A trop prétendre, on devient

- Attends, attends quoi?

Flash-back.

Sirius surveillait son frère depuis son retour à Poudlard, peu après la mort de l'oncle Alphard. Il ne savait si son intuition était due au fait d'avoir été informé de l'incident après lui, ou encore l'air supérieur du cadet qui n'avait lieu d'être après avoir passé l'année à effrayer les autres ou avoir le rôle du paria impénétrable. Sirius avait fini par croire Regulus exempté par leurs accusations de l'année précédente, ou du moins il nourrissait l'espoir farfelu que le cadet des Black se découragerait et ne pourrait mener son projet à bout. Nul ne saurait, mais une évidence se dévoilait ; Regulus avait énormément changé pour que Sirius continue de croire innocemment que le petit frère avait retenue une quelconque leçon. Depuis le début de sa cinquième année, Regulus Black avait miraculeusement troqué ses habitudes à Poudlard, il était devenu plus exécrable mais aussi plus allègre. Il se promenait dans les couloirs comme s'il était intouchable, comme si avant cet été, l'école n'avait jamais vu en lui un assassin.

Sirius, connaissait son frère mieux que ce dernier n'aurait pu le deviner, il savait donc, que ce dernier avait du débloquer des contacts et une protection hors norme pour ainsi voir sa confiance en lui grandir. Il se pavanait presque comme lui, mettant au placard l'ancien Regulus effrayé par son statut et froid de par son éducation. Regulus était en train d'éclore, ce qui effraya Sirius encore plus.

Sirius s'était confié à Alphard à propos de son petit frère et de son endoctrinement par la cavalerie des Mangemorts. Alphard, lui avait alors révélé que les rituels de passages différaient de personnes en personnes et que seul Voldemort décidait de la dernière tâche en fonction de son humeur, ou ce qu'avait appelé Alphard son complexe paternel.

Sirius avait énuméré les tâches dont il accusait son frère depuis un an. A commencer par l'Imperium sur lui-même, la torture affligée à l'ancien chien de chasse de Hagrid, l'Imperium sur le bicorne et la grève de faim et de sommeil. Alphard avait bien évidemment demandé des preuves avant de catégoriser son neveu, mais Sirius n'en avait aucune de formelle à part son intuition, ses recherches avec Octo et l'aveu de Bart Rowley.

Ainsi, après une semaine de poursuite en catimini, Sirius finit par prendre son frère en chasse et prétendit qu'il l'avait rencontré par hasard. Muni de la carte du maraudeur, il avait retrouvé Regulus à la volière, une lettre à la main. Sirius fit semblant de vouloir en envoyer une et attendit que son petit frère sorte de la volière afin de rentrer en collision avec lui.

Regulus recula d'un pas et fixa son aîné d'une expression impassible. Sirius ne bougea pas toisant son cadet et analysant sa posture arrogante. Les deux Blacks avaient un charisme et une présence déstabilisante pour la plupart des humains, mais entre quatre yeux, Sirius avait toujours la main mise sur le duel de prestance.

- Comment va ton seigneur ? Il prend bien soin d'Andy ? Tenta Sirius en s'appuyant au mur.

Regulus renifla avec dédain et tenta de contourner son frère pour passer. Seulement, celui-ci n'avait pas l'intention de laisser s'échapper la chance de coincer Regulus Black seul.

- J'ai entendu dire que Walburga a failli cramer la maison, et pas que la tapisserie quand elle a vu la fortune d'Alphard me revenir. Elle devait être verte de jalousie.

- Elle était furieuse mais pas jalouse. Corrigea Regulus. Elle a toujours eu plus d'argent que le vieil Alphard, parce qu'elle sait où investir.

- Elle sait dans qui investir oui… Le problème c'est qu'elle a toujours récolté les investissements quand quelqu'un était mort. Elle se trouve toujours un petit soldat vaillant, un petit garçon aux complexes d'infériorité multiples et lui fait croire qu'elle fera de lui une star, il finit mort, elle récolte les Galions et voici la secrète réussite de la faramineuse Walburga.

Regulus éclata d'un rire mauvais.

- Encore une histoire à dormir debout du vieux Alphard ? Encore en train de se plaindre sur comment il a failli perdre la vie pour elle ? Elle qui croyait que tu lui avais fait subir un Imperium, je devrais lui raconter que c'est lui qui divaguait de son plein gré.

Cette fois-ci, ce fut Sirius qui rit, honnêtement.

- Je ne fais pas partie de l'élite stagiaire de votre seigneur pour savoir jeter un Imperium. Contrairement à toi, je n'ai pas encore eu cette occasion si précieuse. Par contre, ça me désole de croire qu'elle et moi avons les mêmes idées qui germent. Pendant des années, j'ai pensé qu'Orion subissait un Imperium venant d'elle. Parce qu'aucune personne saine d'esprit ne supporterait une femme pareille.

- Parce que tu trouves père potable maintenant ?

- Toi non ? C'est lui que tu as l'intention de sacrifier pour ton rituel final de Mangemort, Regulus ? J'ai toujours pensé que tu était un fils à maman, mais de là, à envoyer ton vieux père six pieds sous terre. Le complexe d'infériorité se transforme en celui d'Œdipe.

- Œdipe ?

- Tu connais pas ? Le grec qui a tué son père et épousé sa mère.

Regulus finit par perdre son sang froid et sortit sa baguette en la dirigeant vers le cou de son aîné.

- Tu divagues complètement. Père n'a jamais été là pour moi et on le voit à ses yeux qu'il regrette que son fils aîné l'ait déshonoré, comme s'il te regrettait. Toi ! Cracha Regulus.

- Alors, tu continues à être jaloux, même si je t'ai laissé toute la place ? Petit Reg, quand vas-tu comprendre que même sans moi dans les parages, tu n'auras jamais leur amour, parce qu'ils en sont incapables !

- Mère me protège, elle me présente aux gens importants et parle de moi avec une fierté que tu ne connaîtras jamais.

- Bien sûr qu'elle sera fière, elle t'envoie au combat pour gagner ses Galions, elle n'a jamais voulu avoir d'enfant à chérir, mais une lignée à continuer. C'est tout ce qui compte pour elle le statut, les Galions, le sang. Pas toi, pas lui. Orion pourra t'épargner un jour mais jamais Walburga. Dommage pour toi, je te croyais Serpentard. Je te croyais ingénieux !

- Tu ne sais pas de quoi tu parles !

- Ah bon ? Elle te parlait avant que je ne devienne officiellement paria ? Elle ne te battait pas aussi avant que tu décides de livrer ton bras gauche à votre seigneur ?

Regulus voulut répondre mais stoppa net. Son temps d'hésitation fit étirer le sourire à Sirius, qui victorieux, acheva son frère.

- Elle n'a jamais voulu épouser Orion et elle se débarrassera de lui en t'utilisant. Elle gardera la famille Black intacte et tu finiras six pieds sous terre de ton seigneur, le mage noir. Je t'aurai prévenu, Regulus, héritier des Blacks.

Regulus sentit une rage bouillonner en lui, il tremblait à vue d'œil et sa baguette continuait de narguer le cou de Sirius, qui s'adossait au mur, comme s'il attendait le soleil de manière pénard.

- Même si ce que tu racontes comme salade serait vrai. Je n'ai besoin de personne pour prendre mes décisions et si faire disparaître mon propre père fait parti de ce qu'on me demande, je le ferai, parce que je sais ce qui doit être fait, je sais ce qu'on me doit, je sais ce que je mérite et j'aurai ma récompense ultime et tu t'en mordras les doigts !

Regulus tira sa baguette vers lui et descendit les escaliers en courant. Sirius attendit qu'il s'en aille quand il vit sa chouette arriver et se diriger vers la grande salle, il intercepta le courrier et trouva la lettre d'Orion.

Fin du flash-back.

Rémus, Peter et James regardaient Sirius d'un air effaré.

- Attends une seconde, tout ça ne nous dit pas qu'il a disparu ! S'écria James.

- Avant même que je vous dise de quoi il s'agit, vous avez tous conclu que c'est Orion derrière la lettre. Il n'est pas un père qui sait s'inquiéter pour ses fils, il a peur pour sa vie, pas pour Regulus et nous avons tous lu l'année précédente que Regulus devait kidnapper un parent.

- Mais pourquoi il ne te kidnapperait pas toi ? Demanda Rémus.

- Parce qu'à leurs yeux, je ne suis pas un Black, je ne suis plus un parent.

- Et puis il a avoué qu'il ferait ce qu'il faut si Voldemort le demandait. Continua James.

- Ne dis pas son nom. Murmura Peter en frissonnant.

- On a un moyen de savoir où est Orion ? Demanda Rémus. Tu as quelqu'un de la famille que tu peux contacter ?

- Non et je n'en vois pas l'intérêt. J'aurai seulement voulu que mon frère ne finisse pas le rituel pour ne pas avoir à le tuer si je devenais auror.

- Tu ne voudrais pas savoir ce qui arrive à ton père ? Demanda Peter.

- Non, pas vraiment. Ça m'importe peu.

- Tu voudrais pas prévenir Dumbledore pour Regulus ? Demanda Rémus à son tour.

- Il sait déjà tout le vieux singe. Déclara Sirius.

- En parlant de savoir, j'ai parlé à Fabian des objets. Il m'a dit de le lui ramener et comme je ne sais pas à quel point on peut entièrement lui faire confiance, je ne lui en ramène qu'un seul et à partir de ce qu'il dira on analysera les autres. Ok ?

- Lequel ?

- Je me suis dit le sablier, c'est le seul avec une inscription.

- Non, donne lui le damier, comme ça, s'il y'a une inscription à trouver, il la trouvera.

- Tu as raison, Patmol.

James les fixa à tour de rôle. Devait-il dévoiler son secret ? Il regarda Rémus et Sirius et décida qu'il n'avait aucune envie de faire un remake de l'année d'avant.

- Evans est au courant pour les objets.

- Hein ? Pourquoi ? Demanda Peter.

- Parce qu'elle a compris pourquoi j'ai pris les cours de Fabian et qu'elle m'a conseillé de ne pas lui en parler jusqu'à ce que je trouve une ouverture, sinon il se serait braqué. Je sais que vous allez être déçu, que je lui dise, mais elle nous a un peu aidé comme ça, elle le connait bien.

- Ça me dérange pas. Affirma Rémus.

Sirius haussa les épaules et Peter les regarda à tour de rôle avant de se sentir à nouveau dépassé. Il avait beau pensé qu'il était sur la même longueur d'onde qu'eux, plus ils grandissaient, plus il ne savait plus qui suivre et à qui ressembler. Six ans plus tôt, lorsque Peter fit connaissance des maraudeurs, tout était clair et chacun avait une place précise. James prenait sous son aile les gens, il choisissait les siens et les reliait entre eux, il était le fin stratège et le génie fou que tout le monde respectait, il avait une aisance naturelle dans la magie, dans la communication, le show et le Quidditch. Sirius était le deuxième pilier, l'ingénieux loyal qui n'avait peur de rien et qui riait de tout, il était moins accessible que James, plus stoïque et ses phrases terminaient souvent celles de James. Rémus était l'intuitif et le diplomate, il était souvent plus juste que les deux autres, seulement il avait une dette envers les garçons qui faisait que souvent il gardait ce qu'il trouvait arbitraire pour lui. Mais tout cela était avant, Peter remarquait que depuis l'année dernière, les places qui les mettaient chacun dans une case interchangeaient, les garçons mûrissaient, la guerre les changeait et lui se perdait dans ce tumulte. James qui avant était le leader partageait souvent ce rôle avec Sirius récemment, lui cédant même sa place par moments. Sirius qui tournait tout à la dérision, devenait mature et pensait plus au futur qu'aux farces, il diminuait du mode m'as-tu-vu et augmentait de sa discrétion. Rémus, lui, sortait de l'ombre et grondait les autres plus librement sans que James ou Sirius ne le remettent à sa place. Tous gardaient leurs qualités et leurs caractères mais les cases changeaient pour ne presque plus exister. Peter qui suivait James et Sirius se retrouvait à suivre seulement Rémus et ne pas savoir la moitié du temps où trouver James et Sirius. Peter détestait grandir, avait peur d'être livré à lui-même et se sentait nostalgique des maraudeurs, les vrais, les fauteurs de trouble et non les chevaliers preux.

Ils revinrent à l'entrée du château et chacun prit un chemin. Rémus devait rejoindre Ayni pour finaliser un rapport de préfet, Sirius avait rendez-vous avec Mcgonagal (selon ses dires) et James était attendu par sa petite amie, Casey. Peter se retrouva à nouveau livré à lui-même et traina des pieds près de la grande salle, attendant l'arrivée du cours de Défense Contre les Forces du Mal.

- Salut Peter.

Le jeune garçon se retourna tout sourire en voyant Dorcas lui sourire, les trois filles arrivant derrière elle. Alice et Lily lui sourirent à leur tour, pendant que Marlène entrait en trombe pour grignoter ce qui restait du déjeuner.

- Salut Dorcas.

La jeune fille s'arrêta à son niveau et ne put s'empêcher de s'inquiéter pour lui.

- Tu vas bien ?

- Oui, pourquoi ?

- Tu parais un peu pâle.

- Je n'ai pas déjeuné, ça me ressemble pas.

Elle lui tendit une barre chocolatée qu'il prit sans rechigner.

- On n'a pas déjeuné non plus.

- Tout va bien ?

- Oui, des histoires de filles.

- Ça me manque qu'il n'y ait plus d'Octo. Avoua Peter. L'année passée, il n'y'avait plus les maraudeurs ou les filles, mais seulement Octo et nous avions fait de grandes choses.

- On est toujours là pour faire de grandes choses, Peter.

- Oh vraiment ? Entre Marlène et Sirius qui se parlent à peine ou James qui n'a plus de temps pour rien depuis qu'il a décidé d'avoir une copine, ou Lily qui était introuvable pendant un mois…

- Waw, tu en as beaucoup sur le cœur. Le taquina Dorcas. Ou moi, avec mes disputes incessantes avec mon copain…. Tu ne l'as pas dit ça.

- Je voulais pas remuer le couteau dans la plaie.

- T'inquiète pas, tu remues rien. Je sais tout ça.

Rémus qui venait d'arriver devant la salle à son tour, salua Ayni et fut surpris de voir Dorcas.

- Rémus. Déclara Dorcas en faisant une courbette.

Le jeune garçon sourit et inclina la tête avec une révérence.

- Dorcas.

- Allez, bon cours, les garçons. N'énervez pas trop Strolley, je l'ai juste après. Pas envie qu'il passe ses nerfs sur nous.

- Parce qu'il lui arrive de s'énerver lui ? Demanda Rémus.

- Oui, quand trop de filles gloussent.

- Toi tu ne glousses pas ?

- Alors que Bilius s'assoit à côté de moi ! C'est déjà suffisant que les jumelles ont transformé ses plumes en formes de bouche, on ne va pas s'embarrasser plus.

- Rien ne les arrêtent…

- Sauf Peeves. Dirent Dorcas et Rémus à l'unisson.

Peter entra à la salle en souriant à Dorcas et évitant de trop montrer sa jalousie à Rémus. Bilius avait sûrement raison d'être aussi jaloux, Dorcas était toujours différente auprès du lycanthrope peu importe à quel point elle le niait.

- Bonsoir tout le monde. Aujourd'hui, on va commencer les présentations des projets avant d'entamer le cours à la deuxième heure. Je vous demande, exceptionnellement de vous asseoir chacun près de votre binôme, afin de faciliter le passage.

James se leva de près de Sirius et attendit qu'Alice se lève pour qu'il s'assoit près de Lily.

- Décidemment, autant que vous vous asseyiez tout le temps ensemble à ce rythme. Râla Sirius en voyant Charlie Gibbons, la jeune fille « garçon manqué » de Poufsouffle atterrir près de lui.

- On y va ? Demanda Lily à James.

- Pourquoi je ne suis pas étonné que tu veuilles passer en premier ?

- J'aime pas attendre.

- Après vous gente dame. Abdiqua James.

Ils se levèrent simultanément et attendirent que Strolley prépare le tableau. Lily passa près de son professeur et ne put s'empêcher d'humer son parfum délicieux. James remarqua son long reniflement suivi d'un long clignement de cil et fit une grimace, il se pencha vers elle.

- Ne te mets pas à glousser pour Strolley maintenant, attends au moins qu'on aille s'asseoir.

- Crétin, je ne glousse pas et j'ai pas l'intention de le faire. Cracha Lily entre ses dents.

- Alors arrêter de le sentir.

- Arrête de me donner des ordres. Cingla Lily plus fort qu'elle ne le voulait.

- Et c'est parti. S'écria Sirius. Qui veut du pop corn ?

La classe se mit à rire, soudainement tue par la main de Strolley.

- Quand vous êtes prêts. Lança le professeur.

- Le thème de notre sujet est la défense : meilleur moyen d'attaque, nous avons procédé comme suit…

Lily continua de présenter leur plan, que James illustra par des exemples, avant qu'elle ne reprenne les étapes et distinctions des différents points, et que James finisse par les siens, ils reprirent la conclusion ensemble et donnèrent deux exemples différents durant lesquels ils improvisaient un duel regroupant seulement des sorts de Défense.

- Excellent travail et très bonne synchronisation pour vos sorts. Vous les avez appris ensemble ?

- Non. Dirent-ils à l'unisson.

- Très bon travail.

Lily sourit fièrement pendant que James saluait la salle et marchait comme si une calèche royale le transportait.

- Potter regagne ta place avant que je ne t'y envois.

- Désolé. Sourit le concerné.

- Suivant !

Lily se déconnecta complètement du cours et posa son front sur la table.

- Tu veux faire une sieste ?

- J'ai faim. Grogna-t-elle sans lever la tête.

- Tu veux manger quoi ?

- J'en sais rien. Arrête de me faire parler, plus d'énergie.

- On a encore un cours après.

- Je sais. Chut, Potter.

- Tu es ennuyante. Pff…

Elle lui offrit son dos et continua à fermer les yeux sur la table, le front collé sur le bois froid de la table. James profita de leur place décalée du tableau et la lumière tamisée des chandeliers au dessus d'eux, pour approcher sa main vers la crinière de la jeune fille. Il sentit son cœur battre si fort quand il prit une mèche rousse entre ses doigts. Ses cheveux étaient tellement soyeux, il prit la mèche entre son doigt et l'enroula doucement. Il sourit ne croyant pas son audace et s'oublia à jouer avec cette seule mèche d'un roux doux de visu comme de toucher. Soudain, Lily releva sa tête et James se retrouva prisonnier de la mèche à présent enroulé autours de son index, instinctivement sa main suivit la tête de Lily et lorsqu'il tenta de la retirer, il finit par tirer sur sa crinière ce qui eut pour reflexe de faire tourner vers lui une Lily aux sourcils froncés.

- Qu'est-ce que tu fabriques Potter ?

James qui était connu pour son sens de la répartie, ses réponses à tout et sa capacité supérieure de trouver un mensonge à la minute pour se sortir de toutes les situations, se vit pour la première fois bouche bée, coincé entre le regard curieux virant furieux de la jeune préfète.

- Pourquoi tu as mes cheveux ?

- Je…

- Potter ?

- Polynectar ! Lança James.

- Tu es malade ? S'écria Lily.

Elle retira sa mèche de sa main et en l'espace de seulement quelques secondes leurs doigts se touchèrent.

- Pourquoi tu veux te faire passer pour moi, Potter ?

- Je… Je voulais euh…

- Tu n'as pas intérêt à mentir.

- Je voulais me faire passer pour toi, pour partir à la recherche des objets ensorcelés ce soir.

- Tu as une cape Potter. Lança Lily à voix basse.

- Je vais la donner à Sirius. Mentit James.

- Pourquoi moi ?

- J'en sais rien, j'ai eu l'idée quand tu t'es endormi. Je ne suis pas obligé d'en avoir des brillantes, tout le temps, non plus !

- Potter, peu importe à quoi tu joues laisse tomber, parce que j'ai ma ronde ce soir et si jamais je sens qu'un truc de suspect se trame, tu auras des retenues d'ici la fin de l'année et je ferai en sorte qu'elles tombent toutes en même temps que tes entraînements de Quidditch.

- Ce que c'est marrant de partager mes plans avec toi. Bouda James en roulant des yeux.

Lily s'assit droite et continua de le regarder du coin de l'œil ce qui eut pour effet de faire rire le concerné. A la deuxième heure du cours de Défense Contre les Forces du Mal, Ayni Shackelbolt toqua à la porte du professeur Strolley et demanda à lui parler en dehors du cours. James les suivit du regard, pendant que Lily surveillait le reste des filles de la classe qui murmuraient.

- Pourquoi dès qu'il parle à Ayni, elles sont sur le qui-vive ? Demanda Alice à Marcus.

- Parce que Dawn a lancé la rumeur qu'Ayni et Strolley sont plus proche qu'ils ne devraient.

Lily fronça les sourcils en entendant la remarque de Marcus Shafiq et se tourna vers James qui communiquait avec Sirius à travers le regard.

- Potter ? Questionna Lily.

- Evans ?

- Les messes basses avec Sirius…

- Tu vas maintenant m'interdire de parler même à mon meilleur ami ?

- Tu sais quoi laisse tomber.

- Tu veux savoir si la rumeur est vraie ?

- Non. Je veux savoir pourquoi elle existe et j'ai l'impression que Black et toi en savez beaucoup.

- Mademoiselle Evans ?

Lily sursauta en entendant le professeur appeler son nom, elle ne l'avait pas entendu revenir et elle rougit en pensant qu'il aurait pu entendre le contenu de la conversation.

- Oui, professeur.

- Vous êtes excusée. Veuillez raccompagner mademoiselle Shackelbolt.

- Euh… Pourquoi ?

- Elle vous en dira plus.

Lily se leva en rangeant ses affaires devant le regard curieux de James. Il lui tira sur le sac et elle haussa les épaules pour seule réponse.

- Tu n'as qu'à venir me trouver si tu n'aimes pas ne pas savoir. Murmura Lily en reprenant exactement la phrase qu'il avait dite avant de parler avec Fabian.

James lui sourit de toutes ces dents, incapable de croire à ce qu'il venait d'entendre. Non seulement, elle jouait son jeu, mais en plus elle venait de lui proposer de son plein gré de venir la retrouver.

- J'y compte bien. Répondit le jeune homme d'une voix guillerette et pas du tout discrète.

Lily lui tourna le dos en vitesse retenant le sourire qui voulait sortir et cachant la rougeur de ses joues éminente à tout moment.

- Ayni, qu'est-ce qu'il y'a ? Demanda la jeune fille.

- Tu viens avec moi chez Dumbledore, j'ai besoin de témoin.

- Qu'est-ce qui se passe ?

- Bart est à l'infirmerie.

- Mon dieu ! Qu'est-ce qu'il a ?

- Personne ne sait.

- Mais je dois témoigner contre qui ?

- Tu verras.

Elles arrivèrent en deux temps trois mouvements devant la gargouille.

- Pain d'épice. Lança Ayni.

Les escaliers firent leur apparition et Lily devança Ayni au bureau. La porte était déjà grande ouverte et Lily put apercevoir, Geoffrey Doring, le professeur Slughorn et Janet Swanson.

- Bonsoir tout le monde.

- Bonsoir mademoiselle Evans. Installez-vous. Mademoiselle Swanson, vous auriez l'amabilité de raconter ce qu'il s'est passé encore une fois.

- Oui professeur. Je venais de finir de déjeuner et je m'étais rendue compte que j'avais oublié le livre des sorts et enchantements dans ma salle commune. Je suis alors revenue en courant aux cachots avant le début du cours de Sortilège. Quand je suis entrée à la salle commune, il y'avait une odeur bizarre, comme du brûlé, quelque chose de très fort presque asphyxiant. Au début, j'avais pensé que quelque chose de bizarre brûlait dans l'âtre de la cheminée, j'ai vérifié, il n'y avait rien. J'ai vérifié les tapis, rien. Alors j'ai eu l'idée d'ouvrir toutes les portes de dortoir et d'appeler à moi n'importe quel objet ensorcelé ou brûlé qui traînait.

Janet se tourna vers Lily pour continuer.

- Dans les cachots, il n'y a pas plusieurs étages pour les dortoirs. Mais les quatre étages présents sont immenses et comportent plusieurs entrées pour les dortoirs, distribués par ailes Nord et Sud, pas comme chez les Gryffondors ou les Serdaigles.

Lily hocha la tête en gardant son air inquiet.

- Donc, j'ai vite retrouvé l'objet de l'odeur bizarre et là des fioles sont venues à moi à partir de la porte menant vers le sous-sol. J'ai tout de suite compris qui pouvait être en danger, puisque l'une des rares pièces occupée et aménagée en chambre au sous-sol de la salle commune de Serpentard abrite un cinquième année. Bartélémius Rowley. Je suis descendue en courant, j'ai utilisé Alohomora mais ça n'a pas marché, alors j'ai dû utiliser Open Sesame, ce qui a eu pour effet de détruire la porte et c'est ainsi que j'ai trouvé Bart pâle sur son lit dans une chambre remplie de fumée. Je l'ai tout de suite fait porter à l'infirmerie. Madame Pomfresh l'a examiné sans trouver en lui de trace de lutte et elle ne pense pas non plus qu'il ait été forcé à ingurgité quelque chose, le pire dans tout ça, elle lui a donné toutes les potions en sa connaissance afin de pouvoir le réveiller, il n'a rien mais ne se réveille pas.

- Il ne se réveille pas depuis quand ?

- Deux heures.

- Je suis parti payer une visite à notre élève et bien entendu Poppy m'a donné sa théorie et c'est pour cette raison que j'ai réuni le directeur de la maison et les préfets-en-chef. Mademoiselle Shackelbolt m'a ainsi informé que vous pouvez avoir des informations.

- Nous devons appeler Rémus aussi. Intervint Ayni en se rappelant qu'il est son tuteur.

- Je ne comprends pas encore ce que vous attendez de moi.

- Tu te rappelles quand tu l'as trouvé dans les toilettes de Mimi ?

- Oui. Je ne sais pas où il a appris à faire certaines potions, ou même si c'est lui qui les fait, mais il prend des potions illicites et elles lui font du mal. Il se fait du mal.

- L'avez-vous revu depuis ce jour ? Demanda Dumbledore

- Non. Répondit Lily avec culpabilité.

- Mademoiselle Shackelbolt ?

- Oui, deux fois après que je vous ai averti la première fois. La deuxième fois, c'était lors du match de Quidditch, il avait profité du départ de tout le monde en même temps pour rester dans les gradins les plus bas et prendre ses potions. Je l'ai trouvé assoupi et inconscient. Une autre fois, il y'a deux jours seulement, il avait du sang sur les bras et courait dans le couloir pour aller je ne sais où, quand je l'ai intercepté, il m'a poussé et s'est enfui et j'en ai parlé au professeur Slughorn.

- J'ai bien entendu eu une entrevue avec lui pas plus tard qu'hier et il m'a juré que tout n'était qu'une terrible erreur, qu'il ne se faisait aucun mal et qu'il n'avait aucune potion illicite en sa compagnie.

- Et vous l'avez cru ? Demanda Ayni incrédule.

- Monsieur Lupin le voyait combien de fois par semaine ? Interrompit Dumbledore.

- Une fois par semaine. Déclara Ayni.

- Bien, appelez-le aussi.

Ayni sortit du bureau à nouveau et reprit le même chemin pour retrouver Rémus. Lorsqu'elle toqua à la porte à nouveau, James voulut suivre ses amis mais Ludwig Strolley l'en empêcha, ce qui eut pour effet de doubler sa curiosité.

- Potter, vous avez un Patronus à produire, alors ne me faites pas retirer votre baguette !

James hocha la tête faisant semblant d'obéir pendant qu'il cherchait la ruse plausible pour rendre le cours moins lent ou du moins sa présence non souhaitée.

- Ayni. Qu'est-ce qui se passe ?

- C'est Bart. Répéta Ayni pour la troisième fois en une heure. Entre, tu vas comprendre.

- Monsieur Lupin. Installez-vous.

Rémus regarda autours de lui et comprit aussitôt que son élève devait être mal en point, voire porté disparu.

- Avez-vous remarqué quelconque anomalie à propos de monsieur Rowley ?

- Si vous me demandez s'il se fait encore harceler, je ne pense pas. Grâce à Doring, les autres Serpentards le laissent tranquille depuis un moment.

- C'est lui qui t'a dit que c'est grâce à moi ? Demanda Doring.

- Non, je l'ai deviné depuis le jour où je t'ai vu donner cinq retenues d'un seul coup à Wilkes pour avoir utilisé sa baguette sur un autre Serpentard.

- Vous a-t-il confié une inquiétude à ce sujet ? Questionna Dumbledore à nouveau.

- Il m'a dit que c'était bizarre. Mais que le mal était déjà fait, puisqu'il fait parti d'une maison qui l'a torturé et dont ces sortants ont tué sa mère. Il se sent comme un étranger chez lui. C'est tout ce qu'il a voulu me confier un jour où tout allait réellement mal.

- Mademoiselle Evans, vous voulez dire quelque chose ?

- Oui, une fois il m'a dit une fois que c'était trop dur, qu'il ne comprenait pas comment on pouvait trouver le moyen de sourire. Il se sent seul et incompris.

- Mais j'ai essayé de l'aider à plusieurs reprises. Lança Ayni.

- Moi aussi mais il s'est braqué. Déclara Rémus.

- Il ne m'a pas laissé de chance non plus. Continua Janet.

- Et moi il me prend pour un hypocrite. Conclut Geoffrey.

- Et vous ? Demanda Dumbledore en fixant Lily.

- Il m'a remercié mais je… Avec tout le reste, j'ai oublié de redemander après lui… Je… Peut-être que moi il m'aurait quand même écouté ou…

- Il est toujours parmi nous, Lily. Et je suis sûre que vous avez fait tout ce qu'il fallait. Rassura Slughorn en voyant l'air coupable de son élève favorite.

- Est-ce que nous sommes arrivés à la conclusion que Bart Rowley veut en finir avec sa vie ? Demanda Ayni en fixant Dumbledore.

- Il n'y a que lui qui peut nous donner la vraie réponse à cette question, mais si j'en crois tous vos témoignages. Bart a effectivement perdu espoir.

- Mais comment le réveiller déjà ?

- Nous allons l'emmener à Sainte Mangouste afin qu'il ait des examens supplémentaires et si son état psychique ne s'améliore pas, j'ai peur qu'il doive rester là-bas un moment.

Tout le monde se tut en baissant les yeux, quand Lily intervint.

- Mais professeur. S'il ne va pas mieux, il risque de se retrouver dans le service des pathologies de sortilèges, c'est-à-dire, le service où se trouvent les patients de longue durée, dont les pathologies ne sont pas encore cernées ou guéries… Vous voyez bien où je veux en venir professeur ? Demanda Lily dont les yeux allaient sortir de leur orbite par angoisse.

- Emily Macmillan. Hurla Rémus. Elle y est encore.

- Mais elle a perdu la tête. Commenta Janet. Elle ne pourra pas l'atteindre.

- Je veillerai à sa protection. Déclara Dumbledore pour clore le débat. Merci à vous tous pour vos témoignages. Vous pouvez retournez à vos cours et autres activités.

- Merci.

Rémus, Lily et Janet reprirent le chemin ensemble.

- Vous croyez qu'elle risque encore d'être un danger ? Demanda Janet aux deux Gryffondors.

Ils restèrent silencieux et Janet prit leur silence pour un manque de confiance.

- Pas tous les Serpentards sont pareils. Tu le sais Lily.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Tu as été ami avec l'un d'eux.

- Toi-même tu m'as dit que j'avais raison de ne plus lui parler, alors peut-être que j'en sais rien au fond. Répondit Lily avec venin.

- Ce que je veux dire… Tenta Janet.

- Je sais. Coupa Lily. Vous n'êtes pas tous pareil. Je pense qu'elle était dangereuse avant la folie, alors maintenant ça doit être pire.

- Tu as peut-être raison. Mais tu sais, Damian Branchard est dans cette aile aussi et peut-être même Darius Weasley ou Gregory Brown. On ne sait pas au fond ! Tout le monde hors Poudlard est en danger, que ce soit à cause d'Emily Macmillan ou d'autres. En tout cas, j'espère que Bart ira mieux, il ne mérita pas ce qui lui arrive. A bientôt.

Elle tourna les talons avant les escaliers et laissa les deux Gryffondors rejoindre leur classe.

- Sa mère a été tuée par des mangemorts, son père se cache de tu-sais-qui, il a peur de tous les Serpentards et ne fait confiance à personne, il pense à la mort constamment et se dit que de toute façon nous allons tous finir morts. Déclara Rémus.

- Il t'a dit tout ça ?

- Maintenant que je pense aux bribes de conversations qu'on a eues, celles qu'il a eues avec toi ou James ou Sirius depuis l'année passée. Je me dis qu'on aurait pu y voir plus.

- On aurait pu faire plus.

- Quoi ? Le tenir captif pour qu'il ne se fasse pas de mal ?

Lily hocha la tête et le sentiment de courage et sa volonté de se battre grandit en elle encore plus. Entendre que Bilius Thomas allait de mal en pis au point où il faisait vivre un calvaire à la personne qu'il aimait le plus ; Dorcas. Entendre ensuite que Bartélémius Rowley tentait sûrement de mettre fin à sa vie. Toutes les histoires de cette journée, remplirent la jauge de Lily Evans. La jauge du courage, la jauge de l'empathie.

- Il veut tous nous faire vivre dans la terreur, nous retourner les uns contre les autres et nous ôter tout ce qui nous tient à cœur, notre liberté, notre futur. Il gagne du terrain Rémus, je ne sais pas s'il continue de recruter, s'il a une armée qui s'agrandit, mais il gagne du terrain en nous touchant autrement.

- Je sais et plus j'entends, plus je lis, plus je vois nos amis, nos morts…

- Plus tu veux le battre...

Rémus et Lily se fixèrent un instant, les iris brillants, le regard puissant. Ils hochèrent la tête en même temps.

- On doit s'unir.

- On doit réunir Octo, Lily.

- Oui et s'aider de tout ceux qu'on peut. Les frères Macmillan sont toujours en liberté, Emily, je pense qu'elle est toujours un danger, la taupe est dans la tour de Gryffondor en liberté. Nous devons recommencer nos enquêtes et je pense qu'on doit aller faire un tour à Sainte-mangouste.

Ils arrivèrent devant la porte de la classe au même moment où James et Sirius se faisaient renvoyer.

- Vous n'avez pas pu tenir une demi-heure, vous deux. Il reste une demi-heure. Gronda Lily.

- On ne sait pas fait virer Rouge. Notre travail ici est fini. Deux Patronus corporels et vingt points chacun pour Gryffondors. Tu peux faire mieux ? Taquina Sirius.

- Ne me lance pas de défi, Black. Je pourrai t'étonner.

- Je n'attends que ça.

- Il se passait quoi ?

Avant qu'ils ne finissent Alice sortit à son tour.

- Toi aussi, tu as réussi ton Patronus ?

- Non, j'ai traitée Charlie Gibbons de pute.

- Quoi ? S'écrièrent Rémus et Lily.

- Pourquoi ? Demanda Sirius en ricanant.

- Elle veut à tout prix gagner des points même si ce n'est que pour un Patronus, et elle s'est mise à se frotter à Ludwig quand il a voulu lui montrer le vrai mouvement de baguette, elle m'a déconcentrée alors que j'ai failli réussir à produire le mien, ça m'a énervé, je l'ai traité de pute, il m'a entendu, m'a donné une retenue, enlevé 10 points et me voilà.

- Suis-moi. Cingla Ayni à l'adresse d'Alice.

Les autres Gryffondors se tournèrent en vitesse ne sachant d'où sortait la préfète en chef.

- Tu vas me donner une retenue à sa place ? Demanda Alice. On est amie Ayni, ne m'envoie pas frotter la volière, s'il te plait.

- Suis-moi s'il te plait.

Le ton d'Ayni était un tantinet plus agressif que d'habitude, chose qui n'échappa bien sûr pas à Rémus.

- Alors maintenant, Sirius et moi on fait gagner des points et Fawley les perd ! Quel gâchis !

- C'est frustrant hein ! Lança Lily. Bon moi je rentre.

- Mais ils vont sortir tout de suite, pourquoi tu reviens ? Demanda James.

- Parce que contrairement à vous, je ne pense pas savoir produire de Patronus corporel.

Elle ouvrit la porte quand le reste de la classe en sortit en groupe.

- Mais !

- On a fini avant l'heure.

- Allez, Rouge. Direction cours de Métamorphose.

Lily suivit James, Sirius et Rémus et se rendit compte que Peter manquait à l'appel.

- Où est Peter ?

- Il est sorti avant la fin du cours aussi, il a dit qu'il se sentait pas bien.

- Qu'est-ce qu'il a ? Demanda Lily à nouveau.

- Si ça se trouve c'est juste parce qu'il n'a pas déjeuné. Déclara Sirius.

Rémus débriefa brièvement ses meilleurs amis concernant la situation de Bart. Ils restèrent silencieux un moment et Lily sourit en pensant que les garçons et les filles avaient une manière très différentes de discuter et débattre, elle comptait prendre la parole quand elle comprit encore plus comment les plans se construisaient.

- J'ai une idée un peu tiré par les cheveux.

- Laisse-moi deviner, il y'a du polynectar dedans ?

- Exactement Evans, tu vois qu'on forme une bonne équipe.

- J'en ai une autre.

- Tu n'as pas encore entendu la mienne.

- Je pense qu'il faudrait qu'on l'entende tous.

- Tu penses à qui on disant tous ? Lança Sirius.

- Octo. Dit James en regardant Lily.

Elle hocha la tête et c'est ainsi qu'à la fin des cours de la journée et après les rondes de Lily, Dorcas et Rémus, les huit Gryffondors reprirent le chemin du QG, avec un Peter qui éteignait la lumière, des binômes qui se déplaçaient à deux dans les couloirs obscures et le mot de passe Octo afin d'intégrer la salle secrète. Les huit Gryffondors reconnus un peu plus par cette école pour avoir réussi à régler des problèmes d'adulte, venaient de reprendre ce chemin pour la première fois depuis les évènements de l'année scolaire précédente. L'ancien groupe hétérogène, qui était régit par le même amour de la justice, le même sens du courage et la même rengaine entourant le triomphe du bien partait d'un pas uni vers une nouvelle réunion, qui sans aucun doute avait quelque peu tardé pour prendre place.

Seulement, cette fois-ci, les huit personnes longeant les couloirs en cette nuit étaient différentes… Différentes des précédentes versions d'elles-mêmes, différentes sur le plan émotif, parfois même se trouvaient sur différentes ondes vis-à-vis de l'un ou l'autre de ce groupe.

Alice avançait tout en pensant que trop de choses s'étaient déroulées pour garder leur lien intact, trop de mal avait été dit, trop de cœurs avaient été brisés, consciemment et inconsciemment. Plusieurs d'entre eux mûrissaient d'avantage, d'autres prenaient peur et le cachaient, puis quelques uns ne pensaient plus à rien à part le combat. Ce groupe qui avait réussi à se rendre le sourire dans des soirées improvisées autours de cartes explosives ou jeux de vérités se déplaçait à présent avec des à priori. Tout était différent à présent, pourtant une question les taraudait tous.