Bonjour, Bonsoir,
Je vais me faire incendier de partout et je le mérite sûrement d'avoir disparu, mais comme j'avais déjà promis, je ne laisse pas tomber cette fanfiction, c'est ma petite vie et ma petite santé, qui m'ont empêché de mettre à jour plus tôt.
Promis, cette fois, je suis de retour pour de bon.
Je tenais à remercier tout le monde pour vos reviews et votre patience.
Comptes rendus, comptes réglés
Les matins à Poudlard devenaient de plus en plus frileux, les élèves mettaient plus d'habits que d'habitude et les châles cachaient presque tous les visages, Décembre était arrivé avec une vague de froid inégalée auparavant, la neige était attendue, alors tout le monde se calait dans le château.
Un matin, Mary Macdonald était assise dans la grande table de Poufsouffle en compagnie de ses camarades de quatrième année, elle sirotait son bol de lait chaud au chocolat quand elle reçut un hibou. Elle tendit la main et prit l'enveloppe qu'elle fixa d'un regard confus.
- C'est une beuglante, ouvre-la vite. Lança Miranda Faucett ; la préfète de Poufsouffle d'un un an son aînée.
Mary déplia le petit colis et les quelques élèves l'entourant écarquillèrent tous les yeux.
- Eloigne-toi des élites de Serpentard, sang-de-bourbe, ou ta fin ne te plaira pas !
L'enveloppe se déchira d'elle-même pendant que les regards se tournèrent tous vers le visage de Mary qui rougissait en plongeant la tête encore plus loin dans son bol. Les murmures avaient commencé.
- Ne les laisse pas t'atteindre. Cingla la préfète qui posa une main sur l'épaule de sa cadette.
Mary hocha la tête avec un semblant de dignité et daigna enfin lever les yeux vers la table de Serpentard, elle repéra Severus et chercha son regard longtemps mais ce dernier trouvait un intérêt particulier à son porridge et restait caché derrière son rideau de cheveux graisseux.
- Mary ?
Marlène s'approcha de la jeune fille et demanda à la préfète de se pousser afin de lui faire de la place.
- Tu as entendu ? Demanda Mary.
- Tout le monde a entendu, il faut que tu le dises à Dumbledore. Tu ne peux pas te laisser menacer sans rien dire.
- Il est au courant, c'est la deuxième lettre que je reçois.
- Mais celle-ci était une beuglante, c'était un message pour tout le monde, Mary.
- Je sais, Marlène.
- Et puis pourquoi ils te demandent de t'éloigner de Serpentard ?
- Parce que… Parce que je travaille souvent avec Severus à la bibliothèque, et il y'a deux semaines, nous sommes même allés à Pré-au-lard ensemble.
- AVEC ROGUE ? TU AS PERDU LA TETE ?
Les quelques regards qui avaient repris leur petit-déjeuner s'étaient tournés vers elles à nouveau.
- C'est mon ami…
- Foutaises ! Tu n'as pas vu ce qu'il a fait à Lily ! Il pense comme eux.
- Non !
- Si !
- Marlène, je le connais !
- Arrête de le défendre, regarde-le ! Regarde comment IL se cache ! Il ne te défendra pas lui !
- Je n'ai pas besoin qu'on me défende. Lança Mary en se levant.
Mary s'empressa de quitter la grande salle, alors Marlène hocha la tête de gauche à droite et revint à la table de ses amis.
- Je savais que tu allais intervenir. Déclara Ayni en souriant.
- Elle est inconsciente, je te jure. Elle m'énerve !
- Je sais. Tu sais, une fois, je l'ai trouvé à se promener avec lui dans un couloir glauque le soir. Je lui ai donné une retenue exprès pour qu'elle comprenne, mais elle s'en fout. Elle l'idolâtre.
- Faut que je le dise à Lily.
- Si ça peut changer quelque chose. Lança Ayni peu convaincue.
Ronald Radnard fixa son amie et détourna le regard. Depuis quelques jours, sa meilleure amie avait changé, il savait qu'elle lui cachait quelque chose, et à chaque fois qu'il lui posait la question, elle s'entremêlait dans des mensonges qui lui confirmaient ses craintes. Il regarda Marlène puis détourna à nouveau le regard, décidemment ce n'était pas son année avec les filles ; la fille dont il était tombé amoureux ne le calculait pas, sa meilleure amie l'évitait ou lui mentait et Evelyn Dean, la fille qu'il commençait à apprécier était entre la vie et la mort. Il déposa sa cuillère et quitta la grande salle avec colère.
Dans la table de Serpentard, Bart Rowley tentait de finir son petit-déjeuner sans trembler, il avait entendu la beuglante et avait de nouveau ressenti cette peur qui le rongeait, cette haine qui le détruisait petit à petit et son envie quasi fréquente de fuir cet endroit, d'en finir au plus vite.
Ludwig Strolley avait cessé de manger et regardait ce beau monde en remarquant cette anarchie. De son temps, Poudlard n'était pas un lieu de stress et les conflits entre maisons étaient seulement issus de mauvaises blagues et de compétitivité en Quidditch ; les choses avaient bien changé depuis. Il se leva de son siège et s'apprêta à quitter la grande salle, quand il fut interrompu dans sa marche.
- Professeur Strolley.
- Mademoiselle Lestranges que puis-je faire pour vous ?
- Je voudrais que vous m'aidiez pour mon Patronus, je n'arrive toujours pas à l'effectuer.
- On verra ça à la fin de votre cours.
- Merci, professeur.
Il hocha la tête poliment et passa près de la grande table de Gryffondor où il jeta un coup d'œil furtif à Ayni. La jeune préfète-en-chef fit semblant de ne pas avoir vu la scène, de ne pas avoir remarqué que Pareta Lestranges faisait les yeux doux à son professeur, à son copain à elle. Elle ondulait son bassin en marchant devant lui, elle cherchait toujours une raison de faire l'intéressante auprès de lui, hors cours comme en pleine séance. Ayni sentit son cœur se serrer, cette situation était invivable pour elle et pourtant elle n'en sortait pas. Pourtant, elle croyait en eux.
Ayni Shackelbolt était une fille de grande taille, avec de longs cheveux noirs, un vrai caractère de Gryffondor et un sourire intarissable, elle était aimable et aimante et n'aurait jamais pensé enfreindre ses codes personnels autant. Elle passait ses journées à guetter son copain et se cacher pour le retrouver puis passait ses nuits à regretter et à avoir peur. Elle s'était entichée d'un professeur, elle qui avait fuit ses camarades de dortoirs pour n'avoir d'objectif dans la vie que d'être en couple, elle qui les avait presque jugé de se mettre dans des situations embarrassantes pour des garçons. Elle, elle avait fini par tomber dans un piège plus grand, le jour où elle utilisa son courage de Gryffondor pour avouer son attirance envers le bel homme.
Ayni, cependant, n'avait pas seulement peur pour sa réputation et les lois qu'elle enfreignait mais pour son cœur, car peu importe les arguments de Ludwig, elle ne comprenait pas pourquoi il l'avait choisi elle, alors qu'elle se trouvait d'une banalité mortelle, alors que Poudlard regorgeait de jolies filles à commencer par Marlène. Elle se mit à fixer Marlène, la jeune fille qui avait réveillé en elle des questions sérieuses sur sa sexualité, la jeune fille pour qui elle éprouva une profonde amitié, puis une grande affection, une admiration et enfin de l'attirance. Ayni avait alors compris qu'elle aimait, sans prendre compte la race, le sexe ou même l'âge. Elle avait d'abord aimé une fille impossible à atteindre et maintenant un homme qu'elle croyait impossible à avoir.
- Ayni, on y va. Lança Geoffrey qui fit sortir la jeune fille de ses interrogations internes.
Elle se leva d'un pas lent et le suivit, elle entendit Maisy se moquer de Lily et revaqua à ses pensées.
- Tu fais toujours dans le somnambulisme Evans ou tu as repris tes esprits depuis ?
- De quoi elle parle ? Lança Alice.
- Elle m'a trouvé endormie au pas de la porte du dortoir.
- Tu y faisais quoi ?
- Je n'en ai aucun souvenir.
Alice fronça les sourcils et tira Lily par le bras, loin des oreilles trainantes de Maisy.
- Comment ça ?
- Je ne sais pas Lundi de la semaine dernière, elle m'a trouvé endormie là-bas.
- Et tu ne te rappelles pas comment tu y es arrivée ?
- Non, j'ai beau me creuser les méninges, je ne me rappelle pas de ce que je faisais avant de dormir…
- C'est quoi le dernier truc dont tu te rappelles ?
- L'enterrement, le cimetière, c'est flou… Mais écoute c'est sûrement rien, je suis tout le temps fatigué…
- Tu ne dors pas assez, tu ne manges pas assez, tu vas perdre la boule Lily.
- T'inquiète pas, je ferai plus attention, je me reposerai…
Alice se laissa tomber sur le banc et se rendit compte qu'elles avaient atterri près des Maraudeurs, ou du moins ceux qui s'étaient réveillés ; James et Rémus. Lily les salua à son tour et Rémus lui tendit une feuille d'un rapport qu'ils devaient faire pour leur directrice de maison. Alice, quant à elle, ne put s'empêcher de fixer James, il regardait Lily avec insistance et semblait incapable de détourner ses yeux d'elle.
- Sois discret. Murmura Alice.
Il ne fit pas attention à elle, alors elle lui donna un coup de coude.
- Quoi ? Hurla James sortant à peine de ses songes.
Lily et Rémus se retournèrent, alors Alice ne put réitérer sa phrase. Les deux préfets se remirent à discuter de l'état du couloir menant à la salle de Défense Contre les Forces du Mal, et Lily tentait de faire éclore la vérité ; Les maraudeurs étaient-ils derrière les tableaux qui se mettaient à jeter des injures à chaque fois qu'un Serpentard prenait ce couloir ? Et le sol recouvert de colle qui avait maintenu tous les élèves collés à terre, était-ce l'œuvre de ses camarades de classe ?
- Je te le jure ! Crois-moi.
Lily hocha la tête de droite et à gauche et profita du fait qu'il y'ait un vacarme dans la salle à cause de l'arrivée du reste des courriers et que sa meilleure amie venait de se jeter sur son hibou pour chuchoter.
- C'était la pleine lune, tu n'étais pas là, tu ne peux pas savoir.
- Je sais où ils étaient, ce n'est pas eux, crois-moi. Tu me fais confiance ?
- Ça dépend des jours. Lança-t-elle en le taquinant. Tu as repris les cours vite.
- Je sais, je me sens moins fatigué.
James continuait de vaquer à ses pensées quand Casey vint se joindre à eux, Lily prétexta vouloir parler à Marlène et prit son bol pour aller s'asseoir près d'elle. Alice et Rémus se lancèrent un regard entendu. Lily plongea près de Marlène qui était assise près de ses camarades de dortoir. Mona Burke faisait tourner la cuillère dans son bol sans le toucher, Marlène mangeait comme si quelqu'un était à ses trousses et Jessica Stein parlait de son nouveau vernis à ongle magique qui changeait de couleur selon l'endroit où elle se trouvait.
- Regarde si je le mets sous la table, il fait sombre, donc il devient bleu clair et regarde, comme ça…
- Oui à côté de la lumière il devient bleu foncé, j'ai vu. Lança Mona ennuyée.
Lily sourit faiblement et demanda à Mona de lui passer le sucre.
- Tu lis toujours la gazette ? Demanda alors Jessica à Marlène.
- Non, pourquoi ?
- Tu dis ça pour parler de moi ? Lança Mona en colère à présent.
- Qu'est-ce qui se passe ? Réclama Marlène.
Mona se leva en tirant sur son sac d'un coup sec.
- Qu'est-ce qu'il y'a Stein ? Lança Marlène impatiente.
- Sa mère est interrogée par le ministère de la magie pour une ancienne affaire qui vient de refaire surface.
- Quelle affaire ? Comment tu sais ça ?
Elle lui tendit le journal que Marlène parcourut d'une traite.
- Où tu as vu le nom de la mère de Mona ? Demanda cette dernière à la fin de sa lecture.
- Elle ne se fait plus appeler Burke mais par son nom de jeune fille, Adele Fawcett.
- Tu l'as connais d'où ?
- Bertha Jorkins nous avait raconté son histoire l'année dernière. Mona n'a pas connu son père parce qu'il avait disparu et sa mère est la seule à l'avoir élevée, elle a un très bon poste au ministère et Bertha voulait faire un stage chez elle…
- Ils pensent que sa mère à tué son père ? Lança Marlène qui comprenait enfin le sens de l'article.
- Ils viennent d'apprendre qu'il est mort et oui sa mère fait partie des suspects.
- Quoi ? Lança Lily qui n'avait pas raté la conversation.
- C'est horrible ! Lança Marlène.
- Comment ils ont su qu'il est mort ?
- Ils ont trouvé une main avec sa bague.
- Oh mon dieu ! Hurla Marlène. Viens on va la voir.
Jessica fit non de la tête.
- Elle doit se sentir mal ! Insista Marlène.
- Oui, mais moi je ne sais pas quoi lui dire et je ne sais pas si elle veut en parler ! On ne se mêle pas de ce qui ne nous regarde pas. Lança Jessica avec indifférence.
- Si tu ne voulais pas te mêler de ce qui te regarde pas t'irai pas faire la biographie de sa vie.
- Attends, je viens avec toi. Déclara Lily.
Elles trouvèrent leur amie dans le dortoir en train d'écrire sur un parchemin.
- Tu veux en parler Mona ?
- Vous êtes au courant alors.
- Jessica nous a raconté.
- Evidemment…
- Tu sais on est là, si tu as besoin d'en parler. Déclara Lily avec douceur.
- Merci les filles, mais je ne sais pas quoi dire, je sais que ma mère est innocente c'est tout.
- Et pour ton père ?
- Je n'ai pas eu l'occasion de le connaître… Donc, je m'inquiète plus pour ma mère.
- On comprend.
- Tu ne sais pas s'il avait des ennemis ? Demanda Marlène.
- On en a tous depuis que tu-sais-qui est là non ?
- Tu as raison. Dit Lily
- Bref, on est là, si tu as besoin de quelque chose et tu devrais aller en cours, c'est mieux que de rester à ressasser des idées dans ce dortoir qu'on devrait ranger un jour ! lança Marlène sans se laisser le temps de respirer.
Elle hocha la tête, ajusta ses lunettes et émit un sourire faible aux deux jeunes filles qui sortirent sans plus attendre.
- Lily tu es encore en retard ! Cingla Fabian.
- Je suis vraiment désolée, j'ai dû revenir au dortoir et en route j'ai du enlever des points à des imbéciles qui essayaient de coller les lacets des gens pour les faire tomber.
- Brillant ! S'exclama James.
- Je parie que tu as quelque chose à avoir là-dedans.
- Bon Lily, tu ne vas pas venir en retard et en plus accuser quelqu'un qui est venu avant toi ! Tu sais quoi, assieds-toi à côté de lui, ce sera ça ta punition.
- Mais je…
- Pas de mais, la quatrième fois, je serais obligé de te donner une retenue Lily.
- Je rêve de voir ça. Lança James en faisant danser ses sourcils.
Elle lui fit une grimace et sortit ses affaires en boudant, elle claqua tout son matériel et croisa les bras sur sa poitrine avec humeur. James se décala en arrière pour pouvoir surveiller son profil à son aise. Il n'arrivait pas à se sortir de la tête depuis plus d'une semaine un rêve qu'elle et lui auraient dîné ou mangé ou partagé un quelconque repas ensemble, seulement eux deux. Depuis, un sentiment nouveau était né en lui. Bien qu'il n'en comprenne pas la genèse, il ne trouvait pas non plus l'origine de la raison pour laquelle il sortait avec Casey Clagg.
James avait passé une bonne demi heure à essayer de chercher un sujet afin de faire réagir Lily, mais cette espèce de rêve ou fantasme dans son cerveau l'empêchait de retrouver son courage autrefois légendaire. Il soupira et décida d'écouter Fabian.
- … Comme il existe bien sûr des objets non magiques qui peuvent le devenir. Qui peut me donner un exemple ?
La classe resta silencieuse, seule Lily leva sa main.
- Lily ?
- Une image. Lorsqu'elle est moldue, elle ne bouge pas mais c'est un objet qui peut devenir magique et donc bouger.
- Une image moldue ne bouge pas ? Demanda la jeune Poufsouffle qui se tourna complètement vers Lily et James et retenta pour la énième fois d'attirer l'attention de James Potter.
- Non, elle ne bouge pas. Seulement, elle ne subit pas de transformation non plus. Conclut Fabian.
- C'est impossible ? Demanda Lily.
James se rappela de cette fois dans une classe vide, où il avait espionné Lily qui tentait d'animer une photo de ces parents.
- A ma connaissance. Je ne connais personne qui a réussi ou même qui a essayé c'est de la magie très puissante, c'est comme rendre vivant ce qui est mort, même pour les objets ça relève du domaine du quasi impossible.
- Mais pas complètement impossible. Insista Lily.
- Tu peux essayer, tu sais. L'encouragea Fabian.
Elle hocha la tête.
- Une moto. Lança James. Si je la fais voler, elle devient magique.
- Si tu la fais voler, tu as le département des détournements à tes trousses oui !
La classe éclata de rire, mais James se contenta de sourire légèrement. Il cherchait une ouverture depuis plusieurs séances à présent afin de parler des objets ensorcelés. Il devait être subtil. Lily le regarda du coin de l'œil et vit son tourment.
- J'ai une question reliée au détournement d'objets justement. Comment on peut savoir qu'un objet non magique qui est devenu magique a subi de la magie blanche ou pas ?
- James, pourquoi toutes tes questions m'effraient ? Pourquoi j'ai toujours l'impression que tu vas tester mes théories pour inventer des gnomes qui volent ?
A nouveau l'hilarité fut générale.
- Il t'a bien cerné. Lança Lily en souriant.
- Peut-être parce que j'ai déjà une réputation dans le domaine de l'invention magique. Si je partageais avec toi mes revenus sur ses inventions, tu réponds à ma question ?
Fabian le regarda d'un air méfiant puis lança sur le même ton taquin.
- Tu aurais dû me demander ça en dehors des oreilles qui trainent ici, on aurait fait fortune. Pour revenir à ta question, en cours de Défense, je crois savoir que vous avez déjà appris des sorts qui puissent détecter le type de magie qui émane des objets que vous avez.
Les quelques élèves présents se regardèrent à tour de rôle, puis hochèrent la tête simultanément.
- Nous avons vaguement parlé de sorts qui permettent de savoir si notre nourriture n'est pas empoisonnée, ou nos affaires scolaires… Lança la jeune Serdaigle du devant.
- Et le Specialis Revelio ? Demanda Lily.
- Effectivement, il représente l'un des sorts qui peuvent vous révéler si un objet a été ensorcelé, mais il ne dit pas quel type de magie lui a été infligé… Il y'a un sort que je vous propose d'aller chercher qui vous aidera à connaître la nature de la magie effectuée sur l'objet. Le sort de révélation de nature. C'est un sort puissant, vous chercherez à la bibliothèque pour ceux que ça intéresse.
Le reste du cours se déroula comme tous les cours de Fabian, ouvert aux discussions, au rire et à l'apprentissage. Quelques minutes avant la fin, il donna un exercice à tous les binômes présents et s'attela à rédiger un rapport qui lui n'avait aucun rapport avec le cours sur un long parchemin. Lily et James se retournèrent l'un vers l'autre.
- Si ça continue comme ça, Sirius va devenir jaloux.
- De ?
- Que tu sois mon binôme en DCFM, en classe de Duel et maintenant en Invention magique.
- Je dirai plutôt que c'est Casey qui risque d'être jalouse.
- Pourquoi elle devrait ? Demanda James.
Lily bredouilla quelque chose pendant que James fronçait ses sourcils. Elle le regarda fixement comme si elle essayait de lire quelque chose en lui.
- Evans ?
Elle secoua la tête vivement et chassa ce sentiment de familiarité dont elle ne comprenait pas l'origine.
- C'est ta copine. Il n'y'a que toi pour connaître sa nature. Si elle est jalouse, possessive ou autres…
- Hum.
James émit un sourire en coin et hocha la tête, il prit sa baguette et la hissa vers le visage de Lily.
- A quoi tu joues Potter ? Enlève ta baguette de mon visage !
- Tu connais un sort pour récupérer des souvenirs ?
- Quoi ?
- Bien, je vous vois la semaine prochaine. James Potter, peux-tu rester un moment ? Interrompit Fabian.
Le jeune homme sourit et hocha la tête. Lily se mit à ranger ses affaires, mais sa curiosité était piquée à vif. Allait-il lui demander pour les objets moldus ensorcelés ? Elle tenta tant bien que mal de s'attarder quand James murmura.
- Bouge-toi. La curiosité est un vilain défaut.
Elle lui offrit une grimace et mit sur son sac sur l'épaule.
- Evans.
Elle se tourna.
- Tu n'as qu'à venir me trouver si tu n'aimes pas ne pas savoir. Lança-t-il avec son air taquin.
Elle haussa les épaules et sortit. James se dirigea alors vers Fabian qui rangeait les longs parchemins qu'il rédigeait, James y jeta un coup d'œil furtif et y vit l'emblème d'un oiseau.
- Tu fais d'autres devoirs en cours ? Ce n'est pas contre le règlement ? Demanda James en souriant.
- Tu aimes bien faire le malin toi. Répondit Fabian. Gideon m'en a déjà parlé, et entre nous, c'est pour ça que je t'aime bien.
James sourit de toutes ces dents.
- Alors James Potter. Tu vas me dire ce que tu as derrière cette crinière ? N'essaie pas de me faire tourner en bourrique. Tes questions étaient ce qu'on appelle, la pêche à l'info.
James sourit à nouveau mais d'un rire enfantin, celui d'un bambin pris en flagrant délit mais d'une bêtise dont il aurait été fier. Il glissa la main dans ses cheveux et lança de but en blanc.
- Je suis peut-être tombé sur un objet qui n'est pas sensé faire quoique ce soit mais qui a un quand même un grand pouvoir. Je pense qu'il est ensorcelé.
- Est-ce que je veux savoir où tu as trouvé cet objet ?
- Dans un couloir, près du bureau de Rusard.
- Près du bureau ? Ou dans le bureau ?
- Près du bureau.
- En pleine nuit, je présume. En train de manigancer je ne sais quelle sottise.
- Pas tellement pleine nuit, petite nuit on va dire, je ne faisais pas de bêtise, étonnant oui, mais c'est vrai, d'ailleurs le professeur Strolley m'a trouvé juste à ce moment et m'a accompagné jusqu'à la salle commune de Gryffondor.
- Tu étais tout seul donc ?
- Oui.
Fabian fit une moue dubitative.
- Je t'assure.
- Ok, très bien. Je pense qu'évidemment tu as gardé l'objet. Tu peux me le ramener ?
- Evidemment.
- Tu as fait des recherches dessus ?
- J'ai trouvé des inscriptions dessus et j'ai beau cherché le sens, je ne trouve rien.
- Bien, ramène le moi au prochain cours.
- D'accord.
- Dis-moi, tu penses que c'est de la magie noire ?
- Je ne sais pas.
- Pourquoi ne pas l'avoir donné à Dumbledore ?
- Je ne sais pas non plus.
- Tu es étonnement honnête.
- Ça me cause beaucoup de problème, crois-moi. Lança James en souriant.
Fabian lui donna une tape sur l'épaule et invita James à sortir. Le jeune adolescent sourit et inclina la tête en salutation.
- A bientôt, James… Et pour le sort de révélation de nature, il se trouve dans la réserve de la bibliothèque. Conclut le jeune homme avec un clin d'œil.
James sortit de la salle en souriant quand il sentit à nouveau le parfum de Lily.
- C'est quoi ces manières ? Tu sais que ce n'est pas bien d'écouter aux portes.
- Finite.
Lily devint visible puis lança un autre contre sort à la porte.
- Demain à 16h, tu viens à la bibliothèque, on finira notre devoir de DCFM. J'aurai ma cape aussi.
- Tu me donnes des ordres Potter ! Lança Lily en le pointant du doigt.
- Je te donne des réponses.
Elle le fixa et put difficilement retenir son sourire.
- A 16h30. Corrigea-t-elle.
- Pourquoi ?
- Parce que je veux.
Il se mit à marcher en hochant la tête.
- Tu es un cas à part, Evans.
- Merci.
- Ce n'était pas un compliment.
- Ce n'était pas une insulte.
- Tu m'accompagnes au cours d'histoires ? Demanda James du tac au tac.
- Je… quoi ?
- On marche ensemble ?
- Je… Nous allons vers la même direction… On a le même cours… Donc… Nous marchons déjà ens… Côte à côte.
Il sourit, mit ses mains dans sa poche et continua à marcher près d'elle en silence. Lily, elle sentait son cœur battre à tout rompre et ce sentiment qu'ils avaient partagé plus qu'une marche ensemble ne la quittait pas.
A l'opposé du couloir qu'ils longeaient, Alice marchait seule en relisant la lettre qu'elle avait reçu ce matin-même.
« Ma chère Alice,
J'ai bien reçu tes trois dernières lettres et je m'excuse de ne pas avoir pu y répondre plus tôt, je viens à peine de finir une formation et je ne peux malheureusement pas t'en dire plus sur cette lettre. Je sais que je me fais quasiment absent et que je n'arrive pas à nous trouver un moment à tous les deux. Je sais aussi que je t'en demande trop d'attendre indéfiniment, mais saches que je pense toujours à toi. Sois patiente pour notre futur.
Je ne peux malheureusement pas venir à Pré-au-lard ce week-end, et je ne pourrais pas non plus me libérer pour Noël. Je sais que tu dois être en train de m'envoyer des sorts de loin, mais saches que je n'ai pas le choix. Tu me manques et je sais que trois mois sans nous voir, c'est horrible, mais je n'ai pas le choix.
J'espère que la vie à Poudlard est moins dure et je te promets une lettre plus longue la prochaine fois.
Je t'aime.
Frank »
- Notre futur… Tu n'as pas le choix… Calme-toi Alice. Se répéta-t-elle à elle-même. Ça se voit que je lui manque…
Elle se remit à lire encore une fois les premières lignes. Cette lettre était si froide qu'elle en était plus frustrante que s'il n'avait pas écrit. Elle tentait le tout pour le tout afin de ne pas perdre ce qu'ils avaient, elle tentait d'essayer de le joindre à travers ses collègues quand elle ne savait pas où il se trouvait, elle avait planifié un Noël parfait pour eux deux seulement dans la maison de ses parents qui seraient absents, elle avait préparé trois sorties à Pré-au-lard toutes soldées en échec, deux lapins posés et une autre avec une lettre d'excuse, et que voilà la quatrième. Elle écrivait même quand il ne répondait pas, dormait souvent avec son t-shirt pour ne pas oublier son odeur, elle tentait de rester forte pour eux, elle tentait de ne pas céder au manque. Alice avait peur depuis l'incident de Pré-au-lard, peur pour sa famille, peur pour Frank, pour ses amis et elle. Elle avait vu des cadavres pour la première fois, des mangemorts pour la première fois et avait tenté d'en parler à son petit-ami mais ses craintes n'avaient trouvé de réconfort que grâce à Benjy Fenwick. Elle continua à se chuchoter des encouragements et se promit de ne pas laisser la colère la remporter sur la compréhension, ou la solitude sur le manque. Elle se promit de comprendre encore une fois, pour Frank. Pour eux. Alice mit la lettre dans sa poche et entra s'enfermer dans le cours le plus soporifique de Poudlard. Elle vit Maisy la devancer et se rappela de la remarque qu'avait fait cette dernière sur Lily et le somnambulisme.
- Warrington.
- Quoi ?
- Tu as remarqué quelque chose de bizarre en Lily quand tu l'as trouvé endormie devant la porte la semaine dernière ?
- Euh… Dormir devant la porte est déjà bizarre. Ricana la jeune fille.
- Je suis sérieuse, c'est important. Je sais que tu nous déteste, mais je sais que toi tu n'es pas forcément fan de magie noire.
- Tu deviens paranoïaque Fawley. Elle a du s'endormir de fatigue c'est tout.
- Mais si tu te rappelles de quelque chose, tu me le dis ?
Maisy regarda Alice avec mépris, mais cette dernière affichait une mine moins arrogante, une peur nouvelle que Warrington n'avait jamais vu en elle.
- Tu penses vraiment que quelqu'un utiliserait de la magie noire ?
- Tu es bien sur Terre ? Tu vois un peu ce qui se passe depuis l'année dernière même à l'école ?
- Oui. Mais j'ai pas l'intention de céder à la panique contrairement à toi apparemment, j'ai une raison d'être à Gryffondor. Lança Warrington en lui tournant le dos.
Alice pesta et rejoignit Rémus et Peter près de la porte de la salle de l'histoire de la magie.
- Où est Sirius ?
- Aucune idée. Lança Peter. Il était nulle part ce matin et pourtant ce n'est pas un réveil-tôt.
James et Lily arrivèrent au même moment, tous deux aussi silencieux que lors d'un enterrement.
- Où est Sirius ? Demanda James.
- Je suis là. Répondit ce dernier.
- Tu étais où ? Demanda Rémus.
- Je parlais à mon petit frère. Lança-t-il dès qu'Alice et Lily le dépassèrent.
Malheureusement pour son envie de discrétion, les deux jeunes filles avaient entendu. Alice jeta un coup d'œil furtif vers Lily qui tendait la tête en arrière et le sentiment qu'elle était exclue de plusieurs secrets revint narguer la jeune brune. Elle se contenta de sortir un parchemin, de s'installer silencieusement près de la fenêtre et de s'atteler à écrire à son nouveau confident du moment, Benjy.
Maisy qui s'assit derrière ses camarades de dortoir ne put s'empêcher de fixer Alice qui changeait à vue d'œil. Et si Alice avait raison et si ce que racontait sa sœur et sa meilleure amie n'étaient pas aussi hilarant, mais un peu plus effrayant ?
Flash-back.
Le week-end dernier.
Dona Warrington et sa meilleure amie Dawn Babily chuchotaient en ricanant près du Parc quand Maisy les rejoignit par derrière en faisant sursauter sa grande sœur.
- Doucement petite peste. Taquina l'aînée.
- Je te cherche depuis tout à l'heure. Vous faîtes quoi ?
- Regarde. Pointa Dawn du doigt.
Maisy suivit la direction que lui montrait la Serdaigle et son regard atterrit sur Severus Rogue en compagnie de Mary Macdonald. La jeune fille buvait les paroles du jeune garçon en le regardant comme les trois filles regardaient Ludwig Strolley. Maisy ne put s'empêcher de remarquer que l'endroit où ils étaient assis était caché de la plupart des passants, elle se demanda qui avait honte de s'afficher avec l'autre. Rogue avec une né-moldue ou la né-moldue avec un apprenti mage noir.
- J'ai entendu Pareta Lestranges dire à Nick Crabbe que les deux terreurs de sixièmes années à Serpentard avaient réussi à se trouver des larbins dans toutes les maisons de Poudlard.
- Quelles terreurs ? Demanda Maisy.
- Devine. Cingla la grande sœur.
- Mulciber et Rogue.
- Mulciber a toute une armée de petites terreurs qui font les sales corvées pour lui, mais je dois avouer que Rogue s'est avéré plus futé, il joue sur l'amour lui. Se moqua Dawn Babily.
- Ne me dis pas que la née-moldue est amoureuse de lui ? Demanda Maisy.
- Ben regarde-là !
- Ils se voient tout le temps en cachette et elle lui fait toutes sortes de corvées, une fois je l'ai rencontré dans le pied de notre tour, elle cueillait je ne sais quel ingrédient pour des potions et j'ai vu Rogue les récupérer de chez elle. Lui, tout le monde sait qu'il est doué en potion.
- Mais elle est un peu bête. Si ça se trouve, il crée une potion pour l'exterminer et elle…
- L'amour rend aveugle ! Ricana Dawn Babily en relevant le menton.
Maisy fixa Mary à nouveau et ne put s'empêcher d'avoir pitié d'elle. Elle n'était pas fan des Poufsouffles certes et les jugeaient tous d'être pas assez coriaces, mais Mary accédait à un tout nouveau niveau de naïveté qui mènerait à sa perte.
Elle continua à discuter avec sa sœur et son amie ne faisant plus attention à Rogue qui venait de jeter un sort à Mary.
Fin du flash-back.
Maisy releva la tête et fixa Rogue à l'autre bout de la classe qui regardait Mulciber parler avec entrain, elle regarda Lily qui semblait essayer de suivre le cours et Alice que la fenêtre intéressait comme si les réponses à toutes ses questions planaient dans ce ciel gris. Elle toisa longtemps la classe et pensa aux derniers évènements, son doigt hésita à se poser sur le dos la grande brune en face d'elle à plusieurs reprises. Au moment où quelques millimètres séparèrent sa main du dos d'Alice, Lily attira son attention. Elle écrivait quelques choses tout en regardant James. La rancune de Maisy l'emporta instantanément et elle garda ses remarques pour elle.
James releva la tête au même moment et rencontra le regard de Lily qui détourna les yeux en vitesse.
- Et pourtant, il est en couple. Marmonna Maisy avec dédain.
Lily entendit sa remarque et comprit qu'elle était surveillée, elle baissa les yeux et déchira le mot qu'elle écrivait.
- Cornedrue, je vais te tirer les cheveux si tu suis pas. Cingla Sirius
- Touche surtout pas à ça.
- Alors dis-nous c'est quoi cette lettre ? Demanda Rémus.
Sirius tendit une lettre à ses trois amis en vérifiant bien que personne n'était assis derrière et que les Serpentards étaient à une distance raisonnable pour ne pas écouter la conversation. Peter se mit à marmonner à voix haute, quand il reçut le coude de Sirius dans ses côtes.
- Dans ta tête ! Lui ordonna-t-il.
« Sirius,
Tu as toujours eu comme défaut l'impulsivité depuis ton plus jeune âge. Tu as toujours eu un point d'honneur à faire ce que bon te semble peu importe les conséquences. Tu as détruit une famille, puis mis en danger une autre et la tapisserie des Blacks se retrouve avec plus de trous de jour en jour en conséquence de tes actes. Tu es un Gryffondor, c'est normal, alors sois-le en protégeant ton petit frère de lui-même, sois impulsif pour lui au cas où je ne suis plus. »
Rémus et James échangèrent un regard entendu. Peter lui fronça les sourcils en attendant que quelqu'un daigne dire un mot.
- Vous avez deviné qui ça peut être.
Rémus et James hochèrent la tête et Peter en fit de même ne voulant pas encore une fois paraitre le moins rapide question réflexion.
- Je sens que Mulciber me surveille donc on en parle après.
- Jette-lui le sort que t'as appris Lily. Déclara Rémus.
- Je préfère qu'on attende d'aller au QG. Trancha James.
Après un long cours d'histoire où Lily et Marcus furent les seuls à écrire, un cours de botanique où Sirius et James prétendirent faire un marché noir des Tentacules vénéneuses et écopèrent d'une retenue. La pause déjeuner de ce Jeudi arriva enfin et les maraudeurs prirent la route du QG, abandonnant leur déjeuner malgré les remarques de Peter et Rémus.
- Vous allez où comme ça ? Les interrompit Geoffrey Doring.
- On va prendre l'air, la grande salle elle pue. Cingla Sirius.
- Vous prenez l'air à l'étage ?
- Ben oui, dans cet étage ça sent la lavande et j'aime bien la lavande, ça sent comme les cheveux de ma copine. Surenchérit James.
- Allez à la grande salle, ne trainez pas dans les couloirs. Interrompit le préfet-en-chef.
Ils rebroussèrent chemin et attendirent qu'il s'en aille pour revenir en arrière quand ils rencontrèrent Rusard.
- Bon, on va manger. Cingla Sirius irrité avant d'envoyer un Frisbee à dent se promener dans l'étage.
Marlène se glissa près de Lily et Alice, prête à leur raconter l'histoire de la beuglante de ce matin quand Dorcas la précéda et se glissa vers elles.
- Urgence rêve.
- Oh ! ça fait longtemps que tu nous en a pas parlé. Déclara Alice.
- Moi aussi, faut que je vous parle d'un truc.
- Pourquoi est-ce qu'il ne se passe jamais rien en semaine, mais les Jeudi il se passe tout en même temps ? Demanda Lily qui venait à peine d'entamer son plat.
- On va au QG ?
- Il appartient au Maraudeur je te signale. Remarqua Lily.
- Oui, mais ils ont partagé l'année d'avant. Déclara Dorcas.
- On n'a qu'à leur demander. Surenchérit Alice.
- Ils sont pas là.
- Alors on y va ! Emit Marlène en se levant non sans avoir volé un morceau de tarte à la citrouille. J'ai la dalle quand même. Cingla-t-elle en voyant le regard moqueur de Lily.
Les quatre filles sortaient de la grande salle quand elles tombèrent nez à nez sur les Maraudeurs.
- Eh bien, eh bien ! On dirait une réunion des sauveurs du monde. Se moqua Mulciber qui arrivait derrière eux suivi par Avery, Yaxley et Wilkes. On verra si vous pourrez faire quelque chose cette année.
Ils ne dirent pas un mot chacun dirigeant un regard différent adressé à l'un ou l'autre ou aux Serpentards.
- Ok. C'est trop bizarre, personne n'a sorti sa baguette. Lança Alice quand les Gryffondors se retrouvèrent seuls.
Tout le monde montra sa baguette et tout ce beau monde avait un ou deux doigts dessus, prêt à dégainer au moindre mouvement.
- Apparemment on a mûri. Déclara Peter.
- On n'a surtout pas le temps. Corrigea Marlène.
- Vous allez où ? Demanda James.
- On vous cherchait. Déclara Alice. On voulait savoir si ça vous dérange pas qu'on utilise le QG.
Les garçons ne bougèrent pas, n'émirent aucun son, aucun froncement de sourcil, mais seul James et Sirius s'échangèrent un regard.
- Ça nous dérange pas. Mais vous pouvez pas l'utiliser maintenant, il y'a Rusard et Doring à l'étage, ils viennent de nous virer de là-bas. Déclara James.
- Mais ce n'est pas le pire, il y'a surtout un frisbee à dent qui cherche à décapiter. Très dangereux ce truc. Surenchérit Sirius d'un air qu'il voulait innocent.
- Vous alliez au QG maintenant vous aussi ? Demanda Alice.
- Oui réunion de Maraudeurs.
- Faudrait qu'on se trouve un nom nous aussi. Cingla Alice.
- Maraudeuses. Proposa Peter.
- Avec Dorcas et Lily, non !
- Râleuses ? Proposa James.
- On... C'est nous les quatre filles, personne n'a demandé ton avis Potter.
- Bien évidemment, c'est maintenant que tu interviens.
- Pourquoi vous voulez utiliser le QG ? Interrompis Rémus.
- Réunion.
- Réunion style Octo ? Ou réunion de fille ? Demanda Sirius.
- De filles. Lança Dorcas avant que les autres filles ne réagissent.
En voyant les sourcils froncés d'Alice et Lily, les garçons comprirent que Dorcas mentait et Rémus fit le lien directement avec ces pouvoirs de Sensoria.
- Il y'a un endroit où on peut partir les filles. Enchaina Marlène. Suivez-moi.
Elles tournèrent les talons et laissèrent les garçons sur le pan de la porte de la grande salle.
- Je préférais quand c'était Octo et pas seulement leurs secrets et nos secrets. Commenta Peter.
- Même quand nous étions Octo, chacun avait ses propres secrets. Corrigea Sirius.
- Vous êtes au courant que si on veut connaitre leur secret on peut. S'exclama James.
Les filles atterrirent au Parc et Marlène demanda à Lily de créer son dôme de protection magique.
- Ça nous fait un pique-nique dans le Parc. Loin des yeux et loin des oreilles. En plus on se retrouve enfin toutes les quatre.
Alice sourit faiblement et s'installa en premier sur le rocher.
- Accio couvertures. Lança Marlène.
- Accio barres chocolatées. Continua Lily.
- Parfait. S'exclama Dorcas qui s'installa près de Marlène.
- Alors ton rêve ?
- Vous allez être choqué. Il n'y a ni symbole, ni signe, ni quoique ce soit. Il y'a deux personnages qui se rencontrent et qui parlent.
- Comment ça ?
- J'ai rêvé de Damian Branchard et Stefan Macmillan en train de discuter à Sainte Mangouste.
- Quoi ? S'écrièrent Lily et Alice simultanément.
- Je n'ai pas entendu ce qu'ils disent. Je n'ai aucune idée concernant leurs émotions, on aurait même pas dit un rêve, c'est comme si j'étais là-bas et que j'écoutais derrière une porte, mais que je n'arrivais pas à distinguer.
- Ce n'est pas la première fois que tu rêves de Damian. Déclara Alice.
- Comment tu le sais ? Rémus te l'a dit ?
- Oui.
- Vous êtes de plus en plus proche, ces derniers temps.
- Et ? Cingla Alice.
- Ah non ! Je ne suis pas jalouse. C'est un constat.
- Il manquerait plus que ça.
- Bien sûr une moitié de crêpage de chignon, une qui râle, une qui boude, sinon, ce ne serait pas nous. Mine de rien les râleuses, ça nous va bien. Conclut Lily.
- En parlant de ça, tu veux bien aller râler sur Mary ? Demanda Marlène. Elle a reçut une beuglante en menace d'un Serpentard devant toute l'école, elle se fait traiter de tu sais-quoi. Et l'idiote pense que c'est pas grave, que Rogue va la protéger.
- Non.
- Quoi ?
- Non. Je ne vais pas lui parler de Rogue.
- Elle t'écoutera.
- Elle est amoureuse de lui, Marlène, elle ne m'écoutera pas.
- Quoi ? Comment c'est possible ?
- Il est affreux !
- Il n'est pas affreux, il est différent de ce que vous connaissez. Il était… Il… Je ne vais pas intervenir. C'est mon ex-meilleur ami et elle c'est sûrement sa petite amie maintenant, je n'ai plus le droit d'intervenir.
- Il est jusqu'au cou avec Mulciber et elle risque de se faire avoir. Surenchérit Marlène.
- Parle-lui toi. Moi, non.
- Je croyais que tu essayais d'aider les innocents ! Provoqua Alice.
- JE N'AI PAS LA FORCE D'ALLER LUI PARLER DE CA POUR L'INSTANT ! Hurla Lily.
- Aie, ça fait mal aux oreilles quand c'est Lily qui hurle. On peut revenir à Damian ? Demanda Dorcas.
- On peut oui.
- Mais je veux toujours comprendre pourquoi la brave Lily s'en fout de Mary.
- Arrête Marlène, je m'en fous pas. Ça me travaille depuis que je l'ai vu avec elle à Pré-au-lard, mais il s'est passé beaucoup de choses depuis… Dorcas dis moi d'abord, tu pensais à quoi quand tu as fait ce rêve ?
- Je me suis dit que tu devrais te remettre à lui écrire.
- Non, mais ce n'est pas juste un rêve normal ?
- Ça m'en a tout l'air, mais on ne sait jamais et si je développais un autre genre de rêve ?
- Possible. Tu en as parlé à Botrange ?
- Botrange ne veut plus me voir, elle pense que Dumbledore se doute de quelque chose.
- Donc tu fais quoi pour tes rêves ?
- Je m'en charge seule.
- Je vais lui écrire justement pour savoir ce qu'il en est pour son enquête. Les aurors ne comprennent pas sa magie, ils pensent que c'est de la magie noire.
- Personne ne comprend de toute façon. Lança Marlène.
- C'est une variante de magie qu'on ne connait pas, mais ce n'est pas de la magie noire. C'est Damian tout de même.
- Et tu trouves pas qu'il a changé depuis ?
- Non ! Pas à ce point. Cingla Lily.
- On va pas se précipiter sur les conclusions. Intervint Alice qui sentait la détresse de Lily grandir.
- D'accord. Acquiesça Dorcas. Contacte-le, mais ne lui fais pas confiance, je ne veux pas me mettre à m'inquiéter pour toi à nouveau.
- A nouveau ?
Marlène et Alice regardèrent Dorcas rougir.
- Oui, depuis Pré-au-lard, je m'inquiète pour toi. Et toi. Lança-t-elle en se tournant vers Alice.
- Ce n'était pas facile, mais maintenant ça va mieux. Se contenta de dire Lily.
- Ou du moins on ira mieux. Corrigea Alice en mettant sa main sur celle de Lily.
- Lily, tu parles à Mary ?
- Ok. Marlène, je parlerai à Mary mais pas maintenant. Pas cette semaine, pas ce mois.
- Pourquoi ?
- Parce que c'est Décembre.
- Et ?
- Parce que… J'ai mes raisons… Parce que…
Alice eut une impression de déjà-vu et crut comprendre que Lily s'était à nouveau renfermée sur elle-même. Un souvenir de l'année d'avant. Une partie de Lily que Marlène et Alice pensaient révolues et parties. Elle ne dit pas un mot contrairement à l'année d'avant, elle ne provoqua pas Lily et pour la première fois de sa vie, Alice crut sentir une émotion, une pensée de quelqu'un comme l'aurait fait un vrai légilimen. Quelque chose dans le mot Décembre, lui montra un sapin de Noël, une Lily triste et une famille et amis perdus. Alice déposa une main sur l'épaule de Lily et hésita avant de prendre une décision sur la suite.
- Je sais que ça doit être dur au moment des fêtes, donc on en parle en Janvier ?
Marlène se rassit et comprit qu'Alice avait vu juste, quand le sourire de Lily se fit plus triste que reconnaissant. Dorcas baissa les yeux puis se mit à rire.
- L'année dernière Lily et toi avez arrêté de vous parler pour le même sujet, Rogue et ses problèmes, Lily et son incapacité à se confier. On a mûri, il a raison Peter.
- Ah oui, Branchard était en question aussi, tu te rappelles quand on le cherchait.
- L'histoire se répète toujours, c'est comment on la revit qui change. Déclara Alice les faisant éclater de rire.
- Dixit le savant fou !
- Arrêtez pour une fois que je dis un truc bien.
- Justement c'est hilarant. Lança Dorcas.
Elles rirent encore un instant quand Lily déclara.
- La magie de Damian, il la puise de la nature, c'est une énergie qu'il a appris à prendre de la nature. Ce n'est pas de la magie noire, mais de la magie pourpre, mais je vais pas faire ma têtue pour rien. Je ferai attention promis, pas la peine de trop s'inquiéter. Ok ?
- Ok.
- En parlant d'inquiétude. Débuta Marlène. Moi, c'est toi qui m'inquiète.
- Moi ? Pourquoi ? S'étonna Dorcas.
- Pourquoi tu restes dans une relation où tu passes ton temps à hurler et te disputer ou une fois sur deux tu finis ton repas seule, ou…
- C'est bon, j'ai compris. Je tiens beaucoup à lui, crois-moi, mais je ne sais pas ce qu'il a.
- Il est jaloux de ton amitié avec Rémus.
- C'est plus profond que ça. Depuis les attaques, il a du mal à faire confiance aux gens.
- Il pense que les gens lui veulent du mal.
- Il pense que le monde est devenu égoïste au point où s'il se défend pas ou se bat pas pour lui, personne ne le fera. Il pense que je pourrais le tromper avec Rémus, il pense que James le laissera tomber de l'équipe, que Dumbledore a d'autres plans en têtes pour protéger seulement les nés-moldus…
- Il a perdu confiance en l'humanité, on dirait. Analysa Lily
- Et en lui. Surenchérit Marlène.
- Donc, tu essaies de l'aider ? C'est pour ça que tu restes ? Demanda Alice.
- Non. Il tient à moi et je le sais, je me dis que si je le laisse tomber alors qu'il passe juste par une mauvaise phase, qu'est-ce que ça fait de moi ? Lui, il était là pour moi, quand j'étais perdue l'année passée, même quand il ne savait pas pour mes rêves, il était patient. Il a toujours été la pour moi.
- Tu l'aimes ?
- Oui.
- Tu es amoureuses de lui ? Demanda Lily. Parce qu'il y'a une différence crois-moi.
- Je l'aime beaucoup.
- Exactement ce que disait Lily sur Damian.
Les filles hochèrent la tête en même temps.
- Ne laisse pas cette relation finir mal, vous avez été amis avant, pourquoi pas maintenant, il en a peut-être plus besoin.
- Je ne sais pas.
- En tout cas fais gaffe à toi.
Quelques quartiers plus loin, James, Sirius, Peter et Rémus étaient assis près du Terrain de Quidditch.
- Attends ! Répètes, tu crois que quoi ? S'exclama Peter.
- Je crois que mon père a disparu.
