pas être mort... Elle ne se calmera pas tant qu'elle n'aura pas ses réponses.

- Malheureusement Marlène nous ne pouvons pas aller chez les gens sans nous annoncer, donc je ne peux pas te laisser aller chez les Potter et encore moins t'accompagner. Ta tante t'a envoyé ici pour une raison. Elle ne voulait pas que tu restes seule au Chaudron, alors nous n'allons pas quitter cette maison.

- Lyall, s'il te plait, je dois savoir. Ecrivez-leur, ou demandez à Rémus, mais…

- Ok, tu veux bien te calmer, tu es en train de ravager le salon avec tes talons.

Marlène s'excusa et s'assit. Lyall quitta la pièce alors Lily le suivit.

- Elle a raison. Rémus et James savent, mais je ne peux pas m'inviter. Déclara Lyall Lupin. Le mois dernier, je suis parti récupérer Rémus de chez eux sans invitation et j'ai foiré tout leur système de protection autours de la maison, ils ont du tout refaire à cause de moi, donc je dois d'abord les prévenir et attendre une réponse. En attendant, il faut que tu essaies de la calmer.

Lily voulait aider, mais ne pouvait décemment pas aller sonner à la porte de James Potter, elle hochait la tête continuellement comme pour dire à Lyall de trouver une solution sans qu'ils aient à se déplacer. Elle sentit une inédite sensation s'en prendre à son corps dès qu'elle pensa au fait de s'inviter elle-même chez les Potter. Lyall prit un parchemin et écrivit une lettre qu'il envoya à son fils. En attendant la réponse, ils retournèrent au salon et ne trouvèrent pas Marlène. Lyall se dirigea vers la chambre de Rémus où il l'a surprit en train de fouiller dans le tiroir de la commode de son fils. Lily qui le suivait de près écarquilla les yeux.

- Marlène ! Tu es folle ! C'est la chambre de Rémus. Tu es folle ? S'écria Lily.

Lyall, lui, ne réagit pas et se contenta de les devancer au salon. Lyall fixa Marlène longtemps et réalisa que c'était la première adolescente qu'il rencontrait qui n'avait aucune honte à révéler ces sentiments, elle les portait aux visage et au corps comme une combinaison dont elle était fière, Marlène était la première adolescente à se laisser emporter par la vrai nature de sa douleur et à l'exprimer avec autant de facilité. Elle était si différente de Lily, qui généralement ressentait sûrement cinq fois plus mais montrait infiniment moins. La jeune rousse prit la jeune blonde dans ses bras et expira longuement.

Un long silence commençait à s'installer dans le salon, quand Lyall reçut une réponse à sa requête. Il regarda la jeune fille et décida de l'aider malgré sa réticence, après tout, il devait bien un service aux McKinnon.

- On y va.

Les filles se tournèrent vers lui, surprises.

- Je te raccompagne et ramène mon fils à la maison par la même occasion. Ça te va ?

Marlène se jeta dans les bras de Lyall en le remerciant. Lily, elle, tenta de s'éclipser mais en vain.

- Tu viens avec nous. Lui ordonna la blonde.

- Non, je n'ai aucune raison de…

- Mais Lily et si c'est une mauvaise nouvelle… Et si… Il n'y a que toi qui pourra me calmer… Regarde comme je tremble… Je… Il faut que tu viennes. TU VIENS !

- Ok. Ok. Calme-toi !

- Ok. Ok. Merci Lily.

Lyall avait finalement reçu une lettre des Potter, lui indiquant le nouveau moyen de s'y rendre. Il envoya une lettre à Kayson Mckinnon et laissa Marlène et Lily tergiverser et débattre au salon, pendant qu'il tournait en rond dans son salon. Lyall avait passé sa journée à feindre la sérénité alors qu'il avait déjà ses propres inquiétudes, son fils aussi était constamment en danger, s'ils venaient à connaître sa maladie, il serait condamné...Sans oublier que Rémus ne se remettait plus aussi facilement de ses pleines lunes. Il se sentait malade de laisser son fils sortir et il appréhendait que ce jeune Sirius les ait embarqué dans de sales draps, mais Lyall avait comprit depuis longtemps que pour éviter de souffrir des actes de rébellion des adolescents, il fallait s'armer d'une carte indispensable, le papa copain.

Lily finit par apparaître au bout d'un moment, et ne put s'empêcher d'être touchée par l'angoisse dessinée sur les traits de Lyall. Elle sentit un pincement au cœur et réalisa que sous les blagues et l'éternel optimisme, elle avait oublié qu'il était père avant tout, elle avait oublié à quel point les parents pouvaient se faire des sangs d'encre, elle avait oublié...

Lyall, l'aperçut et tenta de lui sourire, mais les rides sur les rebords de ses yeux témoignaient contre lui. Elle s'approcha de lui et tenta de trouver des mots réconfortants.

- Je sais qu'il a laissé un mot en disant qu'il revient dans une heure et qu'il va bien. Je sais. Mais… Même lui, ne peut pas savoir s'il va bien et s'il ira bien en sortant… Déclara-t-il en murmurant. Je n'aime pas quand il sort, pleine lune ou non, et...

- Il est mature, il ne se fera jamais de mal.

- Tu crois que ses cicatrices viennent d'où ? Il grandit et sa force aussi Lily...

Lily était sur le point de répondre, quand un vieux duc toqua à la fenêtre de la cuisine. Lyall s'empressa d'ouvrir la lettre et souffla longuement.

- J'ai informé sa tante où nous serons pour ne pas qu'elle s'inquiète.

- Je peux rester pour l'attendre… Déclara Lily qui cherchait une échappatoire sans contrarier son amie.

- Ça ira. Elle ne rentre que tard le soir, elle est… elle travaille.

- Euh… D'accord, alors.

Ils s'empressèrent de sortir de la maisonnette et marchèrent silencieux, jusqu'à ce qu'ils arrivent à une station de métro. Marlène leur montra le chemin et ils attendirent quelques secondes devant une lisière de forêt avant qu'un immense manoir n'apparaisse devant leurs yeux. Marlène semblait habituée à ce spectacle devant elle, mais Lily elle ne put s'empêcher d'être émerveillée.

La jeune blonde les devança, sortit sa baguette et tapa trois fois sur une petite portière menant à une maisonnette devant le manoir pendu aux arbres derrière. Un elfe vint à sa rencontre.

- Mademoiselle McKinnon, veuillez me suivre. Lança-t-il après une courbette.

- Je ne suis pas seule.

L'elfe regarda derrière elle et demanda aux autres hôtes de s'avancer, il demanda poliment à voir leurs baguettes ensuite claqua des doigts. Le paysage derrière Lily et Lyall se retransforma en forêt et ils comprirent que les moldus ne pouvaient plus les voir à présent.

- Veuillez me suivre.

Ils contournèrent la maisonnette et suivirent l'elfe qui marchait avec dandinement et en sifflotant. Ils arrivèrent dans un jardin immense et virent deux salons donner sur ce jardin à travers d'énormes bais vitrées. Lyall, repéra son jeune garçon allongé sur un canapé, une couette sur lui, il vit une tasse et un plateau posés à ses cotés et put enfin souffler de soulagement ; son fils dormait.

Marlène entra en premier en courant, suivi par Lyall qui s'approcha du chevet de son fils en lui touchant le visage, Lily, elle resta pétrifiée sur le pan de la porte, par tant de grandeur et de luxe. Rien n'était extravagant et pourtant tout était grandiose et élégant.

Marlène disparut derrière une porte et revint accompagnée d'une femme d'un certain âge. Lorsque Lily la vit, elle la reconnut immédiatement, la femme qu'elle avait vue dans le miroir magique de James Potter. Elle la contempla et ne put s'empêcher de reconnaître le regard, le nez, les yeux et la couleur de cheveux de Potter.

- Bonsoir. Monsieur Lupin.

- Madame Potter, désolé de vous importuner à cette heure-ci, sans invitation encore une fois.

- Je dois dire que malgré l'occasion qui nous réunit, je suis enfin heureuse de vous voir Lyall Lupin, et ne vous importunez pas pour la mésaventure du mois dernier, nous avons plus important à discuter comme par exemple comment votre fils si charmant supporte le mien.

Lily esquissa son premier sourire de la soirée.

- Ah tu dois être la fameuse Lily Evans.

Lily vira au cramoisi et fini en teinte rouge tomate. Euphémia Potter, la toisa de la tête au pied.

- Je suis ravie de faire ta connaissance, j'ai vraiment beaucoup parlé de toi.

- Je… Merci… Aussi.

Euphémia laissa paraître le même sourire taquin qu'avait son fils et contrairement à celui de James, Lily trouva celui d'Euphémia contagieux et délicieux.

- Suivez-moi, tous les trois, le dîner est servi et nous n'allons pas laisser nos hôtes nous attendre pendant que nous dînons.

- Je… Non, ne vous embêtez pas.

- Pas du tout, monsieur Lupin, nous sommes heureux d'avoir de la compagnie… Oui, Marlène ?

- Où est James ?

- Il arrive.

- Est-ce que… ?

Marlène n'eut pas le temps de finir sa question, puisqu'une figure imposante venait de faire son apparition.

- Bonsoir, tout le monde. Lança Fleamont Potter.

Marlène grinça des dents. Elle n'avait plus de patience et la jovialité de tout ce beau monde la rendit plus aigrie que rassurée. Elle était venue pour avoir des réponses et non pour discuter de la météo et des mets servis. Rémus se réveilla au même moment, et sursauta en voyant son père, Lily et Marlène devant lui.

- Bienvenu parmi nous, Rémus. Enchanté de vous revoir Monsieur Lupin. Déclara Potter Senior avant de se tourner vers Lily. Mademoiselle ?

- Evans. Déclara Lily par réflexe. Lily Evans.

Fleamont regarda Euphémia d'un air complice et ils pouffèrent de rire en même temps.

- Alors c'est elle ?

- Oui, c'est elle.

- Je… Pardon, c'est moi qui ?

- Oh mon dieu, Euphémia regarde comment tu l'as fait rougir, tu n'as aucun tact ? Lança Fleamont en se moquant de sa femme.

- Moi ? Et toi, en toisant la jeune fille de la tête au pied ? Tu n'as pas honte ?

- Oh ! Je voulais juste voir si mon fils avait aussi bon gout que moi.

- Tu crois me complimenter comme ça ?

Marlène finit par rire, d'un rire nerveux mais sincère. Lyall et Rémus riaient aussi, mais Lily se sentait si étrangère et mal à l'aise qu'elle voulait prendre ses pieds à son cou et transplaner, même si elle avait aucune idée de comment faire.

- Lily, je te présente les Potter, les auteurs de James. Tu verras on ne s'ennuie pas ici. Débita Marlène devant la gêne flagrante de son amie.

- Jeune Lily, je suis ravi d'enfin te connaitre. Lança Fleamont en faisant une courbette.

- Je suis… de-même. Merci, de nous recevoir. Murmura Lily.

Les Potter éclatèrent de rire.

- Je… J'ai dit quelque chose qu'il ne fallait pas ? Murmura-t-elle à nouveau à l'adresse de Marlène.

- Oh non, ma jolie. Bien au contraire, viens avec moi. Lança Euphémia en prenant le bras de Lily. Si on riait c'est parce que, premièrement nous sommes des gamins et deuxièmement tu es célèbre par ici.

- Je ne comprends pas.

- Je te raconterai après. Nous passons à table. Déclara-t-elle en tenant Lily par le bras.

Elle marchait avec Lily devant, suivie par Malène et Fleamont et un peu à leur droite Rémus et son père. Ils entrèrent dans la pièce où le dîner était servi et Lily ne put s'empêcher de contempler à nouveau avec un air ahuri. Elle comprenait que James Potter n'ait jamais été subjugué par la grande salle à Poudlard, ils n'avaient rien à envier au festin, à la décoration et encore moins à la chaleur de cet endroit.

- James ! Descends, nous avons une surprise pour toi ?

L'assemblée entendit des pas de courses provenir des escaliers en colimaçon.

- Si Rémus s'est mis à enlever son pull au milieu du salon, ce n'est pas une surprise, il…

James Potter qui dévalait l'escalier en portant sa tenue de Quidditch et seulement une seule chaussette au pied, s'arrêta net dans la dernière marche en voyant la jeune fille dans le bras de sa mère.

- Tu vois pourquoi, je vais vite faire de toi une amie, Lily ? Déclara Euphémia à l'oreille de la jeune Gryffondor.

Lily qui fixait James, s'éveilla de sa torpeur en entendant la remarque d'Euphémia, elle baissa les yeux, sourit et émit un son nerveux. Elle ne comprenait pas le sens de la remarque de la mère de James, mais elle était trop polie pour poser la question.

- James, va enlever cette tenue, lave-toi et viens diner ! Ordonna son père.

James Potter, ne bougeait pas. Soudain, Fleamont éclata de rire et le jeune adolescent finit par remonter les marches en courant.

- Oh Lily, je crois que tu vas venir plus souvent chez nous. Installez-vous autours de la table les enfants, nous allons vous rejoindre dans un instant. Monsieur Lupin, pouvons-nous nous entretenir un moment ?

Rémus, Marlène et Lily s'assirent chacun dans un siège de la majestueuse salle à manger.

- Rémus où est Sirius ? Demanda Marlène qui tapait du pied sous la table.

Rémus ne répondit pas, une fatigue profonde se sentait dans le moindre de ses gestes et Lily remarqua qu'il était dans un état qu'elle n'avait jamais vu auparavant, Lyall aurait eu raison de s'inquiéter, cette fois-ci Rémus s'était fait énormément de mal.

- Rémus ? S'impatienta Marlène.

- Mar, il est fatigué, laisse-le reprendre ses souffles. Il était alité.

- C'est pour ça que je suis encore plus inquiète ! Ton père m'a dit que tu étais vraiment malade, et toi ! Tu es consciencieux, si tu es venu ici, ce n'est pas que pour des bêtises pas vrai ? Alors pour que tu réussisses à te traîner jusqu'ici c'est que c'est vraiment urgent ! Vous allez me dire ce qui se passe ? Tu sais dans cette tête, il y a tellement d'hypothèses, que je vais finir par croire n'importe quoi, alors dis moi s'il est au moins…

Marlène s'était levée en parlant et avait été interrompue par un claquement de porte. Avant même qu'il n'apparaisse, elle reconnut son parfum.

- Ah je me disais ! Cette voix si douce et guillerette, je la connais.

Sirius Black s'adossa à la porte et les regarda. Ses cheveux étaient plus longs, une petite barbe entourait son menton et il arborait une veste en cuir sur les épaules qui lui donnait l'air d'un motard ennuyé. Il affichait son air arrogant des Blacks, pourtant lorsqu'il regarda Marlène l'affection qui s'y lisait déteignait de l'image globale. Sirius ne bougea, ne s'approcha pas d'elle et se contenta de hocher la tête de loin. Marlène, elle, avança d'un pas, puis recula, elle laissa tomber ses bras comme trop lourd auparavant et les laissa pendouiller nonchalamment près de son corps, elle ouvrit la bouche, la ferma, puis se passa la main dans les cheveux et expira.

C'était ce jour-là, que Rémus et Lily comprirent qu'entre Marlène et Sirius, ce n'était pas qu'une histoire sans importance. La part d'affection dans les yeux pourtant vides de Black, le désespoir et l'impuissance dans les gestes d'une Marlène d'habitude forte...

- Lily.

- Sirius.

Il finit par avancer et s'installa près de Rémus, qu'il inspecta minutieusement.

- Tu dois te reposer, Lunard.

Lily entendit ce surnom et pour la première fois, comprit qu'il faisait allusion à sa lycanthropie.

- Je vais bien.

- Clairement.

Lily regarda Marlène. Elle fixait son assiette et semblait se châtier pour refouler ces sentiments, ces gestes ou même une probable crise. Alors, elle lui tint la main sous la table et décida de faire ce pour quoi elle était là.

- L'article parle de toi Sirius ?

- Ah Lily, tu fouines toujours ?

Il se voulait blessant ou repoussant, mais les deux filles assises en face de lui, le connaissaient suffisamment pour ne plus se laisser impressionner.

- Toujours. Alors ? Qu'est-ce qui t'est arrivé Sirius ?

- Je n'ai pas envi de parler de ça, tu veux ?

- Tu…

- Lily ! Rétorqua Sirius sèchement sans lever la voix.

La main de Marlène se resserra sur celle de Lily.

- Ok. Ok. Nous étions juste inquiets, et je vais me contenter de m'estimer heureuse que tu sois là pour l'instant. Ok ?

Il fixa Lily et détourna le regard.

- Je vais bien…Lança-t-il.

Il posa ses yeux sur Marlène et ne put s'empêcher de remarquer sa pâleur.

- Marlène.

Elle leva les yeux vers lui et il aperçut une vulnérabilité qu'il ne lui connaissait pas, bien qu'il soit trop froid ou blasé pour réagir en conséquence, il fut touché de son inquiétude. Après tout, rares étaient ceux qui prenaient encore la peine de s'inquiéter pour lui.

- Je vais bien, je t'assure.

Elle hocha la tête et lâcha la main de Lily, puis ramena ses deux paumes collées sur la table.

- Evans.

Lily leva les yeux et croisa ceux de son ennemi-ami ou Morgan savait quel adjectif il était. Son cœur se mit à battre si fort que cette fois-ci, elle ne put s'empêcher de l'ignorer. Il battait si fort, qu'elle se demanda si les autres pouvaient l'entendre. Alors son regard tomba sur celui de Rémus, et elle sut que lui avait entendu, compris ou senti. Peu importe le sens le plus aiguisé en lui, son ami l'avait démasqué. Elle respira un bon coup et hocha la tête d'un air entendu.

- Potter.

- Ça va, Evans ?

Il ne s'assit pas, se contentant de la toiser, pendant qu'elle évitait son regard. Elle acquiesça et il finit par s'installer en chahutant avec Sirius. Soudain, Rémus éclata de rire devant l'air ébahi des quatre autres. Il continua de rire, refusant de s'expliquer à ses amis jusqu'à ce que les Potter et Lupin traversent la pièce.

- Des anecdotes à nous raconter Rémus ?

- Rien que vous ne sachiez déjà, Euphémia.

James leva les yeux de son assiette et regarda Lily. Elle avait les cheveux plus longs et un teint plus hâlé, il se demanda si elle avait bronzé quelque part. Il la fixa quelque secondes et réalisa qu'elle ne levait pas les yeux. Lily savait qu'il la regardait et James le sut au même moment où elle leva les yeux vers lui. Une, deux, trois… Huit secondes. Le jeune brun à lunette détourna les yeux et Lily se mordit la lèvre nerveusement.

« Ne laisse pas le temps te faire oublier à quel point il t'énerve ! »

- Qu'est-ce que tu murmures ? Demanda Marlène.

- Tu l'as vu ton Sirius. On peut s'en aller ? Chuchota Lily.

- Ça ne se fait pas de se lever maintenant, on est table.

- Oh ! A d'autres, on aurait été dans le grenier, enfermés avec des Hippogriffes que tu m'aurais dit ça. Tu ne vas pas bouger d'ici pas vrai ?

- C'est bon, tais-toi.

- Alors les enfants, de bons résultats cette année ? Rémus, Lily ? Demanda Euphémia qui se servait dans son plat d'une manière gracieuse.

- Oui. Satisfaisant. Déclara Lily.

- Satisfaisant ? Ricana Marlène.

- Elle a eu 10 BUSE sur 10. Surenchérit Rémus.

- Ah ! James aussi.

Lily écarquilla les yeux. « Comment ? » Elle n'eut pas besoin de formuler sa pensée, toute l'assemblée lut en elle comme un livre ouvert.

- Pourquoi la jeune fille semble choqué que tu aies étudié ? Ricana Fleamont.

- Euh…

James avait l'habitude de monopoliser la discussion, de faire rire un rassemblement et de toujours trouver une note sarcastique ou un commentaire drôle à lancer. James avait l'habitude d'être un excellent conteur doté d'un sens de la repartie subtil. Mais James Potter n'avait pas l'habitude d'être chez lui en compagnie de la seule fille qui lui eut résisté. La seule qui ait vraiment compté, malgré ses efforts, malgré lui et malgré elle.

- Elle a une opinion assez arrêté sur moi.

Sirius toisa James et émit un rictus. D'habitude, James aurait répondu « Elle est jalouse ! » ou encore « Elle ne supporte pas de se faire voler sa place » ou même « Je lui fais perdre la tête au point elle ne connait plus ses pieds de son nez » mais cette fois-ci, il répliqua d'un air posé et neutre.

- On se demande pourquoi ? Demanda Euphémia en taquinant son fils. Tu en as eu combien de retenues cette année, rappelle-moi ?

- Oh ! Beaucoup moins que l'année dernière, crois-moi.

- Tu es déçu, on dirait ?

- Oh ! Ce n'est pas pour moi. C'est Sirius qui se sent trahi, j'ai laissé mes problèmes personnels entraver notre ascension au record.

Lily en remarquant l'éclat de rire cristallin de la mère, comprit que cette dernière était la raison derrière l'arrogance du jeune Potter. Sirius sourit et lança.

- C'est toi qui a eu des problèmes personnels, cette année ? Oh, tu m'en vois désolé. Vois-tu, j'étais un peu trop occupé à m'innocenter, à essayer de sauver mon mangemort de frère et de raisonner la sauterie qui me servait de famille, rien de bien méchant. Mais tu me vois désolé d'avoir été aussi narcissique.

Les deux garçons éclatèrent de rire et se tapèrent dans la main.

- Oui ! Sirius a trouvé un nouveau moyen de faire des blagues. L'autodérision à son comble. Expliqua Euphémia devant les yeux écarquillés des autres.

Ils pouffèrent de rire et ainsi, en une fraction de seconde, une soirée qui avait commencé dans une agitation péjorative s'était déroulée dans la bonne humeur. Marlène finit par laisser filtrer son sourire et sa spontanéité, Rémus but un breuvage après diner qui le rendit plus loquace, quant à James et Sirius, ils avaient leur complicité légendaire pour combler les blancs. Les adolescents s'installèrent dans un salon adjacent à celui où se placèrent les plus grands.

- Tu as passé tes vacances ici ? Demanda Lily.

- On peut dire ça. Répondit ce dernier.

- Tu vas parler en énigme ou en sarcasme, pas vrai ? C'est tout ce qu'on aura de toi aujourd'hui pas vrai ?

Euphémia et Fleamont observèrent Lily, pendant que Rémus lui regardait James.

- Exactement, Rouge. Un problème avec ça ?

- Oh ! Non. J'avais juste oublié, moi j'ai passé mes vacances avec Rémus, le livre ouvert, donc j'ai oublié à quel point…

- J'étais une coquille fermée. Tu en connais un rayon, toi, pas vrai ? Les coquilles fermées qui ne disent rien et détestent la pitié, hein Evans ?

Elle pouffa de rire et Sirius lui fit un clin d'œil. Oh que oui, elle connaissait bien, tout autant que lui... Le trait en commun entre Sirius et Lily. Rémus remarqua qu'ils étaient épiés par les adultes, alors il proposa de faire une balade dans le jardin que personne ne refusa.

- Ce qui me choque à vrai dire. Ce n'est pas que Lily fasse le voyage jusque là pour nous voir, mon cher James, mais que Marlène soit silencieuse. Le pire c'est que Rémus est fort en Polynectar et s'il nous avait ramené d'autres personnes ?

- Je ne suis pas silencieuse. Je viens de te demander de regarder où tu marches ! Rétorqua Marlène.

- Je n'ai pas fait le voyage pour vous voir moi, on m'a obligé à venir. Se défendit Lily.

- Je suis choqué ! Je croyais que tu t'inquiétais pour moi… c'était pour Rémus ? Ou nous étions tous les deux qu'une raison pour toi de venir voir Potteeer ? Déclara Sirius en se moquant de Lily.

Lily devint rouge pivoine, lorsqu'elle remarqua les sourires refrénés de ces autres amis.

- J'étais en voyage, je viens de rentrer, je suis venue pour accompagner Lyall qui cherchait son fils et Marlène qui te cherchait, idiot. Je n'ai aucune raison de venir te voir alors que tu n'as pas répondu à ma lettre, encore moins de voir Potter, qui m'a fait perdre et mon meilleur ami et mon petit ami, en UNE TRAITE !

Marlène, Rémus et Sirius regardèrent Lily exploser et se turent, quant à James, il la fixa longtemps avant de hausser les épaules et de continuer à marcher.

- Pourquoi tu l'énerves toujours ? Demanda Rémus. Elle a habité chez moi, pendant un mois sans que j'entende sa voix aller aux piques comme ça.

- Les gens n'aiment pas la vérité. Déclara Sirius en haussant les épaules.

- Pourquoi tu as dit ça ? Demanda Marlène à Lily.

James contourna le jardin et entra dans une petite surface encerclée d'arbre et de haies finement coupé et proposa aux garçons un match. Rémus qui avait bu une boisson tonifiante, se sentait plus apte à bouger donc accepta, alors Sirius appela les balais à eux et James était déjà dans les airs, quand Lily répondit à la question de Marlène.

- La veille du départ de Damian, nous étions chez Florian Fortarôme et j'ai vu Stew.

- Macmillan ?

- Oui. J'ai voulu le saluer, ça s'est un peu corsé, il m'a un peu insulté.

- Quoi ? Pourquoi ?

- Il a dit que je me suis foutu de lui, j'étais avec lui alors que…

Lily hésita longtemps à donner la raison de leur dispute, par peur et par méfiance.

- Alors que… ?

- Alors que je suis amoureuse de James Potter.


Flash-back.

Lily venait de faire tomber une énième boule de glace au sol devant le rire moqueur de Damian.

- Tu les fais fondre ou quoi ? Demanda-t-il en l'accompagnant pour en acheter une autre.

- Ce n'est pas moi, c'est le soleil. Et comme je parle, j'oublie d'en manger. Tête de linotte. Déclara-t-elle en se moquant d'elle-même.

- C'est parce que tu es contente, tu prends l'énergie du soleil et tu fais fondre ta glace. Ou bien… Tu la fais fondre par ta douceur.

- Et c'est reparti ! Déclara Lily en roulant des yeux.

Elle avait demandé à Damian de cesser de la draguer comme lors de leur première rencontre, mais il ne l'avait écouté à aucun moment.

- Non, mais laisse-moi faire, je n'ai rencontré personne de mon âge en un an.

- Ah ! Donc si ce n'est que pour un entrainement, vas-y.

- Tu sais très bien que non, Lily, tu sais très bien que si je ne te connaissais pas assez, je te draguerai encore plus ouvertement.

Le jeune garçon faisant la queue devant eux, se retourna en pouffant de rire. Lily le reconnut et fit un pas en avant pour le saluer.

- Bonjour Stew.

Il ne lui rendit pas son sourire et toisa le garçon à sa gauche de haut en bas.

- Lily.

Cette dernière, bien que sidérée par sa froideur, tenta de lui présenter Damian.

- Nous étions dans la même maison, je sais qui il est. Ravi de te revoir Branchard.

- On ne dirait pas. Lança celui-ci.

- Désolé, je suis encore un peu… J'ai entendu sans le vouloir ce que vous vous disiez et j'ai trouvé ça…

Lily fronça les sourcils pendant que Stew continuait de jeter des regards noirs.

- Ne perds pas ton temps avec elle.

- Pardon ?

- Elle ne sait pas encore ce qu'elle veut.

- Stew, qu'est-ce qui te prends ? Demanda Lily choquée.

- Tu as peut-être oublié que tu m'as laissé en plan à Pré-au-lard pour aller suivre Potter ?

- Je n'ai pas suivi Potter voyant, on en a déjà parlé. Ils m'avaient dit pour l'attaque et je suis partie voir, c'est tout.

- Lily, il y'en a toujours que pour Potter dans ton monde. Tu parles de lui durant toutes nos rondes…

- Tu es injuste, je ne parle pas de lui. Les seules fois où je l'ai fait, je râlais parce qu'il faisait une énième bêtise. Tu te rappelles de la fois, où il a fait léviter le corps de Bethany Van Der Sar, la fois des perroquets et Peeves qui nous attaquaient, ou les armures qui nous suivaient, du concours idiot qu'il a fait…

- Et voilà, tu le fais encore.

- Non, mais ! Non, mais c'est toi qui m'accuse à tort. Je t'expliquais c'est tout !

- Vous vous jetez toujours des regards équivoques et vous êtes beaucoup plus complices que tu ne veux l'admettre.

- Où est-ce que tu es parti chercher ça ?

- Oh ! Je ne sais pas, mais vous n'avez pas fait équipe ensemble pour arrêter les attaques ? Alors que tu prétends le détester ?

- Oh ! Excuse-moi d'avoir trouvé quelqu'un de courageux pour m'aider au lieu de me laisser faire tuer ! Hurla Lily cette fois-ci.

Damian essaya de lui tirer le bras, mais elle s'en dégagea, quelques têtes les toisaient à présent, mais la rancune de Stew et la colère de Lily les empêchèrent de s'en inquiéter.

- Ah maintenant, il est courageux ? Tu es toute en contradiction et tu ne sais même pas où tu es en…

- Ah oui ? Mais en tout cas, je sais une chose c'est que je ne suis peut-être pas la seule à avoir des problèmes de confiance, parce que tu en manques et surtout Stew ne fait pas passer ta jalousie envers lui en quelque chose d'autres.

- Jalousie envers lui ? Jalousie ? Tu crois que j'ai une raison d'être jaloux de lui ?

Il éclata d'un rire mauvais.

- La seule fois où j'étais jaloux est quand j'ai su qu'il avait réussi lui…

Il laissa sa phrase en suspens, mais Lily le tira par l'épaule.

- Il a réussit à t'atteindre, mais ça ne… Je m'en fou maintenant.

- M'atteindre ?

- Ecoute Lily, il y'a des gens qui nous regardent maintenant, j'aurai juste préféré que tu sois honnête.

- Je ne t'ai jamais menti, Stew.

- Vraiment ?

- Oui ! J'ai été clair dès le début, je ne t'ai même jamais dit avoir quelconque sentiments pour toi.

- J'aurai du comprendre alors que tu en avais pour un autre…

- Non… Je… Quoi ?

- Lily, c'est bon, je sais que tu es amoureuse de lui.

Damian qui avait essayé de se mettre à l'écart, s'avança d'un pas, curieux d'entendre la suite. Lily regarda Damian et se tourna vers Stew.

- Pas lui. Lui, je voulais juste le prévenir que tu ne lui brises pas le cœur. Je parle de Potter.

- TU ES RIDICULE !

Elle éclata de rire.

- Non, mais je rêve. Tu n'as aucune idée de quoi tu parles… Tu sais quoi ? Bonne vacance, Stew.

Elle fit volte-face et sortit en tapant des pieds. Damian finit par la rejoindre quelques minutes plus tard.

- Il s'en est passé des choses en mon absence.

- Beaucoup, mais être amoureuse de quelqu'un n'en fait pas parti.

- Si tu le dis.

Elle lui tendit son bras qu'elle agrippa avec distance. Elle se mit à marcher en silence, pendant que dans sa tête résonnait un écho qu'elle n'avait pas entendu auparavant. « Tu es amoureuse de lui »

Fin du flash-back.


Marlène ne dit pas un mot, n'esquissa aucun sourire et n'essaya pas non plus de brusquer son amie. Elle et Alice en avaient parlé longuement et tous les signes avaient attesté leur théorie.

Lily Evans était une battante, brillante sorcière toujours à l'affut de l'apprentissage, elle était téméraire et empathique, et prenait cette guerre très au sérieux pour quelqu'un de son âge. Si Lily avait su qu'il y'avait un front où s'inscrire afin de porter les armes et tirer à bout portant sur ceux qui menaçaient la paix, ceux qui torturaient les innocents et qui tentaient d'éradiquer toute une race, elle aurait signé les yeux bandés. Lily n'avait pas peur de la guerre, n'avait pas peur de la mort, depuis qu'elle avait perdu ses parents.

Mais Lily avait un talon d'Achille, elle avait peur de vivre. La plus grande peur de Lily était de souffrir d'amour, elle avait peur de la chose qui était censé être le remède à la guerre, et plus facile à faire que la guerre. L'amour.

Elle ne sortait avec personne en général et évitait tout ceux qui risquaient de lui faire de la peine, même s'ils lui plaisaient. Sa relation avec Damian qui aurait pu aboutir à quelque chose avait été tenue en échec par la fermeture de son cœur et non par le départ de celui-ci. Elle ne donnait pas de chance à l'amour, avait refusé de chercher son cavalier d'Halloween de peur d'être rejetée, de peur de souffrir, et pour finir avait passé une année dans le déni, une année à se mentir à elle-même sur les regards en biais, la complicité, les points communs et les sentiments ambigus que faisait naître James en elle. Elle se braquait dès qu'une personne essayait d'en parler et devenait agressive dès qu'un signe d'elle la trahissait.

Lily regarda Marlène et ne sut expliquer son expression un peu trop neutre à son goût. Cette dernière réfléchissait à une approche, mais Lily ne lui laissa pas le temps.

- Je t'arrête tout de suite. Je sais que tu as du te dire cette éventualité à plusieurs reprises, même Alice le pense des fois, j'ai des allusions de Rémus ou Sirius. Mais, je ne suis pas… Je n'ai aucun sentiment de ce genre. Je suis…

Lily le vit avancer vers eux et se tut, elle ne les avait pas vu arriver et n'avait pas non plus remarqué qu'ils portaient Rémus comme un trophée, elle ne vit que le sourire contagieux de James et oublia de quoi elle parlait. Elle fut tirée de sa pensée par Marlène.

- Tu as peur ?

- De quoi ?

- D'aimer et d'être rejetée ?

- Non.

- Alors pourquoi tu n'es pas avec Damian ?

- Je ne suis pas amoureuse de Damian, il ne vit pas dans le même pays et la vérité est que peu importe à quel point il me plait bien maintenant qu'il est aussi aventurier, il ne… Je ne sais pas Marlène, je ne ressens pas cette… Je ne sais pas comment l'expliquer, peut-être que j'ai lu trop de roman moldu de croire que…

Lily réalisa que son amie ne l'écoutait qu'à moitié.

- Tu vois ça ! Comment tu regardes Sirius !

- Quoi ?

- Oui, comme si tu avais du feu au fond de toi. Je n'ai pas ça avec Damian.

- Et tu veux ça ? Tu veux de la passion, de l'amour et le danger qu'il y'a derrière ? Tu en es sûre ? Toi, Lily Evans ?

- Je ne sais pas. Je crois, en tout cas, je… La vérité, je ne sais pas.

- Je peux te dire ce que je pense ?

- Bien sûr ! S'écria Lily.

- Sans que tu me sautes dessus ?

- Hein ? Quand est-ce que je t'ai sauté dessus ?

- Tu sautes sur tous ceux qui te parlent de Potter.

Lily se tut, elle ne pouvait pas nier, elle venait de le faire avec Sirius.

- Tu veux de la passion, tu veux de l'aventure et c'est pour ça que ça s'est fini avec Damian, mais tu es aussi Lily la sage qui veut faire ce qui est bien et correcte, qui veut aller dans le sens des lois, et cette Lily elle effraie l'autre et t'empêche d'avoir cette passion. Il n'y a que toi qui t'en empêche !

- Tu me traites de folles ? Tu crois qu'on est deux dans ma tête ? Demanda Lily en riant.

- Je dirai cinq, si je compte bien. S'exclama Sirius en interrompant les jeunes filles.

Les deux filles levèrent les yeux en voyant les garçons debout à seulement quelques pas d'eux elles finirent par changer de sujet.

- Cinq. Hein ! Vas-y énumère-les.

- La préfète, la dangereuse sorcière, la folle qui arrive à se marrer une fois l'an, l'impulsive, et je crois que celle-là est encore plus dangereuse…

- Il en manque une.

- L'alarme Potter.

- C'est quoi ça ?

- Une espèce d'hystérique qui crie dès que tu entends ce nom.

James tapa son ami sur l'épaule en lui intimant de laisser tomber et Lily remarqua qu'il ne lui avait pas adressé la parole à proprement parlé à part quand il avait dit : « ça va, Evans »

- Tu es y étais presque… Il y'en a Sept en réalité. Déclara Marlène.

- L'amie. Formula Rémus.

- La passionnée. Conclut Marlène.

Sirius s'attendait à ce qu'elle se mette en colère à nouveau, mais elle sourit. Elle leur sourit à tour de rôle et se contenta de hocher la tête.

- Tu as oublié la curieuse. Je veux toujours connaitre ton histoire.

- Marlène te la racontera.

Il se tourna vers Marlène et lui tendit la main. Elle regarda sa main, fixa les autres et se leva d'un bond.

- Je vous la rends dans deux minutes.

Ils s'éloignèrent de la troupe et se tinrent côte à côte en silence. James, Rémus et Lily les voyaient encore, mais ils ne pouvaient plus les entendre.

- Tu peux me parler Marlène.

Elle ne dit pas un mot de peur d'en dire trop, alors elle se contenta de hocher la tête.

- Je t'assure que je vais bien, je ne fais pas semblant. Je ne vais pas super bien peut-être, pas comme si j'étais en train de siroter du Whiskey-pur-feu dans île tropicale avec toi allongée nue près de moi en train de bronzer…

Marlène éclata de rire.

- Mais ça ira.

Elle lui sourit et il lui adressa son clin d'œil anthologique.

- Tu as fui c'est ça ?

- Oui.

- Quand ?

- Le dernier jour de Poudlard, je suis rentré et je suis ressorti ?

- Quoi ? Tu es resté où, tout ce temps ?

- Chez de la famille.

- Et les Potter ?

- C'est ce que j'ai dit, la famille.

- Pourquoi tu m'as rien dit ?

- Je ne pouvais pas avant, j'étais en danger, je mettais tout le monde en danger. Je ne peux toujours rien te dire, c'est toi et ta copine qui êtes venu fouiner.

- Comment va Andromeda ?

Sirius se décala d'un pas et toisa Marlène.

- Qui t'a parlé d'elle ?

- J'ai lu l'article de ce matin, je sais qu'elle est mariée à Ted Tonks. Je sais qu'elle a fui, il y a longtemps, elle. Tu t'es réfugiée chez elle ?

- J'aimerai vraiment te raconter l'histoire, mais je ne peux pas, pas mes secrets.

- Je comprends. Maintenant, tu vas faire quoi ?

- Je vis ici. Je rentrerai à Poudlard bientôt… Peut-être.

- Comment ça peut-être ?

- Je ne peux pas t'en dire plus.

- Tu ne reviens pas ? Hurla Marlène.

- Ce n'est pas ce que j'ai dit.

- Ben, alors dis.

- Je ne peux pas !

- C'est quoi ce bordel ?

- Mais arrête de t'inquiéter !

- Là, je ne m'inquiète pas du tout ! Je suis en train de me mettre en colère !

- Je dois courir ? Demanda-t-il pour détendre l'atmosphère.

- Je…

- Quoi ?

- Tu es idiot ou tu le fais exprès, si tu ne reviens pas, je… tu…on se verra plus.

- On se voit maintenant.

- Pas comme ça !

- Ah !

Elle lui cogna le crâne avec son poing et les trois têtes à des mètres d'eux ricanèrent.

- Je ne savais pas que tu voulais encore qu'on se voit.

- Pourquoi je ne voudrais pas ?

- Parce que la dernière fois que j'ai voulu t'embrasser dans le parc, tu m'as repoussé tiens !

- Parce que tu voulais le faire devant tout le monde ! Parce que je ne veux pas que ça se sache !

- Et je peux savoir pourquoi au juste ?

- Je ne peux pas te dire.

Il la toisa et haussa les épaules.

- Tu veux qu'on continue ce truc, peu importe ce que c'était ?

- Tu veux une demande en mariage, Black ? Pourquoi, je suis là à ton avis, à me ronger les ongles pour toi ?!

- Parce que tu es comme ça avec tous tes amis ? Demanda Sirius en lui faisant les yeux doux.

- Tu ne me tireras pas les vers du nez, Black ! Fais en sorte que je te trouve quand j'en ai besoin, c'est tout !

- A tes ordres, McKinnon.

Il lui effleura l'épaule lentement et la poussa légèrement, ils ne firent plus aucun autre mouvement, conscient des trois paires d'yeux les surveillant.

- Et Alice, on lui dit pas ? demanda Lily qui venait d'entendre un long monologue venant de Lyall sur le secret de résidence de Sirius.

- Personne. Déclara Lyall.

- Peter le sait ?

- Peter était là, il l'a vu aussi. Déclara Euphémia.

- Nous protégeons qui, seulement Sirius ?

- Sirius en priorité.

- Bien. Vous avez ma parole Madame, je ne dirai rien.

- C'est qui cette madame ? Je suis Euphémia moi.

- Marlène ne dira rien non plus.

- Je n'en doute pas.

Quelques minutes plus tard, tout le monde était à la porte du manoir des Potter, les uns pour saluer et les autres pour s'en aller en remerciant leurs hôtes.

- A bientôt, Evans.

- A bientôt. Potter.

Il lui sourit d'un air charmeur et la laissa partir sans plus un regard vers elle. Marlène lui tint le bras et la remercia.

- Merci d'être venue, même si tu ne voulais pas voir James, lui, il était ravi de t'avoir.

- J'en doute, il m'a pas dit un mot à part ça va et à bientôt. Avoua Lily d'un air déçu.

Rémus et Marlène se fixèrent d'un air entendu et entrèrent à la maison en souriant.


Note d'auteur : Mon Jily cœur ne supporte pas ce que je fais à James et Lily, j'espère que vous me pardonnerez de faire durer le plaisir.