20. Un dimanche normal à Poudlard
Le lendemain matin, Lily se réveilla avec une migraine atroce. Elle tourna difficilement le dos vers la droite et fixa l'horloge près d'elle, huit heures, dimanche… Elle ferma les yeux à nouveau, il était hors de question qu'elle sorte se promener avec une gueule de bois, une migraine et un désir nouveau. Elle entendit quelque chose bouger près d'elle, Alice gigotait dans son lit, elle longea le regard et ne trouva pas Evelyne dans son lit à nouveau. Elle soupira et se leva, quelque chose en cette fille attirait l'empathie de Lily, sans qu'elle sache pourquoi.
Evelyne avait été une des filles du dortoir de Marlène que Lily connut à travers cette dernière. Evelyne, Mona, Ayni, Sacha et Marlène. Cinq filles qui au début étaient inséparables et connues à l'école, puis en grandissant, chacune évolua différemment, la préoccupation première d'Evelyne et Sacha devint la mode et les garçons, pendant qu'Ayni devenait mature et préfète et Marlène restait la même âme d'enfant intrépide.
Lily avait vite remarqué qu'Evelyne ne se souciait pas vraiment de son entourage ou des sentiments des autres lorsqu'il s'agissait de garçons. Elle avait essayé de sortir avec Amos Diggory bien qu'il plaise à Sacha, sa meilleure amie, ensuite elle avait jeté son grappin sur Sirius Black qui n'eut aucune réaction envers son existence même, elle tenta de passer à Frank Londubat qui ne soucia pas plus que cela d'elle et après qu'elle ait utilisé Roger Van Der Sar pour rendre un autre ex jaloux pendant des mois, elle finit par se calmer, ou du moins ce que crut Lily, jusqu'à ce qu'elle la voit dans ce couloir avec Gregory Brown, bien qu'il ait une petite amie.
Bien qu'elle pense peu d'elle et de ses vertus, elle ressentait une compassion sans limite vers son état et ne pouvait s'empêcher de s'inquiéter pour elle. Lily ne saurait expliquer son cas, mais elle pouvait faire confiance à son instinct, ou du moins elle tentait. Après avoir fait sa toilette, passé des vêtements moldus, mis sa cape et son châle, elle descendit les escaliers et trouva la jeune fille avachie dans la salle commune, une lettre dans sa main.
Elle interpela Evelyne mais celle-ci ne répondit pas. Lily la secoua légèrement en murmurant son prénom, mais rien ne se passa, alors une crise de panique se prit d'elle.
- Revigor !
Evelyne ne bougea pas.
- Bouge, Evelyne ! Réveille-toi, merde !
Elle la secoua puis la gifla si fort que cette dernière garda la marque des doigts de Lily sur sa joue. Lily ouvrit la bouche de la jeune fille et approcha son nez, elle écarquilla les yeux et se leva en vitesse, pas très sûre de l'odeur. En ayant passé son stage avec Pomfresh, elle avait appris à reconnaitre les signes d'un empoisonnement, ceux d'une potion et ceux d'un sort… Lily lança un « Periculum » à travers la fenêtre et s'accroupit près de la jeune fille en tentant de la réanimer. Elle regarda la lettre tombée de sa main et l'ouvrit après quelques instants d'hésitation.
« Chère Evelyne Dean,
Je te serai gré de cesser d'importuner mon fils, tu en as déjà assez fait. Il avait déjà une vie assez difficile ainsi, pour que tu continues de la lui pourrir. Il est différent de vous et vous en avez profité.
Je sais que tu vas sûrement prétendre que tu l'aimes, mais l'amour ne pousse pas à la mort ou du moins celle cérébrale.
Reste loin de lui, et refais ta vie, tant que tu peux, parce que la sienne tu l'as un peu brisé et pas que… !
La mère de Gregory Brown »
Lily se tint la bouche et se remit à tenter de réveiller la jeune fille.
- Encore cinq secondes, si personne ne vient je t'emmène moi-même, même si Poppy dirait que je dois ne pas te faire bouger, même si je ne peux pas te faire léviter dans cet état.
La porte s'ouvrit à la volée laissant entrer le professeur Mcgonagal, suivie du professeur Ludwig Strolley.
- Professeur, elle un mangé un poison. Un poison, pas une potion. C'est madame Chourave qui peut nous aider, elle a mangé une plante…
- Comment ?
- Je l'ai trouvé ici… J'ai reconnu les symptômes d'après son haleine et la couleur de ses ongles, regardez… Elle a aussi la marque de ma main sur sa joue… Elle ne reprend pas sa couleur naturelle… nous…
- Nous ne pouvons pas la faire léviter de peur que la plante ingurgitée soit toujours vivante et que le poison se mette à se propager.
- Oui…
- Je sais ce que nous allons faire. Appelez Madame Pomfresh, Evans et dites lui de prendre avec elle un outil contingent. Ordonna Ludwig.
- Pourquoi ?
- Je dois sortir la plante si elle est vivante de sous la peau, c'est le seul risque pour que ça ne se propage pas.
- Vous voulez l'ouvrir ? Hurla Lily.
- Courrez !
Lily sortit en courant et réalisa que de l'eau lui barrait la vue. Elle toucha son front et réalisa qu'elle transpirait, elle s'essuya le front et courut de plus belle. Quelques secondes plus tard, Pomfresh lui souriait, avant que ce sourire ne s'estompe devant l'air effaré de Lily.
- Qu'est-ce qu'il y'a ma belle ?
- Poison… ma camarade quelqu'un… Ou elle a mangé du poison ! Elle est dans la salle commune, on doit y aller avec un outil contingent.
- Attends je ramène tout mon kit, avec les antidotes, et tu sais faudra revenir me voir, j'ai des nouvelles sur nos travaux.
- Dès qu'on règle cela. Cours Poppy !
- A mon âge !
Elles entrèrent dans la salle commune et trouvèrent d'autres visages de Gryffondors réveillés.
- Ouvrez-lui la bouche. Ordonna Pomfresh.
Elle sentit l'haleine de la jeune fille et déposa un bout de coton sur les recoins de sa joue intérieur puis les sortit et enfonça le coton dans un bocal. Le bocal prit instinctivement la couleur verte émeraud, alors l'infirmière écarquilla les yeux.
- C'est du poison reptile ! La plante est vivante et je ne sais pas où elle est logée. Nous devons ramener quelqu'un de Sainte-mangouste.
Minerva sortit en courant pendant que Ludwig tournait en rond.
- Il y'a un sort pour localiser les mots que je connais…
- Pardon ?
- Je connais un sort pour localiser les mots, vous croyez que vous pouvez l'utiliser pour localiser une plante ?
- Où vous l'avez appris ?
Lily ne répondit pas. Elle regarda son professeur de DCFM chercher une solution et haussa les épaules. Il la fixa puis regarda derrière elle.
- Rentrez dans vos dortoirs, je dois réfléchir en paix.
Lily se tourna pour les envoyer, quand elle vit James et Casey descendre main dans la main. Ils arrêtèrent ce geste dès que Ludwig posa les yeux sur eux. James s'avança vers eux laissant les autres emmenés par Rémus Lupin vers leur dortoir.
- Potter, vous aussi.
James l'ignora et regarda Evelyne à moitié morte à leur pied.
- Professeur, on peut essayer... Tenta Lily.
- Evans, si vous ne me dites pas d'où vient le sort, comment je peux le transformer ? Ni comment vous voulez que je l'utilise ?
- Quel sort ? Demanda Pomfresh.
- Je connais un sort qui permets de localiser les mots sur un livre et je me demandais si je ne pouvais pas faire pareil pour localiser la plante.
- On peut… On devrait c'est brillant ! Et à ce moment là, je jette le sort pour l'immobiliser, et Ludwig le sortira. Déclara Pomfresh.
- Et si on touche un organe ? Si le sort ne fonctionne pas ? C'est de la magie blanche au moins ?
- Mais bien sûr ! S'indigna Lily.
- Ça reste dangereux parce que nous n'avons pas idée de l'endroit ou se trouve la plante et elle risque de s'attaquer à un organe, il faut juste ouvrir, je ne vois pas d'autres solutions, même avec tous les risques que ça risque d'engendrer…
- Je sais comment contourner ça. Interrompit James.
- Vous n'êtes pas sensé être ici.
- Le professeur Mcgonagal connait un sort qui permet de transformer n'importe quoi en n'importe quoi. Attendez, je vous explique, elle peut visualiser la plante dans son esprit et la transformer en livre par exemple, même sans la voir en face d'elle, il suffit qu'elle soit dans la pièce.
- J'ai un moyen de savoir où peut approximativement se trouver la plante. Déclara Slughorn qui venait d'entrer à son tour.
- Stop. Stop ! Hurla Ludwig.
- Nous n'avons pas de temps Ludwig. Hurla Chourave qui suivait le directeur de Serpentard.
- Bon. On fait un plan… Slughorn vous essayez de reconnaitre l'endroit, Minerva transformera la plante en livre et Evans vous nous localisez un mot dessus, ensuite Chourave vous mobilisez la bête-livre et je la sors du corps avec l'aide de Poppy…
- Sauf que Minerva n'est plus là. Elle va nous amener quelqu'un de Sainte-mangouste.
- Potter, tu connais le sort ?
- Oui… Mais je ne le maitrise pas autant que le professeur.
- Tu peux essayer ? Demanda Pomfresh. C'est un sort connu ?
- Non, sa propre invention, elle me l'a montré. J'ai déjà transformé un cendrier en encrier, sans le voir, mais si c'est plus gros que ça, je ne sais pas.
- La plante reptile est plus petite, elle a la taille d'une feuille d'érable. Déclara Chourave.
Lily regarda Evelyne et eut peur que James ne rate son coup. Elle regarda Slughorn ouvrir sa malle et sortir une potion, elle devait aller chercher Mcgonagal, Potter risquait de faire une erreur. Elle se tourna vers lui inquiète et remarqua qu'il n'essayait pas de faire son malin, il avait un regard aussi inquiet qu'elle. Elle le tira par le pull et il se tourna vers elle le cœur battant.
- Quoi ?
- Viens.
Elle l'écarta de la foule et inspira profondément puis lança.
- J'ai un paquet de dragée de Bertie dans ma poche, tu l'as déjà vu, tu le connais. Essaie de le transformer en petit carnet, tu peux ?
- Quoi, je jette le sort sur toi ?
- Oui, essaie sur moi d'abord, on risque rien. Elle, elle est entre la mort et la vie. Murmura Lily.
Ils regardèrent derrière eux, les professeurs se concertaient encore et Slughorn finalisait toujours sa potion.
- On n'a pas le temps, dirige cette foutue baguette sur ma poche. Ordonna Lily entre ses dents.
- Non, Evans, je ne vais pas essayer sur toi.
- Donc, tu n'es pas sûr ?
- Ce n'est pas ça.
Lily le fixa en tapant des pieds.
- Tu préfères prendre le risque sur elle ? Moi, je n'ai rien, bordel, vas-y. Tu ne peux pas prendre un risque sur elle… Potter.
Il continua de la regarder et déglutit. Elle l'avait toujours appelé Potter, mais ne l'avait jamais supplié avec autant de retenue, pas avec son nom en tout cas. Il s'approcha d'elle.
- Elle, je la connais à peine.
Lily fronça les sourcils et pencha la tête.
- Toi…
Elle continua de le regarder accroché à ce « toi. »
- Tu risques de me pourrir la vie si je te fais quelque chose. Finit-il par lâcher en passant ses mains dans les cheveux.
Lily continua de le regarder, puis contre toute attente, elle sourit. Il lui rendit son sourire et dirigea sa baguette vers elle.
- Si c'est pour sauver la vie de quelqu'un, tu peux te tromper Potter, c'est pour ça que j'ai demandé que tu essaies sur moi.
- Je t'ai dit que tu étais suicidaire.
- Et toi mélodramatique. Il va rien se passer quoi, tu risques de transformer ma jambe en rein et alors j'en aurai trois !
Il pouffa de rire et se sentit si léger.
- Et pas de jambe.
- Une âme charitable me portera sûrement.
- Si tu n'avais pas dit charitable, je me serai proposé.
- Par culpabilité ou pour trouver un moyen de te moquer ?
- Sûrement les deux. Comme ça je t'appellerai l'estropié.
- Dixit le binoclard.
Ils se sourirent en même temps.
- Ouais on fait la paire.
Lily cessa de sourire et son esprit revint à elle. Elle se mit à hocher la tête, pesta contre elle-même et dirigea sa main vers la sienne. Elle guida sa baguette vers son corps.
- Même si je t'ai dit que c'est la poche, il faut que tu trouves tout seul. Concentre-toi sur la boite et pense à un carnet, mais avec une écriture. Il faut qu'il soit rempli.
- Tais-toi. Lança-t-il en fermant les yeux.
Il resta ainsi un instant, pendant que Lily scrutait les traits de son visage, elle se mit à sourire et soupira.
« Je suis tellement foutue ! »
Quand il ouvrit ses yeux, elle sourit par nervosité. Il sourit à son tour et en oublia même le nom du sort. Il hocha la tête.
- Tu me déconcentres.
Il ferma les yeux et Lily se mit à sourire à nouveau.
« Je le déconcentre »
James ouvrit un œil imperceptiblement et la surprit entrain de sourire à nouveau.
- Bon Evans, tourne-toi.
- Quoi ? Mais tu es malade ?
Elle ne criait même pas, elle ne faisait que sourire, on aurait dit que quelqu'un lui avait lancé un sort de chatouillement. Il s'approcha d'elle et soudain elle se sentit petite, il diminua encore plus l'écart entre eux, se baissa vers elle et murmura.
- Tu es de bonne humeur pour quelqu'un qui veut sauver… Concentre-toi et laisse-moi me concentrer, tu veux ? Maintenant, tourne-toi.
- Pas alors que tu es aussi proche.
James sentit ses entrailles se rebellaient contre lui, il allait l'embrasser. Il voulait lui tirer le menton avec force et lui mordiller la lèvre pour son insolence. Il savait qu'elle le voyait regarder ses lèvres, mais il n'en avait plus rien à faire. Soudain, elle se tourna, lui offrant son dos.
- Allez, le sort.
Elle laissa ses épaules s'affairer et soupira, James suivit chaque mouvement de son corps avec ses yeux et ne put s'empêcher de la toiser.
- Bon alors…
Il souriait encore lorsqu'il ferma les yeux et dirigea sa baguette sur elle. Elle sentit la boite grandir dans sa poche puis devenir gênante. Elle se tourna vers James qui avait ouvert les yeux et elle passa sa main dans sa poche avant d'en sortir un carnet, elle l'ouvrit et y trouva seulement un mot : « Délivrance ». Elle feuilleta les autres pages, mais il n'y avait rien d'autres.
- Il n'y a qu'un seul mot.
- Tu sais que ce sort est extrêmement difficile, tu sais que je viens de le réussir du premier coup.
- Tu veux une récompense pour ça ?
Il lui offrit un sourire en coin taquin et elle avala de travers.
- Bon ferme-le.
Elle ferma le carnet, puis il s'ouvrit à nouveau avec plusieurs phrases écrites dans différentes pages.
- Cherche maintenant le mot que tu veux.
Elle dirigea sa baguette et les pages tournèrent seules.
- Le courage n'est pas l'absence de peur mais la capacité de la vaincre. Lut-elle à voix haute.
- Tu as cherché quoi comme mot ? Courage ou peur ?
Lily n'osa pas le regarder.
- Peur…
- Je m'en doutais…
- Tu as sorti cette expression d'où ?
- Je l'ai lu quelque part.
Elle feuilleta les pages et vit cinq phrases se répéter.
« Aie confiance » « Les apparences sont trompeuses » « Délivrance » « Le courage n'est pas l'absence de peur mais la capacité de la vaincre » « Les amis sont la famille que l'ont choisi »
Elle pencha la tête et il lui tira le carnet des mains.
- Satisfaite ?
- Allons-y.
Ils rejoignirent le professeur Chourave, Ludwig, Slughorn et madame Pomfresh. Le professeur Slughorn venait de faire passer une potion à travers la gorge d'Evelyne, ils attendirent quelques secondes seulement avant qu'une petite lumière bleue ne s'allume sur la cage thoracique de la jeune fille.
- Oh non ! Lança Slughorn.
- Quoi ? Demanda James.
- Si la plante est dans son cœur nous n'avons vraiment pas de temps à perdre. Ma chère Pomona pouvez-vous montrer la plante à Potter.
- Accio « Plantes dangereusement incomestibles »
Le manuel tomba directement au pied de James, le professeur de botanique s'agenouilla avec le capitaine d'équipe afin qu'elle lui montre la plante en question, il fixa la page pendant plusieurs secondes et releva les yeux vers les professeurs autours de lui. Ils attendaient beaucoup de lui, il n'avait pas le droit à l'erreur et il sentit une pression nouvelle monter en lui, une pression différente de l'attente d'un public de Quidditch, ou des amis blagueurs, ou d'étudiants attendant de lui la meilleure soirée, on attendait de lui de sauver une jeune fille, comme avec les Octo, comme l'année passée. Il souffla profondément et replongea son regard sur la plante.
- Potter, vous pensez être prêt ? Nous n'avons pas de temps à perdre. Lança Slughorn.
Il hocha la tête et avala difficilement, il dirigea sa baguette vers la lumière et sentit son cœur s'affoler, Lily remarqua sa baguette trembler légèrement, alors elle s'approcha de lui et avant qu'il ne ferme les yeux, elle pressa son épaule. Il tourna le regard vers elle et vit de l'encouragement dans son regard, elle hocha la tête et il l'entendit presque lui dire qu'il pouvait réussir. Il ferma les yeux et dirigea sa baguette fixement cette fois sur la cage thoracique de la jeune fille. Il visualisa un magazine de Quidditch juste après avoir visualisé la plante, et contrairement à la transformation de la boite de Bertie crochue, il ne pouvait savoir s'il avait réussi. Soudain, la lumière changea de place, tout le monde s'arrêta net.
- Oh non ! S'écria Pomfresh. Elle se déplace
- Vous croyez que j'ai transformé autre chose ? S'écria James.
- Quel bouquin ? Demanda Lily.
- Quidditch.
Lily dirigea sa baguette et soudain la lumière bleue cessa de bouger, alors Ludwig prit un cathéter et ouvrit l'endroit où était supposé se trouver l'ancienne plante, du sang se mit à couler, Slughorn y lança un sort pour l'arrêter et Pomfresh se met à jeter des sorts pour aseptiser la plaie et éviter une hémorragie, Slughorn qui entre temps concoctait une autre potion eut un sursaut, lorsque la main de Ludwig sortit de l'abdomen de l'enfant avec un magazine de Quidditch ensanglanté et un bout de trachée collée.
James et Lily soufflèrent d'un coup, croyant que le danger était passé et surtout se félicitant mentalement de ne pas avoir mis leur camarade dans un plus grand danger, soudain ils remarquèrent que les professeurs s'étaient arrêtés avec la même expression de panique. Seule Poppy continuait de soigner la jeune fille ensanglantée et ouverte.
Au même moment, Minerva entra avec une grande femme d'un certain âge qui ne semblait pas être dérangée par la vue devant elle. Elle semblait blasée et avait ce regard inexpressif qu'arboraient les médecins moldus après des années de pratiques dans le domaine. Seulement lorsqu'elle vit le magazine de Quidditch dans la main du jeune professeur et qu'elle vit un bout de trachée collé à ce dernier, son expression changea du tout au tout et elle parut à Potter et Evans soudain très vieille. Ils se regardèrent sans dire un mot et virent Mcgonagal à son tour paniquer.
- Explications ? Demanda la sous-directrice de l'école.
Ludwig donna des explications brèves en ignorant complètement les expressions d'ahurissement passant par le visage de Minerva.
- Poppy, est-elle stable ?
- Elle a un bout de l'appareil respiratoire qui manque Minerva ! Hurla l'autre femme.
- Je vous présente Adeline Pollingtonious.
Tous les yeux la fixèrent avec une admiration nouvelle, seul James n'avait jamais entendu parler de ce nom, réalisant cela, Lily chuchota.
- Pollingtonious, le livre du guide du guérisseur. Elle doit avoir un lien avec l'auteur.
- Elle est connue alors ?
- Sûrement.
Les deux corps des jeunes adolescents étaient debout l'un à côté de l'autre et leurs mains étaient à seulement quelques centimètres l'un à l'autre.
- Poppy. Déclara Adeline. A l'infirmière ! Il faut décontaminer une aile tout de suite et l'emporter, pas en lévitant, mais avec une civière et en évitant n'importe quelle route paveuse, on doit passer par l'endroit le plus stable et surtout continuer d'arrêter l'hémorragie.
- Elle respire plus ! S'écria Chourave.
Soudain, les gestes se firent plus alertes. Entre tâter les pouls, mettre les mains stérilisés dans l'abdomen, faire des massages, chercher une voix respiratoires libres avec des doigts, ou même essayer de créer un tunnel magique dans son larynx, rien n'eut de succès, le corps de la jeune fille fut transporté en urgence à l'infirmerie sans plus tenir compte des autres consignes servant à éviter des infections ou inflammations, à présent le plus urgent était de rendre à cette fille son oxygène.
James et Lily restèrent debout fixant l'endroit où se trouvait le corps d'Evelyne, une marre de sang s'y trouvait encore, les fauteuils et chaises étaient déplacés, le bistouri était resté sur le sol, la moitié du kit de Poppy était toujours là, et la potion et le reste des ingrédients de Slughorn encombraient l'air d'une odeur intempestive. Les deux adolescents sortaient de leur torpeur petit à petit, James se laissa asseoir sur le sol pendant que Lily fixait la porte.
- Qu'est-ce qu'on a fait ? Demanda-t-elle en continuant de regarder la porte.
James ne répondit pas, il continua d'essayer de chasser de sa tête tout ce sang et le corps inerte de leur camarade, il se concentra sur des tas d'autres choses pouvant le ramener à la réalité, mais rien n'y fit jusqu'à ce qu'il remarque que Lily rangeait la salle commune, il se leva prêt à donner un coup de main quand elle lui ordonna sans lever la voix.
- Ne touche à rien, c'est ma manière de déstresser.
- Ok.
Il resta assis dans son coin à la fixer elle, seulement elle alors qu'elle se mouvait dans tous les sens, quand la porte s'ouvrit après une longue heure d'attente.
- Venez. Leur ordonna Ludwig.
Ils ne se firent pas répéter la phrase à deux reprises, ne demandèrent même pas où ils devaient se diriger, ni pourquoi, ils se contentèrent de suivre le professeur et réalisèrent en même temps qu'ils étaient en route vers le bureau du directeur d'école. Lily se raidit et James posa une main sur son épaule, puis la dépassa, elle souffla et le suivit à nouveau.
- Professeur, et Evelyne ?
- Le directeur vous attend.
Il rebroussa chemin sans leur donner le temps d'émettre aucune autre question, la gargouille les laissa passer et bientôt la porte s'ouvrit sur le professeur Dumbledore qui faisait les cent pas.
- Bonjour. Déclara-t-il sans les regarder ni même cesser de marcher. Installez-vous.
Ils marchèrent côte à côte, montèrent quelques marches puis s'assirent l'un en face de l'autre chacun occupant un fauteuil, ils se tournèrent vers le professeur qui marchait encore.
- Qu'est-ce qu'on a fait ? Chuchota Lily effrayée.
James la regarda enfin dans les yeux depuis plus d'une heure. Il ne l'avait jamais vu aussi vulnérable et avant qu'il n'ait le temps de dire un mot.
- Vous avez fait du bon travail, peu importe le résultat.
- Vous voulez dire quoi ? Demanda James.
- Votre technique en métamorphose James était époustouflante, quant à Lily, je dois dire que je ne suis pas étonné de votre passion pour les sortilèges, Fabian Prewett m'en avait déjà touché un mot.
- Je… Vous nous avez appelé pour nous féliciter ? Lança James ahuri.
Le professeur cessa de marcher et les fixa par dessus ces lunettes d'un air taquin puis se dirigea enfin vers son bureau, où il prit la peine de s'installer le plus lentement possible. Après s'être assis, il se tourna vers un tableau derrière lui et lança.
- Dites à notre cher ami que je viens ce soir.
Le tableau acquiesça et quitta son cadre.
- Jeunes gens. Je vous attribue cent cinquante points chacun pour cet exploit, vous êtes un duo indiscutable à chaque fois que vous entreprenez un projet ensemble.
Lily se sentit rougir et contenir une joie qui n'avait lieu d'être avant de connaître le sort de la Gryffondor entre la vie et la mort.
- Maintenant, vous avez tous les deux un trait de caractère que plusieurs appelèrent un défaut, oui, oui c'est la confiance. La confiance en votre magie et en votre capacité à faire tout et n'importe quoi, votre magie inventive a sauvé la jeune fille d'une mort certaine, mais elle l'a tout de même privée de respiration naturelle, vous avez confiance en votre magie, soit, mais j'ai besoin que vous l'entrainiez, la dirigiez et surtout la canalisez. Vos deux sorts étaient très bien réussis mais pour deux sorciers comme vous, j'ai besoin que vos sorts soient parfaits. Bien réussi n'est pas suffisant de nos temps.
Lily voulut poser une question, mais Albus Dumbledore l'arrêta avec un signe de la main.
- Evelyne Dean a ingurgité on ne sait pas encore comment, une plante appelée, la plante reptile, cette plante réagit comme un Caméléon se cache dans des organes et se nourrit d'eux, malheureusement pour elle, avant que le professeur Slughorn ne lui donne la potion, la plante avait commencé à se nourrir de la trachée de la jeune fille, mais la rapidité de vos interventions a fait que les dégâts ont pu être minimisés, Madame Pollingtonious a réussi à créer un bout de trachée grâce à celle restée collée sur le magazine et l'intervention ne peut se faire que dans quelques jours pour recoller un bout de l'appareil respiratoire de la jeune fille. En attendant, elle respire d'une manière très peu conventionnelle, mais les experts ont trouvé un moyen parfait pour la garder en vie.
- Comment ?
- Elle est dans une caisse en verre remplie d'eau et une Branchiflore lui est automatiquement administrée chaque heure, l'eau est thermale et donc nettoie de toutes les toxines et par la même occasion elle est curative pour nettoyer l'inflammation sur l'œsophage de la jeune fille.
- Et comme elle est dans l'eau, la Branchiflore respire à sa place, même si un bout de sa trachée n'y est pas… Continua James.
- Exactement.
- C'est tellement brillant. S'exclama Lily. Donc elle ira bien !
- Nous l'espérons, l'opération qu'elle devra subir dans quelques jours est dangereuse et expérimentale, mais les meilleurs sont auprès d'elle.
- Est-ce que ses parents sont au courant ?
- Sa mère est déjà ici.
- Elle va rester ici ?
- Effectivement.
- Elle se fera opérer ici ?
- Tout à fait.
- Qui lui a fait ça ? Finit par demander James.
- Vous pensez que quelqu'un lui a fait ceci ?
Lily se souvint enfin de la lettre qu'elle avait trouvé, elle se leva et sans aucune hésitation la tendit au professeur. Lily de l'année d'avant aurait demandé à garder cette information secrète ou en aurait parlé sans la présence de James Potter, mais Lily aujourd'hui avait confiance en lui, bien plus qu'elle ne se laissait admettre.
- C'est quoi ? Demanda le capitaine d'équipe.
Le professeur finit de lire la lettre et la redonna à Lily. Cette dernière la tendit à James sans réfléchir.
- Je vais garder cette lettre. Déclara le directeur après que James ait fini.
- Elle aurait voulu en finir ? Demanda le jeune homme.
- Elle est malheureuse en tout cas. Déclara la préfète.
- Mais de là, à vouloir se tuer comme ça ?
- Tu ne le sais pas toi, mais je passe beaucoup de temps à la croiser en pleurs ou en explosion de rage imminente, un soir sur deux, elle est dans la salle commune à ruminer ou écrire, elle ne dort presque jamais… Je la trouve toujours en bas à des heures pas possibles.
James releva un sourcil.
- Elle ne dort pas comme toi, quoi, c'est ça que tu dis ?
Lily ouvrit la bouche puis la ferma.
- Elle est malheureuse. Elle est même un peu harcelée, tu sais !
- Je sais !
Ils se fixèrent à nouveau, puis Dumbledore se racla la gorge.
- Nous n'avons pas encore plus ample informations pour nous prononcer.
- Qu'allez-vous faire professeur ?
Quelqu'un frappa à la porte, le directeur se contenta de faire un geste avec sa baguette et Maugrey Fol-Œil fit son apparition, suivi par une jeune brune, grande de taille que James reconnut immédiatement. Elle ne regarda pas les jeunes adolescents de prime abord, saluant d'abord son ancien directeur, puis elle se mit debout comme un pique derrière Alastor et regarda Lily puis émit un clin d'œil à James qui lui sourit.
- Ravie de vous revoir, James et Lily. Lança Emmeline.
- Bonsoir. Déclara Alastor sans cérémonie.
Dumbledore invita les nouveaux venus à s'installer mais Alastor refusa et dirigea son œil magique vers les deux adolescents assis en face du bureau.
- Potter, votre nom vous précède.
- Euh…
- Et Evans. Je me rappelle de vous...
Lily acquiesça, se rappelant de sa rencontre avec Maugrey. C'était juste après la mort de ses parents, le jour où elle était revenue à son ancienne maison, le jour où ils l'avaient tiré des griffes d'un mangemort.
- Albus encore une attaque ?
- Nous ne nous en savons pas plus. Mais l'élève est potentiellement hors danger.
- C'est la fille que tu as sauvé des Macmillan l'année dernière ? Demanda Emmeline.
James acquiesça.
- Ça joue au héros Potter ?
James émit un sourire arrogant et aperçut Lily rouler ses yeux.
- Bien, vous avez vu quelque chose de louche ? Quelqu'un a envoyé des lettres de menace ? Elle avait peur ? Y'a-t-il des traces d'infraction au château ?
- Elle entend beaucoup de remarques désobligeantes venant de certaines victimes ou leurs amis… Commença Lily doucement en essayant de répondre le mieux possible aux questions sans fins de Maugrey.
- Elle a aussi un peu plus peur depuis qu'elle a vu dans les journaux que les frères Macmillan sont en liberté, elle n'est pas à l'aise, son ami lui manque…
- Et elle a reçu une lettre ce matin venant de la mère de Gregory Brown…
Maugrey fronça les sourcils.
- L'autre garçon qui était torturé avec elle l'année passé, par les frères Macmillan et Emily.
- Il est où ?
- Il n'est pas revenu à Poudlard, il ne semble pas avoir repris ses esprits. Il avait été empoisonné par Emily et ses jours étaient comptés, mais il a miraculeusement réussi à s'en sortir grâce aux soins de Sainte Mangouste. Peu de temps après, ses parents l'ont fait disparaitre. Une seule fois, j'ai reçu une lettre d'eux et d'ailleurs je les suspecte de le cacher de ce monde et de vouloir lui faire oublier la magie et ce qui en provient. Si vous voulez mon avis, cette lettre atteste ma thèse, ils ne le laissent plus communiquer avec son amie. Acheva Albus.
- Elle pense que parce qu'elle a volé le petit ami d'un garçon tout le monde la punit, mais en réalité, personne ne sait qui blâmer… Et au lieu de blâmer Voldemort lui-m…
- Jeune fille, vous êtes effronté de dire son nom ainsi. Interrompit Maugrey.
Lily voulut rétorquer lorsqu'elle aperçut un sourire mitigé se former sur les lèvres de l'auror.
- J'aime bien.
Elle rougit et continua.
- Bref… Je… Pense juste que c'est une colère mal dirigée, elle n'est en rien fautive, mais les autres ne le voient pas ainsi, et peut-être que ça l'accable… ce ne serait pas la première élève à penser à la mort… Déclara Lily en regardant Albus.
Le vieil homme la fixa un sourcil relevé.
- Tu es au courant Lily ?
Elle acquiesça pendant que les autres les regardaient curieux, bien que conscients qu'ils avaient changé de sujet.
- Je le surveille. Déclara Albus.
Lily hocha la tête mais ne sembla pas le moins du monde convaincue et se promit de demander à Rémus de surveiller Bartélémus Rowley de plus près, après tout, il était son tuteur. Après une bonne quinzaine de minutes de questions et de réponses sans réelle conclusion, Emmeline décida d'accompagner James et Lily à leur salle commune. Le trajet fut pour le moins silencieux et Emmeline avec son tact légendaire sentit que les deux jeunes gens avaient peut-être besoin de se retrouver seuls. Elle se contenta de les accompagner à l'étage de l'entrée de la salle commune et avant de tracer son chemin, elle débita.
- Nous avons vraiment besoin de plus de gens comme vous, et Poppy m'a raconté ce que vous avez fait, c'est brillant… Continuez comme ça…
- Merci Emmeline. Lança Lily. Mais je t'avoue qu'on lui a quand même enlevé un bout de sa cage thoracique.
- Ce n'était pas vous mais la plante avant qu'elle soit transformée, d'après ce qu'on m'a raconté, sache prendre un compliment Lily. Déclara Emmeline avec douceur.
- Ah ! Elle ne connait pas ça. Déclara James.
Emmeline émit un rire franc et les regarda à tour de rôle.
- Ravie de voir que vous ne vous tuez plus. Vous formez une bonne équipe tous les deux quand vous vous criez pas dessus, allez, je vous laisse et James…
- Oui ?
- Ne prends pas la grosse tête ou je te la dégonfle moi-même.
Lily ricana.
- Ou mieux, elle s'en chargera… Déclara Emmeline avec un clin d'œil avant de les laisser avancer dans le couloir menant à leur maison.
Dès qu'elle tourna le dos, James se tourna vers Lily et s'arrêta net de marcher, puis se mit en travers de son chemin. Lily eut une impression de déjà-vu, il avait déjà fait cela à plusieurs reprises durant l'année d'avant, s'arrêter n'importe quand, la prendre au dépourvu, la provoquer avec ces regards et toutes ces fois où elle s'y perdait, elle ne pensait jamais aux vrais sens cachés de ses explosions verbales envers lui, ou de ces répliques cinglantes, elle ne pensait qu'à le repousser, sans écouter ce qui se passait plus loin, sans comprendre que ce n'était qu'un mécanisme de défense…
Elle pencha la tête à droite, croisa les bras sur son buste et attendit qu'il fasse quelque chose, il la fixa seulement une seconde de plus que la normale et avant qu'un combat fiévreux de regard ne prenne place, il prit la parole.
- Tu as une minute à perdre ?
Lily ne comprit pas sa question de prime abord, elle fronça les sourcils, il pointa l'autre couloir du doigt et tenta tant bien que mal de n'afficher que ces expressions les plus sérieuses. James allait commencer à parler, lui expliquer pourquoi elle devrait juste le suivre, que non, il n'avait pas l'intention de lui faire une farce… Il était paré, paré à se défendre encore et toujours devant ses attaques qu'elles soient fondées ou non…
- Ouais.
Elle répondit avec une nonchalance qu'il ne lui connaissait pas et c'est lui qui se retrouva immobile et en attente.
- Tu… ?
- Ok. Suis-moi.
Ils marchèrent côte à côte et soudain le doute prit part du corps et de l'esprit de James. Si elle l'avait suivi aussi docilement, cela voulait-il dire qu'elle voulait quelque chose de lui ? Qu'elle voulait lui parler aussi ? Qu'elle voulait juste lui tenir compagnie peut-être ? Il la regarda du coin de ses yeux et vit une expression neutre sur son visage, il secoua la tête vigoureusement chassant ses espoirs tueurs… Ses espoirs menteurs…
Il s'arrêta au sixième étage, à l'extrémité de la tour et guida Lily dans une sorte de balcon qu'elle n'avait jamais exploré auparavant. Elle marcha devant lui, il sourit, elle fronça les sourcils et il fit non de la tête, elle haussa alors les épaules, lui tourna le dos à nouveau et fixa l'horizon lointain. Il se mit debout près d'elle, mit une distance raisonnable entre eux et se racla la gorge.
- Ecoute…
Elle se tourna vers lui et James réalisa que de toutes les choses qu'il avait eu à faire dans sa vie, celle-ci était la plus réelle mais surtout la plus déroutante, il n'avait plus de mots et toute son assurance s'évaporait à vue d'œil, il aurait voulu lui dire qu'elle ne le fixe pas pour qu'il retrouve son vocabulaire, mais elle ne bougea pas… Il rassembla son courage, se passa la main dans les cheveux et détourna le regard une seconde vers l'horizon puis se tourna vers Lily.
- Ecoute Evans.
- J'essaie. Lança-t-elle avec malice.
« Ne joue pas avec moi. Ne me souris pas, par pitié ! »
- Pour l'autre jour…
Il s'arrêta encore une fois de parler et Lily réalisa que tout ce cirque n'était pas une mise en scène mais il était réellement nerveux et cette pensée lui donna chaud au cœur sans même qu'elle en comprenne la raison. Sans préméditation son regard s'adoucit et il voulut prendre ses jambes à son cou, ou prendre ses jambes à elle… James secoua la tête pour la énième fois.
- Tu veux parler du lendemain du bal ?
- J'ai un peu abusé sur les mots…
- Tu es en train de t'excuser ? Demanda Lily avec un sourire.
- Non.
- Ok. Parce que ce n'est pas réussi.
- Oh ! Ne me dis pas quoi faire Evans !
- Oh ! Te revoilà.
James sourit.
- Pourquoi tu dis ça comme si je t'avais manqué !
Lily pouffa de rire, elle rit de plus belle et pria Dieu que James ne comprenne pas la gêne derrière ce rire.
- Tu veux me dire quoi Potter ?
- Tu n'es pas fausse. J'étais en colère, tu n'es pas mauvaise… On m'a dit que ça t'a travaillé…
- Sirius. Marmonna Lily entre ses dents.
- Au fait quand Sirius le seigneur des répliques et de l'indifférence pense que j'ai exagéré, c'est là que je me dis ok, peut-être… il y'a un petit chouia d'excès.
- Un petit chouia seulement ?
- Et venant de toi !
- Justement, tu n'as pas dit pire que d'autres fois et j'ai déjà dit pire ou moins on ne sait pas, on ne compte plus je suppose…
- On est quitte alors ? Demanda James
- Non.
Elle se tut et craqua les jointures de ses doigts.
- Evans…
- Attends, je n'aurai pas du non plus t'insulter et tenter de t'humilier aussi méchamment, mais faut dire que…
- Je l'ai cherché ? Tu vas le défendre encore ?
- Je ne vais pas le défendre… Je…
- Alors quoi ?
- C'était mon meilleur ami…
James s'énerva à nouveau.
- Premièrement, je comprends pas… Je te jure j'ai essayé mais je comprends pas, pas la peine que tu me dises ce ne sont pas mes affaires, mais bon… Deuxièmement, pourquoi il n'a pas eu droit à ta colère lui ! Pourquoi tu l'as défendu alors que…?
Lily se toucha le front, ferma les yeux et décida de l'interrompre.
- PARCE QUE JE SUIS COMME CA OK ! Je ne sais pas laisser tomber les gens que j'apprécie, les gens que j'aime, je ne sais pas… Traite-moi d'idiote je m'en fous, je suis comme ça, je crois et je crois et je crois jusqu'à ce que je ne trouve plus rien à sauver…
James lui adressa un regard mêlé d'admiration, rapidement remplacé par un regard fataliste.
- Sauf moi.
- Quoi ? Demanda Lily prise au dépourvue.
- Tout le monde peut être sauvé et tout le monde peut-être charitable sauf le grand méchant Potter…
« Idiot ! Si tu savais. » Pensa la jeune fille. Elle ouvrit la bouche et la ferma à plusieurs reprise, mais James n'attendit pas.
- C'est pas grave Evans, de toute façon, j'ai compris pas besoin de me faire des dessins, et si je t'ai demandé de te faire perdre de ton temps c'était juste pour te dire de ne pas te prendre la tête pour ce que j'ai dit, tu n'es pas fausse, tu as tes secrets, peut-être même que tu aimes garder les choses pour toi tout simplement, je ne suis pas venu pour reparler de l'incident du lac et ce n'est qu'un dommage collatéral ton ami, ce n'était pas mon but de te faire perdre ton ami.
James retroussa son nez de dédain. Lily voulut parler, mais il fit un signe de sa main.
- … Tu croyais aussi que je me foutais de ta gueule tout le temps et que je ne vaux pas mieux qu'un calamar géant et je…
- Potter…
- Non, juste écoute, je ne cherche pas d'excuses ni d'explications parce que… Parce que ce n'est pas important. Ce n'est plus important. Sache que nous aurons à travailler ensemble dans beaucoup de projets cette année et je voulais qu'on arrête de se dire des conneries donc voilà…
- Je… ne… comprends pas.
- Je te ferai plus chier Evans. Je ferai en sorte que tu sois énervé contre moi au même niveau que les autres et pas autrement…
Elle avala sa salive difficilement et regarda ses pieds.
- Bien. Dit-elle en relevant la tête avec la même expression neutre qu'elle avait en arrivant.
- Voilà, nous devons finir le devoir de DCFM et donc j'attends que tu me dises quand tu voudras qu'on le fasse, moi je n'ai pas d'entraînements aujourd'hui.
- Je vais à Pré-au-lard avec Alice.
- Ok. Envoie-moi un hibou quand tu es libre.
James changea complètement d'expression et les regards attardés cessèrent. Il sourit poliment et s'en alla.
- A bientôt Evans.
Il était déjà loin quand Lily réalisa qu'elle regardait son dos disparaître. Elle secoua la tête et décida d'aller rejoindre sa meilleure amie.
Alice vit James arriver en premier.
- Où est ta petite amie ? Demanda la jeune brune pour le taquiner.
- Dans son dortoir.
- Ah ! Tu réponds sans détour cette fois.
- Il n'y a pas de détour, elle est vraiment dans son dortoir au sixième.
- Au sixième ? Demanda Alice.
- Yep.
Il sourit et alla chercher ses amis. Alice le regarda partir en se demandant de qui il parlait... Les cinquièmes années étaient au sixième... Elle n'eut pas le temps de réfélchir, puisque Lily entra juste après.
- Tu étais où ? Raconte-moi ce qui s'est passé à Evelyne ?
Lily avait la tête ailleurs.
- Lily ?
- Oui ?
- Ça va ?
- Je crois que non.
- C'est Evelyne ?
- C'est moi.
Sans crier gare la jeune rousse monta les escaliers quatre à quatre laissant son amie plantée, le temps qu'Alice la rejoigne, Lily avait la moitié des robes jetées sur le sol.
- Tu cherches quoi ?
- Une robe canon.
- Pourquoi ?
- Pour être canon ! Lança Lily.
Alice ne comprit pas de primer abord, elle suivit les gestes de Lily en la voyant jeter par dessus son lit toutes les robes qu'elle avait, elle fouillait comme une hystérique et faisait des grimaces sans même s'en rendre compte. Alice fixa son amie longtemps avant de penser saisir quelque chose.
- Tu veux plaire à quelqu'un ?
- Oui.
- Qui ?
- Moi. On m'a giflé, il est temps que je me réveille.
- Qui t'a giflé ? Hurla son amie.
- Métaphoriquement...
Alice ne comprit pas un traître mot et se contenta de suivre les gestes de son amie.
