Hors du temps.

Quelques instants plus tard, James toqua à la porte en régulant sa respiration.

- Entrez.

- Bonjour, professeur.

- James.

James resta debout confus quant au ton familier qui était employé à son adresse.

- Bien dormi ?

- Sirius va bien ?

- Sirius va bien, il règle juste quelques détails concernant son héritage.

- Héritage ?

- Oui. Alphard Black a légué sa fortune et sa maison à Sirius, seulement Sirius. Il empêcha ainsi sa propre sœur de recevoir la moindre noise. Il y'a une ambiance mêlée de rage et de confusion au manoir des Black.

- Il lui a tout laissé ?

- Tout absolument tout.

- Sirius a vu la maison ?

Dumbledore toisa James par-dessus ses lunettes en demi-lune et ce dernier se sentit soudainement mis à nu.

- Il a vu la maison avant la mort d'Alphard. A la mort de ce dernier, Maugrey et un autre auror se sont déplacés là-bas pour la fouiller, j'ai appris la nouvelle hier et on m'a demandé de taire l'information, parce que justement, personne ne voulait que Sirius se pointe dans la famille Black.

- C'est pour ça que Regulus n'était déjà plus là. Ils l'ont dit seulement à leur fils préféré ! Cracha James avec dégout.

- Sauf que moi, je ne voyais pas cela du même œil, donc j'en ai parlé à ta maman qui m'a gentiment conseillé de ne pas vous réveiller par cette nouvelle. Le matin, j'avais l'intention de vous en informer bien avant le match, quand on m'informa que Maugrey venait à mon bureau pour m'aviser qu'une femme était tenue captive dans cette même maison, une femme du nom de Muriel Mckinnon.

Dumbledore émit une longue pause, mais James ne dit pas un mot se contentant de fixer son directeur sans ciller.

- Tu es au courant alors…

- Je… Tenta d'expliquer James.

- Il n'est pas nécessaire de développer, mes doutes étaient avérés alors, le plan de kidnapper Muriel Mckinnon venait de Sirius.

- Il risque quoi ? Demanda James sans détour.

- Absolument rien, il n'y a que toi et moi qui sommes au courant. La jeune femme avait perdu la mémoire concernant les quelques jours passés dans cette maison et une lettre avait été trouvée écrite par Alphard qui avouait en toute connaissance de cause avoir gardé la captive afin de l'utiliser comme poids de mesure, pour un échange contre la vie de son autre nièce Andromeda Tonks.

- Alors pourquoi Maugrey était avec vous ?

- Pour faire témoigner Sirius. Vu qu'il le seul héritier testamentaire, ils ont pensé qu'il avait quelque chose à voir dans cette affaire.

- Sirius va vouloir avouer.

Dumbledore hocha la tête.

- Une requête d'Alphard m'avait été confiée et lorsque je l'ai montré à Sirius, ici, même dans mon bureau, il a corroboré la version du défunt.

- Qu'est-ce qui a pu le convaincre ? Demanda James.

Au même moment, Euphémia Potter toqua à la porte et James accourut dans ses bras.

- Comment il va ?

- Il est bouleversé, je suis restée avec lui tout le temps. Maintenant c'est ton père qui est en sa compagnie pour finir les derniers arrangements. Il n'y aura pas d'enterrement officiel, pas de cérémonie ou de fanfaronnade, la famille Black refuse de le reconnaitre et il vient d'être banni de la famille.

- Parce que Sirius a hérité sa fortune ? S'écria James.

- Parce qu'il a continué à reconnaitre Sirius comme héritier des Black.

- C'est insensé.

- Je sais fiston, ils ne sont pas connus pour être censés dans cette famille. Cependant, il y'aura une petite cérémonie, nous serons très peu et je suis venu t'emmener avec moi. Il a besoin de toi, avec la permission de Dumbledore.

- Bien sûr. Acquiesça James sans laisser à son directeur le temps de répondre.

Albus hocha la tête longuement.

- Avant que vous partiez, James m'avait posé une question. Interrompit Dumbledore. J'aimerai y répondre. Je sais que Sirius se confie à toi, que tu es un frère pour lui et je sais également qu'Euphémia vous le chérissez comme vous chérissez votre propre enfant.

- Evidemment.

- Alors, il est temps pour vous de savoir pourquoi lui et moi avions refusé que vous soyez sa famille adoptive de nom cet été, avant sa majorité. Il est temps pour vous de savoir pourquoi vous ne pouviez ne pas lui donner votre nom Euphémia.

James et Euphémia qui tentaient de partir restèrent debout, puis après un geste de la main d'Albus ils revinrent s'installer dans les sièges en face de son bureau.

- Alphard savait que son état de santé se détériorait, il était seul, sans enfants. Ses frères et sœurs étaient trop occupés à taillader leur propre famille, alors il avait décidé de s'atteler à une tâche avant de s'en aller, aider les enfants déchus de la famille Black. Il avait aidé Ted Tonks à trouver du travail, avait fait fuir Andromeda et avait caché l'existence de sa fille pendant trois années. L'année passée, lorsqu'il sut que Sirius était maltraité par sa famille, il fit en sortes de correspondre avec lui, toute l'année, et ils créèrent même un passage dans un portrait avec une ancienne magie au sein de l'école.

- Vous saviez ?

- Oui, James. Toujours.

- J'ai laissé la correspondance continuer et refusé que les courriers soient vérifiés ou les discussions à travers les cheminés condamnées pour le bien être mental de Sirius, il avait besoin de continuer à avoir un soutien familiale, quelqu'un qui savait pour les secrets des Black, quelqu'un de Black mais différent des Black, il est clair que cette autorisation avait obstrué quelques peu nos investigations sur le Lautus, mais elles avaient sauvé Sirius et lui avait donné un objectif. L'année passée, il eut une entrevue avec Minerva a qui il raconta sa mésaventure et la noirceur de la famille qui le logeait, elle m'en parla et nous avions décidé de sceller le destin de Sirius à Alphard, ainsi Sirius était protégé de sa famille tant qu'un membre de sa famille le défendait. Il devait rester un Black pour que les mauvais sorts des Black ne l'atteignent pas, c'est une magie ancienne, pas très forte…

- Je connais. Interrompit Euphémia. Mais cette magie nécessite qu'un parent se sacrifie pour que ce lien le protège…

- Certes, mais ce n'est pas une théorie exacte, ni prouvée, donc nous avons suivi le conseil de votre amie Bathilda Tourdesac et même si aucun sacrifice de vie n'avait été donné pour Sirius, Alphard sacrifia à la fin sa réputation pour son neveu, ce qui continuera à avoir un effet de protection sur Sirius.

- Mais comment vous savez que cette magie fonctionne ?

- Nous avons remarqué que malgré tous les efforts que fournissait la famille Black, surtout Orion, Sirius ne pouvait être trouvé s'il ne voulait pas réapparaitre seul… L'une des raisons pour lesquelles, il était venu deux semaines en retard à Poudlard ! Nous avions appris qu'Orion Black avait fait équipe avec une sorcière Américaine du nom d'Aretha Bennet, qui avait développé une magie permettant de retrouver n'importe quel individu avec seulement le sang de ce dernier, elle a réussi à trouver tous ceux qu'elle cherchait sauf Sirius.

- Comment vous avez su tout cela ?

- Nous avons des espions partout. Déclara Albus fièrement. Il y'a aussi une deuxième raison, Alphard m'avait fait part de son état de santé et de sa fatigue de la vie elle-même, il savait qu'il mourait bientôt et il voulait que sa fortune revienne à Sirius, pour cela il devait garder son nom. Pour des raisons légales, il devait continuer de garder le nom Black afin que personne n'émette d'opposition dans la famille. Nous avons travaillé pour qu'aucune faille ne soit détectée et que cet argent revienne à Sirius.

- Sirius espionnait sa famille pour vous l'année passée ? Demanda James avant qu'Albus ne finisse d'expliquer la question d'argent.

- Oui. Répondit le vieil homme simplement.

- C'est pour cette raison qu'il se faisait violence pour rester avec eux malgré les atroces souffrances qu'il subissait ? C'est ça le secret qu'il nous cachait lorsque ses propres amis se sont mis à croire que c'est lui la taupe ? Continuer de souffrir pour espionner ?

Dumbledore ne put s'empêcher de ressentir le reproche dans le ton de James.

- Il avait choisi ce chemin, je ne l'ai pas forcé.

- Bien sûr qu'il allait le choisir, c'est Sirius ! Vous croyez qu'il est à Gryffondor pourquoi ?

- James, baisse d'un ton. Cingla Euphémia sans lever le sien.

Il soupira.

- Si vous avez d'autres questions je suis là.

- Il arrive quoi à la Mckinnon là ?

- Elle est au ministère, elle va avoir un procès et avec un peu de chance le plan pour lequel elle était destinée réussira et elle nous donnera certaines informations…

- Bon courage pour ça, c'est une folle prête à mourir pour sa cause de fou ! Cingla James. Maman, Sirius nous attend. Merci Professeur. Enchaina James d'une traite.

Euphémia lança un regard d'excuse à Albus et accompagna son fils.

- J'ai un détour à faire au dortoir. Tu m'accompagnes ?

- Tu veux prévenir tes amis ?

- Oui, si quelqu'un veut venir ce sera bien, il se sentira entouré. Il saura qu'il a une famille ici, il en a besoin. Lança James ému malgré lui.

- D'accord fiston, allons-y.

James donna le mot de passe à la grosse dame et entra accompagné de sa mère. A sa grande surprise la salle commune était vide, il prit alors les escaliers quand il entendit des pas venant de ceux des filles.

- Je n'ai pas envi de manger, je veux juste aller me défouler.

- Mais juste accompagne moi, je n'ai pas envi de prendre mon petit-déjeuner toute seule.

- Alice, demande à Marlène, je n'ai vraiment pas envie de manger !

James reconnut la voix de Lily et Alice et revint sur ses pas. Elles se chamaillaient encore quand Lily vit la mère de James. Elle rougit de la tête au pied et s'empressa d'aller la saluer.

- Madame Potter.

- Euphémia, Lily. Euphémia.

Alice les regarda en fronçant les sourcils.

- Madame qui ?

- Alice, c'est la maman de Potter.

- Officiellement, je ne suis pas sa maman, mais sa femme.

James pouffa de rire.

- Elle ne connait pas mon prénom. Un problème de prononciation, je pense, et dire que je m'appelle juste James.

- Je devrais dire quoi pour Fleamont alors ? Moi, ça m'a prit cinq ans pour apprendre à l'écrire, depuis je l'appelle chéri c'est plus simple.

Alice qui les regardait à tour de rôle éclata d'un rire sauvage.

- Je suis Alice Fawley.

- Oh ! Tu es la fille de Jensen ?

- Moi-même.

- J'ai beaucoup entendu parler de toi.

- Oh non ! Par ma mère ? Si c'est le cas ne la croyez pas, je vous prie.

- Jeune fille, je suis la mère de James Potter. Rien ne me choque.

Alice rit et se tourna vers Lily.

- Elle est géniale ! S'exclama la jeune brune.

- Merci, jeune fille. Je crois que James voulait vous dire quelque chose.

Elle se tourna vers son fils.

- Sauf si tu voulais seulement prévenir les garçons…

- Non, non, en réalité, si l'une de vous pouvait le dire à Marlène aussi, ce serait bien.

- Dire quoi ? Lança Alice.

- Il y'aura une cérémonie d'enterrement de l'oncle Alphard et je me suis dit que ça serait bien qu'on ne laisse pas Sirius tout seul, vous voyez, qu'il ait de la compagnie dans des moments aussi…

- Absolument. S'écria Lily avant qu'il finisse. Je vais réveiller Marlène.

- Oh non ! J'y vais moi ! Lança Alice en faisant un clin d'œil à sa meilleure amie.

Elle remonta en courant.

- Je vais réveiller Rémus et Peter.

James monta les escaliers pendant que Lily et Euphémia le regardaient s'en aller. La mère de famille jeta un regard en biais à Lily et remarqua sa gêne.

- Il te malmène toujours ?

- Euh… Non… Pas vraiment… On essaie de…

- Se supporter ?

Elles se sourirent.

- Je ne vais pas te vanter ses qualités, Lily. Même si tu dois connaître ses défauts plus, mais…

- Je crois que j'ai appris à le connaître plus depuis la dernière fois.

- Et tu le supportes maintenant ?

Lily rougit.

- Oh ! Tu ne fais pas que le supporter…

- Je…

- Allez, je te taquine.

- Il tient de vous la plaisanterie.

- Absolument et encore, j'ai un grain en plus. Lança Euphémia en lui faisant un clin d'œil.

- Euphémia !

Rémus s'empressa d'éteindre la mère de famille au même moment où Marlène dévalait l'escalier seule.

- Marlène, quelle forme !

- Alice a du me dire ton nom pour que je veuille descendre, je me lève jamais avant onze heures dimanche, sinon je les tue.

- Ah ! Je te reconnais bien.

Peter s'empressa d'éteindre Euphémia avec timidité, elle lui ébouriffa les cheveux et il lui offrit son sourire à moitié endormi.

- Où est Alice ? Demanda Lily.

- Elle est partie réveiller Dorcas.

- Il a beaucoup d'ami à ce que je vois.

- Et ça on ne l'a pas dit à toutes ces filles qui lui bavent dessus… Lança James.

- Bravo pour le tact. Lui murmura Rémus en regardant Marlène.

- Ça va, il ne m'appartient pas. Lança la jeune fille. Je suis contente que tu aies pensé à nous le dire, James.

- Ça lui fera plaisir.

- Bien, je m'attendais à avoir deux amis ou trois en plus, mais la vous êtes…

- Sept ! Lança Alice en arrivant. Dorcas est introuvable.

- Bien alors restez sagement ici, je reviens, je dois prévenir mon mari pour plus de sécurité et s'il vous plait j'adore les blagues, mais là, je vous demanderai tous de tenir en compte le fait que c'est un enterrement privé et que nous serons en terrain périlleux, pas de farces ou de rébellion.

Elle fixa James puis Lily en attendant une réponse.

- Euh pourquoi moi ?

- On m'a dit que tu as tendance à vouloir sauver tout le monde. Vous êtes les enfants, nous les adultes, peu importe ce que vous entendez ou voyez, restez regroupés et calmes et tout se passera bien.

- Je ne suis pas du tout rassuré. Lança Peter.

- Tant mieux, comme ça tu te tiendras tranquille. Déclara Euphémia avec un sourire doux.

Elle sortit de la salle commune et s'assura d'être seule dans un couloir, puis regarda autours d'elle, elle connaissait ce château par cœur, elle sourit puis envoya son Patronus et attendit la réponse à l'abri des regards.

- Dommage pour mon petit-déjeuner. Minauda Peter.

- Elle est trop drôle ta maman. Lança Alice.

Ils acquiescèrent tous.

- Attendez une seconde, vous elle vous connait c'est normal, mais d'où elle connait Lily ?

- Peut-être qu'elle a entendu James la mentionner dans son sommeil. Lança Marlène.

- Je suis sérieuse !

- Les enfants on y va.

- Je veux des réponses après. Murmura Alice à Lily.

La jeune fille acquiesça et suivit la mère de famille, s'approchant de Marlène plus.

La cérémonie fut silencieuse, seuls les martèlements de la pluie interrompaient les prières à voix basse que se répétaient les personnes présentes. Sirius portait des vêtements moldus noir, il était près de la tombe et portait des lunettes aussi noires que sa chevelure, près de lui, se tenaient Euphémia et Fleamont l'un déposant sa main sur son épaule, l'autre en retrait avec une main près de son dos, James était près de sa mère et portait à son tour des lunettes de soleil qui ne cachaient aucun soleil, puisqu'absent. Marlène se tenait près de lui avec Kayson Mckinnon, près de Fleamont se tenait Lyall Lupin et Rémus Lupin et juste derrière eux, Alice et Peter, Lily quant à elle, elle était debout un peu plus en retrait, près de Kingsley Shackelbolt et d'un autre auror qu'elle ne connaissait pas, le professeur Mcgonagal et Dumbledore étaient en face et une jeune femme voilée se tenait un peu à l'écart du groupe. Aucun membre connu de la famille Black n'était présent, mais par la suite Lily sut que la mère de Darius Weasley, Cederella Black et son mari Septimus Weasley étaient présents. Lily scruta les alentours et remarqua que le vaste cimetière était encerclé d'auror. La jeune adolescente de seize ans laissa son regard errer. Ce cimetière elle le connaissait bien, sa grand-mère y était enterrée ; la seule qu'elle ait connue. Elle ferma les yeux, une larme coula et elle pria silencieusement pour ses parents, quand soudain, elle sentit une main sur son épaule. Emmeline Vance.

- Tu veux que je t'accompagne ?

- Où ? Demanda Lily d'une petite voix.

- Avant que vous veniez, nous avons fait le tour trois fois chacun dans ce cimetière j'ai vu le nom d'Agata Evans et depuis tout à l'heure tu regardes dans cette direction, je me suis dite que…

- C'est ma grand-mère.

- Tu veux aller sur sa tombe ? Je peux t'accompagner.

- Dans un moment alors.

Lily attendit que la tombe du défunt soit sous terre pour se déplacer, quand elle remarqua que tous les sorciers présents hissèrent leurs baguettes vers le ciel, toutes allumées d'une étincelle blanche, comme auraient fait les moldus pour les bougies. La jeune Evans se demanda comment les moldus ne voyaient pas cette scène, puisque ce cimetière n'était pas seulement fait pour les sorciers, puis elle secoua la tête en évitant de se préoccuper de détails sûrement réglés avant son arrivée. Sirius fut le deuxième à allumer sa baguette suivi par les maraudeurs et enfin le reste de l'assemblée, alors Lily en fit de même. Elle sentit une boule dans sa gorge et ne comprit pas la mélancolie qui la regagnait à nouveau, elle ne connaissait même pas l'individu qu'ils venaient d'enterrer, pourquoi était-elle à nouveau triste ?

Soudain, elle se rappela ; une fois endeuillé toutes les cérémonies deviennent notre, tous les deuils sont un rappel, toutes les tombes sont un mémorial de la pire journée que peut vivre un humain : la mort d'un proche. Se retrouver dans des endroits ainsi ne faisait que déclencher à nouveau la peine de l'au revoir, le rappel des partis trop tôt et la fin destinée à tout le monde. Lily s'approcha de Sirius afin de lui offrir ses condoléances, il la remercia sans un mot et se tourna vers la prochaine personne à venir prétendre qu'elle comprenait son état.

Emmeline accompagna Lily qui n'eut aucun mal à retrouver la tombe de sa grand-mère, même si elle n'était pas venue depuis trois ans. Elle ferma les yeux et laissa le souvenir, de la dernière fois qu'elle avait posée les pieds ici, la submerger.


Flash-back

En ce jour d'été, Lily et Pétunia accompagnaient leur mère au cimetière. Lily essayait toujours de profiter de ses parents au maximum avant de revenir à Poudlard. Ainsi lorsque sa mère lui demanda d'aller visiter la tombe de leur grand-mère, elle prit la route sans se le faire répéter.

Amélia Evans avait aimé Agata comme sa mère, elle n'avait jamais eu cette relation venimeuse que pouvait avoir une belle-mère et sa belle-fille. Agata Evans avait eu seulement deux garçons, Boris et Daniel, lorsqu'elle rencontra Amélia, elle l'adopta vite comme la sienne. Ainsi, à sa mort, les deux parents de Lily avaient été inconsolable, son père parce qu'il avait perdu sa maman, et sa mère à elle pour avoir perdu la femme qui remplaça la famille qu'Amélia n'avait jamais eu. Lily ne se laissait jamais oublier ce lien si spécial et faisait toujours plaisir à sa mère en y allant avec elle, même si l'endroit la déprimait.

Pétunia avait tout fait pour esquiver cette visite estivale des tombes, parce qu'elle voulait aller faire du shopping avec ses trois pestes de copines.

- C'est normal que ça ne te dérange pas qu'on te traîne ici. Je parie que tu vas y trouver des ingrédients pour tes bidouilles bizarres. Cingla Pétunia avec dégout.

- Tu veux t'attirer les foudres de maman ? Murmura la jeune Lily de treize ans.

- De toute façon, tu t'en fous de perdre du temps… Continua Pétunia comme si Lily n'avait pas dit un mot. Moi, mes trois meilleures amies m'attendent, toi tu n'avais pas de plan.

- Je me demanderai toujours comment tu as réussi à avoir non pas une mais trois copines. Ça relève de l'exploit.

- C'est pas parce que toi tu n'y arrives pas que c'est pareil pour moi… On n'est vraiment pas pareil.

- Dieu soit loué. Cingla Lily.

- On est arrivé les filles.

Amélia marcha entre les tombes fleuries et l'herbe récemment traitée puis s'agenouilla près de la tombe de sa belle-mère. Pétunia cueillit une fleur avec laquelle elle joua en tournant autours des tombes, alors que Lily resta plantée derrière sa mère, prête à distribuer un câlin dès qu'elle aurait détecté une larme.

- Elle me disait toujours ne me pleure pas quand je pars.

Amélia Evans renifla bruyamment.

- J'essaie mais je ne sais pas comment faire.

Lily entoura sa maman de ses bras et s'assit près d'elle dans l'herbe.

- Elle me disait rappelle-toi de nos fous rires et rit avec moi parce que je t'entends, mais je ne sais pas…

- Je suis sûre qu'elle t'entend maman et si elle était là, elle te gronderait de ne pas l'avoir écouté.

Amélia esquissa un sourire entre les larmes.

- Tu as le même pouvoir que ton père, lui aussi me fait rire, même à travers les larmes. Déclara la jeune mère en déposant un baiser sur les cheveux de sa cadette.

- Dis surtout pas magique à côté de pouvoir, sinon Pétunia va flipper.

Cette fois-ci Amélia sourit plus largement et fixa sa fille d'un regard tendre.

- Viens-là.

Elle poussa Lily vers elle et l'enlaça de toutes ces forces.

- Ne laisse personne te dire que tu n'es pas assez bien et surtout ne laisse personne t'enlever ton humour. Je suis sûre qu'en vieillissant ta grande sœur me rendra folle et que j'aurai besoin de ton humour pour tenir.

- Ou si tu veux je peux lui lancer des sorts, j'ai un pouvoir plus développé là dedans, juste des sorts de mutismes… Elle parle tellement.

- Lily ! Gronda Amélia en souriant.

Elle garda la tête sur l'épaule de sa mère et regarda les dates sur la tombe de sa grand-mère.

- Je me rappelle de ces histoires, elle en avait tellement à raconter. Déclara Lily avec nostalgie.

- Elle a vécu pleinement, c'est pour ça qu'elle me disait de ne pas la pleurer, elle a dit qu'elle a fait tout ce qu'elle voulait dans sa vie.

Lily sourit.

- Elle me manque.

- A moi aussi, chérie. Tu veux que je te dise, elle avait raison, je me sens mieux quand je souris en me remémorant sa vie, les catastrophes qu'elle causait aux réunions, la fois où elle est tombée dans la piscine du cousin de ton père…

- La fois où elle avait confondu le sel et le sucre et m'a fait le plus horrible gâteau d'anniversaire que j'ai jamais mangé.

Amélia éclata de rire à nouveau et soudain devint silencieuse, elle regarda son aîné tourner autours des tombes en jouant avec des fleurs et se désola de sa froideur, puis regarda sa cadette et se désola de la voir si peu.

- Chérie.

- Oui maman.

- Rappelle-toi toujours de te rappeler des bons moments. Ta grand-mère avait raison.

Fin du Flashback.


- C'est qui ?

Lily essuya ses larmes et releva sa tête, une panoplie de fleurs venait d'apparaitre magiquement sur la tombe de sa grand-mère. Marlène et Alice étaient près d'Emmeline à présent.

- Ma grand-mère… Dit Lily avec une petite voix.

Elle se racla la gorge puis continua.

- Ça fait longtemps que personne n'est venu, la pierre tombale est mal entretenue…

Emmeline sortit sa baguette et après trois coups vifs les mauvaises herbes avaient disparu et l'écriture sur la tombe devint plus claire.

- Merci.

Marlène s'agenouilla près de Lily, alors qu'Alice resta devant la pierre à fixer les deux jeunes filles.

- Donc Pétunia ne vient pas, ici. Lança Marlène.

- C'est ce que je me suis dit.

Alice hocha la tête de gauche à droite et vit les autres leur faire signe, elle voulut avancer vers eux et prévenir les filles mais Lily se mit à parler.

- Je me rappelais justement de la dernière fois qu'on était venu ensemble, c'est un souvenir qui m'était complètement sorti de la tête, jusqu'à ce qu'on atterrisse ici.

Les pas s'approchaient mais Lily ne les entendit pas, Marlène venait de lui prendre la main et lui fit un sourire tendre.

- C'est encore dur pour toi les enterrements.

- Ça l'est toujours, mais je vais bien, je me rappelais d'un truc que m'avait dit maman. Ça fait du bien de revenir au fond…

- Lily on doit y aller.

Elle releva la tête et vit les maraudeurs avec Euphémia. Lily se leva en vitesse pour épousseter sa robe et vit James la regarder, il esquissa un faible sourire et elle se dit qu'elle devait avoir l'air affreuse.

- C'est la famille ? Demanda Sirius.

- Ma grand-mère. Mais on peut y aller c'est bon. Merci Emmeline.

James la regarda passer devant lui et se retint de toutes ces forces afin de ne pas tirer sa main vers lui et la serrer contre lui. Il se contenta de passer son bras sur l'épaule de Sirius et ils revinrent tous à Poudlard.

- Bon, je m'en vais. Lança Euphémia après avoir déposé un baiser sur le front de son fils.

Elle tira ensuite Sirius à elle.

- Ecris-moi.

Elle le serra contre elle et offrit un sourire et un signe de main à tout le monde avant de s'en aller. Ils entrèrent ensemble dans la salle commune et avant qu'ils n'aient eu le temps de voir devant eux, une Dorcas impatiente se jeta sur eux.

- Pourquoi vous ne m'avez pas cherché ? Hurla-t-elle. J'ai trouvé juste un mot d'Alice. Moi aussi, je voulais venir !

Sirius esquissa un sourire.

- On était pas dans un pub, tu sais, tu n'as rien raté.

Elle poussa Alice et se jeta dans les bras de Sirius.

- Je suis désolée.

Il l'enlaça en retour puis se racla la gorge.

- Des fois, je crois que tu m'aimes même pas et dès que je disparais et réapparais tu te mets à te jeter sur moi, faut calmer tes ardeurs Meadowes !

Ils rirent à l'unisson et se contentèrent de passer du temps ensemble dans la salle commune, sans jeux, sans blagues et des fois, même sans parler. Les maraudeurs montèrent dormir en premier, après que Casey ait passé du temps avec James et essayé de débrider Sirius, puis Dorcas partit rejoindre Bilius.

- On a fini Octobre en deuil, maintenant Novembre en deuil, je ne compte pas laisser l'année se passer comme ça. Hors de question ! S'exclama Marlène.

- Amen ! Répondit Lily.

- Ça fait trop de morts. Il y'a tellement de morts, les filles, que ça en devient une habitude, ça nous atteint même plus comme avant.

- Ouais, depuis que j'ai commencé cette mode louche. Lança Lily sarcastiquement.

Marlène et Alice la fixèrent déroutés.

- Oui, oui, la préfète lance une mode, qui aurait cru que c'est l'intello qui deviendrait un modèle. Arrêtez de me regarder comme ça, je ne suis pas bourrée, avouez que c'est drôle !

- C'est fin.

- C'est un peu trop sarcastique à mon goût.

Elles se regardèrent et se sourirent puis finirent par se souhaiter bonne nuit.

Tard le soir, Lily se leva de son lit, voyant que le sommeil ne venait pas, elle décida de se trouver une occupation dans son dortoir. Elle alluma une bougie près de son lit et fixa celui d'Evelyn encore vide. Elle souffla et s'assit en silence un instant, quand elle entendit son ventre faire un bruit pas très charmant, elle sourit et souhaita intérieurement avoir la cape d'invisibilité de James. Après de nombreuses minutes de combat contre sa conscience qui lui dictait de ne pas errer dans les couloirs, la famine l'emporta sur la raison, elle haussa les épaules et descendit sa baguette à la main.

Elle entendit un bruit lointain qui ressemblait à un raclement de store et un rideau qui se fermait, alors, elle se précipita dans la salle commune, arrivée au centre elle ne vit aucune âme, mais un parfum flottait dans l'air, quelqu'un se cachait ici. Elle fouilla interminablement, oubliant qu'un simple sort aurait pu fournir réponses à sa question. Elle resta debout en silence, quand soudain, la cheminée se ralluma et elle crut voir un reflet dans le feu. Elle s'approcha et écarquilla les yeux.

- Toi ? Emily ! Hurla Lily

Le feu crépita puis disparut. Lily sentit son cœur battre la chamade. Emily Macmillan était dans l'âtre de cheminée de la salle commune de Gryffondor. Quelqu'un parlait à Emily Macmillan dans cette cheminée. Elle venait de rater la taupe de peu. Elle monta en courant à la poursuite de n'importe quel individu dans les escaliers, n'importe quel bruit, mais rien n'y fit. Elle ouvrit même quelques portes et envoya des « Stalagmium » à travers d'autres portes pour entendre mais en vain. Elle commença à douter de son propre jugement, peut-être Emily surveillait la salle seulement. Peut-être que ce n'était même pas Emily. Lily sentit sa tête tourner, elle avait vraiment faim et ne se rappelait même pas du dernier repas qu'elle avait ingurgité. Elle savait qu'il était dangereux pour elle de sortir, mais la faim l'emporta sur la raison. Elle se jeta un sort de désillusion et sortit en priant de ne rencontrer personne.

Elle entra aux cuisines essoufflée. Les lumières étaient toutes allumées et de longues tables trainaient dans le centre de la salle, très propre, méticuleusement propre, avant que Lily n'ait eu le temps de dire « Wow » un petit elfe de maison sortit de nulle part.

- Je suis Astra votre elfe, que puis-je faire pour vous, maitresse ?

- Euh… Bonsoir Astra. Je ne voulais pas déranger, vous dormez ?

- Oh maitresse, nous dormons jamais.

- Mais ce n'est pas interdit pour moi d'être ici ?

- Si vous le souhaitez, je peux le garder pour moi. Si vous ne le voulez pas, je peux vous dénoncer. C'est vous qui commandez !

- Ok. Ok. Je voudrais préparer quelque chose et j'aurai besoin de votre aide.

- Oh ! Ne vous dérangez pas, dites-moi de quoi vous avez besoin et je m'en occuperai pour vous maitresse.

- Euh… j'aimerai bien le préparer moi-même avec votre aide.

- Si vous voulez maitresse, vos désirs sont des ordres.

Au dortoir des maraudeurs, Sirius et James qui discutaient encore après que Rémus et Peter se soient endormis, baillèrent en même temps, alors Sirius déclara à James qu'il allait essayer de dormir. James se mit à rire quand à peine trente secondes plus tard son ami se mit à ronfler.

- Tu as de la chance que tu viennes de vivre une tragédie, sinon, je t'aurai noyé dans ta propre tragédie. Menaça James.

Il enleva ses lunettes et ferma ses rideaux, mais même vingt minutes plus tard, le sommeil ne semblait pas venir à lui, il se leva but de l'eau, regarda la forêt à travers sa fenêtre, fouilla dans ses affaires pour élaborer de nouvelles blagues puis s'ennuya seul et se remit au lit. Il s'allongea, tourna la tête et vit la carte des maraudeurs le narguer sur sa table de nuit alors il décida d'espionner un peu le monde de Poudlard, par ennui.

- Non, Astra regarde comme ça. Les marshmallows en cercle. Tiens, goûte.

Le petit elfe regarda Lily avec des yeux ronds.

- Oui, vas-y. Je t'assure que c'est bon.

- Merci maitresse, mais je ne peux pas.

- Selon qui ? Moi je te dis que tu peux. Allez, goûte !

- Oh merlin, par la chaussette de… excusez-moi je ne voulais pas jurer devant vous.

- C'est rien. C'est bon, pas vrai ?

- Succulent maitresse, c'est…

- Et moi ?

L'elfe et Lily sursautèrent.

- Potter !

- Je veux goûter aussi, Astra. Tu peux m'en faire un ?

- Je voudrais maitre, mais maitresse a un ingrédient secret.

- Alors, je suis foutu !

James haussa les épaules avec fatalité devant le regard curieux de Lily.

- Assieds-toi, je t'en prépare un.

- Vraiment ?

- Oui.

- Sans m'empoisonner ?

- Ça serait trop évident !

James s'assit sur une chaise en regardant une Lily en pyjama s'affairer pour lui préparer un chocolat au marshmallow, il se cogna la tête contre la table pour être sûr de ne pas rêver. Lily entendit le son lourd et se tourna.

- Octo !

- James !

Il avait encore le front sur la table, il se releva et ricana.

- C'est maintenant que tu Octo !

- Tu étais toi, jusqu'à ce que tu te mettes à te frapper tout seul. Ou tu es possédé ou ce n'est pas toi...

- Comment tu sais que c'était moi ?

- Euh… Je ne sais… Tes réponses.

James regardait ses jambes blanches s'affairer dans la cuisine, il voulait tellement la toucher, mais savait qu'il ne pourrait rien faire ni contre ses sentiments, ni pour l'avoir. Il détourna le regard mais le sentiment de bien-être ne le quitta pas. Lily Evans lui préparait une boisson en parlant avec lui naturellement, ses cheveux roux flamboyant s'ondulaient à ses mouvements dans cette cuisine et il se mit à imaginer ainsi sa vie. Un dimanche, lui et elle dans une cuisine où elle préparerait des pancakes et ils discuteraient de la vie, puis aussi librement qu'il aurait aimé être, il se laisserait aller par ses pulsions, s'approcherait d'elle, la soulèverait sur le plan de travail et feraient l'amour dans la cuisine même. Il soupira et baissa les yeux en chassant de son cerveau ses rêves impossibles. Lily arriva avec deux tasses et lui en offrit une.

- Je veux l'autre que tu voulais te donner.

- La confiance règne. Lança Lily.

Elle lui déposa la tasse devant lui et s'installa en face de lui.

- Tu fais quoi ici ? Demanda-t-elle.

- Une fringale. Et toi ? Oh Merlin ! C'est si…

Elle sourit.

- Je vais le finir d'une traite.

- Je ne vais pas me relever. Si tu le finis d'une traite, c'est tout ce qu'il y'aura.

- C'est trop bon. Comment tu fais ?

Elle ricana.

- Comme si j'allais te dire mon secret.

- Je t'ai dit pour la cape.

Elle releva ses yeux de sa tasse et le regarda, alors elle se figea. Cette scène était surréaliste. Ils étaient assis seuls l'un en face de l'autre, sous une lumière tamisée, à boire ensemble un breuvage qu'elle a préparé pour eux. Lily sentit une familiarité qu'elle ne s'était jamais donné l'occasion de vivre avec lui. Elle ouvrit ses lèvres pour parler mais son regard la troubla. Son cœur battait trop fort, ils étaient trop proches et trop seuls. Elle se leva alors d'un coup et ramena le bol contenant les marshmallows, la seule excuse trouvée pour le fuir, fuir ses yeux, fuir la chaleur qui la gagnait, fuir ses désirs.

- C'est une recette de ma mère. C'est tout ce que je peux te confier comme secret.

- Ça me suffit.

Il plongea son nez dans sa tasse et un silence gênant pris place.

- Voilà maitresse. Interrompit l'elfe après quelques minutes de silence.

Lily se leva en souriant.

- Merci.

Elle prit le plat chaud et s'assit, elle leva sa baguette et ramena à elles des couverts, puis regarda James.

- Ce sont des lasagnes bolognaises. Un repas moldu. Tu veux goûter ?

Il hocha la tête alors elle amena à eux une autre paire de couverts.

- C'est italien, c'est à base de sauce faite à la tomate, de béchamel qui est un mélange de laitage et farine, de viande hachée et pour moi d'un milliard de fromage. En général, ils mettent en quantité égales, avec la sauce et la béchamel, mais moi, je mets autant de fromage qu'il y'a d'oxygène dans l'air. Finit-elle en souriant.

- Bécha quoi ?

- Béchamel.

- Et ça ?

- Une sorte de pâtes.

- Où tu l'as déniché ?

- Je l'avais avec moi depuis un moment, je me disais un jour je vais venir aux cuisines me préparer un repas moldu, mais…

- Tu n'osais pas…

- Voilà.

Il prit une bouchée puis une deuxième et enfin il ne put plus s'arrêter.

- Hey ! Je t'ai demandé de manger avec moi, pas que je te regarde me voler mon repas.

- Mange plus vite alors.

- Hey !

Lily poussa sa fourchette hors de l'assiette, mais il refit le même mouvement. Elle le menaça de son couteau, alors il en profita pour se servir une autre part, soudain, sans qu'il ne comprenne, le plat se mit à voler.

- Tu ne me connais pas. Je ne rigole pas avec la nourriture Potter !

James se mit à rire et se leva.

- Défi accepté.

Il attrapa le plat et se mit à courir avec. Lily le coursa, se jeta sur son dos envoya un sort au plat qui se plaça au dessus du plus haut placard et descendit de son dos. Elle était entrain de se laisser tomber quand il attrapa sa cheville, elle se débâtit, alors il attrapa son genou, il se tourna en vitesse et la souleva aussi rapidement qu'un clignement de cil.

- Descends-moi, on vient de manger, je vais te vomir dessus !

Elle lui envoya un coup de pied qui atterrit dans son ventre, alors il tenta de la lâcher, le corps de Lily était en face du sien à présent, les pieds de la jeune fille près de son entrejambe et son visage à lui près de sa poitrine. Il la descendit trop doucement à son goût. Trop lentement, si lentement qu'elle sentit chaque partie du corps de James effleurer le sien. Lorsqu'elle fut par terre, il la lâcha mais n'écourta pas la distance, elle leva les yeux vers lui, alors il s'éloigna en courant vers le plat. Lily se sentit idiote, bête, crétine et soupira si longtemps qu'il l'entendit.

- Je suis entrain de gagner Evans.

« Pourquoi il fait ça ? C'est la deuxième fois qu'il me fait croire qu'il va me toucher puis il va récupérer autre chose. Tout n'est que jeu pour lui et l'idiote que je suis pense qu'il pourrait réellement vouloir quelque chose de moi. »

- Je suis épuisée Potter. Tu peux l'avoir.

Elle haussa les épaules et tenta de s'en aller quand il lui barra le chemin.

- Non ! Attends. Evans !

- Quoi ?

- Viens manger. Je faisais l'idiot. On doit s'estimer heureux que tu manges déjà. Reviens !

- Ça veut dire quoi ?

- Si tu es venue ici de ton plein gré c'est que tu t'es tellement tuée dans tes tâches que tu es en train de mourir de faim, je parie que tu n'as rien mangé depuis Jeudi minimum.

Elle fronça les sourcils et leva ses paumes au ciel en signe d'interrogation.

- J'y peux rien, je suis observateur. Lança James en levant ses mains au ciel. Viens manger. Il y'a encore un million de fromage.

- J'en avais mis un milliard ! Lança Lily en boudant.

Elle soupira et revint.

- Tu peux manger aussi, juste mange pas comme un ogre.

- Si je mange aussi lentement que toi, ça va refroidir.

- Y'a un juste milieu tu sais.

- Où tu as appris à les faire ?

- C'est mon père qui m'a appris.

- Tu penses à eux souvent ces derniers temps, pas vrai ?

Lily se mordit la lèvre et finit sa bouchée.

- Ouais.

- C'est à cause de Pré-au-lard. Pas vrai ?

- Ouais.

- Je suis sûrement la dernière personne avec qui tu veux parler de ça, je sais, mais quand tu as vu ces scènes, tu t'es mise à imaginer ce qui est arrivé à tes parents, pas vrai ?

- Arrête de finir tes questions par pas vrai. Et oui, c'est vrai. Mais comment… ?

- J'ai deviné ? Je n'ai pas deviné, j'ai entendu ce qu'on a raconté et j'ai analysé. Alice disait que tu étais comme ça après les morts de tes parents, l'isolement et le combat maladif…

- Hey !

- Désolé, mais c'était effrayant l'autre fois quand je suis venu avec Marlène, qui d'ailleurs tu dois le savoir m'a forcé, un peu !

- Je m'en doutais. Lança Lily quelque peu déçue.

- Tu ne respirais même pas, enchainais sort après sort et tu avais une rage…

- Ouais… Ouais…

- Je devrais me taire je crois.

Lily prit une autre bouchée et voulut rétorquer que oui, qu'elle n'était pas un sujet de discussion ou d'analyse, elle se tordit les lèvres et soudain une réflexion sortie de nulle part vint se planter dans son cerveau.

« Il s'intéresse à toi… »

La propre petite amie du garçon qui lui plaisait avait déclaré qu'il faisait attention à elle. James Potter, lui, le maitre de l'indifférence. Il savait comment elle prenait son petit-déjeuner, où la trouver la plupart du temps… Il aurait réellement été intéressé par elle ? Il faisait attention à Marlène aussi, à Sirius… Peut-être qu'il voulait seulement qu'ils soient amis enfin de compte, peut-être voulait-il juste enterrer la hache de guerre... ?

- Evans… ?

- Euh…

Il n'avait rien de mauvais, aucun signe de plaisanterie et la curiosité dans son regard était réelle.

- J'ai fini ! C'était bon. Je vais y aller Evans.

Elle le regarda se lever et tenta de démêler ses pensées et de chasser ses millions de question.

« Stop ! Lily arrête ! Plus de questions ! Ne le laisse pas partir. »

- Le cri de la mère était horrible et j'ai ressenti sa douleur comme si elle était la mienne. Elle a perdu sa fille devant ses yeux, je me suis dit au moins moi je les ai pas vu mourir, et puis il y'a eu le petit garçon qui a vu sa mère recevoir le doloris et là j'ai flippé. Je n'étais qu'une enfant aussi, je n'étais pas…

Elle se tut.

- Qui tu es aujourd'hui…

Elle hocha la tête.

- J'étais réservée, j'étais presque jamais en colère, je voulais vivre en paix et ça ne me posait pas de problème de ne pas être connue par toute l'école, que je sois dans mon coin !

- A cheval sur le règlement avec comme seul objectif être la meilleure de l'école pour rendre tes parents fiers.

- Un truc du genre. Et n'en profite pas pour m'insulter !

- Je garderai mes commentaires pour après alors…

- Ça n'aide pas. Je ne vais pas te parler si tu te moques !

- Je n'allais pas insister à savoir pour me moquer, je sais quand m'arrêter de rire…

- Oh vraiment ?

- Pause !

Lily fronça les sourcils.

- On revient à : Tu n'étais qu'une enfant…

- Pourquoi tu as dit pause ?

- J'essaie un truc, je me dis pour pas qu'on se dispute, pardon se chamaille, je vais mettre des pauses et revenir à avant qu'on se dise de la merde.

- Ce n'est pas bête venant de toi.

- Pause !

- Bon, arrête.

Ils se sourirent. Lily était obnubilée par ses yeux et leurs regards ne se détachaient pas. Elle se tut et il devina qu'elle avait du mal à parler à nouveau alors il tenta.

- Quand j'ai vu qu'il y'avait des enfants, j'ai compris pour la première fois de ma vie de quoi parlaient mes parents… Il y'avait cet homme qui était prêt à tout pour ne pas voir ses enfants mourir devant lui, même si lui devait mourir… Je me suis dit, mes parents feraient pareils. Et ce n'est pas rassurant !

Lily le regarda parler et pour la première fois de sa vie découvrit ce côté en lui, pas celui qui riait de tout, pas même celui qui voulait sauver l'école parce qu'il ne supportait pas l'injustice, pas celui qui était loyal à ses amis, mais un autre encore plus mature qu'elle ne le croyait, quelqu'un qui analysait plus mais surtout qui parlait directement de son cœur.

- Je ne sais pas ce que tu dois ressentir, parce que sérieusement si quelque chose arrivait aux miens…

Il hocha la tête de gauche à droite et ne sut comment finir sa phrase.

- C'est pour ça que quand je vois les filles s'inquiéter et vouloir te rendre plus…

- Normale ?

- Ouais…

- Je me dis que ça ne sert rien parce qu'au fond personne ne sait vraiment comment…

- Comment gérer un deuil.

- Voilà.

Lily sourit.

- Pourtant tu me prends pour une folle depuis plus d'une année maintenant.

- Une barge pour être exacte.

- Qui attire les problèmes…

- Comme un aimant.

Elle lui fit une grimace.

- Il y'a quoi comme étape ?

- Euh… Je n'en ai aucune idée, si tu crois que je suis guérie, je suis tellement loin de ça, que si je m'écoutais, je m'enfermerai dans un asile moi-même.

Il éclata de rire.

- On a tous un grain, Evans. Il y'a un truc bien que tu fais en tout cas…

- Quoi ?

- Tu transformes ta tristesse en force.

- Je ne pense pas que…

- Plusieurs personnes deviennent mauvaises, laissent le coté sombre prendre le dessus, ou se laissent porter par la vengeance, ou se noient dans l'alcool, toi, tu te bats pour ce qui est juste et tu veux juste aider… C'est noble.

Lily entrouvrit la bouche et le fixa sans dire un mot. Elle fronça les sourcils et sourit.

- Tu le penses réellement ?

- Je ne me moque pas, je t'assure. C'est ce que j'ai dit à Bart pour qu'il vienne te voir. Je n'ai pas menti, tu es énervante, tu cries comme une scie, tu te donnes le droit de te mêler de la vie des autres, voire leur donner des ordres…

- Hey !

- Tu es têtue, impulsive…

- POTTER !

- Mais tu as ce truc. C'est un bon truc.

- Tu ne pouvais pas me faire un compliment sans les autres trucs négatifs ?

- Nope, sinon, tu passes en mode hystérique… Ah oui, j'ai oublié hystérique dans la liste… Et tu me diras « ne t'avise jamais de me draguer Potter » et je ne veux surtout pas que tu crois ça !

Lily fronça les sourcils avec colère, alors James s'attendit à ce qu'elle le corrige, le gronde ou même le secoue s'il le faut, contre toute attente, elle lui offrit son doigt d'honneur et rit. Elle rit comme il avait envie qu'elle rit avec lui l'année d'avant. Elle avait failli le rendre fou, il ne cherchait qu'à la faire rire et la voire sourire avec lui de manière spontanée et réelle comme avec tout le monde, ce rire qui émanait de ses yeux, mais il n'eut pas vraiment l'occasion jusqu'à récemment. Maintenant, elle riait avec lui et il ne put que rire à son tour.

- Tu n'as pas froid aux yeux quand même ! Continue à lancer tout ce qui te passe par la tête tu finiras par te faire fracasser par quelqu'un un jour.

Il sourit à son tour. Le silence revint.

- Ça doit te manquer les repas moldus.

- Oui, plein de choses moldus me manquent, la télévision, le téléphone… La liste est longue.

- Franchement, tu as de la chance.

- Pourquoi ?

- Tu as deux mondes.

- Vu comme ça, ça parait cool.

- Tu ne peux le voir que comme ça. Y'a pas d'autres visions, les autres pensées c'est que de la merde.

Lily sourit et émit un bâillement.

- Tu as ta cape ?

- Comment tu crois que je suis venu ?

- Génial.

- Octo ?

- Lily ! C'est maintenant que tu Octo ?

- C'est juste qu'Evans qui demande ma cape pour sortir de la cuisine à l'aube en cachette est trop surréaliste.

- Pas que ça Potter. Tout est surréaliste.

- C'est vrai. Règle numéro un. Regarde où tu marches seulement, moi je me contente de regarder où on met les pieds, ça marche ?

- Ça marche. Donc je serai derrière toi ?

- Oui.

Ils revinrent à leur salle commune, James cacha sa cape dans sa poche et se tourna vers Lily qui se rappelait soudain de la cheminée.

- Tu sais. Je crois que j'ai vu Emily Macmillan dans la cheminée tout à l'heure.

- Quoi ? Sérieusement ?

- Je ne suis pas sûre.

Un son s'entendit derrière eux. Lily et James se tournèrent en même temps mais n'eurent pas le temps de voir quoique ce soit.

- Oubliettes Mémentore. Hurla une voix. Dormez bien les tourtereaux.