22. Les apparences sont trompeuses
Lily ouvrit les yeux avec un mal de tête atroce, elle cligna des yeux plusieurs fois et avant qu'elle ne prenne conscience de l'endroit où elle se trouvait, une douleur équivoque prit part de sa cage thoracique ; elle avait mal. Elle avait mal à nouveau comme cette douleur lancinante qui nous ronge après un deuil, après la mort, comme après la perte de ses parents… La jeune rousse ne se rappelait plus de ce qui s'était déroulé depuis que Minerva Mcgonagal avait enlevé le sort de pétrification, elle tentait tant bien que mal de se remémorer, mais son cerveau lui faisait barrage, elle ne se savait pas comment elle avait atterrit dans ce lieu, elle ne savait pas ce qui était arrivé à James. Elle se leva malgré la douleur qu'elle ressentit dans son flanc, dans son crâne et la bile qui brûlait son thorax. Elle mit un pas devant l'autre et réalisa qu'elle avait une blessure sur le genou et qu'elle portait toujours sa robe plus très blanche. Elle se tourna vers la droite et réalisa enfin qu'elle était à l'infirmerie, les lumières étaient éteintes, seules quelques bougies près des lits étaient allumés, il faisait une nuit noire et sombre, aucune étoile ne filtrait des fenêtres et la pendule affichait deux heures. Lily se leva en soupirant et ferma les yeux afin d'atténuer le mal de crâne, elle essaya d'arpenter les alentours. Alice dormait à poings fermés dans un lit près d'elle quant aux autres lits de l'infirmerie, ils paraissaient tous vides. Elle marcha lentement jusqu'à ce qu'elle arriva devant un paravent qui avait attiré son attention et avant qu'elle ne fasse un geste de plus un bruit de claquement de porte la fit sursauter. Pomfresh entra suivie par Minerva.
Lily resta figée sur place, la respiration haletante. Ce n'est qu'après de longues secondes de silence, qu'elle rejoignit sa directrice et l'infirmière.
- Il est où ? Murmura la jeune fille.
Minerva se racla la gorge et déclara d'un ton doux.
- Il est à sainte mangouste, avant que les aurors n'arrivent deux des mangemorts l'avaient atteint... Il n'aurait pas dû y aller…
- Il va bien ? Il est réveillé ? Ses parents sont avec lui ?
En mentionnant les parents, Minerva et Pomona froncèrent les sourcils.
- Tu parles de qui, Lily ? Demanda Minerva en fronçant légèrement les sourcils.
- De Potter ! Vous parlez de qui ?
- De Damian Branchard.
- Où est Potter alors ?
- Il est là-bas. Déclara Poppy en pointant le lit derrière le paravent. Il ira bien.
Lily poussa un long soupir en fermant les yeux, elle se cacha la tête derrière ses mains et renifla longuement puis lentement sa respiration se saccada, ses épaules se relevèrent et elle sentit un gros cognard lui bloquer la respiration, alors elle expira difficilement comme si des épines lui bloquaient la gorge à chaque bouffée d'oxygène, un flot de larme inonda ses joues et elle éclata en sanglot. Pomfresh s'approcha d'elle et la prit dans ses bras.
- Tu es sous le choc. C'est pour ça que je t'ai fait dormir.
- Combien sont morts ?
Les deux femmes ne répondirent pas.
- Combien sont morts ? J'ai entendu un Avada avant que vous m'enleviez le sort professeur.
- Une enfant, une adolescente, une mère de famille.
- Ils ont tués la mère. Ses enfants n'ont même pas dix ans. Ils ont tués la femme qu'ils disaient ne pas être sorcière c'est ça ?
Minerva acquiesça.
- Et l'autre femme, ils ont tués sa fille devant ses yeux en un clin d'œil, un sort, elle n'existait plus… J'avais envi d'y aller…. J'aurai pu…
Lily continua de pleurer, mais cette fois-ci dans les bras de Minerva, pendant que Pomfresh alla lui chercher une autre potion.
- Les mangemorts, ils sont où ?
- Ils ont filés, ils n'ont réussi à avoir qu'un seul et un auror est entre la vie et la mort.
- Benjy ? Prewett ? C'est un jeune ? Je le connais ?
- Hestia Jones.
Lily se tint la bouche. L'amie d'Emmeline.
- C'est qui le mangemort capturé ?
- Fergus Mulciber
- Le père de Gotham.
- Lui-même.
Lily calma ses ardeurs petit à petit et se mit à réfléchir à vive allure.
- Comment ils ont su que Damian s'est battu avec son fils aussi vite, pas même une demi-heure… Ils avaient débarqué à Pré-au-lard, il n'y a pas de surveillance pas d'auror ? Comment peuvent-ils circuler aussi librement ?
- Lily, ne t'inquiète pas plus qu'il ne le faut.
- Pourquoi ? Parce que je suis ici en sécurité ? Je vous signale que même ici on a failli nous faire tuer. Comment il a pu communiquer aussi vite avec sa famille, professeur ?
- Je t'avoue que je n'en ai encore aucune idée. Mais le professeur Dumbledore est en train d'interroger à l'instant, Mulciber, Yaxley et Avery.
- Professeur… Et si l'un d'eux était mangemort déjà et s'il avait la marque sur le bras et qu'il suffisait qu'il appelle son père ainsi…
Minerva fixa Lily et voulut lui demander de cesser de s'importuner de ces questions, mais elle se rappela qu'en face d'elle se trouvait l'instigatrice d'un groupe de soutien pro-né-moldu, une investigatrice de la cause du Lautus et l'une des créatrice du groupe qui réussit à faire ce que les surveillants et professeurs n'ont pas réussi seuls, les décimer et les faire capturer. Lily Evans ne se reposerait que si les réponses à ses questions étaient découvertes.
- Ecoute Lily, je peux te parler de long et en large de toutes les théories que j'ai sur ces gens-là, mais ce n'est ni l'endroit ni le moment, tout ce que je peux te certifier et que notre directeur découvrira le pot au rose et si tu as raison, nous enverrons un autre élève de Poudlard à Azkaban.
Lily se tut mais ne fut pas convaincue par ces paroles.
- Qu'est-il arrivé à Damian ?
- Un doloris et un effet secondaire d'un sort qu'il a lancé lui-même. Lily, à quel point connais-tu ce garçon ?
- Pourquoi ?
- Sa magie est différente et tant qu'on ne sait pas où il a appris tout cela, évite de t'attirer des ennuis en sa compagnie.
Lily acquiesça.
- Qui est avec lui ?
- Des parents lointains, la famille Dumas.
- Et qu'est-il arrivé à Potter ?
- Un Doloris aussi.
- Mais il est tombé raide.
- Le sort était très puissant, Poppy dit qu'il avait reçu autant de douleur que s'il avait eu deux crises cardiaques simultanément, son corps ne supporta pas le choc.
Lily sentit sa mâchoire trembler à nouveau.
- Les enfants ? Il les a caché pas vrai ?
- Oui. Nous ne savons pas comment mais Sirius et James ont cachés les enfants et Rémus nous les a montré, ils sont en sécurité.
- Que va-t-il arriver aux… aux orphelins…
Une larme tomba sur sa joue, qu'elle effaça d'un revers de main agressif, comme si elle ne voulait pas être touchée.
- Une équipe de guérisseurs et des services de protection des enfants sorciers s'en chargera.
- Ils vont être tiraillés de famille en famille… Ils vont… comment ils vont grandir ? Sans parents… Ils sont si jeunes… le plus âgé avait compris, le plus âgé savait que sa mère allait y rester… Il a attrapé ses petits frères déjà comme un grand… comme…
Lily éclata en sanglot à nouveau et cette fois-ci seule la potion de Pomfresh put la calmer.
- Minerva un jeune auror est ici, il a une autorisation de chez Albus, il veut entrer les voir.
- C'est Frank. C'est sûrement Frank. Lança Lily qui était presque hébétée par la potion.
La porte s'ouvrit mais contrairement a attendu ce fut Benjy qui entra. Il salua les aînées et s'approcha de Lily.
- Bon sang Lily, tu ne peux pas t'empêcher de te trouver mêlée à un drame ! Comment va Alice ? Je suis venu dès que j'ai su.
- Elle va bien. Elle dort seulement.
- Elle devait être sous le choc.
Benjy s'approcha du chevet d'Alice et la toisa longtemps avant de revenir vers Lily.
- Je suis là, si tu as besoin de quelqu'un pour parler Lily.
- Pourquoi Frank n'est pas venu ?
- Il ne peut pas, je ne crois même pas qu'il est au courant. Il est en concentration.
- C'est-à-dire ?
- Formation pour infiltration. Il n'a aucun contact avec le monde réel.
- Lily, essaie de te reposer, je te laisse avec Benjy à présent. Bonne nuit.
- Bonne nuit professeur et merci.
Minerva hocha la tête et sortit juste derrière Pomfresh.
- Vous avez capturé le père de Mulciber ?
- Oui.
- Tu étais là avec les aurors ?
- Non, il y'avait les plus vieux et Emmeline et Hestia.
- Je suis désolée pour votre amie, j'espère qu'elle ira mieux.
- J'espère que ton ami aussi ira mieux, c'est Emmeline qui l'a emmené à Sainte-mangouste.
- Il était entre de bonnes mains alors. Dis-moi, pourquoi ils ont pu entrer aussi facilement à Pré-au-lard ?
- Ce n'est pas interdit. Tu sais, ils devaient se promener comme n'importe qui et puis dans un carrefour, une rue mal éclairée, ils revêtent leurs capes et masques et les voilà à terroriser, ils peuvent être n'importe qui, Lily.
Alice se mit à bouger alors Benjy s'approcha d'elle. Elle se réveilla doucement et sourit dès qu'elle vit Lily, puis adressa un regard interrogateur à Benjy.
- Tes cousins m'envoient et puis je m'inquiétais pour toi aussi.
- Je…
Elle se racla la gorge.
- Je n'ai rien. J'étais cachée, je suis restée à l'infirmerie juste pour rester près de Lily et j'ai demandé une potion pour dormir.
Lily prit son amie dans ses bras et se tut, puis Benjy et Alice commencèrent à discuter. Alice posa presque autant de question que Lily, pendant que la jeune rousse fixait le paravent. Elle revint à son lit et en voyant qu'Alice et Benjy discutaient encore, elle se releva et se faufila vers le lit où gisait Potter. Elle ne voulait pas qu'on lui pose de question, alors elle attendit qu'Alice soit dos à elle et que Benjy soit installé près d'elle. Elle marcha sur la pointe des pieds, tantôt discrètement, tantôt rapidement, tergiversant entre courir pour voir et revenir dans son lit pour ne pas répondre aux questions. Elle finit par arriver au bout de l'infirmerie et se planta devant le paravent. Soudain, elle sentit son cœur battre, elle effleura le matériau doucement, puis se faufila derrière sans faire de bruit.
Il dormait à poing fermé, ses lunettes étaient posées délicatement sur sa table de chevet, Lily put observer pour la première fois ces traits d'aussi proche et sans lunettes pour lui barrer la vue d'un visage ridiculement moulé. Il paraissait si serein. Elle scruta chaque parcelle de son visage, à commencer par son front, son nez plus droit qu'elle ne le croyait, ses longues cils collées l'une à l'autre, sa mâchoire carrée et ses lèvres closes, presque boudeuse. La couverture lui arrivait jusqu'aux épaules et elle se dit qu'il ne devait pas avoir bougé depuis qu'on l'avait mis ici. Elle s'approcha de lui afin de l'entendre respirer. Finalement, elle respira profondément à son tour et s'en alla.
- … Et dis à Frank que je l'aime, je l'attends. Ok ? Je ne savais pas qu'il ne pouvait pas me joindre, sinon, je n'aurai pas été aussi anxieuse.
- Je parie que maintenant, tu vas te concentrer plus. Taquina Benjy.
- Vraisemblablement.
- Lily, je te souhaite une bonne nuit et s'il vous plait les filles, vous êtes brillantes et intelligentes, ne gaspillez pas ça en vous faisant tuer trop vite.
Elles sourirent en même temps puis l'infirmerie plongea dans le silence.
- Je peux venir à côté de toi ? Lança Alice.
Lily acquiesça et c'est ainsi qu'elles dormirent cette nuit-là, l'une dans les bras de l'autre, l'une rassurant l'autre en silence. Chacune de son côté revivait les cris des enfants, le hurlement de la mère qui avait perdu son enfant, la détresse dans le regard des parents, la peur et l'impuissance face à l'injustice... Des sentiments qu'elles ne devaient pas connaître aussi jeunes, des sentiments qui pourtant faisaient parti intégrale de leur quotidien à présent.
Le Dimanche après-midi, Alice sortit de l'infirmerie, mais pour une raison encore inconnue, Lily, y était encore. Aucune visite n'était permise donc Marlène et Dorcas attendaient leurs amies de pied fermes. Marlène ne put se calmer qu'en voyant Alice revenir et qu'elle eut un compte rendu venant de sa part. Sirius, qui aurait voulu rassurer Marlène se fit violence autant qu'il le put pour garder la promesse qu'il s'était faite ; la laisser tranquille.
Flash-back.
Le jour de l'anniversaire de Sirius.
- Salut vieillard. Il y' a quelqu'un ? Demanda Sirius en passant par le portrait secret de Poudlard.
- Personne pour l'instant.
- Je peux descendre alors ?
- Fais comme chez toi.
Sirius descendit les escaliers du grand manoir et entra dans la pièce du sous-sol sans faire de bruit. Il lança plusieurs sorts et entra derrière les barreaux magiques quand soudain, il ne trouva pas la personne qu'il venait voir. La cellule était vide.
- Elle s'est enfuie ! Hurla Sirius. Elle s'est enfuie !
Le vieil homme descendit voir Sirius aussi vite que lui permettait son âge.
- Mais comment ? Elle n'a pas de baguette ! Et je viens de passer il y'a moins d'une heure.
Sirius se mit à tourner en rond et à transpirer.
- Elle ne peut pas aller loin, elle n'a pas mangé, n'a pas bu, n'a pas de baguette et n'a même pas de voix. Je vais la chercher. Je peux pas rester ici. Cingla-t-il ne laissant pas l'occasion au vieil homme d'omettre d'objections.
Sirius fit sortir le vieil homme du sous-sol afin qu'il se transforme en Patmol sans qu'il ne soit aperçu, il revint vers le matelas miteux qu'occupait sa prisonnière et renifla son odeur, puis sortit de la maison en gambadant. Il la trouverait même s'il devait y passer la nuit. Quelques rues et minutes plus tard, il la vit, elle marchait derrière les arbres en claudiquant, alors il fonça vers elle et mordit son autre jambe pour qu'elle tombe à terre, elle gémit sans qu'un son ne sorte de sa bouche et s'affala au sol telle une larve. Patmol profita de sa position, redevint Sirius et se mit devant elle.
- Tu veux aller où Muriel ?
Elle lui offrit son doigt d'honneur en se massant les pieds, alors pas un élan d'arrogance, Sirius lui rendit sa voix.
- Je ne te dirais pas où est Andromeda, même si tu me tortures pendant une année, tu ne peux rien contre moi gamin !
La voix de Muriel lui donnait encore la chaire de poule, il ne pouvait pas ne pas la hair, il ne pouvait pas oublier que cette femme avait failli livrer Nymphadora Tonks à Bellatrix Lestranges, il n'oubliait pas qu'à cause d'eux sa cousine était toujours prisonnière et son mari en fuite. Pourtant, il ne montrait rien, ni sa haine, ni sa peur qui petit à petit avait laissé place à une insouciance presque suicidaire.
- Sûrement quand tu auras retrouvé ta chère Bella, mais pour l'instant, tu ne peux rien pour toi-même alors tu me suis !
- Peut-être, mais il suffit que je parle moi, pas besoin de me battre… Ecoute-moi petit voyou, il n'y a pas que ta famille que je peux décimer, tu sais, j'ai déjà dit ce qu'il fallait sur les Potter…
- Tu ne peux rien contre les Potter et tes informations sont tellement erronées ! Bluffa Sirius.
- Ah bon !
- Oh oui ! Tu finiras la risée de tes amis, tu verras.
Muriel Mckinnon tenta de se lever, mais Sirius lui envoya un sort qui lui donna si mal à la tête qu'une larme se mit à couler de ses yeux. Soudain, elle se mit à ricaner hystériquement.
- Ah une fois que tu es un Black, tu l'es toujours ! Ce sort est le préféré de ta mère.
Sirius en colère à présent ne prit même pas le soin de lancer un autre sort, il s'approcha d'elle en lui administrant une gifle contenant toute sa rage. C'est alors, que contre toute attente, elle perdit connaissance, cédant à la migraine et à l'étourdissement causé par la gifle. Sirius toisa les alentours et fit léviter le corps de sa captive jusqu'à sa cachette puis l'enferma en demandant de l'aide à son hôte afin de multiplier les sorts de protection.
- Tu ne vas pas dire à Dumbledore que tu as kidnappé cette femme ? Lança le vieil homme en voyant Sirius s'en aller.
- Non. Ils mettent la vie d'Andromeda en second plan, parce qu'elle sert d'espion aussi. Elle a communiqué une fois par je ne sais quel miracle pour dire à Dumbledore qu'elle était en vie, alors au lieu de la sortir d'où elle est, il la laisse se faire torturer chaque jour pour qu'elle lui ramène des infos utiles le jour où il la sortira de là-bas, mais on ne sait pas si elle va sortir de là-bas, on ne sait pas si elle supportera…
- Fiston… Tu culpabilises ?
Sirius se frotta le front frénétiquement et mit une mèche de cheveu derrière son oreille.
- Si elle n'avait pas envoyé une lettre à James pour m'aider à sortir de ma dépression, elle n'aurait pas été trouvée… Je lui dois ça. Tu comprends ?
- Oui, et tu sais que ton secret est dans une tombe avec moi.
- Je sais…
- Tes amis savent ?
- James sait toujours tout.
- Muriel a causé beaucoup de tort en parlant des Potter à tu-sais-qui.
- Je sais et elle paiera pour ça.
- Elle a aussi parlé des siens une fois dans sa cellule.
- Des siens ?
- De Kayson Mckinnon, de Charlus et Calyptia Mckinnon aussi, elle a même mentionné leur fille, la jeune adolescente à Poudlard que gardait Kayson cet été.
Sirius broya du noir, il ne dit pas un mot et redescendit les marches quatre à quatre, passa à la cuisine remplit un seau d'eau glacé puis ouvrit la barrière ensorcelée de sa prisonnière. Sans ménagement, il lui jeta le seau d'eau glacé au visage, elle sursauta et revint à elle en grelotant.
- Qu'est-ce que tu dis sur ta propre famille, connasse ?
Muriel frissonna et fixa son geôlier sans ciller.
- Ne m'oblige pas à te jeter un sort ! Cingla l'aîné des Black.
Muriel ne parla pas. Alors Sirius s'approcha d'elle, il savait qu'il ne risquait rien puisque des liens invisibles lui maintenaient ses mains liées. Il tira son menton agressivement, puis mit ses mains autours de sa gorge.
- Qu'est-ce que tu sais ?
Muriel ne cilla pas, alors Sirius serra sa gorge de toutes ces forces. Un combat de regard prit place, mêlant haine et souhait de vengeance sur les deux paires d'yeux, soudainement, ne tenant plus, elle commença à tousser. Sirius lâcha prise puis enchaîna par le même sort des maux de têtes. Elle se crispa puis cria et enfin daigna le regarder en quémandant pitié.
- Parle !
- Arrête... S'il te plait... Arrête... le sort.
- Si tu parles !
Elle ferma les yeux et les serra si fort que des larmes jaillirent au coin de chaque œil bleu, elle gémit et murmura.
- Charlus et Calyptia ne sont pas en voyage comme le croit leur fille… si tu veux savoir où ils sont libère-moi ou je mourrais en gardant ce secret... Quant à Kayson… Son sort est scellé… Libère-moi… Je te dirai tout… A toi de voir... Je ferai le sermon inviolable de tout... te dire sur ma famille, mais libère-moi, laisse-moi... Rejoindre les miens...
Sirius recula d'un pas, il ne pouvait pas la libérer, s'il la libérait il n'aurait pas de poids de mesure contre l'armée de Voldemort, il ne pourrait pas demander d'échange pour la vie d'Andromeda, il ne pourrait pas les menacer de révéler les secrets que Muriel détient, même s'ils ne les connaissaient pas encore… S'il la libérait, il n'aurait plus aucun atout pour sauver ce qui restait de sa famille, et s'il ne la libérait pas, il ne pourrait pas non plus aider la famille Mckinnon. Il hésita longtemps, puis lança Silencio et Stupéfixia Muriel, il l'enferma à nouveau, ensorcela les barrières et la porte du sous-sol, puis remonta vers son hôte. Il resta assis silencieux près de vieil homme dont la santé se dégradait à vue d'œil puis soupira et se leva. Sa décision était prise, il devait sauver sa famille d'abord, Andromeda avait pris des risques inconsidérables pour lui, il ne pouvait pas laisser aller Muriel. Il ne pouvait pas libérer Muriel et cette guerre venait de se mettre à travers lui et la seule fille qu'il ait jamais voulu.
- Bonne nuit Sirius.
- Bonne nuit. Murmura ce dernier.
Soudain, une main se posa sur son épaule. Il tourna le regard et plongea les yeux dans ceux du vieil homme qui paraissait plus las que d'habitude.
- Ma maison te sera toujours ouverte. Et être un Black ne veut pas forcément dire être mauvais... Je suis là pour toi fiston.
- Je sais... Merci.
Il offrit une accolade au corps frêle et revint à son monde à travers son tableau secret.
Fin du flash-back.
Marlène qui enlaçait Alice, releva les yeux et vit Sirius la fixer, mais ce dernier détourna le regard en vitesse, alors la grande blonde se contenta de se concentrer sur l'état de son amie, plutôt que celui de son cœur.
James se réveilla ce Dimanche après-midi en ayant chaud. Il retira la couverture avec force et tâtonna à la recherche de ses lunettes, il les mit sur son nez et regarda autours de lui, il était à l'infirmerie, mais un paravent lui barrait la vue. Il n'entendait pas une âme bouger, il se leva doucement et respira longuement puis retira le paravent de devant son lit afin de chercher de l'eau. Il se retrouva directement face à Lily. Cette dernière en entendant du bruit sursauta et plaqua le livre dans ses mains, puis prit la baguette à côté d'elle, lorsqu'elle vit James debout, elle baissa sa baguette et sauta du lit, elle voulait courir et se jeter dans ses bras, mais ses pieds ne la portèrent pas, le combat interne entre son cerveau et son cœur s'était soldé de la même manière à nouveau, la raison l'emportait. Elle resta debout derrière son lit et lui devant le sien à se regarder en silence.
- Merci. Finit-elle par lâcher.
- Je n'ai rien fait. Lança ce dernier.
- Tu as empêché d'autres parents d'être sans enfants.
- Je…
James paniqua ne sachant pas tout ce qu'elle avait vu, aurait-elle compris qu'il était animagus ?
- J'étais pétrifiée à quelques pas seulement et cachée sous un sort de désillusion, j'ai vu un chien pourchasser des enfants et du même endroit tu es sorti, je sais que tu as dû les cacher, un sort de désillusion ?
- Et un Silencio. Rajouta James sans lui corriger l'information concernant le premier sort.
Elle soupira et il vit qu'elle avait l'air mal en point. Elle ferma les yeux, se gratta le front et finit par lâcher.
- J'ai vu le mangemort t'attaquer…
Il ne dit pas un mot se contentant de la regarder. Elle paraissait perdue à présent et il crut même apercevoir de la culpabilité.
- J'étais à quelques pas… Pétrifiée… Impuissante… Je l'ai vu t'attaquer et je ne pouvais rien faire.
James sourit ce qui la dérouta.
- Tu ne peux pas sauver tout le monde Evans.
- Je déteste être impuissante, il m'a pétrifié !
- Qui ?
- Rémus.
James fronça les sourcils.
- Parce que j'allais suivre Damian qui voulait s'attaquer au mangemort.
- Il t'a sauvé la vie.
- Il m'a bloqué !
- Il t'a aidé !
- Il m'a bloqué, Damian s'est jeté sur eux et il est à Sainte mangouste, toi, tu… tu t'es fait… attaqué devant mes yeux… J'ai entendu un Avada Kadavra… J'ai cru que tu étais mort ! Il m'a bloqué ! Si…
James s'approcha d'elle et se mit à rire.
- Pourquoi tu ris, merde ?
- Je ne suis pas mort Evans…
- Pourquoi tu ris, j'ai dit ?
- Parce que je ne pensais pas que tu ne voudrais pas que je sois mort.
- Tu es malade, je ne souhaite la mort à personne, même pas mes pires ennemis !
- Même pas moi !
Lily le fixa incrédule.
- Arrête de penser que je suis une harpie ! Je ne souhaite la mort à personne… Ce n'est pas un truc drôle, alors arrête de rire… Il y'a des enfants qui sont morts… Je l'ai vu tué la jeune fille… elle devait avoir onze ans, elle est tombée… comme… Devant sa mère… Le cri de sa mère…
Lily se mit à haleter, alors James s'empressa de lui ramener un verre d'eau oubliant qu'il le voulait plus qu'elle.
- Respire.
Elle but l'eau d'une traite puis lui retendit le verre qu'il s'attela à remplir à nouveau. Elle le prit sans rechigner, puis le vida à nouveau et tenta de réguler sa respiration.
- Tu es culottée quand même, c'est moi qu'on attaque et c'est toi qu'on doit consoler.
Lily fronça les sourcils puis en voyant ses yeux rieurs elle lança son oreiller sur lui. Elle sourit. Une sorte d'alarme sonna alors dans son cerveau, ses lèvres avaient bougé pour former un sourire, elle souriait. Lorsqu'elle comprit la raison de cette légèreté soudaine elle sourit de plus belle. James la regardait d'un air fier.
- Ce n'est pas grave, je croyais que tu disais être invincible toi.
- Je croyais que tu voulais ma mort…
- Les apparences sont trompeuses, Potter.
Il la regarda et une partie de lui lui cria d'aller la prendre dans ses bras. Elle le fixa à son tour et une partie d'elle lui cria de lui dire qu'elle ne le détestait pas mais alors pas du tout, pas même une molécule dans son corps ne l'abhorrait, bien au contraire. Il s'avança vers elle et elle sentit ses entrailles lui jouer un tour, il continua d'avancer jusqu'à ce qu'il arrive à sa hauteur, sans qu'ils ne se quittent des yeux, il se pencha et prit le verre posé à coté d'elle, puis repartit le remplir. Lily se sentit rougir, elle avait vraiment pensé qu'il allait la toucher, la prendre dans ses bras, elle s'était même retrouvée à rêver qu'il l'embrasserait, mais il ne voulait que boire. James jeta un coup d'œil vers elle et vit qu'elle rêvassait en fixant ses pieds.
- Pourquoi tu es encore à l'infirmerie ?
Elle haussa les épaules.
- Pomfresh ne veut pas te relâcher, c'est ça ?
- Oui, je ne sais pas pourquoi, je ne suis pas blessée.
- Physiquement...
- Ça veut dire quoi ?
- Je ne sais pas… Une supposition…
Lily haussa les épaules et se rassit dans son lit. James revint au sien et décala le paravent.
- Comment ça se fait que mon fan club n'est pas là ?
- Peut-être que tu n'as pas de fan club enfin de compte, peut-être que tu te montais la tête pour rien…
James pouffa de rire.
- En réalité, les visites sont interdites, il n'y a que Benjy qui est venu nous voir hier.
- Benjy ? Benjy Fenwick ?
- Tu en connais combien ?
- Pourquoi ?
- Je ne sais pas. Il a dit qu'il est venu dès qu'il a su, après il a discuté avec Alice et moi.
- Ça veut dire que l'une de vous d'eux lui tape dans l'œil.
- Hein ? D'où tu sors ça ?
- Un mec ne se déplace pas pour une fille pour rien. S'il est venu, c'est qu'il a quelque chose derrière la tête.
- Pas forcément… Il est peut-être juste attentionné et toi tu ne connais pas ça, donc tu penses forcément que c'est un truc négatif.
- Il en pince pour toi alors… Surenchérit James.
- Non. Bien sûr que non. Il passe son temps à me gronder comme si j'étais sa petite sœur.
- Pourquoi il te gronde ?
Elle fit une grimace et débita.
- Parce qu'il trouve que je suis imprudente et intrépide.
James éclata de rire.
- Et toi tu le grondes ?
- Non, je grimace à chaque fois qu'il fait une remarque.
- La prochaine fois qu'il te gronde, dis-lui ferme ta gueule Potter, ça marche à tous les coups.
Lily pouffa de rire.
- La vérité, il me dérange un peu à toujours tout voir en noir et blanc, donc je l'écoute qu'à moitié. Avoua Lily
- Evans ? Tu me choques !
Elle ferma les yeux et tenta de chasser ses pensées négatives à nouveau, James le remarqua et tenta de la débrider encore fois.
- Donc, il se comporte avec toi comme un grand frère et avec Alice ?
Lily fronça les sourcils et se demanda si Potter n'avait pas un peu raison.
- Je ne sais pas, mais tu te rappelles l'année dernière quand Frank et Alice se disputaient devant la salle commune et que tu traînais dans les couloirs et tu l'as enragé et envenimé leur dispute.
- Vaguement, mais ça me ressemble tout ça.
- Eh bien, ils disputaient à cause de Benjy, Frank était jaloux.
- C'est vrai qu'elle faisait des cours de Legilimancie avec lui. Elle me l'a dit. Donc ils ont passé beaucoup de temps ensemble.
- Oui…
- Donc, Benjy est passé de Marlène à Alice. Je l'aime officiellement pas celui-là. Déclara James.
- Pourquoi, tu es jaloux aussi ?
- Je n'aime pas les mecs qui touchent aux copines des copains.
- Hum… Et pourtant Marlène ce n'est pas la copine d'un tes copains, je me trompe ?
- Arrête de faire la bête Evans, je sais que toi aussi tu le vois…
- Quoi ?
- Evans !
- Qu'il y'a quelque chose entre Sirius et Marlène ?
- Evidemment. Je ne dis pas qu'ils sortent ensemble, mais il y'a forcément de l'attirance.
- Parce que toi tu fais attention à ce genre de chose ?
- Je suis plus perspicace que tu ne le crois.
- Vraiment ?
- Oui. Je peux te donner un autre exemple.
- Vas-y.
- Dorcas et Rémus.
- Oh ça ! Même un babouin dans l'espace l'aurait deviné.
James éclata de rire soutirant un sourire de Lily. Elle détourna le regard de peur qu'il lise dans ces yeux qu'elle aussi été attirée par lui. Soudain, la porte de l'infirmerie s'ouvrit et les deux Gryffondors après inspection et instructions furent libre de s'en aller, ce soir-même.
Ils sortirent de l'infirmerie en même temps et entrèrent ensemble dans la grande salle pour le dîner. Casey se précipita du banc en venant inspecter son petit ami, pendant que Lily baissait les yeux et avançait vers ses amis, elle s'assit et tourna le regard vers James qui était déjà sorti en compagnie de sa copine. Lily dîna en silence auprès de ses amis et soudain tous les souvenirs se mirent à remonter en elle en un seul et même épisode éprouvant. Elle ne finit pas son repas et se dirigea directement vers son dortoir.
Toute la semaine qui suivit, Lily se plongea corps et âmes dans ces cours, elle était souvent silencieuse dans les repas et travaillait comme un forcené chaque nuit, même sans devoirs, elle passait son temps à la bibliothèque en faisant des recherches sur la magie de Damian, elle passait son temps à apprendre et créer des sorts, elle ne dormait presque pas, puisque ses cauchemars étaient revenus et elle ne mangeait presque rien. Alice de son côté sursautait souvent et ses nuits étaient loin d'être de tout repos, mais elle arrivait à joindre le bout avec le soutien de Benjy avec qui elle correspondait régulièrement. Alice avait peur, elle avait toujours su pour la guerre, mais elle avait seulement entendu, jamais vu, et un seul sens pouvait changer tout le sens d'une vie.
Le week-end arriva et les nouvelles ne furent pas bonnes, Hestia Jones était toujours dans le coma, Evelyn Dean toujours dans l'aile stérilisée de l'infirmerie, caché du regard de tous, toujours pas opérée et Damian allait mieux mais n'avait pas encore quitté Sainte-mangouste, pire encore il faisait objet d'une enquête en raison du sort qu'il avait envoyé et que peu connaissaient. Quant aux visites elles étaient devenues interdites.
Lily lisait la gazette le samedi matin quand elle vit un endroit qu'elle connaissait… Un bâtiment moldu avait pris feu avec aucun survivant déclarait la police moldue, mais la gazette rapportait que la marque des ténèbres était dessus, deux mangemorts avaient été capturés et tous deux furent tués sur place sans procès dans un échange de sort entre mangemorts et aurors. Lily regarda ce bâtiment où elle avait passé son stage, le Mall était en ruine, aucun survivant, ces moldus avec qui elle avait tant appris et qui étaient devenus ces amis, tous morts, même Gretchen… Elle resta plantée devant l'image un instant, puis contre toute attente envoya valser le journal et fracassa tous les verres de jus à ses côtés s'en suivirent les plats du petit-déjeuner qui se retrouvèrent tous sur le sol, les quelques élèves réveillés la regardèrent saccager la grande salle sans rien dire ou faire, alors Ludwig se leva et vint lui parler mais elle le repoussa et sortit de la grande salle en courant.
- Elle est introuvable, elle n'est pas venue à la réunion des préfets, je suis partie la chercher à la bibliothèque rien, j'ai demandé à Maisy si elle était dans le dortoir, rien, à Poppy si elle était dans l'infirmerie, elle m'a dit non, elle n'est pas partie déjeuner et surtout elle a laissé Emma Bigby sans cours de soutien et ça c'est impossible. Pas Lily, elle n'aurait jamais manqué un cours de soutien. Lança Ayni à l'adresse de Marlène.
- Je crois savoir où la trouver. Merci Ayni.
- Je t'en prie. Dis-lui de venir me voir par la suite.
Marlène toisa la salle commune et ne sut à qui demander quand Daisy Macmillan vint lui parler.
- Tu cherches Lily Evans ?
- Oui.
- Ce matin au petit-déjeuner elle a cassé la moitié de la grande table et après elle est sortie en courant.
- Elle l'a cassé ?
- Oui elle a tout saccagé !
- Je parie qu'elle lisait la gazette.
- Je ne sais pas.
- Merci…?
- Daisy… Daisy Macmillan, la sœur de Stew.
- Merci Daisy. Lança Marlène qui se promit de se rapprocher de cette fille pour reprendre leur quête.
La grande blonde sortit en direction du parc. Elle savait qui pourrait lui rendre sa copine et pour ça, elle devait le séparer de la sienne.
- Rémus ! où est James ?
- Avec Casey dans l'aile Ouest.
Sirius sourit légèrement à Marlène qui le lui rendit sans dire un mot.
- Pourquoi ? Demanda Rémus en réalisant que Sirius voudrait savoir mais qu'il n'osait pas demander.
- Je cherche Lily.
- Et tu crois qu'elle est avec lui ?
- Je crois qu'elle est dans la salle sur demande et que lui arrive à la trouver.
- On peut t'aider nous. Proposa Rémus.
- Je te signale qu'elle ne te parle pas. Déclara Sirius.
- Elle t'en veut ? Demanda Marlène.
- Elle m'en veut de l'avoir pétrifié alors qu'elle aurait pu aider les autres.
Marlène hocha la tête de droite à gauche.
- Elle est folle. Je vais aller chercher James c'est mieux. Merci les garçons.
Ils hochèrent la tête en même temps et Sirius la regarda partir en hochant la tête.
- James !
Marlène le trouva une demi-heure plus tard en train d'embrasser sa petite amie.
- Marlène. Occupé !
- C'est urgent j'ai besoin de toi s'il te plait.
- Quelqu'un est mort ?
Casey se détacha de James et regarda Marlène avec inquiétude.
- Vas-y James. Lança la jeune fille en voyant l'air de Marlène.
- Non, si ça peut attendre, non.
- Octo rouge a disparu. Lança Marlène.
- Rouge quoi ? Demanda Casey.
- C'est mon chat ! Improvisa Marlène.
- Tu as un chat ? Demanda Casey.
- Oui, longue histoire… c'était le mien, je lui ai donné parce que Sirius ne l'aimait pas et des fois il revient dans mon dortoir. Lança James. Je reviens.
Il déposa un baiser furtif sur la lèvre de Casey et suivit Marlène.
- Tu es un menteur hors paire !
- Elle est où ?
- La salle sur demande.
- Comment tu le sais ?
Marlène lui narra toute la journée de Lily et ils pressèrent le pas. James arriva dans le septième étage et marcha trois fois, mais la porte ne s'ouvrit pas, il demanda à Marlène d'appeler Lily à travers le mur, mais rien ne fonctionna, alors il ferma les yeux, cette fois-ci il ouvrit la porte et ils entrèrent en même temps. Marlène s'arrêta net devant la porte.
- Quoi ?
- La dernière fois qu'on a fait ça tous les deux on a fini à l'infirmerie.
- Je sais.
- Comment tu as fait ça ? Je croyais qu'on ne pouvait pas entrer si quelqu'un y était ?
- Je l'espionnais l'année dernière, je sais à quoi ressemble l'endroit qu'elle demande à cette salle, avec un peu de chance, on la trouvera, sinon faudra juste la harceler jusqu'à ce qu'elle sorte.
Marlène dirigea sa baguette devant elle et hurla un "Homenum Revelio", seulement rien ne se passa.
- Elle n'est pas là.
- Attends.
James fit le tour de la salle et remarqua qu'elle était un peu en désordre, mais qu'il manquait les mannequins en bois au milieu et le fauteuil qui ressemblait à celui de la salle commune.
- Il manque quelque chose.
- Quoi ? Demanda Marlène.
- Elle est là ! Hurla James.
- De quoi tu parles ? Il n'y a personne.
- C'est son parfum, elle se cache. Mais elle est là, j'en suis sûr.
Marlène sourit en hochant la tête.
- Tu es vraiment barge tu sais !
- Tu voulais mon aide oui ou non ?
- Bien sûr ! Je ne dis pas que je te crois pas, je dis juste que tu la connais trop…
- Vous voulez quoi ? Hurla Lily en laissant tomber un voile devant elle. J'ai déjà dit à Alice, emmenée par Peter, qui m'a harcelé devant la porte en criant à se briser la gorge que je veux rester seule, vous voulez quoi ?
- Ouaaaah ! Hurla Marlène à son tour. Calme-toi !
- Désolée, mais vous voulez quoi ?
James fit un pas en arrière laissant Marlène gérer seule.
- Ayni te cherche.
- Dis-lui que je suis en Turquie !
Elle reprit sa baguette, arrangea sa queue de cheval et reprit une position d'attaque, Marlène remarqua que James avait raison, elle était caché au centre de la salle en s'entourant de sort de protection parce qu'Alice était déjà venue l'importuner. Marlène comprit que son amie voulait rester seule, mais cette fois-ci, elle s'inquiéta réellement tout en se sentant impuissante, car la dernière fois que Lily s'était enfermée sur elle-même comme cette semaine, c'était après la mort de ses parents.
- Elle était inquiète, tu n'es venue à aucune réunion et Bigby n'a pas eu son cours de soutien.
- Dis-lui qu'à part si cette réunion déterminera un nouveau ministre de la magie ce n'est pas la mort si je n'y viens pas… Vertemillious…
James et Marlène virent une partie des poupées en bois se retrouver encerclée par des lumières vertes parallèles formant une cage qui les enferma.
- Finite…
Elle sautilla sur place comme un boxeur et enchaîna.
- … Quant à Bigby, tant qu'elle traîne avec les maraudeurs, ce n'est même pas la peine que je lui fasse des cours la dernière fois, elle a fait ça à son livre… Volatilors…
Un livre dans la rangée mal ordonnée à leur droite se transforma en poulet qui se mit à piailler.
- Et sinon tu comptes manger ?
- Pas faim… Ventus…
Une rafale de vent prit place en faisant tourbillonner tous les objets les entourant.
- Finite !
- Lily… Tu as l'air exténuée, c'est bon pour cette journée.
Lily mit ses deux mains jointes derrière sa bouche, soupira et lança.
- Il était là… Dit-elle en pointant James du doigt. Il a tout vu, nous ne sommes pas prêts… Ils ont… massacré… Trois familles en un clin d'œil… cet été… c'était le quartier de Rémus… Des orphelins partout… On n'est pas prêt.
Lily haletait en parlant et continuait à sautiller afin de se remémorer d'autres sorts. James comprit qu'elle récitait tous ceux avec la lettre V et les essayait au fur et à mesure.
- Tu n'es pas obligé de tout faire aujourd'hui…
- Je sais.
- Alors je t'attends pour dîner ?
- Non… Volate ascendere…
Marlène tira James par le bras et lui intima de sortir.
- Potter !
Ils pivotèrent en même temps.
- Vipera Evanesca…
- Quoi ?
- Si quelqu'un te jette encore un serpent à la face, le contre-sort c'est Vipera Evanesca.
James la regarda hurler en lançant un nouveau sort, elle ne le regarda pas et ne s'attendait même pas à une réponse. Ils sortirent de la salle et Marlène soupira.
- Elle ne va pas bien.
- Je sais.
Marlène mit une main sur son épaule.
- C'est fou.
- Quoi ?
- Comme tu la connais.
- Ouais, mais ça sert à rien.
- Je suis sûre que si, un jour peut-être parce que pour l'instant, elle a plus envie de faire la guerre que l'amour.
James ne parla pas. Il rejoignit Casey, ensuite Sirius et parlèrent Quidditch pendant des heures. Ayni sortit de la salle commune assez tard en pensant à tous ces élèves qui perdaient la tête au fur et à mesure. Elle traînait des pieds quand elle entendit un sifflotement suivi d'un craquement de doigt. Elle sourit et se précipita vers le bruit.
- Bonsoir Ayni.
- Bonsoir professeur.
- Tu es toute seule ?
- Oui.
Alors Ludwig s'approcha de la jeune métisse, posa une main sur sa joue et déposa un baiser sur ses lèvres, elle se cramponna à lui, mais n'eut aucun mal à se laisser aller. Soudain, il s'arrêta.
- Ça ne devait pas se répéter Ayni. Je suis ton professeur.
- Je sais, je sais… Je te mets dans une situation compromettante…
- Ce n'est pas ça. Ce n'est pas moi, c'est pour toi que j'ai peur, moi je pourrai démissionner même demain, je m'en fou et tu le sais…
- Non… ne fais pas ça.
Ludwig fixa la jeune fille longtemps et tenta de refréner ses pulsions, mais les lèvres de la jeune fille ne le laissaient plus indifférent. Il y'avait goûté maintenant.
- Je suis majeur Lud, je sais ce que je fais, tu ne me mets dans aucune situation compromettante…
- Tu n'as pas idée, comme je culpabilise, tu n'as pas idée comme je me sens idiot, j'ai l'impression que je profite, mais Ayni je n'arrête pas de penser à toi… J'essaie… J'essaie de ne pas te fixer en cours… J'essaie…
Ayni se jeta sur ses lèvres et enleva toutes les barrières restantes entre eux. Elle était sur la même longueur que lui, il était charmant et drôle, il aimait aider et elle l'avait apprécié pour cela, sans réaliser qu'elle l'idolâtrait. Seulement, un jour, elle avait pleuré et il l'avait consolé, un autre jour, elle avait eu peur pour son cousin et elle avait rencontré son professeur au hasard et encore une fois il trouva les mots et encore une fois il lui rendit son sourire, puis les catastrophes suivirent, elle le regarda plus longtemps, il lui souriait plus souvent, ils se parlaient plus familièrement et un soir devant toute l'école, il dansa avec elle, ce même-soir il lui brisa le cœur en lui disant qu'elle se faisait des idées, jusqu'à ce qu'il craque et lui avoue qu'il avait les mêmes sentiments qu'elle, mais que son étique ne lui permettait pas. Ayni l'embrassait comme si c'était la dernière fois et le baiser qu'il lui rendait ne faisait plus de doute, ce n'était pas seulement dans sa tête… Ce n'était pas une chimère. Elle soupira et posa sa main sur son torse.
- Je vais rentrer avant que quelqu'un nous voit.
Il déposa un baiser sur son front et elle s'en alla en souriant, ignorant qu'il était déjà trop tard pour elle et son secret.
Une jeune Gryffondor s'enferma dans son dortoir, elle prit un plume, un parchemin et s'attela à écrire une lettre qu'elle envoya sans attendre. Quatre heures et demie plus tard, une tête apparut dans la cheminée déserte de la salle commune de Gryffondor.
- Stefan m'a donné ta lettre.
- Il est venu te voir ?
- Il a juste lancé un Imperium sur mon médecin qui me l'a remis.
- Ils sont vraiment bêtes à Sainte mangouste.
- Surtout dans l'aile des fouuuus. Ricana Emily. Tu voulais me dire ?
- Ludwig Strolley tu sais quoi sur lui ?
- Ne connais pas. Pourquoi ?
- J'ai encore un autre couple à briser tu verras… On va bien s'amuser.
- Thomas et Meadowes ? Demanda Emily.
- Se disputent trente six heures par semaine.
- Continue alors… Ricana Macmillan. Ils ne se doutent de rien ?
- Jamais ! Tu me connais.
- Tu es géniale. Je t'adore.
- Merci.
- Non merci à toi de t'occuper de mes affaires…
- Tu sais que je ferai n'importe quoi pour toi.
- Et moi aussi, tu le sais…
Les deux filles se sourirent.
- J'attends alors les infos que tu peux trouver sur Strolley.
- Très bien, la pétasse est où ?
- Ici, cachée quelque part… Entre la vie et la mort.
- Essaie de la retrouver avant qu'ils fassent l'opération.
- J'y travaille.
- Et autre chose.
- Oui ?
- N'aie pitié d'aucun couple.
- Ne t'inquiète pas… Tu sais Nott et Pareta Lestranges c'est fini.
- C'était toi ?
- Oui.
Elles rirent à nouveau ensemble et la jeune Gryffondor monta en vitesse lorsqu'elle entendit du bruit. La porte de la salle commune s'ouvrit laissant passer une Lily essoufflée, elle monta prit une douche et ressortit à l'aube du Dimanche, évitant encore une fois de rencontrer le reste des élèves de Poudlard.
