Un fil unique

Casey survola les pages de la Gazette avec vitesse, lisant avec un regard à peine posé sur la page en question les noms familiers qui pouvaient être reliés à sa famille ou ses amies, son cerveau développa rapidement une capacité inouïe à filtrer les lettres et ses yeux finirent par atterrir sur un texte qui attisa sa curiosité.

« … Cynthia Mckinnon, épouse de feu Henry Potter décédée dans d'étranges circonstances… »

Casey se doutait naturellement que James et Marlène, comme n'importe quelle longue lignée de famille de sang purement sorcier, devaient être reliés quelque part, mais cette information demeurait comme l'un des rares renseignements qu'elle avait pu récolter de son petit ami. Bien qu'elle le connaisse depuis qu'elle avait intégré l'équipe, qu'ils se voient depuis quelques mois, James Potter restait un mystère. Chose plus déroutante pour Casey, comment une personne aussi exubérante que James pouvait être aussi discrète en ce qui concernait la famille. Tout ce qu'avait un jour su la jeune Casey était que les parents de James étaient trop âgés et que leurs prénoms ne sortaient pas d'une liste des années soixante mais bien celle d'un siècle auparavant.

La jeune attrapeuse de Quidditch leva les yeux à la recherche de son petit ami, quand elle vit Marlène qui arrivait vers lui. Casey qui voulait se précipiter vers lui, regarda la grande blonde le tirer par le bras, le faire sortir de la grande salle, sans un regard vers elle. Elle détourna son attention et vit Lily Evans surveiller ce départ, la jeune rousse était à moitié debout, à moitié assise, les bras écartées, les mains posées sur la table, elle semblait avoir été arrêté dans son élan ou au beau milieu d'une question.

Casey s'avança alors vers Lily et s'assit en face d'elle.

- Bonjour Lily.

- Bonjour Casey.

Lily se rassit tout en continuant à surveiller la porte.

- Tu es au courant de quelque chose ? Qui est Cynthia Mckinnon?

- Je n'en sais pas plus que toi. Je sais que c'est une tante de Marlène. Une grande tante pour être exacte.

- Tu crois que tu sais-qui… ?

- A chaque fois que je lis un titre sur ce maudit journal, c'est tout ce que je crois en premier.

Casey hocha la tête en se remémorant que c'est ainsi que Lily avait appris que ses parents étaient morts. Elle s'en voulut pour sa bavure, mais ne se laissa pas emporter par sa compassion. Casey était réellement attachée au jeune homme et pourtant bien qu'ils passent des moments formidables ensemble, il restait insaisissable et dérobé.

- Tu crois que je peux aller les voir, maintenant ? Ils sont partis où Marlène et lui ?

- Je ne sais pas. Mais si tu veux mon avis, ils doivent être chez Dumbledore, toutes les morts passent par son bureau.

Casey regarda Lily étonnée d'entendre autant de cynisme venant d'elle.

- Ok. Merci, Lily.

Elle se leva, mit son sac sur son épaule et tenta d'aller chercher son petit ami.

- Si tu es inquiète pour Potter, je suis sûre qu'il est entre de bonnes mains, Marlène est une bonne personne à avoir à ses côtés en temps de crise.

- Je ne suis pas sûre que…

Casey se retint de finir sa phrase afin de ne pas laisser la jalousie prendre le dessus sur son état. Marlène Mckinnon était la définition même de la beauté et le courage et devoir être dans son ombre ne lui plaisait pas. Sans oublier la réputation sulfureuse de cette jeune femme qui ne jouait jamais en sa faveur. Elle tenta de trouver une fin moins pathétique à sa phrase, mais Lily avait déjà saisi le message.

- Ils sont cousins, ils sont comme des frères et sœurs.

- Je sais… Je suis juste… Je ne sais pas comment je dois réagir.

- Sois-là, quand il aura besoin de toi.

Lily se leva et ne laissa pas à Casey l'occasion d'avoir une quelconque discussion à ce propos. Le sentiment de gêne qui l'avait prise était suffisant pour un mois de torture.

James, Marlène et Geoffrey Doring furent les seuls enfants de la grande famille à être excusés pour la journée afin d'assister à l'incinération de la grande Cynthia Mckinnon Potter, qui n'était autre que la mère de Fleamont Potter.

Cynthia Mckinnon s'était éteinte à l'âge de 97 ans d'une mort inconnue, elle avait été trouvée dans une allée à Great Hagleton, quartier inconnu de la famille qui ne comprenait pas ce que la vieille dame y faisait. Plusieurs témoignages laissaient croire que la sénescence lui avait fait perdre la route, mais les membres proches de sa famille savaient qu'elle n'était ni sénile, ni perdue. Cynthia avait eu 5 enfants, dont seulement trois étaient encore vivant ; Fleamont, Althea et Festina. Elle avait 8 petits enfants et 5 arrières petits enfants. Elle était reliée à la famille Bones à travers sa fille Althea, et à la famille Doring et Johnson à travers son autre fille Festina. Quant à ses frères sœurs nombreux, la reliaient à la famille Abbott, Flint, Lestranges, Croupton, Ollivander, Smith… Et la liste restait longue.

Lily et Dorcas passèrent leurs journées à présenter leurs condoléances aux personnes reliées à Cynthia dans cette école et Merlin savaient qu'ils étaient nombreux. Lily dut aussi consoler deux jeunes filles de Poufsouffle qui pleuraient à chaudes larmes la disparition de leur maman, elle aida un autre jeune garçon à Gryffondor qui saccageait la salle commune dégageant la peine incombée par la mort de son oncle et elle finit par s'enfermer dans son dortoir pour reprendre un minimum de force. Elle savait que son pouvoir d'empathie ne pouvait qu'être une qualité, mais on oubliait toujours de préciser le revers de cette particulière médaille, la mélancolie qui pouvait facilement trouver un chemin vers le cœur de l'empathique. Cette compassion qui donnait un sentiment d'impuissance et d'injustice sur ce monde qui peuplait la communauté d'orphelins. Lily tenta tant bien que mal de renouer avec le peu de relativité ou même positivité qu'elle venait à peine de récupérer afin d'être là pour ceux qui en avait actuellement besoin.

Alice, elle était restait introuvable. Le soir, alors que la salle commune se vidait petit à petit, Lily qui avait fini par redescendre, reprit la Gazette de ce même jour et se mit à lire article par article, pendant que Dorcas rêvassait auprès d'elle.

La grande brune fixait une porte dans un grand couloir blanc qu'elle ne connaissait pas vraiment, elle détourna son regard un instant et vit une crinière rousse s'éloigner vers un autre couloir tout aussi immaculé, elle la suivit du regard et sans crier gare la personne qu'elle fixait à présent était moins élancée et avait des cheveux blonds. Elle reporta son regard sur la première porte quand elle reconnut une personne qui passait à côté, son sang ne fit qu'un tour, la peur s'empara d'elle et elle tenta tant bien que mal de se cacher, mais elle ne trouva pas son propre corps. La porte s'ouvrit à la volée et Damian Branchard s'adossa à l'embrasure de la porte avec un sourire certain.

- Stefan ?

- Oui ? On se connait ?

- Brièvement. J'ai entendu parler de toi. Je suis Damian. J'ai connu ta sœur à Poudlard. Tu veux entrer un instant ?

- Désolé, je suis pressé.

- Trop pressé pour entendre des informations qui pourraient concerner le sang de bourbe qu'était l'ex petit-ami de ta sœur ?

Le grand brun baraqué tout de cicatrice vêtu, hésita un instant, sortit légèrement sa baguette de sa manche et entra en claquant la porte derrière lui. Dorcas voulut s'approcher pour entendre quand une vieille femme en blouse blanche et verte passa en courant, portant dans son bras un autre blessé. Dorcas oublia alors de se concentrer sur son objectif et se mit à penser aux blessés, la guerre et les morts. Elle tenta de suivre la guérisseuse quand elle ne trouva toujours pas son corps et entendit quelqu'un l'appeler.

- Non, il est trop tôt. Réfuta-t-elle en tentant de courir sans corps dans le couloir.

- Dorcas ?

Dorcas sursauta et ouvrit les yeux en haletant. Elle rencontra les yeux verts de Lily qui lui caressait le front doucement et lui offrait un sourire rassurant.

- Un cauchemar ?

Dorcas revenait à elle doucement, elle tenta de se remémorer où elle se trouvait, quel jour on était et plus elle tentait de reprendre contact avec la réalité plus son rêve lui échappait. Tout ce qu'elle en gardait était la crinière rousse dans un couloir, en rappel avec celle de son amie. Elle hocha la tête et se massa les tempes.

- Une quête ? Demanda Lily.

- Non. Juste un rêve, mais je suis déjà en train d'oublier. Je ne vois qu'une fille aux cheveux roux dans un couloir blanc, et ses cheveux changent de couleur. Je n'arrive pas à me rappeler du reste.

- Ce n'est pas grave, ça doit sûrement vouloir dire que je vais me changer de look. Taquina Lily.

Dorcas sourit légèrement en sentant la fatigue engourdir ses jambes et sa nuque mal installée.

- Ils ont tardé. Tu es sûr qu'ils reviennent aujourd'hui ?

- Si tu es fatiguée, monte te reposer.

- Non, je veux l'attendre, je n'ai pas envie d'être encore…

- Tu ne le seras pas Do, juste ferme tes yeux, quand Marlène arrivera je te réveille ok ?

- Ok Lily, merci.

Le son de la cheminée qui crépitait aida Dorcas à s'assoupir rapidement. Lorsque Marlène et James revinrent enfin, même Lily s'était endormie dans la salle commune. James passa près d'elle et vola un regard vers son minois calme en évitant le regard perquisiteur de Marlène.

- Prends-la dans tes bras et kidnappe-la, je ne dirai rien. Tu en as sûrement besoin après la journée qu'on a eu.

- Je n'ai pas envi de risquer de me retrouver dans une urne à côté de Grand-mère.

- Elle était tellement aimée, je n'ai jamais vu des funérailles aussi immenses.

- Elle a tellement d'enfants aussi et de frères et sœurs qui ont des enfants et petits enfants, c'est dingue. Allez, je monte dormir. Bonne nuit, Marlène.

- Attends. Reste encore un peu.

- Pourquoi ? Tu ne veux pas rester seule ? Se moqua James.

- Non idiot, c'est juste que je voulais te parler de mon plan… Pour la veillée qu'ils feront en son honneur à Noël.

James la regarda perplexe, puis s'affala sur une chaise pas loin du canapé qu'occupaient Lily et Dorcas. Marlène s'installa près de lui en surveillant le haut des escaliers en face d'eux.

- Avec ma tante Kayson, on s'est mis à parler aux gens, beaucoup de gens connaissaient les Macmillan et y'a même des gens dans ta famille ; les Bones, qui, au fait sont derrière leurs dossiers d'arrestation au ministère.

- Tu as pu soutirer tout ça juste aujourd'hui ?

- J'ai rien pu soutirer, j'ai juste fait la discussion, mais par contre, c'est de ça que je parle ; obtenir des infos. Il y'aura tellement de monde qu'on finira par trouver quelque chose sur les Macmillan, sur leur famille, le lien avec les Mangemorts, quelque chose pour les coincer pour de bon, il doit bien y avoir quelque chose tu es d'accord ?

- Clairement, je peux parler avec ma cousine, Amélia Bones travaille au ministère aussi. Il y'avait Sturgis aussi.

- Ouais c'est le mari de ma tante Kayson.

- Ils se sont mariés quand ?

- En vitesse, en cachette, en guerre.

- On est réduit à ça de toute façon. Lança James plus fataliste qu'il ne le voulait. Ah oui, autres chose, soit discrète, maman a passé son temps à nous surveiller, on dirait qu'elle aime pas que Dumbledore ait avoué à tout le monde qu'on était derrière l'arrestation de Jeremiah Abbott et Katrin Burbage et les autres. Elle pense qu'on est dans le collimateur et qu'on ne doit pas jouer aux adultes.

- Je veux bien, dis-lui, crois-moi. Mais qui a le choix ?

Ils haussèrent les épaules en soupirant.

- On rentre à la maison à Noël alors. Conclut Marlène.

James pensa à son plan préétabli pour Ste Mangouste puis jeta un coup d'œil à Lily. Il se passa la main dans les cheveux et regarda Marlène qui avait l'air mal en point. Il réfléchit à vive allure et décida de déléguer l'autre mission, puisqu'après tout personne ne pourrait le remplacer dans celle proposée par Marlène.

- Oui.

- Bien, allez, tu peux filer… Ah oui ! Est-ce que Sirius rentre avec toi ?

- Non. Il doit rester au château pour sa propre protection.

- Regulus rentre lui.

- Comment tu sais toujours autant sur Regulus ?

- Disons que je suis en train de passer maitre en espionnage. Tu n'as pas idée du nombre de trucs que je surveille.

- Fais gaffe à pas te faire prendre. Allez, je tombe de sommeil. A demain Marlène.

- A demain James.

Dès que James s'éloigna, Marlène se retourna pour réveiller ses deux amies, quand Lily ouvrit ses yeux précipitamment.

- Calyptia Johnson c'est la cousine de Potter aussi, elle n'était pas avec vous aujourd'hui, elle y sera sûrement à la veillée. Essaie de savoir ce qu'elle mijote avec Daisy.

- Je croyais que tu dormais.

- Je dormais, mais vos voix m'ont réveillé et je n'ai pas voulu interrompre.

- Dis plutôt que tu ne voulais pas qu'il te voit toute barbouillée à ton réveil.

- Je ne suis pas barbouillée. Je ne voulais pas interrompre c'est tout.

- A d'autres, Rouge.

Marlène donna un coup de coude à Lily qui se mit à rire en hochant la tête.

- On réveille Dorcas et on monte dormir, allez.

- Attends, raconte moi comment ça va toi ?

Marlène haussa les épaules.

- C'est glauque, mais c'est devenu normal qu'un de nous se barre une fois par mois pour aller à des funérailles.

Lily fit une grimace.

- Je ne la connaissais pas beaucoup, c'est la tante de mon père donc voilà, mais il y'avait une brigade et personne ne croit à ce qui est écrit dans la gazette, elle n'errait nulle part, elle était là-bas pour une raison et tout le monde semble croire que c'est cette raison qui a dû la tuer.

Lily se mit à rire contre toute attente.

- C'est une vraie Mckinnon, ce n'est pas une Potter elle.

- Pourquoi tu dis ça ?

- Il n'y a qu'une Mckinnon pour avoir autant de détermination pour aller à bout d'une piste ou d'un doute peu importe le prix.

Marlène tapa l'épaule de Lily et se mit à rire.

- Je n'aime pas ce que tu deviens Lily. Glauquement drôle ne faisait pas partie de tes qualités.

- Je me rénove.

Les deux jeunes filles réveillèrent leur amie qui s'attela à écouter les nouvelles de Marlène et de présenter ses condoléances.

- Où est Alice ?

- Aucune idée. Lança Lily en essayant de masquer sa déception. Elle ne veut toujours pas parler de son break avec Frank, ni de ses problèmes avec nous deux, ni de rien à vrai dire, elle m'évite, me gronde, bois, écrit des lettres tout le temps et oublie la moitié de ses devoirs.

Dorcas fit une grimace.

- Laissez-la. Elle vous fera signe quand elle aura besoin de vous deux. Bonne nuit les filles.

Elle entra dans son dortoir en fermant la porte derrière elle, laissant Marlène et Lily perplexes.

- Elle nous en veut aussi encore, tu crois ?

- J'ai vraiment d'autres gnomes à déterrer. Je ne peux pas passer mon temps à essayer de consoler Dorcas ou Alice. On est en guerre et ces problèmes commencent à me paraitre un peu insignifiants. Tu sais combien de gens se consolaient mutuellement, depuis quand c'est devenu normal de dire toutes mes condoléances et d'y répondre merci à toi aussi !

- Oh ! Mais grandis pas trop vite.

- J'essaie de te rejoindre. Taquina la grande blonde.

Les deux jeunes filles se sourirent en montant les marches.

- Lily.

- Oui ?

- Je suis contente que tu te sentes mieux.

- Je serai contente quand toi tu te sentiras mieux. Continua Lily en pointant son cœur.

- Ne t'inquiète pas pour moi. Tu es une visionnaire, je ferai comme toi, y'a pas de temps pour l'amour on est en guerre.

Lily sourit à nouveau et déposa un baiser sur le front de son aînée.

- Je ne suis pas visionnaire tout le temps, parfois je suis idiote.

- Avec James, tu l'es souvent.

- Et moi qui croyais qu'on passerait un moment tendre sans insulte.

Elles rirent à nouveau et montèrent chacune à leur dortoir.

- Lily ?

Lily ouvrit ses yeux lentement en tentant tant bien que mal de s'adapter à la lumière du jour, elle avait le sentiment qu'elle venait à peine de s'endormir.

- Lily ?

- Hum ?

- Je peux t'emprunter ton gros châle, je pars à Pré-au-lard.

Lily s'assit en fixant son interlocutrice avec méfiance.

- Je ne vais pas l'ensorceler, je vais justement aller m'acheter des affaires plus chaudes et ma sœur est en cours pour que je lui demande.

Lily se frotta les yeux et fit oui de la tête.

- Ok. Maisy. Il est quelle heure ?

- Midi.

- Quoi ?

Lily se redressa en vitesse et eut presque le vertige.

- Bon sang, je devais donner des cours à Bigby et Bardley, il y'a deux heures !

- Fallait prévenir ta copine qu'elle te réveille, elle a fait un boucan incroyable à son réveil, c'est bizarre que tu n'aies rien entendu. Merci pour le châle, je te le rends ce soir.

Lily s'enferma dans la salle de bain, se prépara à la quatrième vitesse et sortit en courant à la recherche de ses protégés. Bigby était bien sûr introuvable, quant à Todd, elle n'eut aucun mal à le repérer. La jeune préfète s'excusa et proposa une autre tranche horaire au jeune garçon de deux ans son cadet.

- En réalité, si tu veux, j'aimerai bien qu'on s'entraîne après déjeuner, si tu n'as aucun plan.

- Ça me va. Désolée de t'avoir laissé attendre.

- C'est rien, Lily.

Lily quitta son protégé et tourna les talons, puis s'arrêta nette. Elle se retrouva soudainement seule alors que l'école regorgeait d'enfants, adolescents et animaux bruyants. Elle s'arrêta de marcher dans le grand hall, cherchant quoi faire, qui retrouver. Elle mit son bonnet sur sa tête et mit un pied en dehors des grandes poutres entourant la cour de Poudlard. Elle resta debout à fixer les autres essayant de vider son esprit, respirant l'air frais à plein poumon et profitant seulement de la mousse blanche de neige où nageaient ses pieds bien couverts. Elle remarqua un groupe de fou qui tentait de jouer aux Bavboules au milieu de la neige, des filles qui gloussaient autours de jeunes garçons de sixième et septième année, un couple qui se regardait langoureusement et Severus. Lily croisa son regard pour la première fois. Elle ne détourna pas les yeux et ne tenta pas de chasser son existence de son esprit. Il était là, il vivait sous le même toit qu'elle, partageait les mêmes professeurs qu'elle et malheureusement pour elle le même passé. Il tenta de lui faire un signe de la main auquel elle ne daigna répondre qu'avec un imperceptible hochement de tête avant de surveiller d'autres personnes. Elle resta, un instant entourée d'élèves qu'elle a connu depuis plus ou moins de six ans qui pourtant restaient de parfaits étrangers, quand elle eut l'idée d'aller rendre visite à un ancien ami. Lily apporta quelques chocolats de son dortoir à Hagrid avec qui elle eut de longues discussions sur les créatures qui fascinaient toujours le demi-géant, puis elle passa à l'infirmerie.

Elle toqua à la porte et personne n'y répondit, elle décida alors de tenter le tout pour le tout et entrer chercher la patiente cachée. Lily tourna dans l'infirmerie en passant au crible tous les recoins qu'elle avait appris par cœur cet été là. Elle pensa aux sorts qu'elle connaissait en lança quelques uns en informulés et finit par tenter le plus simple l'Homenum revelio qui s'avéra sans résultats. Elle s'assit alors sur l'une des chaises près du lit et fixa le même paravent qui avait caché James Potter après l'attaque de Pré-au-lard et ainsi sans crier gare son cœur se mit à tambouriner dans ses oreilles. Elle ferma les yeux et soupira comme si son dernier souffle tentait de s'enfuir. Elle ouvrit ses yeux brillant et fixa le tableau de l'ours qu'elle connaissait bien. Ce tableau dans lequel elle se perdait quand elle venait visiter Rémus en cachette. Elle finit par prendre un bout de parchemin, laissa un message à Pomfresh et sortit à la recherche de son protégé. Elle marchait en trainant des pieds quand elle vit James Potter sortir du terrain d'entrainement tout sourire un bras par-dessus l'épaule de Casey Clagg. Elle s'arrêta de marcher et les regarda s'avancer en riant et parlant avec une complicité qu'elle n'avait pas pensé le voir partager avec quelqu'un, elle put entendre des bribes de leurs conversations centrées sur le Quidditch, des encouragements mutuels sur leurs prouesses sur le terrain et un baiser furtif qu'il lui vola en encouragement.

- J'espère que tu n'encourages pas tous nos coéquipiers comme ça.

- J'ai essayé mais ils n'avaient pas tous des lèvres aussi douces.

- Tu es sûr que tu as essayé avec Shafiq ?

- Si, j'ai commencé par lui, dans l'espoir de lui donner quelque chose d'excitant dans la vie, qu'il se donne à fond sur le terrain, mais il est tombé dans les pommes.

- Tu te fous de ma gueule ?

- Tu ne le sauras jamais.

Casey le regarda avec adoration en continuant de sourire à pleine dent pendant que Lily sentait sa gorge se nouer et son cœur se cogner contre des parois de sa cage dont elle ne connaissait pas l'existence.

- Tu as d'autres trucs à faire ou tu vas me laisser t'inviter à Pré-au-Lard ?

- Je dois rejoindre Sirius et Rémus et normalement j'allais proposer à Evans de travailler sur notre devoir.

- Un samedi ?

- Ouais, ça ne me ressemble pas. T'as raison. C'était un défi personnel, voir ce que je supporterai le plus longtemps la bibliothèque et sa moisissure ou Evans l'hystérique et ses cris.

Lily entendit cette phrase et soudain elle fut plus blessée que toutes les autres fois. La jeune rousse réalisa brutalement qu'il ne faisait pas seulement que lui jeter ses reprocher à la figure, il se moquait d'elle dans son dos. Elle renifla en soupirant et décida de ne pas lui dire tout haut ce qu'elle pensait de son comportement, surtout qu'ils ne l'avaient pas encore eu dans leurs champs de vision. Elle rebroussa chemin vers le château quand ils finirent par l'apercevoir. James s'arrêta soudainement de marcher en voyant où elle devait être positionnée à peine quelques secondes plus tôt.

- Tu crois qu'elle a entendu ? Demanda Casey inquiète.

James ne dit pas un mot se contentant de la regarder partir, il enleva son bras par-dessous l'épaule de Casey et décida de suivre Lily. Son impulsivité et cet aimant qui la poussait vers elle gagnant toujours sur tout le reste. Il avançait à pas rapide quand il prit conscience que Casey était restée figée sur place le regard curieux. Il se tourna vers elle, puis se retourna vers Lily qui continuait à s'avancer.

- Evans !

Lily ne se retourna pas.

- Evans ! Hurla James plus fort.

Elle pressa le pas. Il sut alors qu'elle avait entendu.

- J'arrive. Lança-t-il à Casey.

Il vit une émotion qu'il n'aimait pas spécialement se former sur les jolis traits de sa petite amie, il revint vers elle en vitesse déposa un baiser sur sa bouche et courut après Evans, comme toujours.

- Evans !

Il arriva à sa hauteur beaucoup trop rapidement à son goût. Evidemment, il ne s'arrêta pas derrière elle, ne se mit pas à son niveau, il la devança, lui barra le chemin, l'empêchant d'avancer comme il l'avait fait si souvent auparavant, comme il l'avait fait à chaque fois qu'il cherchait à noyer ses yeux dans les siens.

- Tu ne m'as pas entendu ?

- Non.

- Tu mens.

Elle haussa les épaules et contrairement à ce qu'il attendait, elle ne lui ordonna pas de se pousser, ne lui demanda pas de compte, elle regarda ses chaussures, puis craqua ses jointures attendant qu'il parle, bouge ou fasse les deux.

- Tu vas bien ?

Elle daigna le regarder en fronçant les sourcils. Erreur ! Elle n'aurait pas du le regarder. Elle s'en rendit compte au moment où ses yeux croisèrent les siens. Elle le sentit clairement, sans voile, sans carapace, sans mensonge, elle sentit l'effet brut de la chaleur de son regard posé sur elle. James fit un pas en arrière et déglutit.

- Euh…

- Tu voulais quelque chose… Potter ?

Son nom avait été prononcé plus lentement qu'elle ne l'avait voulu pour la simple et unique raison qu'elle ne voulait pas le dire. Potter avait une signification spéciale pour elle. Au fil du temps et des mois, depuis un soir dans une bibliothèque, elle avait cette habitude d'utiliser ce nom à toutes les sauces pour lui parler sur tous les tons, mais elle ne se mentait plus sur l'affection qu'elle avait pour ce nom, sur les émotions que lui suscitait ce nom aussi bonnes ou mauvaises soit elle.

- Euh…Oui…Quand est-ce que tu peux…être libre pour le devoir de DFCM ? Et avant que tu dises quoi que ce soit, je te promets de ne pas oublier… Cette fois.

- Je crois…

Elle se retenait si fort de ne pas laisser filtrer sa peine de l'avoir entendu parler d'elle comme si elle était la créature la plus insupportable. Elle préférait quand elle l'imaginait ne pas parler d'elle, quand elle imaginait qu'il ne savait même pas qu'elle existait.

- Je crois que ce serait mieux… Que chacun le fasse de son côté. Pour le bien des oreilles de tout le monde.

James sut qu'elle avait alors entendu sa réplique qu'il ne pensait pas. Ces répliques qu'il lançait de temps à temps pour montrer au monde que Lily Evans l'irritait seulement, pour justifier aux autres que non James Potter n'était pas tombé amoureux de cette fille que tout n'était que jeu et provocation. Il ne sut quoi répondre alors il la laissa lui offrir un hochement de tête en signe d'au revoir et s'en aller. Elle s'était éloignée à nouveau quand il récupéra ses esprits et se mit à lui courir après.

- Je crois que ce n'est pas une bonne idée. Quand nous avons travaillé ensemble dans l'autre projet, nous avons décroché la meilleure note de toute la promotion.

- Ce n'est pas notre travail en groupe qui a fait ça, mais notre méthodologie, je t'enverrai le plan, choisis les parties que tu veux.

- Non. Je ne suis pas d'accord. Ecoute, je sais que je peux être con par moments, mais nous avons fait une présentation exceptionnelle, parce que nous avons discuté et débattu sur notre sujet, on s'est complété. Le résultat était top.

Lily l'écoutait en retrait. Il n'était pas seulement en train de décrire leur travail en binôme, mais leur dynamique tout court, il était idiot par moments, elle était hystérique par moments, mais quand ils mettaient leurs différends de côté ils faisaient des merveilles ensemble, ils étaient un duo avec une alchimie que tout le monde avait vu sauf elle.

- Evans ?

Lily réalisa qu'elle regardait ailleurs, qu'elle avait glissé ses mains sur son visage et qu'elle avait cessé d'écouter ce qu'il lui racontait.

- Hein ?

- Tu es sûre que ça va ?

- Oui. Je t'enverrai le plan ou tu m'envoies le plan, chacun travaille de son côté et on réussira quand même notre présentation. De toute façon, je suis en retard, je n'ai pas le temps. Salut, Potter.

Il la laissa partir cette fois et elle continua de vaquer à ses pensées ne réalisant pas qu'elle était surveillée et que lui aussi l'était. Casey fit semblant d'arriver à peine et analysa l'expression de James Potter. Elle regarda ses traits fins et sa mâchoire carré, ses cils interminables, ses cheveux uniques et soupira.

- Je ne vais pas passer pour la petite amie jalouse.

- Non, Casey, tu ne vas pas…

- Attends… Nous allons partir à Pré-au-Lard et nous allons passer un merveilleux moment, comme on fait toujours, voire plus et si à la fin du rendez-vous, ce sentiment que tu as maintenant reste plus fort que celui que tu auras après notre sortie, sois honnête avec toi et avec moi et je te laisse partir.

- Quoi ? J'ai rien compris.

- Parfois, vous ne voyez pas ce que les autres voient. Et de là ou je me tenais, je sais ce que j'ai vu. Mais, même avec ça, je te fais confiance, pour ton honnêteté. Alors deal ?

- Je vais faire semblant d'avoir compris et je t'emmène à Pré-au-lard et tu passeras une superbe après-midi. Promis

La salle commune était bruyante, comme tous les Samedis. Dorcas y était pelotonnée avec Bilius et elle fixait Peter et Sirius d'un regard si immobile que Bilius lui demanda si elle avait une crise de démence. Elle éclata de rire et tenta de reprendre le fil de la conversation, mais elle ne pouvait s'empêcher de penser que leurs secrets étaient plus grandioses, plus dangereux et malheureusement elle perdait confiance en eux de jour en jour. Dorcas avait le sentiment qu'elle était écartée parce que les Maraudeurs avaient des secrets bien plus graves que Sirius qui disparait en début d'année, que Rémus qui est loup-garou, etc… Elle n'arrivait plus à s'enlever de l'esprit cette idée folle. Etait-ce un rêve ? Etait-ce cet écartement qu'ils lui faisaient subir ? Etait-ce l'intuition indubitable d'Alice ? Etait-ce l'état de Rémus ? La vie cachée de Sirius ? Même Peter ne lui inspirait plus confiance récemment et plus elle creusait plus leurs messes basses devenaient claires. Ces quatre garçons détenaient une boîte de Pandore qui mènerait à leurs pertes. Elle aurait tellement voulu savoir d'où lui venaient ces doutes mais malheureusement pour elle, sans entrainements ses rêves s'évaporaient aussi vite que des cachets dans l'eau, avant même avoir pu jeter un coup d'œil à son cerveau, elle n'y trouvait plus rien que l'existant. Elle continua de les surveiller quand Alice entra en trombe en chantonnant d'une voix cassée.

- Tu es grelottante, tu étais où ?

- A pré-au-lard !

- Toute seule ?

- Non avec mes amis.

- Quels amis ? Demanda Dorcas.

- Ceux qui font de la magie hors de l'école. Chuchota Alice en se penchant sur Dorcas ce qui lui fit perdre son équilibre.

- Ouh ! Tu n'y es pas allée de main morte Fawley. Tu as bu quoi ? S'exclama Bilius.

- Des boissons hors de l'école.

- Allez, je te fais monter au lit.

- Je n'ai pas encore sommeil. Bouda Alice. En plus quand je vais au lit, ça me rappelle que mon lit restera sûrement vide à vie, puisque le gars que j'aime est indisponible.

- Alice. Doucement, tu parles avec un volume très élevé.

Quelques têtes se tournèrent alors Dorcas eut le reflexe de remonter légèrement le son d'une boite à musique magique. Elle fit asseoir sa copine entre elle et Bilius qui s'amusa à lui poser tout un tas de questions sous le regard mortifié de Dorcas.

- Arrête, elle va te raconter tous ses secrets. Chut !

- Je n'ai aucun secret moi, pas comme eux. Dit-elle en pointant Sirius du doigt. Hey ! Black ! Ouhou !

- Alice. Chut.

Sirius releva la tête de son jeu de bataille explosive et émit son sourire en coin en réalisant que Fawley était complètement enivrée.

- Tu fais la fête sans nous Fawfaw.

- Tu fais plein de trucs sans nous toi, alors va voir ailleurs.

Elle lui adressa un doigt d'honneur et se mit à glousser. Au même moment, Marlène exténuée, entra avec un balai sur l'épaule.

- Par exemple, elle ! Hurla Alice. Elle, c'est un secret, mais t'inquiète je dirai rien.

Son clin d'œil était tellement mal éconduit qu'elle aurait pu ne pas rouvrir les yeux et s'endormir. Dorcas la fit lever et lui ordonna de se taire, mais Alice avait laissé toutes ses désinhibitions au comptoir des Trois balais. Marlène fronça les sourcils en regardant Alice parler de sa voix sourde à Sirius à l'autre bout de la salle. Elle s'arrêta net de marcher quand Alice continua sur sa lancée, malgré les réprimandes de Dorcas.

- Par exemple, je sais que toi et Marlène vous vous voyiez en cachette en faisant croire à tout le monde… que non… Que tu n'étais pas chez toi… en été… que…

- ALICE ! Hurla Dorcas. Ferme-là !

Marlène ne bougea pas d'un iota, regardant son amie rire à gorge déployée, fière de ses agissements. Elle se doutait que l'alcool devait y être pour quelque chose, mais l'alcool n'était pas du Véritaserum, il était juste un moyen d'extérioriser ce qui existait, ce qu'Alice avait déjà comme prédisposition à lâcher les secrets des siens.

- Tu divagues ma fille. Rentre dormir, c'est mieux pour toi et nos oreilles !

- Et… Qu'on va tous… crever… Voldemort… Tous…

Alice était déjà dans les escaliers quand les autres élèves continuèrent à entendre ses révélations. Dès qu'elle fut hors de vue et d'ouïe, les regards se tournèrent sur Marlène et Sirius.

- Quoi ? Qu'est-ce que vous regardez ? Cingla Marlène.

- Alors c'est vrai ? Demanda Marcus.

Sirius se leva d'un bond.

- Qu'on me traite de mec à fille, de salopard ou autres, je m'en fou ! Mais t'avises pas de la mentionner, elle ! Tu ne la connais pas !

Le silence fut général et une atmosphère électrique accueillit un James Potter confus.

- Jamais vu la salle commune aussi silencieuse. Lança-t-il en entrant.

Marlène toujours debout en face de Sirius, détourna le regard et monta se changer.

- J'ai raté quelque chose ?

- Toujours.

Lily et Casey entrèrent à ce moment-là, en même temps. Marcus qui s'empêchait de parler éclata de rire, en voyant les deux jeunes filles arriver ensemble.

- Un plan à trois ?

Sirius en colère à présent, se redressa et se dirigea vers Marcus en le tenant par le col de sa chemise.

- Tu vas te mêler de tes oignons ou je te les mêle là où…

- Hey ! Sirius. Ça va ! Calme-toi. Ce n'est pas moi qui ai dit des conneries c'est Alice ! Moi je faisais que rigoler. Ça va !

Sirius lâcha son col et revint s'asseoir en époussetant sa cape.

- Je vais faire monter la soupe à Rémus. Chuchota Peter après avoir fini le morceau de tarte à la citrouille qu'il avait emmené de la grande Salle.

- Ok. Merci. Tu lui réchauffes ? Demanda Sirius en soufflant.

- Oui.

Bilius et Marcus montèrent également.

- Sirius, c'était quoi ça ? Demanda Lily.

- Faut que tu montes voir ta copine et que tu la bâillonnes avant que je le fasse moi-même.

- Quelle copine ?

- Fawley !

Elle fixa les escaliers et longea le regard vers le reste de la salle commune, il ne restait presque plus personne et son regard implacable dissuada le reste de l'assemblée de s'attarder. Lorsqu'il n'y avait plus que Casey, Sirius et James, Lily s'approcha de Sirius et se mit en face de lui.

- Bataille explosive ?

L'expression de Sirius changea graduellement, défronçant légèrement ses sourcils, puis son front devint complètement lisse et son regard interrogateur. James et Casey s'assirent dans un canapé à côté et Lily sentit son dos s'hérisser. Elle ne savait pas si elle tiendrait, elle ne savait pas si elle saurait cacher ses émotions, alors elle concentra ses efforts sur Sirius, sur ce jeu qu'elle qualifiait de débile en temps normal, mais qui lui servirait d'échappatoire ce soir. Lily avait nourrit l'espoir fou qu'ils disparaitraient de sa vue, qu'elle n'allait pas monter tout de suite affronter Alice, qu'elle allait plutôt essayer de comprendre ce qui avait pris Sirius pour s'attaquer à son ami, mais Potter ne semblait pas bouger et sa petite amie non plus.

- Alors qu'est-ce qu'elle a fait Alice ?

- Pourquoi tu ne lui demandes pas ?

- Parce qu'elle me parle à peine.

- Pourquoi ?

- Tu sais pourquoi.

- Eh ben, elle doit se faire soigner. C'est quoi ces ultimatums ? Ou vous me racontez tout ou je lâche le morceau ? Je croyais qu'elle avait grandi !

- Quel morceau ?

Sirius jeta un coup d'œil furtif à Casey et bien qu'elle soit en plein murmure avec James, il marmotta.

- Que Marlène et moi on se voyait en cachette, que je n'étais pas chez moi ou malade cet été, qu'on allait tous se faire tuer par Voldemort…

- QUOI !

James et Casey sursautèrent, Lily ne put s'empêcher d'en rire intérieurement.

- Elle était torchée.

- Elle était torchée toute seule ?

- Vous parlez d'Alice ? Demanda Casey.

Sirius qui, ne voulait pas qu'une étrangère entende cette conversation, lui jeta un regard mauvais voyant qu'il allait rétorquer une idiotie à l'adresse de Casey, Lily intervint.

- Oui. Tu l'as vu ?

- Aux Trois Balais.

- Ouais, avec Benjy et deux autres gars.

- Benjy ? Elle est revenue bourrée, alors qu'elle était avec Benjy ? Il va m'entendre lui.

- Il l'a sûrement soulé pour bien en profiter. Cingla Sirius.

- Ce n'est pas le genre. Défendit Lily.

- Qu'est-ce que vous avez à toutes le défendre ?

- D'abord, calme-toi. Deuxièmement, toi tu les connais ? Tu l'as côtoyé ?

- Non, mais je connais son genre ?

- Comment ?

- Je suis comme eux.

Lily émit un rictus.

- N'importe quoi. Tu soules les filles pour les avoir toi ? Premièrement tu es tellement radin en alcool que tu préfères tout boire tout seul, deuxièmement, Sirius, je t'ai vu à l'œuvre, tu te mets en mode grincheux mystérieux inaccessible et elles se ramènent sans que tu payes une broutille !

Contre toute attente, Sirius éclata de rire.

- Moi misérable Black incompris, pansez mes blessures !

Des cartes explosèrent à la figure de Lily, l'empêchant de finir son imitation.

- Quel jeu de merde !

Lily ne savait pas si le couple était encore là, elle faisait tout son possible pour les ignorer et rire avec son ami.

- Tu ressembles à un épouvantail cramé avec tes cheveux rouges.

- Ils ne sont pas rouges, mais roux.

- On s'en fout. Faut que tu ailles prendre une douche et dormir, demain, tu vas devoir faire disparaitre le corps d'une copine, parce que je crois que Marlène va tuer Alice.

- Pourquoi tu penses que je défendrai Marlène ?

- Ah c'est vrai que tu es tordue, tu pourrais défendre Benjy à la place.

- Non mais faut vraiment soigner ta jalousie. Benjy n'est pas une menace, Benjy est juste… trop fragile.

- Quoi ?

- Il tombe amoureux chaque trente secondes d'une fille qu'il ne peut pas avoir, mais il n'a pas confiance en lui et il ne fait rien, il devient l'ami de tout le monde et il est trop réglo, crois-moi.

- Comment ça crois-moi ? Tu as essayé quelque chose avec lui ?

- Hein ! Ca ne va pas ?

- Comment tu sais tout ça alors ?

- Je sais beaucoup de chose Black, tu devrais le savoir depuis le temps.

- La fouine.

Une carte explosa au visage de Sirius cette fois-ci.

- .Face.

- Bonne nuit Sirius, Bonne nuit Lily.

- Ah… Casey, je pensais que vous étiez partis. Désolé si on faisait du bruit. Bonne nuit.

James regarda Lily étrangement. Elle paraissait trop joviale, un peu trop à son goût, une partie de lui se demanda si ce n'était pas forcé.

- Toi, tu ne dis pas bonne nuit ? Demanda Sirius en lui faisant un clin d'œil.

- Moi, je ne vais nulle part.

Casey monta dans son dortoir, alors James s'approcha de leur table et s'assit près de Lily faisant face à Sirius. La jeune rousse sursauta légèrement quand la cuisse du capitaine du Quidditch frôla la sienne. Elle détourna le regard et pour la première fois de sa vie remarqua qu'il avait une cuisse bien musclée, que ledit muscle menaçait presque de déchirer le tissu l'enrobant.

- Pourquoi vous êtes assis sur le sol, le confort ça ne vous dit rien ?

- C'est plus confortable ici. Déclara Sirius.

James s'adossa sur le pied du canapé et s'étira révélant ainsi son ventre et effleurant les cheveux de Lily avec son bras.

- Alors comme ça Alice a tout balancé sur Marlène et toi.

- Je vais la tuer. Marlène me parle à peine.

- Non ! Tu lui parles à peine. Corrigea Lily.

- Parce que je ne sais pas quoi dire, Rouge !

- Ce n'est pas compliqué, vous étiez amis avant, vous vous parliez avant. Trouve un souvenir de cette époque et copie-le.

- Je ne sais pas, je pense qu'elle-même préfère comme ça. D'ailleurs elle ne parait pas y penser plus que ça.

Lily hocha la tête de gauche à droite.

- Vous n'y comprenez rien en fille, finalement. Une fille même quand ça parait fort, inébranlable et indifférent, faut pas s'y fier. On a un pouvoir incroyable pour cacher quand ça fait mal, quand ça fait chier…

- Ben alors si vous cachez, on comprend comment ?

- La vérité je n'en sais rien. Mais quand tu connais une personne assez, tu arrives à voir. Je ne saurai pas comment t'expliquer, quand tu connais, tu arrives à lire.

James qui avait déposé une tête sur son bras, écoutait attentivement en fixant le plafond.

- Trop compliqué tout ça. S'exclama Sirius.

- Ouais pour les gens qui communiquent pas. Sinon, il y'a plus simple demander. Répondit Lily.

James pivota son visage légèrement vers Lily qui sentit son regard lui brûler la joue. Il avait tellement envi de débattre et de dire ce qu'il pense de ce sujet, mais la voir aussi ouverte et aussi bavarde l'empêchait de dire un mot, il savait que dès qu'il serait de la partie, elle se braquerait et aujourd'hui, il ne pouvait pas la blâmer pas après qu'il l'ait critiqué dans son dos.

- Genre quoi, tu me vois moi Sirius Black aller demander à Marlène Mckinnon, tu veux qu'on soit amis ou tu as trop la haine et tu préfères m'ignorer. Mais ça ne va pas ! Je pourrais étouffer avant même de parler.

- Tu es idiot ou tu le fais exprès ?

James pouffa.

- Alice vient de faire une bourde et Marlène sera en colère contre quelqu'un. Si vous êtes tous les deux en colère contre la même personne, vous pouvez en parler, vous pouvez exploser ensemble comme des amis et peut-être votre relation deviendra comme avant, si c'est ce que vous voulez bien sûr.

- Tu es sa meilleure amie, tu sais ce qu'elle veut.

- Premièrement oui, même si on n'en parle pas, je sais ce que veut ma meilleure amie. Deuxièmement tu ne me tireras jamais les vers du nez. Troisièmement, tu sais ce que tu veux toi ?

- Je veux que tu arrêtes de m'embrouiller.

- Il suffisait de demander tu vois.

Elle haussa les épaules en souriant et une autre carte explosa.

- Si tu es aussi experte en relation amoureuse pourquoi tu es célibataire ?

Lily se tortilla sur place et tenta tant bien que mal de ne pas lui exploser à la figure.

- Tu as déjà vu un entraineur de football, rentrer jouer avec son équipe ?

- Je n'ai jamais vu de match de football.

- Quoi ? Tu as vu plein de truc de moldu, des tonnes de films romantiques et pas de football ? Alors qu'on habite dans les des meilleurs pays en football ?

- C'est quoi le football ? Demanda James.

Sirius se mit à expliquer avec une précision déroutante et Lily se mit à sourire.

- Il n'y a pas autant de fautes que le Quidditch, non. Corrigea Lily à l'adresse de Sirius.

- J'ai lu des trucs mais je n'ai jamais vu.

- Tu sais quoi… Si, un jour t'arrêtes d'emmerder ma meilleure amie et moi par la même occasion… Ah oui, et qu'on reste vivant, je t'emmène voir un match de football.

- Tu m'invites à sortir Evans ? Demanda Sirius en fronçant les sourcils. Et devant James ? Je dois dire…

- Voilà, c'est mort. T'as pas pu respecter ma première condition ! La première y'a à peine une seconde ! Tu mérites de mourir ignorant. Je monte me coucher tu es fatiguant.

- Vous allez à Ste Mangouste que tous les deux…

James finit par parler et Sirius écarquilla les yeux.

- On y va que tous les deux ? Demanda Lily.

- On n'a pas encore décidé. Déclara Sirius.

- Qui ça on ?

- Ben nous tous.

- Quel tous ? Demanda Lily. Alice et Marlène ne sont pas prêts de se parler, Dorcas est en mode je boude encore.

- A la base, le meilleur moment d'y aller c'est à Noël. Proposa Sirius. C'est plein, les gens viennent visiter les proches, y'a plein d'accidents c'est parfait.

Lily sourit en secouant ses épaules, puis fit craquer sa nuque qui lui faisait mal à présent. James suivit ce geste du regard et plongea ses yeux dans une partie visible de son cou si laiteux, il sentit sa respiration se saccader en pensant à ses lèvres sur son cou, inconsciemment il s'humecta les lèvres et fut pris de panique quand il réalisa la proximité de leurs corps. Il avait son bras posé nonchalamment sur le canapé si près de ses épaules et sa cuisse était collée à la sienne comme si une glue magique les reliaient. Si elle tournait le visage vers lui, il pourrait lui tirer le menton en bougeant d'à peine quelque centimètres et ses lèvres seront sur lui, ses douces lèvres rosées seront posées sur les siennes.

- JAMES !

- Hein !

James regarda les deux Gryffondors tour à tour et tenta de réguler sa respiration, Lily rongée par la curiosité finit par se retourner vers lui, il venait de replier un genou sur lequel il posa son bras droit, pendant que le gauche continuait de pendouiller près des ses cheveux roux. Lily se retrouva presque nez à nez avec lui, elle fronça les sourcils et pencha légèrement la tête pendant qu'il ne la quittait plus des yeux. Il voulait tellement la toucher, l'embrasser qu'il oubliait la présence de Sirius, il oubliait l'existence de Casey et il oubliait surtout pourquoi il ne pouvait pas.

- James, tu as bu aussi ? Demanda Sirius.

- Oui… Mentit James presque essoufflé.

Il respira longuement et réalisa que Lily avait toujours le visage tourné vers lui. Elle le dévisageait. Il ne voulait pas y croire, mais si elle voulait la même chose ? Il suffisait de demander, elle avait dit.

- Evans ? J'ai quelque chose sur le visage ?

- Des lunettes. Pourquoi tu ne vois plus ?

Il sourit ne s'attendant évidemment pas à sa répartie.

- Si je vois très clairement. Cingla-t-il avec son sourire en coin.

- Tu ne réponds toujours pas à sa question.

- Quelle question ?

- J'ai dit tu nous fileras ta cape ?

- Je sais qu'il sait que je sais. Déclara Lily.

- Oui. Je vous filerai ma cape. C'est quoi le plan ?