17. Majorité ou maturité

Le 3 Novembre pointa son nez dans une ambiance studieuse, et malgré les remontrances des maraudeurs, aucun d'eux n'eut la possibilité, ni le temps de pouvoir faire un digne anniversaire à Sirius alors ils décidèrent de décaler au Week-end pour marquer le coup en bonne et due forme. Le jeune Sirius n'en démordait pas, bien au contraire, il avait fait de son mieux afin d'y échapper sans éveiller de soupçons.

Ce soir-là, Sirius était convoqué chez le directeur, James avait un entrainement de Quidditch, Rémus avait une ronde et Peter goberait n'importe quoi. Alors Sirius, n'eut aucun mal à se faufiler de sa chambre à une heure tardive et à se diriger vers le bureau du directeur sans être questionné. Il arriva en un rien de temps, livra le mot de passe et se laissa guider vers le bureau. Il toqua à deux reprises avant que la porte ne s'ouvre à la volée.

Albus Dumbledore, Alastor Maugrey, Euphémia Potter et Minerva Mcgonagal étaient réunis autours du bureau du directeur. Un sourire uni accueillit le jeune garçon qu'on invita à s'asseoir.

- Joyeux anniversaire Sirius. Lança Euphémia en déposant un baiser tendre sur sa joue.

- Merci. Déclara-t-il en souriant.

- Joyeux anniversaire. Lancèrent les autres en échos.

Il s'assit, croqua dans un biscuit douteux, qu'il rendit immédiatement puis laissa ses membres tendus se relaxer sur le fauteuil. Il avait le cœur qui tambourinait à l'oreille, et le jeune garçon ne savait plus s'il était heureux et excité, ou peureux et angoissé. Il inspira longuement et attendit qu'on lui parle.

- Sirius. Déclara Albus. Tu sais que depuis l'été je bataille avec Maugrey pour toi…

- Et je suis un peu du côté d'Alastor, cher Albus. Lança Euphémia.

Sirius lui envoya un sourire doux puis regarda son directeur à nouveau.

- Mais aujourd'hui, nous n'avons plus besoin de tergiverser. Tu es majeur ! Aujourd'hui, tu as le droit officiellement de faire partie de l'ordre que ça plaise à Alastor ou non !

- C'est un enfant !

- Plus maintenant, Maugrey. Déclara Sirius d'un air digne. Ecoutez, je suis heureux que vous vous inquiétiez de mon sort mais croyez-moi, ça fait un moment que j'ai arrêté d'être un enfant et contre mon gré, ne vous fiez pas aux apparences. Sans oublier que j'ai pleinement conscience dans quoi je m'embarque, j'ai déjà donné mon accord et ma demande en été et je peux le refaire maintenant aussi.

- Oui, mais en quoi tu vas servir ? Tu ne peux pas encore te battre ? Demanda ce dernier.

- En quoi, je vais servir… Professeur ? Demanda Sirius en regardant Albus.

- Il sert déjà et vous n'aviez juste pas idée que ça venait de lui.

- Comment ça ? Demanda Euphémia.

- Sirius a commencé à travailler avec moi depuis près d'une année. Depuis Noël de l'année dernière et c'est grâce à Minerva que j'ai compris qu'il était un atout majeur.

Euphémia et Maugrey ne dirent pas un mot, et Albus se tourna vers eux l'air de dire et moi je n'en dirai pas plus.

- Je sais que cela peut sembler louche que je ne vous dise pas de quoi il s'agit, mais ça viendra. Maintenant, j'ai voulu avoir un membre de l'ordre, un sponsor et un informateur auprès de moi pour l'intégration officielle de Sirius Black au sein de l'ordre du phénix. Vous êtes les quatre personnes en qui j'ai confiance pour bien intégrer le garçon. Je vous le laisse à présent, posez vos questions, faites vos tests et prenez bien soin du garçon. Je reviens dans une heure.

- Je n'ai aucune question à lui poser, je le connais bien et je suis sûre qu'il est aussi honnête et brave que mon fils. Déclara Euphémia qui s'installa près de lui.

- Je le connais aussi, Maugrey, il n'y a plus que vous qui avez encore des réserves à son égard.

- Ça te dérangerai de prendre un peu de Véritaserum avant que nous continuons ?

- Hors de question ! Hurlèrent Euphémia et Minerva à l'unisson.

- Ça ne me dérange pas. Déclara ce dernier. Faites ce que vous devez faire !

Maugrey se leva, claudiqua autours de lui-même et ouvrit sa cape miteuse en un geste vif, il enfourna sa main à l'intérieur de celle-ci et les deux femmes entendirent des tintements de fioles, il en sortit une incolore et la tendit au jeune garçon.

- Vous savez qu'Albus est un Légilimen, vous savez qu'il travaille avec ce garçon depuis un an. Vous pensez qu'il n'aurait pas détecté s'il jouait un double jeu ? Alastor, posez-lui simplement les questions que vous voulez savoir, il répondra.

- Je préfère la vigilance ! Maugréa ce dernier.

- Je préfère qu'on n'utilise pas une potion illégale.

- Elle ne l'est pas, Madame Potter. Elle est strictement réglementée, c'est différent.

Les deux femmes roulèrent des yeux en même temps.

- Sur quoi, vous croyez que je risque de mentir ? Demanda Sirius afin d'arrêter le débat.

- Votre implication avec votre famille.

- Ah ! On en revient toujours à eux.

- Evidemment.

- Bien, ça vous aiderait si je vous disais que j'ai fui de chez eux, que je me suis battu en duel pour la première fois de ma vie contre ma cousine et qu'avant de me barrer de chez eux, je les espionnais ? ça vous aiderait si je vous disais qu'à la rentrée, j'étais caché pour faire sortir Orion Black de la maison et le piéger ?

- Votre père ?

- Biologique ouais !

- Et depuis il vit sous mon toit, j'ai même demandé à lui faire porter le nom de mon mari qu'il change le sien, mais Albus a refusé pour des raisons que seuls Sirius et lui connaissent. Je suis persuadée que Dumbledore n'aurait jamais donné sa confiance en lui, s'il n'avait pas déjà pensé à tout ce qu'il fallait.

- Moi, je suis auror, Albus est…

- Légilimen, ne l'oubliez pas !

Maugrey finit par leur tourner le dos en faisant une grimace.

- Bon, bien, bien… Que s'est-il passé lors de la bataille du pont ? Demanda Maugrey en boudant.

Sirius pressa ses mains contre ses genoux et fit une grimace.

- Vous avez retrouvé Andy ? Demanda le jeune homme dont le regard devint perçant.

- Toujours pas. Répondit Alastor.

Sirius se leva et se mit à faire les cent pas.

- Je ne crois pas que je vous le pardonnerai s'il lui arrive quelque chose. Ça fait quatre mois et plus le temps passe, plus elle risque de mourir, j'espère que vous savez ça ? Cracha Sirius. Je vous parle à vous l'auror ! Je ne parle pas à l'ordre !

- Nous retrouverons Andromeda Tonks, je connais rarement l'échec. Racontez-moi l'attaque maintenant ! Cingla Fol-œil froidement.

- Ils étaient cinq…

Sirius soupira.

- Cinq dont trois sont reliés à la famille maudite des Black et bien sûr les Lestranges, ils ont fait un massacre… Ils ont fait léviter une pauvre enfant !

Sirius ferma les yeux et se remémora la scène en entier en tentant de garder son calme.


Flash-back.

L'été dernier

Il errait près du lac, il souffrait intérieurement d'un mal être que même le sourire joyeux de l'enfant de trois ans n'avait pas réussi à diminuer. Il avait mal à la tête d'avoir erré sous sa forme de chien sous le soleil, et ce toute la journée. Il avait envi de s'allonger à présent et c'est en rebroussant chemin vers son logement secret qu'il entendit une explosion, puis une deuxième. Patmol devint Sirius et Sirius devint inquiet. Une troisième explosion.

Il avait levé les yeux et avait vu quelques clochards courir autant que le leur permettaient leur santé ou leur été d'ébriété, il avait vu du feu s'engager dans une sorte de porte de hangar qu'il n'avait pas remarqué avant, il avait vu de la fumée sortir de leur appartement, alors il avait vu noir.

Sirius courut plus vite que ne lui agréaient ses jambes, il arriva au pan du pont et remarqua Andromeda se débattre afin de relever une poutre qui lui coinçait la jambe. Il prit sa baguette anciennement caché dans sa botte et lança un « Repulso » sur le morceau de fer déclenchant une hémorragie de sang sur la jambe de sa cousine. Il s'agenouilla près d'elle et tenta de faire arrêter le saignement.

- Il y'a ma cinglée de sœur, j'ai entendu sa voix. Protège ma fille, je les retiens. Cracha Andromeda en tirant Sirius par le col de son pull.

- Retiens ? Tu ne peux pas te mettre debout ! C'est quoi le sort ? C'est quoi le putain de sort ?

Sirius pesta contre lui-même de ne pas se rappeler du sort pour arrêter le saignement, James l'avait pourtant utilisé sur le sale Servilus, pourquoi ne l'écoutait-il jamais quand il frimait ?

- Aide-moi à me relever. Interrompit Andromeda.

- Aaaaaaah ! Vous allez où comme ça ? La fête commence à peine. Ricana Bellatrix dont la voix aigue et sèche était connaissable entre milles. Je savais que c'était vous deux, les petits Black rebelles ! Où est le reste de la famille ? Tu ne nous présente pas ?

Trois corps cagoulés et encapuchonnés entourèrent Sirius et une Andromeda presque estropiée. Elle se souleva de force et dégaina sa baguette sans sourciller.

- Bonsoir sœur. Lança Andromeda d'une voix froide.

- Il n'y a de sœur qui se souille avec des sang-de-bourbe.

Sirius avait la baguette hissée plus haut que son visage, se dandinant d'un côté à l'autre, hésitant encore contre qui se protéger ou sur qui diriger un sort. Il jeta un coup d'œil furtif et vit une autre explosion émaner de derrière la maison de leur cachette. Il priait les cieux que sa petite cousine ne soit pas trouvée, autrement ces malades feraient d'elle une bouchée. Sirius n'eut aucun mal à reconnaitre la silhouette frêle de Rodolphus Lestranges malgré l'accoutrement anonyme l'enveloppant et comme à chaque fois, son idiot de frère le suivait partout, c'était sûrement lui qui se cachait sous le troisième masque.

- Alors comme ça vous habitez dans des égouts ? Demanda Bellatrix en ricanant. Remarque chacun sa place maintenant.

Sirius essayait de trouver un moyen de se débarrasser des trois mangemorts avant que l'un d'eux ne blesse sa cousine déjà mal en point, mais son cerveau s'était flagellé.

- Que dirais-tu d'un petit jeu sœurette ? Questionna Bellatrix en s'approchant dangereusement de Sirius et Andromeda.

- Qu'est-ce que tu veux à la fin ? Hurla Andromeda dont le timbre de voix tremblait visiblement.

Bellatrix ricana et se tourna vers ses deux acolytes.

- On veut jouer pas vrai ? On était venu s'amuser, mais les choses tournent toujours si bien pour nous… On était venu faire des barbecues de sang-de-bourbe et devine sur qui on tombe ? Ma jolie petite trainée de sœur… Alors on va jouer hein ?

- Moi, j'ai surtout envie de lui faire prendre une douche, après tout elle est souillée maintenant. Dit la voix que Sirius reconnut comme celle de Rodolphus.

Aussitôt dit, aussitôt fait. Un « Imperium » jaillit de la baguette de ce dernier pour se diriger sur le dos d'Andromeda l'obligeant à se courber, elle releva la tête et se débâtit une seconde avant que Sirius ne lance le premier sort qui lui vint à l'esprit en direction d'un des Lestranges.

- Stupéfix !

Le sort frôla son épaule, lui faisant arrachant un petit cri et rendant le focus de la sorcière démoniaque sur Sirius. Andromeda continuait de s'approcher du lac le dos courbé et était sur le point de s'y jeter, tête première.

- Stupéfix. Lança Sirius à nouveau cette fois-ci atteignant sa cible au même moment où Bellatrix le toucha.

- Impero ! Tu veux jouer aussi cousin ? Impero ! Hurla la jeune femme à nouveau.

- Ventus ! Tenta Sirius malgré l'Imperium.

Une rafale de vents, émana de la baguette du jeune Gryffondor, interrompant les sorts jaillissant de parts et d'autres. Bellatrix qui tentait de contrôler Sirius se vit interrompre par sa chevelure qui l'empêchait de voir, la poussière qui se faufilait dans ses narines et les escarbilles qui tentaient de l'étouffer. Les Lestranges cessèrent de se moquer d'Andromeda qui trempait sa tête dans l'eau, comme une autruche dans le sable, s'empêchant de respirer elle-même. Soudain, Sirius n'entendit plus les railleries des Lestranges et encore moins la voix qui lui ordonnait de se frapper avec le bout de poutre qui avait blessé Andromeda. Il reprit de l'entrain et lança un « Expeliarmus » envers ces cibles, enchaîna avec un « Revigor » envers sa cousine qui tentait encore de se battre pour le contrôle permanent de son cerveau. Il entendit un cri de rage émaner de la folle Bella et une multitude de jurons, puis…

- ENDOLORIS !

Le sort l'atteint de plein fouet et un cri sauvage quitta ses lèvres pendant qu'il se contorsionnait au ras du pont.

- ENDOLOR… Tenta Bellatrix à nouveau, cette fois-ci en direction d'Andromeda.

- EXPELIARMUS ! Hurla Ted qui courait vers eux à présent.

La baguette de Bellatrix vola, les Lestranges lancèrent chacun un sort que Ted dévia et Andromeda se tourna vers son mari les yeux écarquillés et les larmes sur le point de dévaler ses joues.

- Je t'ai dit que je m'en charge ! Cria-t-elle. Cache notre fille. Où est notre fille ? Hurla la jeune femme de vingt trois ans.

- T'inquiète. ATTENTION ! Stupefix ! Lança Ted.

- Endoloris ! Enchaina Rodolphus

- Expeliarmus ! Protego duo ! Darda Ted à l'adresse des Lestranges protégeant sa femme avec son propre corps.

Bellatrix en profita pour se jeter par terre, elle récupéra sa baguette pendant que Rabastan dormait sur le sol Stupéfixié et que Rodolphus peinait à se relever après avoir reçu le ricochet du sort du bouclier. Ted s'était retourné pour aider sa femme à se relever. Alors Bellatrix, sans prêter attention à son mari sans baguettes et son beau-frère dans les pommes, profita du fait que Ted lui tourne le dos pour diriger sa baguette vers lui, Sirius qui avait du mal à surmonter la douleur engendré par le Doloris fit un effort surhumain en voyant la baguette de la sorcière sadique se diriger d'un geste agressif sur le dos du né-moldu. Elle allait le tuer…

- Ava…

Sirius ferma les yeux, se hissa de toute la force qui lui restait et hurla de tous ces poumons.

- DIFFINDO !

Surprise, Bellatrix ne finit pas son incantation et vit ses yeux se remplir de sang qui semblait couler de son front. Son petit cousin, qui n'était même pas majeur, venait de lui ouvrir le front. Elle ricana, ne s'essuya même pas, se retourna vers Rabastan qu'elle réveilla avec « Enervatum » informulé et se dirigea vers ses victimes à nouveaux. Elle chercha Rodolphus du regard et le vit accroupi à la recherche de sa baguette, elle lui lança un regard dédaigneux et pivota à nouveau, en fonçant droit sur Andromeda et Ted.

- TU VEUX QUOI ? LAISSE-NOUS TRANQUILLE PUTAIN ! JE T'AI LAISSE TA PUTAIN DE FAMILLE, JE NE PORTE MEME PLUS VOTRE NOM, ALORS LAISSE-NOUS TRANQUILLE ! Hurla Andromeda à gorge déployée.

Sirius s'approcha, Andromeda se mit debout, s'appuya sur son cousin qui tenait à peine debout et laissa son mari derrière elle revenir protéger sa fille comme elle l'avait supplié. Ted lui avait dit ne pas s'inquiéter sans vraiment lui expliquer comment il cachait Nymphadora, mais son inquiétude ne partait pas, son inquiétude ne partirait pas tant que sa folle de sœur ne la laissait pas en paix.

- Tu sais depuis combien de temps, nos ancêtres ont veillé à ce que cette famille reste pure ? Demanda Bellatrix d'une voix doucereuse.

- Je vous ai laissé tranquille. Qu'est-ce que tu veux à la fin ?

- Ta fille.

- Tu peux me tuer si tu veux, tu ne toucheras pas à un cheveu de ma fille !

Les deux sœurs si ressemblantes se toisaient à l'instant. Bellatrix n'avait toujours pas enlevé son masque et pourtant ses yeux noirs perçants brillaient d'une lueur folle, Andromeda, quelques centimètres en moins que son aînée, lançait le même regard en éclair digne d'une Black. Un jeu d'yeux glaçant qui fut interrompu par la voix d'une autre femme.

- J'ai trouvé le bébé sale ! Grinça la jeune femme en faisant léviter Nymphadora.

Un cri pénible surgit des lèvres d'Andromeda. Un son désespéré et Sirius sentit sa cousine vaciller près de lui. Une autre femme cagoulée arrivait d'une démarche dégingandée en roulant des hanches exagérément, la baguette hissée sur une Nymphadora qui pleurait en planant à des mètres du sol. L'enfant avait les mêmes cheveux noirs que sa mère et sa tante à présent et les larmes ne tarissaient pas sur son visage non métamorphosé. Un feu prit place à quelques mètres d'eux, suivi d'un bruit sourd d'explosion, puis Ted fit son apparition, incarcéré et poussé par un autre homme qui se tint debout près des Lestranges. Bellatrix se dégagea de la proximité de sa sœur et applaudit très lentement en riant sadiquement.

- Ah ! Enfin… Je veux juste l'enfant ! Tuez l'autre.

- Il ne voudra jamais d'une enfant de sang-de-bourbe ! Corrigea la voix du cinquième mangemort.

- C'est moi qui la veux ! C'est personnel et ça me fera un bien fou.

- BELLA ! Mugit Andromeda. Lâche-là !

Andromeda enfonçait la baguette sous la gorge de Bellatrix pendant que cette dernière regardait la fille tourner dans les airs. Trop occupés à suivre leur leader, les quatre corps cagoulés ne remarquèrent pas que Sirius s'était discrètement allongé au sol, rampant et profitant de la fumée asphyxiante générée par la quatrième explosion. Pensant qu'il serait sûrement blessé, personne ne daigna s'occuper de l'adolescent visiblement pas très fort. Sirius tira un miroir de sa botte et laissa son ami entrevoir toute la scène à travers le miroir magique. Il resta allongé ainsi faisant croire au reste de l'assemblée qu'il souffrait encore d'un Doloris.

« Simuler avant de trouver un plan. Il fallait gagner du temps… »

Bellatrix se tourna vers sa sœur, lui tordit le bras, prit la baguette de sa main et lui envoya un coup de poing magistral au nez, le fracturant au passage.

- Ne m'oblige pas à te tuer aussi. Cracha-t-elle.

- Tue-moi, je n'en ai rien à foutre, mais lâche-là, ce n'est qu'une enfant. Bella, pitié, laisse-là ! Supplia Andromeda en se tenant le nez.

- Lui, là, il a quoi ? Demanda la cinquième voix en désignant Sirius.

- Je vais voir. Hurla un des Lestranges

Sirius devait réagir vite, il n'avait que quelques secondes pour libérer Ted et lui jeter une baguette et il devait réagir le plus vite possible et le plus imperceptiblement possible. Sirius sentait ses neurones chauffer. Il était malin, il avait fait les quatre cents coups à Poudlard sans se faire prendre, sans se faire renvoyer, il avait faillit tuer Rogue et s'en est sorti.

« Imagine-toi à Poudlard à nouveau. Ce n'est qu'un jeu ! Ce n'est qu'une farce à mettre sur pied. Un piège à tendre à une bande de Serpentard imbue, une revanche à prendre sur des gens qui t'ont insulté »

Analyser la situation : Il tournait le dos à tout le monde pourtant grâce à son miroir, il voyait Ted qui était à quelques centimètres de lui, incarcéré et blessé, bien que ses jambes paraissent intacts et ses mains maniables. La cinquième voix était près du père de famille mais fixait les autres comme s'il suivait son feuilleton préféré. Lestranges 1 s'approchait de lui, pendant que Lestranges 2 regardait Andromeda supplier Bellatrix et l'autre femme qui continuait de faire léviter bébé Nymphadora.

- Finite Incantatem. Murmura Sirius à l'adresse de Ted puis roula de l'autre côté, se releva d'un bond et fit face au fiancé de sa cousine.

- Expelliarmus. Enchaîna Sirius.

Surpris, Rodolphus n'eut pas le temps de réagir que sa baguette volait de sa main. Sirius se jeta en l'air, l'attrapa et la jeta à Ted qui la retourna contre son agresseur.

- Stupefix ! Hurla Ted et la cinquième voix tomba à terre.

- Petrificus Totalus. Cria Sirius et Rodolphus tomba également.

Andromeda profita de l'ahurissement général pour se jeter sur le cou de sa sœur pendant que Rabastan tentait de jeter un sort sur l'une des femmes. Nymphadora était toujours dans l'air, alors Sirius et Ted se dirigèrent vers la femme qui la suspendait.

- Fais-là descendre !

- Peux pas, Bella n'aime pas qu'on l'écoute pas. Lança la femme en souriant.

Sirius la fixa un instant de trop, puis se tétanisa. Ses yeux ! Ses yeux bleus bien qu'un peu plus ridés, il les connaissait bien, il connaissait ses yeux et étaient sa faiblesse depuis un moment. De beaux grands yeux en amende d'un bleu océan, d'un bleu ciel, d'un bleu profondément reposant.

- McKinnon ? Demanda Sirius.

Il ne pouvait pas le croire. Il savait pertinemment que ce n'était pas Marlène, cette femme était plus vieille, mais il ne pouvait s'empêcher de réagir et l'adrénaline du moment lui avait fait prononcer son nom de famille.

- Tu quoi ? Tu me connais d'où ?

Ted en profita pour se jeter sur sa fille, avant d'atterrir avec elle sur le sol. L'étreignant et la protégeant de son corps, il enleva le sort et dirigea la baguette vers la femme puis hurla.

- Qu'est-ce que tu lui as jeté d'autres comme sorts ? Pourquoi elle tremble ?

Avant que la femme aux yeux bleus ne réponde, Sirius se tourna vers la provenance d'autres hurlements.

- ENDOLORIS ! Hurla Rabastan.

Bella et Andy tombèrent en même temps, les cheveux en bataille, du sang coulant à flot et hurlant d'une douleur unie. Rabastan Lestranges, dans le tumulte de l'accrochage sanguin entre les consanguins avait atteint également la future femme de son frère.

- SALE FILS DE PUTOIS ! Hurla Bellatrix

- Quelqu'un arrive ! Surenchérit la femme aux yeux bleus.

Bellatrix se releva avec nonchalance, écrasa la jambe de sa cadette et lui tira les cheveux l'obligeant à s'agenouiller.

- DONNE-MOI TA BAGUETTE ! Hurla-t-elle.

Elle fit léviter "son" Lestranges et le cinquième mangemort puis lança un sort sur Nymphadora pendant qu'elle en recevait un venant de Sirius.

- Barre-toi. Ordonna-t-elle à la jeune femme aux yeux bleus. Emmène-les tous les deux. Cria-t-elle en visant les corps qui lévitaient.

Trois pops s'entendirent et Bellatrix se retrouva avec Rabastan trois baguettes à la main, une enfant roulant les yeux et criant à se briser la gorge, le né-moldu blessé qui tentait de réanimer sa fille et son cousin qui voulait toujours se battre contre elle, malgré sa faiblesse.

- Endoloris ! Lança-t-elle sur chacun d'eux. Et celle-là, c'est cadeau pour moi !

Bellatrix vit des pas s'approcher, elle n'avait plus le temps de prendre les autres, elle reviendrait où ils viendraient eux même chercher Andy. Elle rit à gorge déployée de son rire sadique et transplanna en tenant sa sœur par les cheveux. Ted était meurtri sur le sol, sa fille ensanglantée et inconsciente dans les bras, pendant que Sirius se recroquevillait sur lui-même un peu plus loin allongé sur le sol. Il avait entendu d'autres personnes arriver, ils allaient être sauvés, il pouvait fermer les yeux un instant, James allait venir avec du secours. James l'avait vu, il arrivait...

Fin du Flash-back.


Un silence de plomb s'installa dans le bureau parfois chaleureux du directeur d'école. Euphémia qui était arrivé sur les lieux avec son fils ce jour-là, avait du mal à avaler sa salive. Elle avait entendu Sirius raconter vaguement l'attaque, mais pas avec autant de détails, pas en comptant combien de sortilège de Doloris le jeune homme avait reçu, pas en réalisant qu'une enfant avait était torturée plus que les grands ce jour-là.

- Qui était l'autre homme ?

- Je ne sais pas. Je vous l'ai déjà dit !

- Pourquoi voulait-elle l'enfant ?

- Elle a dit que c'était pour elle, pas pour vous savez-qui, une vengeance personnelle. Mais elle a pris Andy à la fin, parce que…

- Je suis arrivée avec James et qu'elle n'avait pas le temps de se rejeter sur Ted et Nymphadora, ils risquaient de se faire prendre. Intervint Euphémia

- Pas que ça… Continua Sirius.

Minerva, Alastor et Euphémia le fixèrent.

- Je crois qu'Andy a préféré se laisser faire et enrager sa sœur pour qu'elle se concentre sur elle et oublie Nymphadora.

- Ce que ferait n'importe quelle mère ! Surenchérit Euphémia.

Sirius ricana en pensant à la sienne.

- Bien sûr.

- Pourquoi tu veux intégrer l'ordre ? Demanda Maugrey.

- Il n'est pas obligé de répondre à ça. Déclara Minerva qui se rappelait que Sirius avait des difficultés à raconter sa vie et ses secrets.

Sirius leur tournait le dos à présent.

- Je veux me battre. Je veux défendre les miens et je veux faire régner la paix, je ne veux pas que vous-savez-qui gagne ! Voilà, mes raisons.

« Quant à la vraie raison, il n'y a que Minerva qui la connait ! »

- Il a aussi l'ambition d'être auror, il a eu les notes pour ça dans ses BUSE. Déclara Euphémia comme toute mère fière.

- Il faudra qu'il ait ses ASPICS aussi et je dois dire que je ne dirai pas non à un combattant en plus. Continua Maugrey. Je m'occuperai de ta formation à l'ordre, mais si jamais tu crois que c'est Poudlard et que tu me donnes du fil à retordre…

- Je…

- Ta réputation te précède Black ! Je sais que tu joues au Qaid ici, je ne veux pas d'écart.

- Il n'y'en aura pas.

- Je t'ai à l'œil.

La soirée s'était finie sur une note moins teintée de méfiance, mais Sirius savait pertinemment qu'être dans le collimateur de Maugrey fol-œil risquait de mettre en danger le plan de Dumbledore. Soudain, il se sentit trop adulte. Il sentit un poids énorme reposer sur ses épaules déjà alourdies, il devait garder la tête froide, il devait se rappeler de la plus grande image derrière tout cela. Il devait s'armer de patience, lui, Sirius Black, impulsif de naissance. Il devait faire confiance au jugement de Dumbledore, s'il voulait affaiblir les siens, affaiblir les mangemorts, affaiblir Voldemort.

Sirius Black erra dans les couloirs et ses démons intérieurs se mirent à le narguer.

Jouer à l'espion pour Dumbledore, contacter les Black partout, se faire accuser d'être derrière les attaques sans pouvoir se défendre même auprès de ses amis pour garder des secrets, supporter l'abus de sa famille pour garder le secret et en découvrir d'autres. Il se sentait de plus en plus fatigué, et n'était même pas sûr d'être choisi pour son talent. Il avait juste été là au bon moment, la brebis noire d'une grande famille, le talon d'Achille de gens barbare, l'arme dont personne ne se soucie que Dumbledore avait récupéré. Sirius lui faisait confiance, mais Sirius savait qu'il était juste un pion pour le vieil homme.

Il passa près du bureau de Ludwig et entendit une voix de femme ricaner, des coupes clinquaient et la voix de la femme devenait plus sensuel, ils flirtaient ouvertement…

- Décidemment, il ne peut pas la garder dans son pantalon celui-là.

Sirius reprit le chemin de la tour de Gryffondor quand il passa à côté du tableau qui lui avait ouvert la porte vers le monde extérieur de Poudlard, il regarda sa montre et réalisa qu'il était un peu tard pour aller faire un coucou au vieux, il entra dans la salle commune et trouva Lily assise en tailleur en face d'un parchemin vide. Elle mâchouillait sa plume avec une expression d'exaspération extrême.

- Couvre-feu tu connais ? Demanda-t-elle avec humeur.

- Tu es en mode furie ?

- Fous-moi la paix, Black.

Elle détourna le regard de lui, alors il fit exactement le contraire de ce qu'elle demanda.

- Tu es en panne d'inspiration ? Demanda-t-il en s'attendant à ce qu'elle l'envoie bouler.

- J'écris une lettre à mes parents morts. Lança-t-elle en lui clouant le bec.

Il se tut et se leva pour s'en aller, incapable de trouver des mots pour elle, alors elle inspira et lança.

- Tu comprends, toi.

- Quoi ?

- Mon besoin de ne pas crier tout ce que je ressens ! Mon besoin de ne pas dire tout ce qui me passe par la tête quand il s'agit de mes sentiments ! Mon incapacité même à exprimer ces dits sentiments ! Tu comprends ! ça ne fait pas de moi quelqu'un de faux, je suis juste secrète !

- Tu penses encore à ce que t'a dit James ? Demanda Sirius qui pensait qu'après trois jours elle aurait tout oublié.

Elle se gratta le nez et renifla puis soupira.

- Marlène aussi m'a déjà reproché ça. Rémus…

Sirius remarqua que ses yeux étaient larmoyants. Il ne savait pas quoi faire et il n'avait aucune envie de devoir consoler une fille qui pleurait, encore moins une qu'il n'avait aucune envie de dévergonder. Il ne savait même pas comment consoler autrement. Il se gratta l'arrière de la tête et tenta de trouver des réponses logiques.

- Rémus est mal placé pour parler il est amoureux de la même fille depuis sa naissance et à la place de faire quelque chose il bave de loin. Marlène pourrait même montrer ses sentiments quant à un pet qui n'a pas voulu sortir, elle est née comme ça !

Lily esquissa un faible sourire.

- James… James non plus ne dit pas réellement tout ce qu'il ressent.

- Ça veut dire quoi ?

- Ça veut dire arrête de te prendre la tête, personne ne dit vraiment tout.

- Mais moi on me reproche de ne rien dire du tout, comme si…

- Comme si tu mentais sur ce que tu es.

- Je savais que toi tu comprendrais.

- Tu es mal barré, si je suis ton seul allié.

- Tu es mon allié ? demanda Lily ahurie.

Sirius sourit légèrement.

- Eh ne t'emballe pas ! Tu es comme Peter pour moi !

Lily éclata de rire.

- Je n'ai pas envie de donner une autre raison à Marlène de me râler dessus de toute façon ! Lança-t-elle avec un clin d'œil.

- Hein ? Pourquoi tu dis ça ?

- Je vous ai vu.

- Quoi ?

- Je vous ai vu.

- Quand ?

- Il y'a deux semaines, je faisais ma ronde, quand vous vous êtes cachés derrière la tapisserie du cinquième. Je vous avais vu avant que vous vous cachiez.

- Et tu n'as rien dit ?

- Non.

- Et tu nous as pas donné de retenue, tu nous as pas râlé dessus ?

- Non.

- Pourquoi ?

- Si ma meilleure amie ne veut pas que je sache qu'elle sort avec quelqu'un c'est qu'elle a ses raisons je n'allais pas la mettre mal à l'aise en l'obligeant à me dire de cette manière.

- Je vois.

- Ne lui fais pas de mal, Sirius.

Sirius ricana et contre toute attente se confia à Lily.

- On n'est pas ensemble.

Lily écarquilla les yeux.

- Ça ne l'intéresse pas. Elle ne veut sûrement pas être vue avec Black. Lança-t-il avec amertume. De toute façon, on ne s'est plus revu depuis un moment.

Lily ne dit pas un mot et analysa la réaction de son ami, puis erra dans ses pensées un moment avant de dire.

- Elle doit avoir des raisons et crois-moi ça n'a aucun rapport avec être un Black, ou être vu avec toi. Marlène assume tout et tu le sais.

- Ben alors explique-moi ça ?

- Je ne sais pas. Peut-être qu'elle a…

James entra à ce moment et s'arrêta net en voyant Sirius et Lily assis côte à côte en face de la cheminée en pleine conversation. Son sang ne fit qu'un tour et il fut sur le point de lancer une réplique cinglante à son meilleur ami, puis se ravisa en voyant Lily le fixer.

James pensait qu'après son explosion elle ne lui parlerait plus jamais, ne le regarderait plus et ferait tout pour qu'il n'existe pas, qu'elle allait l'ignorer royalement comme elle savait si bien faire et que ce sera plus facile pour lui de passer à autre chose, mais elle le fixait.

Son regard était déterminé et elle ouvrit puis ferma sa bouche à plusieurs reprises, alors James se retrouva pendu à eux, la respiration en pause, il attendit et ne put enlever ses yeux d'elle. Elle le regardait.

Sirius se racla la gorge puis éclata de rire devant leurs expressions déconcertées.

- Vous êtes grave.

Il se leva et jeta un coup d'œil vicieux à son ami puis tenta de s'en aller quand Lily le devança et ramassa ses affaires. Elle se tourna vers Sirius et lança.

- Joyeux anniversaire Sirius et merci.

Elle déposa un baiser sur sa joue et déboula en vitesse dans son dortoir devant les yeux ahuries des deux garçons.

- Ne me tue pas s'il te plait, je viens de faire mes dix-sept ans. Ne me tue pas ! Pleurnicha Sirius en remarquant que son ami ne bougeait pas.

- Pourquoi elle a dit merci ?

- Je crois qu'elle n'avait pas le moral, j'ai fait le con et ça la fait rire.

- Oui, j'ai remarqué qu'il n'y avait que toi qui la faisais rire ces derniers temps. Elle n'était même pas en colère que tu la sortes du cours l'autre fois ! bravo !

- Hé ! Cornedrue !

- Laisse tomber.

James monta en vitesse au dortoir suivi par son ami qui hurlait tous les surnoms le concernant.

- James !

Ils étaient presque arrivés au dortoir.

- Mec, attends. J'ai rien fait !

- Je n'ai pas la tête à ça !

Il ouvrit la porte agressivement et la claqua au nez de son meilleur ami. Sirius hocha la tête de gauche à droite et finit par remettre sa cape sur ses épaules puis sortit en courant, enfin de compte le vieux allait devoir le supporter aujourd'hui aussi.