14. Cloisonnement partiel
Les premiers jours d'Octobre avaient emplis le château d'une ambiance sereine et joyeuse qui contrastait complètement avec le monde extérieur.
Alors qu'Alice Fawley s'améliorait en cours d'Occlumancie, qu'elle travaillait plus sérieusement en Legilimancie et qu'elle se concentrait sur ses études plus placidement. Frank, lui, était en pagaille et en remise en question totale. En seulement un mois, il avait mangé moins, dormi moins et souffrait d'un manque de concentration jamais rencontré à ce jour, trop perturbé par les événements relatés dans les journaux, trop inquiet pour sa mère, et surtout trop en manque de la jolie brune qu'il n'arrivait pas à chasser de son esprit, il se faisait réprimander deux fois par jours et commençait à douter de sa capacité à tenir le coup...
Pendant que Lily Evans remplissait son emploi du temps à sa guise, entre club de Duel, club de Slug, tutorat, cours spéciaux d'apprentissage de la magie inventive, ses devoirs de préfets et ses recherches propres, elle n'avait pas de temps à penser au monde externe, elle n'avait plus le temps d'être triste pour ceux qui ont perdu, ceux qui sont perdus et la guerre qui grandissait à vue d'œil. Elle lisait moins la gazette, parlait moins à Damian et surtout pensait moins à la mort constamment, même ses rêves devenaient plus espacés. Pétunia Evans, quant à elle, pour la première fois de sa vie, n'arrivait plus à chasser sa sœur de son esprit en se demandant si cette dernière était vivante ou morte, si ce monde de fou avait fini par ravager même la jeune rousse. Pétunia se battait constamment contre son esprit qui tentait toujours d'introduire sa sœur dans ses pensées bien qu'elle ne le montre jamais à Vernon. Elle pensait de plus en plus souvent aux mots blessants qu'elle avait utilisés à leur dernière rencontre, et encore "rencontre" serait un euphémisme pour remplacer la phrase "enterrement des parents". La grande blonde pensait à toute la haine qu'elle avait déversée sur sa sœur sans vraiment en comprendre la raison dorénavant. Pétunia avait même un jour commencé une lettre qui avait fini à la poubelle avant l'arrivée de son fiancé. L'ainée Evans aimait son fiancé et le suivrait au bout du monde, elle aimait ce qu'il était, ce qu'il représentait pour une jeune banlieusarde pauvre comme elle, pour une fille banale comme elle et elle se complaisait à se plier en quatre pour lui, dusse-t-il lui demander de décrocher un lustre de Poudlard. Ces derniers temps, elle tergiversait souvent à lui parler du monde de sa sœur, cette sœur qu'elle prétendait considérer comme morte, cette sœur qui était peut-être morte, pour finalement se raviser et garder enfouie en elle cette histoire à dormir debout. Pétunia se disait qu'avec tous ces kidnapping et morts impromptus qui la tétanisaient, toutes ces morts non élucidées, comme celle de ces parents, venaient de chez ces barges et Vernon Dursley, n'était évidemment pas prêt à connaitre ce monde, encore moins maintenant qu'il partait en vrille. Pétunia continuait de garder ses frayeurs pour elle, en entrant dans une phase d'anxiété qui lui faisait perdre du poids visiblement, sous le regard absent de son fiancé, la seule famille qui lui restait...
Au moment où James Potter affichait une forme royale au Quidditch, dans les couloirs, une bonne humeur contagieuse en cours et hors cours, il ignorait complètement que son père était devenu dans le collimateur de Voldemort, que Fleamont Potter était devenu un ennemi. Le vieil homme s'était attiré la foudre du mage noire qui avait appris l'implication discrète du chef d'entreprise dans l'ordre, auprès du ministère et auprès du bureau des aurors. Auparavant, le réseau de Voldemort avait eut du mal à comprendre l'implication de Fleamont Potter dans ce conflit grandissant. De nature discret et mystérieux, le vieil homme avait réussi à cultiver un vrai rébus autours de sa personne. Seule sa femme et Albus le connaissaient assez pour savoir ce qu'il en était, et pourtant en cet été 1976, l'information avérée avait atterrit dans l'oreille de Voldemort. Fleamont Potter n'était pas dans son clan ; le Septuagénaire jouissait depuis toujours d'un pas privilégié auprès du ministère de la magie pour avoir eu une fortune qui aida à débloquer tellement de brevets saugrenus et tellement d'invention utile que la réputation qu'il se construisit auprès de ses compères était devenue intarissable et légendaire. C'est ainsi que de fil en aiguille, les demandes de sponsors se dirigèrent au bureau de Fleamont pour d'autres actions moins inventives et plus préventives, c'est ainsi qu'il eut vent de l'existence de l'ordre du phénix et c'est en voyant les premiers massacres perpétués par Voldemort, qu'il donna tout son soutien à Dumbledore et une grande partie de sa fortune pour former les gens, espionner les traîtres et recruter lui-même des personnes qualifiées pouvant aider ou bien pouvant limiter les dégâts, tout ceci dans le secret le plus total et ce depuis huit ans. Secret qui fut livré et certifié à Voldemort cet été même en rapportant des détails encore plus croustillant, ainsi Fleamont Potter aurait fait intégrer presque toute sa famille dans la quête de la paix. D'abord Mirabella Potter née Combs, la femme de son défunt grand frère Astrid, cette dernière n'avait jamais paru dans aucune réunion, mais gardait un œil sur la famille Black à travers le lien de son fils Charlus avec Dorea Black. Ensuite sa petite sœur Festina, chef de département du droit international magique, et grand-mère des Doring et Johnson, elle était devenue un espion important pour l'ordre de part ses liens dans le département de la justice magique. Sans oublier Althea, qui avait fait sa première rencontre officielle avec l'ordre cet été-même et qui avait elle-même laissé ses propres enfants, Edgar, Amélia et Murphy Bones se faire recruter par Albus, lui-même. Euphémia, la femme de Fleamont avait elle décidé de jouer le rôle d'informatrice et formatrice également, dotée d'une expérience légendaire en matière de duel et de don de guérison, elle avait aussi comme métier historienne, chose qui lui permettait de jouer à la journaliste auprès des sorciers autant qu'elle le voulait sans jamais éveiller de soupçons. Elle avait fini par raconter son aventure, après le conseil de son mari, à Bathilda Tourdesac qui n'hésita pas une seule seconde à prêter mains fortes dès qu'il était nécessaire... Ainsi le nom de Potter devint un nom dérangeant pour Voldemort et une longue rancune prenait place dans sa cage thoracique dénuée de cœur.
Pendant que Marlène, elle, jouissait d'un nouveau type d'insouciance et qu'elle se jetait dans les bras de Sirius dès qu'un endroit isolé se profilait, elle oubliait délibérément de s'intéresser encore aux agissements de Muriel Mckinnon. La sœur rebelle, la sœur dangereuse, qui était derrière bien plus de malheur que ne l'aurait imaginé la jeune blonde de seize ans. Sirius quant à lui, il était un peu plus conscient du monde extérieur, parce que ce monde était imbriqué intrinsèquement dans son monde intérieur. Sirius avait une mission et cette mission risquait de se solder par un carnage s'il ne la menait pas à bien. Le jeune homme, contrairement à Marlène, avait plus d'informations quant aux comportements de la tante de cette dernière. Il savait pour instance, qu'elle traînait souvent avec l'un des frères Lestranges, qu'elle était complètement fan de Bellatrix, qu'elle errait souvent dans le manoir des Travers, couchait avec un tas de mangemort, mais surtout parlait... Elle parlait beaucoup de sa vie passée, sa vie banale auprès des gentils Mckinnon qui n'aimaient pas les problèmes, qui se liaient d'amitié avec des sorciers à la vie tranquille et qui ne différenciaient pas entre sang-pur et sang-mêlé… Muriel Mckinnon parlait et elle parlait souvent des Potter disaient-on. Sirius souhaita profondément que cette dernière finisse par se faire entendre raison par Kayson, pour le bien de tous, pour le bien de Marlène et pour le bien des Potter, mais comment être sûr ?
Ainsi pour la plupart des Gryffondors, il y'avait une réelle coupure avec le monde externe, même pour ceux d'entre eux qui écopaient d'un deuil, comme Todd Bardley qui arrivait à composer avec un semblant d'harmonie auprès de la maison ocre.
Contrairement à la maison verte, où les clans de l'année scolaire précédente avaient disparu, laissant place à seulement deux catégories de personnes, l'élite des sang-pur et les autres.
Mulciber, Yaxley, Avery et Rogue faisaient la loi à présent et l'éloignement discret de Nott de cette assemblée passa inaperçu de prime abord, sauf auprès de Rogue. Ce dernier un peu plus intelligent que le reste de la bande, préféra pourtant taire l'information, en attendant d'en savoir plus. En réalité, ayant à travailler plus souvent avec son seul camarade masculin qui s'importunait d'avoir des Aspics, Nott se retrouvait donc avec Geoffrey Doring, leur préfet-en-chef, ainsi il découvrait une nouvelle forme d'humour auprès du garçon arrogant mais hilarant. Doring était un personnage typiquement macho. Il se prenait beaucoup au sérieux, ne se liait pas d'amitié avec n'importe qui et avait du mal à considérer Ayni Shackelbolt son égale, pourtant il n'était ni irrespectueux, ni condescendant. Juste un tantinet confiant et autoritaire. Il avait aussi une qualité indéniablement Serpentard, l'ambition de devenir quelqu'un. Réussir pour réussir, travailler pour gagner sa vie ne faisait pas partie de ses plans, devenir important si ! Ainsi, cette aspiration ultime avait rendu Nott plus fier de traîner avec Geoffrey qu'avec Mulciber, l'écervelé du service. D'autant plus qu'après que Mulciber ait dû rester en sixième année, ces deux-là ne partageaient plus rien, pas même le dortoir. Il s'était séparé de Pareta Lestranges mais n'en avait pas touché un mot à sa famille bien sûr, qui s'attendait à un mariage sang-pur bientôt. Elfine, lui, avait fini par s'intéresser à d'autres filles en profitant d'un avantage que ses autres amis n'avaient pas, son ossature musclée.
- Je vais devoir leur parler à propos de cette manie bizarre de se retrouver dans la chambre d'un élève de quatrième année, alors qu'ils sont tous en sixième et cinquième année ! Objecta Geoffrey à l'adresse d'Elfine en voyant l'Elite sang-pur passer.
Nott hésita longtemps, trop longtemps, et réalisa qu'en donnant peut-être la raison derrière ce rassemblement il se désintéressait de ses camarades délibérément et pourrait être considéré comme traître, alors il garda pour lui l'information. Il ne pouvait pas avouer au préfet-en-chef que Wilkes qui était en quatrième année, faisait aussi partie du clan à présent, pas aujourd'hui en tout cas.
- Bon, je vais monter à la réunion des préfets, et n'oublie pas de ramener le livre demain à la bibliothèque, madame Pince va finir par nous bannir de là-bas.
- T'as qu'à lui sortir une de tes blagues de tonton, elle oubliera.
Geoffrey sourit et s'en alla, lorsque Nott entra au cachot, il remarqua à nouveau qu'un coin de la salle était monopolisé par Mulciber et ses amis, baguettes à la main, ils faisaient voler un objet ressemblant à la main de la gloire en ricanant.
- Tu as réussi, le petit génie, je savais que tu allais y arriver. Ricana Mulciber en tirant les cheveux de Rogue, au lieu de les ébouriffer comme il aurait voulu.
- Maintenant faut qu'on comprenne à quoi ça sert ce truc.
Nott hésita encore une fois : leur dire, les aider ou reprendre le chemin de la bibliothèque et s'éloigner du mieux qu'il pouvait des problèmes. Nott hésitait toujours, alors il rebroussa chemin et sortit, non sans que Rogue ne l'aperçoive.
Il errait dans les couloirs, quand il tomba sur une crinière qu'il connaissait par cœur. La rousse, la sang-de-bourbe, encore à se pavaner comme si elle avait tous les droits. Il serra sa baguette entre les mains puis resta immobile un instant à la toiser et au moment où il allait la dépasser hésitant encore à la provoquer, il l'entendit murmurer à quelqu'un.
- Ecoute Bart, ça ira, je te promets. Juste sois fort ! Je suis passée par là, et promets-moi que tu ne penseras jamais à ces choses négatives et que tu n'essaieras plus jamais de sort sur toi, parce que la prochaine fois, je serai obligé de te dénoncer au moins à l'infirmerie.
Le jeune garçon de quinze ans, la repoussa et tenta de s'enfuir, mais elle le retint par le bras.
- Je suis ton amie, je suis de ton côté. Mais je ne peux pas te voir te faire du mal et me taire… Tu ne me fais pas confiance ?
- Ce n'est pas ça ! Grogna Bart.
- Alors quoi ? Quand je te dis que je suis passé par là, mes parents aussi ont été tués par des mangemorts, tu le sais et tu sais que je te comprends, juste fais moi confiance.
Bart retroussa son nez et se retint de ne pas jeter un sort de silence à son égard. Il ne voulait rien, il voulait la paix de son esprit et malheureusement pour lui, tous les Gallions du monde ne l'aideraient en rien dans cette requête.
- Comment tu fais pour sourire à nouveau ? Finit-il par demander d'un ton las.
- Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas, mais j'essaie de continuer de vivre, je me dis qu'ils ne voudraient pas que je me fasse du mal, ils m'ont toujours protégé, alors je continue de le faire pour eux, pour mes parents je veux dire...
Bart la regarda avec des yeux larmoyants puis renifla bruyamment.
- Mais moi je suis seul, ce n'est pas... C'est compliqué.
Il aurait voulu lui dire qu'elle avait des amis en or et lui non, il aurait voulu lui dire que ces deux parents étaient morts, alors que lui son père était vivant et préférait fuir plutôt que protéger son fils, il aurait voulu lui expliquer la peur dans laquelle il vit au fond des cachots, alors qu'elle était libre de se montrer dans sa salle commune en donnant des ordres sans être inquiétée, mais il ne le fit pas.
- Je t'ai déjà dit de venir à ma table ou de m'appeler pourquoi tu ne le fais pas ? Retenta Lily.
- Ce n'est pas aussi facile !
Nott qui s'était caché dans le bout du couloir perpendiculaire à celui où se penchait Lily sur l'adolescent meurtri, avait entendu toute la conversation. Il reconnaissait ce garçon, Rowley, le seul sang-de-bourbe dans leur maison et il ignorait que ce dernier avait perdu sa famille aussi. Nott continua de marcher dans les couloirs de l'école et il n'aima pas du tout le nouveau sentiment qui naquit en lui, quelque chose qu'il ne sut même pas expliquer, quelque chose que les aspirants mangemorts n'avaient pas.
Lily était revenue à la salle de préfet en retard, elle était peinée de voir Bart dans cet état et hésitait à en parler à quelqu'un, que pouvait-elle faire ?
- Allez, Lily, nous n'attendions que toi. Déclara Ayni.
- Rowley, ne vient pas ? demanda Doring en remarquant qu'il manquait à l'appel.
- Non, j'ai reçu un mot, il est à l'infirmerie.
Lily fronça les sourcils, d'où Ayni aurait reçu un mot si Bart n'en avait parlé à personne, que Lily l'avait surprise et qu'il n'était pas à l'infirmerie ? Lily ne dit rien et se contenta de s'asseoir près de Bilius et Ayni.
- Où est Meadowes aussi ? Ne me dites pas l'infirmerie !
- Elle a une retenue avec madame Botrange. Mentit Bilius.
Lily le dévisagea, puis se pencha vers lui.
- Un rêve ?
Il hocha la tête. La jeune rousse se demanda si Dumbledore et sa mère étaient au courant que Dorcas continuait à chercher dans ses rêves en se faisant aider par Botrange.
- Je suis tellement fier de mes préfets Gryffondors ! D'abord Rémus en retenue maintenant Dorcas, faut arrêter de les laisser traîner ensemble, s'ils vont s'influencer. Déclara Ayni pour détendre l'atmosphère.
Lily remarqua que la mâchoire de Bilius se crispa et il soupira bruyamment.
- Bon, je vous donne vos rondes pour la semaine. Déclara Geoffrey sans plus attendre.
Les élèves attendirent de recevoir les parchemins des rondes comme à l'accoutumée, mais il ne fit rien et se contenta de les regarder.
- J'ai eu du mal à vous faire un planning qui correspond à tout le monde, alors, j'ai décidé d'écouter Ayni pour une fois et vous proposer d'abord avant de les mettre par écrit et que vous arrêtiez de me rendre fou avec vos changements. Nous allons mettre ça ensemble et si un seul de vous le change par la suite, je lui trouverai une punition qui l'en dissuadera. Quelqu'un y voit un inconvénient ?
Personne n'émit un son.
- Alors ce soir, je m'en charge avec Ayni, mais le lundi prochain ce sera Evans et Hattaway, Lupin et Macmillan avant votre cours d'astronomie Rogue et Gibbons, et Swanson et Van der Sar, aux horaires normaux… Pour les préfets de cinquième année, vous ferez votre ronde pendant les cours d'astronomie, dîner et ensuite entrez à 22h à vos salles… ça va comme suit, Thomas et Davies, Meadowes et Shafiq.
Lily regarda la jeune Serpentard et réalisa qu'elle était la quatrième Shafiq de Poudlard. Aida Shafiq, elle était toujours souriante mais anormalement compétitive et surtout elle était dotée d'une beauté orientale qui faisait tourner plusieurs tête, dans cette même assemblée.
- … Dumas et Faucett,
Encore deux jolies filles, Sabrina Dumas, la belle blonde qui ensorcelait par le simple fait de respirer, et Faucett, la jolie brune pulpeuse des Poufsouffle qui était sortie avec Rémus une fois.
- …et enfin Smith et Rowley.
Enid Smith, était l'ennemi juré de Casey Clagg, celui qui rêvait de battre la jeune Gryffondor, elle était restée la seule attrapeuse qui avait toujours réussi à lui voler le vif d'or sous le nez. La réunion se déroula longtemps, coordonnant les rondes, les jours, les alternations, les remplacements, les programmes, les ailes à couvrir et les cours de soutien à placer auprès des enfants à difficultés. A la fin de la réunion, tout le monde baillait, mais Lily tenait à retenir encore quelques uns afin de leur donner sa proposition de date et de lieu pour le club de Duel. Elle retint avec elle, Van Der Sar, Macmillan et Swanson et ne put s'empêcher d'inspirer profondément en voyant le regard que lui lança Severus en partant.
- Je n'ai pas encore vos activités extrascolaires donc je n'ai pas voulu vous faire de proposition. Je vous donne plutôt les disponibilités pour les membres de Gryffondor : le Lundi entre 15h à 17h et le vendredi de 17h à 21h.
- Pour nous on a cours lundi. Déclara Stew Macmillan, mais vendredi pareil de 17h à 21h, on est libre.
- On a cours vendredi jusqu'à 18h… Déclara Swanson.
- Pourquoi on ne ferait pas juste samedi matin ? Demanda Van Der Sar.
- Parce que le professeur Flitwick a déjà les deuxièmes années et les troisièmes années le matin.
- Samedi après-midi ?
- Ah non ! Déclara Roger.
- Ah parce que monsieur a une petite amie, on doit tous annuler nos plans de samedi après-midi. Se moqua Janet Swanson.
Roger tenta de se défendre mais Stew enchaîna.
- Tu crois que personne ne voit que tu tournes autours de Dumas ? Se moqua le Serdaigle.
Stew et Lily pouffèrent de rire, puis le jeune homme rajouta.
- Qui ne lui tourne pas autours franchement !
- Vous êtes pittoyable, dis-leur Evans.
- C'est vrai qu'elle est jolie. Avoua Lily en haussant les épaules.
- Et vélane ! Elle leur empoisonne l'esprit c'est tout. Déclara Janet Swanson en roulant des yeux.
- Tu es jalouse, on dirait. Taquina Roger Van Der Sar.
- Bon ! On va proposer vendredi après-midi à Flitwick, entre 18h à 19h, mais bonne chance, Evans. Débita Janet.
- Pourquoi ?
- Tu vas devoir faire rater un repas à Fawley, Black et Potter.
- Ils ne vont pas le rater, juste le décaler d'une heure avant notre cours d'astronomie.
- C'est ce que je disais, bonne chance ! Moi les miens sont plus faciles à gérer, ils n'aiment pas manger spécialement, et n'ont pas de vie sociale.
Les garçons éclatèrent de rire pendant que Lily hochait la tête en souriant.
- Bon, bonsoir tout le monde.
Stew sortit en premier ne désirant pas rester avec Lily, pendant que Roger, Lily et Janet rangèrent leurs parchemins dans leurs cartables. Roger sortit à son tour, laissant la Gryffondor et la Serpentard seules pour la première fois depuis le début d'année. Même en ronde, elles ne tombaient jamais ensemble et Lily se demandait souvent si Janet y était pour quelque chose.
- Tu es plus sympa qu'on le dit. Déclara Janet en voyant Lily nettoyer la salle sans que personne ne lui ait demandé.
- On le dit ? Où tu veux entendre des trucs gentils sur moi, aux cachots ? Ricana Lily.
- Pas faux. Mais on n'est pas tous pareil tu sais. Par contre, tu as bien fait de t'éloigner de Rogue.
- Pourquoi tu me dis ça ? Je croyais que vous étiez ami ?
- Nous faisons nos rondes ensemble, et il voulait sortir avec moi une fois, mais je n'ai pas voulu, parce qu'il n'est pas net, tu sais... Il l'a mal pris et puis voilà depuis on fait nos rondes en silence.
- Mais pourquoi tu me dis ça ?
- Parce que je te trouve sympa c'est tout, je voulais te dire que tu as bien fait, ce n'est pas quelqu'un de bien. Allez, je te laisse, je dois encore aller manger moi.
- Bonsoir Janet.
- Bonsoir Lily.
Les deux filles réalisèrent que pour la première fois, elles s'appelaient par leurs prénoms et chacune d'elle en fut ravie. Lily partit à la recherche d'Ayni, qu'elle n'eut aucun mal à trouver.
- Je peux te parler deux secondes ?
Geoffrey qui faisait sa ronde avec elle, haussa les épaules et dépassa les deux jeunes filles.
- On se retrouve en haut de la tour. Déclara ce dernier.
- Tu vas me demander pour Rowley ?
- Oui. Comment tu sais ?
- Je vous ai vu, je n'ai pas voulu intervenir. Tu l'as trouvé où ?
- Dans les toilettes de Mimi.
Ayni soupira.
- Ce n'est pas la première fois, Lily. Il se jette des sorts, je l'ai trouvé dans une classe vide une fois et j'ai essayé de lui parler, mais il… On dirait qu'il n'a plus espoir.
- Tu crois qu'on devrait en parler ?
- Je l'ai déjà dit à Dumbledore.
- Et ?
- Il a dit qu'il le surveillerait, mais je crois qu'il ne le fera pas parce qu'il n'a pas que ça à faire.
- Tu penses qu'on devrait le surveiller alors ?
- Je ne sais pas. Je ne sais même pas comment le consoler, tu sais, je ne sais pas ce qu'il ressent.
- J'essaie de le consoler, le faire parler, compatir, partager ma peine, mais je n'ai pas trop l'impression que ça marche. Et s'il était encore sous torture là-bas ?
- Tu sais quoi, je vais le dire à Geoffrey, je lui demanderai de le surveiller discrètement.
- Si ça peut aider. En attendant, j'essaierai de le faire parler. Tu as bien fait de le couvrir tout à l'heure.
- Mais il faudra qu'il se ressaisisse vite, il a ses BUSE, cette année et tous les profs se plaignent de lui, je l'ai même rajouté à la liste des enfants en difficultés, si tu veux le prendre en cours aussi.
- Je veux bien, mais je n'ai plus de place, faudra rajouter un jour dans la semaine si je veux m'en sortir, sept jours c'est plus suffisant pour moi !
Ayni éclata de rire.
- Va te reposer guerrière. Et fais gaffe à toi. Ah oui ! S'il te plait, pense à une idée pour Halloween avec moi, je ne sais pas quoi proposer.
- Ok, j'y penserai.
Lily entra dans la grande salle soucieuse. Elle s'attabla dans la longue table des Gryffondors et hésita longtemps sur le choix à faire quant à la nourriture qu'elle voulait ingurgiter. Elle regarda l'heure. Il était presque 21h et leur cours d'astronomie commençait dans quelques minutes. Elle piqua des fruits, qu'elle engouffra dans son sac et se leva en soupirant.
- Tu manges rien ? Demanda James qui venait d'apparaître devant elle.
- On a cours.
Elle tenta de s'éloigner de la table, quand il tira sur la bandoulière de son sac.
- Mange, tu es moche quand tu maigris ! Je t'emmènerai par un passage secret et madame ne sera pas en retard.
Lily resta figée sur place, encore une fois déroutée par son comportement. Cela faisait huit semaines qu'ils étaient entrés à Poudlard, et ils ne s'étaient pas encore une seule fois criés dessus, et avec leur rendez-vous estudiantin de la veille, ils venaient d'avoir deux séances de travail à la bibliothèque sans que cela ne se solde par un massacre. Pour couronner le tout, Lily le trouvait plus agréable à supporter, mais continuer d'ignorer royalement les sentiments qu'elle refoulait avec force.
- Hum. Je suis moche quand je maigris, c'est vrai que tu sais trouver les mots justes.
- Oh ça va ! Quand je disais que tu étais mignonne, ça te plaisait pas non plus.
- Tu n'as jamais dit ça ! Enfin si, tu as « Expliqué » ton envie hebdomadaire de m'énerver, par le fait que j'étais mignonne énervée.
- Ouais. Rectification : c'est une envie quotidienne pas hebdomadaire.
James remarqua qu'elle l'avait écouté et qu'elle s'était rassise, elle remplissait ses joues de purée quand elle-même se rendit compte qu'elle était en train de manger. Elle le menaça de sa fourchette, en grognant la bouche pleine.
- J'ai vraiment faim ! Va pas croire que je t'écoute !
- Charmant ! Tu as de la purée au coin de la lèvre.
Lily s'essuya la bouche et remplit son assiette de cuisse de poulet.
- Passe-moi le riz.
- T'as pas mangé depuis quand ? Demanda James en ricanant. Tu vas finir tout ce qui a sur la table.
- Mêle-toi de tes oignons et passe-moi le sel maintenant, dit-elle en prenant agressivement le bol de riz.
Il ricana à nouveau et continua de la regarder se goinfrer en vitesse.
- L'eau ! Cracha-t-elle en s'étouffant presque.
Il remplit son verre d'eau et lui donna.
- Pourquoi tu ne manges pas ?
- J'ai fini.
- Alors qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je découvre ton côté ogresse.
- Espèce de…
- N'insulte pas quelqu'un qui va entrer en cours en retard que pour t'aider à finir ton dîner.
- Tu as dit que nous ne serons pas en retard ? Hurla-t-elle la bouche toujours pleine.
- Et tu me crois maintenant ?
Lily se leva en vitesse et jeta un regard nerveux au garçon à lunette, elle tira son sac vers elle et courut le long de la grande salle à toutes jambes, James réussit à la rattraper en un rien de temps et lui tira le coude.
- Viens, c'est par là !
- Non, tu vas sûrement me faire un sale coup !
- Pourquoi ? Tu ne m'as donné aucune retenue cette semaine. Je n'ai aucune raison de te faire quelque chose. D'ailleurs si je me rappelle bien, je ne te fais plus rien depuis un bon moment, je ne me suis même pas vengé de toi de m'avoir traité d'arrogant voyou et je ne sais quoi d'autres.
Lily cessa de se débattre contre la main posée sur son coude.
- Pourquoi ? Demanda-t-elle sans vraiment comprendre la raison qui la poussa à poser cette question.
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi tu ne fais rien alors ?
- Je ne trouve plus ça fun. Déclara James en omettant la vraie raison. Tourne à droite.
Lily le regarda la devancer et resta figée sur place.
- Tu viens ou tu vas passer la nuit ici ?
Elle le suivit en courant et ils continuèrent à cavaler côte à côte, jusqu'à ce qu'ils se retrouvent dans un couloir obscur, elle prit sa baguette et tenta d'allumer la lumière, mais James arriva à détecter son geste malgré la pénombre.
- Tu n'as pas besoin de lumière, juste suis-moi.
Il la testait. Tout ce qu'il faisait depuis leur premier travail ensemble à la bibliothèque, depuis qu'il lui avait implicitement demandé d'avoir confiance, était de tester sa capacité à le croire, à lui faire confiance et à faire confiance à son propre instinct. James avait passé l'année précédente à essayer de comprendre pourquoi elle le haissait plus qu'il ne le faudrait, malgré le fait qu'ils se soient secourus à plusieurs reprises, malgré le fait qu'elle ait demandé son aide une fois ou deux et malgré le fait qu'elle et lui avaient réussi ensemble ce que la moitié de l'école n'ont pas pu : réunir Octo et sauver les nés-moldus. James avait cependant besoin de savoir si maintenant elle lui faisait confiance et si elle avait un tantinet conscience de ce qu'ils pourraient avoir ensemble.
Lily respira longuement puis tenta le tout pour le tout. Le suivre. Ils entrèrent par une large porte, puis un autre couloir et enfin, ils atterrirent dans une autre aile et James demanda à Lily de se placer sur une dalle en marbre aussi grande qu'une table de classe. Il regarda dans tous les sens, puis tendit sa main à Lily, qu'elle regarda incrédule.
- Elle ne va pas te mordre.
- Pourquoi tu as besoin de ma main ? Demanda-t-elle à moitié hésitante à moitié nerveuse.
- On est en bas de la tour et on va monter sans emprunter les escaliers, et je n'ai pas envie que tu tombes, sinon ce sera encore un truc à cause de moi et tu te remettras à être hystérique avec moi.
- Ah ben au moins tu avoues que si je suis hystérique c'est à cause de toi !
- Bon, tu me donnes ta main où on reste ici ? C'est toi qui ne voulais pas arriver en retard.
Lily s'approcha de lui et plaça sa petite main fine et chaude dans la sienne. Ils sursautèrent en même temps. Sa main était glacée, elle enroula ses doigts autours des siens et serra son empoigne, Lily sentit sa respiration se saccader ne remarquant pas que la forte ossature près d'elle se sentait tout aussi fébrile qu'elle.
- Wingardium Leviosa. Débita James en désignant la dalle sous leurs pieds.
- Ah !
Lily poussa un petit cri, en se sentant soulevée du sol, puis réalisa que l'idiot près d'elle avait l'intention de les faire léviter jusqu'au dernier étage.
- Tu as déjà fait ça avant ? Hurla-t-elle en fermant les yeux.
- Chaque semaine.
- Tu peux faire léviter la dalle jusqu'en haut ?
- Je peux la faire léviter jusqu'à Mars. Répliqua James fièrement.
Elle rabaissa ses épaules, ouvrit ses yeux et le fixa méfiante, alors il resserra l'étreinte autours de sa main. Ils arrivèrent plus rapidement qu'ils ne le voulaient et il sauta sur la dernière marche avant de la faire sauter près de lui.
- Bienvenu à bord, Miss Evans.
Lily descendit de la dalle et fixa James à nouveau sans lâcher sa main. James se mit à toiser son visage laiteux à nouveau et sans qu'il n'y réfléchisse ses yeux se posèrent sur ses lèvres. Il fit un pas en avant, alors elle lâcha sa main à contre cœur et regarda en face d'elle, puis sa montre, seulement quelques pas pour entrer au sommet de la tour et encore une minute avant l'arrivée de 21h. Elle hocha la tête en regardant James, avouant à moitié que sa méthode était meilleure que courir pendant de longues minutes le ventre vide. Il se ressaisit et lui offrit son sourire en coin, avec cette fossette gauche qu'elle ne put s'empêcher de vouloir toucher, puis avança devant elle. Lorsqu'ils entrèrent côte à côte en marchant normalement, plusieurs têtes cessèrent de regarder le professeur Falecq et dévisagèrent le capitaine d'équipe et la préfète.
- Alors c'est là que tu étais petit coquin ? Tu l'as kidnappé ou quoi ? Demanda Sirius lorsque son ami s'installa près de lui.
- Nope. Elle est venue de son plein gré.
- Tu l'as drogué !
- D'où tu veux que je ramène la drogue ?
Sirius siffla en direction d'Alice et déclara.
- Vérifie que c'est elle avant de t'asseoir à côté.
- Black ! Vociféra le professeur d'astronomie au même moment où James donnait un coup de baguette sur la tête de son ami. Potter ! Du calme !
Maisy Warrington se tourna vers Evelyne Dean et ouvrit son ouvrage en claquant des dents.
- Crois pas son air gentil avec toi. Elle manipule tout le monde et a toujours ce qu'elle veut.
Evelyne ne dit pas un mot, évitant de s'attirer la foudre de Maisy avec qui elle traînait par manque de choix.
Stew Macmillan quant à lui, il continuait de jeter des regards noirs à Lily pendant que celle-ci s'installait près d'Alice. Elle finit par sentir le poids de son regard sur elle et tourna la tête à gauche, il hocha la tête de gauche et droite et marmonna quelque chose entre ses dents. Quant à Holly Hattaway, qui était jalouse de Lily pour pas mal d'autres raisons, elle déposa la main sur le bras de son camarade de classe et murmura.
- Ils ne se mettront pas ensemble. T'inquiète.
- Je m'en fou. Cingla Stew.
- Clairement. Marmona-t-elle.
Alice de son côté se contentait de sourire d'un air goguenard, en jetant des coups d'œil à Sirius et James par moment.
- Où est Peter ? Demanda James
- Il a dormi.
Le cours se déroula dans un calme et ennui mortel. Le silence devenait de plus en pesant jusqu'à ce que les élèves réalisent que leur vieux professeur s'était endormi. L'hilarité fut générale, puis Stew demanda à la classe de faire moins de bruit et le laisser se reposer. Ils rangèrent leurs affaires avec un peu plus de calme et plusieurs d'entre eux se mirent à courir avant la fin du cours en ricanant. Ceux assis près de la porte étaient déjà dans l'escalier se faisant bousculer par ceux encore à l'intérieur, quand, soudain Alice se dégagea du lot et se dirigea vers son professeur.
- Professeur. Professeur.
La jeune brune sentit son pouls s'accélérer, son appréhension était peut-être bonne. Elle s'agenouilla près de lui et tenta de tâter son pouls, puis mit un doigt devant son nez. Il ne respirait pas. Alice se tourna ahurie, vers le reste de la classe qui se mobilisa.
- Il… Je ne crois pas qu'il dorme… Finit-elle par lâcher.
Holly poussa un cri d'horreur en comprenant, pendant que Stew et Lily s'approchèrent à leur tour. Ils appelèrent son nom, touchèrent son cœur, tâtèrent à nouveau son pouls et le secouèrent mais rien ne se passa. James s'approcha à son tour, suivi par Sirius, Holly, Evelyne, Marcus et Garrett.
- Il est mort ? demanda Holly en panique.
- Il faut appeler un professeur, il faut aller voir le directeur. Répondit Stew en panique à son tour.
Lily se pencha à nouveau vers son professeur et tenta de le secouer, mais son corps lourd et ses mains tombantes certifièrent l'exactitude de leur inquiétude.
- Il est peut-être juste pétrifié, ou juste un sort. Proposa Evelyne.
Sirius et Lily savaient, ils avaient déjà vu des corps inertes près d'eux. Il était mort.
- Potter, va appeler le directeur… Mais vite !
James comprit qu'elle attendait de lui qu'il emprunte le chemin le plus rapide, alors il sortit en courant.
- Il y a un moyen de savoir. Déclara Sirius. Aidez-moi à l'allonger par terre, nous allons utiliser la méthode moldue de secourisme.
- Ouais ! Hurla Lily.
Stew, Marcus et Sirius hissèrent leur professeur qu'ils allongèrent à ras le sol, puis Sirius et Lily s'attelèrent à lui faire des massages cardiaques pendant de longues minutes sans jamais s'arrêter. Alice était perdue et s'était affalée sur le sol près d'Evelyne qui tremblait. Holly pleurait à chaudes larmes sans émettre un son, laissant seulement quelques reniflements irréguliers meubler le silence, Stew faisait les cent pas près de la porte, alors que Marcus se tenait le visage en se pinçant les lèvres avec un regard vide.
- Il n'est plus nécessaire, Sirius. Déclara une voix rassurante.
Le directeur de l'école se pencha sur son vieil ami et renifla bruyamment à son tour. Il toucha les yeux d'Artémis Falecq et s'agenouilla près de lui en posant la main sur la sienne. Il resta ainsi silencieux pendant une bonne minute avant d'allumer une bougie au bout de sa baguette.
- Paix à ton âme, cher ami.
Il se leva au moment où Mcgonagal, Botrange, Brûlopot et Slughorn entraient en courant. La nouvelle fit le tour du château et ce qui devait être un lundi ennuyeux d'un mois d'Octobre pluvieux, était devenu un prélude aux obsèques du lendemain. Les préfets furent mobilisés à nouveau afin de calmer les esprits et rassurer les plus jeunes. La nuit fut longue, et lorsque les premiers rayons de soleil du mardi firent leur apparition, Lily n'avait toujours pas fermé l'œil. Elle enroula son peignoir autours d'elle et décida d'aller faire un tour dans la salle commune. Evelyne Dean était assise près de la cheminée.
- Bonjour.
Elle sursauta, puis un faible sourire se dessina sur son visage pâle. Lily, attrapa un verre à la volée et le remplit d'eau, puis le tendit à sa camarade de chambre.
- Ça ira. C'était une mort naturelle.
- Je sais.
Lily s'assit dans un coin et tira une couverture sur elle, puis prit le premier magazine qu'elle trouva dans un coin. Après un long moment de silence.
- La seule erreur que j'ai faite est de tomber amoureuse du mec d'une autre. Qui parmi tout ce beau monde qui me jette une pierre peut prétendre contrôler ce sentiment, qui ?
Lily releva la tête et fixa le regard haineux qu'arborait Evelyne. Elle fronça les sourcils et ne dit pas un mot, bien consciente que personne ne choisit qui aimer.
- Je ne sais même pas s'il est mort ou vivant, tu imagines ! Tout le monde s'en fout, alors que lui aussi était une victime ! Hurla la jeune blonde cette fois-ci.
- Pourquoi… Pourquoi tu ne sais pas si… ? Vous ne communiquez plus ?
- Il n'a pas eu ses Aspics, il n'a pas eu le temps de les passer, il aurait dû revenir, redoubler, mais ses parents l'ont emmenés et lui ont interdit de revenir ici.
- Contre son gré ?
- Il ne parlait pas Lily, il avait… Greg a perdu l'usage de la parole… Il… Je ne sais même pas s'il m'a entendu la dernière fois que je lui ai parlé, il ne… Il ne bougeait pas et ces cils ne battaient pas… à aucun moment… Ils font de lui ce qu'ils veulent sous prétexte de le protéger. Ils le cachent sûrement dans un hôpital moldu ! Je veux juste savoir s'il va bien.
La jeune blonde explosa et un flot de larme s'en suivit, Lily se sentit obligée d'aller tapoter le dos de la jeune fille.
- Je suis désolée Lily, tout ce que j'ai fait, c'est d'aimer le copain d'une autre, mais je ne pouvais pas arrêter, j'ai essayé ! Je savais que c'était mal, je savais que… Je ne pouvais pas, tu comprends, je l'aime !
Lily tapotait l'épaule d'Evelyne continuellement en murmurant de temps à autre des « ça ira » « chut » ou « ça va aller ». Au bout de quelques minutes, les deux filles entendirent un son provenir de la cheminée et se figèrent.
- C'est rien. Ça doit être les dernières flammes qui se sont éteintes. Rassura Lily.
- J'ai eu l'impression de voir quelque chose bouger…
Elles fixèrent les flammes à nouveau, mais rien ne se passa.
Au même moment, Emily Macmillan sortait en se faufilant de la salle des guérisseurs. Elle ne remercierait jamais assez Selwyne de lui avoir appris ce sort pour changer l'apparence de son visage, elle entra à nouveau dans sa chambre à l'aile des fous, puis sortit un parchemin de derrière le trou à rat qu'elle avait creusé dans le mur.
« La pétasse sait peut-être comment trouver le sang-de-bourbe, suis-là.»
Emily regarda son reflet dans le miroir et sourit, elle allait sûrement attendre la venue de son bras droit pendant un long moment, mais elle trouverait un moyen de faire parvenir cette lettre avant. Elle ne manquait jamais de ressource ou de moyen de tomber sur une baguette.
Emily Macmillan est de retour ! J'espère que ce chapitre vous a plu.
Rendez-vous bientôt
