15. Changements et mutations
La semaine d'Halloween, le château était toujours en deuil ; les décorations étaient noires, les banderoles représentant les écussons des quatre maisons étaient sombres, les lumières tamisées, les cours de musique et de chant annulés et le poste de professeur d'Astronomie toujours vaquant. Mcgonagal trouvait logique d'annuler le bal d'Halloween, en des circonstances morbides et en discutait avec Dumbledore dans son bureau.
- Oui, je t'entends Minerva, mais fêtons-le alors, nous fêtons bien nos morts, fêtons sa joie passée en faisant oublier à ces enfants ce qui les attend.
- Ça ne me parait pas propice, mais je présume que votre décision est prise.
- Je voudrai qu'ils soient encore un peu insouciants avant que la nouvelle ne soit publiée.
- Quelle nouvelle ?
Flash-back
Albus sortit du quartier général de l'ordre du phénix, dans une nuit noire et pluvieuse, il n'avait pas été ainsi furieux depuis belle lurette. Il utilisa son déluminateur et plongea le quartier dans la pénombre, puis transplana chez Althea Potter. Il utilisa sa baguette pour transpercer les protections autours de sa maison, puis toqua à la porte. Peu lui importait l'heure, il voulait des réponses. Homer Bones, le père de famille, ouvrit la porte et fut dérouté de voir Albus en personne devant sa maison, il l'invita à entrer et monta appeler sa femme. Cette dernière dévala les escaliers en courant convaincue qu'il apportait la nouvelle d'une mort, et quelques secondes après, sa fille cadette courait derrière elle. Amélia Bones, était la seule enfant des Bones à vivre encore chez ses parents.
- Albus, que se passe-t-il ?
- A vous de me le dire chère Althea. Comment en une seule journée, Edouard et Stefan Macmillan ont été innocenté et leur père s'est vu proposer un nouveau poste au ministère.
- Pardon ? Cria Althea. Ils ont déclaré le verdict ? Pourquoi je ne suis pas au courant ?
Althea s'assit nonchalamment sur une chaise pendant que son mari leur servait du thé, Amélia, à peine âgée de vingt cinq ans et stagiaire dans le département de la justice avait souvent entendu plus qu'elle ne devrait et bien qu'on lui ait proposé le poste qu'elle occupait de manière permanente et officielle en contre partie d'un futur service, elle refusa.
Amélia était connu pour sa droiture, elle était brillante et suscitait souvent l'intérêt au travail, mais elle refusait toute forme de soudoierie peu importe le poste que l'on proposait, c'est ainsi que deux ans au sein du ministère, elle n'était encore qu'une stagiaire.
- Il y'a un jeune homme que j'ai connu à Poudlard. Commença Amélia. Il est mon aîné de quatre ou cinq ans, qui vient d'être admis au service des usages abusifs de la magie, et je ne suis même pas sûre qu'il ait fini ses études, d'ailleurs lorsqu'il m'a aperçu, il m'a proposé un vrai poste si je décidais de faire partie de son équipe, pourquoi il ferait ça, s'il n'avait pas d'arrière pensée ? Il ne sait même pas comment je travaille.
- Comment se prénomme-t-il ? Demanda Albus.
- Ozias Travers. Je ne voulais en parler avant d'être sûre, mais s'il a été recruté et qu'il forme une équipe au deuxième étage, il devrait choisir les meilleurs…
- Et pourtant, il choisit de donner une chance à Eugene Macmillan.
- Il y a aussi, une autre personne au service des oubliators, Mayhem Carrow, une femme d'un certain âge dont je n'ai jamais entendu parler. Et enfin, une autre recrue impromptue, au sein du département des mystères et cette dernière prétend ne pas travailler au ministère, mais j'ai vu le badge avant qu'elle le cache ; Narcissa Black.
Albus remua légèrement ses doigts, puis en craqua les jointures. Il resta silencieux un moment, pendant que les trois membres de la famille Bones le dévisageaient.
- Althea, je vais devoir convoquer le magenmagot à la première heure.
- Concernant quoi ? Ces recrutements cachés ou le verdict d'un procès à huit clos ou quoi ?
- Sûrement tout cela.
Aussitôt dit, aussitôt fait. Albus réussit à ouvrir l'œil aux membres anciens et éveillés, à ceux qui prônaient la justice et ceux qui voyaient une défaillance dans le niveau système, alors à la fin de cette journée, il avait eu gain de cause dans un combat, mais en avait perdu un autre. La ministre de la magie était sous pression, elle devait prendre des décisions drastiques à défaut de céder sa place. En étant dans l'incapacité de gérer son ministère que Dumbledore assura être infiltré dans tous les départements, elle risquait d'être destituée de son poste et tous les employés du ministère subiront une commission dérogatoire et un examen avant de se voir rendre leurs badges, quant au procès des Macmillan, il était clos et sans nouveaux témoins ou d'autres évènements non présentés à la cour, il n'était plus possible de faire appel.
Edouard Macmillan et Stefan Macmillan étaient libres, libres de sévir autant qu'ils voulaient, libres de servir les lubies meurtrières de leur père, libre de rejoindre Voldemort et libre de rendre visite à leur sœur que Dumbledore ne croyait plus.
Fin du flash-back
- Est-ce que James Potter et ses amis sont au courant ? Demanda Minerva en tournant en rond dans le bureau du directeur.
- Il n'y a eu aucun article et donc je ne pense pas.
- Sirius ?
- Je n'ai pas vu le garçon depuis deux semaines.
- Nous devons renforcer nos rangs, professeur. Ils gagnent du terrain.
- Ça viendra Minerva, si nous suivons le plan que nous avons établi à la fin de l'année, nous aurons des éléments probants auprès de nous, des atouts inestimables.
La directrice de Gryffondor regarda par la fenêtre et ne put s'empêcher d'apprécier les aubes à Poudlard, des levers de soleil si rassérénés… Elle descendit prendre son petit-déjeuner dans la grande salle afin de se convaincre que ces enfants avaient besoin de fête. En descendant les escaliers, elle remarqua un groupe de jeune garçon penché sur le sol.
- Vous !
Ils gambadèrent à toute allure et avant que Minerva ne réagisse, elle remarqua du sang.
- Arrêtez-vous ! Hurla-t-elle à l'adresse des deux garçons. Vous bougez d'un centimètre je vous envoie un sort qui vous casse les os !
Les deux jeunes se mobilisèrent et se retournèrent lentement vers Minerva, qui descendait en courant. La baguette hissée vers eux, elle se pencha sur le corps allongé au sol.
- Mademoiselle Macdonald. Vous m'entendez !
Mary bougea légèrement et Minerva remarqua que le sang coulait de sa main. Une égratignure, seulement une égratignure. Minerva soupira et fit volte-face.
- Montez au bureau du directeur, bandes de brutes !
Minerva porta Mary dans ses bras, mais cette dernière demanda à descendre.
- Ils m'ont juste menacé et je suis tombée.
- Comment vous vous êtes fait ça ?
- Avec ça. Déclara Mary en montrant la paume de sa main.
Minerva fronça les sourcils.
- C'est une herbe à épine dont le cœur serre à bloquer l'air.
- Je sais ce que c'est demoiselle, pourquoi vous vous promenez avec ça ? Et que voulez-vous en faire ?
- C'est pour un ami.
La directrice de Gryffondor toisa la jeune fille et haussa un sourcil.
- Vous semblez vous porter mieux, faites-moi le plaisir de rentrer dans votre salle commune et si vous croisez un Serpentard, évitez de faire ami-ami avec eux.
Minerva rebroussa chemin et se dirigea vers le bureau de Slughorn.
- Rogue, vous devez le gérer ! Si je le vois encore une fois donner des corvées aux élèves des autres maisons afin de concocter je ne sais quelle potion de son invention, je le ferai renvoyer Horace.
- Il essaie seulement de nouvelles choses.
- Relatives à la magie noire, Horace ! Je ne voulais pas le punir à votre place, mais j'attends à le voir au moins une fois par semaine nettoyer toutes les serres, sinon je l'y enverrai moi-même. Si je l'avais pris la main dans le sac, il serait chez lui, à présent.
Elle sortit du bureau de son collègue sans un regard vers lui et marcha d'un pas de buffle en direction de la grande salle. Elle s'installa dans la grande table des professeurs auprès du professeur Chourave qui ne paraissait pas très réveillée. Elle fixa la grande salle se remplir graduellement et finit par obtempérer intérieurement avec la proposition de Dumbledore, ils avaient encore le droit à un peu d'insouciance avant de mourir de chagrin ou dans d'horribles souffrances. Elle chassa ses pensées négatives de son cerveau et décida de faire de cette journée, un jour d'été ensoleillée dans sa campagne, elle puiserait tout au fond d'elle-même pour chasser l'inquiétude constante et la paranoïa redondante. Seulement, le destin ne l'entendait pas de cette oreille.
- Minerva, tiens. Dit Pomona qui venait de recevoir la gazette.
« Destitution de la ministre de la magie Eugénia Perkins pour manquement à ses devoirs manifestement incompatible avec l'exercice de son mandat »
« Nouveau ministre de la magie : Harold Minchum. Portrait d'un homme que rien n'arrête. »
« Disparitions au sein du ministère moldu : Trois femmes ministres dont le corps n'a jamais été retrouvé auraient eu la marque des ténèbres en auréole sur leurs maisons »
« Procès Macmillan : Edouard et Stefan innocenté par la cour »
« Limogeages et mis en examen au sein du ministère : une réforme prend place »
- Par la jupe de Morgan ! S'écria Minerva en lisant les titres.
Elle leva les yeux et aperçut Marlène Mckinnon quitter la table du petit-déjeuner avec colère, Lily à ses trousses. Evelyne Dean se leva aussi et disparut derrière la grande porte.
- Attends !
Evelyne réussit à joindre Marlène et lui tira le bras.
- Qu'est-ce que tu veux !? Hurla Marlène.
- Te parler !
Lily fit un pas en arrière. En général, personne ne parlait à une Marlène en colère.
- Ben, vas-y.
- C'est un McKinnon.
- Quoi ?
- Qui a influencé le jury.
- De quoi tu parles ?
- Ma mère y était, ma mère était dans le jury. Elle a tout fait pour y être, tout en passant inaperçu, c'était à huit clos, et elle m'a dit que c'est une McKinnon qui a fait pencher la balance ! Ils sont libres ! Ils sont libres de venir finir leur travail. Tu réalises ?
- Et en quoi c'est mon problème, tu sais combien, il y'a de McKinnon au juste ? Tu le sais ou non ? Tu crois que ça me plait à moi aussi ? Je te signale qu'ils m'ont cassé une cote et jeté contre trois différents murs.
- Ils m'ont jeté des Impardonnable… Hurla Evelyne en tremblant. Et ils sont libres !
Quelques têtes étaient apparues de derrière la grande salle, avides de comprendre la provenance et la raison des cris. Les deux blondes se toisaient à présent, Marlène était sur le point de crier à nouveau quand Lily intervint.
- C'est ce qu'il veut. Murmura Lily en les poussant vers le mur.
- De quoi tu parles ? Cingla Marlène.
- Nous séparer pour mieux régner. C'est un truc vieux comme le monde. Vous êtes toutes les deux victimes des frères et au lieu de vous aider, chacune rejette la faute sur l'autre, si vous vous laissez faire, il gagnera plus facilement.
- Je m'en fou qu'il gagne, je voulais juste qu'on me rende justice.
- Elle a raison, Lily. Comment tu veux qu'il y'ait justice si tu t'en fous qu'il gagne ? Tant qu'il sévit, il n'y aura pas de justice. On devrait se serrer les coudes.
Evelyne regarda les deux filles, puis se passa la main sur le visage, elle fit un tour sur elle-même, puis hocha la tête de droite à gauche.
- Je sais que c'est con de ma part de m'en prendre à toi, je te connais très bien Marlène, on a habité sous le même toit pendant six ans… Mais je ne sais même plus à qui en vouloir, quoi faire ! Je me fais insulter à longueur de journée et moi je n'ai personne sur qui passer ma haine.
- Envoie des lettres anonymes au ministre, je m'en fou, mais les passe pas sur moi.
Evelyne rit nerveusement, pivota puis s'en alla sans demander son reste.
- C'est Muriel.
Lily prit le bras de Marlène et l'emmena avec elle au terrain de Quidditch.
- J'ai cours Lily.
- Soins je sais, mais tu arriveras en retard de cinq minutes ce n'est pas grave.
- Qu'as-tu fait de mon amie, la religieuse des règles ?
- Il y'a des cas de force majeur.
Lily et Marlène entrèrent au terrain et prirent un balai chacune, elles firent trois tour complet au ciel en se coursant et redescendirent au moment où l'équipe de Gryffondor entrait au terrain. Elles atterrirent devant le regard curieux de James.
- Toi tu as dit avoir cours de soins, et toi, Etude d'invention magique avec Fabian, non ?
- Si. Déclara Lily étonnée qu'il connaisse son emploi du temps.
- Tu ne vas pas rentrer ? Demanda James choqué.
- Si ! Hurla-t-elle en lui tournant le dos et en sortant du terrain comme si de rien n'était.
- Arrête de mater son cul. Lui ordonna Marlène.
- Je ne matais pas… Oh et puis on s'en fou. Tu t'es levé du pied gauche ?
- Lis la gazette et tu comprendras.
Lily attendait Marlène debout à la porte des vestiaires et James ne put s'empêcher de la trouver horriblement sexy ainsi. Cheveux au vent, pull lui collant à la peau à cause du même vent, balai nonchalamment posé sur l'épaule et une main appuyée sur sa hanche, pendant qu'elle souriait au soleil. Il hocha la tête de droite à gauche et monta sur son balai, sans s'apercevoir que Lily l'observait.
- Arrête de le mater.
- Je ne matais pas… Je…
- Quoi ? Tu comptais les nuages, à d'autres Rouge, arrête.
- Huit nuages et demi et le plus petit il a taille d'un ballon de rugby.
- Ballon de quoi ?
- Un sport moldu.
- J'apprécie ton changement de sujet subtil.
- Tu te sens mieux ?
- Un peu. Allez, on y va.
Lily finit son cours avec Fabian et encore une fois, elle sortit avec ce sentiment de plénitude et de fierté que seul le cours de ce garçon réussissait à lui procurer, comme si à chaque incantation, à chaque nouvel essai, à chaque nouveau challenge, il allumait en elle la soif de la magie, le pouvoir de la curiosité à bon escient. Elle entra au cours d'histoire par la suite et remarqua que la moitié des élèves étaient absents, comme à l'accoutumée.
Janet lui sourit de loin, sous le regard médusé de Severus et se tourna vers son amie Amanda Goldstein, Lily s'installa près de la fenêtre dans un banc vide et posa son sac près d'elle. D'ici, elle voyait le terrain, elle voyait ce garçon qu'elle détestait il y à peine quelques mois, qui virevoltait dans les airs comme si le ciel lui appartenait. Elle pensa à l'article de la gazette et se rappela de l'état dans lequel il avait fini. Il s'était battu à lui seul contre deux brutes, il avait été torturé par l'un d'eux, s'était jeté aveuglément sur l'autre afin de sauver Marlène et avait même inventé un sort qui d'après Pomfresh était plus douloureux qu'un coup de poignard dans l'œil pour ne pas laisser son meilleur ami se battre seul, il ne voyait rien venir, mais il refusait de céder. Marlène avait parlé pendant des semaines de la bravoure de James, le garçon qui s'était mutilé délibérément pour protéger ses deux amis. Soudain, Lily se mit à penser à l'affection particulière que Marlène ressentait pour lui et ce depuis des années. Elle était certes aussi exaspérée que Lily par ses agissements, mais elle ne tarissait pas d'éloge sur lui, sur son côté humain qu'il dissimulait à merveille, son côté loyal qu'il laissait filtrer petit à petit, sa bravoure, son ingéniosité et surtout son esprit vif. Lily se demanda pourquoi Marlène n'était pas tombé amoureuse de James au lieu de Sirius, après tout, elle avait toujours été proche du premier plus que le deuxième, mais cette dernière savait pertinemment que le cœur avait des raisons que la raison n'assimilait pas.
James entra au vestiaire avec ses seuls coéquipiers disponibles ce matin-là, il prit une longue douche et sortit s'habiller. Il avait passé des minutes interminables à ruminer sous sa douche et rêvasser d'une crinière rousse qui le surprendrait sous cette même douche. Il sortit et ne trouva personne d'autres que Casey qui finissait de mettre ses chaussures.
- Beau boulot Casey.
- Je te dois cinquante pour cent de ce que je fais.
- Seulement en technique, le reste c'est inné.
Elle le regarda longuement et soupira en voyant ce sourire en coin et cette fossette gauche. Il leva sa main en l'air, tapa dans la sienne et tenta de sortir du vestiaire lorsqu'elle lui tira le bras.
- Pourquoi tu ne sors avec personne ?
- Qui te dit que je sors avec personne ?
- Le fait que ça fait deux mois que personne ne t'a surpris entrain d'embrasser une fille.
James sourit et se pencha sur elle.
- Tu veux quelque chose Casey ?
- Simple curiosité.
- Tu veux me caser avec encore une de tes amies ?
- Pas vraiment non.
- Alors quoi ?
Elle s'approcha de lui, posa une main sur son torse et se mit sur la pointe des pieds, puis déposa un léger baiser sur ses lèvres. Pris au dépourvu, James ne répondit pas à son baiser, puis en sentant la langue de la jeune fille qui se frayait un chemin, il l'attira à lui et approfondit le baiser lui-même. Sans dépasser les dix secondes, il se sépara d'elle.
- Je sais pourquoi, je ne sors pas avec toi, par contre.
- Je sais aussi. Quidditch et tu ne mélanges pas !
- Exactement.
- C'est tout ?
- Bien sûr, voyons Casey, sinon ce serait quoi ?
- Euh… Je ne sais pas Lily ?
- Non. C'est de l'histoire ancienne.
- Sûr ?
- Ouais. Mentit le jeune homme effrontément.
Elle le toisa et son regard s'attarda sur la crinière du jeune homme. Elle sourit et sentit la chaleur monter en elle. Il avait une taille qui donnait envie de se jeter dessus, déchirer les textures inutiles de vêtements qui l'abritaient et se coller à chaque parcelle nue de son corps.
- Casey.
- Hum…
James sourit, habitué à être regardé ainsi. Cette fille le fixait de manière indécente et il se demanda encore une fois pourquoi, il n'en avait pas encore profité. Soudain, il sut. Lily. Alors contre toute attente, il embrassa la jeune fille à nouveau, cette fois-ci sans la moindre hésitation. Il la poussa vers la porte, entoura sa taille de ses grands bras et passa sa langue sur ses lèvres avant de les mordiller légèrement, Casey gloussa, alors il embrassa son cou en tirant légèrement sur sa queue de cheval. James continua de jouer avec ses mains et sa langue en allumant encore plus la jeune fille. Elle déglutissait, se contorsionnait et il sentait grandir en lui ce pouvoir revigorant de savoir qu'il savait les rendre folle.
- Attends. Finit-elle par lâcher à contre cœur. Tu…ça va trop…
James se dégagea d'elle et profita de cet instant de répit pour reprendre ses esprits. Il ne voulait pas être avec Casey, il voulait que Lily le veuille ainsi, il voulait que Lily brûle sous ses doigts, qu'elle gémisse sous ses caresses, qu'elle le regarde comme Casey l'avait fait, qu'elle le voit tout court. Il se passa la main dans les cheveux et concocta un discours tout fait à l'adresse de la jeune fille.
- Je suis désolé. Il ne fallait pas, je ne sais pas ce qui m'a pris. Excuse-moi Casey…
- Non… Non… Ce n'est pas toi… Essaya de se justifier la jeune fille.
- Si, si… Tu m'as dit ces choses et j'ai failli en profiter, alors que je t'apprécie énormément Casey, tu n'es pas ce genre de fille pour moi, tu es quelqu'un que j'apprécie et tu es surtout la meilleure attrapeuse avec qui j'ai joué. Excuse-moi de cet écart.
Casey ne sut pas quoi répondre. Elle voulait cet écart, elle ne le savait même pas avant que cette brute ne devienne le mec le plus courageux de l'école, elle ne savait même pas qu'il pouvait lui plaire encore, qu'elle voulait se battre pour l'avoir, elle pensait sincèrement qu'il était un coup de foudre d'enfant et soudain il était devenu un Dieu vivant frôlant le sol qu'elle frôlait, côtoyant les mêmes personnes, jouant le même sport qu'elle. Pourtant, elle ne défendit pas son envie, elle ne défendit pas ses pulsions, parce que James Potter, le collectionneur de fille, le garçon qui oubliait comme il respirait, qui ne s'intéressait pas à grand-chose avant, venait de déclarer à la jeune fille qu'elle était différente, elle, il la respectait.
- C'est bon tu es excusé, pas la peine de t'en vouloir, c'est de ma faute aussi. Un moment d'égarement. On en parle plus.
- Tu es sûre ? Nous deux ça va ?
- Oui, parfaitement.
Elle pivota et sortit de la bouche de l'enfer et s'éloigna le plus loin possible de cette tentation et à ce moment précis elle traita Lily Evans de tous les noms, commençant par la traiter de Sainte de ne pas céder à lui durant tous ces derniers mois, puis d'aveugle de ne pas voir qui il était, puis d'idiote de ne pas saisir sa chance et puis de veinarde. Elle était chanceuse !
Au cours suivant, Alice était toujours portée disparue, Maisy et Evelyne travaillaient ensemble, Peter et Marcus de leur côté ricanaient en cachette, Rémus lui était en groupe avec Janet et Lily se retrouva seule. Malheureusement pour elle, une autre personne n'avait pas de partenaire ; Severus Rogue.
- Evans, si tu n'as pas de partenaire, mets-toi près de Rogue. Déclara Madame Chourave
- Si, si, elle en a un ! Objecta Sirius en entrant.
- Tu es en retard !
- Désolée professeur, je bordais mon hippogriffe.
- Suffit, Black.
- Je n'ai pas de manuel.
- Pourquoi ça ne m'étonne pas ? demanda Lily. Tiens mets le mien au milieu.
- Non, ça ira, je vais faire autre chose en attendant.
- Non. Tu vas travailler où je mets tes doigts au fond de ce jar.
- Il y'a quoi dedans ?
- On va le découvrir ensemble.
Lily força Sirius à travailler, mais ce dernier prit un malin plaisir à lui entraver les travaux, à créer des problèmes, à faire le contraire de ce qui était demandé et à lancer des phrases de dragues vulgaires à l'adresse de certaines plantes.
- J'ai une envie folle de planter ma baguette dans tes yeux, tu sais ?
- Ohé Evans ! Calme tes ardeurs, si tu as des envies folles envers moi, il faut que je demande la permission d'abord.
- Espèce de crétin pervers décérébré, tu manges quoi au petit-déjeuner pour être comme ça, tout le temps ? Et puis de quelle permission tu parles ?
- Faut que je demande à mon petit-ami, tu as oublié ?
- Hum.
- Sois pas jalouse, je peux te le prêter des fois.
- Non merci.
- Pourquoi ?
- Pourquoi quoi ?
- Pourquoi diable tu ne voudrais pas de lui ?
- Parce que c'est toi que je veux. Déclara Lily avec un regard de tueur. Je veux te découper en petit morceau et te donner à manger à mes bébés sombrals !
- Doux merlin ! Tu m'as coupé l'appétit !
- Tu as lu la gazette ?
- Oui.
- Et ?
- Et je m'y attendais. Je ne suis pas parti en personne témoigner et je savais que le plan était foireux, mais on ne voulait pas m'entendre donc, voilà le résultat, les mecs ont presque tué cinq personnes, mais ils s'en sortent.
- Et la ministre...
- Le ministère est infiltré, il fallait un nouvel œil dedans.
- Depuis quand tu lis la presse et tu comprends la politique toi ?
- Depuis que j'ai décidé de devenir ministre de la magie.
Lily éclata de rire et il la suivit.
- Evans, Black, on vous dérange ?
- Désolé.
- L'année dernière tu voulais devenir auror.
- C'est toujours le cas.
- Oui, mais cette année, tu me dis ministre.
- Oui, je te donne mon plan de carrière c'est quoi le problème ? Ça c'est l'évolution et j'enverrai les sang-purs racistes vivre en Indonésie. Tu sais où ça se trouve ?
- Oui.
- Moi non, mais je trouve le nom original.
Lily étouffa un autre rire.
- Et après ministre tu deviens quoi ?
- Ben c'est évident non ?
- Roi ?
- Mais non.
- Ministre des moldus ?
- Allez, Rouge, creuse encore.
- Je n'en sais rien.
- Eh ben c'est simple, Mister Univers.
Cette fois-ci Lily ne put retenir son fou rire et pour la première fois de sa vie, fut virée d'un cours en compagnie de Sirius, évidemment.
- Je n'en reviens pas tu m'as fait viré d'un cours ! Cingla Lily en cachant un sourire.
- Il y'a un début à tout !
- Non, non et non ! Ah non, Black tu ne vas pas t'en tirer comme ça ! Je te ferai payer ça !
- Aie au moins l'air crédible, tu es encore au bord du fou rire.
Lily se rappela à nouveau de la réponse de Sirius et continua de rire en se tenant le ventre. Ils marchaient près du Hall d'entrée et Sirius continuait de sortir un nombre incalculable de promotion de carrière d'auror, plongeant Lily dans une hilarité profonde. Elle s'essuyait les yeux en lui tapant l'épaule quand James apparut devant eux.
- Qu'est-ce qui se passe ?
Lily se mit debout droitement et tenta de réprimer son rire devant l'expression dubitative de James.
- Il est qu'elle heure ? Demanda James qui ne comprenaient pas ce que ces deux-là faisaient dans le Hall au lieu d'être en cous.
- L'heure de faire virer Evans du cours de botanique. Déclara Sirius.
Lily lui fit une grimace et se remit à marcher, en laissant délibérément James sans réponse. Les deux garçons marchèrent près d'elle en direction de la salle commune.
- Tu viens de finir ta douche ? Demanda Sirius suspicieux. Vous étiez deux là-dedans ou quoi ?
- Hein ! Non.
- Je suis parti à dix heures moi, il n'y avait plus personnes.
- Si, il y'avait encore Casey.
- Ah ! se moqua Sirius en allongeant le A et en donnant un coup de coude à son ami. Une petite séance de savonnage ?
- Patmol !
- Elle te regarde comme si tu étais un paquet de chocogrenouille de toute façon, ça ne m'étonne pas.
Lily se mit à contorsionner ses lèvres et James finit par le remarquer. Il ne voulait pas se laisser emporter par la clarté de ce geste, il ne voulait pas croire une seule seconde que l'idée de le savoir avec une autre fille la dérangeait, mais il ne put chasser cet espoir naissant en lui.
- Peut-être mais c'est mon attrapeuse, on mélange pas business et…
- Sexe ?
- Entre autres.
Lily pressa le pas, alors Sirius décida de pousser le bouchon un peu plus loin.
- Si Lily avait su, elle aurait rejoint l'équipe pour que tu lui lâches la grappe. Hein Lily ?
- Tu devrais la fermer un peu Sirius, tu m'as déjà fait viré d'un cours, ne me fait pas prendre de retenue aussi.
- Pourquoi tu prendrais une retenue ?
- Parce que je t'aurai lancé un maléfice de Pot de colle, si tu n'arrêtais pas.
- Ah! Ben dis le, si tu veux entre à la salle commune en compagnie du capitaine tout seul ! Mais vas-y dites le si je dérange ! Lança-t-il en faisant semblant de bouder.
Lily se tourna vers lui ; elle le vit prendre ses jambes à son cou et détaler comme si la mort lui courait après. Elle haussa les épaules et continua de marcher, prétextant ne pas se soucier de la présence dudit capitaine. Soudain, elle n'entendit plus de pas, elle se demanda s'il était parti rejoindre son ami, alors elle s'arrêta et se tourna. Il n'était plus là. Elle inspira et expira longuement puis longea le couloir en marchant lentement. Elle secoua la tête, se désolant de son état.
- Idiote.
James qui avait vêtu sa cape, continuer de marcher derrière elle sans faire de bruit, technique qu'il avait acquis en maraudage dans les couloirs du château le soir pendant six ans. Il ne savait pas pour quelle raison, il voulait se cacher, mais il le fit et la suivit. Elle rebroussa chemin et vit une classe vide où elle entra, James se faufila derrière elle en réalisant que c'était peut-être une mauvaise idée, mais sa curiosité était piquée à vif. Elle ferma la porte, la rendit impassible, fit un sort l'empêchant de s'ouvrir de dehors et poussa quelques tables vers la porte. Elle sortit un magnétophone de son sac et sortit son cours d'invention magique, puis s'assit à ras le sol. Elle s'adossa au mur et regarda son parchemin longtemps avant de prononcer un mot. James remarqua que son expression avait changé du tout au tout et il sur par avance qu'il allait assister à une version d'elle qu'elle ne montrait à personne. Il se sentit de trop et regretta d'envahir ainsi son espace personnel, mais il ne pouvait plus bouger à présent de peur de s'attirer ses foudres.
Contre toute attente, le premier mot qu'elle prononça était un sort.
- Mobilisimulacria, mobilisimulacria, mobilisimulacri…
Lily fermait les yeux et agitait sa baguette en direction du parchemin, James, trop curieux s'approcha d'elle et remarqua qu'elle ne fixait pas seulement un parchemin, mais qu'une photo y était dissimulée. Il regarda de près et devina que ces personnes devaient êtres ses parents, elle était un mélange des deux, tout en ayant le sourire et le regard de son père. Lily se mit à renifler et James se pencha près d'elle pour voir si elle pleurait, seulement il remarqua qu'elle avait les sourcils froncés, une expression perplexe et elle se mit à renifler l'air à nouveau. Soudain, il comprit.
- Non, mais tu te fous de ma gueule ! Lança-t-elle à elle-même en faisant sursauter James. Maintenant faut que je sente son odeur ici aussi, mais tu te fous de ma gueule !
James écarquilla les yeux et se tint la bouche.
« Quelle odeur ? Son odeur ? » Son cœur se mit à battre si fort, qu'il voulut partir en courant, ayant peur qu'elle l'entende, il souriait à s'en damner et ne savait même pas comment s'arrêter.
- Concentre-toi. Fais bouger la photo.
Lily ferma les yeux à nouveau et tendit ses mains devant elle. Elle fit bouger ses doigts fins à un rythme doux et James remarqua qu'elle était gracieuse. Ses paupières qui tremblaient de prime abord devinrent immobiles et elle réussit à rendre sa respiration plus régulière. Sa main gauche dansait plus haut que sa main droite, soudain sa baguette roula vers elle et elle sourit tout en gardant les yeux fermés. Elle avait l'air d'une sage, ainsi placée et endormie. Elle avait l'air d'un ange. Pensa James. Soudain, elle souffla, ouvrit ses yeux, se passa les mains sur le visage et se leva d'un bon. Elle secoua ses pieds, ses jambes, ses mains et sa tête, puis se rassit.
- Essaie numéro 27. Enregistra-t-elle en s'adressant au magnéto. Allez, je peux le faire… Je puise l'énergie du souvenir, je puise l'énergie de l'émotion émanant du souvenir. Mobilisimulacria …
Lily fit plusieurs tentatives se soldant par des échecs, devant les yeux abasourdis de James. Elle avait une magie en elle qu'il n'avait vu en personne, elle pouvait tout rendre magique autours d'elle et il commençait réellement à croire qu'un jour, elle serait de ces sorciers qui pouvaient se débarrasser de leur baguette et demeurer plus puissant que la moitié du monde.
Au bout d'une demi-heure, elle poussa un cri de rage, un cri d'impatience et ramena ses jambes à son torse, puis posa sa tête sur ses genoux.
- Sors !
James se figea. Comment pouvait-elle savoir ? Il cessa de respirer.
- Sors de ma tête par pitié !
Il respira à nouveau.
- Je dois me concentrer. Elle reprit la photo dans ces mains, allez papa, juste un petit sourire. Ça me manque tellement…
James sentit son cœur se serrer. Comment faisait-elle ? Comment faisait-elle pour rendre son chagrin une force ? Il ne savait pas si en vivant une chose similaire un jour, il s'en sortirait comme elle.
Au bout d'une autre deuxième demi-heure d'essai en vain, elle s'avoua vaincue et décida de retenter l'expérience un autre jour. Elle rangea son parchemin, sa baguette dans sa poche et regarda le terrain de Quidditch à travers la fenêtre, elle était sur le point de ranger son magnétophone quand elle décida d'ouvrir une petite brèche de son irrésolution.
« Mercredi 27 Octobre 1976,
A l'attention de quiconque écoutant cet enregistrement sans permission, tes oreilles se décolleront de ton crane pour se planter dans l'estomac d'un Magyar à pointe, j'y veillerai personnellement, éteins ceci, l'enregistrement est ensorcelé, parole de sorcière ! Trêve de plaisanterie, je n'ai aucune envie de me vider comme avant, de parler de toutes ces choses dont personne ne tient le fil ou que personne ne comprend. Mais j'ai peur d'oublier, oublier que je savais, que j'ai su ce que je ressentais pour lui, que je sors d'un déni long de je ne sais ni combien de mois ou d'années et que ça fait mal. A l'heure actuelle la seule chose dont je suis sûre est que je suis perdue entre advienne que pourra, on ne vit qu'une fois et on est en guerre, la vie d'une fois peut être seulement des mois et je ne vais les perdre à souffrir ou à me cacher derrière des appréhensions et de l'anxiété… »
La jeune rousse tournait en rond à présent, elle soupira, sourit puis hocha la tête en se désolant sur elle-même.
« … C'est ironique comme la seule chose qu'on souhaite ne jamais vivre soit celle que l'on vit la seconde après… »
Lily passa près de James et sentit son parfum à nouveau. Elle renifla à nouveau et fit semblant de pleurnicher en faisant la moue.
« …Je ne suis pas prête à faire sortir toutes ces choses que je ne comprends pas… je vais juste me contenter de maudire Potter et son parfum aujourd'hui. Pour que James POTTER devienne sale ! Salut ! »
Elle éclata de rire seule pendant qu'il se tenait la bouche pour n'émettre aucun son.
- Merde, il doit avoir raison, je suis un peu barge.
Elle rangea ses affaires, tourna sa baguette en direction de la porte et sortit en claquant la porte. James ne bougea pas et enleva la cape qui le cachait. Il resta assis pantois à essayer de comprendre tous ces flots de paroles intelligentes, toute cette analyse qu'elle essaya de faire et se demanda si la dernière phrase avait un lien avec le reste, ou bien avait-elle juste senti son parfum et s'était-elle rappelée de lui. Il resta à ruminer pendant de longues minutes avant de rejoindre son ami.
- Tu étais avec elle ?
- Oui, mais elle le savait pas.
- Hein ?
- J'étais caché sous la cape, alors qu'elle s'entraînait à faire des sorts dans une classe.
- Donc, je me suis éclipsé pour que tu la mates sous une cape comme un malade et sans que tu ne fasses de pas vers elle ?
- Euh… à peu près ça !
- Quand est-ce que tu es devenu ce looser ?
- Quand je suis tombé amoureux de cette fille j'imagine.
Les deux garçons se turent. James Potter avait posé un mot dessus. Après une longue année d'aveu partiel et de manque de discrétion total. Sirius posa une main sur l'épaule de son ami et ils se dirigèrent vers le parc où ils s'amusèrent à faire gonfler les pantalons des passants.
Rendez-vous semaine prochaine mes Potterheads.
