19. Certainement...Pas

James se remémora leur pacte à la bibliothèque, un mois de cela. Il se remémora la facilité avec laquelle ils avaient communiqué et il se rappelait de cette conversation concernant l'Epouvantard de Lily. Il lui avait demandé de voir son Epouvantard s'il ne recevait pas de retenue et bien sûr il avait échoué, mais pire encore, il avait échoué à la mettre en confiance, il avait échoué à garder de la civilité entre eux et avait échoué à maitriser ses sentiments pour elle.

James errait dans le château en réfléchissant quand il se demanda s'il ne trouverait pas des Epouvantards dans la salle des artefacts, il contourna le bureau de Rusard et entendit ce dernier se déplacer. James n'avait pas sa cape sur lui, ni la carte, il avait quelques verres au nez et moins de reflexe que d'habitude, alors lorsqu'il s'étala par terre visage s'écrasant au sol en premier, il eut du mal à se relever et à comprendre ce qui venait de lui arriver. James releva la tête difficilement, gémissant et tentant de reprendre ses esprits quand ses yeux tombèrent sur un objet.

Il tendit sa main et toucha un sablier miniature puis fronça les sourcils. Comment aurait-il pu trébucher au point de tomber comme une tartine sur un simple petit sablier ?

James le tourna dans tous les sens et remarqua qu'à la fin du temps écoulé, il y'avait de petites inscriptions : un ensemble de lettre qui ne voulaient rien dire attachés. Il sortit sa baguette et jeta un sort pour que l'objet révèle son contenu, mais rien n'y fit. Il réitéra un autre sort afin de le retransformer en sa forme initiale, mais toujours rien. Finalement, il décida de le ramener et le montrer à ses amis. Cet objet magique était là-bas pour une raison et sa force était mystique, que ce soit un jeu de chez Zonko ou une sorte de magie noire, James le mit dans sa poche décidé à en savoir plus.

Il continua son chemin afin d'entrer dans la salle quand il entendit du bruit.

- Je suis réellement fier de tes progrès, si ça ne tenait qu'à moi, tu serais réellement au dessus des autres…

Une voix de fille gloussa.

- Au dessus de moi aussi.

James reconnut la voix de son professeur de Défense Contre les Forces du Mal et sa curiosité le poussa à comprendre à qui il parlait, il s'approcha encore quand un Lumos éclaira son visage l'aveuglant. James eut à peine le temps de s'acclimater à la lumière normale, voir l'identité de la voix féminine et apercevoir le sourire de Ludwig Strolley à son égard.

- Tu n'es pas très discret Potter. Tu cherches quelque chose ? Tu sais que le couvre-feu est dépassé ?

- Oui, je sais. Désolé professeur.

- Il n'y a pas de mal. On a tous été adolescent un jour et je peux comprendre que tu veuilles te dégourdir les jambes, mais maintenant que je t'ai vu, tu es de ma responsabilité, alors je te raccompagne à ta salle.

- Il n'est pas nécessaire. Déclara James étonné de ne pas écoper de retenu.

- J'insiste, nous ne savons jamais sur qui on peut tomber.

- Je peux gérer.

- Je n'en doute pas Potter. Mais je préfère t'accompagner.

- Pourquoi vous ne me donnez pas de retenu ?

Ludwig sourit honnêtement.

- Pas la première fois. Je t'aide la première fois, je te préviens la deuxième, je punis la troisième.

- Donc j'ai encore deux chances ?

- Alors ne joue pas avec ta chance. C'est quelque chose qui tourne très vite.

James sourit. Son professeur n'avait aucune idée à quelle point cette phrase était adéquate à la situation de l'adolescent, surtout avec Evans.

- Bien, nous y voilà. Je sais que je dois être partial, mais tache de gagner ton prochain match, Potter. Lança le professeur avec un clin d'œil.

- Vous étiez à Gryffondor ?

- Oui…

James entra dans la salle commune et Alice vint vers lui.

- Tu étais passé où ? Tu m'as laissé en plan au beau milieu d'une phrase !

- James où tu étais ? Demanda Casey qui arrivait à son tour.

- James, besoin d'aide, je ne dois pas me déshydrater. Déclara Sirius ignorant les deux autres filles.

- Réunion de Maraudeur ! Coupa James.

James se tourna vers Rémus qui était en train de surveiller une Lily un peu trop éméchée et Sirius alla chercher Peter qui dansait enfin avec Dorcas.

- Réunion de Maraudeur. Déclarèrent les deux garçons en même temps chacun dans un coin de la pièce.

Lily leva les yeux vers James et arrêta tout mouvement. Elle tenta de se tenir debout, mais vacilla et James eut le reflexe de vouloir la rattraper, seulement elle se redressa facilement et fit un pas en arrière s'éloignant de lui. Il remarqua ce geste et se tourna vers son ami, lui signifiant qu'il l'attendait.

- Tu devrais t'asseoir. Déclara Rémus à l'adresse de Lily.

- Tu devrais boire.

- Lily, s'il te plait, laisse Alice t'emmener dans votre dortoir.

- Rémus, Rémus, Rémus… Je suis peut-être pompette, mais je suis lucide et j'en ai un peu marre qu'on me dise quoi faire, alors va voir ce que veut faire Potter ou qui il veut se faire cette fois et…

- Lily !

James n'avait pas bougé de sa place, il la regardait, incapable de détacher ses yeux d'elle. Il n'avait aucune idée de ce qu'il ressentait, il ne savait pas s'il lui en voulait encore, s'il voulait lui parler, lui pardonner, la haïr, la voir sourire, s'il voulait qu'elle l'ignore, qu'elle le déteste ou qu'elle le voit, s'il voulait qu'elle soit jalouse, si elle était jalouse… Sa tête tournait, mais ses yeux restaient fixés sur elle.

- James tu as dit réunion, j'ai ramené Peter, qu'est-ce que vous attendez ? Lança Sirius en déboulant de l'autre côté de la salle.

Lily sourit à Sirius et Peter puis s'en alla. Les quatre garçons étaient sur le point de sortir de la salle commune quand ils entendirent un grand fracas juste là où se trouvait Lily. Rémus scanna la pièce en vitesse, Alice n'avait plus les yeux sur Lily, elle ne paraissait pas sobre non plus, Marlène était introuvable et Dorcas… Il détourna les yeux, évitant de la voir embrasser Bilius à nouveau. Sirius était revenu vers Lily qui continuait de sourire.

- Oups.

- Tu as fais quoi Evans ?

- J'ai cassé la bouteille de Potter.

- Mais elle était vide, celle-là. Déclara Peter qui le savait pour lui avoir donné.

- Non, celle-là, je l'ai volé.

James laissa passer un faible sourire malgré lui.

- On ne peut pas la laisser ici, elle devient dangereuse. Déclara Peter.

- Tu proposes quoi ?

- On l'emmène dans son dortoir.

- Si j'étais à ta place, je ne dirai pas « on » alors que Jamesie est là, il est un peu trop possessif ces derniers temps. Lança Sirius en ricanant.

- Je ne vais pas à mon dortoir. Cingla Lily.

Elle se redressa et sortit sa baguette puis lança un sort pour nettoyer le contenu de la bouteille renversé. Elle fit un pas en arrière pour inspecter le résultat, puis se tourna vers les garçons.

- Vous allez toujours au QG ?

Personne ne répondit.

- Ce n'est pas grave, c'était que de la curiosité… De toute façon, il n'y a plus d'Octo.

Elle haussa les épaules et s'en alla quand James fit un pas vers elle et leva son bras pour attraper le sien, mais il arrêta son geste juste avant de l'atteindre. Ses trois amis le fixèrent, alors il inspira profondément puis souffla et la regarda partir.

- Qui a la cape ?

- Moi. Déclara Sirius.

- La carte ?

- Je l'ai. Répondit Peter.

- James c'est ton tour pour le nouveau mot de passe.

Il fixait encore Lily.

- Je crois qu'on le connait tous. Taquina Sirius. Son mot de passe c'est Evans.

Peter ricana et ils sortirent ensemble en cachette. Ils arrivèrent à leur ancien QG et mirent en place un mot de passe à la statue ensorcelée qui leur servait de sécurité pour l'entrée à présent. Ils entrèrent dans l'ancienne pièce qui avait longtemps regroupé les membres d'Octo et s'installèrent chacun dans leur fauteuil préféré.

Depuis le début de l'année, ils avaient rendu cet endroit plus accueillant et plus studieux, ils avaient décrétés que venir au QG signifiait travailler en mission pour sauver Poudlard ou le monde, ils avaient fait de cet endroit leur âtre des chevaliers, ils ne parlaient pas de farces, de filles, de sortie ni de cours ici, le QG ne devait contenir que leurs recherches et leurs travaux sérieux, ceux concernant le monde et non l'école, ceux concernant les adultes et non les enfants qu'ils étaient.

- J'ai trouvé un objet.

- Un autre ?

- Ouais.

Sirius sortit une pièce d'échec de la malle centrale où ils cachaient leurs trouvailles.

- Ce style ?

- Oui. Mais là, c'est un sablier. Et regardez quand j'attends que les grains de sable tombent tous en bas, il y'a un mot ici.

- PLMBASMM

- C'est quoi ça ?

- Je ne sais pas…

Rémus sortit un autre objet de leur malle et essaya de le tourner dans tous les sens afin de voir si une inscription y figurait également.

- Voilà le damier de l'autre fois… Il n'y a absolument rien dessus que les cases noires et blanches…

- Pose-le par terre.

Rémus obéit et se tourna vers son ami.

- Envoie-moi un sort qui m'empêche de voir. Ordonna James.

- Tu as vraiment un truc tordu avec les sorts qui t'aveuglent. Lança Sirius.

- Retire tes lunettes, c'est tout. Proposa Peter.

- Hé ! Tu crois que je suis aveugle, sans lunette, je vois flou, mais je peux quand même te botter les fesses. Là, je ne veux pas voir du tout.

- Pourquoi tu essaies de prouver quoi ? demanda Rémus.

- S'ils ont les mêmes pouvoirs.

- Ferme les yeux alors ! Reproposa Peter.

- Mais, non Queudever, il doit utiliser tous ses autres sens sauf la vue, et quand tu as la possibilité d'ouvrir tu peux finir par ouvrir tes yeux inconsciemment tu comprends maintenant ? Demanda Sirius agacé.

- Obscuro. Lança Rémus.

Sirius plaça le sablier près du damier et donna le signal à James pour les comparer. James marcha sur le sablier à nouveau et se retrouva à quatre pattes terrassé devant les regards tétanisés de ces camarades.

- Qu'est-ce que… ? Commença Peter.

- On dirait qu'il s'est fait assommé par un Troll…

James se redressa en couinant puis tata le sol vers le damier, il marcha dessus à nouveau et ce dernier le fit arracher un cri et il tomba à nouveau. Les trois autres garçons vinrent vers lui, Rémus annula le sort d'obscurité et ils attendirent qu'il recouvre la vue.

- Le premier objet est doté d'une force unique. Une force mystique et… très forte.

- Le deuxième, tu as crié comme si on te lançait un Doloris.

- Je ne sais pas, j'ai senti comme si on me déchirait la peau des pieds…

- De la magie noire tu crois ?

- Aucune idée, mais en tout cas, le damier lui fait du mal, ce n'est pas juste question de force… Ni de comparaison de force…

- Les forces sont différentes.

- Voilà, comme si elles émanaient de choses ou personnes différentes.

Sirius se mit à faire les cent pas.

- Ce sont des objets ce qu'il y'a de plus normal. Ce sont des objets utilisés dans des jeux… Mais quelqu'un les a ensorcelés…

- Mais pourquoi faire ? Demanda Peter.

- On ne sait pas.

- Mais ça peut être plus qu'une personne. Proposa Rémus.

- Pourquoi à cause de la différence de magie entre les deux objets ? Demanda Sirius.

- Oui.

- Non, je ne sais pas comment vous expliquer, mais j'ai l'impression que c'est la même personne mais avec des énergies différentes. Corrigea James

- Moi, je continue de croire que ça doit être deux personnes minimum.

- Mais pourquoi se donner du mal à ensorceler des objets ? Demanda Peter. Ils veulent en faire quoi ?

- Ils essayent peut-être justement de créer quelque chose.

- Alors pourquoi les abandonner dans les couloirs ?

- Aucune idée. Je pense qu'il doit y'en avoir d'autres.

- Mais ça sert à quoi ?

- Mais on ne sait pas Peter ! C'est ce qu'on cherche. Cingla Sirius de plus en plus irrité.

- Tu as un problème ? Demanda Rémus en voyant la mine de Sirius.

- On en a toujours non ? Je vous signale qu'on a des frères qui cherchent à nous tuer pour ce qu'on a fait à leur sœur, un vieux serpent qui veut nous exterminer parce que nous sommes des traitres ou des amis des nés-moldus…

Réalisant à quel point il paraissait sérieux, il sourit et continua.

- Sans oublier un prof de DCFM qui est tellement génial qu'il nous pique toutes les nanas potables ! C'est horrible !

Peter ricana nerveusement.

- On doit comprendre la signification de tout ça. Conclut Rémus.

- Oui. Et je crois savoir qui peut aider.

- Prewett. Déclara Sirius.

- Exactement.

- Tu veux dire que le grand James Potter, maitre de l'école buissonnière, animagi en cachette et maraudeur, va s'inscrire sans être sous torture dans un cours en plus ? Demanda Rémus en se moquant.

Sirius et Peter éclatèrent de rire devant la mine maussade de James.

- Vous avez d'autres idées ? On n'a qu'à s'y mettre tous non ?

- Ce cours c'est quand ?

- Jeudi avant histoire…

- Ah non. Déclara Sirius. C'est le matin ou je dors le mieux, je ne vais pas me réveiller pour aller à un cours à 8h pour écouter quelque chose que tu entendras de toute façon…

- Et vendredi entre 11h et midi. Continua Rémus. Vendredi, moi, je ne peux pas c'est l'heure où je donne des cours à Bart Rowley.

- Peter ?

- Je ne comprendrais rien de toute façon.

- Pourquoi, j'ai parlé moi aussi ? Bouda James

- C'est toi le chef. Faut assumer. Ricana Sirius. J'ai tellement envie de voir la tête de Mcgo quand tu lui diras que tu prends un cours comme ça.

Les trois garçons se moquèrent de James longtemps et n'arrêtèrent que lorsqu'il menaça de ne pas le faire et les laisser tous dans un suspens fou qui les rendra tous propice à l'asile de Sainte-mangouste.

- Tu crois qu'Emily y est encore ? Demanda Peter.

- Ou tu veux qu'elle soit ?

- Ces frères sont libres, qui vous dit qu'ils ne l'ont pas fait sortir, je parie qu'ils savent jeter l'Imperium. Ils peuvent faire ce qu'ils veulent et si elle sort, elle voudra se venger des membres d'Octo, ou même repartir tuer son petit-ami et Evelyne Dean.

- Oh ! Tu y as bien réfléchi hein ! Demanda James effaré par la peur qui rongeait son ami.

- Il y'a des aurors qui surveillent Sainte-mangouste, je parie qu'il doit y'en avoir qui espionnent les Macmillan, Gregory Brown est caché chez les moldus et puis personne ne peut entrer au sein de ce château…

- Ah bon ? Ton père n'était pas rentré ? Ou Malefoy… ?

Les trois maraudeurs ne purent s'empêcher de penser unanimement et au même moment que Peter devenait de plus en plus anxieux, il posait infiniment de questions, faisait onze millions de scénarii par journée et n'arrivait pas à retrouver de tranquillité d'esprit. Ce que les garçons ignoraient aussi, était qu'il regrettait souvent faire partie des maraudeurs ces derniers temps, ils étaient toujours au feu de la rambarde, toujours les preux chevaliers à se jeter dans un meute de loups et étaient même un peu plus connu dans le monde externe, les noms de James et Sirius avaient apparus à plusieurs reprises dans les journaux et peu importe à quel point les deux garçons lui inspiraient l'admiration et le courage, des fois tard le soir, après les fous rires et les fêtes, après les devoirs et les bêtises, il se demandait si c'était encore une bonne idée de les coller autant… S'il voulait vraiment attirer l'attention sur lui. S'il n'avait pas peur de Voldemort plus qu'il n'avait envi d'être maraudeur.

- Ils ont renforcés la sécurité, Dumbledore lui-même me l'a dit.

Rémus se retint de demander à Sirius quand et avant de penser à toutes les informations dont Sirius étaient sûrs, il fut interrompu par James.

- Peter, nous sommes en guerre, tu le sais… Nous avons tous peur pour quelqu'un ici.

« J'ai peur pour moi ! » Voulut hurler Peter.

- Mais nous ne sommes pas seuls, nous sommes plus nombreux, plus ingénieux et tout ce que nous pouvons faire c'est…

Soudain, il eut une idée.

- Peter, pourquoi tu n'irais pas t'entrainer avec Evans ?

- Quoi ?

- Je pense qu'elle voit encore des élèves pour des cours particuliers et même si on a un club de Duel, elle fait encore des entrainements supplémentaires. Pourquoi tu n'irais pas avec elle ?

- Et pourquoi pas avec vous ?

- Parce qu'où tu as vu qu'on s'entraine ? Répondit James.

- Alors pourquoi on ne le fait pas ?

- Mais quand ? Si on fait ça ? On fera nos trips à Pré-au-lard quand ? Nos maraudages quand ? Intervint Sirius.

- On peut faire ça de temps en temps. Déclara Rémus qui réalisa que Peter trouvait James et Sirius égoïstes de faire passer les jeux avant la défense contre les forces réelles du mal.

- Peut-être…

Les garçons finirent par sortir de leur cachette, ils revenaient vers la salle commune quand des bruits de pas s'entendirent derrière eux, ils détournèrent la tête et virent Ayni Shackelbolt renifler en trainant les pieds. Elle leva la tête vers eux et une grimace prit possession de son visage, elle retenait ses larmes…

- Ça ne va pas chef ? Demanda James en lui offrant son sourire charmeur.

- Tu ne peux pas comprendre…

- Quelqu'un t'a attaqué ? Demanda Sirius toujours prêt à se battre.

- Non, non… J'ai juste…

- Problème de cœur. Conclut Rémus en tapotant son épaule.

Elle haussa les épaules et s'approcha de la grosse dame.

- Rentrez avant que je nous donne à tous des retenues.

- En parlant de ça… Il y'a une petite fête à l'intérieur.

- Je sais Marlène m'en a parlé.

- Tu as vu Marlène ? Demanda Sirius.

Il regretta tout de suite d'avoir posé la question, son ton était désespéré et sa question trop impulsive.

- Oui…

Elle renifla sans dire un mot et pressa le pas.

- Elle ne va pas nous mener la vie dure ? Demanda Peter content de ne pas avoir de retenue. Je l'aime bien comme préfète en chef, elle. C'est la deuxième fois qu'elle ferme les yeux sur un truc pour moi en tout cas.

Sirius laissa les autres entrer et ouvrit la carte.

- Je jure solennellement que mes intentions sont mauvaises.

Il prit quelques secondes avant de trouver le nom de Marlène Mckinnon et le nom de Ludwig Strolley était juste à côté. Il secoua la tête dans tous les sens, rangea la carte des maraudeurs et entra dans la salle commune. La fête ne battait plus son plein, seuls quelques vrais habitués aux veillées étaient encore sur la piste improvisée au milieu du salon ocre. Il se laissa affaler près de Rémus et demanda après ses camarades.

- Où sont Cornedrue et Queudever ?

- Peter dit qu'il est fatigué, il est parti dormir et James, lui, est parti chercher de l'alcool.

- Parfait.

Ils restèrent assis à scruter la salle commune. Dorcas dansait avec Bilius Thomas, Evelyne Dean et Ronald Radnard discutaient dans un coin, Mona Burke était assise, pas très loin et tenait un verre à la main. Rémus remarqua qu'elle paraissait si seule, mais une autre scène attira son attention, Dorcas et Bilius se disputaient à nouveau. Il soupira et continua de regarder autours de lui, Jessica Stein et sa bande dansaient avec les Septièmes années, pendant que Marcus enivré se disputait en hurlant avec Garrett Stanley sur Merlin savait quel équipe de Quidditch, Ayni roulait des yeux en buvant son verre et en se tenant debout près de leurs têtes. Sirius donna un coup de coude à Rémus qui suivit son regard. Alice était allongée sur un divan, endormie et à ses pieds Lily fixait James Potter qui riait avec Casey Clagg. Ils se sourirent et appelèrent leur ami afin de bénéficier de ses boissons. James et Casey s'approchèrent d'eux, mais Patmol et Lunard continuaient de regarder la préfète. Obnubilée par l'alcool, elle n'avait aucune idée qu'elle n'avait pas cligné des yeux et avait même oublié de respirer tant ses épaules paraissaient tendus.

- On lui dit de venir ? Chuchota Sirius.

- Tu crois qu'elle a envi d'être près de lui ?

- Je crois qu'elle veut encore boire.

- Je crois que ce n'est pas bon pour elle.

- Elle parait seule…

- Et triste…

- Vous parlez de quoi ? Demanda James.

- Quidditch. Hurlèrent les garçons à l'unisson

Il fronça les sourcils puis haussa les épaules et s'affala auprès d'eux. Rémus remarqua que Casey s'était assise un peu trop près de James, puis il regarda Lily à nouveau. Elle souriait pensivement à Marcus, n'écoutant sûrement rien de ses paroles.

- Va lui parler. Tu sais faire ce genre de truc toi. Lui murmura Sirius.

- Oui, mais toi, tu sembles la faire rire plus facilement. Répondit Rémus.

- Mon meilleur ami a un problème avec ça, je ne peux pas.

- Tu crois qu'il n'a pas de problème avec moi non plus, il a failli m'étranger au bal d'Halloween.

- Qu'est-ce que vous manigancez ? Lança James à nouveau.

Sirius regarda la salle à nouveau. Elle s'était vidé plus rapidement que prévu, il regarda l'heure. Une heure du matin. Il se leva prit la bouteille et monta sur le sofa.

- A tous les non prudes et les amoureux du rire, venez, on va jouer. Dites pas non, c'est mon anniversaire. Allez, viens par là, petite Dorcas, tu es concernée aussi !

Bilius fixa Dorcas, l'air de dire, ce n'est pas le moment, mais elle le regarda avec dédain, tira son bras de sa main et avança vers les maraudeurs avec assurance. Mona, Evelyne, Ron, Ayni, Marcus et Garrett rejoignirent à leur tour. Bilius monta en claquant des pieds. Lily avait fermé les yeux sur le canapé ou dormait Alice, elle ferait semblant de dormir même si des Scrouts à Pétards entraient à cet instant. Elle sentit une ombre sur son visage et quelqu'un lui tira l'épaule.

- Je sais que tu ne dors pas. Je t'ai vu mater mon meilleur ami pendant une bonne minute.

Elle fit une grimace et présenta son doigt à Sirius.

- Quelle jolie démonstration de bonne foi. Allez, Rouge, reste pas ici, tu as besoin de rire un peu.

- Je n'ai aucune envie de me trouver au même endroit que lui pas avant qu'il ne s'excuse de ce qu'il a fait.

- Tu lui as fait pareil. Toutes les vérités ne sont pas bonnes. C'est mon anniversaire !

- Et depuis quand ça devrait m'intéresser ?

Sirius hocha la tête et détourna le regard vers le groupe qui riait déjà. Tous, sauf James.

- Depuis que te parler l'enrage. Tu veux te venger de lui, viens boire avec nous, je croyais que tu ne laissais rien t'atteindre Evans !

- Arrête de dire n'importe quoi que pour me faire boire. Tu dis sûrement ça pour que je ne me mette pas à faire la préfète d'ici quelques minutes.

- Je m'en fou, j'ai la préfète-en-chef dans la poche, tu crois que tu peux la dépasser ?

Elle sourit légèrement et mit sa main dans la sienne, il l'aida à se lever et elle traina les pas derrière lui. Sirius fit en sorte de l'asseoir entre lui et James ce qui enragea les deux concernés. Rémus riait ouvertement devant leurs expressions.

- Qu'est-ce que tu veux jouer ?

- Au jeu, de « Je n'ai jamais ».

- Encore ? S'écria Casey.

- C'est ça ou strip quelque chose.

- Strip quelque chose ? Demanda Evelyne.

- Strip poker, Strip échec, Strip bavboules… Je peux rajouter le Strip partout dans mes jeux.

- J'ai rien dit. Acheva Evelyne.

- C'est ton anniversaire, commence. Lança James.

- Alors… Je n'ai jamais attiré l'attention sur moi pour avoir explosé sur un camarade devant toute l'école.

Remus et Dorcas éclatèrent de rire pendant que le reste de l'assemblée regarda James et Lily en souriant.

- Buvez…

Lily prit le verre et d'un geste sec, vida son contenu, puis le déposa de manière synchronisé avec James.

- C'était bas, Black. Lui asséna-t-elle.

- A toi, Lily.

Elle fronça les sourcils, réfléchit un instant puis lança avec un sourire espiègle.

- Je n'ai jamais gardé de secret à moi seule.

Tout le monde but, y compris Lily. Le seul vide qui resta intact fut celui de Marcus Shafiq.

- Mais Lily, tu pers aussi si tu bois. Ce n'est pas ça le principe.

- Je prouvais un point. Lança-t-elle avec malice. C'est plus important que ne pas boire.

James l'indifférent était en train de se laisser entraîner et l'alcool y jouait un rôle flagrant à nouveau. Il prit son verre et au moment où Rémus comptait parler, James cingla.

- Humm… Ok, à moi alors…

- Ce n'est pas ton tour. Chuchota Casey.

- Je ne me suis jamais parlé à moi-même pendant des heures.

Lily sentit son cœur s'arrêter. Comment il le savait ? aurait-il fait le lien avec le magnétophone qu'il avait vu l'année d'avant ?

- Bien sûr que si, je suis la meilleure compagnie que je connaisse. Déclara Sirius en sirotant son verre.

Lily but à son tour et comprit que James voulait déclarer une guerre. Si elle n'avait pas multiplié les verres ce soir, elle aurait continué à jouer l'indifférente avec succès, mais en chassant le naturel, il revient au galop et ces anciens reflexes de querelles avec le capitaine d'équipe prirent la navette de son cerveau.

- Je n'ai…

- Je n'ai jamais failli rendre un élève fou en me transformant en lui et en apparaissant dans son dortoir. Interrompit Lily.

- Quoi ? Demanda Marcus en ricanant.

James rit puis but son verre devant le regard incohérent des autres.

- Ok. Je n'ai jamais kidnappé quelqu'un. Cingla James.

Elle but puis fronça les sourcils et ordonna.

- Bois aussi !

Il sourit de plus belle et descendit son verre.

- On peut jouer nous ?

Ils haussèrent les épaules en même temps, inconscients qu'encore une fois ils avaient fait comme si le reste du monde n'existait pas. Encore une fois, ils avaient monopolisés la conversation.

- Je n'ai…

- Ah ! Je sais ! Je n'ai jamais été si imbu de moi-même que j'ai oublié que je sortais avec quelqu'un.

Il but la fixa et lança.

- Je n'ai jamais eu de meilleur ami si décevant que je n'ai plus réussi à faire confiance à personne.

Lily s'était levé et le toisait à présent.

- Je n'ai jamais été si peu sûr d'être digne des gens que j'ai peur de me faire poignarder par mes amis !

James s'était levé à son tour et une rage indomptable se lisait sur son visage.

- Je n'ai jamais eu si peu d'estime pour moi que je me bats comme une suicidaire qui finira sûrement tuée par quelqu'un…

Lily déglutit. Le temps s'était arrêté et personne ne parlait à nouveau. Elle fit plusieurs pas vers lui et il sentit son cœur battre à mille à l'heure. Il ne savait pas ce qui allait lui arriver, il la regarda d'un air inquiet et attendit accroché à son regard et ses lèvres qui s'ouvraient doucement.

- Je n'ai jamais été si maladroit et égoïste que j'ai fait et ferait fuir tout ceux à qui je tiens !

James ouvrit la bouche pour parler.

- Je n'ai jamais fait de rêve indécent d'une personne ici présente ! Hurla Sirius provoquant une hilarité générale et inattendue.

Ce n'était qu'à ce moment là que les deux Gryffondors debout dans la pièce réalisèrent la gêne qu'ils avaient encore une fois occasionné, la situation encore une fois inédite et avant que l'un d'eux n'en fasse plus ou pire, Rémus se leva les poussa devant la porte de la salle commune et les poussa à sortir.

- Je vous ouvre quand vous réglez vos problèmes.

Ils tentèrent de se débattre mais rien n'y fit.

- Dis à ton copain de nous ouvrir.

- C'est ton copain aussi, je te signale. Lança-t-il avec dédain.

Elle le fixa surprise.

- Et ça te dérange ?

- Quoi ?

- Vas-y, monsieur le transparent qui dit tout ce qu'il pense. Ça te dérange, que je partage ton ami ?

- Je m'en fou de ce que tu fais, Evans.

- Clairement. Ironisa-t-elle en lui tournant le dos.

Il se tourna vers elle et ne trouva que le dos de la jeune fille, elle portait une robe bleue courte et ses jambes blanches contrastaient parfaitement avec ce bleu électrique et ses cheveux flamboyants lâchés. Il continua de fixer ses jambes, puis ses yeux s'attardèrent sur ses reins, ses fesses et au moment où il daigna tourner le regard, elle pivota vivement. Elle s'arrêta net en remarquant quelque chose de différent dans son regard, elle sentit une chaleur monter en elle qu'elle n'avait pas l'habitude de connaitre. Son cœur se mit à battre si fort qu'elle eut envi de l'arracher.

Ils étaient là, l'un en face de l'autre à présent dans un couloir froid, au beau milieu de la nuit. Il portait un t-shirt noir simple qui rendait ses bras bien tracés et son buste alléchant. Elle ne put s'empêcher de remarquer que l'air était devenu électrique, elle ne put s'empêcher de vouloir écouter la pulsion folle qui la provoquait de la tête au pied et lui ordonnait de lui sauter dessus, elle respira longuement, cligna des yeux et croisa son regard. James avait le cœur en feu, les iris noirs et les mains fourmillantes, il voulait la toucher, il voulait la prendre par ce cou et l'étrangler doucement jusqu'à ce qu'elle lui cède, la coller contre ce mur et glisser sa main sur ses cuisses si laiteuses.

- Vous faites quoi ?

Ils se tournèrent tous les deux vers Marlène et laissèrent passer un long soupir. James reprit ses esprits et demanda à Marlène d'ouvrir la porte de la salle commune en lui expliquant brièvement le sort qu'avait lancé Rémus. Il se faufila derrière la porte dès que Marlène finit de hisser sa baguette.

- Ça va Lily ?

Marlène avait posé sa main sur son épaule et réalisa que la jeune fille semblait fiévreuse, elle déposa une main sur le front et la joue de Lily.

- Mais tu es bouillonnante, tu as attrapé froid ? Tu es toute rouge.

« Il s'est passé quelque chose là ?! Il s'est passé quelque chose, comment un mec peut me donner autant chaud sans me toucher. C'est la situation, l'euphorie ? La rage qui s'est transformé en chaleur ? Qu'est-ce qui m'arrive ? Qu'est-ce qu'il me fait avec ces yeux ? Je ne suis pas en train de devenir une groupie de Potter ? Non, Merlin non ? C'est ça ? Je suis… ? Il me regardait ? Je suis soule… Je ne comprends rien… Il s'est vraiment passé quelque chose ? »

- Merlin, Lily parle.

- Hein… Je suis peut-être un peu… Bourrée.

Marlène sourit et aida son amie à entrer dans la salle. Elles regardèrent toutes les deux dans la même direction, l'une disant adieu à l'objet de ses désirs et l'autre découvrant à peine que son ennemi était l'objet de ces désirs.

Lily dormit à poing fermé ce soir-là et dans tous ces rêves James Potter jouait le rôle principal.

Casey Clagg ne savait pas ce qu'il s'était passé entre Lily et James, elle ne savait pas pourquoi, il était revenu plus maussade qu'avant, elle ne savait pas réellement ce qui se passait entre eux deux, mais elle avait peur de demander. Tout le monde semblait dire que les deux têtes de Gryffondors ne s'entendaient plus du tout, même le semblant de complicité qu'ils avaient eu l'année d'avant pour sauver l'école, avait été perdu dans la foulée, tout le monde pensait qu'ils ne se supportaient plus à nouveau, tout le monde avait son mot à dire sauf leurs amis. James s'était installé près de Casey, avait sourit froidement et s'était absenté mentalement pendant un moment, avant qu'elle ne pose une main sur son bras. Il sursauta et se tourna vers elle, elle avait une fine bouche, de grands yeux et de beaux cheveux bruns, mais son visage lui semblait fade, il réalisa qu'en réalité son visage lui semblait nu, pour la simple et unique raison qu'elle n'avait pas de tache de rousseur, pas comme Lily, elle n'avait pas les yeux verts de Lily et tant mieux. Il lui sourit, elle sentit son cœur s'accélérer quand il lui prit la main, elle le suivit dans son dortoir sans rechigner.