Hello tout le monde, Je suis H, la soeur de Sara.
Je tiens à remercier tout le monde au nom de Sara Jey, pour les reviews, auquel elle promet de répondre, moi je suis juste de passage pour poster le chapitre en retard. Elle m'a confié la lourde tache de le poster et le corriger avant, parce qu'elle ne voulait faire attendre personne plus longtemps.
Elle ne peut pas atteindre l'ordinateur, pour des raisons de santé, mais elle va bien néanmoins.
Voilà, assez de blabla sur nos vies persos.
Bonne lecture
24. Sans mémento
- Qu'est-ce qui se passe ? Hurla Marlène en descendant de son balai et courant derrière James.
Elle jeta son balai au sol, entendit une question flotter dans l'air, des murmures lointains, mais tout demeurait vaguement détaché de son cerveau. Le plus important pour elle était de rejoindre Sirius, suivre James et comprendre qui était mort. A ne pas s'y méprendre, Marlène n'était pas négative, mais il était nettement évident pour elle que seule une révélation de trépas aurait pu réunir Regulus et Sirius en une seule requête, seul un événement tragique aurait pu faire entrer Dumbledore a un match de Quidditch… Seule une mort aurait fait arrêté James de jouer à un match de Quidditch.
- James qu'est-ce qui se passe ? Retenta Marlène qui était debout près de lui à présent.
- Je ne sais pas encore. Je n'arrive pas à entendre.
Dumbledore et Alastor Maugrey étaient devant le stade à présent, l'un posait des questions et l'autre avait nonchalamment déposé sa main sur l'épaule de l'ainé des Black. Quant à Sirius il regardait ses pieds avant de murmurer ses réponses avec ennui. Minerva Mcgonagal surgit derrière James et Marlène.
- Qu'y'a-t-il ? Demanda cette dernière à James.
- Je ne sais pas. Professeur Dumbledore m'a demandé de rester ici, il a dit qu'il m'appellera quand Maugrey aurait fini.
- Que Morgan nous vienne en aide. Pria Minerva en mettant ses mains jointes devant ses lèvres.
Marlène sautillait sur ses pieds avec impatience omettant d'écouter ce qui l'entourait, elle clignait des yeux rapidement en se concentrant ses les lèvres lointaines de Sirius, comme si elle pouvait y lire les paroles débitées.
- Potter que faites-vous pour le match ? Demanda Bibine qui venait d'apparaitre derrière Marlène.
- Donnez-moi cinq minutes, je vous dis, le temps de comprendre.
- Vous pensez à ne pas jouer ?
- Je ne pense à rien avant de savoir pourquoi mon meilleur ami à l'air de vouloir exploser ! Cingla James.
Minerva fit un signe à Bibine d'autoriser cette incartade, mais cette dernière ne bougea pas se contentant de taper des pieds avec mécontentement.
- Que se passe-t-il ? Demanda Rémus qui arrivait en courant.
Dumbledore et Maugrey se mirent à avancer en escortant Sirius, quand James se dégagea du lot pour courir après son ami.
- Attendez !
- Tout à l'heure Potter.
- Non, une seconde professeur. Où vous l'emmenez ?
Sirius se tourna vers James, il le fixa longtemps comme s'il essayait de communiquer avec lui sans émettre de mot. Comme si, soudain, l'un et l'autre étaient Légilimens. James ne détourna pas le regard et ne cilla pas avant que Sirius ne rassemble une bouffée d'énergie et la laisse s'échapper de son buste en même temps que des mots. Ces mots.
- Oncle Alphard est mort.
James écarquilla les yeux puis tenta de ne laisser filtrer aucune information, le garçon à lunette avait toujours su que son visage était un miroir à émotion, qu'il était facile pour les attentifs de détecter les sentiments qui l'envahissaient au moment de parler. Il tenta alors tant bien que mal de ne pas laisser passer la panique, ni l'appétence ; il avait tellement de questions. Il se contenta de hocher la tête lentement sans dire un mot tout en se demandant si Maugrey était venu poser les mêmes questions qui le taraudaient.
- Vous l'emmenez où ? Demanda James.
- Il sera dans mon bureau, Potter.
James se mordit la joue et se tourna vers le professeur de vol.
- Sirius est en deuil, je ne peux pas jouer, il a besoin de moi.
- Je ne peux pas jouer non plus. Déclara Marlène.
- Je ne peux pas enlever ce match aux autres, j'espère qu'ils s'en sortiront sans nous seulement ! Déclara James.
- Qui vous remplace ? Demanda Mcgonagal.
- Elisabeth Peadlmer, et en batteurs mettez Bilius Thomas et Garrett Stanley. Désolé professeur.
- Ça ira.
James, Marlène et Rémus entrèrent au château.
- Où est Peter ? Demanda James.
- Queudever. Murmura Rémus. Je lui ai demandé d'aller espionner Reg.
Marlène se tourna en entendant la fin de la phrase.
- Tu as demandé à Peter d'aller espionner Regulus ?
- Il connait des passages secrets mieux que nous tous… Lança James.
Elle les regarda avec incompréhension et se demanda quelle mouche devait les avoir piqué pour envoyer le moins habile et le plus craintif d'entre eux se faufiler dans les filets de Serpentard.
- C'est l'oncle avec qui il correspondait souvent ? Demanda Marlène. Le seul membre de sa famille qui l'a soutenu pas vrai ?
- Oui.
- C'est injuste. Murmura Marlène.
Ils entendirent des pas de courses derrière eux et virent Alice et Lily arriver en courant.
- Il se passe quoi ?
- Le match a repris sans vous on n'a rien compris !
- L'oncle de Sirius est mort.
Les deux nouvelles venues se turent et fixèrent le sol simultanément.
- Comment ? Demanda Lily en soupirant.
Ils se rendirent tous compte que personne n'avait posé la question.
- Tué ? Ou mort naturelle ?
- On ne sait pas encore. Répondit Marlène.
- Comment il va ? Redemanda Lily.
- On n'a pas eu le temps de lui parler. Se désola Rémus.
- C'est son oncle Alphard ? Demanda Lily à nouveau.
- Oui.
- Oh ! Interjeta la jeune rousse. Oh merde !
- On fait quoi pour lui alors ? Demanda Alice qui avait compris que cet oncle devait avoir une place particulière pour le jeune garçon.
- On l'attend. Lança James.
Ils suivirent James qui menait le pas et qui aurait tout donné pour que Sirius soit fâché, pour une fois avec tout ce beau monde, pour qu'il puisse lui poser toutes les questions qui le taraudaient, seul. Les quatre autres Gryffondor suivirent James en réalisant qu'il les menait vers le bureau du directeur.
- On l'attend ici ?
- Oui. Ordonna James sans se tourner vers eux.
James, Lily, Marlène, Alice et Rémus restèrent devant la porte du directeur longtemps, très longtemps. Les filles finirent par s'asseoir à ras-le-sol, Rémus se mit à tourner en rond, puis Alice et Rémus se mirent à discuter, James longea le couloir et jouant avec ses cheveux tantôt ou craquant les jointures de ses mains d'autres fois, Lily se mit à taper des pieds près de la porte, Marlène bailla, râla et se mit à jouer avec les fils dépassant le châle de Gryffondor que portait Lily, ils se parlèrent, se posèrent des questions, se turent, tournèrent en rond, attendirent… En vain. Au bout de deux heures d'attente, James cingla.
- Je rentre ! Y'en a marre !
- Euh… Commença Rémus.
- Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Continua Alice.
- Et nous n'avons pas de mot de passe. Surenchérit Rémus.
- Et de toute façon, si Dumbledore refuse d'ouvrir la gargouille, tu ne pourras rien faire. Conclut Lily.
James haussa les épaules et se mit en face de la gargouille en ignorant les flots d'arguments qui fusaient derrière lui.
- Stop, je m'en fous ! ça fait deux heures qu'il est là ! Ce n'est pas possible, ils ne peuvent pas juste parler pendant deux heures ! Je vais faire tout mon possible jusqu'à ce que Dumbledore cède et m'ouvre cette porte !
Lily fronça les sourcils et s'approcha de James. Elle essaya de tendre l'oreille mais réalisa qu'il était bête de sa part de croire qu'elle pouvait détecter un son alors que l'entrée de ce bureau nécessitait plusieurs étapes et des escaliers. Les voix devaient être loin, même les pas…
- Il a raison… Ils ne peuvent pas juste parler pendant deux heures !
Ils se tournèrent vers elle, curieux.
- Vous savez qu'il n'y a qu'un seul endroit à Poudlard où on peut occasionnellement transplanner ?
- Le bureau de Dumbledore ! S'écria Marlène.
Lily hocha la tête.
- Et s'ils n'étaient plus là ? Demanda Lily.
- Tu as raison ! Il t'avait fait transplanner aussi d'ici ! Continua Marlène.
Lily acquiesça de nouveau.
- Ils ont peut-être laissé des indices derrière eux ! S'exclama Rémus.
- Ou un mot, peut-être que Sirius nous a laissé des indications. Proposa Marlène.
- Ok. Je sais que je parais toujours partante pour pas mal de chose, mais là c'est pire que ce qu'avait James en tête, vous êtes en train de dire qu'on doit entrer par effraction dans le bureau de Dumbledore, c'est ça ? Résuma Alice.
- JE vais rentrer ! Corrigea James.
- Si tu y vas, j'y vais. Lança Marlène.
- Oh Merlin et puis crotte, moi aussi !
- Donc vous trois si vous voulez ; allez-y. Mais Lily et moi on surveille le couloir. Je ne rentre pas là-dedans, j'ai enfin de bon rapport avec lui ! Se défendit Alice.
- Bonne idée. Lança Rémus.
James était devant la porte quand Lily le poussa.
- Attendez.
Elle dégaina sa baguette et lança.
- Stalagmium. Entonna la jeune rousse.
Ils entendirent des clapotements d'ailes et un son d'instruments qui s'entrechoquent… Un vent, un vent qui soufflait fort, des crépitements de feux, des hululements de hiboux et encore une fois à répétition les instruments qui cinglaient en grinçant, ce qui donna la chair de poule aux cinq Gryffondors.
- C'est quoi ça ? Demanda Marlène en se bouchant les oreilles.
- Un sort pour détecter les voix derrière les portes.
- Elle me choque de jour en jour. S'exclama Marlène.
Lily hocha la tête de gauche à droite.
- Il n'y a personne c'est ça ?
- Je crois. Vous avez entendu comme moi. Ça peut-être des objets du bureau de Dumbledore…
- … Comme ça peut être une ruse qu'a mise Dumbledore pour que personne ne réussisse à écouter aux portes. Continua Alice.
- Peu m'importe, il doit y avoir quelque chose qui puisse nous montrer où ils ont amené Sirius ! S'ils l'ont emmené et sinon, j'aurai une discussion forcée avec notre directeur c'est tout !
- Euh… La vérité, je ne comprends pas trop l'état d'énervement dans lequel tu es, James. C'est juste Dumbledore avec lui, rien ne va lui arriver… Essaya Alice.
- Et un auror… Continua Rémus.
- Oui, mais peut-être qu'il était là juste pour l'emmener à l'enterrement ? Demanda Alice.
Rémus, Lily, Marlène et James la regardèrent confus. Ils réalisèrent tous les quatre qu'Alice n'avait jamais été mise dans la confidence et aucun ne se donna le droit de lui dire. Alice ne savait pas pourquoi, ils avaient tous tenus à venir en courant attendre Sirius, elle ne savait pas pourquoi ce n'était pas seulement une escapade dans les couloirs de Poudlard afin d'attendre un ami qui avait besoin de soutien, justement, elle ne savait pas qu'il n'avait pas seulement besoin de soutien, mais de défense et de protection. Alice ne savait pas que l'une des plus grandes familles de sang-pur, la famille même de cet adolescent tentait de lui nuire, qu'il était banni et que s'il apparaissait dans quelconque enterrement, le massacre risquait de doubler. Alice croisa les bras en fixant Rémus et James, mais personne ne dit rien, Lily culpabilisait et Marlène était tiraillée, mais elles ne pouvaient pas. Elles avaient fait la promesse à Euphémia, à Lyall et à Fleamont. Seul Sirius avait le choix, seul Sirius avait le droit de parler de sa vie s'il le souhaitait.
- Quoi ? Demanda Alice impatiente.
- Elle a raison c'est possible. Lança Rémus pour sauver les apparences.
- Donc pas besoin d'entrer non ?
- Si, moi je rentre et je pense que vous les filles devriez rester à l'écart, sinon, je risque de vous créer des problèmes.
Lily comprit qu'il voulait écarter Alice. James était irrité et inquiet, une deuxième ride venait de s'étaler sur son front d'habitude lisse et il commençait à manquer de patience. Elle le fixa et réalisa qu'il pourrait lancer une bourde à regretter à n'importe quel moment, alors elle décida d'intervenir. Elle les regarda en vitesse et lança.
- Rémus, tu as un des bonbons de l'année dernière ?
- Non, mais j'ai un chocolat dans ma poche.
- Donne-le-moi.
Elle l'ensorcela à deux reprises, puis des étincelles en sortirent et enfin, elle demanda à Rémus de choisir une couleur qu'elle y assigna.
- Tu connais la règle, tu écris mon prénom.
Rémus fronça les sourcils. Lily le dupliqua et en donna un à James.
- Potter va rentrer seul, Marlène et moi on surveille de ce côté et vous deux de ce côté. Si l'un des chocolats s'allume on se retrouve tous en même temps près de la porte et on fera comme si on attendait Sirius ensemble devant le bureau du directeur seulement.
James prit le chocolat et la fixa avec reconnaissance, il inclina la tête en signe de remerciement, elle hocha la tête en signe de compréhension.
- Oui, mais attend. Si jamais, ils sont là-bas.
- Je feindrai une crise de panique et dirais que je croyais qu'il était kidnappé. J'en sais rien, j'improviserai. Lança James.
- Si jamais ils reviennent et te trouvent là-bas ? Questionna Rémus.
- Il faudra que tu te caches !
- Dumbledore me verrait quoiqu'il en soit. J'ai qu'à prier qu'ils me trouvent pas c'est tout.
- Je pourrais t'aider. Tenta Marlène.
- Non. Cingla Lily. Lui, il a ses moyens avec Dumbledore, si vous êtes deux, il ne laissera pas passer, je n'ai pas envi que tu te fasses envoyer.
- Moi on s'en fout. Ne put s'empêcher d'ironiser James.
- Non. Toi, tu as fait pire et tu es encore là, donc, je suis sûr que tu trouveras un moyen de t'en sortir.
James sourit avec fierté.
- Maintenant. Mot de passe.
- Une idée ? Lança James.
- Erable à sucre… Chocoballes… Couinesouris… Suçacides…
- Pourquoi tu proposes que des sucreries ? Demanda Alice à Rémus.
- Pendant six ans, il n'a fait que ça comme mot de passe.
Ils s'attelèrent à sortir tous les desserts et sucreries, tous les délices ou confiseries douteuses qu'ils connaissaient mais en vain, ils étaient sur le point de laisser tomber quand, Peter sortit de nulle part.
- Regulus savait, il était parti hier.
Ils froncèrent les sourcils, James se mit à tourner en rond en se grattant le menton. Regulus savait. La famille Black savait. Si la mort n'était pas naturelle ? S'ils collaient ça à Sirius ? Sirius est en danger, James en était sûr. Il devait réagir et vite parce que s'il attendait encore quelques minutes de plus avec tous les scénarii incongrus qui lui trottaient à la tête, il allait faire une bêtise, il en était convaincu, une grosse bêtise du style : atterrir en balai devant le 12 Square Grimmaurd. James se frotta le visage avec les mains, il était hors de question qu'il retrouve son ami ensanglanté quelque part à nouveau. Il était hors de question, même si Dumbledore était avec lui, ou Maugrey, ou même Merlin lui-même, il devait agir. Il devait savoir.
- Ok, Evans duplique tes trucs encore, on aura besoin d'autre, donne un à Peter, à Marlène et à Alice. Ensuite, Rémus tu pars au bureau des préfets pour récupérer la liste des mots de passe qui sont tous passés.
- Tu cherches le mot de passe de Dumbledore ? Demanda Peter.
- Oui.
- Je le connais, je les ai entendu tout à l'heure.
- C'est quoi ? Hurla Marlène.
- Caramel beurre salé.
La gargouille s'ouvrit.
- Bien joué !
James se gratta le menton en les regardant à tour de rôle. Ils étaient en attente, guindés et parés, comme des sergents en attente d'ordre de leur colonel.
- Maintenant écoutez-moi bien, je n'ai pas envie qu'on revive un scénario comme l'année d'avant ou Sirius se trouvera mêlé à un truc plus grand que lui, il faut qu'on le sorte de là et qu'on comprenne pourquoi un auror est carrément venu le kidnapper. Normalement, le match est encore en cours et Mcgonagal y est donc on s'occupe pas d'elle, mais Rusard doit être dans les parages, donc Alice et Peter j'ai besoin que vous faisiez le plus grand bordel que Merlin vous ait été donné de créer, Peter connait toutes les planques et Alice a un passé de farceuse, je sais qu'elle trouvera plein d'idée. Rémus, il faut que tu cherches la CDM et tu sais quoi faire avec…
Les filles voulurent poser la question, mais James hocha la tête en levant la main dans le ciel.
- Vous ne voulez pas savoir !
Peter cligna des yeux avant de se rappeler qu'il voulait dire Carte Des Maraudeurs.
- Marlène tu surveilles tout ce couloir et tu me fais signe avec le chocolat dès que quelqu'un arrive…
Lily qui attendait son tour remarqua que James était sur le point d'entrer sans lui accorder la moindre importance. Il leur tourna le dos en ayant le pied sur la première marche de l'escalier à colimaçon. Marlène qui était encore près d'eux regarda James s'en aller sans dire un mot à Lily et avant qu'elle ne puisse réagir, il se tourna vers la jeune rousse.
- Toi.
Ils se toisèrent longtemps.
- …Ou tu viens avec moi où tu es libre de partir. Lança-t-il en déposant le deuxième pied sur la première marche derrière la gargouille.
Lily resta figée sur place au même moment où Marlène partait se mettre en position.
James n'aurait jamais osé donner ce choix à Lily avant. Après tout, elle était la préfète, la meilleure élève de l'école, la reine des cris à perpétuité et de l'ordre, mais Lily aurait beau le secouer, lui coller des retenues, lui enlever des points, l'engueuler pour sa désinvolture et crier sur tous les toits qu'il ne la connaissait pas, il voyait au-delà. Il voyait au-delà de son organisation et de son respect des règles, Lily pouvait enfreindre les règlements pour ses amis, pour des bonnes causes, pour résoudre des difficultés à plus grande échelle, elle voyait une plus grande image. James le savait au fin fond de lui, une conviction sans faille que Lily savait tordre le règlement si celui-ci entravait un sauvetage. Elle avait enfreint le règlement pour réconcilier Rémus et Sirius, pour entrainer les nés-moldus et pour sauver Bart Rowley d'une certaine folie, elle avait enfreint le règlement pour aller s'entrainer chaque jour, pour éviter de voir les siens mourir. Il le savait, il la connaissait et il attendait qu'elle lui prouve qu'il avait raison. Elle inspira profondément et le suivit.
- Je fais ça pour trouver ton Sirius si je me fais virer tu me donnes ta place ! Hurla Lily à l'adresse de Marlène qui était postée à l'extrémité du couloir.
- On peut changer de place maintenant, si tu veux. Lança Marlène en criant.
- Elle connait plus de sorts et surtout elle maitrise le sort de désillusion. Cingla James.
- Merci, Lily.
Lily hocha la tête et suivit James, et avant qu'ils n'arrivent au bureau il se tourna vers elle et murmura.
- Tu ne fais pas ça pour Marlène seulement, mais pour lui.
- Je sais.
- Merci d'avoir créé un plan pour éloigner Alice.
- Merci de m'avoir embarqué là-dedans !
- C'était ta décision.
- Tu m'as laissé en dernier pour que je n'aie pas le choix !
- Tu peux repartir !
- Je ne veux pas repartir, j'ai fait mon choix.
Ils arrivèrent dans le bureau du directeur et Lily sentit ses entrailles se nouer. Le bureau était vide et les bruits qu'ils avaient entendu en bas des escaliers n'avaient rien avoir avec les petits soubresauts d'instruments en cuivre qui gigotaient de minutes en minutes.
- Oh mon dieu, je suis ici sans autorisation. Oh mon dieu ! J'ai l'impression qu'il y'a des caméras. S'exclama Lily en regardant autours d'elle.
- Des quoi ?
- Des trucs qui filment Potter !
- Me hurle pas dessus, je ne suis pas moldu !
- On cherche quoi ?
- Je n'en sais rien.
- Je crois que je panique un peu. Lança Lily en souriant avec une sorte de grimace.
James qui était près du bureau de Dumbledore pivota vers elle.
- Un bonbon ? Lança-t-il en imitant Dumbledore.
Elle ricana puis souffla.
- Pourquoi tu es calme ?
- Je suis habitué.
- A ENTRER ICI PAR EFFRACTION ?
- Non… Mais au danger, on va dire…
- Tu es trop calme, ça ne me plait pas… Je n'aime pas ça ! Je n'aime pas ça du tout !
- Ecoute, si je te dis pourquoi je suis calme, tu te calmes aussi ?
- Je ne sais pas quoi répondre à ça. Tu risques de me sortir un truc pire que ce que nous faisons !
- Evans, par pitié, calme-toi.
- Je sais que c'est ce que je dois faire, mais ce n'est pas en me le répétant que ça va marcher.
- Bon…
James souffla, se frotta le visage de ses mains et les laissa glisser dans ses cheveux, il se pinça la lèvre et fixa Lily, qu'il sembla étudier de son regard.
- Quoi ?
Lily voulait lui crier d'arrêter de la regarder, elle n'osait pas le défier longtemps du regard, elle avait peur de rougir ou que sa langue décide de lâcher une quelconque sottise passée par son cœur sans traverser son cerveau.
- Quoi ?
- Attends !
- J'attends quoi ?
Il soupira à nouveau.
- Accio cape.
James et Lily attendirent quelques secondes seulement avant qu'une longue cape à grosse étoffe ne fasse son apparition, passant subtilement par la fenêtre que James s'empressa d'ouvrir.
- Ok. Ou je perds la tête ou tu es vraiment un étrange individu. Tu veux faire une effraction avec style c'est ça ?
James éclata de rire et hocha la tête, avant qu'il n'ait le temps de passer sous la cape, les yeux de Lily s'ouvrirent grands comme deux souaffles. Elle avait compris ce que c'était.
- Oh mon dieu ! Oh mon dieu ! Oh mon dieu !
Lily accourut vers lui et tira la cape de sa main. Elle avait à nouveau cet air enfantin qui le rendait toute chose. Elle toucha l'étoffe puis se cacha en dessous en riant, elle en sortit et continua de s'émerveiller devant l'objet en question. James la regardait faire avec un léger sourire. Soudain, elle s'arrêta de bouger et écarquilla les yeux à nouveau, puis le pointa du doigt en se tenant la bouche avec l'autre main.
- C'est comme ça que tu m'as trouvé dans la salle sur demande l'année d'avant, c'est avec ça que tu as ruiné mon rendez-vous avec Stew et c'est… C'est comme ça que tu as caché les enfants à Pré-au-lard ?
Il hocha la tête de haut en bas.
- C'est comme ça que tu connais le château par cœur ! Attends une minute, c'est comme ça que tu espionnais l'année passée, que tu as piégé Darius Weasley !
- Tu es trop futé pour ton bien.
- Tu peux me la prêter ?
Contre toute attente, James éclata de rire.
- Si tu n'en parles pas !
- Attends une seconde ! Tu n'avais pas besoin de moi pour le sort de désillusion alors, si tu as la cape ! Alors pourquoi tu m'as demandé de venir ?
- Parce que si tu es avec moi, tu ne nous dénonceras pas. Mentit James.
- Quoi ? Quoi ? Attends une seconde, tu crois que… Je suis venu de mon plein gré espèce de crétin, il y'a une différence entre respecter le règlement et être une balance… Tu penses vraiment que je suis aussi horrible que ça ? Que je dénoncerai mes propres amis ? Hurla Lily.
James se mit à rire.
- Pas du tout. Pas du tout, Evans, je sais que tu ne l'aurais pas fait. Mais tu as vu comme c'est énervant qu'on ait si peu foi en toi ? Tu as vu comment tu traites Potter ? Lança celui-ci avec malice en continuant de fouiller les placards près du bureau.
Lily sentit la colère monter en elle. Elle lui tournait le dos à présent et fouillait dans l'armoire en verre, il l'entendit soupirer bruyamment et sut par avance qu'elle allait lui exploser au visage ou dans ce cas au dos.
- Pour qui tu te prends de me donner des leçons en mentant et manipulant ? Je t'ai posé une simple question et au lieu de répondre tu fais l'idiot à nouveau ! Hurla Lily en continuant de claquer les objets qu'elle fouillait.
- Arrête de taper aussi fort, tu vas casser quelque chose ! Gronda James.
- Arrête de me dire quoi faire, alors qu'aucun de nous ne sait ce qu'on cherche à la base !
- Arrête de crier !
- Arrête de m'énerver !
James qui tentait de se concentrer sur sa recherche, commençait à être agacé par son ton.
- TU VEUX SAVOIR POURQUOI TU ES LA C'EST CA ?
Elle se tourna vers lui et croisa les bras sur sa poitrine en soufflant avec dédain. James s'approcha d'elle et à seulement quelques pas, il soupira, ferma les yeux, se calma et lança d'un ton plus doux.
- Parce que peu importe à quel point tu refuses d'y croire, toi et moi, on forme une bonne équipe. Toi et moi, on se comprend.
Lily leva les yeux vers lui et ouvrit sa bouche pour parler, mais aucune syllabe intelligente ne trouva son chemin, elle tentait encore de lui répondre quand il la contourna pour récupérer un objet qui attira son attention.
- Cette clé je la connais.
- Quelle clé ? lança Lily d'une voix faible.
- Tu ne la vois pas ?
Lily s'approcha d'une sorte de vitrine et tenta de toucher l'endroit qu'il visait quand elle fut projetée en arrière. Elle tomba sur le bureau et fit tomber avec elle, une panoplie de feuilles. James accourut vers elle pour l'aider à se relever quand il vit qu'une lettre contenait l'emblème de la famille Black. Lily se releva en vitesse et le fixa.
- Dumbledore savait depuis hier qu'Alphard est mort, tout comme Regulus.
- Alors pourquoi il n'a rien dit ?
- Parce qu'ils lui ont demandé de ne rien dire sûrement. Je ne sais pas ce que tout ça veut dire. Ça ne me plait pas.
- C'est louche tout ça. C'est quoi cette clé ?
- C'est une clé d'un appartement que détiennent mes parents.
- Mais on ne peut pas y toucher.
- Non. On ne peut pas.
Lily se massa le dos à nouveau.
- Je sais ce que c'est, Dumbledore est le gardien de cette clé, ce n'est pas une clé réelle.
- Comment ça ?
- C'est une magie ancienne, il est le seul à accéder à cet endroit, sans lui personne ne peut y accéder, la clé est un symbole.
- Tu crois que… ?
- Je crois que Dumbledore utilise un des appartements de mes parents pour faire des réunions secrètes.
Lily se tint la tête et envoya un coup de baguette pour ranger le bureau où elle avait atterrit, elle se massa le dos encore une fois et se mit à se balader de nouveau, le regard aiguisé.
- Sirius n'est pas parti voir son oncle mort, Sirius est parti avec eux pour qu'ils lui posent des questions au bureau des aurors… Commença James.
- Je pense aussi et je pense que ça veut dire que son oncle n'est pas mort d'une mort naturelle.
- Je ne crois pas, je crois que Sirius est parti avec eux, parce qu'il détient des informations utiles sur sa famille.
James aurait pu lui expliquer plus, mais il ne pouvait pas trahir le secret de son ami. Il s'approcha d'un objet métallique et y vit son reflet.
- C'est quoi ça ?
- Je ne sais pas. Lança Lily.
Il plongea un doigt dedans et quelques têtes apparurent, soudain, il vit celle de Sirius.
- Ne touche pas à ça, on ne sait pas ce que c'est.
James n'écouta pas Lily et se pencha d'avantage, elle le tira en arrière, juste à temps pour qu'il ne plonge pas plus profondément dans la pensine. Au même moment, le chocolat de Lily se mit à briller mentionnant le nom de Rémus.
- C'est Rémus.
- Quelqu'un arrive alors, il faut qu'on sorte. Viens.
James tira Lily sous la cape et ils se cachèrent tous les deux dessous, Lily eut soudainement très chaud, elle marchait devant lui et sentir son souffle si proche de sa nuque lui donna des frissons qu'elle avait peur qu'il remarque, heureusement pour elle, il était trop occupé à se concentrer sur son crétin de cerveau essayant de l'empêcher de prendre la main de la jeune fille. Ils sortirent du bureau sans encombre. Le couloir était plongé dans un silence de mort et les pas de Lily s'entendaient bien que sous la cape d'invisibilité. Elle sentait son cœur battre et fit tout son possible afin d'arriver à la fin de cet interminable couloir sans se faire prendre. James tira sur son bras avec véhémence l'obligeant à s'arrêter. Miss Teigne était à seulement quelques pas d'eux et reniflait autours d'eux avec dédain. Ils restèrent debout l'un devant l'autre sans bouger, les sens en alerte, les cœurs battant à l'unisson. Finalement, la chatte décida de rebrousser chemin alors James lâcha à contre cœur le bras de Lily. Dès qu'ils arrivèrent à la fin de l'étage, près des escaliers, il tira la cape vers lui. Elle examina les alentours en vitesse.
- Marlène n'est plus là. Elle a dû être prévenue aussi.
Il lui fit signe de se taire en entendant des sons provenir de l'autre extrémité du couloir.
- Descends et tourne à gauche, on va passer par un passage qui va nous mener directement au rez-de-chaussée.
- Tu vas encore nous faire voler ou tomber ou léviter.
- On va sauter.
- Merlin.
Elle le devança et dévala les escaliers puis comme demandé elle tourna à gauche au premier couloir, elle ne trouva aucune porte et avant qu'elle posa la question, Miss Teigne se déplaçait vers eux à nouveau. James tira le coude de Lily, envoya un éclair derrière une armure puis lâcha son coude pour attraper son bras violemment.
- Ferme les yeux si tu as le vertige.
Il envoya une autre étincelle et ils se retrouvèrent dans le noir total, elle comprit que la petite porte créée derrière l'armure avait disparu, elle ne voyait rien et James s'attendant à ce qu'elle lance un Lumos, s'apprêtait à le lui interdire. Mais elle ne fit rien.
- Et maintenant ? Lança-t-elle.
- Fais trois pas et attends-toi à tomber en chute très libre. Tu as peur du vertige ?
- Non.
- Ok, alors à trois.
Il compta jusqu'à trois, elle compta trois pas et sentit son estomac se relever, elle tombait en tentant de garder ses jambes en bas, mais la vitesse de la chute ne lui permettait pas, elle sentait l'air s'opprimer dans ses poumons et un cri finit par surgir de sa gorge sans qu'elle ne le contrôle, elle n'entendait pas James, seulement un vent qui continuait de la pousser en bas et elle réalisa qu'elle allait sûrement s'écraser comme une limace, qu'elle avait oublié de lui demander comment savoir quand ils seront arrivés, elle ferma les yeux et tenta de trouver un quelconque repère, mais en vain, elle continuait à chuter, alors elle ramassa le peu de souffle qui lui restait et à peine eut-elle ouvert sa bouche qu'elle entendit.
- Arresto Momentum.
Elle s'arrêta en plein vol, parallèle au sol à seulement quelques centimètres d'une surface plate, un autre son de surprise s'échappa de ses lèvres et elle tendit ses mains pour tâter le terrain, enfin, elle se laissa tomber, ventre au sol, tête tombant sur le carrelage froid, le souffle court.
- Ouf. Souffla-t-elle à voix haute.
- Lumos.
James était assis à côté d'elle, ils semblaient être dans un large placard à balai, elle leva les yeux au ciel et vit l'étendu noire d'où elle venait de tomber, elle se rappela alors qu'elle était allongée sur le sol sous le regard malin de James Potter, elle s'accommoda et s'assit à son tour.
- Ce n'est pas mon passage préféré non plus. Déclara James pour rompre le silence.
- Ça va, je suis tombée dans pire.
- Pire que de faire une chute de cinq étages.
- Faire une chute dans un puits. Lança Lily en souriant.
- Hein ?
- Une histoire pour un autre jour. On sort comment ?
- Par la porte.
- C'est un placard à balai ?
- Oui.
- Tu veux qu'on sorte en même temps d'un placard à balai ? Si quelqu'un nous voit ?
- Je leur dirai que tu m'as forcé. Ricana James.
Lily l'ignora.
- On va faire quoi pour Sirius ?
- J'ai encore un truc à vérifier et si je ne trouve pas, alors je vais devoir attendre qu'il revienne.
Lily se leva dépoussiéra ses habits et colla son oreille à la porte.
- Il y'a du monde.
James haussa les épaules. Ils se turent, quand Lily n'entendit plus de voix, elle entrouvrit la porte légèrement.
- Ne dis rien à personne.
- Pour la cape ? Demanda Lily.
- Pour tout, même pour la lettre et la clé.
- Pourquoi ?
- Parce que Sirius me tuera.
- Il te tuera s'il sait que je sais des choses ?
- Je ne sais pas, toi, il te fait confiance, mais… Tu connais, il est comme toi, il…
- N'aime pas partager certaines choses jusqu'à ce qu'il soit prêt. Je comprends.
- Voilà. Il risque de me tuer même en sachant que tu sais pour la cape.
Lily se tut.
- Je m'en vais. Et Potter…
- Oui ?
- Merci de m'avoir fait confiance pour la cape.
Il sourit et la regarda partir. Elle ferma la porte doucement et il s'y adossa en fermant les yeux. Il allait se faire tuer par ses amis, il le savait, mais il préférait l'avoir près de lui, il préférait l'avoir à ses cotés même s'il lui avait fait prendre un risque, lui, il aurait su la protéger quoiqu'il ait pu arriver.
Le match s'était soldé par une défaite des Gryffondors ce qui rendit l'humeur de James encore plus exécrable, son meilleur ami ne revenait pas, le passage qu'il connaissait pour le trouver ne s'était pas ouvert et pour couronner le tout sa petite amie avait attrapé le vif d'or trop tôt.
Les trois filles étaient dans le parc, quand la pluie se mit à marteler, mais au lieu d'entrer se cacher, comme la plupart des élèves, elles se mirent sous le chêne préféré de Lily.
- Dorcas me manque. Finit par lâcher Alice.
- Tu nous manquais aussi l'année dernière. Lança Marlène en la taquinant.
- Et Lily l'année d'avant. Surenchérit Alice.
- Et toi, l'année prochaine. Déclara Lily à l'adresse de Marlène.
Elles se sourirent et Marlène déposa sa tête sur l'épaule d'Alice, pendant que Lily regardait la pluie tomber en pensant à Damian.
- Pourquoi est-ce que le mec qui me plait se retrouve toujours mêlé à des merdes monumentales ?
Lily sourit.
- Attends, j'ai mieux pourquoi mes deux meilleures amies se retrouvent toujours mêlées à des merdes monumentales ? Demanda Alice.
- Tu parles de nous deux ? S'exclama Marlène.
- Oui, je vous signale que j'ai failli vous perdre toutes les deux en l'espace d'une demi-heure l'année dernière, chacune dans un coin du château et pourtant vous avez couru face vers le danger…
Lily se tut et sans préavis la peur prit part de ses entrailles, elle avait réussi à oublier un peu sa nouvelle phobie en se concentrant sur d'autres évènements. Seulement, lorsqu'Alice lui reparla de voir ses amis mourir, se réveilla en elle cette douleur qu'elle tentait de chasser depuis des jours, depuis Pré-au-lard. Elle se tut, elle se tut à nouveau pendant de longues minutes, laissant ses deux amies tergiverser sur l'endroit où pouvait être Sirius, sur l'état d'Evelyn, la magie de Damian, les attaques, les morts, les cours, leur prof préféré qui comme tout le monde s'avérait être Ludwig Strolley, leur futurs métiers, Frank, Sirius, Frank, Sirius… Pendant que Lily errait seule dans un endroit confinée par des mauvaises pensées.
Le Dimanche matin, James reçut la réponse à la lettre qu'il avait envoyée à sa mère. Il se tenait sur son lit lorsqu'un mot apparut de nulle part au dessus de ses draps froissés.
« Cher Potter, je t'attends dans mon bureau, tu connais le mot de passe. APWD »
James fronça les sourcils puis sentit son cœur battre la chamade, lorsqu'il comprit que les initiales sur la lettre appartenaient à Albus Perceval Wulfric Dumbledore. La panique à bord, il grogna et s'apprêta à aller passer un mauvais quart d'heure.
Merci pour la lecture, A demain pour le prochain chapitre.
