31. A vos marques, prêts…
- Joyeux Noël, professeur.
Minerva répondit à Dorcas Meadowes avec un large sourire puis se retourna vers la porte de la grande salle. La décoration était comme à son accoutumée, grandiose, féérique, festive et les effluves des parfums ne prêtaient pas à confusion, le mélange de cannelle, de chocolat et de sucre régalaient les narines avant même d'arriver aux papilles. Des sapins décorés emplissaient le château d'une touche vertigineuse qui cassait les tons forestiers rustres et bruns par des tons printaniers verts et chauds. Les châles de toutes les couleurs étaient sortis, gants et cagoules pour se protéger du froid hivernal, de la neige qui souhaitait la bienvenue aux fêtes. Des chants parvenaient de tous les recoins du château et mêmes les esprits les moins courtois qu'abritaient le château jouaient le jeu des fêtes.
Dorcas malgré ses remontrances fit un dernier saut à l'infirmerie afin de dire au revoir à son ami Lycanthrope, mais cette dernière était fermée à double tour, toquer n'avait pas résolu le mystère, alors elle se contenta de penser à lui écrire dès qu'elle arriverait à la maison. Elle trouva Bilius près des diligences l'attendant avec un grand sourire.
Au même moment, Marlène Mckinnon et James Potter montaient dans une diligence entrant assister à la veillée dédiée à la grande Cynthia Mckinnon Potter qui aurait adoré être fêté même en temps de deuil. Peter, Casey et Mary Macdonald montèrent à bord interrompant les jeunes Gryffondors qui échafaudaient leurs plans pour la énième fois.
- Mary, ça fait plaisir de te voir. Ça fait un moment. Déclara Marlène.
- J'étais préoccupé avec tous les cours que j'ai pris, je ne sais pas à quoi je pensais.
- Ça va avec les Serpentards ?
- Ils ont reçu un avertissement de chez Dumbledore, donc pour l'instant, ils laissent tout le monde tranquille.
- Tu traines toujours avec Rogue ? Demanda James.
- Pourquoi ?
- Parce que le voilà.
Mary fit pivoter sa nuque si vite qu'elle se fit mal. Elle chercha Severus du regard et le vit délibérément choisir d'éviter de regarder de ce côté et monter dans une diligence pleine de gens douteux.
- Wilkes, Yaxley, Avery et Mulciber. Waw, je me demande si elle va les emmener chez eux ou en enfer cette diligence. Cingla Marlène.
Casey étouffa un rire et s'engouffra près de James.
- Ils ont vraiment l'air louches c'est incroyable que Dumbledore ne les surveille pas plus que ça. Lança Peter. Je me demande s'ils vont passer leur Noël ensemble, imaginez dans un trou à rat à fabriquer des potions qui tuent.
Mary fixa Peter et déglutit. Etait-elle réellement la seule à vouloir encore croire que le monde n'était pas divisé en mangemorts et gens biens. Etait-elle vraiment la seule à penser que ces Qaids n'iraient pas au bout de ce que pensait le reste du monde ? Qu'ils étaient seulement des adolescents en quête du pouvoir qui aimaient effrayer par prétention et non par malveillance ? Elle observa James, Casey, Marlène et Peter débattre sur le sort que mériteraient des personnes comme eux et se recroquevilla dans son manteau qui ne lui semblait plus aussi chaud et accueillant. Marlène la regarda par-dessus la tête de Peter et remarqua son air désorienté.
- J'espère que tu n'as plus d'ennui avec eux. Que Mulciber se tient à carreaux.
- Bizarrement oui. Il m'a même écrit une lettre d'excuse.
- Mulciber sait écrire ? Demanda Peter.
- Tu es sûre qu'elle vient de lui ? Demanda James.
- Je crois que Dumbledore lui a un peu forcé la main, mais Severus dit qu'elle vient de lui.
- Ah donc, il ne te l'a pas remise en main propre, elle vient de Servilus. Conclut Peter.
- Je me suis dit qu'il aurait honte de venir me l'apporter.
- Macdonald, cette brute ne connait pas la honte, pas plus tard que la semaine derrière j'ai vu Doring l'envoyer récurer les toilettes des cachots parce qu'il avait jugé utile de balayer le couloir avec les cheveux d'une fille qui voulait pas sortir avec lui.
- Comment ça ? S'exclama Peter. Il la tenait à l'envers et balayait le sol avec ses cheveux ? Il la tenait par les pieds genre comme le manche d'un balai.
- Exacte.
- Tu faisais quoi près des cachots toi ? Demanda Marlène à James.
- Je cherchai fortune. Déclara James avec malice.
Casey se sentit soudainement mal à l'aise ne connaissant pas le sens caché derrière cette tirade que Marlène semblait avoir saisi du premier coup, elle fixa Peter qui semblait dans la confidence aussi et soudain se sentit aussi mal intégrée que Mary Macdonald. Elle orienta son regard vers l'immense château emmitouflée d'une cape blanche sur ses toits, illuminés de guirlande magique et se demanda si James aurait le temps de passer la voir durant ces vacances.
Minerva Mcgonagal fit signe à Hagrid de démarrer le convoi des enfants ayant encore des familles et parents à qui retourner. Elle les regarda partir et se retourna pour voir une jeune fille courir pour attraper la calèche, ralentie dans sa course par une valise trop grande pour elle.
- Onze heures, mademoiselle Bludd, vous n'avez toujours pas appris à lire l'heure.
- Je… J'ai perdu mon rat.
- Encore ?
- Encore. Je crois qu'il n'aime pas rentrer à la maison, à chaque fois qu'on sort du château il…
- Pas le moment de discuter. Montez…
Minerva hissa gracieusement sa baguette déposant la valise de la jeune fille à bord et l'enfant de onze ans se retrouva dans la même diligence que les jeunes brutes de sa maison.
- Oh tiens ! Le vampire rentre au bercail. Lança Wilkes.
- Ta petite sœur inavouée nous rejoint. Cingla Avery à l'adresse de Rogue.
La jeune fille baissa les yeux et pria que ce transport arrive en vitesse. Ces remarques ne l'atteignaient même plus, elle y répondait avec une grimace qui insinuait que le bourdonnement près de ses oreilles lui importait peu. Elle savait qu'elle avait un teint différent, qu'elle ressemblait plus aux sorcières dessinées dans les contes moldus, que son teint et son appétit variante, ou même ses insomnies répétitives lui donnaient la réputation d'être un être de la nuit qui se nourrissait du sang des innocents. Elle ne réfutait jamais cette théorie pourtant, laissant le reste des habitants du château dérouté et méfiants. Elle avait compris qu'elle était traité comme un gueux mais elle avait surtout compris très tôt que chez les Serpentards il valait mieux effrayer pour avoir la paix. Elle n'avait qu'un seul ami certes, mais cela lui était presque égale.
Minerva entendit la remarque cinglante de Wilkes et ne put s'empêcher de se mordre la lèvre inférieure, elle serra la main sur sa baguette et dû détendre tous ses muscles avec force pour ne pas avoir recours aux blagues des Maraudeurs et remplir les intestins du jeune homme d'une réelle chauve-souris pour changer. Elle détourna le regard et rebroussa chemin vers le château qui était sous sa surveillance à présent.
Dumbledore avait tenu à prendre congé afin d'aller à la veillée organisée pour le compte de la défunte Cynthia Mckinnon Potter, il n'avait nullement le luxe d'éviter une aussi grande assemblée, bien au contraire, il en avait l'obligation afin de rallier à sa cause les derniers sceptiques, les derniers ignorants de son organisation qui œuvrait pour la paix, les derniers indécis.
Alice sortit de la grande salle au moment où Minerva entrait pour y assiéger avec son amie l'infirmière.
- Joyeux Noël professeur.
- Mademoiselle Fawley, vous n'êtes pas rentré chez vous ?
- Il n'y a pas grand monde chez moi.
- Et vos amis ?
- Lesquels ? Cingla Alice en haussant les épaules.
Elle traça son chemin sans demander ses restes et tomba sur quelques camarades de chambre de Marlène Mckinnon.
- Fawley, tu veux te joindre à nous ? Demanda Mona Burke.
- Vous allez faire quoi ?
- La vraie fête. Cingla Sacha Milbert.
Alice regarda sa montre pour la forme et haussa les épaules en suivant ses aînées. Quelques couloirs plus loin, Rémus Lupin utilisa un nouveau gadget tout droit sorti de chez Zonko pour ouvrir la porte de l'infirmerie. Il ferma les yeux et concentra tous ses sens sur le seul qui comptait à présent ; l'ouïe. Il attendit quelques secondes et dès qu'il fut sûr d'avoir aidé ses complices, il ferma la porte et s'empressa de faire tourner la serrure autant de fois que l'avait fait Pomfresh.
- Il fonctionne comment ce truc ? Lança Sirius en sortant de sous la cape d'invisibilité.
- Il calque les clés magiques, comme ça quand Pomfresh viendra faire son petit tour de passe-passe, elle ne saura pas que j'ai déverrouillé en son absence.
- Tu es courant que tu es préfet. Pas vrai ? Demanda Lily qui touchait encore l'étoffe de la cape d'invisibilité.
- Et toi ? Se moqua-t-il en indiquant la cape.
- Ce n'est pas interdit d'utiliser une jolie cape à l'école. Se défendit-elle.
- Il a raison James, tu trouves toujours le moyen de justifier tes infractions.
- Eh ! Ce n'est pas vrai. Je culpabilise assez comme ça, le seul truc qui me permet de me calmer c'est de savoir qu'on fait ça pour la bonne cause.
- Ah ça pour le coup ! Il faut vraiment que vous soyez minutieux, vigilent et rapide.
Lily souffla en tentant de chasser le stress qui la regagnait. Elle se tordit les lèvres et ne cessa de faire des grimaces à l'adresse d'une voix interne qui lui insufflait de laisser tomber ce plan foireux.
- Tu tiens le coup toi ? Demanda-t-elle à Rémus pour détourner l'attention de son cerveau qui criait au loup.
- Oui. Je sors demain, je me sens déjà mieux.
- Bon, on a encore un problème.
- Evelyne.
- J'ai fouillé cette infirmerie de fond en comble, rien. Je commence à me demander si elle est encore là.
Lily se mit à marcher de long en large cherchant n'importe quel indice qu'elle aurait raté les deux fois qu'elle avait tenté de trouver la patiente cachée. Sirius dirigea sa baguette au ciel et lança.
- Accio cheveux d'Evelyne Dean.
Rémus et Lily le regardèrent incrédule.
- Quoi ? Parfois les solutions les plus bêtes sont les plus évidentes.
Ils se turent, mais rien n'arriva, rien ne bougea.
- Tu as les fioles sur toi ? Demanda Rémus.
- Oui. Déclara Lily.
Elle en sortit deux et en offrit une à Sirius.
- Et moi ?
- Tu n'es pas en état. Ordonna Sirius. En plus on a besoin de toi ici, maintenant que le château est en comité restreint tu peux réussir peut-être trouver un truc sur notre taupe.
- Suis Stew. Déclara Lily.
- Macmillan ? Demanda Rémus inquiet.
- Oui. Il mijote quelque chose et sa sœur est sa complice.
- Mais ils ne sont pas dans le château. Je les ai vu partir avec Calyptia Johnson.
- Tant pis. Déclara Lily en haussant les épaules.
- Tu doutes de Stew ? Tu doutes de ton ex ? S'exclama Sirius. Combien d'ex à toi on a dans la liste, Rouge ? Continua Sirius tout sourire.
- De quoi tu parles crétin ?
- Damian Branchard fait de la magie bizarre et il est mêlé dans des trucs louches, Servilus lui ne m'en parle même pas, Darius Weasley a fini aliéné et maintenant on doit rajouter Stew Macmillan à la liste. Impressionnant. Heureusement que notre petit Jamesou s'est barré avant de se retrouver avec eux.
Lily sentit ses joues s'empourprer et Rémus remarqua que la boutade drôle que croyait avoir créé Sirius n'était en réalité pas aussi hilarante pour Lily, mais plutôt blessante. Elle avait déjà pensé être responsable de pas mal de malheur, l'entourant. Se demandant souvent, si elle n'était pas maudite, qu'elle n'attirait pas que les fous, qu'elle n'était pas elle-même folle, que d'une manière ou d'une autre elle se retrouvait mêlée à des événements plus grands qu'elle, des évènements souvent tragiques. Elle pensa à juste titre que Sirius avait raison, James l'avait échappé belle, il serait mieux avec une jeune fille sans problème. Elle tenta de sourire à la blague de Sirius ne voulant pas le remettre à sa place comme d'habitude, ne voulant pas passer pour l'hystérique qui ne garde aucune remarque pour elle ; faisant un travail sur elle pour passer outre les mots, les attaques et même les moqueries.
- Je dois vraiment faire cette mission avec lui ? Demanda Lily implorant Rémus.
- C'est toi qui m'as choisi. Répondit Sirius.
- C'était ou toi ou Peter, je n'ai rien choisi, Peter a dit qu'il devait rentrer chez lui et Rémus était en train de souffrir ici.
- Premièrement, je ne te crois pas. Deuxièmement, tiens, depuis quand tu évites de me remettre à ma place alors que je parle de ta vie privée ?
- Parce que je sais que tu me provoques, sombre idiot. Il n'y a que deux personnes avec qui je suis sortie dans cette liste, j'y peux rien si le monde est rempli de fous furieux, tu dois le savoir tu es en tête de liste et je n'ai pourtant rien avoir avec toi…
Rémus se mit à sourire, Lily continuait de parler quand elle s'arrêta un instant devant le fameux tableau qu'elle aimait, elle l'avait vu un million de fois, il avait quelque chose de différent et elle n'arrivait pas à mettre la main dessus.
- Rouge ! Tes neurones ont cramé ?
Il la rejoignit et se mit à fixer le tableau en imitant son expression. Soudain, ils entendirent des cliquetis dans la porte de l'infirmerie. Prise de panique, Lily ne bougea pas. Fort heureusement, Rémus et Sirius, maitres en la matière de fuite face à un danger imminent, eurent le reflexe de bouger en vitesse. Rémus jeta la cape à Sirius qui s'empressa de se couvrir et couvrir Lily avec tout en la poussant dans un recoin de la pièce. Rémus se faufila dans le lit qui lui était administré, prit une position pour dormir qui fit rire Sirius et Pomfresh n'y vit que du feu. Lily sentait son cœur battre très fort, elle ne savait pas si la peur y était pour quelque chose ou si le sentiment qu'elle avait presque résolue l'énigme en était la raison. Elle se tourna vers Sirius en le questionnant du regard, il haussa les épaules en montrant sa montre. Ils pouvaient se retrouver coincés ici pendant des heures. Elle pesta intérieurement et jeta un coup d'œil vers Rémus. Pomfresh entra dans son bureau et s'y enferma un instant, alors Lily fit baisser la cape, montrant seulement son visage devant le regard inquiet de Rémus. Elle montra le tableau du regard et lui mima les clignements des yeux de l'ours y figurant. Rémus fronça les sourcils mais obéit. Il fixa ce tableau une éternité sans réellement comprendre ce qu'il devait voir. Lily soupira en le voyant hausser ses épaules en signe de défaite.
- On doit faire quelque chose. Murmura Lily.
- Chut. Elle peut nous entendre.
- Ecoute, il y'a quelque chose dans ce tableau qui m'intrigue.
- Chut.
Madame Pomfresh passa la tête derrière la porte et contourna la pièce du regard, puis quand elle ne vit rien, se remit en position dans son bureau, s'enfermant à nouveau.
- Il faut une distraction, il faut qu'elle sorte. Tenta Sirius.
- Non. Je ne sais pas à quoi tu penses, mais ne me mêle pas à ça.
Lily avait beau supplier Sirius du regard, il avait le même sourire déterminé que son meilleur ami et cela ne présageait jamais rien de bon.
- Fais-moi confiance.
- Non.
Rémus finit par s'asseoir et se racla la gorge à plusieurs reprises. Sirius et Lily cessèrent de bouger quand Pomfresh arriva en trainant des pieds.
- Ne suffoque pas.
- Je ne respire pas bien, madame Pomfresh. Est-ce qu'on pourrait ouvrir une fenêtre ?
Rémus se mit à tousser en continue, alors l'infirmière s'empressa de lui ramener de l'eau et ouvrit la fenêtre en face de lui, Rémus montra quelques fioles de la main et fit signe à qui le regardait de faire un boucan avec. Sirius sortit sa baguette sous l'œil effarée de Lily, qui mit la main sur sa bouche pour s'empêcher de le sermonner.
- Ventus. Murmura Sirius à l'adresse des fioles, dès que Pomfresh entrouvrit la fenêtre.
- Non. Murmura Lily.
Les fioles, quelques bassins, deux verres et une carafe se mirent à virevolter entre le lit et la fenêtre en face de Rémus. Pomfresh du se tenir au cadran d'un lit pour ne pas se laisser emporter par le vent et Rémus se couvrit le corps en se cramponnant aux coins de son lit. Lily attrapa le col de Sirius et se maintint en équilibre autant que son corps lui permettait pendant que Sirius s'attelait à garder la cape sous leurs pieds intacts.
- Crétin. Murmura Lily à nouveau.
- Bon sang ! Mais quelle rafale. Oh non ! Hurla Pomfresh en regardant deux fioles s'envoler par la fenêtre. Oh non ! Pas eux.
Lily reconnut les fioles de formes arrondies différentes de celles des autres, bourrées d'une matière pâteuse dont la couleur différait selon l'ombre où elle se trouvait. Ainsi, elle comprit qu'il s'agissait de leur travail de recherche sur une potion de super mémoire, elle pesta en se disant que si Pomfresh ne réussissait pas à sauver ses fioles, la moitié de leur travail de ces quelques mois serait tout simplement partie à la fenêtre, littéralement. Elle jeta un coup d'œil par-dessus le bord, tentant de rester en équilibre face à ce vent soufflant, puis se tint le front. Elle sortit sa baguette ferma la fenêtre d'un coup sec, au même moment Sirius lança un Finite.
- Bon sang, mais que s'est-il passé ?
Elle se tourna vers Rémus qui s'empressa de tousser à nouveau pour la forme et elle remit sa coiffe en place, puis de trois coups de baguette, rangea le bazar qu'avait engendré ce vent incongru. Elle revint vers la fenêtre et tenta de ramener à elle, ses fioles mais la neige l'empêchait de les localiser.
- Bon, faut que j'aille les chercher moi-même. Bois de l'eau Rémus, je reviens dans un instant.
- Est-ce que… Est-ce que je pourrais vous demander une petite faveur ?
- Ne me dites pas de vous ramener une barre de chocolat, je ne suis pas votre elfe.
Rémus fit la moue en secouant la tête et se mit à regarder ses doigts frêles en soupirant. Prise de pitié comme toutes les fois, l'infirmière qui ressentait une compassion particulière pour ce garçon malchanceux, abdiqua en secouant la tête.
- Je dirai à un elfe de te ramener de quoi te nourrir en attendant que tu sortes. Mais ne bouge pas de ton lit.
- Merci beaucoup.
Dès que la porte de l'infirmerie fut claquée et verrouillée. Lily s'empressa de regarder par la fenêtre. Les fioles étaient invisibles. Elle soupira et se retourna vers Sirius.
- Ventus ! Tu es sérieux ? On aurait pu se faire démasquer.
- Il fallait improviser vite.
- Il faut que vous trouviez vite et sortez, elle peut revenir à n'importe quel moment.
Lily s'empressa de revenir vers le tableau qui l'intriguait autant. Elle approcha une table de chevet sur laquelle elle monta et se mit à toucher ce tableau, l'ours en question ouvrit les yeux et elle comprit ce qui clochait, les yeux du l'ours. Ce n'étaient pas des yeux d'ours, mais ça ressemblait à s'y méprendre à ceux d'un mannequin en plastique.
- Pourquoi des mannequins ?
- Quel mannequin ? Demandèrent Sirius et Rémus.
- Ce ne sont pas les yeux de l'ours, ce tableau est modifié par je ne sais quel magie, ce sont les yeux d'un mannequin.
- Comme les mannequins de la vitrine devant Ste Mangouste ? Demanda Rémus.
- Il doit y avoir un lien. Répondit Lily en réfléchissant.
- Pose ton front sur le cadre, fais comme si tu allais à entrer à Sainte mangouste. Proposa Sirius qui s'approchait d'elle.
Lily s'approcha de l'ours et se racla la gorge.
- On voudrait voir Evelyne Dean.
Rien ne se passa.
- On voudrait visiter Evelyne Dean.
Sirius faisait les cents pas derrière elle, pendant que Rémus retenait son souffle. Lily tenta à plusieurs reprises des formules différentes.
- Ça ne marche pas. Déclara-t-elle en redescendant de la petite table en bois. J'ai vraiment cru que…
Sirius vit alors les yeux fixer leur emplacement au sol. Les yeux n'avaient pas bougé quand Lily était à proximité, mais lorsqu'elle regagna le sol, ils la suivirent.
- On voudrait voir Evelyne Dean. Proposa Sirius en s'approchant seulement de l'embrasure du portrait.
Soudain le sol sous eux se mit à trembler et il ne s'arrêta que lorsque le décor de l'infirmerie fut totalement inversé. Lily poussa un petit cri et Rémus dut sortir de son lit pour se mettre debout. La pièce était inversée et à présent les trois Gryffondors étaient debout au plafond, tout comme tout le mobilier de l'infirmerie.
- La gravité à Poudlard ce n'est pas primordial. On dirait. Lança Sirius en essayant de mettre un pas devant l'autre.
- Et maintenant ?
Lily fit le tour de la pièce avec ses yeux.
- Qu'est-ce qui a changé dans ce décor ?
- Bon sang, je vais avoir une crise cardiaque si Pomfresh entre maintenant. Cingla Rémus.
- Concentrez-vous les garçons, vite ! Qu'est-ce qui a changé ?
Ils se mirent à tourner en rond à la recherche de cette chose qui avait du changé de place ou de forme.
- Ils n'auraient pas mis une pièce parallèle si ce n'est pour mettre un accès à une chose qui n'existe pas dans le vrai décor. Marmonna Lily plus pour elle-même. Il doit y avoir quelque chose qu'on ne remarque pas.
- Accès ? Et si derrière la porte du bureau, il n'y avait justement pas de bureau ? Proposa Sirius.
Ils accoururent vers la porte qui refusa de s'ouvrir.
- Aloho…
- Non attends. Ordonna Rémus en sortant son duplicateur de clé.
Il enfonça l'objet en silicone dans la serrure et trois tours suffirent pour ouvrir la porte boisée, donnant accès à une pièce sans lumière.
- Lumos ! Lança Rémus.
Ils s'arrêtèrent net dans leur élan. Au milieu de la pièce qui était ornée de plantes en tout genre, se trouvait une réplique du cercueil de blanche neige. Evelyne Dean, gisait endormie mais respirant grâce à un système de branchement que Lily n'avait vu que dans les films, pourtant les tuyaux la maintenant en vie n'avaient ni sérum, ni sang, ni liquide transparent, mais ressemblaient à s'y méprendre à des branches de feuilles qui semblaient sortir des veines de la jeune Gryffondor. Les trois adolescents fixèrent l'air serein de la jeune blonde et s'approchèrent avec douceur de la cage en verre qui l'enfermait. Lily eut des frissons en la voyant ainsi enterrée alors qu'elle vivait encore.
- On ne pourra pas prendre de cheveux. Déclara Lily en analysant la situation. S'ils l'ont enfermé dans une sorte de cercueil, c'est qu'à l'air libre elle risque d'être contaminée par quelque chose, ou quelle ne respire pas à l'air libre.
Lily s'approcha d'elle et effleura doucement la glace qui la séparait de sa camarade, elle vit l'endroit où logeait la cicatrice causée par les dégâts qu'avaient fait le poison et peut-être même les dégâts qu'elle et James avaient engendré inconsciemment. Rémus qui avait suivi son regard, posa une main sur son épaule.
- James et toi vous l'avez sauvé, ce n'est pas toi qui l'a enfermé ici.
- Je ne vois comment on peut faire. Dit-elle en se retournant vaincue vers ses deux complices.
- Déjà comment on peut savoir si cette cage n'est pas protégé par un sort ?
- Accio cheveux d'Evelyne.
Rien ne se déroula. Lily essaya un sort de transfert, en priant que les cheveux d'Evelyne atterrissent sur une plante de cette pièce mais ne se changea.
- Déjà rien ne nous a propulsé, donc les sorts peuvent passer à travers cette vitre.
- Je crois que cette cage est protégée pour qu'on ne puisse rien faire sortir. Lança Rémus.
- J'ai une idée. Lança Sirius. Mais c'est fou !
- On doit repartir. On ne peut pas prendre le risque de briser ce verre et l'empêcher d'avoir son opération ou compliquer les choses. Déclara Lily.
- Juste écoute-moi.
Elle hocha la tête.
- Le sortilège de Protéiforme. Lança Rémus en devançant Sirius.
- Celui que j'utilisais pour mes bonbons, pour les réunions des nés-moldus ?
- Celui-là. Et si tu l'utilisais pour calquer, pour donner à nos cheveux les cheveux de Dean.
- Ça ne marchera pas. Je ne crois pas, ça calque les formes sur des objets différents, ça ne calque pas l'objet en lui-même et là on parle de cheveux. Ça n'a pas la même propriété qu'un objet sinon le sort d'attraction aurait fonctionné.
- C'est bon maintenant, vous écoutez mon idée ?
- Vas-y, même si j'ai peur d'aller en prison.
- Tu viens de le dire les cheveux ont les propriétés d'une plante, Dean est un légume à présent, la plante fait tout à sa place.
- Ce n'est pas très politiquement correct ce que tu viens de d…
- Evans, laisse-moi finir. Et si on faisait pousser ses cheveux jusqu'à ce qu'ils dépassent eux même l'embrasure du cadre, ils finiront par trouver par où sortir d'un orifice qu'on ne voit pas et là on pourra…
Lily se creusa la tête pendant que Rémus hochait la sienne continuellement en signe d'accord.
- Ok. On va essayer ça.
- Crescere comas.
Lily lança le sort en pensant à Severus malgré elle, encore un sort qu'elle avait appris avec lui, encore un sort de Sacharissa Tugwood.
Les trois Gryffondors étouffèrent un cri de joie en voyant la formule fonctionner. Les cheveux d'Evelyne se mirent à pousser dans tous les sens lui obstruant presque la vue, ils s'épaississaient à vue d'œil et après quelques secondes des mèches finirent par sortir de sous la cage à travers une branche reliée au branchement.
- Vite, tire-les. Ordonna Rémus à Sirius.
- Finite Incantatem. Lança Lily.
Seulement la pousse avait seulement arrêté et ne s'était pas annulé.
- Merde. Cingla Rémus.
- Vite. Il faut qu'on se barre.
- Une idée de comment remettre la pièce à l'endroit ? Demanda Lily.
Rémus et Sirius pensèrent à la carte du maraudeur et se sourirent avec malice. Ils sortirent de la pièce.
- Nox.
Rémus sortait en premier quand il vit la porte de l'infirmerie s'ouvrir.
- On est foutu.
Il jeta la cape d'invisibilité sur ses amis et resta debout devant l'infirmière qui le fixait avec stupéfaction.
- Rémus ! Qu'est-ce que… ?
Lily et Sirius étaient cachés sous la cape debout en défiant la gravité, pendant que Rémus régulait sa respiration en se demandant comment il se sortirait de cette situation. L'infirmière s'approcha du portrait de l'ours et murmura quelque chose quand le sol se mit à trembler à nouveau et que Sirius profita du mouvement pour voler la baguette de Rémus.
- Nie tout. Baguette. Dortoir. Murmura Sirius.
Lily sentait son cœur battre si fort qu'elle crut que seul ce bruit réussirait à les démasquer. Elle s'en voulait de laisser Rémus endosser la responsabilité entière, mais la main agressive de Sirius autours de son poignet la dissuadait de faire un mouvement. Ils se cramponnèrent à leur cape attendant que la pièce parallèle rejoigne l'initiale et priant que la cape ne décide pas de suivre la loi de la gravité malgré tout. Lorsque le tremblement cessa, Sirius et Lily se trouvèrent dans le sens initial de la pièce, mais Rémus et Pomfresh étaient dans celle menant à la pièce qui cachait la patiente tant recherchée.
- Tu faisais quoi dans cette pièce ? Suis-moi. Ordonna l'infirmière.
Rémus suivit l'infirmière d'un pas incertain en jetant un coup d'œil autours de lui, incertain de l'endroit où pouvaient se trouver ses amis, mais sûr qu'à présent il était livré à lui-même et qu'il ne pouvait compter que sur son éternel pouvoir de ne jamais faire planer de doute sur lui. Sirius tira Lily par le bras en voyant l'infirmière et le lycanthrope s'engouffrer dans la pièce qui abritait le bureau en temps normal. Il poussa la porte de l'infirmerie et réalisa que dans la stupeur du moment l'infirmière avait oublié de la verrouiller. Il jeta un dernier coup d'œil derrière lui et poussa Lily devant lui.
- Il n'y a personne ? Murmura-t-il.
Lily surveilla les alentours et fit signe que non. Il retira la cape d'un coup sec et lui ordonna de courir. Ils coururent à en perdre haleine et ne s'arrêtèrent qu'en arrivant presque à la cabane d'Hagrid.
- Comment elle a fait ? Comment elle a fait pour nous envoyer dans la pièce principale et les garder en haut ! On a eu une chance folle ! S'écria Sirius essoufflé.
- Elle a dit je veux visiter la patiente. Nous on a dit on.
- Et ?
- Et le tableau prend en compte les personnes visibles, je pense, pour les transporter dans la dimension qu'ils veulent.
- J'ai rien compris. Bon, je dois aller déposer la baguette de Rémus dans sa chambre. Il va avoir des ennuis. Elle va sûrement le dire à Mcgo et ils vont vouloir savoir qui a jeté le sort sur Dean, j'espère qu'il ne va pas jouer au héros et prendre la responsabilité.
- Oh par la barbe de Merlin je crois que je vais avoir une crise de panique.
- Prochaine étape. Enchaina Sirius sans prêter attention à l'état de son amie. On doit vérifier que le polynectar fonctionne, on ne peut pas le tester directement quand on ira à Ste mangouste. Tu dois aussi écrire une lettre à Damian pour lui dire que tu viens le voir. Comme ça si quelqu'un te trouve là-bas, tu es couverte et tu prends l'autorisation de Mcgo.
Lily qui écoutait les énumérations diverses de leur plan se demanda quand elle avait perdu la tête au point de braver tous ces interdits et de les faire avec connaissance de cause. Si Lily Evans, la petite fille pas encore orpheline en quatrième année avait imaginé ces scènes, elle aurait éclaté de rire de déni ou demandé une consultation chez un psychomage pour démence.
- Tu m'écoutes ?
- Non. Je panique.
Contre toute attente, Sirius lui jeta une boule de neige au visage.
- Aie ! C'est froid ! Tu es malade !
Lily s'essuya le visage et se baissa pour attraper un morceau de neige qu'elle lui rendit en pleine figure avec un sourire triomphant.
- C'est bon ? On peut continuer ? Cingla Sirius et s'essuyant la face à son tour.
Lily qui sentait encore la fraicheur ankyloser ses joues et son petit nez à présent rouge, respira longuement à plusieurs reprises et s'avoua sans jamais le dire à haute voix que cette technique brutale de Sirius avait eu au moins le résultat de la faire sortir de ses remises en question qui n'avaient lieu d'être en ce moment précis.
- Si Mcgonagal refuse de me donner une autorisation ?
- Il faudra y aller en catimini, tous les deux.
- J'espère qu'elle dira oui. Je ne pense pas supporter autant de pression, mentir sur où je vais, en tant que qui j'y vais c'est déjà trop, je préfère au moins ne pas avoir à mentir sur ça.
- Il faudra alors que tu utilises toute la persuasion du monde.
- Oui, je dois faire ma victime. On fait quoi pour Rémus ?
- On ne peut rien faire. On doit aller à notre salle commune.
- Il nous faut des alibis.
Sirius éclata de rire.
- Tu commences à réfléchir comme un Maraudeur.
- Je ne sais pas si ça m'effraie ou me répugne, et j'ai honte de moi, mais ils feront le lien avec toi. Tu es le seul des maraudeurs à être resté.
- Tu es mon alibi.
- Comment ça ?
- Je dirai que nous étions ensemble tout simplement.
- Et nous étions ensemble où ?
- Dans le parc tu me faisais travailler les études des moldus, après on a eu froid et on est venu continuer de travailler dans la salle commune.
- Personne ne croira à ça !
- Si je dis que j'ai perdu un pari contre James et que c'était ça ma punition tout le monde me croira.
Les deux Gryffondors se dirigèrent vers leur salle commune en se hurlant dessus. Les quelques têtes encore présentes se hissèrent pour regarder Lily Evans gronder un marauder, rien de bien particulier, rien de bien choquant ou inhabituel.
- Je n'ai pas que ça à faire, tu dois te concentrer ou va te trouver quelqu'un d'autres pour tes Etudes de moldus !
- J'ai juste dit que je voulais faire une pause, je ne comprends rien à ce que tu racontes quand je vois la neige. Je pensais qu'à aller gambader !
- Tu te prends pour un chien Black ! J'ai déjà accepté avec difficulté de t'aider ne me fait pas perdre mon temps !
- Je peux aller chercher le reste de mes parchemins au moins ?
Sirius monta en courant déposer la baguette de Rémus à son chevet et revint les bras remplis de parchemins de son cours d'Etudes de moldus, puis vint s'installer à côté d'une Lily qui faisait toujours semblant d'être irritée.
- Je suis inquiète pour Rémus. Murmura Lily pour la énième fois en se mordant l'intérieur de la joue.
- Tu n'as pas l'habitude de te faire prendre c'est pour ça.
- Je n'ai pas l'habitude de faire des trucs aussi extrêmes surtout.
- Bon, si ça peut te rassurer, je suis inquiet aussi.
- Quoi ? Hurla Lily.
Les regards se retournèrent vers eux à nouveau.
- Ça ne me rassure pas du tout. Au contraire ! Vous êtes habitués aux quatre cent coups.
- Je m'inquiète pour les conséquences que ça aura sur notre plan, pas pour lui. Il s'en sort souvent Rémus.
Les minutes passèrent sans aucune nouvelle, aucune convocation ni aucun trouble quelconque de cette paix que Noël apportait. Lily qui lisait un livre pour calmer ses ardeurs, jeta un coup d'œil furtif à Sirius qui rangeait un parchemin dans sa poche au lieu de le mettre avec la pile disséminée de manière éparse sur la table. Elle ne posa pas de question et se contenta de revenir à son bouquin.
Sirius avait aperçu Rémus dans le bureau de Mcgonagal et il se donna une demi-heure avant de rehausser la cape de son autre meilleur ami et aller écouter aux portes.
Quelques instants plus tard, Alice entra dans la salle commune accompagnée de Sacha Milbert et Mona Burke. Elles faisaient un boucan incroyable et gloussaient en racontant des anecdotes qui n'avaient ni queue ni tête. Lily remarqua qu'Alice était à nouveau sous l'emprise de l'alcool et décida de jouer à la carte de l'amie malgré la distance, la méchanceté gratuite et la froideur de la grande brune. Lily avait décidé de pardonner les incartades d'Alice parce qu'Alice avait seulement le cœur brisé. Elle était perdue, atrophiée et seule et ce sentiment d'abandon qu'elle rejetait sur ses amis était en réalité dirigé vers son petit ami dont les études ne lui laissèrent presque plus de place.
- On peut parler Alice ?
Alice fixa Lily un instant avant de hausser les épaules et suivre Lily dans le couloir en dehors de la salle commune.
- Je crois que tu devrais éviter de boire autant, Alice, tu vas finir par te rendre malade et tu sais que ce n'est pas la solution, même moi je le sais.
- Je t'ai laissé tranquille quand tu avais besoin d'espace et de passer tes nerfs sur une addiction, je ne t'ai rien dit quand tu ne dormais pas, mangeais pas et passais ton temps à te battre contre des mannequins en bois ou en je ne sais pas quoi…
- Si…
- Eh ben je n'aurai pas du…
- Je sais que ça ne doit pas être facile d'être aussi loin de Frank et de se dire que…
- Frank c'est fini, ce n'est pas un break… Je suis bien comme ça… Libre de faire ce que je veux… De voir qui je veux…
- C'est fini ? Depuis quand ?
- Depuis que je l'ai décidé !
- Il est au courant ?
- S'il veut être au courant il n'a qu'à venir me demander !
Elle s'adossa au mur et se dandina à un rythme qu'elle ne semblait écouter que dans sa tête, Lily ne put s'empêcher de remarquer le maquillage surfait qu'elle portait et se demanda si les septièmes années de Gryffondors étaient vraiment le meilleur moyen pour qu'Alice éponge son chagrin d'amour.
- Juste sois prudente. Je ne veux pas que tu te perdes à nouveau… Si tu as besoin de moi, je suis là. Toujours.
Alice regarda Lily et sentit une boule se former dans sa gorge, elle ne savait pas d'où venait sa blessure. Elle ne savait plus ce qui lui faisait mal depuis un moment. Elle avait perdu le fil. Elle ne savait pas si c'était la peur de mourir, la peur de tout perdre, la peur d'avoir perdu sa place dans ce monde, la peur de ne plus être aimé, la peur d'être abandonné par Frank, par Lily, par Dorcas, par Marlène, elle ne savait pas si c'était la solitude causée par ses parents trop occupés à être des héros, à l'amour de sa vie qui jouait à apprendre l'héroïsme aussi. Mais elle savait une chose, elle en venait à détester cette guerre, cette guerre que ces proches semblaient choisir de mener au lieu de choisir être auprès d'elle. Cette guerre que même Lily allait mener un jour, elle le savait, elle savait que Lily aussi avait choisi, sans qu'elle n'y ait besoin d'y mettre de mots.
- Tu es là, mais je dois souvent prendre la queue, pour te trouver. Ça ne m'intéresse pas… La vie est courte pour que je la passe à me battre. Choisissez vos guerres, mais je choisis de vivre et ne t'inquiète pas pour moi Lily ! Je ne me perds pas, je me trouve à peine…
Elle esquissa un sourire faible se voulant moins agressif après avoir rembarré sa meilleure amie pour la énième fois depuis la réunion ratée des Octo, mais le mal était déjà fait, Lily avait déjà encaissé plusieurs coups venant d'Alice. Elle avait déjà supporté plusieurs piques, la froideur, rejets et en y pensant réellement, leur relation avait toujours été cruellement pleine d'honnêteté et de répliques cinglantes. Lily renifla en voyant Alice rentrer dans sa salle commune sans se retourner, elle eut soudainement froid, elle serra contre elle son manteau et marcha jusqu'à ce qu'une vitre vienne interrompre ses pensées. La neige qui tombait, la veille de Noël, ses parents, sa sœur… Tout revenait à nouveau. Le manque, la nostalgie. Son deuxième Noël sans eux… Sa troisième année sans eux. Elle décida de marcher jusqu'à la grande salle et contrairement à l'année passée, elle ne supporta pas le poids de la solitude, elle ne supporta pas le poids de la pensée triste. Elle était encore trop proche du gouffre à coté duquel elle venait de passer, elle se disait encore trop fragile pour penser à la tristesse de sa vie, pour laisser filtrer les démons de la nuit. Elle devait apprendre à vivre avec, une partie d'elle qu'on lui avait enlevé qu'elle ne récupérait jamais mais qui formait ce qu'elle était, une battante.
Elle entra dans la grande salle et s'attabla près d'un grand nombre de personnes, elle parla à presque tous ceux qu'elle croisa et salua ses professeurs en ayant un vœu pour chacun d'eux. Elle se vit offrir un lait de poule par Janet Swanson, la remercia d'un large sourire et déposa la tasse sur la table, en se faisant elle entendit un bruit de clappement qu'elle avait pris l'habitude d'entendre, à chaque collision entre un corps solide et le poignet de sa main. Elle retroussa sa manche de manteau et fixa son bracelet. Le lys lui faisait face.
- Joyeux noël, mystérieux cavalier ou que tu sois, j'espère que ce qui t'a fait fuir de moi deviendra dérisoire et peut-être tu reviendras me chercher.
Au même moment, son mystérieux cavalier était dans un environnement antagonique à la grande salle de Poudlard, dans un des manoirs des feus Henry et Cynthia Potter. Là, où l'ambiance de la fête et des cadeaux échangés prônaient auparavant, se tenaient des gens en tenue de sorcier tous élégamment vêtus. Les salons battaient leur plein, les condoléances s'échangeaient solennellement et au grand soulagement de James et Marlène presque tous les membres de cette grande famille étaient là, petits et grands, facilitant ainsi les interrogatoires préparés par les deux jeunes Gryffondors.
Marlène portait une longue robe noire de sorciers ornée d'un col en dentelle perlé de nacre, elle était d'une élégance qu'elle accordait rarement aux regards des habitants de Poudlard. Elle se tenait près de sa tante Kayson et de sa mère Calliope. Elle venait d'avoir une longue discussion avec Sturgis Podmore sur son avenir, sur ses ambitions et avait posé autant de question que possible sur les débouchés de ses objectifs, elle en avait même orienté plusieurs sur l'ordre dont elle ne connaissait toujours pas le nom, mais en avaient tenu l'envergure. Elle virevoltait son regard quand elle tomba sur la petite cousine de James Potter, Calyptia Johnson. Elle chercha James du regard et le vit en grande discussion avec Geoffrey Doring, elle tenta tant bien que mal d'attirer son attention, mais il ne fit pas attention à elle, alors elle s'excusa et se dirigea vers la jeune fille de onze qui buvait un jus de citrouille se tenant derrière ses parents qui étaient en grande discussion avec d'autres adultes.
- Je te reconnais, tu es Calyptia. Tu es à Gryffondor avec moi, pas vrai ? Demanda Marlène en interrompant les pensées de la jeune fille de onze ans.
- Oui. Tu es Marlène.
- En chair et en os.
Marlène mit son masque le plus courtois et le plus désintéressé pour mettre la petite fille en confiance. Elle lui parla de cours, lui raconta des anecdotes sur leur prof, lui demanda qu'elle était son cours préféré, ses goûts, lui parla de Quidditch.
- Ah oui, j'aimerai beaucoup intégrer l'équipe un jour.
- Tu joues ?
- Pas beaucoup, je suis fille unique, même quand je joue c'est toute seule.
- Tu es la cousine de James Potter, pourquoi tu ne lui as jamais demandé de faire un essai avec lui ?
- Parce qu'il est toujours trop occupé.
- Tu veux que je lui touche un mot, qu'on t'entraine un de ces jours ?
- Vraiment ! Ca serait génial ! S'exclama Calyptia en sautillant sur place.
- Excellent. Tu traines avec Aurora aussi la petite sœur de Geoffrey ? C'est ta cousine aussi. Chez nous les cousins, on traine toujours ensemble en été.
- Des fois, quand on était plus petits.
- Mais vous êtes dans la même année à Poudlard, non ?
- Oui, mais je traine surtout avec Daisy Macmillan.
- Macmillan ? fit Marlène en feignant oublier l'identité de la jeune fille. Comment ça Macmillan ?
La gentillesse et le sentiment de bienveillance qui émanaient de Marlène furent vite remplacés par une méfiance biaisée. Obligeant Calyptia à s'expliquer et argumenter cette amitié qui n'avait aucun lien avec les Macmillan dont se méfiait sa nouvelle amie.
- Tu n'étais pas encore à Poudlard, l'année passé, mais nous nous avons vécu un cauchemar, à cause de cette famille. Fais attention avec qui tu traines, ils paraissent gentils en apparence…
- Non… Ce n'est pas…
- Mais finalement, nous avons appris qu'ils manipulaient les gens à leur guise, ils ont ça dans leur sang on dirait, ils n'avaient même pas la même mère ou la même éducation les deux frères et pourtant les mêmes moyens pour arriver à leur fin, quant à leur sœur, je l'aurai défendu envers tout le monde, tellement elle paraissait innocente et finalement, elle aussi a manipulé tout le monde, elle a espionné des gens, elle a fait porter le chapeau aux autres et elle et ses frères circulent librement. Tu sais l'un d'eux m'avait cassé les cotes et ils avaient jetés des Impardonnables, tu sais ce que c'est ?
Calyptia hocha la tête avec une expression d'effroi.
- Emily a torturé le garçon qu'elle aimait tu imagines ? Et à cause d'elle, sûrement Evelyne Dean est entre la vie et la mort. Je sais qu'on se connait à peine, mais tu es la cousine de James et James c'est la famille, tu es ma cousine éloignée aussi et je ne voudrais pas qu'il t'arrive malheur, tu fais partie de la famille. Tu comprends ?
- Oui… Je…
- Allez, ne prends pas cet air effaré. Juste évites de te faire embarquer dans des trucs d'espionnage ou de faire des courses ou de ramener des fioles ou des ingrédients à quelqu'un. Allez, je dois te laisser pour l'instant. On se revoit après…
Calyptia se mit la main dans les cheveux et le sourire innocent qui ne l'était pas du tout que lui offrit Marlène la mit mal à l'aise. Toutes ces choses dont la prévenaient Marlène, étaient des choses qu'elle avait déjà eu à faire pour Daisy et Stew Macmillan, elle avait écouté aux portes, elle avait suivi des personnes qu'elle admirait malgré elle, elle avait apporté un parchemin sans l'ouvrir à Stew. Et si Marlène avait raison et si cette famille continuait à faire régner leur terreur en utilisant Calyptia. La jeune fille pensa à Daisy qui était devenue une amie chère à son cœur en seulement quatre mois. Daisy était douce, intelligente et marrante. Elle avait vite décidé de devenir amie avec Calyptia, parce qu'elle « paraissait aussi perdue qu'elle dans cet immense château »avait déclaré Daisy. Ainsi était née leur amitié. Mais si Marlène avait raison, si elle n'était qu'un pion qui finirait sacrifié, comme Jeremiah Abbott et Katrin Burbage, comme Selwyne Alastor qui avait même fini à Azkaban pour les crimes d'une autre. Marlène fit un signe de la main à la petite fille et reprit son chemin vers James, elle regarda par-dessus son épaule une dernière fois. Elle esquissa un sourire fier, elle ne pensait pas pouvoir jouer ce tour à quelqu'un un jour, mais la fin justifiait les moyens. Elle vit l'air coupable, l'air perdu et la méfiance qu'elle avait instauré dans le cerveau de la petite fille et l'once de culpabilité qui voulait naitre en elle fut vite écrasée par l'instinct de survie qu'elle avait acquis envers et contre tout depuis quelques années.
- James.
- Marlène. Je dois boire un truc, ma langue va se coller à mon palais.
- On fait une pause ?
- Allons-y.
Ils passèrent près de plusieurs personnes qui les saluèrent mais s'arrêtèrent tous les deux d'un même pas synchronisé lorsque quelqu'un derrière eux se présenta.
- Joseph Abbott, enchanté.
Les deux adolescents restèrent debout comme des piques au milieu de la foule. James regarda par-dessus son épaule afin de localiser la voix de l'homme qui n'était autre que le père de Jeremiah Abbott.
- On fait quoi ? Demanda Marlène.
James se gratta le menton et remonta la monture de ses lunettes sur l'arrête de son nez.
- Il parle à qui ?
Marlène fit semblant de chercher sa mère du regard pour revenir sur ses pas et mettre un nom sur le visage de l'interlocuteur de Joseph Abbott.
- Je ne reconnais pas cette personne.
- Il faut qu'on lui parle. Fustigea James.
- Pour lui dire quoi ? Pourquoi ton fils a torturé Mary Macdonald et Lily Evans ? Pourquoi tu as éduqué un raciste ?
- Je m'en fou, il faut que je parle à ce gars.
- Oh par la culotte de Merlin ! Lança Marlène qui voyait son ami rebrousser chemin.
- Bonsoir. Scanda James en interrompant une discussion dont il ne se souciait pas.
- Bonsoir jeune homme. Répondit Joseph Abbott.
- Je suis James Potter et elle c'est Marlène Mckinnon.
L'homme qui discutait avec Joseph Abbott s'éclipsa comme si James venait de donner le mot de passe de la chambre des secrets.
- Je vois. Mes condoléances pour votre grand-mère James Potter. Lança Joseph avec distance. Et vous vous êtes Marlène, la fille de ?
- Ce n'est pas réellement important qui sont nos parents. Nous voulions seulement avoir des nouvelles de votre enfant à vous. Interrompit James.
- Mon enfant ? Marmonna Joseph en cherchant une issue de secours à cette conversation gênante.
Malheureusement pour lui avant d'avoir trouvé une échappatoire, sa femme revint vers lui, un léger sourire accroché aux lèvres qui disparut dès qu'elle vit l'expression mitigé de son mari.
- Bonsoir ? Demanda la jeune femme qui tenait un verre à la main.
Joseph se retourna vers sa femme Doraleen et demanda aux deux jeunes gens de le suivre dans une véranda.
- Je crois savoir que vous êtes venu me voir pour me poser des questions sur Jeremiah.
- Oui, monsieur.
- Vous faites parti de ce groupe qui a arrêté cette clique ?
- Nous faisons partis des victimes en réalité. Marlène et moi étions les victimes des Macmillan et nos amis proches ceux de Jeremiah et Katrin.
Doraleen les regarda les larmes aux yeux et Marlène crut voir une détresse en elle prête à faire irruption et remplir cette pièce à l'air glacial d'un désespoir qui les encaustiquerait encore plus.
- Ecoutez ! Je suis navré pour… Commença le père d'un air détaché et expéditif.
- Je ne suis pas là pour entendre des…
- Vous voulez savoir quoi ? Demanda la mère avec un ton plus doux. Posez-moi les questions qui vous torturent encore ?
Son mari lui jeta un regard noir et tenta de la faire taire, mais elle lui demanda de s'en aller s'il ne voulait pas aider.
- Pourquoi ? Demanda James.
- Pourquoi il a fait ce qu'il a fait ?
- Oui. Il s'en est pris à l'une des personnes les plus empathiques, la plus bienveillante et celle qui a le plus souffert de nous tous. Elle ne faisait qu'aider les autres et il a passé l'année à la pourchasser et pour finir, il a ciblé une âme encore plus innocente qu'elle et a failli la faire tuer en la jetant par-dessus une fenêtre. Voilà ce qu'a fait votre fils madame.
Doraleen était une belle femme à la crinière noire de Jais, elle était d'une classe que ne pouvait dénier Marlène et avec toute sa posture et la maitrise de soi qu'elle voulait afficher, elle déglutit avec difficulté et répondit d'une voix cassée, les épaules affaissées et une larme longeant sa joue.
- Jeremiah a changé depuis la mort de son grand frère. Dirk.
Elle renifla bruyamment et tenta de ravaler ses larmes. James sortit un bout de mouchoir à moitié utilisé de sa poche et lui tendit.
- Dirk était handicapé. Il…
- Madame, ça ira. On va s'en aller. Lança Marlène compatissante.
- Non, je voudrai vous expliquer… Pour qu'un jour… Un jour peut-être vous trouviez la force de lui pardonner.
- Je ne pense vraiment… Commença James qui reçut un coup de pied qui l'arrêta dans son élan.
Marlène lui asséna de la laisser finir.
- Dirk… Il a été tué par des moldus. C'était un accident… Mais Jeremiah avait blâmé ces gens-là. Il avait perdu son grand frère. Son héros. Il a commencé à changer petit à petit… Nous étions loin… Il était à Poudlard. On ne savait pas… On ne savait pas qu'il avait autant de colère envers… Je suis désolée pour vos amis. Mais nous ne sommes pas des monstres… Nous n'avons pas élevé nos garçons comme ça... Un accident m'a couté mes deux garçons.
- C'est triste pour vous, madame.
- Il est à Azkaban ?
La mère de famille hocha la tête.
- Il a témoigné ? Il a dit quelque chose sur la famille Macmillan…
- James veut avoir des réponses à ses questions parce que malheureusement ce n'est pas fini. Il y'a des gens à l'école qui sont encore en contact avec cette famille. Nous pensons qu'ils veulent se venger de nous. Donc, si votre fils avait une quelconque information pour nous aider, je pense que son âme pourra encore être sauvée.
James regarda Marlène faire et fut étonné par le ton de martyre qu'elle prenait, un rôle qu'elle ne savait jamais tenir et qu'elle détestait avoir.
- Il a dit des choses sur cette Emily, qu'elle n'était pas folle. Qu'elle manipulait seulement et qu'elle avait d'autres membres de la famille qui l'aidaient.
- Encore ?
- Oui. Il avait dit que si elle plaidait la folie, il pouvait le faire aussi. Parce qu'elle n'est ni folle, ni amnésique.
- Comment il sait qu'elle a des membres de sa famille qui l'aident encore ?
- Une fois… Selwyne les avaient menacé en leur disant que la famille de la tête du Lautus était plus grande qu'ils ne le croyaient qu'ils étaient nombreux et encore à Poudlard, que s'ils se tenaient pas aux plans, ils ne sauraient même pas d'où le coup de massue tomberait.
- Il n'avait nommé personne ?
- Non.
James et Marlène échangèrent un regard, Doraleen en profita pour sortir un bout de parchemin.
- C'est mon adresse. Ecrivez-moi si vous avez besoin de quelque chose. En espérant que vous trouverez la force en vous de lui pardonner ses erreurs. Ce n'est qu'un enfant peureux qui était pris de cours par des événements plus grands que lui.
Marlène hocha la tête en signe de compréhension. Alors madame Abbott fixa James dont le regard était indéchiffrable, Marlène espérait qu'il lui ferait entendre ce qu'elle voulait ne serait-ce que pour qu'elle reste de leur côté, mais dès qu'il ouvrit sa bouche elle comprit qu'il n'allait pas jouer le jeu, la politique n'était pas son fort. Elle le savait bien depuis le temps.
- La fille qu'il a passé son année à torturer ou à attaquer, a perdu ses deux parents. Deux moldus tués par des sorciers et je ne la vois pas se mettre à chercher à nous exterminer tous par vengeance.
James n'eut pas le temps de voir la réaction de la femme qu'il lui tourna le dos.
- James. Lança Marlène en lui courant derrière.
- Quoi ?
- T'aurais pu lui dire ce qu'elle voulait entendre.
- Elle ne m'aura pas avec son histoire triste. Qu'Evans ou Macdonald lui pardonnent si ça leur chante, moi, je ne suis pas prêt. Je l'ai vu, je l'ai interrogé, il n'a rien d'une victime, je l'ai enfermé et il a tout refait avec sang froid, je l'ai menacé, mais il n'avait pas peur, il avait juste envi de détruire.
- J'ai l'impression que tu es plus en colère contre lui qu'Emily. C'est bon. Il est derrière les barreaux. Il fallait juste faire entendre à la mère ce qu'elle veut, elle aurait pu continuer à nous aider.
- Non, je n'aurai pas pu lui mentir. Je ne pourrais même pas faire semblant. Il est entré dans cette salle cet été pour un seul but, lui et Katrin n'avaient aucun scrupule à tuer. Il voulait faire jeter Macdonald par la fenêtre, tu crois qu'ils auraient épargné Evans ? Il aurait pu la tuer ! Si elle n'avait pas passé son temps à s'entrainer sur sa magie, à l'heure qu'il est Evans n'existerait pas.
- Ah !
Marlène esquissa un petit sourire moqueur qu'il ne rata pas.
- Quoi ?
- C'est parce qu'il a osé toucher à ta Lily chérie c'est ça !
- Arrête de dire n'importe quoi. Je suis assez énervé comme ça.
- C'est bon ! Déclara Marlène en levant les bras au ciel. J'ai rien dit.
James ne sourit pas et ne répondit pas à la phrase suivante de son amie qu'il n'écouta même pas.
- Tu as eu peur de la perdre.
James se tourna vers elle.
- On peut se concentrer sur notre mission maintenant ?
Marlène hocha la tête et un sourire en coin vint se former, irritant James.
- Quoi encore ?
Il lui fit face et croisa ses bras sur sa poitrine.
- Tu es vraiment têtue Mckinnon ! Alors si tu veux parler encore d'un truc. Lâche le morceau qu'on passe à autre chose.
- Je n'allais rien dire. Lança Marlène avec un sourire taquin.
- Ça se voit. Allez, crache.
- Tu fais quoi avec Clagg ?
James ne s'attendait pas à ce que la tournure de la conversation se mette au présent. Il hésita avant d'envoyer Marlène sur les roses, mais il connaissait la ténacité de son amie. Elle le provoquerait tout le weekend pour en savoir plus.
- Elle me rend heureux.
- Tu crois que Lily ne te rendrait pas heureux.
Il éclata de rire.
- Y'a jamais rien eu entre Evans et moi, elle m'a déjà donné des cheveux blancs, des rides, des crises et j'en passe. Alors non. Evans n'est pas faite pour moi.
Marlène le regarda du coin de l'œil et décida de ne pas continuer sur ce terrain glissant.
- Alice avait une bonne intuition, il faut trouver le foutu arbre généalogique de Macmillan.
- Dumbledore semblait bien le connaitre, quand il est venu en fin d'année nous raconter l'histoire à l'infirmerie… On pourrait lui demander ?
Marlène haussa les épaules. Ils discutèrent encore de leur plan et se mélangèrent à nouveau à l'assemblée. Fleamont Potter qui surveillait James et Marlène depuis leur arrivée, sourit à sa femme en le tirant vers lui.
- Tu sais pourquoi ton fils est docile dans des mondanités cette fois ?
- Je m'attends au pire. Lança la vieille femme avec un regard malicieux.
- Lui et Marlène sont en train d'enquêter.
- Sur quoi ?
- Je me le demande. Je les ai vu toute la journée s'affairer à parler au plus grand nombre de cousins. James faisait un effort social sans faire de bêtises et Marlène descendait de son piédestal pour parler aux gens.
- C'est plus que louche si tu veux mon avis.
- Alors on intervient ?
- Non, chéri. Ton fils est aussi déterminé que toi et aussi futé que moi, s'il cherche quelque chose il la trouvera tout seul et s'il ne nous a pas encore parlé, c'est qu'il n'a pas encore besoin de nous.
- C'est toi qui es derrière sa personnalité de petit con arrogant, je l'ai toujours dit.
- Traite mon fils de petit con et le câlin qui t'attendait je le donne à Horibilus Bulstrode. Il ne me quitte pas du regard.
- Ma puce, si tu veux te mettre au lit avec quelqu'un qui a comme nom Horibilus ce n'est pas moi qui vais t'en empêcher.
- Dixit Charles III. Tu as vu ton prénom à toi ?
Fleamont attira sa femme à lui qu'il embrassa à pleine bouche la faisant taire et se demandant quelle chance il avait du avoir pour aimer et être aimé par la même femme pendant cinquante sept ans.
A la même minute, même heure, même pays et par ce temps glacial, un homme qui n'avait rien à envier à Fleamont Potter se dirigeait vers l'île macabre que tout le monde évitait, l'île où les âmes se perdaient, l'île où s'enterraient les morts comme les vivants. Il remonta son col sur sa bouche et son nez et dégaina sa baguette à l'approche des détraqueurs. Dès qu'il mit un pied sur le sol de la prison, il fut éconduit à la cellule de la personne qu'on lui avait demandé de visiter.
- Bonjour Avery.
L'ancien disciple de Voldemort releva les yeux à peine de sa cage de quelques centimètres seulement et daigna jeter un regard ennuyé vers son interlocuteur, quand il finit par le reconnaitre, il se leva d'un coup.
- Tu fais quoi ici ?
- On m'a dit que tu as promis à des jeunes recrues une recommandation auprès de tu-sais-qui.
- Tu es… ?
L'homme faisant face à Avery ne put s'empêcher de le trouver pâle, morbide, fétiche et plusieurs cheveux avaient disparus de manière clairsemée de son cuir chevelu. Il imagina que ce dernier devait se les arracher lui-même.
- Je ne suis pas un mangemort, non. J'ai une mission spéciale. Je ne fais pas partie de l'élite moi.
- Mais tu es dans quel camp ?
- Celui des gagnants ! Je t'ai ramené un parchemin et de quoi écrire. Respecte ta promesse.
Avery fixa l'affreux regard de l'homme en face de lui, le sourire dédaigneux et cette impertinence qu'il détestait tant. Il se jura de le dévoiler au grand jour, si un jour, il trouvait un moyen de quitter ce lieu. L'homme récupéra les parchemins, fit une dernière escale et démarra d'Azkaban en direction du manoir de Jedusor.
Il tata sa poche en effleurant les parchemins qu'il avait sur lui en pensant que Dumbledore ne dépasserait jamais le nombre de recrue de Voldemort.
Tada...
J'espère que ce chapitre vous aura plu. J'avais aucune envie de laisser passer Noël sans m'y jeter, donc j'ai mis un chapitre en mêlant trois histoires en même temps. Une à Poudlard, Une chez les Potter, Une à Azkaban.
Noël n'était pas seulement fête et nostalgie cette année, mais nouvelles collaborations et nouvelles quêtes.
Le prochain chapitre arrive tout de suite.
P.S : Pas la peine de me demander qui est l'homme qui a visité Avery père... (Suspens) Mais ne l'oubliez pas !
Joyeuses fêtes en retard !
