Note d'auteur :
PotterLand bonjour,
Ce chapitre contient un extrait d'un CANON, que j'ai placé dans mon texte : il concerne Lily et Severus. J'espère que ce chapitre vous plaira.
Disclaimer : JKR owns it all.
A bientôt.
11. Clairvoyance
- Salut Lunard !
Rémus esquissa un sourire en se réveillant ce matin-là dans la cabane. Madame Pomfresh n'était pas encore venue le récupérer alors il en profita pour rire avec ces trois amis, malgré son état de fatigue. Sirius essayait d'arrêter un saignement dans la jambe du Lycanthrope pendant que celui-ci regardait son meilleur ami avec affection.
- Je n'arrive pas à croire que tu es entré au château sans problème.
- Rosmerta pense que je suis son gentil toutou, elle me promène partout, je connais Pré-au-lard par cœur. La pauvre si elle savait quel genre de chien j'étais vraiment ?
Les trois autres maraudeurs éclatèrent de rire.
- Tu reviens quand ? Déclara Peter.
- Bientôt.
- Tu feras comment pour les cours ?
- Rémus me fera apprendre. Hein !
- Alors c'est pour ça que tu es venu ? Donnant, donnant ? Demanda Rémus en souriant.
- Tout à fait !
James qui était allongé sur le sol ricanait en jouant avec sa baguette. Il entendit un bruit et ordonna à tout le monde de se transformer et prendre la fuite. Peter sortit par une fenêtre, pendant que James se cachait avant de ressortir en dessous du Saule Cogneur et Sirius lui prit le chemin de Pré-au-lard.
Le grand chien noir sortit discrètement des Trois Balais et tomba sur deux grands hommes marchant dans les dédales du village sorcier.
- Ils ne les croient pas de toute façon.
- Tu en es sûr ?
Patmol suivit Lucius Malefoy et Rabastan Lestranges afin de continuer à écouter la conversation.
- Il a perdu toute crédibilité, lui et son frère, l'année dernière, il ne faut juste pas qu'on informe nos femmes, que leurs cousins sont foutus.
- Donc, les Macmillan ne craignent rien ?
- Non, surtout avec le témoignage bidon de Sirius ! Je fais en sorte qu'il ne croit pas vraiment cette version fantaisiste de Dumbledore… Aie !
Sirius qui avait planté ses canines dans le tibia du grand blond, ne lâcha la jambe de Lucius que lorsque celui-ci se mit à saigner et que son beau-frère dégaina sa baguette, ensuite, il gambada à toute patte afin de donner l'information à Dumbledore.
James revenait au château ce matin-là, lorsqu'il rencontra Severus Rogue. Un échange de regard haineux prit place, glaçant l'atmosphère soudainement. Le grand brun à lunette et le petit sorcier aux cheveux pâteux se toisaient comme si l'un d'eux aller dégainer une arme et blesser à foison.
- Tu dois être fier de toi, maintenant ! Cingla Severus entre les dents.
- Toujours. Déclara James.
- Tu me le paieras Potter.
- Tu peux toujours courir, oups pardon, voler…
James s'en alla en riant, sans plus accorder d'importance à son ennemi. Il était encore très tôt et pourtant, il n'allait pas retourner dormir, parce que ce jour-là, il faisait passer des auditions aux nouveaux joueurs de Quidditch. Il entra dans la grande salle et fut accueilli par une panoplie de questions et de joueurs excités.
- Pourquoi je dois repasser un essai, moi ? Demanda Casey Clagg. Je joue à ce poste depuis trois ans !
- Deux ans. Si tu restes, ce sera ta troisième année !
- Tu m'enlèves ça, je te tues, James !
Lily qui venait d'entrer dans la grande salle pour prendre son petit-déjeuner remarqua l'engouement entourant Potter et s'affala à la table en observant ce manège.
- Arrêtez, je n'ai besoin que d'un gardien et d'un poursuiveur… Intima Potter en faisant taire le reste de l'assemblée.
- Oui, mais justement tu as besoin de remplaçant, l'année dernière on a failli perdre parce que Bilius était indisposé !
- Je n'étais pas indisposé. Se défendit ce dernier. J'étais attaqué !
- Silence ! Hurla James.
Il se jeta sur la table et les quinzaines de personnes l'entourant se mirent à l'oppresser à nouveau.
- Le prochain qui me dérange avant que je mange mon petit-déjeuner, il ne montera même pas sur un balai pour les essais ! Il ne montra plus jamais sur un balai !
Soudain, tout le monde se dispersa et Lily ne put s'empêcher de trouver son autorité naturelle déroutante. Elle ricana et il leva les yeux vers elle.
- Ça va, Evans ?
- Pas aussi adulée de bon matin, mais ça va.
- Ça viendra. Lança-t-il en souriant.
Elle sourit à son tour et avant qu'ils n'aient l'occasion de parler d'avantage, Casey s'assit près de lui et repoussa l'assiette de son capitaine l'obligeant à la regarder.
- Je peux être clémente en tout ! Mais pas ça, tu m'enlèves mon poste je t'empoisonne.
Il se mit à rire et reprit son assiette
- C'est bon, Casey, tu es douée. Je cherche juste l'équipe B, alors arrête de me harceler.
- Au moins, je te harcèle pour le sport moi. Pas comme tes groupies.
- Elles le font pour un autre sport. Répondit-il avec un clin d'œil.
La jeune fille hocha la tête et refréna son propre gloussement puis salua Lily et s'en alla. James reprit son assiette et mangea en silence, pendant que Lily cherchait un moyen d'arrêter de se sentir aussi mal à l'aise près de lui. Elle gesticulait énormément sans même le réaliser chose que lui remarqua sans peine. Il posa sa cuillère lentement et leva ses yeux vers elle. Il était sur le point de lui parler quand Mary Macdonald atterrit à leur table.
- Coucou Lily.
La jeune blonde déposa un baiser sur sa joue et lui tendit une feuille.
- Ça va Mary ? C'est quoi ?
- Une lettre que quelqu'un m'a demandé de te donner.
Lily devina facilement sa provenance.
- Si je n'ai pas répondu à la première, je ne répondrai pas à celle-là.
- Un admirateur ? Lança James dont la curiosité avait atteint son paroxysme.
- C'est juste son ami. Déclara Mary sans vraiment savoir pourquoi.
- Son ami ?
Lily soupira et en voulut à Mary d'être aussi insistante à chaque fois. Elle prenait souvent la défense de Severus et parlait de ce sujet toutes les fois où les deux jeunes filles eurent l'occasion de se voir.
- Mary, rends-lui cette lettre. Merci de me l'avoir apporté.
Lily se leva et se dirigea vers la sortie, laissant Mary déçue et Potter avide.
- Je peux voir ? Demanda-t-il à la jeune Poufsouffle quand Lily disparut de la circulation.
- Je… C'est personnel. Déclara la jeune fille en souriant à James d'un air désolé.
- Hum… Je vois, la manière douce ne marche pas, Accio lettre.
La lettre se retrouva dans sa main et avant que Mary ne réagisse, James courait déjà vers une destination inconnue, la jeune blonde à ses trousses.
« Lily,
Je ne saurai pas t'expliquer pourquoi ces mots sont sortis, accorde-moi encore une chance de t'expliquer. Je n'avais pas l'intention de te dire ça et je regrette chaque jour d'avoir fait cette erreur, s'il te plait accepte de me rencontrer et je t'expliquerai tout.
Severus. »
James lut la lettre et la redonna à Mary qui se débâtait à présent contre lui pour la récupérer.
- Dis-lui que c'est peine perdue et que s'il ne la laisse pas tranquille, je vais me remettre à jouer avec ses jambes de mangemort.
- Tu ne le connais pas !
- Toi non plus, Mary ! Et si tu le crois, tu es idiote ! Gueula-t-il sans ménagement.
Lily sortit de la salle en direction de l'étage où elle devait rencontrer le professeur Flitwick. Le directeur de Serdaigle avait eu vent des petites réunions secrètes de Lily avec les nés-moldus durant l'année scolaire passé, il avait donc proposé une alternative moins amatrice et plus organisé par ce dernier, vivement encouragée par le directeur de l'école : Un club destiné à toute l'école et contrôlé par le comité de cette dernière qui permettra aux étudiants d'apprendre à se battre en Duel.
- Bonjour chers élèves.
Lily fut étonnée de voir autant de personnes disponibles un samedi matin et fut d'autant plus étonnée de voir James Potter parmi eux. Elle s'avança et intégra la foule.
- Bien avant de commencer, je tenais à vous appeler tous afin de clarifier certaines règles concernant le club et surtout de vous donner des heures précises de rendez-vous. Nous nous réunirons selon votre niveau d'étude et ceci, à partir seulement de la deuxième année, donc les premières années, j'ai de la théorie à vous apprendre d'abord avant que nous arrivions à ce stade. Je vous demande donc de quitter la salle. Merci, allez-y et soyez patient. Bien. Deuxièmement, il est strictement interdit de jouer au dueliste en dehors de ce cours, à défaut d'être envoyé de Poudlard ! Ensuite, je vais commencer par donner les noms des responsables de chaque année et si l'un de ces noms ne se sent pas digne de cette action qu'il vienne me voir en fin de journée.
- Tu n'étais pas sensé avoir Quidditch, toi ?
James sursauta en entendant la voix de Lily. Il lui offrit un sourire ravageur et ne put s'empêcher de se sentir privilégié qu'elle ait retenu son emploi du temps.
- Il m'a ramené en urgence, Flitwick.
Lily fut étonnée à nouveau de ne pas entendre de réponse sarcastique ou de moquerie, elle hésita longtemps à lui demander et avant qu'elle ne rajoute un mot, elle entendit son nom de famille.
- Mademoiselle Evans.
- Oui, professeur.
- Venez par-là. Voici la liste du club de Duel de sixième année, je vous communiquerai l'endroit et l'heure de notre première rencontre, que vous coordonnerez et transmettrez à vos camarades. Rassemblez-les maintenant et convenez d'un moyen de communiquer entre vous et vous me tiendrez au courant. Septième année…
- Je suis la responsable ? Interrompit Lily.
- Evidemment.
Elle déplia le parchemin tendu par son professeur, le remercia et y lut les noms manuscrits.
« Black, Sirius: Gryffondor
Evans, Lily: Gryffondor
Fawley, Alice: Gryffondor
Goldstein, Amanda: Serpentard
Gibbons, Charlie: Poufsouffle
Hattaway, Holly: Serdaigle
Macmillan, Stew: Serdaigle
Potter, James: Gryffondor
Rogue, Severus: Serpentard
Shafiq, Marcus: Gryffondor
Swanson, Janet: Serpentard
Van Der Sar, Roger: Poufsouffle »
Alice s'approcha de Lily et jeta un coup d'œil par-dessus son épaule sur la liste. Elle fut prise de pitié pour son amie qui devait composer avec un groupe des plus hérétiques et incompatibles. Lily qui était déjà debout près des trois Gryffondor présents, dupliqua la liste et l'envoya aux préfets : une pour Van Der Sar, une pour Macmillan et une pour Swanson (au lieu de Severus), chose qui ne passa inaperçue ni auprès d'Alice, ni de James et encore moins auprès du concerné. Le jeune garçon retroussa le nez et suivit les deux autres Serpentard à la rencontre de son ancienne amie. Lorsque les onze sixièmes années furent tous l'un près de l'autre, Lily se racla la gorge et commença.
- Voilà, pour éviter que l'information ne se transmette pas ou arrive en retard, je me suis dit que j'allais communiquer l'information aux préfets qui s'occuperont de transmettre aux gens de leur maison, ok ?
- Oui. Bonne idée. Déclara Roger.
- Lorsque nous nous verrons dans les réunions de préfets, nous discuterons de la date qui convient à tout le monde ou bien nous en proposons une, nous-mêmes au professeur ou bien nous essayons de nous organiser afin d'être libre à la date qui lui convient.
- N'oubliez juste pas les personnes qui ont d'autres activités. Déclara James.
- Je sais, Quidditch et les autres cours particuliers. On prendre ça en compte. Répondit Lily sans le regarder.
- Bien, reine organisatrice, je peux disposer moi ?
- Oui. Acheva la jeune rousse en sentant plusieurs regards pesant sur elle.
Lily ne savait pas qui était le plus déroutant de ces interlocuteurs, Stew qui jetait des regards arrogants, Severus qui voulait se noyer dans ses habits, Shafiq qui regardait le derrière de Goldstein en sifflotant, Roger qui tentait de détendre l'atmosphère ou Alice qui montrait clairement ses grimaces de pitié.
- Evans, tu coordonnes avec moi ou Severus, parce que tu as envoyé le parchemin à mon adresse tout à l'heure ? Demanda Janet Swanson
- Avec toi. Murmura Lily.
- Bien. Donc rendez-vous la semaine prochaine.
Les élèves de sixièmes années se dispersèrent à une vitesse incroyable, fuyant presque cet assemblement inédit.
- Ce n'était pas gênant du tout ! se moqua Marcus Shafiq qui suivait Alice et Lily de près.
- Laisse tomber, je ne savais pas si je voulais rire ou pleurer. Déclara Lily.
- Dis ? Pourquoi, il y'avait le nom de Sirius, s'il n'est pas là ? Demanda Alice.
- Alors là, aucune idée. Peut-être qu'il vient ? Je ne sais pas. Ou peut-être que la liste avait été faite en début d'année, qu'il s'était inscrit ?
- Lily, on nous a demandé de déposer nos noms le premier jour de cours de Sortilège, il n'était pas là.
- Ben, peut-être que Potter l'a fait pour lui. Je ne sais pas, je te jure Alice.
- Mouais… Acheva la grande brune en haussant les épaules.
- Ecoutez, il va bien j'en suis sûr sinon James Potter aurait rendu cette école misérable, il torture les gens même quand il est heureux, vous imaginez dans quel état nous serons s'il était malheureux ? Demanda Marcus.
- Tu as peut-être raison, tu n'es pas si bête que ça au fond. Déclara Alice en se moquant. Tu en es ou d'ailleurs dans le thème que nous a donné Strolley ?
- Je… Je devais faire quelque chose ?
- Nous devions chercher au moins des sorts reliés à ça ! Hurla Alice.
- Et toi tu as fait quoi ?
- Moi, je n'ai pas encore eu le temps, je te signale que je prends plus de cours que toi !
- Ben, je m'y mettrai, c'est bon, j'irai voir ça demain à la bibliothèque.
- C'est quoi votre thème ? Demanda Lily.
- Démasquer l'obscure.
- C'est encore plus déroutant que le notre.
- C'est quoi ?
- Défense meilleure attaque.
- Vous avez commencé à travailler ensemble ? demanda Alice.
- J'ai commencé de mon côté.
- Bon, les filles, je vous laisse, je vais aller regarder James martyriser l'équipe.
- Moi aussi, je dois y aller. Déclara Alice après le départ de Marcus.
- Tu vas où ?
- Chez Dumbledore ?
- Qu'est-ce que tu as fait encore ?
Alice éclata de rire.
- Rien je t'assure. Il a demandé à me voir, on va voir pourquoi. Tu vas faire quoi ?
- Je vais aller travailler un peu à la bibliothèque, je dois encore trouver des maléfices concernant l'attaque et la défense contre les forces du mal, j'ai un devoir à rendre dans le cours de soins, et j'ai une potion à préparer.
- Ok. Programme pas du tout intéressant. Je faisais quoi de ma vie les week-ends avant que je sorte avec Frank ?
Lily se mit à sourire et déposa un baiser sur la joue de son amie.
- Tu me pourrissais le mien de week-end.
Alice s'en alla en hochant la tête, pendant que Lily prenait le chemin de sa salle commune, elle voulait aller déposer des fioles à Rémus, lui rendre visite à l'infirmerie ensuite aller travailler à la bibliothèque. Arrivée près de la grosse dame, elle entendit son prénom.
- Lily ?
La jeune rousse reconnut la voix et ferma les yeux comme si ce simple geste pourrait faire disparaître son interlocuteur. Elle pressa le pas, ignorant l'appel de son ancien ami, mais il rattrapa son bras. Elle se retourna lentement et lui adressa un regard noir en croisant ses bras sur sa poitrine.
- S'il te plait, écoute-moi. Une seule fois, et je te promets de te laisser tranquille, je voulais juste m'excuser.
Lily ne broncha pas.
- Tu as lu ma lettre ?
Elle ne dit pas un mot.
- La première que je t'ai envoyée en vacance.
- Non.
- Et Mary m'a dit que tu n'as pas lu celle que je t'ai envoyé tout à l'heure.
- Et ?
- Tu n'as même pas voulu m'écouter avant les vacances, non plus, je voulais juste m'excuser de t'avoir dit ça et j'ai attendu toute la nuit devant votre salle commune, elle te l'a dit ?
- Oui.
Severus regarda Lily et eut froid dans le dos, elle était si inaccessible et froide qu'il se demanda si écouter ses excuses changerait quelque chose.
- Je voudrai m'excuser.
Lily fit volte-face et s'apprêta à partir quand il continua.
- Je n'ai jamais eu l'intention de te traiter de sang-de-bourbe, ça m'a simplement…
- Echappé ?
Il n'y avait aucune pitié dans la voix de Lily.
- Il est trop tard. Pendant des années, je t'ai trouvé des excuses. Aucun de mes amis ne comprend pourquoi j'accepte encore de te parler. Toi et tes chers amis Mangemorts… Tu vois, tu ne le nies même pas ! Tu ne nies même pas que vous avez tous l'ambition de le devenir ! Vous avez hâte de rejoindre Tu-Sais-Qui, n'est-ce pas ?
Il ouvrit la bouche puis la referma sans avoir prononcé un mot.
- Je ne peux plus faire semblant. Tu as choisi ta voie, j'ai choisi la mienne.
- Non… Écoute, je ne voulais pas…
- Me traiter de Sang-de-Bourbe ? Mais tu traites de Sang-de-bourbe tous les gens qui sont de même naissance que moi, Severus. Pourquoi serais-je différente ?
Luttant avec lui-même, il était sur le point de parler. Mais avec un regard méprisant, Lily tourna les talons et se glissa par le trou du portrait. Elle courut jusqu'à sa chambre et s'enferma derrière ses rideaux pour reprendre ses esprits. Peu importait à quel point son ami lui manquerait, cet ami n'existait plus et ce que Severus Rogue était n'était autre qu'un ennemi, à présent. Son ami faisait parti de l'autre clan et plus vite elle aurait assimilée cette idée, le mieux elle se porterait, mais surtout le moins douloureux deviendrait sa blessure.
Severus regarda le portrait de la grosse dame longtemps, disant mentalement au revoir à son amie pour la énième fois en une année.
- Mot de passe. Hurla le tableau devant lui.
- Au diable ! Marmonna-t-il.
Il pressa le pas et prit le chemin des cachots.
- Tout ceci est à cause de Potter, tout est à cause de Potter. Il ne perd rien pour attendre ! Il verra, ils verront tous… Mangemorts dit-elle, mangemort ! Ils verront !
- La folie commence comme ça, jeune homme ! Lui hurla un tableau dans son passage.
Severus entra aux cachots et monta directement à l'étage qui abritait ses amis. Il toqua à la porte et entendit la voix de Mulciber grogner.
- Mot de passe !
- SDB. Marmonna Severus amèrement.
La porte en face de lui s'ouvrit à la volée. Mulciber, Avery et Yaxley étaient assis autours d'un objet ressemblant à une mallette mais qui n'avait aucune ouverture.
- Tu tombes bien, le génie.
- C'est quoi ?
- C'est ce qu'on essaie de savoir ?
- Vous avez trouvé ça où ?
- Dans le sous-sol de mon père. Déclara Mulciber.
- On a fait le sort qu'on a appris l'autre fois, ce truc contient de la magie noire. Intima Avery.
Rogue s'assit près de son ancien camarade de chambre et fixa l'objet minutieusement, puis dégaina sa baguette en souriant. Ils l'appelaient le génie. Il avait enfin réussi à se faire une place et si perdre Lily en était le prix, il pouvait s'en consoler pour l'instant.
- Salut maman !
- Arrête de m'appeler comme ça.
- Tu t'entends bien avec mon père et tu me ramènes encore des boissons dégueulasses que tu m'obliges à ingurgiter, si ça ce n'est pas une maman ?
- Rémus !
Lily s'installa à son chevet et partagea avec lui sa barre de chocolat.
- Pourquoi tu ne t'es pas inscrit dans le club de Duel ?
- J'aurai bien aimé, mais je n'aurai pas le temps, tu sais bien que je ne peux faire partie de rien d'autres, même le poste de préfet commence à être pesant.
- Bonjour ma chère Lily. Interrompit l'infirmière.
- Bonjour Poppy.
La dame à la toque déposa un baiser sur la joue de son ancienne stagiaire et traça le chemin devant le regard curieux de Rémus.
- Poppy ? Tu l'appelles Poppy maintenant ?
- C'est elle qui a insisté.
- Et elle ne te vire pas d'ici comment ça se fait ?
- Peut-être qu'elle m'aime bien à présent.
Rémus fronça les sourcils mais n'insista pas.
- Alors ce club ça s'est passé comment ?
Lily narra son récit à son ami et fit ses devoirs avec lui, lorsqu'elle regarda la montre, elle réalisa qu'elle avait passé plus de temps qu'elle ne l'avait prévu et décida de prendre congé, mais au même moment, un James tout joyeux et tout propre fit son apparition. Les cheveux mouillés en bataille, une tenue vestimentaire un peu trop élégante pour James Potter et un sourire à éclairer une nuit noire, il avança en trottant. Il ignora Lily délibérément et s'assit près de son ami.
- Je vais à Pré-au-lard, tu vas continuer à paresser ici ?
Lily resta debout pantelante devant l'indifférence de James et décida de s'en aller sans demander ses restes.
- Hé ! Evans, quand tu veux qu'on commence ce devoir tu me le dis, enfin pas aujourd'hui bien sûr !
- Quand tu peux alors, tu me le dis, sinon, j'ai déjà commencé, si tu ne veux même pas le faire, ça m'est égale.
- Voyons, voyons ! Dois-je te rappeler que j'ai eu un O en DCFM ? Je suis sûr que si on s'y met à deux, il sera parfait !
- Euh… Tu sais où me trouver.
Elle sortit en claquant la porte.
- Toujours ! Déclara-t-il tout sourire.
- Tu essaies un nouveau truc ?
- Quoi ?
- Tu te dis que si tu l'ignores, elle te suivra peut-être ?
James sourit et fit semblant de réfléchir.
- Peut-être.
- Sérieusement à quoi tu joues ? Je sais qu'elle t'a un peu blessé avec ces mots…
- Blessé ? Tu me prends pour un chaton ?
- James !
- Rémus ! Elle m'a dit pire durant toute l'année !
- Non ! Vous vous chamaillez et en général tu la provoquais et tu te moquais d'elle, ensuite elle t'insultait pour se défendre. Vous vous disputez, voilà ce que vous faisiez toute l'année, mais à la fin c'était différent, elle t'a insulté devant toute l'école pour défendre l'autre et tu t'es senti si humilié que tu as dit toi-même, qu'elle aille au diable que d'autres te voulaient, non ?
- Tu réfléchis trop, je trouve, pour un mec.
- Sois sérieux pour une fois.
- En quoi ça t'intéresse ? Demanda James hautainement.
- Je suis curieux, c'est tout.
- Tu as intérêt, parce que si vous avez fait copain-copain en été et que maintenant, tu vas être de son côté, tu verras plus de chocolat de ta vie, je te le dis !
Rémus sourit malgré lui.
- J'ai toujours été son copain, et pourtant je suis le tien. Ne deviens pas Sirius avec sa possessivité maladroite s'il te plait, je voulais juste savoir où tu en étais !
- C'est elle qui t'a demandé ?
- Quoi ? Elle…
Rémus éclata de rire.
- Elle ne demande rien à qui que ce soit crois-moi, tu la connais, une vraie huître.
- Bon, si je te lâche le morceau, on change de sujet et tu me demandes plus tôt ce que je vais faire à pré-au-lard ?
- Oui.
James soupira.
- Je l'évite. Voilà, je ne veux plus que toute l'école se dise, Oh Potter a enfin été rembarré par une fille et que je continue de lui courir après. Je ne sais pas comment me comporter avec elle, alors, je ne me comporte pas voilà tout. Elle m'a humilié devant toute l'école, elle doit s'estimer heureuse que je ne l'ai pas accroché au saule cogneur, donc voilà, tu as ta réponse ?
- Plus ou moins, alors c'est quoi ton plan ?
- Sirius nous a trouvé deux filles avec qui sortir on les voit à la tête du Sanglier.
- Vous êtes malade ! Il n'est pas sensé continuer de se cacher lui, il n'est pas sensé se faire discret jusqu'à ce que Dumbledore lui donne un feu vert ?
Une porte s'ouvrit alors les deux garçons se turent.
- Ce n'est que Peter, viens mon petit raton viens.
Peter se transforma en haletant.
- Je croyais que je n'allais jamais pouvoir me faufiler, il y a trop de monde dans cette école !
Les trois garçons continuèrent à faire rire leur ami et à chahuter jusqu'à l'arrivée de l'infirmière, elle roula des yeux et hocha la tête devant eux, mais lorsqu'elle fut seule, elle sourit. Une bande d'enfants loyaux, voilà ce qu'il fallait à ce monde.
Le lundi suivant, Lily Evans s'était réveillée en sursaut, encore un rêve. Encore un visage sans tête, encore du sang, encore une mort, toujours et encore… Elle regarda sa montre, six heures tapantes. Elle se leva lentement de son lit et tira les rideaux autours d'elle, puis s'approcha de la fenêtre et s'assit sur le bord. Maisy, Alice et Evelyne dormaient à poing fermés. Lily finit par quitter la fenêtre et entra faire sa toilette. Une demi-heure plus tard, elle était prête à affronter une nouvelle journée, elle décida alors d'aller à la volière afin d'envoyer une réponse à une lettre de Damian et ensuite aller prendre son petit-déjeuner tranquillement avant l'arrivée des autres élèves.
Octobre arrivait bientôt, et cette année il faisait plus froid que d'habitude. Comme si l'atmosphère était aussi frileuse que l'ère de ce temps. Elle serra sa cape autours d'elle et regarda les premiers rayons illuminer le Hall d'entrée. Elle marchait lentement, lorsqu'elle aperçut son directeur d'école, accompagné d'un élève et d'un jeune homme plus âgé. Lily s'arrêta dans son élan. Elle connaissait bien cette démarche.
- C'est Evans, mon comité d'accueil ? Je m'attendais à mieux professeur.
- Tu ne t'arrêtes jamais donc de faire des blagues ? Demanda l'homme à sa droite pendant que Dumbledore souriait.
- Je te filerai la recette. Déclara Sirius en souriant.
Ils étaient enfin à la hauteur de Lily et cette dernière remarqua que le jeune homme accompagnant Sirius et Dumbledore n'était autre que Sturgis Podmore, le surveillant de l'année scolaire passée.
- Bonjour Sturgis, Professeur et toi.
- Bonjour Evans. Ravi de te revoir.
- Bonjour Lily. Matinale ?
- Toujours. Bon retour, Sirius. Tu rentres enfin j'imagine ?
- On m'a dit que des gens ont arrêté de manger et de dormir, j'ai dû écourter mes vacances.
- Sirius, je te laisse à présent, sois prudent. Sturgis, vous prenez le petit-déjeuner avec moi ?
- Ça aurait été avec plaisir, mais l'on m'attend ailleurs. Bonne journée tout le monde.
Lily et Sirius se trouvèrent seuls devant le Hall.
- Ça te va mieux ta robe de sorcier, tu avais l'air d'un vrai voyou la dernière fois que je t'ai vu.
- Ça plait aux filles. Déclara Sirius en marchant près de Lily.
- Pas à moi.
- C'est ce que j'ai dit aux filles.
Lily lui donna une tape à l'épaule.
- On va où ?
- Moi, j'allais à la volière.
- Moi, je ne connais pas le château à cette heure. Je trouve qu'il y'a une meilleure luminosité…
Sirius fit semblant d'analyser les contrastes du ciel et laissa Lily le devancer.
- Je viens avec toi.
- Tu ne veux pas plus tôt aller faire une surprise à Marlène ?
- Parce que Marlène se réveille à cette heure-ci ? Je finirai mort, si je l'approchai maintenant !
Lily éclata de rire et regarda Sirius à nouveau.
- Tu as plein de cicatrices encore.
- Arrête de me mater Evans.
- Arrête de faire le gamin, dans quoi tu t'es fourré Black ?
- Ecoute, c'est comme ça, y'a des personnes qui ont un physique qui fait qu'ils ne passent jamais inaperçu et ça nous mets dans des situations pas possible, tu ne peux pas comprendre Rouge.
- Tu ne m'as vraiment pas manqué, toi et tes remarques idiotes.
- Haha. Alors, qu'est-ce que j'ai raté ?
- Pas grand-chose. Nouveau prof de DCFM, il est top, enfin presque il m'a mis en binôme avec Potter.
Sirius éclata de son fameux rire similaire à un aboiement et se tint le ventre.
- Vas-y continue…
- Nous avons un club de Duel dont je suis responsable et tu y es déjà inscrit.
- Ok. Bien, je vois que je ne contrôle vraiment plus rien dans ma vie.
- Ah oui ! Ton frère te cherchait.
- Je suis au courant.
- Tu vas leur dire quoi ? La moitié de l'école pensait que tu avais disparu comme la plupart des gens kidnappés par Voldemort, d'autres disaient que tu avais changé d'école, et quelques uns pensent que tu es à Azkaban.
- Bon sang. Et vous leur dites quoi ?
- Que personne ne sait, tu vas leur dire quoi toi ?
- Que j'étais malade, tiens. La plus vieille excuse de l'histoire du monde.
- De quoi ? Faut que tu sois crédible.
- Oreillongoule, parce que je suis obligé de prendre le lit, on dira que j'étais à Sainte-mangouste.
- Je vois.
Sirius ricana et gambada devant Lily. Il avait l'air d'une personne qui était en captivité et qui venait de voir le soleil pour la première fois depuis une éternité.
- Je te vois venir, Rouge. Tu meurs d'envie de me poser des questions.
- Ouais, auxquels tu ne répondras pas, de toute façon.
Il sourit puis soupira.
- Qu'est-ce que tu veux savoir ?
- Tu es en sécurité ?
- Qui l'est ?
Lily roula des yeux.
- Ta famille ne s'en prendra plus à toi ?
- Quand je les exterminerai, ils ne s'en prendront plus à personne.
- Tu vis où maintenant ?
- Chez les Potter.
- Tu étais où, quand tu as disparu ?
- Un peu partout. Je fuyais, me cachais, cherchais des solutions.
- Hum. Tu sors avec Marlène ?
- Je ne sors jamais avec personne.
- Tu vas te calmer un peu ou tu me donneras autant de fil à retordre qu'avant ?
- Je ne serai pas aussi turbulent, j'ai appris à utiliser mon énergie pour plein d'autre chose. Mais, je ne peux pas ne pas t'embêter Rouge.
- Tu vas reparler à ton frère ?
- J'ai qu'un frère, il s'appelle James.
Lily sourit et hocha la tête de gauche à droite.
- Tu es un cas à part, Black.
- Ça s'appelle unique. On envoie une lettre à qui ?
- Un ami.
- Tu as un petit ami, Lily Evans ? Hurla Sirius en se tenant les joues.
- Non.
- Tu envoies une lettre à quelqu'un avant même de manger, tu as un petit ami !
- Mais non !
- C'est qui alors ?
- Damian.
- Ton ex !
- Comment tu le sais ?
- James parlait de toi tout le temps, bien sûr que je sais qui c'est !
Lily rougit et détourna le visage, mais Sirius n'avait pas raté la scène.
- Maintenant, tu rougis, tu ne m'avais pas dit ça ! Il te plait Potter ?
- Non !
- Allez, arrête ton manège. Dis-moi la vérité.
- Non, il ne me plait pas et non je n'ai pas de petit-ami et ton meilleur ami et moi on se parle à peine alors fais pas le malin.
- Pourquoi ?
- Je n'en sais rien.
- Ah ! tu veux dire que ça ne vient pas de toi ? James Potter aurait tourné la page Lily Evans ! J'en ai raté des choses dis donc !
- Tourné la page ?
- Tu veux dire que tu doutais encore s'il était sérieux ? Ah Lily, je te croyais intelligente.
Lily finit d'attacher la lettre à son hibou et le laissa voler, quand elle se tourna vers Sirius. Ce dernier se balançait sur la dernière marche.
- Tu cherches à te fracturer la jambe ?
- Tu cherches à changer de sujet. Déclara Sirius d'un ton plus sérieux en la menaçant de son index.
- Non, Sirius. Il n'y a rien à dire. Il m'a causé beaucoup de tracas, il a fait beaucoup de dégât et s'il pensait qu'il était sérieux, il ne sait pas ce que le sérieux est.
- Et toi, tu l'as humilié devant toute l'école alors qu'il ne faisait que défendre son honneur, le tien et celui des autres personnes qui subissaient en cachette de ton meilleur ami. Au cas où tu l'aurais oublié, il lui avait sauvé la vie ! Il t'a sauvé la vie, il a sauvé la vie à bien des personnes dans ce château, moi, y compris et s'il avait décidé de donner une leçon à l'un d'eux c'était pour toi !
- Comment ça ? Je ne lui ai jamais demandé de faire quoique ce soit !
- Tu n'as pas besoin, il est comme ça ! Quand il tient à quelqu'un il le défend envers et contre tout et cet idiot avait lancé un serpent sur lui à la sortie de l'infirmerie, il n'était même pas encore remis ! S'il a fait l'erreur… Nous avons fait l'erreur, c'est parce qu'aucun de nous ne lui pardonne… Il a poussé mon frère à s'approcher de ma famille, Lily ! Son plan avec Selwyne a obligé mon frère à quitter l'école et se faire endoctriner par ma famille ! S'ils n'avaient pas fait ça, j'aurai pu sauver Regulus.
Lily voyait Sirius Black, le vrai, filtrer à travers sa colère, il était enfin un tout petit peu plus sincère quant à la vraie profondeur de son malheur, alors elle n'intervint pas et le laissa vider sa haine.
- Et par-dessus tout, il t'a traité de tu-sais-quoi et quand James a voulu te défendre, tu lui as sauté à la gorge, tu as utilisé ta haine envers lui, alors que c'est l'autre qui la méritait, tu l'as humilité devant toute l'école, et malgré l'égo énorme qu'il a, il n'a pas cherché à se venger de toi ou encore à te faire quoique ce soit. Tu l'as blessé et il ne le montre pas, il ne le montrera surement jamais, parce qu'il est aussi orgueilleux que toi, à la place, maintenant…
Sirius s'arrêta de parler en réalisant qu'il était en train de crier et déverser toute sa colère sur elle.
- Pourquoi tu ne réagis pas ? Demanda-t-il plus calmement.
Lily se tut un instant, se contentant de regarder ses derbies vernies effleurer l'herbe fraîche. Elle n'allait rien dire quand Sirius lui reposa la question et la retourna vers lui, l'obligeant à s'arrêter.
- Je ne parle plus à Rogue, je sais qu'il est avec eux maintenant. Déclara Lily qui ne savait plus quoi dire.
- Il était temps. Et mon meilleur ami ?
- Quoi ? Je ne vais quand même pas m'excuser d'avoir dit ces mots alors qu'il m'a déjà dit pire !
- Mais toi ça t'a sûrement rien fait, parce que tu t'en fous de son existence.
- Je ne m'en fous… Je ne suis pas aussi méchante que tu me peints !
- Tu n'es pas méchante, tu es hystérique c'est différent, je t'ai dit il y'a une facette de toi, l'alarme Potter, dès qu'il est là tu hurles.
- Il m'énerve tout le temps ! Il est gamin et constamment moqueur !
- Moi aussi ! Je t'énerve tout le temps.
- Toi, tu es barge, j'ai appris à composer avec.
- Je ne sais pas comment le prendre.
- Je ne vais pas m'excuser Sirius.
- Alors au moins sois plus gentille !
- BLACK !
Sirius et Lily étaient arrivés devant la porte de la grande salle, quand une voix s'écria en le voyant.
- Meadowes…
Contre toute attente, la jeune fille lui sauta au cou. Elle l'enlaça devant l'air ahuri de la jeune rousse et le jeune adolescent lui-même.
- Tu ne peux pas savoir comme je suis contente que tu ne sois pas mort !
- Je ne savais même pas que tu m'aimais bien, toi. Déclara Sirius en la repoussant gentiment.
- Je ne souhaite pas ta mort c'est tout.
- Ravi de te revoir. Déclara Bilius qui sortit derrière sa petite amie.
En une fraction de seconde, Sirius Black fut entouré des Gryffondors déjà réveillés. A Sept heures trente, le jeune brun revint vers Lily.
- Tu peux me faire rentrer dans la chambre de Marlène ?
- Tu es malade !
- Pas besoin, je suis là.
Sirius se tourna vers elle et lui offrit son sourire le plus ravageur, faisant de la moitié des présents des jaloux. Elle regarda autours d'elle, puis daigna enfin lui accorder une étreinte en publique. Marlène posa sa tête contre l'épaule de Sirius et inspira son parfum en fermant les yeux, ils se séparèrent, un large sourire dessiné sur la bouche de chacun d'eux, puis Sirius se fit emporter par un tourbillon de questions et d'accolades.
- Oui je vais mieux et non ce n'est pas contagieux. Répéta Sirius pour la énième fois cette journée.
Sirius entra aux cours de potions et se délecta du regard choqué de Rogue.
- Dis à tes copains qu'on ne se débarrasse pas de moi aussi facilement !
- Dis leur toi-même la prochaine fois que tu les verras.
- Ah ! c'est bien tu apprends vite, tu sais au moins de quoi je parle, tu sors de ton déni. Dis aussi à Yaxley aussi que son frère ne peut rien contre la vérité, il comprendra.
- Dis lui ton même je ne suis pas ton hibou !
- Mais on m'a dit que tu étais le sien alors…
- Black, Rogue. Pas de scène, s'il vous plait séparez-vous, Black mettez-vous au fond !
Lily hocha la tête et s'approcha d'Alice.
- Ça ne va jamais plus être comme avant, nos cours. Il y'a trop de haine.
- Tant mieux, je pourrais commencer à suivre. Déclara la grande brune. C'est moins ennuyant.
- Black, Potter, Fawley et Evans mettez-vous ensemble, puisque Shafiq et Lupin ne sont pas là.
- Ça devient encore plus intéressant. Surenchérit Alice. Alors Black, dis-moi, tu étais où vraiment ?
- J'ai dit la vérité.
- Mais bien sur, et James et Lily étaient dans la confidence et moi non !
- Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que ça fait deux semaines qu'ils sont bizarres !
- Ah ça ! J'y peux rien. Déclara Sirius. Lui, il est bizarre parce qu'elle l'a insulté et elle l'est parce qu'elle est trop orgueilleuse pour s'excuser.
- Elle n'a pas à s'excuser de quoique ce soit, ça n'a aucune espèce d'importance ce qu'elle a dit... Chacun pense ce qu'il veut et si tu permets Patmol, on va plutôt parler des excuses que tu me dois pour la soirée merdique de ce weekend. Déclara James pour détourner le sujet.
- Il était avec toi à Pré-au-lard ?
- Oui et deux autres filles très douteuses, tu les as trouvé dans l'allée des embrumes ou quoi ?
Sirius éclata de rire pendant que James le menaçait de sa baguette, ils n'eurent pas le temps de débattre quand la voix du professeur se leva dans les airs.
- Aujourd'hui, vous allez préparer vos propres Amortentia en groupe et celui qui aura la meilleure potion partira avec une autre ici de son choix, sans oublier une note qui vous mettra parmi les convoités au Club.
Lily fit semblant de vomir derrière Alice, pendant que James et Sirius pouffaient de rire.
- Vous avez une heure, en silence !
- Comment veut-il que je vous dise de me réveiller à la fin du cours, si on doit rester silencieux ? Déclara Sirius.
- Va récupérer une pierre de lune et mets-toi au travail, tu as fait la sieste pendant 2 semaines ! Ordonna Lily.
- Combien d'épines de roses ? Demanda Alice
- Neuf. Déclara James
- Non, huit. Rectifia Lily.
- Neuf.
- Je suis sûre que c'est huit.
- Bon, j'ouvre ce bouquin et ne commencez pas à vous disputer.
Alice ouvrit le livre et éclata de rire.
- Huit et demi, les nuls !
- J'y étais presque. Intima Lily.
- Pffff… Objecta James.
- On doit attendre une heure pour qu'elle soit prête ? S'écria Alice.
- Mademoiselle Fawley, en silence.
- Oui. Désolée.
- Bon, alors. Commença Sirius en revenant avec les ingrédients, j'ai vidé le placard aussi vite que j'ai pu, on verra si les loosers là-bas vont faire quelque chose.
- Toujours aussi déloyal. Déclara Severus en s'approchant de leur table.
- Ton nez toujours mêlé ailleurs !
- Ça faut le dire à ton meilleur ami qui lit les lettres des autres !
Lily sursauta et fixa James. Severus resta debout près d'eux attendant l'explosion de la jeune fille mais rien n'arriva.
- Tu as lu quoi ? Demanda Lily après quelques minutes de silence.
Elle ne leva pas la tête, pendant qu'Alice faisait semblant d'être concentrée sur son œuf de couveur d'encre et Sirius prétendait recompter les épines de roses.
- Rien. Déclara James avec dédain.
- La lettre que Mary a ramené c'est ça ? Tu l'as lu ?
- Oui. Avoua le jeune homme.
- Je vois.
Il croisa les bras sur sa poitrine et releva son sourcil, attendant de Lily qu'elle lui envoie ses fameuses phrases choc, et elle fut sur le point de le faire lorsqu'elle intercepta le regard en coin de Sirius et pensa à leur discussion du matin.
« Pourquoi, je devrai l'écouter de toute façon ! C'est Sirius Black! Oui, mais justement c'est son meilleur ami, il en sait sûrement plus qu'il ne dit. Je devrais peut-être éviter de faire une scène et juste demander poliment. »
- Evites de faire ce genre de choses dorénavant, tu veux ? On a tous des choses qu'on ne veut pas forcément partager avec des étrangers.
« Merde ! Le mot de trop »
- Enfin, je veux dire des personnes avec qui nous ne sommes pas… enfin tu vois quoi ! Pas nos meilleurs amis !
- Tu me demandes civilement d'arrêter de fouiner dans tes affaires, c'est ça ?
- C'est ça.
- C'est tout ?
- Oui.
- C'est noté.
- Bien.
Alice et Sirius écarquillèrent les yeux.
- Merlin, j'ai disparu combien de jours ? Sommes-nous déjà en 2000 ? Demanda Sirius.
- Au fait, pourquoi tu as dit à Rogue ce que tu as dit tout à l'heure ? Interrogea Alice.
- Sur quoi ?
- Le frère de Yaxley.
Flash-back.
« Samedi 21 Août 1976
A l'attention de monsieur Sirius Black,
Vous êtes convoqué à comparaître à une audience préliminaire en tant que témoin à charge du Magenmagot, ce lundi 23 Août, dans le cadre de l'affaire Macmillan Stefan et Macmillan Edouard, à Huit heures tapante.
Vous vous présenterez à l'Atrium du ministère de la magie et serez accompagné d'un agent de surveillance jusqu'au niveau 2. Votre déplacement à l'audience sera pris en charge à ce niveau par le membre représentant de l'assemblée du Magenmagot, désigné le matin-même par le comité.
Veuillez à respecter toutes les consignes moldus dans votre déplacement et celles sorcières lors de votre arrivée au ministère.
Dans l'attente de vous recevoir, veuillez agréer monsieur Black, nos sincères salutations.
Althea Potter
Chef de service des renforcements de lois magiques »
- Euh… Fut tout ce que Sirius réussit à placer.
L'aîné des Black portait un t-shirt débraillé qu'Euphémia critiqua en lui tendant la lettre. James assis par terre, était lui aussi en t-shirt, mais de Quidditch. Les deux garçons suffoquaient de chaleur mais n'avaient pas le droit de sortir de la maison en pleine journée, et le soir, ils avaient droit au jardin du manoir seulement.
Depuis l'arrivée de Sirius en début du mois au manoir Potter, les deux garçons avaient de plus en plus de mal à se tenir tranquille. Conscients au début, que la vie de Sirius en dépendait, ils avaient promis de se tenir à carreaux ignorant que l'elfe de maison les surveillaient de près, mais plus le temps passait, plus les maraudeurs en eux menaçaient de se révolter.
C'est ainsi que ce matin-là, ils avaient inventé un nouveau jeu "la fenêtre défenestrée". Si Euphémia montait au troisième étage du manoir, dans l'aile qui était souvent fermée, elle verrait une panoplie de fenêtre endeuillée, jetée, enlacée et même encastrée l'une dans l'autre, puisque James et Sirius avaient décidé de tenter l'expérience de transformer les fenêtres en objets et les faire passer par ces dite-fenêtres, elles-mêmes. L'hilarité en voyant leur invention fut à son comble, jusqu'à ce que les choses dérapent, que les fenêtres deviennent vivantes et se mettent à se pourchasser l'une l'autre. Les deux garçons avaient aperçu la mère entrer à travers ces mêmes trous de fenêtres à présent baillant et avaient lancé une multitude de sort de mobilisation pour diminuer les dégâts. Ils avaient ensuite gambadé jusqu'au salon, ouvert un jeu d'échec sorcier et firent semblant de jouer lorsqu'Euphémia traversa la porte d'entrée.
La vieille dame n'était pas dupe mais avait seulement d'autres priorités en tête et la remarque qu'elle fit sur la tenue vestimentaire de son protégé, démontra aux adolescents qu'elle reviendrait plus tard sur ce sujet. Entre temps, Sirius tendit la lettre à James qui la lut et fronça les sourcils.
- Attends, une seconde. Si personne à part Dumbledore et nous ne savons où est Sirius, comment tante Althea a pu savoir où envoyer la lettre ?
- Elle ne l'a pas envoyé, elle l'a donné à Dumbledore qui a promis de chercher Sirius et de lui remettre en main propre.
- Donc personne ne sait où je suis.
- Non.
- Et Dumbledore ne t'a pas dit où est Andy par hasard ? Ou Ted ou Dora ?
- Sirius, nous en avons déjà parlé, Ted et Dora sont en sécurité maintenant.
- Oui, mais Andy.
Euphémia haussa les épaules en ayant un air désolé.
- Ecoute, je n'ai pas énormément de temps, mais il faudra que je te prépare un peu pour l'audience. Tu as déjà assisté à une audience ?
- Non.
- Donc voilà, je vais te dire clairement tout ce que j'ai appris, et crois-moi fiston, ce n'est pas bon du tout.
- Laisse-moi deviner, à cause de mon nom de famille encore ?
- Cette fois c'est le contraire. Ce que je vais vous dire doit absolument rester dans cette pièce. Voilà, Althea pense que certains membres du Magenmagot ont pu être manipulés ou sont sous Imperium et donc ne sont plus impartiaux, ce qui fait que pour l'instant, les membres séniors sont en train de voter pour mener cette audience en comité restreint.
- Comment ils vont faire ?
- Dumbledore va sortir la carte concernant ta sécurité et donc il essaie d'enlever de l'audience tous ceux qui sont clairement amis, partenaires ou travaillent sous les ordres d'Eugène Macmillan, le père des garçons.
- Et s'il ne réussit pas ?
- Il ne faudra pas t'en démordre, tu diras la vérité et advienne que pourra. Par contre, je vais t'aider à te préparer aux questions déstabilisantes et tu devras alors suivre mes conseils à la lettre. Crois-moi, j'ai été à ta place et j'en ai écrit des rapports d'audience dans ma vie.
- Tu as été à sa place ? interrogea James.
- Une histoire pour un autre jour, boule de poil. Allez au boulot, Sirius. James va faire un peu de ménage avec Alfie considère ça une avance sur ta punition en attendant que je découvre la bêtise.
- Maman, présomption d'innocence, tu connais ! Et dire que tu veux l'entraîner pour son audience !
- Va répondre à tes admiratrices et laisse-nous tranquille.
- Faut être un peu plus ferme, Euphémia, tu viens de lui donner une punition.
- Sirius, tu veux dormir dans un chaudron ? Hurla James.
La mère de famille regarda les deux garçons les yeux brillants. Elle aurait voulu avoir plusieurs enfants qui se titilleraient ainsi à longueur de journée et qui se battraient pour son affection qu'elle aurait donnée sans faille. Elle respira profondément et commença ses questions quand un Patronus entra dans la pièce.
- Changement de plan, Euphémia, le jeune Sirius ne doit pas comparaître, j'ai une autre solution, permettez-moi de passer.
Euphémia se leva et envoya une lettre à Dumbledore puis ordonna à Alfie de se mettre en place. Le vieil homme arriva en un rien de temps et s'installa lentement dans l'un des salons comme si rien d'urgent ne se profilait ou rien de dérangeant ne se tramait.
- Pour des raisons que le jeune Sirius et moi-même tenons à préserver, il ne peut pas comparaître.
- Pourquoi ? Demanda Euphémia.
- Il est trop tôt pour que Sirius se montre, nous avons encore besoin de le cacher pour éloigner une menace, mais aussi pour qu'une mission soit menée à bien. J'ai essayé de diminuer autant que possible les membres douteux sans bien sûr qu'ils ne se doutent de rien, mais il me reste une personne qui ne lâche pas prise.
- Laissez-moi devinez. Yaxley.
- Yaxley ? Demanda Sirius.
- Corban Yaxley, le grand frère de Healtham ton camarade.
- Il travaille au ministère ?
- Oui dans le département de la justice magique et fait partie du magenmagot mais aussi des mangemorts.
- Alors pourquoi il n'est pas attrapé ?
- Parce que je suis le seul à en être convaincu et il me faut des preuves.
- Trop compliqué tout ça ! Bouda Sirius.
- Qu'elle est l'alternative ? Demanda Euphémia en posant sa main sur l'épaule de l'adolescent.
- Que Sirius me livre toute la version, que je lui pose les questions qu'il faut et que je présente tout cela devant la cour en prétendant avoir reçu une Loquente.
- Une Lo-quoi ? Demanda Sirius
- C'est de la magie avancée qui permet à celui qui le désire d'envoyer une image de lui parlant, au lieu d'une lettre écrite.
- Pourquoi pas seulement une lettre ?
- Parce qu'une lettre peut être falsifiée mais pas une Loquente. La Loquente ne fera pas planer le doute sur ta déposition, elle ne peut en aucun cas être modifiée ou manipulée, contrairement aux souvenirs et lettres.
- Mais ils vont se demander où j'ai appris à faire une Loquente alors que je ne suis même pas encore en sixième année.
- Tu es un Black, ils doivent penser que tu sais faire beaucoup de choses que nous ignorons et pour cette partie laisse-moi m'en charger je saurai les convaincre.
- Pourquoi pas un Patronus avec un message comme celui que vous envoyez ? Demanda James.
- Peu sont ceux qui connaissent cette technique et je n'ai pas l'intention de leur montrer notre moyen de communiquer. Expliqua Dumbledore.
- Ça marche comment, la Loquente ? Interrompit Sirius
- Je vais jeter un sort à ton visage qui va s'enfermer dans une bulle, tu n'entendras plus rien à part ta voix, mais les personnes autours de toi doivent se taire aussi, et là tu as deux minutes pour tout raconter.
- Seulement ?
- Oui, le maximum que quelqu'un de ton âge peut faire. Si nous faisons plus, ils se douteront que tu n'es pas l'auteur de cette manipulation.
Sirius et Dumbledore s'entrainèrent à faire le récit en moins de deux minutes et ensuite passèrent à la partie des questions éventuelles auxquels Sirius répondit sous un autre texte. Dumbledore enregistra le tout dans la bulle qu'il rapetissa et envoya se cacher dans un flacon, ensuite s'en alla par la poudre de cheminette au ministère.
Le soir lorsque le directeur revint, Sirius appréhendait. Il n'attendit pas que tout le monde s'asseye qu'il assénait déjà son directeur d'école de questions.
- J'ai perdu un temps précieux à leur expliquer la provenance du sort de Loquence, parce qu'au début, certains membres prenaient cette magie pour de la sorcellerie noire, ensuite j'ai eu du fil à retordre avec certaines personnes âgées qui refusaient de se faire soigner l'oreille, par orgueil et qui n'entendait que faiblement le message de la Loquente, alors j'ai du amplifier l'image et la voix. Tout le monde a entendu, tout le monde a noté et personne n'a pensé à une autre question que celles que nous avons préparés, tout se passait à merveille jusqu'à ce que Yaxley décrédibilise chaque partie de ton histoire et fasse planer le doute sur la véracité de tes paroles.
- Il a dit quoi ? Dites-moi en détail, comme ça je demanderai à comparaître quand je ne serai plus en cachette. Dites-moi tout.
- Doucement Sirius.
- Ils ont dit quoi lorsque vous avez dit que vous avez pu avoir cela de Sirius ? Demanda James
- Il a diminué de son courage en montrant qu'il n'a pas pu venir à l'audience.
- Alors, laissez-moi y aller. Beugla Sirius.
Dumbledore le fixa derrière ses lunettes et hocha la tête simplement.
- J'ai dit que ce n'était pas une question de courage, mais que nous ne savons même pas si vous êtes vivant ou mort. Que cette Loquence m'a été envoyé avant votre disparition.
- Je n'y aurai pas cru moi. Déclara James.
- Bien vu, raison pour laquelle, j'ai dit que j'en ai une de chacune des victimes, même de toi James. Et ils demanderont sûrement à la voir aussi.
- Je peux y aller moi-même.
- Non. Cingla Euphémia. Ils ne connaissent pas ton visage et j'ai veillé personnellement pendant des années à te garder dans l'anonymat, alors non, tu ne vas pas te jeter dans la gueule de la louve dès maintenant.
Sirius regarda James bouder et sourit en pensant à l'amour inconditionnel de cette mère. Amour qu'elle partageait avec ce dernier comme s'il était le sien et sans rien demander en retour.
- Il a dit quoi Yaxley sur moi ? Il a fait allusion à mon affiliation au mal, moi-même. Parce que je suis un Black c'est ça !
- Il a essayé d'en parler alors j'ai mentionné quelques noms de l'assemblée qui ont marqués l'histoire par leur affiliation au mal et qui sont parents avec des membres du magenmagot, en précisant que le nom était seulement un nom, qu'il ne faisait pas de tous un seul et même cerveau, ou une seule et même orientation. Par contre, il a essayé de vous avilir par vos anciennes habitudes, de faire les malins dans les couloirs, vous vous amusez à torturer gentiment tel ou tel étudiant et à votre haine gratuite envers les Serpentard, prétextant que James et toi auraient pu vous attaquer à Emily et que ses frères étaient juste venus la sauver.
- Quoi ? Crièrent James et Sirius en même temps.
- Ils n'ont qu'à demander à Marlène alors, elle était là. Et elle ne s'en prend à personne elle. Défendit Euphémia.
- Selon les faits des garçons, elle était Stupéfixié la moitié du temps, lorsque la brigade magique lui a parlé après les faits, ils avaient estimés son témoignage non concluant.
James envoya valser un pouf avec son pied, pendant que Sirius serrait sa mâchoire. Dumbledore se leva en voyant le dîner arriver, s'excusa de ne pouvoir rester et déclara.
- La vérité éclate toujours, ce n'est pas fini, nous trouverons un moyen de les enfermer.
Fin du flash-back.
Alice remarqua à nouveau la même expression qu'arboraient ses amis depuis le début d'année. Elle aurait voulu leur faire comprendre une fois pour toute d'arrêter de mentir, puisque ses études d'Occlumancie lui apprenaient à lire les messages du corps afin de camoufler les siens. Elle voulait leur faire assimiler qu'elle ne connaissait certes pas le contenu de leurs mensonges, ni la vérité dissimulée, mais qu'elle lisait en eux comme dans un livre. Chacun à sa manière trahissait son mensonge, que ce soit d'un tic ou d'une position de main, ou d'un regard et le plus flagrant était James.
Elle se passa la main sur le visage et se demanda pourquoi tout d'un coup elle s'est retrouvée écartée. Avait-elle était trop prise par Frank avant pour remarquer qu'elle n'était plus la confidente de tout le monde ?
- Encore des cachoteries. Je vois. Je ne t'en veux pas, au fond même ma meilleure amie ne me croit pas digne de confiance, pourquoi toi, tu me dirais ?
- Quoi ? S'écria Lily.
- Tu savais où il était, tu savais pour tellement de choses aussi l'année d'avant et jamais je n'ai été parmi tes priorités pour en parler et le pire c'est que tu gardais tout en toi, je me disais tu n'aimes pas parler de tes émotions et ta vie, mais la c'est aussi les secrets des autres…
- Stop! STOP! Beugla Sirius. Pas de crise de nana ! Je vais te dire juste calme-toi.
- Non, ça ira, je t'assure, j'ai d'autres chats à fouetter de mon côté pas besoin de me coltiner vos vies aussi…
Alice tira son sac vers elle et tenta de partir quand James la retint.
- Ne fais pas l'idiote.
- Mal placé pour utiliser ce mot.
- Octo. Déclara Lily en tendant son poing.
Sirius roula des yeux et leva son poing et James finit par faire la même chose en offrant à Alice une grimace.
- Octo. Finit-elle par débiter en boudant.
- Ne deviens pas une nana chiante, ce n'est pas question de confiance Fawfaw.
- Ne m'appelle pas comme ça, Black.
- Ok. Londubat.
Ils se mirent à rire, alors Sirius leur raconta l'incident de l'audience puis James conclut l'histoire en mentionnant également son témoignage. Les filles ne dirent plus un mot et se contentèrent de ruminer intérieurement.
- On peut témoigner nous ? Demanda Lily.
- Pas contre eux, vous n'étiez pas directement reliés.
- Pourquoi ça traine pour eux ? Demanda Alice.
- Je ne comprends pas non plus. Abbott lui est en prison, Burbage est confinée chez elle avec des travaux pour la communauté des sorciers à effectuer pendant deux ans, Selwyne est en prison, pourquoi eux ils sont libres ? Continua Lily
- Et Emily, toujours à sainte-mangouste ? Demanda Alice en s'adressant à Sirius.
- Je n'en sais rien.
- Tu veux dire que tu étais là-bas pendant plus de deux semaines et tu n'as pas essayé de la trouver ?
- J'étais surveillé tout le temps.
- Ici aussi, ça ne t'empêche pas de faire les quatre cent coups.
- Je ne l'ai pas vu. Cingla Sirius.
- Alors quoi, ils vont rester libres ? Demanda Lily.
- Impossible, sinon, je m'occupe d'eux moi-même. Catapulta James. Pas après ce qu'ils nous ont fait !
Lily acquiesça et continua.
- Et si on trouvait les lettres qu'ils envoyaient à Emily, on peut prouver qu'ils ont prémédités tout ça !
- Je n'y crois pas trop. Déclara Sirius défaitiste. Ils vont seulement être sanctionnés pour s'être introduit à l'école. Et puis y'a pas de moyen de trouver ces lettres.
- Si.
- Rouge, tu divagues.
- Non, je vous signale que la taupe qui était sûrement la meilleure amie d'Emily est toujours dans le château et que si nous réussissons à la démasquer nous pourrons lui fournir du Véritaserum et elle nous dira tout.
- Depuis quand elle nous sort des plans aussi ingénieux, elle ?
- Depuis toujours, Black.
- Ah non ! là, il y'a un interdit dedans. Ça tu l'as jamais fait avant ! Déclara Sirius pendant que James souriait bêtement.
- Elle n'en serait pas à sa première expérience. Accusa Alice. Elle en a pris en première année, elle-même. On en a pris ensemble et elle m'a fait plein de révélations que je vendrais à des Galions.
- Alice !
Lily pensa à ce jour et devint rouge tomate. Elle pensa à la petite Lily d'onze ans qui était complètement sous le charme de James Potter, et détourna son regard. Elle fit un pas en avant vers le chaudron et cette fois-ci, elle n'avait pas besoin de Warrington pour savoir, que l'odeur qu'elle sentit dans ce chaudron était le parfum de James Potter.
Lily sentit son cœur battre fort, très fort et elle fut prise de panique. Elle ne pouvait pas. Elle ne voulait pas. Elle refusait catégoriquement, elle ferma les yeux et soudain se sentit mal.
- Lily, ça va ? demanda Alice.
- Je…Oui… J'ai besoin d'eau.
- Tu veux sortir ? Tu veux que je vienne avec toi ?
Lily hocha la tête et tint la table avec ses mains, elle se pencha lentement et s'assit puis elle posa le front sur le bois froid et tenta de réguler sa respiration, lorsqu'elle finit par immerger de son apnée, Sirius et James s'étaient approchés aussi. Elle les regarda, tenta de sourire, mais la proximité soudaine de James lui donna encore plus de mal à respirer et sans comprendre pourquoi les larmes lui montèrent au nez. Elle se leva d'un coup et s'éloigna de ces amis, mais avant de détaler elle débita.
- Cette potion est parfaite et il va vous proposer de choisir une potion cadeau, prenez le Polynectar, nous en aurons besoin. Professeur, je peux sortir, je ne me sens pas…
Lily avait catapulté ces phrases avec une rapidité inaccoutumée, puis elle sortit de classe en courant. Elle courut comme elle ne l'avait jamais fait, elle erra sans comprendre et tenta de refréner ses larmes puis elle pensa à l'autre pleurnicheuse du château et entra se réfugier dans sa salle de bain.
- Il lui prend quoi ?
- Je ne sais pas. Déclara Alice.
- Tu crois qu'elle a senti quelque chose dans ce chaudron qui l'a rendu triste ? Demanda James qui la surveillait toujours de près.
Soudain Alice et Sirius trouvèrent la suggestion plausible.
- Ah oui ! On est sensé sentir des parfums ou odeurs de choses qu'on aime et ou de ceux qu'on aime.
- Peut-être ses parents. Proposa Sirius.
- Peut-être.
Lily avait effectivement senti le chocolat au marshmallow de sa mère, l'odeur de tarte à la mélasse qu'adorait son père et enfin le parfum de James Potter et de toutes les senteurs, la dernière lui avait fait plus d'effet.
- Moi je sens l'odeur d'essence, de terre battue et de chien. plaisanta Sirius.
James éclata d'un rire si sonore que Slughorn se dirigea vers eux. Et comme prévu par Lily, leur potion était parfaite et ils choisirent le Polynectar comme potion cadeau.
James remarqua que Lily n'était pas apparue à l'heure du déjeuner, alors il décida d'aller consulter sa chère carte. Il avait beau se dire qu'il ne voulait plus rien à voir avec elle, il n'arrivait pas à ne pas penser à elle. Il avait beau se dire qu'il n'avait pas été écorché par son rejet, il n'arrivait pas à la rejeter, il n'arrivait pas à être aussi indifférent pas autant qu'il le voulait, pas autant qu'il pouvait l'être avec le reste du monde. Il se leva, avant Peter et Sirius, de la grande salle et leur donna rendez-vous devant la salle de cours du professeur Binns directement, Alice remarqua la scène et se tourna vers Sirius.
- Je te parie un Galion qu'il est parti chercher Lily.
- Il a tourné la page Lily. Déclara Peter.
Sirius se contenta de se goinfrer de gâteau en remarquant que la table des Serpentards n'arrêtait pas de le regarder.
Lily sortit des toilettes de Mimi en inspirant un grand coup et quand elle ouvrit la porte, un grand brun à lunette se tenait devant elle.
- Tu fais quoi ici ? Demanda-t-il avant qu'elle ne parle.
- Je…
- Tu prépares un mauvais coup ? En général, moi, je viens ici pour préparer quelque chose et puis Mimi joue aux espionnes pour moi des fois.
- Tu me parles ?
- Evans, tu t'es mangé un lavabo ?
- On m'a dit que tu voulais plus parler à Evans la mégère, c'est tout.
- Premièrement, je n'utilise pas ce mot, je n'ai pas cinq ans. Deuxièmement, qui t'a raconté ça ? Je ne drague plus Evans, c'est différent !
« Pourquoi ? » Entendit Lily au fond d'elle et cette idée lui fit écarquiller les yeux et ouvrir la bouche sans qu'elle ne dise un mot.
- Tu es redevenu bizarre, Evans.
Il haussa les épaules et fit semblant de s'en aller.
- Tu vas me faire comme en Avril dernier ?
- Quoi ? Demanda ce dernier.
- Me demander d'arrêter d'être tranquille dans mon coin et me demander de me mettre à te crier dessus et te traiter de tous les noms.
- Non, je ne préférerai pas, tu en as suffisamment fait.
Lily qui tentait de rendre l'air moins électrique entre eux réalisa qu'elle risquait plutôt d'envenimer les choses.
- Je… Je ne voulais…
- Ne t'avise pas de t'excuser Evans. J'ai jeté des sorts sur des gens, tu as fait ton devoir de préfète. Ne donne pas à ça plus d'importance !
- Bien.
Elle lui offrit un sourire gênée et tenta de s'en aller mais il lui barra le chemin. Lily ne supportait plus sa proximité et elle sentit la moutarde lui monter au nez à nouveau.
- Laisse-moi passer.
- Non.
- Potter.
Il s'approcha d'elle à nouveau et par réflexe elle recula, il se mit à la regarder fixement alors elle sentit ses jambes vaciller, elle soutint son regard pour la première fois depuis des lustres et cette fois-ci quelque chose en elle s'éveilla. Elle écouta ses émotions, ses pulsions, ses pensées pour la première fois et elle comprit. Alors, sans crier gare, elle éclata de rire. James recula d'un pas, et fronça les sourcils, elle le remarqua et se mit à rire de plus belle.
- Je t'avais dit que j'étais folle, Potter. Je t'avais prévenu. Finit-elle par lâcher entre deux rires nerveux.
- Et quand c'est moi qui te le disais, tu n'acceptais pas. Ah ! Les filles.
- Bon, tu me laisses partir maintenant ?
- Mais vas-y. lança-t-il en faisant une courbette.
Lily eut envie de sourire et cette fois-ci elle réalisa qu'elle était sûrement entrain de perdre la tête, il y'avait à peine quelques minutes elle voulait pleurer. Elle lui tourna le dos et prit le chemin inverse quand soudain, elle réalisa qu'elle ne voulait pas partir, qu'elle voulait encore sentir ce parfum, au moins pour être sûre.
- Il avait écrit quoi ?
James qui n'avait pas bougé de sa place et qui la regardait partir, sortit de sa rêverie. Elle se rapprocha de lui à nouveau et attendit. Sans qu'elle n'ait eu à fournir plus d'explications, il comprit.
- Qu'il voulait s'excuser, qu'il voulait que tu lui laisses une chance de te voir pour t'expliquer.
- Hum. Je vois. Et donc Mary t'a donné la lettre de son plein gré, je présume ?
- Je lui ai fait une démonstration du sortilège d'attraction, juste au cas où elle aurait oublié l'incantation.
- Ah, mais bien évidemment. Je parie que tu l'as aussi fait courir après toi.
- Oui, j'aime bien ça aussi.
- Qu'à la fin tu lui as dit une remarque agaçante et que tu t'es donné le droit de donner ton avis sur la question.
James lui lança son sourire en coin, dévoilant sa fameuse fossette unique gauche et inconsciemment elle sourit aussi.
- Tu me connais vraiment bien Evans.
- Malheureusement.
Il cessa de sourire et se mit à la regarder à nouveau.
« Embrasse-là, elle t'a giflé pour moins que ça ! Tu ne perds rien ! Hors de question ! Aie un peu de dignité, elle ne veut pas de toi, pauvre tâche ! Tourne la page, va-t-en ! »
- Tu devais peut-être t'attendre à ce que je m'excuse que vous soyez fâché à cause de ce que je lui ai fait, mais…
- Je ne m'y attends pas venant de toi.
- Attends.
- N'en parlons pas ce serait mieux, tu vas empirer les choses.
- NON, laisse-moi parler. Ordonna-t-il agressivement. Je ne te dois pas d'excuse, tu m'en dois et si je t'ai dit que je ne voulais pas que tu le fasses, c'est parce que je ne suis pas prêt à ce que ça redevienne comme avant.
- Tu m'en dois tout autant que je t'en dois ! Tu m'as fait vivre une semaine affreuse, entre ce que tu as fait à Stew et ensuite à Severus, excuse-toi au moins à eux ! Si, moi, je ne suis rien d'autres pour toi que la fille qui dit non et que tu adores agacer.
- Rogue, il peut me donner ses reins qu'il n'aura que ma pitié au plus, compte pas sur moi pour ça ! Et Stew, peut-être que c'est allé trop loin, mais excuse-moi, oh oui ! Sur ça, je te demande des excuses, parce que j'ai agis comme un crétin qui cherchait à attirer ton attention, parce que tu m'intéressais Evans, mais ne t'inquiète pas, je ne t'importunerai plus. Sois-en rassurée.
- Je…
- Oui, tu as bien entendu, je m'excuse d'avoir été aussi naïf de m'intéresser à toi, mais c'est fini maintenant, les choses redeviendront comme avant, et tu sais où me trouver pour le devoir de DCFM.
Il pivota et prit le chemin du cours.
- STOP !
Il s'arrêta de marcher, elle le devança et s'arrêta devant lui.
- Et moi je m'excuse d'avoir cru en toi et cru que tu pouvais changer. Tu n'es pas le seul naïf dans l'histoire. Oui, je m'excuse des mots que j'ai dits à ton égard. Mais je ne pense pas ne pas les penser encore ! Salut Potter.
James prit la porte et décida de laisser tomber le cours le plus soporifique de l'histoire de Poudlard. A la place, il prit un passage secret et se trouva sous la trappe des trois balais en un temps record. Il mit sa cape sur son dos et se mit à marcher dans l'air frais de l'après-midi. Il écouta les conversations des passants, vola quelques boissons par ci par là et tenta tant bien que mal d'effacer la chevelure rousse de ses pensées.
Lily prit la porte à son tour et monta s'enfermer dans la salle sur demande. Elle n'était pas venue ici depuis l'incident de la fin de sa cinquième année et elle fut sidérée de voir aussi peu de surveillance autours de cet endroit, elle entra dans sa cachette et soudain, elle vit une réplique de salle commune et un chaudron au centre.
- Je voulais me battre. Cria-t-elle au mur. Pas jouer à la fille meurtrie !
Elle s'affala sur le canapé et trouva une réplique d'un livre qu'elle avait oublié. Le cadeau de James pour son anniversaire. Elle sortit de la salle et monta dans son dortoir en vitesse. Lily réalisa que pour la première fois de sa vie, elle venait de sauter un cours de son plein gré sans être dans un lit de mort et tout ceci à cause du garçon à la chevelure indisciplinée.
Rendez-vous la semaine prochaine, merci encore pour les reviews.
